‹ Chroniques de Jean Molinet (volume 2)Chapitre 2 sur 135 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

l'imprimerie , mentionnée en ces termes, dans la continua-^ lion de J. Molinet '.

J'ay veu grant mulûtade De livres imprimés , Poar tirer en estude , Povres mal argentés.

Par ces nouvelles modes , Aura maint escollier Décret , bibles et codes , Sans grant argent bailler.

Tl existe à la bibliothèque du roi de France, plusieurs manuscrits des poésies de J. Molinet.

Les ïx^" 7685, 7686 et 7687 contiennent un grand nombre de vers de lui et de ses amis et correspondants , Crétin et Robertet.

Le n° 2926 , petit în-foi sur papier, renferme aussi quel^ ques pièces de J, Molinet et de J. Trottîer.

Le n° 7998, manuscrit sur papier, format in-4° » couvert en parchemin, contient dans la seconde moitié du volume une partie de celles qui ont été imprimées dans les Faicts et dicts»

Le manuscrit du Supplément n** 208, est un recueil des lettres et poésies de Roberteï , Chastellain et Molinet.

Le n° 7984., formai in-4°, sur parchemin, de 36 feuillets, relié en maroquin rouge, est un Petit Traictié compilé par mcdslre Jehan Molinet , h V instruction de ceulx qui veulent apprendre Vart de réthorique. Ce manuscrit a appartenu au dauphin François, mort à Tournon, le 1 2 août 1 526, fiîs du roi François T. On j trouve : « Patrons , exemples, » couleurs et figures de dictiers et tailles modernes, qui >j sont maintenant en usage, comme : lignes doubleltes, » vers sixains, witains, alexandrins et rime britelée , rime n brisée^ rime enchayenée , rime à double queue, et forme

1 . F'oyez cette pièce dans ma notice^sur G. Cbaslellain, t. 4 ' de cette (jollcction.

» de complainte omoarense; rondeaax simples, d'ane, )» de deux , de trois , de quatre et de cinq syllabes ; ron- » deaux jumeaux et rondeaux doubles , simples virelais , n doubles virelais et respons ; fatras simple et fatras dou- » ble ; balade fatrisëe , simple laj, lay renforcbiet , chant » royal , serventois , riqueraque et baguenaude, m

Malheureusement pour le lecteur , les patrons , couleurs et figures de ces dUtiers et tailles modernes , alors en usage « au lieu d'être puises dans les auteurs les plus célèbres du temjis, sont tons de la façon de maistre Jean Molinct , qui étoit bien le plus médiocre et le pins lourd poète , et le plus maniéré des beaux esprits de son siècle.

J. Molinet a encore translaté en prose , à la demande de Philippe de Clèves , le célèbre roman de la Rose, composé par Guillaume de Lorris, et continué par Jean Clopinèl ou de M eung. Cet ouvrage a été imprimé k Lyon , eu i5o3, par maistre Guillaume Balsann , libraire et imprimeur ^ au-trement corrigé et amendé , qu'il n estait par-devant, comme il appert clèrement en divers passages çt chapitres» Cette uonvelle édition, corrigée et amendée, a pour titre ces quatre vers :.

Cèst le romant de la rose , Moralisa cler et net , Translata de rime en prose , Par vostre humble MoHnet.

Le seul ouvrage de J. Molinet qui justifié à certains éi^ards la célébrité quMI a obtenue de son temps, est sa Chronique, depuis l'année 1^74? jusqu'à l'année i5o6. Cette Chronique était jusqu'ici restée inédite. Jean Godefroy et Aubert-Lemire avaient eu le dessein delà publier; et M. de Reiftemberg , qui a déjà rendu de si grands services à l'bisloire de son pays , s'est proposé de la comprendre dans sa collection de l'histoire de la Belgique. Je regrette beaucoup que son travail n'ait pas encore vu le jour, je me

8 NOTICE SUR JEAW MOLIHET.

serais empressé d'en profiler pour améliorer cette édition , ainsi que je l'ai fait de &on édition de J. Duclercq.

Les deux manuscrit sque possède la bibliothèque du roi, sous le n** 1019 7* et io33 Sorbonne , sont toutefois assez complets et assez corrects.

Même dans son style historique , J. Molinet a conservé de nombreuses traces de cette ridicule affectation de belesprit , qui lui a justement attiré les sarcasmes du mordant et spirituel Rabelais. Lorsqu'il n'est pas entraîné par la vivacité de la narration et l'intérêt des situations historiques , il ise perd en fades déclamations , écrites du style le plus pédautesque et le plus étrange; mais quand il est émupar l'intérêt que présentent les faits , il abandonne son langage vraiment pan tagruélique , pour devenir un historien et un écrivain remarquable.

La Chronique de J. Molinet termine la série des Chroniques du quinzième siècle qui entrent dans ma collection.

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