Cf. plus loin, p
A TanagraS les fouilles poursuivies par M. Koromantsos ont donné d'importants résultats, en particulier un magnifique lécylhe à figures rouges où sont représentés Artémis, Apollon,. Hermès et Latone, avec la signature du peintre : MO; i^ypaçaev {sic). Une phiaJe à figures rouges, de même provenance, porte un hoplite d'un très beau dessin et la signature : ♦ivTtaç eitoteiTEv. Ce Céramiste était déjà connu (Klein, Meistersignaturen, p. 192) ; le Figaro et d'autres autorités en matière archéologique ne se sont pas fait faute d'annoncer la découverte d'une peinture de Phidias !
Parmi les terres cuites recueillies à Tanagra par M. Koromantsos, je n'en vois pas qui s'écartent des types connus, à en juger du moins par les descriptions. Notons quelques exemples d'ensevelissements secondaires à l'époque romaine (AcXt(ov, p. 128). Ces fouilles du Tanagra, dont on fait peu de bruit, sont cependant fort importantes : en fournissant au Musée d'Athènes une très ample collection de figurines trouvées sur place par un homme digne de foi, qui prend la peine de dresser les procès-verbaux des tombes qu'il explore, elles permettront enfin à la critique de commencer son travail de révision sur les milliei's de statuettes dites tanagréennes qui sont dispersées dans les collections de l'Europe. Cette révision sera féconde en surprises et celui qui l'entreprendra fera bien d'être indifférent aux injures. Les faussaires, restaurateurs et peinturlureurs s'en sont donné à cœur joie dans cette province, comme dans les domaines voisins ; pendant ces dernières années surtout, la confusion est devenue extrême, car les fabricants des groupes dits d'Asie Mineure paraissent avoir consacré leurs loisirs à faire du Tanagra! C'est un sujet sur lequel nous reviendrons.
AMycènes, où M. Tsountas a repris les fouilles au mois d'août 1888, on •a déblayé trois tombeaux qui contenaient les objets suivants : huit pierres gravées, dont sept avec des représentations d'animaux, la huitième avec celle d'un homme ; beaucoup d'objets en ivoire, entre autres deux tètes humaines; la moitié d'un vase en pierre noire portant un polype en relief; deux bagues en or; une phiaie en argent ornée de petites plaques d'or figurant des têtes humaines, etc. Si le AeXrtov pouvait donner quelques petites gravures de plus, les descriptions très laconiques des éphores deviendraient d'une intelligence plus facile.
Au Pirée, on a découvert, près du théâtre d'été, une statue d'Esculape, plus grande que nature, dont la tête est très bien conservée. L'Ëphorie ayant institué une fouille sur le lieu de cette trouvaille, on mît au jour les fondations d'un Asclépiéion et bon nombre d'objets, entre autres plusieurs fragments de statues en marbre, une Hygie assise en relief et quelques ex-voto à Esculape.
Grâce à la collaboration de M. Lolling, le AcXtIov est aujourd'hui en mesure de publier rapidement et exactement les découvertes épigraphiquet faites sur l'Acropole. Je me demande seulement pourquoi on les transcrit
j. Cf. nevufttrchéol., 1888, II, p. 218.
508 CIIROMQIE D'ORIENT (1889. [9», 83]
sans les accentuer ; cela n'est commode que 'pour Téditeur. Parmi les fragments exhumés au mois de juillet, il y a un catalogue d'archontes de l'époque d'Auguste et une dédicace du v» siècle à Alhéna Ergané (trouvée à l'ouest du Parthénon).
On continue à nettoyer le Parthénon en faisant disparaître les murs et plairas de basse époque; un travail analogue se poursuit dans l'enceinte d'Athéna Ergané. M. Lolling, en mettant en ordre le Musée épigraphique, a réussi de nouveau à rapprocher plusieurs fragments qui se complètent. On a transporté au Musée du Pirée les trouvailles de l'Asclépiéion et au Musée de Tripolilza celles de Mantinée.
Chez le marchand B. Nostrakis, TÉphorie a fait confisquer un certain nombre déterres cuites recollées, restaurées et repeintes, un vase à figures rouges également arrangé et plusieurs autres objets de peu d'importance, entre autres une amphore à figures noires représentant une prothesis.
L'éphore (i. Lampakis a été remplacé, dans la circonscription de Laconie, par M. P. Kaslromenos, jusque-làéphoredes îles.
AoDT 1888. — lo Antiquités transportées au Musée central. — Grande stèle funéraire «lu m* siècle, où Ton voit un jeune homme nu tenant un strigile et une fiole d'huile, accompagné de son chien. Cette stèle a servi une seconde fois à l'époque romaine, et Ton y a gravé alors l'inscription 'AyaOoxXrj x^^- (provenance : Thespies, 1884). — Autre stèle de même provenance, représentant une femme assise qui tient un oiseau ; elle a, comme la précédente, servi de nouveau à l'époque romaine. — Quinze vases de type mycénien trouvés dans de très anciens tombeaux à Épidaure (fouilles de M. Staïs). — Miroir en bronze, avec figure de femme en relief, confisqué à Patras. — Bas-reliefs, inscriptions, figurines et vases de Tanagre, etc. Le AsXt-ov enregistre aussi, bien que ce ne soit pas un objet antique, un exemplaire de la médaille d'or frappée en commémoration de l'incendie de la flotte égyptienne devant Méthone, le célèbre exploit d^André Miaoulis (don de M. Théodore Mavrocordatos à M. Tricoupis).
2° Fouilles et découvei'tes, — Les fouilles ont porté sur le terrain situé entre le Parthénon et le mur méridional de l'Acropole. Les trouvailles ont été rares : une tête barbue en tuf, de grandeiu* naturelle; une statuette en bronze de danseur : une tête archaïque eu bronze de Méduse; des fragments de vases peints avec inscriptions, entre autres la suivante : Spiixpbc à>é6cxev tsT 'AOevàai.
A Mycènes, on a trouvé une pierre gravée où sont figurés deux lions, de petits objets en ivoire et une fibule de bronze. H serait bien à désirer qu'un dessinateur ou un photographe de bonne volonté nous donnât le recueil des fibules en bronze des Musées d'Athènes , de celles du moins dont la provenance est connue ; les renseignements que nous possédons sur cet important sujet sont malheureusement encore fort maigres.
M. Slaïs a fouillé à la vieille Épidaure(iiaXaià 'EnîSaupo;) sept tombeaux creusés dans le roc, dont le mobilier et la disposition rappellent beaucoup ceux de Nauplie et de Mycènes. Parmi les objets, on signale des vases de style mycénien, une belle pointe de lance en bronze, des fusaïoles en argile, etc.
A trois quarts d'heure de la villa du Roi à Décélie (Tatoï), M. Munter, intendant du domaine royal, a découvert une inscription de la plus haute importance, qui complète un texte déjà publié dans le Corpus inscriplionum ailicamm, t. II, n» 841 6. M. Lolling, qui en a donné la transcription, fait remarquer qu'elle enrichit singulièrement nos connaissances au sujet des dèmes et des phratries attiques. La place nous manque pour y insister ici*.
Septembre. — 1« Antiquités transportées au Musée central. — Une tôle eu marbre (grandeur naturelle) de Marsyas atlaché à l'arbre ; provenance : Tralles (don du D^ Apostolidès). — Deux boucles d'oreilles en or terminées par des tètes de lion, objets confisqués chez un marchand d'antiquités à Lamia. — Lécythes blancs trouvés en 1887 à Érétrie.
2o PoniUes et découvertes. — Sur l'Acropole, les fouilles ont avancé vers renceinte d'Artémis Brauronia. On a trouvé fort peu de choses sur ce point. Les travaux exécutés sous le Musée actuel* ont fait reparaître au jour une partie du mur cyclopéen de l'Acropole. On a aussi découvert trois tombeaux reposant sur le roc ; l'un d'eux contenait un vase du type mycénien.
A Mycènes, dix nouveaux tombeaux ont été fouillés: on signale, parmi les trouvailles, deux figurines en terre cuite peintes, d'un travail grossier mais curieux ; un couteau et quatre pointes de flèche en bronze ; une bague en or; treize pierres gravées analogues à celles que M. Milchhoefer a étudiées sous le nom (ÏInselsteine; l'une d'elles porte deux lions qui rappellent, par leur attitude, ceux de la célèbre porte de Mycènes ; une autre, où est figuré un homme qui tient un taureau (?) par les cornes, ressemble à une des peintures murales trouvées à Tirynthe : des pointes de lance et de flèche et des vases en bronze, dont l'un est orné de vingt et une tètes de bœuf en relief, etc. Ces découvertes sont-elles destinées à jeter quelque lumière sur l'obscure question de la civilisation mycénienne ?
A Akraephiae en Béotie, M. Holleaux a déblayé une construction circulaire qui paraît être la Tholos d'Apollon, mentionnée par Plutarque. II a
i. Cette inscription a été réditée avec de longs cooiDieutaires par M. Buermann dans la Philologische Wodienschnft, 1889, p. 225 et suiv., 258 et suiv,; par M. Pantazidès dans r*E?Yjaepiç àp/aioX., 1888, p. 1-20; cf. Haussoiilliep, Revue des Études grecques^ 1888, p. 363.