Paris, Ollendorf
2. Serradifalco, Antichità délia Sicilia, t. IV, pi. XXX, 2 /i, p. 154; G. Grass,
Callîcratidas dans le dialogue des Amours. Puis il ajoute : c Ce torse admirable, en marbre de Paros, est, dit-on, la Vénus Callipyge * décrite par Athénée et Lampride et qui fut donnée par Héliogabale aux Syracusains > (p. 121). Après avoir vainement relu la biographie de l'empereur syrien par Lampride, à la recherche de ce renseignement nouveau pour moi, j'écrivis à M. Paolo Orsi, à Syracuse, pour lui confier mon embarras. 11 m'apprit qu'un nommé Capodieci, dans un ouvrage publié en 1813 (Antichi monumenti di Siracusay 1. 1, p. 98), dit, en parlant de la Vénus, qu'elle fut <( descritta da Lampridio ed Eliogabalo ». Quelque cicérone aura tiré de cette sottise le renseignement que M. de Maupassant a consigné dans un livre durable. Et voilà comment se forment encore aujourd'hui les légendes archéologiques! Qu'élait-ce donc au siècle de Pausanias?
Sicilische Reise, 1815, t. Il, p. 356; Parlhey, Wanderungen ditrch Siciiien, 1834, t. I, p. 177; Politi, Sul simulacro di Venere trovalo in Siracusa, Païenne, 1826; aarac, Musée de sculpture, t. IV, pi. 608, n« 1344; Bernoulli, Aphrodite, p. 255; Friedrichs-Wolters, GipsabgUsse, n» 1469; Cavallari, Monumenti délia Sicilia, I, pi. XI V; Cavallari, La statua e le terrecoiie di Venere del Museo nazionale di Siracusa, dans la Sicilia artistica ed archeologica, 1889, 111, fasc. i et II, pi. I ; Lupus, Die Stadt Syrakus im Allerthum, 1887, p. 7, 27, 247, 327; Duruy, Histoire des Romains, t. I, p. 607 (bonne gravure). Voir de nouvelles répliques du même type gravées dans ÏArchaeologischer Anzeiger, 1889, p. 174; 1890, p. 5, 42.
1. Toujour callipygel On dirait que ce mot résume pour les gens du monde tout l'art grec, toute Testhétique du paganisme. Or, sait-on combien de fois il se rencontre dans la littérature antique? Trois fois — dont une douteuse.
(REVUE ARCHÉOLOGIQUE, 1890, II, p. 416-419.)
HENRI SGHLIEMANN
Le 22 juillet dernier, après une laborieuse campagne de fouilles à Hissarlik, Henri Schliemann écrivait au prince de Bismarck : « Mes ouvriers et moi, nous sommes exténués de fatigue. Je suis obligé d'interrompre mes travaux le !«' août. Mais, si le Ciel me prête vie, je compte les reprendre avec toute l'énergie dont je suis capable le 1«' mars 1891. »
Une lettre particulière de l'illustre explorateur, écrite, comme presque toutes ses lettres, dans un grec classique d'une remarquable pureté, me donnait en même temps une inquiétante nouvelle : M. Schliemann venait d'être atteint de surdité. Il se rendit à Halle pour y subir une opération douloureuse, qui paraît avoir fortement ébranlé sa constihition ; puis il alla chercher à Naples le soleil du Midi auquel il était habitué. C'est là qu'il vient de mourir presque subitement (26 décembre), d'une afTection de l'ouïe compliquée de désordres cérébraux.
Avec lui disparaît un des types les plus extraordinaires de notre époque, singulier mélange d'aptitudes commerciales et d'enthousiasme scientifique, nature de conquistador pour qui l'Eldorado obstinément rêvé, patiemment découvert, a été le sous-sol inexploré du monde hellénique. Sa jeunesse misérable, sa fortune rapide, ses fouilles couronnées de succès si merveilleux à Troie, à Mycènes, à Tirynthe, tout cela tient du roman et paraîtrait à peine croyable si nous n'avions pas entre les mains et sous les yeux les pièces justificatives de cette prodigieuse histoire d'une volonté.
Dans la préface de son grand ouvrage sur Troie, traduit en français par M"»« Egger, Schliemann a publié son autobiographie, récit à la fois naïf et calculé des angoisses de sa jeunesse, des labeurs féconds et des triomphes de son âge mur.
Il naquit le 6 janvier 1822 à Neu-Buckow dans le Mecklembourg-Schwerin, où son père était pasteur protestant. A l'âge de huit ans, il reçut en cadeau V Histoire universelle pour les enfants de Jerrer : il y vit une gravure représentant Troie en flammes qui fit sur lui une impression profonde. Dès cette époque (1829), il rêva d'être celui qui rendrait les ruines de Troie à la lumière : il s'en ouvrait à sa petite voisine, Minna, et ce grand dessein archéologique venait se mêler à leurs projets amoureux.
Le père Schliemann avait sept enfants et se trouvait dans une situation très précaire. Dès l'âge de quatorze ans, le jeune Henri dut entrer comme saute-ruisseau chez un épicier; il y resta près de six ans, travaillant de cinq heures du matin à onze heures du soir. Nous le trouvons ensuite à Hambourg, où, après des mois de maladie et de misère, il s*embarque comme mousse à bord d'un brick allant au Venezuela. Pour s'acheter une couverture de laine, il avait dû vendre son dernier habit !
A la hauteur du Texel, le brick fit naufrage; Schliemann, sauvé à grand'peine, se réfugia à Amsterdam, où son extrême dénuement Tobligea à simuler une maladie pour être reçu à Thôpital.
Grâce à la compassion de quelques bonnes âmes, le jeune Henri obtint une place de commis à Amsterdam : c'est là qu'il commença ses études, avec le secours d'un petit nombre de livres lus et relus pendant de longues nuits. 11 apprit ainsi l'anglais, le français, l'espagnol, le russe et d'autres langues, qu'il parlait avec facilité, mais sans correction. En J846, il fut envoyé comme agent commercial à Saint-Pétersbourg, où il acquit une petite fortune; puis il se rendit en Californie et se laissa naturaliser Américain. Revenu en Russie, il donna une vive impulsion à ses affaires, qui portaient principalement sur Tindigo; pendant la guerre de Crimée, il doubla son capital. Devenu riche, Schliemann apprit le grec : ce fut le premier luxe qu'il s'accorda.
En i86G, à la suite d'un voyage dans l'Extrême-Orient, Schliemami publia en fraffbais son premier ouvrage : LaChine et le Japon, Mais bientôt ses préoccupations d'enfant redevinrent impérieuses et il tourna toute son activité vers l'exploration du monde homérique. C'est cette exploration qui l'a presque exclusivement absorbé de 1868 à 1890: à la différeucr du plus grand nombre des rêveurs, il a vu, en partie du moins, ses rêves s'accomplir.
Schliemann a conduit cinq grandes campagnes archéologiques : à Ithaque (1868, 1878); à Troie, sur la colline nommée Hùsarlik, c'est-àdire Us palais (1871-1874, 1878-1882, 1890); à Mycènes (1874-1876); à Orchomène{1881); enfin à Tirynthe (1884-1885).
Les nombreux ouvrages qu'il a publiés sur ses fouilles sont de valeur très inégales ; les meilleurs sont si mal composés et si mal écrits qu'on peut à peine les qualifier de livres. Mais Schliemann laisse au monde plus et mieux qu'une œuvre littéraire ; il a rendu au jour, surtout à Troie, à Mycènes et à Tirynthe, toute une époque de la civilisation et de l'histoire.
Ses premiers travaux furent mal accueillis par les savants, notamment par ceux de l'Allemagne : on alla même, tant à Berlin qu'à Paris, jusqu'à le soupçonner d'être un mystificateur. Adrien de Longpérier ne crut jamais à l'authenticité du trésor découvert par Schliemann à Troie; il a fallu la trouvaille des tombes royales de Mycènes, véritables magasins d'objets précieux explorés sous la surveillance de savants grecs, pour imposer silence à des soupçons injurieux. Plus injurieux, d'ailleurs, qu'iiyustes,
car les relations de Schliemann sont si Tagues, si confuses, il y trahit à la fois tant de vanité et tant d'inexpérience, qu'aujourd'hui encore, à la lecture de ses premiers ouvrages sur Ithaque et sur Troie, on comprend, •on partage le sentiment de répulsion et de méfiance qui prévalut si longloiiips à son égard dans le monde des archéologues de profession.
A Troie, Schliemann exhuma les restes de plusieurs établissements superposés dont le plus ancien est certainement antérieur à l'époque où la légende place la guerre de Troie. Au-dessus sont les vestiges d'une bourgade qui a été détruite par un violent incendie : parmi les objets découverts dans cette couche de débris, il y a la fameuse série de vases et de bijoux en or où Schliemann reconnaissait sans hésiter le trésor de Priam .
Je ne sais pas, personne ne peut savoir s'il a jamais existé un roi du nom de Priam ; mais que le trésor découvert ait appartenu à un prince de ce pays, que ce prince ait vécu plusieurs siècles avant Homère, que la bourgade où il résidait ait été détruite par le feu, voilà des faits dont le premier est probable et dont les deux derniers sont certains.
On peut en dire autant des tombeaux découverts à Mycènes par Schliemann, tombeaux dont la richesse métallique est immense et qui sont assurément ceux de personnages royaux antérieurs à Homère, des princes dont l'opulence est célébrée par la tradition homérique . En y reconnaissant les sépultures d'Agamemnon, de Cassandre, d*Eurymédon, etc., Schliemann n'a pas émis une hypothèse déraisonnable : sa foi un peu naïve dans le fonds historique des légendes grecques est loin sans doute d'être partagée par les philologues, mais, par l'efTet même des prodigieuses découvertes où cette foi l'a conduit, on n'ose plus dire aujourd'hui, comme on le faisait il y a vingt ans, que les traditions homériques sont de simples mythes. Si nul ne peut distinguer ce que la poésie a ajouté à la tradition, persoilnc ne conteste qu'il n'y ait une tradition, c'est-à-dire de l'histoire, à la source de toute celte poésie.
A Tirynthe, Schliemann déblaya un palais, orné de peintures murales infiniment curieuses, qui appartient à la même époque que les tombeaux de Mycènes. Comme à Mycènes, il finit par avoir raison de ses contradicteurs, qui niaient la haute antiquité des monuments découverts par lui. Depuis 1874, toutes les trouvailles dB Schliemann, annoncées avec un manque de modestie qui agaçait les plus bienveillants, ont suscité de vives polémiques: Schliemann répondait à ses adversaires par des injures d'abord, puis par de nouvelles fouilles, de nouvelles découvertes; c'est pour confondre des objections qui lui avaient été faites au sujet de l'acropole de Troie qu'il a entrepris en 1890 des recherches plus étendues sur le même terrain. Si, dans le détail, il s'est souvent trompé, on peut dire que sur tous les points essentiels il a réduit au silence ses contradicteurs. La civilisation qui a précédé l'époque d'Homère, celle que l'on est maintenant convenu d'appeler mycénienne, a eu en Schliemann son Christophe Colomb.
Toutes ces fouilles, et bien d'autres qu*il n'a pas poussées aussi loin, ont été faites par Schliemann à ses frais ; il a retiré d'importants bénéfices de la vente de ses livres, mais il n*a jamais trafiqué d'un seul des objets précieux que sa persévérance a rendus au jour. En 1881, il apprenait à ses lecteurs qu'il possédait 300,000 francs de rentes et qu'il en dépensait annuellement environ la moitié, dont une bonne partie pour ses travaux archéologiques. Jamais, depuis que l'archéologie est une science, on n'a vu d'exemple d'une pareille libéralité : il est à craindre qu'on n'en revoie pas de si tôt. « Pourquoi l'Angleterre n'a-t-elle pas de Schliemanns? », écrivait en 1878, le directeur du Musée Britannique. Oq l'a laissé dire, et l'Angleterre n'a toujours pas trouvé un millionnaire qui voulût acheter l'immortalité au même prix que l'ancien garçon épicier du Mecklembourg.
Schliemann était un homme bizarre, fantasque, passionné pour le grec et pour Homère au point d'infliger à ses enfants, comme aux gens qu'il prenait à son service, l'obligation de porter les noms les plus sonores de VJliade et de YOdyssée. Ce sont là, après tout, de légers travers, et l'on ne peut pas non plus lui reprocher trop durement quelques vanités et quelques petitesses de parvenu. Parvenu il l'était, dans le sens le plus élevé du mot, et avec une fierté bien légitime. La fortune n'avait été pour lui qu'une première étape dans la recherche de la gloire : il a vécu assez pour jouir honorablement de l'une et de l'autre. Tant que l'art grec aura des adm'u'ateurs, tant que la poésie homérique aura des dévots, le nom de Schliemann vivra, attaché étroitement à ces grandes choses, comme celui du plus persévérant et du plus heureux des chercheurs auxquels nous devons de les mieux connaître '.
1. Voici rindicalioQ des principales pablications de M. Schliemann :
1° Troie. Ithaka, der Peloponnes und Troja, Leipzig, 1869; Trojanische AlterlhUmer, Leipzig, 1874 (éd. française par Raogabé, 1874); Troy and ils remains, Londres, 1875; Jlios, Siadl und Land der Trojaner, Leipzig, 1880 (édilion française très augmentée par M»« Egger, 1885); Reise in der Troas, Lepzig, 1881 ; Troja, Ergebnisse meiner neueslen Attsgrabungen^ Leipzig, 1884 (le contenu de ce dernier livre a passé dans rédilion française d'ilios); Missarlik-Iliony Leipzig, 1890 ; Berichl ûber die Amgrabungen in Troja im Jahre i890, Leipzig, 1891 (publication posthume).
2* Mycènbs. Myknae.,. und Tiryns, Leipzig, 1878 (édition française par Girardin, 1878) ; Catalogue des trésors de Mycènes au Musée d'Athènes^ Leipzig, 1882 (cf. Zeilschrift fur Ethnologie, 1888, p. 23).
3» TiRYNTHE. Tiryns, det^ praehistorische Palast, Leipzig. 1886 (édition françaiée, 1886). Cf. Revue avchéoL, 1888, I, p. 67.
4° Orchomène. Orchomenosy Bericht Hber meine Ausgrabungen^ Leipzig, 1881 (en anglais dans le Jowmal of Hellenic Studies, t. II, p. 122-163).
50 Ithaque. Ithaka, der Peloponnes und Troja, Leipzig, 1869; lUos (édition allemande), p. 54 et suiv.
6« Cythère. Ausgrabungen auf Certgo, dans la Zeitschrift fur Ethnologie, 1888, p. 20 (cf. Revue archéoL, 1888, I, p. 76).
INDEX
N. B. Cet index renvoie ani pages de U Bévue archéologique oh ont para les Chroniques <rOrient; cette pagination est indignée entre crochets, avec le deruier chiffre da millésime de la Betuct en h^nt de chaque page. Ainsi 0*261 signifie : Bemie archéol,, 1800, %• «emestre, p. 301 ; 0*130 signifie Betue archéol.^ 1880, 2« semestre, p. 130; 7.01 signifie Bewte arehéol., 1887, 1*' semestre, p. 02. Les chiffres précédés de la lettre p. renroient aux pages dn présent Tolume, ce qui a lien toutes les fois que le passage visé par le renvoi est Inédit on n'aToit pas été publié avec la Chronique h laquelle il est Joint.
A après les noms propres, 0*261.
Aah-Hotep, bijoux d\ 9M36.
Aarassos, 7. 9i.
Abae, 0. 262.
Abdère,6.150.
Abeille (en terre cuite), 3M23.
Abel, 0.301.
Abercius, 3M94,195; 9M24.
ABEP21, 0«259.
Abou-Douchàna, 6. 169.
About, Edm., 3*393-395.
Abydos, 4M00.
AcamaDie, 8.372.
Acharaca, 0*260.
Achéeus, 0*226.
Acheloos, près de Magnésie, 8. 84 ;
'AxtUeiov, 8* 217.
Achna, à Chypre, 5*354, 355, 357-359.
Acide nitrique el acide citrique, 3* 196.
Acmonia, 3*195; 8*225.
Acraephiae. Voir Akraephiae»
Acrocorinthe, 0.259. Acropole d'Athènes, 3*398; 5.85 ; 6. 145; 6*77, 82, 83; 7.61, 62; 7*69, 71,72; 8. 63, 65, 337, 359-363 ; 8* 216, 217 ; 9» 82-91, 94, 97 ; 0. 255-262, 300, 304; 0*223, 229, 230.
Acropole de Citium, 5* 346. Mycènes,
9*106; 0.268, 269 (cf. Mycènes).
Nimroud-Ralessi, 6.162 (cf. Aegae).
Pergame, 5. 83 ; 9* 127 (cf. Pergame).
Salamis à Chypre, 5*348. Samé,