‹ Chroniques de Jean MolinetChapitre 21 sur 165 · CHAPITRE CCLXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXXVIII

Comment le duc Charles (îst responce abtolate au connestable ne toi

vueillant désister de son emprise.

A CES mots, le duc respoudit : « Beau cousin , je » vous ai bien oy et entendu ; et à brief respondrai » sur tout. Et en tant qu'il touche le fait des Lié- )> geois , je vous ai dit une fois qu'il en est fait » et conclu, et ne faut ne prescheur ne sermoneur » pour me venir rompre en ce propos ; ains eulx n tous et cent aultres y romproient meismes leurs

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n iesleSy premier que en finir. Que se demande le » roi de me requerre que je les laisse en paix? et que » ne les contraint-il, et leur fasse défense que eulxn meismes ne me travaillent.Yeult-il que je lessup- » porte et espar^ne, et eulx ils me vendront faire » outrage ! Que leur ai- je demandé quant ils sont ve- » nus assiéger Huy, et la prendre, et la mettre à sac- » queman? Jene les ai pas quis ne fait travaillier,ne » riens esmeu contre eulx de novel; mes eulx sont A venus en mon despit prendre ung gentilhomme en » mon pays de Luxembourg , et Vont mis en tor- » ture piteusement, et depuis à tort à mort, et sans » cause : et d'abondant, pour me cuidier espoen- » ter en mon entrée , pensans tout avoir d'avan- » tage, sont venus prendre cette ville, tendans, ce » me doute bien , à plus grand fin , et laquelle ils » l'ont c[uise; et scai bien à quoi et à qui. Pour » toutes conclusions , beau cousin ; à qui il des- » plaît , si le tourne comme il l'entend ; mes je » morrai en l'emprise où je les aray au fouet de » leur extrême perdicion et ruine , ne jamës joie » n'arai en cuer jusques je m'en verrai vengié. » N'y a ne roi ne empereur pour qui j'en face aul- » tre chose ».

Le connestable toutefois, quelque chose qu'il eut dit devant^ si sçavoit-il bien comment ce duc en feroit ; et pourtant torna beaucoup de ses propres paroles à risées, et meismes en fit rire le duc qui pour Dieu n'eust fait en ce cas pour le roi ne que pour le Soudan ; aussi la presse n'estoit pas raisonnable^

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mes si séoit-il bien au conoestable de remonstrer les dangiers qui peuvent cheoir en guerre , et lesquels nul prince ^ tant soit grant ne puissant ne^ fort, ne peut avoir en ses mains pour dire : « De « ceci ou de cela, je suis asseur/et ne m'avenra » point »•

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