CHAPITRE CCCXXXI
Du retour de Jchaa d^Arson qai avoit este devers le duc de Bourbon ^ et de ce quUl a^oit besoin^ië pour le bcstard Baudewyn.
Or venons à matère. Ce Jehaù d'Arson doncques , après avoir fait ce qu'avoit de charge de son maistre le duc de Bourgogne, et obtenu devises aveucques leroy, teles que avez oyes, fist • son retour devers ledict duc y son niaistre , et lui fist relacion sur Testât de ce qu'il avoit besoingné aveucques le due de Bourbon j mes ne descouvrist poinct pourtant le malvais corrage qu'il avoit de-vers ly, et de quoi il avoit tenu parlement en son contraire. Si coule et lesse tout ceci , et viens à messire Baudewyn , le bastard, qui fist grand feste du retour de cestui^ en espoir d'avoir nouvelles du roy , d'aulcune reçoive , Jaquelle il désiroit fort. Si lui conta Jehan d'Arson, du long et du lez, les devises en quoi le roy l'avoit mis; et lui avertissoit que s'il vouloit entendre à complaire au roy en telle matère, la rétribution en seroit si grande, qu'à tousjoursil s'en sentiroit; et lui aideroit à mettre en ses mains bonne ville ou pays du
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duc Charles ; car y aroit largement grand butin pour beaucoup de gens, quant à cela venroit. Si s'y accorda prestement messire Baudewyn; et dist par ses bons Dieux qu'il oseroit bien emprendre la chose , et la mestre à effect , nonobstant qu'il portoit le nom de son frère bastart. Mes dire fault que ce lui movoit d'ung mal vais sang et d'une désléale faulce nature, quant encore il n'eust esté que son maislre et son nourrisseur , d'entendre à tel murdre. Est vray toutefois, que l'en a trouvé depuis , et attaint au vray , que l'original cominenchement de tout cecy fust praticquié et mis avant par le seigneur de Crussol, ung chevalier procliain du roy et bien à sa main , et lequel chevalier le roy avoit envoyé devers le duc Charles, à Lille , assez tost après son retour de Liège en France , pour entretenir , ce faisoit à croire, amour et union entre le roy et ly , et y faire chose de grand fruict ; et le cuidoit chascnn ainsi ^ et le duc meismes tout tel ; mes en faisant assez long séjour par dechà , en l'ostel du duc ^ et en allant de ville à aultre aveucques ly , ledict chevalier s'accointa fort de messire Baudewyn; et furent souvent en privées solitudes enseml^le et en es troites devises; et là dict-l'on que le premier compact fust faict de ceste bonne euvre, de par Dieu; et se trouvèrent deux maivais d'ung commun accord en malice ; et maintenant , quant Jehan d'Arson s'est trouvé devers le roy , et accueilli du seigneur de Crossol , qui jà avoit basti tout le cas ,
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et estoit ce Jehaa cogueu eslre privé et bien à main de messire Baudew jn , le roy hardiement, aveiicquesle riioyen du seigneur de Grussol, s'en descouvristà ce Jehan d'Arson, lui remonstrant comment il estoit de son royaulme et .son subject , et qu'en ly se devoit mieulx fier qu'en ung estrange , et lui aussi estoit tenu de voloir son bien et de son royaulme devant nul aultre ; et pourtant , comme ce duc estoit Tomme du monde que plus devoit hayr, et dont ]y et sa couronne avoient plus porté et receu de foule , et dont il ne se pooit vengier à son bel ne à son appétit, ne désiroit que sa mort, comment que ce fust, mes qu'il en fust quitte. Ce furent ici les argumenset les couleurs du roy , dont il persuada ce Jehan d'Arson ; et par doléance qu'il fesoit du duc Charles , justifia sa cause es tre belle, ce que non; mes se procura ung grand blâme, jà-soit-ce que aultrefois, seipt ans par avant, avoit procuré tout le samblable, par le bastard de Reubenpré , qui en fust pris et raltaint du vivant du père, le duc Philippe, comme le conte en a esté faict en son lieu ^ et par quoy maintenant je m'en déporte.
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