Lacune
Û(i CHRONIQUE (»467)
venture ofi voloit demander se Liégeois, après avoir tant sentu et cogneu la puissance de la maison de Bourgoigne, ont resmeut cette guerre de propre orgueil ou à incitacion d'autrni, il loist (convient) voirment bien respondre à la question , veu <jue le vrai apparant j est que, de Tune ou de l'autre manière et par l'une des deux voies, elle a esté recommencée, et peut-estre par toutes les deux r car fondamental orgueil y a esté toujours en toutes leurs emprises, et légière oreille ploiant à aul-trui conseil , dont l'espérance leur a esté vaine. Or faut-il scavoir, et aultre part en tous leurs affaires en ai-je touchié assez, que seulement de lat peur et vieille haine que Liégeois ont portée de tout temps à ceste maison de Bourgoigne, qui seule leur pooit faire oppression , de tout temps aussi et tout anciennement ont quis et requis le roi de France à estreleur protecteur; de temps en temps, comme à leur seul refuge ont ban té le roi à la court, et la ont eu et mis en main tous leurs aifaires. Meismes ou couronnement du roi Loys, entrant dans Paris la première fois , furent devers ly pour avoir leur sauve-garde renouvelée, laquelle ils obtinrent envers tous et contre tous , sans nulle exception, ne duc de Bourgoigne ne duc de Bourbon , qui tous deux avaient question à eux , celi de Bourgogne pour son neveu, l'évesque, à qui ils estoient rebelles, et le duc de Bourbon pour ce que l'évesque estoit son frère, à qui il devoit favoriser, en lui portant aide. Si en furent Lié-*
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geois orgueilleux durement et moins acoutans au duc de Bourgogne; lequel toutefois en parla hautement au roj dedens Paris, et comme en 6on lieu est escrit; et fut la première chose dont ils se perchent que le roy recognoissoit mal son service ; et y eut de grandes paroles que ung roi de France voloit porter un grand tas de mal* vais orgueilleux vilains , pleins de desraisons et de malvaises œuvres , contre son propre sang , les plus gxans de son throne , et encore en malvaise cause. Toutefois, ce qui estoit fait déniora fait^et ne fut autrement à celle heure. Mais cely de Bourgoigne disoit bien qu'il n*y avoit protection ne sauve^ garde, pourquoi il feist ne laissast ung Poitevin ; quand il se sentiroit de leur orgueil, ils se sentiroient aussi de son courroux , si amèrement que jamès sauve-garde ne venroit à temps pour les re»courre. Et les meismes mots il les dist au roy ; et depuis réalement il les mist à eflfect, tout ainsi qu'il les avoit prononciez , et leur monstra fier visaige, et les chastia de poingnant dure verge, et tout Tenviron d'eux; et parquoi tous-jours allèrent et envoyèrent devers le roi pour remède, qui oncques autre chose n'en fist que donner paroles et lettres qui les envoyèrent et boutèrent en fol cuidier, -et sur lesquelles ils persévérèrent en leur erreur et leur malvaise apprise, et tant que quatre voyages en sont ensiévis sur eulx, ies plus grands de la terre, en cinq ans.
Le premier que fist le comte de Charolois, maiâr
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tenant devenu duc, à son retour deConflans , là où il les compressa telement , et les mist en telle peur que ils Tenoncèrent à toutes sauves-gardes, protections , alliances, promesses, obligations scellées et jurées, et quelconques elles pooient estre faites au roi ou de \y reçues ; et nieismes rendoient et restituoient tout ce que avoient de lettriage du roi touchant ce ; et prindrent le duc de Bourgogne comme duc de Brabant, leur perpétuel avoé, à somme de florins par an de tribut et de rente ; projmirent de eux maintenir paisibles désormës et de rechevoir leur évesque paisible, et de donner deux ou trois cents mille florins de Rin pour réparacion et amende : toute laquelle chose, sitost toutefois que le voyage fut rompu, ils rompirent aussi ; et recoururent devers le roi plaints et dolents, et aussi près de mal faire comme jamès^ qui arrière trouvèrent confort de paroles teles que paravant et promesse de les assister ; dont oncques toutefois nefinèrent ne rie vindrent à reffect, jà soit ce qu'il y en eust des grandes apprestances faites , et que l'on disoit que grande puissance de Franchois les venoit secourir; mes oncques n'y sont venus; et s'ils ont esté en chemin si sont-ils retournés.
Le second voyage si fut quand le duc Philippe y alla, et son fils avec ly , mettre le siège à Dinant , laquelle de ce voyage fut mise à ruine et exterrhination, l'an soixante-six, et de quelle ruine Liégeois furent si esperdus en la cité et partout le pays , que tous cuidoient venir au meismes de Di-
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xïantp esyaDOuje. Et en ceste peur, arrière seconde
fais renonchèrent au roi et à toutes ses faveurs^ et
sa offrirent eqcore en plus grant servitude que der
vant^ et en plus grande réparacion faire; et les prist
le comte de CharoUois au nom de son përe en
nombre de vingt ou de vingt-six mille en ung trop?
peaUi à mercy.sans les combattre^ là où toutèfoisles
arcbiers estQientjà descendus à pied et prestspour
ettyaïr4Slès lecomte, obéissant à merci et à pité du
povre fol peuple, quieust esté dévoré^ celuisamr
bloit , ^ parce que aulcuns les plus notables de la
cité gisoient en terre à genoux devant Ij, priant
pour eux et disans : «0 noble prince, il vous plaise
» à cer povi^ tfoppeau de brebis , qui est là devant
» Yousetiquiesten vos mains dévoré , lui donner
» vôstrë merci et miséricorde ; ils ne scè vent qu'ils
i> sont .ne de quoi ils se présument; et pour la
» sainte digne mort de Dieu , veuillez en avoir
» compassion » • Si vous dis bien que le comte en
cestui destroit, esloit en dur parti pour bien en
savoir iair^^. et. laissier par conseil; toutesfois il
les laifisa elles espargna ceste nuit par le conseil
da comte de Saint-PolyConnestable de France.;
oar la nuit estoit sur mains ^ et le comte n'avoit
nulle tartillerie emprès Ij. Secondement , et sur
toutes autres 9 I4 cause pourquoi il les laissa le
plus , c'estoit que le paatin il leur avoit donné- et
accordé le jour franc pour eux retraire ; par quoi
se maintenant il leseust envahi , il eust failli en sa
parole et en sa promesse ; mes eux-meismës tou-
%U CHUOMIQUK (146^3
tesfois ils faillirent , car ils dévoient s'en retourner tout ]e droit chemin, et eux au contraire yindrent logier tout au plus près de ly en un fort villaige , comme pour dire : « Nous vecy ». Si se despita le conte de Cbarollois durement de sa parole du matin, laquelle toutefois n'osoit enfreindre ; et se crucifia de quoi il les falloit laisser aller sans com* battre et de quoi il ne seroit jamès après sans regret. Aussi ne fust-il ; car la ribaudaille meismes, aussitost qu'ils furent en leur ville, s'en mocquèreat et dirent qu'il ne les avoit osé combattre. Le duc Philippe aussi, qui à ceste heure estoit en Bourines, s'en crucifia à l'autre lez, de quoi son fils les avoit labsiés aller saufs; et eust volu pour uns^ grand avoir qu'il y eust esté; car le voyage estoit sien et y estoit en personne , mes non audit lieu ; et nonobstant loutes-fois ceste seconde humiliation faite , et qui estoit à feu et à sang et à merci priée et donnée, et à renonciation du roi et de tout le monde , quant cette ^seconde armée arrière a esté rompue , et que l'on cuidoit estre paisible avecqnes eux^ et avoient bailliés leurs ostages en grand nombre, les plus nobles du pays et les plus enfants de bien, si recoururent-ils prestementarrière au roi par messages et ambassades, et lequel toujours en la forme que devant les entretint et paya, à tel fruit comme les autres fois , sans leur donner garant.
^r^) UB UBOHGES eHASTELLAIN. 2$