CHAPITRE CCLXVII
Gomment les Li^eois vindrent assiégier Hu j , et comment le dac lay
envoya monsd^eur de Boatsa.
Or estoit Tévesque de Liège assiégé dedans sa ville de Huy en grand dangier ; n'a voit que les gens de son hostel pour soi deffendre , et a ulcuns nobles du pays de Liège qui tenoient son parti ; laquelle chose n'estoil ne ne pooit encontre la puissance qui estoit devant Ij y quinze ou seize mille hommes^ avecques ce que bien grande seurté n'a voit-il point au peuple de dedans, qui tirent tous l'un à l'autre ; et doutoit fort qu'il ne lui en peust venir dangier. Si envoya battant serrant devers le duc, lui signifier son dangier, et le destroit où Liégeois le tenoient ; et lui pria pour Dieu qu'il lui pleust remédier ains tost que tard^ et y pourveoir tellement^ que la ville ne ly ne cheussent en dangier des ennemis; car sans secours de gens, et bientost, ne porroient maintenir la ville, ne leurs personnes garantir de leurs mains. Comme toutefois l'évesque envoya vers le duc , à l'eure d'alors le logis des Liégeois n'estoit encore que de l'un costé de la rivière; et pooientde l'autre lez ceux de dedens saillir dehors et rechevoir gens et secours à leur bon.
Or estoit le seigneur de Bossut à Malines ; et vint au mand du duc avec nombre de gens d'armes
(1467) Ï>E GEORGES CHASTEI.LAIN. I7
comme a esté dit dessus. Si lui ordonua le duc d'aller, avec ce cpie avoit de gens, à Huy, au secours de son nepveu Févesque , et pour dire à ceux qui estoient là logiés devant la ville, de par Ij y que ib se retraissent et s'en rallassent en leur ville paisiblement et sans faire opression à ceux de Huy^ ou si non Ij-meismes il y venroit si fort, prochai-r nement etàl'aidede Dieu,que leur retour, quand ils le cuideroient faire , leur seroit de grand aventure. Si y alla le seigneur de Boussut, gentil chelier, avecques ses gens ; et envoya le duc avecques ly messire Philippe de Poitiers avecques ses gens aussi ; messire Jehan d'Aimeries aussi, chevalier, seigneur de Lens, avecques grans gens aussi qu'il avoit^et pluseurs vaillans nobles hommes de Hainaut, jusquesau nombre de quatre cens cotùbatbaltans, que ungs que aultres, et tous sous le seigneur de Boussut, lequel arrivé à Huy, fut grandement bien viegnié et conjouy de l'évesqxie ; et fist ledit seigneur son message à ceux de Liège, là logiés, qui peu accontèrent à ses paroles , mes dirent en effect, que le duc de Bourgogne n'avoit que foire de leur demander riens , car eux ne demandoient riens à ly ne à letar ëvesque ; et ce qu'ils estoient là venus si n*estoit-ce qu 'encontre r^eux de Huy tant seulement, et encontre le corps de la ville <jui estoit en leur chastellenie ; et dévoient les inhabitans d'icelle consortir, ce disoient, et contribuer avecques la cité en tous cousts , frës et doniages, hontes et pertes qu'elle avoit portées^
CHROlViQVES. T, XUIJ, rr-Q. ChASTELLAIN ///. %
l8 CHRONIQUE (,467)
dônt^ pour ce que lesdits de Huy s'en voloient cfxempter et tenir à frans , par faveur du duc et àé révesque, ils estoient venus là pour les y contraindre par force , et n'en partiroient jamès tant qu^ils les auroient en leur pooir : mes au duc ne è^eiir évesquene demandoient riens. Ce estoit leur couleur ; et de fait, par ung leur messiager le signifièrent ainsi au duc 9 lui estant à Malines , pensans de le rappaisier par paroles qui peu leur servirent.
tm wiiwii 11^ ■lin