CHAPITRE LXXVI
La destniction de Hennés.
Henwes est un village assez long où sont deux églises , l'une arrière , et l'autre la distance et espace d'une lieue, située d'un lez sur la mer, et de l'autre sur les tourbières. Il y avoit illec deux milles hommes de deffense , dont les cinq cents seigneurs estoient arbalestriers.Monseigneur Salezar, de Saint-Martin , lors capitaine d'aulcunes nations estrangères, comme Espagnols, Piccars , Gascons et Allemans , fort adonnées au butin pour en avoir le butin, firent le hardement de donner l'assault audit village. Les ÂUemans voulurent avoir l'honneur d'y estre les premiers assaillans , et en firent leur possible j mais ils furent rudement re-^ cuUés par ceulx dudit village , et tellement servis de traits qu'ils furent reboutés vigoureusement de prime face ; mais la poursuite du capitaine^ en-
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semble du résidu de la compagnie, fut tant viste bien conduicte et bien achevée , que ledit village fut prins d'assault , pillé , bruslé , deslruict et désastre , et une partie des manans d'icelui furent tués en la place , aulcuns prisonniers , et les aultres fugitifs, et receus dedans Massefort. Ils se confioient tant à la force de leurs arbalestriers et la closture de leur fort, qu'il leur sembloit impossible qu'ils fussent vaincus de gens rassemblés sans prince , comte ou marquis , disans que le bon duc Philippe de Bourgogne ne les avoit suppédités par force d'armes; et se vantoient d'estre pourveus de gens et de vivres pour tenir l'espace de sept ans. Toutes fois Us furent piteusement succumbés par le sens , force et avis de Sale^ar et de ses adhérens ; et fut ceste desconfiture la veille de Noël mil quatre cents quatre-vingt et un.