‹ Chroniques d'OrientChapitre 110 sur 410 · fterliner Philologische Wochenschrift, 27 novembre · texte numérisé non relu

fterliner Philologische Wochenschrift, 27 novembre

S ’ApxatoXoyix'ov SeXfiov tmv firjvwv Mapvt’ou xa'c ’AirptXîov ; The Nation t6 décembre 1886. ’

archaïque où étaient placées trois statues et un grand nombre de fragments de vases du plus ancien style1 2.

Corinthe. — Au lieu dit Athékia , des fouilleurs de tombes ont trouvé soixante-dix vases qui, confisqués par le ministère, ont été déposés provisoirement à Nauplie (avril 1886).

Épidaure3. — La Société archéologique ayant fait reprendre les fouilles au mois de mai, on a découvert, dès le début, trente petites statues, deux bas-reliefs, quatre tètes et quarante inscriptions. Ces trouvailles se décomposent comme il suit :

1° Sept statues d’Esculape, de demi-grandeur naturelle ou plus petites, toutes bien conservées, sauf une seule dont la tête manque. Le type est celui d’Esculape debout, appuyé sur son bâton autour duquel s’enroule le serpent;

2° Trois petites statues de Minerve (haut. : 0m,75; 0ra,66; 0m,55) d’une excellente conservation. L’une d’elles représente la déesse courant rapidement vers la gauche, la tète tournée à droite, comme si elle se croyait poursuivie; elle porte le bouclier avec la Gorgone ailée sur le bras gauche. La tête est coiffée d’un casque présentant au milieu un sphinx, de part et d’autre un cheval ailé. Le travail date de l’époque romaine et parait médiocre. Sur la base on lit : AOHNAI YT1E1AI O IEPEY2, etc. La seconde statue offre à peu près le même type; la troisième est toute différente, la déesse étant représentée au repos, portant sur sa poitrine l’égide sans gorgonéion;

3° Trois statues d’Hygie (haut. : 0m,60; 0m,55; 0m,30). La déesse est debout, vêtue d’un chiton talaire noué sous les seins; un serpent s’enroule autour d’elle;

4° Une statue de Pan (haut. 0m,40), aux pieds de bouc, enveloppé d’un ample himation et tenant une flûte dans la main gauche;

5° Une statuette de Cybèle (haut. 0m,25) ;

6° Une statuette de Télesphore enfant; le nom du dieu est doni par l’inscription de la base (haut. 0m,50);

7U Une statuette d’Apollon (?) rappelant le type du Sauroctone (haut. O-, 25);

8° Trois statuettes d’Aphrodite (0m,35; 0m,20; 0m, 18) ;

9° Quatre statuettes représentant des éphèbes nus, portant seulement

1. IIapdipTri[ia tr; ’Eçyjjjl. t Kuëep vvjaecii;, àp -/aïot. 8e).tJov twv |iï)vfi)v Mapttou xa\ ’AupiTtov.

2. ’Ap-/aio),oytxov 8s),t:ov twv p-yjvwv Mcuov xa\ ’Iovvcou 1886.

un himation sur l’épaule gauche avec un bandeau autour des cheveux (haut. 0m,50);

10° Une statuette en terre cuite, du plus beau style grec, représentant un jeune homme nu ;

11° Le torse d’une Victoire ailée, trouvé auprès d’un piédestal en forme d’avant de navire (à rapprocher de la Victoire de Samothrace) ;

12» Un bas-relief représentant Esculape assis sur son trône.

Les inscriptions, pour la plupart votives, sont toutes d’époque romaine '.

Ges découvertes ont toutes été faites dans le grand édifice romain situé au nord-est du portique ionique : une partie de la face occidentale et trois chambres attenant au portique avaient été déblayées l’année précédente a.

Plus récemment, on a signalé1 2 3 4 la découverte d’une Venus genitrix de grandeur naturelle, assez semblable à celle du Louvre et vêtue d’un chiton transparent, miroir du corps, suivant la jolie expression d’Achille Tatius ((Hop,3tToç)iaToicrpsv). Les répliques de cet admirable motif, où l’on est fondé à reconnaître la Vénus drapée achetée par les habitants de Gos à Praxitèle, sont aujourd’hui très nombreuses; nous nous proposons de les énumérer prochainement dans la Gazette archéologique .

Érétrie. — On a découvert l’été dernier dans cette ville une statue d’éphèbe, en marbre, qui a été envoyée au Musée central d’Athènes; c est un très bon travail de 1 époque romaine et parfaitement conservé.

Mycènes-Tirynthe. — Nous devons signaler, mais sans pouvoir y insister, une très intéressante polémique entre MM. Stillman et Doerpfeld au sujet de la date des constructions découvertes par M. Schliemann, tant à Tirynthe qu’à Mycènes *. M. Stillman, d’accord avec MM. Stephani, Schulze et Westropp, avait contesté, dès l’origine, la haute antiquité des découvertes de Mycènes 5 : la réfutation de M. Percy

1. Rapport de l’éphore B. Staïs, chargé des fouilles depuis la nomination de M. Cavvadias à l’Éphorie générale.

2. Voirie plan du sanctuaire dans les npaxtixà de la Société archéoloeiciue

de 1884. 6 4

3. AsXtiov •% 'Eut laç, 4 (1S) août 1886; Berliner Philologische Wochenschrift 11 septembre 1886.

4. Stillman, Times du 24 avril et The Nation, 20 mai 1866; Doerpfeld, Times du 29 mai; Goodwin, The Nation, 8 juillet 1886.

5. Stephani, Compte rendu de la Commission impériale, 1877, p. 31-52; E. Schulze, Mykenai, 1880 (voir la réfutation de ce livre par M. Benndorf

Gardner1, les fouilles subséquentes de Menidi et de Spatane l’avaient pas convaincu de ce qu’il nous permettra, en attendant des objections décisives, d’appeler son erreur. Après avoir sommeillé pendant quelque temps, la discussion a repris avec ardeur, l’été dernier, à la suite d’une visite faite par M. Penrose, le célèbre architecte anglais, aux ruines de Mycènes et de Tirynthe. M. Penrose était accompagné deM. Stillman, qui déclare, dans sa lettre au Times, exprimer l’opinion à laquelle ils sont arrivés en commun. Ceci a été contesté parM. Doerpfeld, et M. Penrose a depuis traité la question en son nom propre devant la Society of Hellenic Studies, où il a été combattu par MM. Doerpfeld et Schliemann, venus exprès à Londres pour assister au débat !. La présence deM. Schliemann parait avoir gênéM. Penrose, qui ne s’est pas exprimé d’une façon très nette. Il a pourlant déclaré qu’il n’y avait rien de commun entre le palais de Tirynthe et la véritable architecture pélasgique telle que le Trésor et la Porte des Lions de Mycènes nous l’ont fait connaître ; il a insisté — nous ne comprenons pas à quel titre — sur la ressemblance des armes de Mycènes avec les armes celtiques, sur celle des masques d’or trouvés par M. Schliemann avec un masque de plomb découvert dans une tombe celtique (?) de Bath. M. Schliemann a répondu avec beaucoup de modération; il a rappelé que les peintures murales de Tirynthe présentent les mêmes dessins que le thalamos d’Orchomène. M. Newton a ensuite donné lecture de la traduction d'un mémoire de M. Doerpfeld et M. Pelham a communiqué un nouvel exposé des objections de M. Stillman, que nous connaissons déjà par le 'limes de Londres et la Nation deNew-York.

Selon M. Stillman, le tombeau d’Atrée, les murs de Mycènes et la Porte des Lions appartiennent bien à l’époque préhistorique, c’est-àdire à celle de la pierre polie, mais il n’en est pas de même des tombeaux où M. Schliemann adécouvert ses trésors. Ceux-ci sontentourés d'un mur elliptique construit dans un style barbare, mêlé de débris de l’époque préhistorique et de pierres taillées à la belle époque de l’art grec. M. Stillman trouve de l’analogie entre les sépultures explorées par M. Schliemann et les tumuli celtiques; il n’hésite pas à conclure que l’emplacement de Mycènes a été occupé du temps de Pyrrhus par

Deutsche Literaturzeitung , 20 novembre 1880) ; Westropp , The Athenaeum, 18 septembre 1888. Dans un sens un peu différent, cf. Murray, Nineleenth Gentury , janvier 1879. Je regrette de ne pas avoir l’indication exacte des articles plus anciens de M. Stillman.

1. Percy Gardner, Journal of Hellenic Studies, t. I, p. 94-106.

2. Cf. le compte rendu de cette séance dans VAcademy, n° 740, p. 30-12 (10 juillet 1886).

quelque tribu de Gaulois, enrichis du pillage des temples voisins, et que les prétendues tombes des Atrides ne sont que le dernier asile de chefs barbares vagabonds.

Tirynthe est encore plus maltraitée. Le palais prétendu homérique serait byzantin et peut-être du Xe siècle1. Les fragments des époques les plus diverses sont mélangés dans sa construction. On y a découvert non seulement une chapelle byzantine, mais de la poterie vernissée avec des emblèmes chrétiens, le lion, le cerf, le lièvre, que M. Schliemann n’a pas reproduits dans son ouvrage; ces fragments sont conservésà l’Éphorie générale d’Athènes. Voici la conclusion de M. Stillman :

« Le palais préhistorique de Tirynthe est une des plus extraordinaires hallucinations de l’enthousiasme antiscientifique dont l’histoire ait gardé le souvenir. »

Le Times, dans un leader fort développé, s’est associé aux conclusions de son correspondant athénien : « M. Schliemann, dit le grand journal anglais, a fouillé un tumulus celtique en croyant y trouver les ossements et les trophées des héros d’Homère... Il y a quelque chose de presque tragique dans ce dénouement d’une croisade archéologique dont le triomphe avait été annoncé au monde à grand fracas de trompettes. »

M. Doerpfeld, dont le témoignage a été appuyé par M. Goodwin, répond que la maçonnerie du tumulus de Mycènes est encore beaucoup plus récente que ne le croit M. Stillman, ayant été refaite presque entièrement, il y a quelques années, par la Société archéologique d’Athènes, afin de mieux protéger les tombes. M. Goodwin affirme que le mur elliptique de l’agora a été complètement démoli par les indigènes après le départ de Schliemann, dans l’espoir que l’on pourrait y trouver de l’or. Il fut ensuite reconstiuit avec les matériaux antiques, auxquels on mêla naturellement des pierres plus récentes. Il y a là un acte de vandalisme sur lequel on voudrait être mieux renseigné. M. Doerpfeld, dont la réponse n’est pas tout à fait claire, dit que les matériaux d’époque classique vus par M. Stillman sont tombés d’une ancienne construction dorique élevée sur le haut de la citadelle.

En ce qui concerne Tirynthe, M. Doerpfeld affirme formellement que les seuls murs construits avec des matériaux hétérogènes sont ceux qu’il a lui-même, sur son plan, désignés comme byzantins, à savoir ceux de l’église et des tombeaux. Il pense que M. Stillman a dû

t. M. Sterrett, qui accompagnait MM. Stillman et Penrose, déclare qu’il aurait considéré cette ruine comme turque s’il l’avait rencontrée en Asie Mineure (The Nation, 1886, p. 423).

prendre les murs de l’église pour ceux du palais. En terminant, il s’offre à accompagner M. Stillman à Mycènes et à Tirynthe pour le convaincre de sa double erreur.

Ne connaissant malheureusement pas les lieux, nous ne voudrions pas exprimer une opinion personnelle dans le débat que nous venons de résumer. Mais 1 hypothèse celtique de M. Stillman nous séduit aussi peu que l’hypothèse hérule de M. Stephani1. Les tombes royales de Mycènes et leur contenu restent pour nous, jusqu’à nouvel ordre, des monuments fort antérieurs à Homère. Attendons le mémoire développé de M. Penrose.

M. Schliemann avait eu l’intention de reprendre lui-même les fouilles de Mycènes; il calculait qu’il faudrait cent ouvriers pendant trois ans pour enlever les débris accumulés sur l’acropole et dans la ville basse. La Société archéologique d’Athènes a préféré se charger elle-même des travaux, qui ont commencé au mois de juin 1886 avec seize ouvriers seulement. On a trouvé, dès le début, quelques objets, entre autres un fil d’or en spirale (cf. Mycènes, lig. 529). M. Schliemann s’est rendu lui-même sur les lieux, et, d’après une lettre insérée dans VAcademy du 11 décembre, il s’est convaincu qu’il existait un édifice très ancien sur le sommet du rocher. Cet édifice a été ensuite transformé en un temple d’ordre dorique. Le monument primitif serait — toujours d’après M. Schliemann — Je palais des Atrides. Du côté sud, au-dessous du sommet, on a déblayé la moitié d’un vestibule et une petite chambre qui paraissent appartenir à l’ancien palais; le vestibule contenait la moitié d’un foyer circulaire, comme àHissarliketàTirynthe. « Les murs sont du même style que ceux du palais de Tirynthe; ils se composent d’une assise inférieure de pierres de taille et de mortier, surmontée de briques séchées au soleil... Ce palais a aussi été détruit par le feu; dans les décombres, on a recueilli des morceaux de revêtement peint comme j ’en ai découvert à Mycènes en 1876. »

Sur une terrasse inférieure au sommet, à droite des fouilles de M. Schliemann, on a trouvé une petite maison avec trois chambres. Les autres découvertes à signaler sont quelques fragments de vases et d’idoles en terre cuite, ainsi qu’un chapiteau dorique appartenant à une époque postérieure.

Olympie. — A la suite d’un accord intervenu entre M. Ernest Curtius et le gouvernement hellénique, le sculpteur Grüttner a été appelé à Olympie pour procéder au rajustement et à la restauration des fron-

i. Stephani, Compte rendu de la Commission impériale , 1877, p. 31 et stiiv.

tons du temple de Jupiter. On sait que M. Grüttner s’occupe depuis quatre ans au Musée de Berlin de réunir les moulages des frontons, dont la restauration définitive peut être considérée comme fort avancée. Nous voudrions cependant qu’on ne touchât point aux originaux avant d’avoir soumis à une commission spéciale les divergences de vue qui existent encore r.u sujet de l’agencement des figures entre MM. Curtius, Lœschcke, Kekulé et Treu.

— Plusieurs savants allemands, entre autres MM. Treu et Furtwaengler,se sont rendus à Olympie au mois d’octobre 1886 pour compléter l’étude du terrain déblayé et des collections découvertes au cours des fouilles. Un télégramme deM. Treu, en date du 15 novembre, annonce une découverte importante : dans le monument anonyme du sud-ouest de l’Altis, on a découvert une inscription d’après laquelle cet édifice aurait été construit par Léonidas, fils de Leotos. Dès 188-21 2, M. Adolphe Boetticher avait proposé d’y reconnaître le Léonidaion, hypothèse qui vient d’ètre confirmée d’une manière aussi brillante qu’inattendue.

Le Léonidaion est le plus grand édifice que les Allemands aient déblayé à Olympie. Les côtés mesurent respectivement 81m,20 et 74m,51 ; la surface qu’il couvre est donc plus que triple de celle du temple de Jupiter.

Cette découverte de M. Treu est d’une haute importance pour la topographie d’Olympie. Qu’on se rappelle, en effet, le texte de Pausanias [Élidé, chap. xv) : « En retournant sur ses pas pour aller vers l’Altis (après avoir visité l’atelier de Phidias en dehors de l’Altis), on a devant soi le Léonidaion, édifice situé en dehors de l’enceinte sacrée, auprès du chemin que suivent les processions (xop.xixv] ôSéç). Cet édifice a été consacré au dieu par un Éléen nommé Léonidas ; il sert actuellement à loger les magistrats romains qui gouvernent la Grèce ; une ruelle le sépare de la porte d’entrée des processions. »

Le Léonidaion et, par suite, la porte d’entrée des processions se trouvant au sud-ouest de l’Altis, l’itinéraire de Pausanias s’explique très clairement. Il en est de même de la route suivie par les théories qui, après avoir longé le sud de l’Altis de l’ouest à l’est, s’infléchissait vers le nord à la hauteur du Bouleutérion pour gagner le grand autel de Jupiter. C’est à ce tournant de la route qu’étaient précisément rassemblés les ex-voto les plus importants, entre autres le Jupiter élevé par toute la Grèce avec le butin de la victoire de Platées-*.

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