‹ Chroniques de Jean Molinet (volume 2)Chapitre 124 sur 135 · CHAPITRE CIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIX

LVmprinse que firent monseigpnetir d^Austrice et tes nobles devant

la yille de Gand;

Monseigneur d*Austrice voyant que malicieusement les Gantois, les trois membres de Flandres, et les François qui les favorisoient par le scea et adveu dw roy de France , prendoit à desplaisir que, contre son gré et volonté , ils retenoient son seul fils , monseigneur Philippe d'Austrice , sans qu'ils en eussent le gouvernement ne quelque entremise. Il se mit en peine de leur faire et livrer assez fière et forte guerre , et de faict les chasser à main armée jusques en la ville de Gand ; et qui plus est, par un mardi de la Pentecoste , s'embuscha à trois traicts d'arc, près de la porte de Saint- Bavod , auprès de la petite maladrie ; et estent accompagné de monseigneur Philippe dé ClèveS; du seigneur de Montigny , de Martin Saaure et aultres gens sans paour , garnis d'un très grand hardiment. Geste embusche bien accoustrée. Dès trois heures du matin , quatre cents chevaux bien empoinct accueilUrent proyes à grande diligence ; et le seigneur de Montigny , tint la porte ouverte une bonne heure, tellement que entre deux femlis y eut plusieurs Flamens occis en la ville ; inesme

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Gantois furent un peu alarmés et vuidèrent à grande puissance sur ceux qui menoient ladicte proie,afin de la rescourre. Alors ceulxqui estoient embuschés donnèrent dedans sur eulx et les chassèrent jusques à leur porte, tant vigoureusement qu'ils ne savoient entrer ens; et illec futToccision, car le restant de la: porte abbatit les Fia mens , et les Âllemans bruslèrent cinq moulins. Il j eut l'un des archers de monseigneur de Chantereine, coDstrainct de soi lancer en la ville avec les fujans, où il trouva trois ou quatre Bourguignons qui s'y estoient fourrés ; puis s'en retourna par sus les ^ fossés en l'armée du duc.

De ce jour en avant furent les François fort humiliés^ et furent leurs cornes durement abaissées , car ils perdirent , que morts que prins, de huit à n«euf cents hommes.

Peu de jours après , le duc se partit pour aller en Hollande , et print avec lui dix raille combattants, Suissers et archers de Haynault. Les Malinois et Bruxellois relornèrent e^^Jeur ville, et assit ses garnisons : le comte deNassou en Audenarde ; monseigneur Philippe de Clèves et Gérard de Boussu à Enghien ; le comte de Chimay à Lessines ; les seigneurs de Chantereine etdeMontigny à Tenremonde.

En ce temps fut trouvé mort en un sarcus, à un ïïiille près de l'église Saint-Sébastien auprès de Rome , le corps de Julia , fille de Zenon , «énateur ludit Rome. Comme il apparoit par les lettre

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