Philologische Wochenschrift , S juin
2. Gomperz, Eine vermeintliche Tragoedie des Euripides und ein Papyrus der Sammlung Erzherzog Rainer { Anzeiger der philosophisch-hislorischen C/asèe de l’Académie de Vienne, 10 février 1886). J’ai rendu compte de cet opuscule dans la Revue critique , 1886, I, p. 421.
3. Koehler, Miltheilungen des deutschen Instituts, t. X, p. 231.
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Dans une lettre adressée à M. A. Bertrand et publiée dans la Revue archéologique (1887, I,p. 361), M. Cartault, éditeur de la Collection Lecuyer, protesta contre le jugement porté par moi sur les fameux groupes en terre cuite dits d’Asie Mineure. Il annonça en même temps la publication prochaine de son pamphlet Sur l'authenticité des groupes en terre cuite d'Asie Mineure (Mâcon, Protat frères, 1887, 30 pages et 7 planches). En ce qui touche les groupes saisis au Pirée par M. Cavvadias, M. Cartault fit observer que MM. Sophoulis et Dragalsis avaient, à la séance du 20 décembre 1886 de la Société athénienne Le Parnasse, soutenu l’authenticité de ces groupes.
Voici la réponse que nous avons faite à M. Cartault, sous forme d’une lettre adressée à M. Bertrand ( Revue archéol., mai-juin, 1887, t. II, p. 363.)
Monsieur le Directeur,
Paris, 19 mai 1887.
J’attends avec curiosité le mémoire de M. Cartault sur l’authenticité des terres cuites dites d’Asie Mineure. J’espère qu’il l’établira par des preuves solides et qu’il nous donnera aussi quelques renseignements sur la provenance. Pour le moment, je persévère dans mon scepticisme et ne vois encore aucun motif de m’en départir.
Je professe beaucoup d’estime pour la Société Le Parnasse , dont j’ai l’honneur d’être membre depuis six ans. Mais j’avoue que le savoir archéologique de MM. Froehner et Cartault me paraît supérieur à celui de MM. Sophoulis etDragatsis. Or, comme l’autorité de MM. Froehner et Cartault ne me convainc pas de l’authenticité des groupes, on conçoit que je reste rebelle aux avis de MM. Sophoulis et Dragatsis. M. Cavvadias m’écrivait il y a quelque temps : « Quant aux terres cuites que j’ai saisies au Pirée, je suis convaincu qu’elles sont fausses. En voici les raisons : 1° la disposition des groupes et de diverses figures, qui est bien moderne. En voyant les Amours autour de la Vénus, on croit reconnaître de petits anges autour de la Madone; 2° la terre est extrêmement molle ; 3° la manière ridicule et pour ainsi dire enfantine avec laquelle la terre adhère aux figures: elle est encore attachée en grande quantité;
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4» les figures sont toutes brisées en petits morceaux ; cependant il n’en manque rien. »
M. Cartault a peut-être tort de citer des autorités : le suffrage des connaisseurs ne lui est pas favorable. Les groupes d’Asie Mineure sont en quarantaine presque partout Aucun grand Musée n’en veut acquérir ; aucun archéologue ne les cite. L’abstention des conservateurs est la leçon drs faussaires. On nfiobjectera le Musée de Berlin, mais voici ce que m’écrivait M. Furtwaengler à la date du 18 février dernier : « En ce qui concerne les groupes d’Asie Mineure dont il a été question, j’en sais arrivé, moi aussi maintenant, à ia conviction que la plupart doivent être faux. Mais il faut qu’il y en ait dans le nombre d’authentiques qui furent le point de départ des faux; ce sont ceux-là qu’il importe de distinguer. » Je profite de l’occasion pour transcrire quelques lignes d’uue lettre d’Olivier Rayet, datée du 25 juin 1885 : « La lettre que vous me communiquez ne fait que coufirmer, avec quelques détails plus précis, ce qui avait toujours été ma conviction. Cela m’a brouillé avec tous les amateurs que je connaissais. Je n’en suis que plus enchanté d’avoir un récit aussi probant en faveur de ce que j’ai toujours dit. »
Mais qu’importent les autorités quand les pièces sont là sous mes yeux? Or l’authenticité des groupes d’Asie Mineure a contre elle des raisons bien fortes que je vais rappeler une fois de plus sous quatre chefs :
1« Provenance. — Indications d'abord mensongères (Éphèse, Cyrné, Myrina), puis vagues (Asie Mineure). On dit maintenant que le lieu de leur provenance est infesté de brigands; ce mot est un peu dur pour des faussaires.
2° Importation. — Complètement ignorées des archéologue de Smyrne, par exemple deM. Dennis, consul général de Grande-Bretagne, etde.M. Humann, l’auteur des fouilles de Pergame, qui habitent Smyrne depuis plus de quinze ans. Inconnues des membres de l'École française d’Athènes, de M. Ramsny, de l’École évangélique de Smyrne. C’est d’ailleurs à Athènes et non à Smyrne qu’elles sont embarquées à l’état de fragments. On concevrait qu’onles envoyât d’abord à Athènes, mais ce serait alors pour les restaurer.
3» Caractères généraux. — Uniformité de style qui se dissimule mal sous la variété des sujets. Ce style ne ressemble pas à ce que nous connaissons de l’antiquité. Sujets mythologiques ou héroïques d’une transparence singulière, empruntés à l 'Iliade et à YOdyssée. Sujets funéraires imités des lécythes attiques, alors que la longueur exagérée des figures (8 ou 9 têtes) trahit une basse époque. Sujets conçus et traités à la moderne, par exemple la femme au bain épiée par un Satyre. Facture molle, draperies modelées sans parti pris, avec de petites ondulations capricieuses, quelquefois entremêlées de morceaux où se révèle uue imitation de style archaïque. En somme, tous les caractères de faux, dus probablement à des artistes italiens.
4° Cahactères particuliers. — Intégrité absolue de 1 ensemble, malgré la multiplicité des fragments ; intégrité inadmissible des têtes et des plus petits attributs; cassures nettes et franches, qui se rejoignent exactement, sans trace d’usure comme dans les cassures vraiment anciennes ; absence de dendrites et de radicelles; boue jaunâtre entremêlée de cailloux à l’intérieur, distribuée d’une manière suspecte à la surface. Cassures portant sur les parties secondaires; toujours la même cassure à la base. Si l’on peut éprouver des scrupules en présence des groupes réduits à l’état de fragments, il n’en peut être dp, même lorsqu’on les voit recollés. Au cas où l’on démontrerait, par impossible, que ces choses-là sont antiques, il faudrait en conclure que l’archéolo-
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gie et l’histoire de l’art sont des vanités. 11 y a des nouveautés qui étonnent la science, mais dont elle s’éclaire; celles-ci la scandalisent, et elle les rejette Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments respectueusement dévoués.
Salomon Reinach.
Post-scriptum. — J’ai lu la brochure de M. Cartault. Elle ne m’a ni offensé ni convaincu. Je me dispenserai d’y répondre.
(REVUE ARCHÉOLOGIQUE, 1887, t. I, p. 61-107.)
Athènes. — L’Éphorie générale a publié un recueil complet des lois et ordonnances relatives aux antiquités depuis la fondation du royaume hellénique jusqu’en 1886*. Cetle intéressante brochure mériterait d’être analysée en détail, ce que le manque de place ne nous permet pas de faire ici. Signalons seulement quelques dispositions nouvelles. Toutes les antiquités importantes trouvées en Grèce doivent être réunies au Musée central, sauf les statues découvertes sur l’Acropole, qui seront placées dans le Musée de l’Acropole ; les inscriptions seront toutes transportées au Musée central (p. 7Ü). On exposera au Musée cenlral des moulages des œuvres d’art antiques dispersées dans les galeries de l’Occident. Chacun pourra copier et reproduire les inscriptions et les monuments déposés dans les Musées; mais le gouvernement se réserve le droit de faire exécuter lui-même les moulages, qui faciliteront les échanges avec les gouvernements étrangers.
Quand un particulier, muni d’une autorisation, entreprendra une fouille, cette fouille sera dirigée à titre exclusif par l’éphore du gouvernement, qui seul aura le droit de retirer des tranchées les objets rendus à la lumière. Les trouvailles seront transportées à l’Ephorie générale pour être partagées entre le propriétaire du terrain et l’Etat (p. 85, circulaire du 12 mai 1886).
Il nous semble qu’il eût été bon d’établir une distinction, dans cette circulaire, entre les particuliers qui font des fouilles en leur nom propre et les représentants de gouvernements étrangers. Ceux-ci ne peuvent évidemment pas admettre que les fouilles soient dirigées par
t. EuXXoyf| dpxaioXoyixwv vojjuov, StaTayfJidTtov xoù èyxuxXiiüV. ’Ev ’AMvcaç, éx tou èôvcxoO TUTroypacpîcov, 1886, 98 p. in-8.
d’autres qu'eux-mêmes. Si l’éphore est intelligent, il les laissera faire; mais s’il ne l’est pas — et cela peut arriver — - il en résultera des conflits et des récriminations désagréables. Nous soumettons cette observation au jugement éclairé de M. Cavvadias, qui se souvient peutêtre, comme nous, des faits et gestes d’un éphore nommé Skokkos.
L’an dernier, l’Éphorie générale avait établi un tourniquet à l’Acro pôle : le nouveau règlement du 19 juillet 1886 supprime tout péage. Seule l’entrée de nuit à l’Acropole pendant la pleine lune est soumise à une taxe de 5 drachmes; le billet est valable pour cinq personnes. Pour dessiner ou photographier les antiquités, il faut une permission écrite de l’Éphorie. Les enfants de moins de douze ans non accompagnés, les ivrognes et les chiens ne pourront entrer à l’Acropole. Enfin, par mesure de prudence, tout groupe trop nombreux de visiteurs ne sera admis que par fractions de dix personnes à la fois. Espérons que ces mesures mettront fin aux actes scandaleux de vandalisme que des touristes imbéciles commettaient presque journellement sur l’Acropole.
— M. Cavvadias a terminé le classement des marbres du Musée de l’Acropole; il travaille en ce moment à la réorganisation du Musée central. Ces remaniements étaient nécessaires, mais ils ne contribueront pas à faciliter l’usage des catalogues publiés jusqu’à présent.
M. Dôrpfeld a commencé des sondages au théâtre de Dionysos afin de préparer la restauration de l’orchestre et de la scène (avril 1886).
La Société archéologique a continué les fouilles de l’Acropole et de l’ancienne agora ; elle a également poursuivi ses recherches à Érétrie et a repris celles d’Éleusis dans les derniers jours d’avril. Aux mois de mai et de juin, elle a fait pratiquer de nouvelles fouilles à Épidaure, à Mycènes et au sanctuaire d’Amphiaraos à Orope.
L Qpx du 1er août 1886 annonce la découverte, près du mur septentrional de l’Acropole et non loin des Propylées, d’un ancien escalier de vingt-trois marches taillées dans le roc et conduisant à une porte située juste vis-à-vis de l’Aréopage. Les murs, de part et d’autre de l’escalier, sont conslruifs en opus isodomum, et la porte, surmontée de deux pierres formant angle aigu, présente l’aspect des plus anciennes portes grecques. Au moyen âge, on l’a bouchée avec de petites pierres mêlées de mortier. L’"Qpa suppose que l’escalier nouvellement découvert est celui par lequel montaient les Arréphcres et peut-être celui que suivirent les Perses pour pénétrer dans l'Acropole. Il faisait partie du sanctuaire d’Aglaure, dont le déblaiement sera désor mais facile.
Nous traduisons la note de l’t'Qpx en lui laissant la responsabilité
de ses hypothèses. Il serait intéressant de savoir quel rapport existe entre cet escalier et celui qui a été découvert en 1873 par M. E. Burnouf En tous les cas, il ne peut être question de le faire remonter à l’époque des guerres médiques; d’après des informations plus sûres, il daterait de l’époque de Cimon.
Au mois de juillet 1886, on a trouvé sur l’Acropole, dans les environs des Propylées, une tète virile en bronze de grandeur naturelle dont le style rappelle celui des sculptures éginétiques. C’est la plus grande tête en bronze que l’on ait encore découverte en Grèce.
Entre l’Érechthéion et le Parthénon, on a continué à déblayer les fondations d’un édifice où M. Dôrpfeld reconnaît le temple d’Athéné Polias brûlé par les Perses1 2. Entre l’Érechthéion et les Propylées, on a trouvé douze vases en bronze de différents modèles, dont le plus grand a 0ra,29 de hauteur. Au même endroit on a recueilli une slatuette en bronze haute de 0m,27, représentant une femme d’un type analogue aux slatues de marbre découvertes en 1885. Ces trouvailles donnent à penser que l’on n'est pas loin du magasin des bronzes ou Chalcothèque'.
Mars et avril 1 886 3 . — On a déposé à l’Éphorie générale un basrelief votif du ive siècle représentant Hadès assis sur un trône, tenant de la main droite un sceptre, de la main gauche une corne d’abondance. Auprès de lui est Perséphone, tenant également un sceptre de la main droite et appuyant sa main gauche sur l’épaule droite de Déméter, qui tient une coupe de la main droite et une grande torche de la main gauche. Derrière elle marchent deux jeunes filles, dont l’une porte une hydrie sur sa tète et tient une œnochoé dans la main gauche ; l’autre, tenant de la main gauche un kalathos, étend la main avec un geste d’adoration. Au-dessus de la figure d’Hadès on lit «AE-. Ce bas-relief, qui paraît fort intéressant, a été trouvé à Tégée (Palaia Episkopi).
1. AeXxiov T7); 'Etriiï;, 20 juillet (2 août) 1886; Phil. Woch., i septembre 1886. Mil. Boetticher et Christian Beiger ont publié un utile résumé des dernières recherches faites sur l’Acropole et des résultats qu’elles ont donnés tant pour l’architecture que. pour la sculpture (Philologische Wochenschrift, 1er, 8 et 15 janvier 1887). Le fait capital, établi avec certitude, c’est que le Parthénon actuel n’occupe pas l’emplacement de l’ancien temple détruit par les Perses, qui était situé plus au nord. Cf. Collignon, Phidias, p. 19.