CHAPITRE XVII i
Mm0 veuve Scarron reparaît. — Elle est gouvernante des enfants de Mm• de Montespan. — Le demi-prince. — Madame du Ludr«.
— Pourquoi cette demoiselle s'appelle madame. — La porte ouverte ; le garde du corps curieux. — Bajazet de Racine. — Les spectateurs à cette représentation. — La nuit en sora-t-elle?
— Fêtes données à Madame. — Le roi y songerait-il ? — Tarif de la politesse de Louis XIV. — Le chancelier Seguier; sa mort.
— Les académiciennes . — Mme de la Fayette sans gêne. — Le roi tient le sceau. — Rappel du chevalier de Lorraine. — Costume des cardinaux à la cour. — Guerrede Hollande ; ses motifs.
— Préparatifs ; forces de terre et de mer. — Généraux ; maison du roi. — Munitions achetées à la Hollande pour lui faire la guerre. — Forces hollandaises. — Passage du Rhin. — Le duc de Longueville. — Saillie de M. de Vivonne. — Nombreuses veuves du duc de Longueville. — La maréchale de la Ferté. — Son marché galant avec Béchamel. — Testament de M. de Longueville. — Son bâtard est légitimé par le parlement. — C'est une planche pour les enfants naturels du roi.— Le roi s'arrête
aux portes d'Amsterdam. — Le courage des vaincus se relève.
— La capitale de la Hollande devient une île. — Point de résul-
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tats. — Avis de MM. de Pomponne et de Turenne négliges. — Combat maritime de Solbaie. — Massacre des frères de Wit. —
— Guillaume d'Orange stathouder. — Blocus momentané de Gharleroy. — Polisson historien du roi. — Le ton qu'il prend.
— Ariane de Thomas Corneille. — Bon mot de Despréaux. — La Comtesse d" Escarbagnas de Molière. — Les Femmes savantes, du même. — Le maréchal du Plessis. — Les roses et les lauriers.
Il y a bien longtemps que le nom de Mme veuve Scarron ne s'est trouvé sous ma plume; je dois inévitablement y revenir, car cette dame est admise à la cour : elle en fait presque partie. La persévérance des solliciteurs est toujours récompensée par le succès ; la veuve Scarron obtint, en 1662 ou 1663, la pension qu'elle avait demandée si obstinément et avec de si cruels dégoûts. Louvois aida beaucoup à l'obtention de cette faveur, et Louvois, surtout à cette époque, n'était pas homme à rendre un service désintéressé aune femme aussi belle que Françoise d'Aubigné. Ce même ministre, consulté dernièrement par Louis XIV sur le choix d'une gouvernante pour les enfants de la favorite élevés secrètement à Paris, se rappela sa belle protégée, qu'il recommanda au roi et à Mme de Montespan comme une personne très propre à former ces enfants. Mm° Scarron, pressentie relativement à cette charge, répondit qu'elle l'accepterait volontiers, mais de Sa Majesté seule; s'avisant en cela un peu tard d'un scrupule qui, dès longtemps, s'est trouvé en défaut sur des cas de conscience beaucoup plus essentiels. Le roi déféraau désir de la veuve ; il lui écrivit une lettre fort polie, bien qu'il se sentît une sorte d'éloignement pour elle, et qu'il n'eût été déterminé à la choisir que par tout ce que Louvois lui avait dit de son aptitude.
Louis-Auguste, premier fils du roi et de Mme de Montespan, est venu au monde avec un pied contrefait ; on craint qu'il ne soit boiteux. Le médecin Daquin pense cependant que les eaux de Barèges peuvent encore prévenir cette difformité ; le jeune demi-prince part demain
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pour le Midi de la France, oondoit par M"10 Scarron, sa nouvelle gouvernante,
La tendresse paternelle <lo Louis XIV pour ses bâtards M ralentit point le cours des infidélités qu'il fit toujours à leurs nèrea ; le pauvre duchesse de la Vallirre vit dans une triste solitude, réduite et résignée au régime des souvenirs, qu'interrompent, à de longs intervalles, quelques passades déterminées par la pitié. La favorite elle même ne reçoit plus que do tièdes hommages, auxquels, il est vrai, l'ardente marquise supplée avec usure. Mlle du Ludre, fille d'honneur d'Henriette d'Angleterre, puis de la princesse palatine, captive en ce moment presque toutes les bonnes grâces du galant monarque. Onappelle cette jeune personne Madame, parce qu'elle était chanoinesse en Lorraine avant de venir à la cour, et qu'à plus d'un titre la qualification de demoiselle convient peu aux demi-religieuses parmi lesquelles la nouvelle conquête de Sa Majesté a vécu. Cette femme est belle, mais elle a peu d'esprit : je ne crois pas que sa faveur soit de longue durée. On se racontait hier dans la galerie de Saint-Germain, mais à l'oreille, une aventure qui prouve que les vieux amours ont pourtant leurs droits. Louis XIV, revenant de la chasse, passait devant la porte de sa maîtresse en titre ; il entra. La marquise, occupée alors de sa toilette, était à demi nue ; aucune parure ne lui va mieux. L'occasion s'offrait de bonne grâce, le roi la saisit sans s'inquiéter s'il avait fermé la porte en entrant; et, dans un tel moment, Mma de Montespan n'avait pas une seule idée pour les précautions. Quelques minutes plus tard, la présence d'esprit étant revenue, Athénaïs vit qu'un garde du corps, en faction dans la pièce voisine, avait été témoin de tout ce qui venait de se passer. Elle en prévint Sa Majesté, qui marcha droit au militaire.
— Monsieur, étiez-vous tout à l'heure à cette porte ? lui demanda-t-il.
— Sire, je ne l'ai pas quittée.
— Pourquoi ne vous en êtes-vous pa3 éloigné, voyant qu'elle était restée ouverte ?
— Ma discrétion eût été mal calculée ; Votre Majesté pouvait être surprise, et, au lieu d'un témoin, en avoir dix.
— C'est vrai... Au moins deviez-vous fermer doucement la porte.
— J'avoue, sire, que je n'en ai pas eu le courage.
— La belle vue que vous avez eue là 1
— Je l'ai trouvée telle, moi qui n'en ai pas l'habitude.
— Etes-vous discret, monsieur ?
— Mon mousqueton seul et moi savons ce qui s'est passé dans cette chambre ; je jure sur l'honneur que ce secret n'ira jamais plus loin de ma part.
— Je vous en veux un peu d'avoir regardé.
— Votre Majesté ne me croirait pas si je lui disais que j'ai fermé les yeux...
— Vous êtes gouverneur de Cognac.
— Ah l sire, je n'ai pas gagné cette faveur.
— Je vous en fais l'avance ; vous la mériterez dans la première campagne. Mais n'oubliez pas que je compte sur votre discrétion.
Lous XIV avait acheté le secret au prix du gouvernement d'une ville ; et, le lendemain, Mme de Montespan raconta l'aventure à tous ses amis.
On donna lundi la première représentation de Bajazet; Racine ne s'est pas élevé cette fois à la hauteur d'Andro* maque, mais il a fait des vers admirables, surtout dans la bouche d'une Champmeslé. Cette femme, qui, dans le monde, est laide, mais très laide, ne vaut pas à beaucoup près une certaine comtesse qu'on dit assez jolie ; mais, au théâtre, elle l'emporte sur toutes les grandes dames de la terre, et je leur conseille à toutes de venir apprendre de la Champmeslé à faire les princesses au naturel.
La salle était remplie de gentilshommes déjà équipés en guerre pour la campagne qui commencera bientôt ; bottés, éperonnés, la lourde épée pendue au côté, le nez enfoncé dans le manteau, ils avaient l'air de faire une apparition au spectacle dans un repos de cavalerie, n'at-
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tendant que 1 o boute-sollo pour retourner aux ennemis. Sur le théâtre o'éteit différent : Villoroi, la Fcuillade, de Guiche, Luxembourg, avec vingt autres qui avaient dîné à la petite maison de M. le Duc, parlaient plus haut que les acteurs, et faisaient donner au diable ce pauvre Racine. Il s'efforçait pourtant de leur sourire, parce que l'auteur de Bajazet commenco à devenir presque aussi bas courtisan que bon poète. Toutes les dames étaient outrées de l'insolence de ces bandits illustres, qui, tout débraillés, étalaient leur ivresse comme un trophée ; plusieurs d'entre elles ont dit qu'elles bouderaient ces débauchés pendant... un jour tout entier... « La nuit en sera-Uelle? » demanda le comte de Grammont, que l'une des belles irritées n'avait pas aperçu derrière elle.
Il y a tous les soirs bal, mascarade, ballet, opéra ou comédie à Saint-Germain. Le roi imagine chaque jour une fête nouvelle pour divertir la princesse palatine, sa belle sœur. Louis XIV aspirerait-il à la possession de ces robustes charmes que Son Altesse Royale fait trembler et rebondir en marchant ? Il en est bien capable, et cette bonne fortune ne serait pas sans douceur pour un partisan des plaisirs substantiels.
Les réunions de la cour réduisent à rien, depuis quelque temps, nos cercles de Paris ; les soirées de la maréchale d'Estrées, où se rend ordinairement le beau monde, sont tout à fait désertes, tandis que le vieux château de Saint- Germain est éclairé comme un palais enchanté.
Jamais je n'ai mieux observé la courtoisie délicate de Louis XIV que depuis quinze jours ; il y a plus qu'une politesse de cour dans les manières de ce prince ; on y reconnaît l'appréciation habilement nuancée des convenances : c'est un véritable tarif de la considération souveraine. Le rang des personnages est marqué avec un scrupule invariable par la manière de saluer du roi, par les révérences qu'il fait, par la proportion de son sourire. Les femmes, en général, obtiennent un salut de ce monarque ; mais il est accordé dans une progression décroissante, constamment uniforme, pour la princesse, la duchesse, la
marquise, la comtesse, la baronne, l'épouse du simple gentilhomme, la bourgeoise et même la femme de chambre. Le roi ôte tout à fait son chapeau aux dames titrées, mais de plus ou moins loin, selon l'importance de leur titre. Leurs maris n'ont que la moitié de cet hommage; les seuls princes du sang le reçoivent en entier. Sa Majesté tient son chapeau soulevé un nombre de secondes déterminé d'après le rang des seigneurs ; pour les toutes petites illustrations,^ roi se contente de porter la main à sa coiffure. Lorsque Louis XIV aborde une dame, il demeure tête nue tant qu'il lui parle, et ne se couvre qu'après l'avoir quittée. Si des femmes ayant le droit de s'asseoir pendant le couvert entrent quand le roi est déjà à table, il ne manque point de se soulever; cela se répète même à tel point que ce mouvement devient fort gênant et fait faire quelquefois de mauvais repas à Sa Majesté. II y a longtemps que les maîtres d'hôtel s'élèvent contre cette extrême galanterie ; le temps se passe, les mets se refroidissent, leur qualité s'altère, et la réputation des officiers de bouche est compromise.
Le chancelier Seguier mourut il y a huit jours ; il emporte peu de regrets. Ses manières brusques, la passion avec laquelle ce magistrat procédait presque toujours, mais surtout l'espèce d'emportement qu'il a laissé remarquer en dirigeant le procès du malheureux Fouquet, ont terni le lustre de sa belle conduite pendant les guerres de la Fronde. Quand on s'est élevé, il faut prendre garde de redescendre, ou le public ne verra plus que l'homme redescendu. La postérité tiendra compte cependant au chancelier défunt de beaucoup de belles actions, et les gens de lettres n'oublieront point qu'il fut, après Richelieu, le premier protecteur de l'Académie française, qui tint jusqu'à ce jour ses séances dans son hôtel. Le roi vient d'accorder à ce corps savant une salle magnifique au Louvre ; il s'y est déjà réuni deux ou trois fois. Peut-être est-ce l'agrandissement du Parnasse terrestre de nos beaux esprits qui leur a donné l'idée d'admettre parmi eux des
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gcudémiciennet : la diicuieion ;i oet égard a, dit-on
l'ori vivo ; los dames avaient de nombreux partisans dani «page poétique. Mmo Deahoulièrei, auteur de quel»
ques idylles gracieuses et M"0 Scudéry, la Sspho Qfl peu mûre de notre siècle, ont eu un instant le pied sur la première marche du sanctuaire académique. M;iis, ;iprès do longs débats, la loi salique littéraire a prévalu, les dames amies des Muses ont été renvoyées à leur toilette. Voilà donc une maison interdite sans retour à mon sexe; par bonheur, messieurs les académiciens ne sont les maîtres qu'en masse, et j'en connais une bonne dizaine qui paieront cher chez eux l'exclusion incivile à laquelle ils ont participé. Si Mme Deshoulières et M"e Scudéry eussent eu le caractère de Mm9 de la Fayette, elles se seraient emparées d'autorité des sièges qu'on leur refuse au Louvre ; voici ce que Gourville me racontait ce matin : « Mme de la « Fayette ayant trouvé à son gré un petit château que « M. le prince possède à Saint-Maur s'y est installée sans « façon, et l'on n'a pu, jusqu'à présent, réussir à l'en faire « déguerpir. »
Le roi n'a point encore nommé le successeur de Seguier ; Sa Majesté elle même tient le sceau. Cette mesure, qui paraît étrange, n'est pourtant pas sans exemple ; Louis XIII agit de même après la mort du connétable de Luynes. et Henri IV avait tenu précédemment le sceau, que venait de quitter volontairement M. de Montholon. Mais les courtisans sont toujours mécontents que le souverain se mêle de ses affaires, il semble que ce soit une étoffe qu'eux seuls aient le droit de couper... Les rognures leur conviennent tant!
Monsieur, tout nouvellement marié qu'il est, ne se console point de l'absence du chevalier de Lorraine: Madame offre certainement à sa tendresse un aliment solide; mais apparemment ce mets ne peut lui convenir. Soit qu'il convienne mieux au roi, ou que Sa Majesté ait seulement le désir de prouver à sa belle-sœur qu'on ne délaisse point en France les dames palatines, la princesse passe des
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heures entières dans les cabinets du roi, et paraît peu s'occuper de ce qu'on en pensera. Après un de ces entretiens, le roi dit il y a quelques jours à son frère : — Songez-vous encore au chevalier de Lorraine, vous en souciez-vous ?...
— Ah ! sire, répondit Monsieur en rouvrant tout d'un coup la source de ses larmes, pourquoi vous jouer de ma douleur? Si vous ne voulez pas me rendre le chevalier, au moins ne m'en parlez pas.
— Vous, aimeriez donc bien quelqu'un qui vous le rendrait ?
— Ce serait, sire, me faire le plus sensible plaisir que je puisse goûter de ma vie.
— Oh I bien, goûtez-le donc; il y a deux jours que le courrier portant le rappel de d'Armagnac est parti.
— Qu'entends-je ! ne m'abusez-vous pas? s'écria le duc d'Orléans en se jetant aux pieds du roi.
— Nullement, Philippe; mais relevez-vous, ce n'est pas là qu'est la place de mon frère... Et Louis XIV embrassa tendrement Monsieur.
— Votre Majesté remplit le plus doux de mes vœux.
— A la bonne heure ; mais, de grâce, aimez le chevalier de Lorraine honnêtement.. .comme on aime un favori, mais non pas comme on aime une favorite.
— Votre Majesté peut compter qu'elle n'aura point à se plaindre de moi.
— C'est d'ailleurs dans l'intérêt du chevalier ; je lui ai envoyé un brevet de maréchal de camp; il est indispensable qu'il devienne homme tout à fait.
Des courtisans qui arrivèrent interrompirent l'entretien des deux illustres frères ; mais le lendemain Madame se crut obligée de remercier à son tour le roi, et elle s'exprima avec une telle vivacité que de malins assistants virent en cela un autre motif que l'accomplissement du désir d'un mari.
Je ne veux pas oublier de prendre note d'une remarque que j'ai faite durant les grandes soirées de la cour ; elle pourra servir à l'histoire des mœurs ecclésiastiques de
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notre ép i [ue, Toute I > jal ml irie d ti h ibil Ves
plus que |> Mir lei a irdiaeui : le- robei qu'ils [ »< >ri ni do belle moire toute couverte de broderies et de d dtellei ; ils ont des cols du point le plus précieux, et de magnifiquei pierreriea brillent à leurs doigts, à leurs chapeaux, à leurs souliers de velours. Si ces Imminences coquettes mettent l'habit court, ce sont alors des bas de soie couleur de feu, à coins richement brodés, et retenus avec des jarretière! (issues d'or. Tel est le costume dans lequel se montrent les cardinaux de Bouillon et de Bouzy ; on fait foule autour d'eux dans les appartements de Saint- Germain ; tout le monde les flatte ; il n'y a pas de belle qui leur tienne rigueur : encore quelques jours, et personne qu'eux ne donnera le ton.
La guerre avec la Hollande n'est plus un mystère ; le roi en a parlé hautement dans les cercles de la cour, et tous nos nobles guerriers ont reçu l'ordre de faire leurs équipages, ce qui n'est pas une mince difficulté pour beaucoup d'entre eux. Des envoyés hollandais eurent audience de Sa Majesté, il y a quatre jours, à Versailles : ils osèrent demander si les grands préparatifs qu'on faisait dans les arsenaux et les places fortes du royaume étaient dirigés contre la république ; si les troupes qui marchaient vers nos frontières du nord menaçaient celles de la Hollande, fidèle alliée de la France ; enfin quelle était l'offense faite au roi par les États Généraux, et quelle réparation ils pouvaient offrir. Louis XIV se contenta de répondre avec hauteur « qu'il ferait de ses troupes l'usage « qu'exigerait sa dignité, et dont il ne devait compte à « personne. » Après cette réponse, les ambassadeurs sentirent bien que toute négociation devenait impossible ; ils se retirèrent tristement et portèrent l'alarme dans leur pays.
Il eût été difficile au roi d'aborder franchement les motifs de cette guerre ; ils sont ou bien légers ou bien spécieux. « Le bon droit est pour nous, dit-on cependant, afin de justifier, du moins aux yeux de la France, les hos-
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tilités qui se préparent : les gazetiers hollandais ne cessent depuis plusieurs années d'insulter notre cour ; les Etats Généraux l'ont souffert, donc ils approuvent cette insolence, et peut-être ils la payent. Bien plus, l'échevin Van-Beuning ,1e même dont le chapeau resta sur sa tête devant le grand roi, a fait frapper impunément une médaille sur laquelle, tournant en ridicule l'emblème de Louis XIV, représenté sous la forme du soleil, ce hardi républicain a fait graver au-dessus de son effigie : Conspectu meo stetit sol. A mon aspect le soleil s'est arrêté. Il est vrai que cette médaille ne s'est trouvée nulle part ; mais le roi pense qu'il suffit qu'on puisse croire à son existence pour que la guerre soit légitimée. Les griefs que l'Angleterre, notre alliée, reproche à la Hollande ont encore moins de réalité : c'est une flotte de la république qui n'a pas baissé pavillon devant un petit vaisseau anglais ; délit politique d'une singulière gravité. A cela se joint, disent les diplomates de ^Charles II, Vintention formelle d'insulter la Grande-Bretagne par un portrait de Corneille Wit, sur lequel on voit des vaisseaux incendiés, et portant les couleurs de l'Angleterre. »
Si de semblables motifs ne constituent pas une offense réelle envers la France, non plus qu'envers l'Angleterre, ces deux .puissances se préparent à mettre de leur côté le droit le plus généralement reconnu, celui du plus fort. M. Golbert travaille depuis quatre ou cinq ans à relever notre marine : des conseils de construction ont été établis dans nos ports ; des chantiers, des arsenaux maritimes formés à Brest, à Toulon, à Bochefort, à Dunkerque, au Havre, ont travaillé sans interruption. Soixante gros vaisseaux et quarante frégates peuvent arborer le pavillon des lis. Le roi a donné le commandement de trente vaisseaux de cinquante canons au comte d Estrées, quiva se joindre à une flotte anglaise que le duc d'York, doit combiner avec la nôtre contre l'escadre hollandaise commandée par Buyter.
Pendant que ces préparatifs imposants se font dans nos ports et dans ceux de l'Angleterre, Louis XIV et son frère marchent vers les frontières de la Flandre espagnole à la
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tête de cent douze mille hommM auxquels vont so réunir
ringi mille combattants fournis par l'évêque de Mi et l'électeur de Cologne. Cette formidable armée est <li\ iu trois corps : le roi, ayant sous lui Turennc, commande le premier corps ;Condé, que seconde M. de Luxembourg, dirige le deuxième J le troisième obéit au comte de Chamilly. Vauban conduira les sièges dans la campagne qui s'ouvre ; il y achèvera sans doute de mériter son b&too de maréchal. L'amour-propre l'emporte encore, dans lïime des guerriers, sur le désir de s'illustrer : les maréchaux de Bellefonds, d'IIumières et de Créqui se retirent pour ne pas obéir à M. de Turenne.
Le roi marche entouré de quatre compagnies de gardes du corps, formées de douze cents gentilshommes; viennent ensuite cinq cents mousquetaires,deux cents chevaulégers, deux cents gendarmes de la maison et douze compagnies de petite gendarmerie. Enfin, Sa Majesté emmène les Cent-Suisses,le régiment des gardes françaises et celui des gardes suisses. Ces troupes, couvertes d'or et d'argent, sont tout à la fois, sur leur passage, un objet d'admiration et de terreur; il en a coûté cher à beaucoup de pauvres gentilshommes des compagnies de la maison du roi pour éblouir ainsi les habitants de la Flandre : ces militaires dorés se sont ruinés ou endettés, et plusieurs d'entre eux meurent noblement de faim sous leurs riches habits.
Une discipline sévère est observée sur les routes, où le ministre de la guerre a réuni des approvisionnements plus abondants qu'il ne les fallait. Les munitions de guerre abondent aussi : on va même jusqu'à dire, à cet égard, que M. de Louvois fit acheter dernièrement en Hollande une forte quantité de poudre destinée à faire jaillir la mort sur le peuple commerçant qui l'a vendue Si la nouvelle de cet étrange négoce est exacte, elle justifie bien l'esprit mercantile du pays dont un habitant disait un jour:* Si l'on pouvait, par mer, faire quelque commerce « avantageux avec l'enfer, je hasarderais d'y aller brûler « mes voiles. »
Qu'opposent cependant les Hollandais à une armée de cent trente-deux mille hommes, qui traîne à sa suite plus de deux cents canons, et dont la mise en campagne coûte cinquante millions? Ils opposent vingt-cinq mille hommes de mauvaises troupes marchant sous les ordres du prince Guillaume d'Orange, général âgé de vingt-deux ans, sans expérience, et privé même de la santé. Le succès des arme s du roi ne peut être douteux ; mais ce sera le cas de répéter:
A vaincre sans péril on triomphe sans gloire.
J'écris ces notes dans mon boudoir, sur le coin de ma toilette ; il y aurait témérité de ma part à emboucher la trompette en un si petit réduit. Je ne décrirai point les combats qui viennent de signaler, à peu de frais, le courage français dans une guerre trop peu digne du grand prince qui la fait. Je dirai cependant un mot de son passage du Rhin, dont on nous étourdit; plusieurs lettres que j'ai reçues de l'armée après cet événement m'ont mise à même de le peindre dans de justes proportions.
Déjà maître d'un grand nombre de places, le roi avait assis son camp sur la rive du Rhin, vers Thouluis; dans la nuit du 11 au 12 juin il fit prendre des informations sur la profondeur du fleuve en cet endroit, et les officiers de Sa Majesté apprirent qu'il existait une espèce de gué auprès d'une vieille tourelle qu'on leur indiqua. Le matin du 12, avant le lever du soleil, Louis XIV ordonna à M. de Guiche de reconnaître le gué et de venir lui rendre compte de cette mission. Le comte, empressé d'obéir à son maître, se précipite dans les ondes, qui bouillonnent aux flancs de son coursier fougueux. Bientôt le fier animal sent le sol s'échapper sous ses pieds; jeune et vigoureux, il nage depuis longtemps, et son cavalier croit qu'il marche encore. De Guiche revient au rivage, se rend dans la tente du roi, et lui déclare que le Rhin est guéable au lieu qu'il vient de sonder. Fixé par ce rapport, Louis XIV donne le signal du passage ; soudain quatre mille cava-
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liera environ, y compris la maison du r ■ i . entrant d l'oau, landia qu'une redoutable irtillerie foudroie d mauvais régiments d'infanterie hollandaiae et quelquei cavaliers, oui troupes qu'eût à combattra la cavaleri • de choix qui s'avançait à travers les fl Hs.Le comt ; s'était trompé : il y avait un espace de neuf ou <lix toises qu'il fallait traverser à la nage ; mais à peine nos bouillante, escadrons s'en aperçurent-ils : le fil de l'eau, rompu par tant de chevaux qui le frappaient en nageant, n'opposa qu'un obstacle insensible. Déjà les assaillants avaient repris pied sans avoir éprouvé la moindre perte; les Hollandais fuyaient ou posaient les armes, lorsque le jeune duc de Longueville, échauffé par les fumées du vin, s'écria témérairement : Point de quartier pour cette canaille ! exclamation insensée qu'il fit suivre d'un coup de pistolet, tiré sur des gens qui se rendaient. Indignés, les ennemis reprennent alors le courage du désespoir ; une décharge de mousqueterie tue quelques cavaliers, et le fleuve reçoit sans vie l'imprudent qui avait attiré cette défense désespérée. Au même instant, Gondé, en remontant à cheval après avoir passé la rivière dans un bateau de cuivre, est atteint d'un coup de pistolet qui lui fracasse le poignet. Mais toute la troupe a touché la plage, et n'y trouve plus un seul ennemi. Voilà, dépouillé de sa pompe mensongère, ce passage du Rhin pour lequel on aligna tant de phrases adulatrices ; quand la grandeur, qui, comme on l'a dit très poétiquement, retenait Louis XIV au rivage, se serait un peu démentie, Sa Majesté n'aurait pas eu sans doute d'autre risque à courir que celui d'être mouillée. Le danger a été si peu digne d'attention pendant ce passage, que la gaieté française n'a pas abandonné l'espace d'une minute notre nageante cavalerie. Voici une saillie de M. de Vivonne qui a fait rire ses compagnons d'armes au milieu des eaux : « Jean, disait-il, à son cheval, n'oublie pas que « tu portes un général des galères, et garde-toi bien de faire « noyer un amiral dans l'eau douce... » Et Jean fit son devoir en cheval de bonne maison.
M. le duc de Longueville laisse une infinité de veuves
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à Paris; on ne voit que des pleureuses dans nos salons. « Gela, comme dit Mme de Sévigné, rend le métier ridicule». C'est ici Mm8 de Marans; là c'est Mm8 de Dampierre; plus loin c'est Mme de Gastelnau, qui, pour son compte, regrette bien un ingrat, car quelques jours avant son départ, M. de Longueville disait à Ninon : « De grâce, « mademoiselle, délivrez-moi de cette grosse marquise de « Castelnau. » '
La maréchale de la Ferté devrait être la plus affligée, car le jeune et beau guerrier l'aimait encore à son départ; mais, craignant sans doute de succomber à sa douleur, elle s'est hâtée de chercher des consolations. M,u9 de la Ferté avait, dans cette recherche, deux choses à considérer : il lui faut beaucoup de plaisir, mais il ne lui faut pas moins d'argent, et rarement ces deux biens se trouvent ensemble. La maréchale a donc pris pour sa félicité le comte de Tallard, tandis que pour son intérêt elle a fait choix du lourd, de l'épais mais riche Béchamel, qui s'offrait sa bourse à la main. Ouverture faite de cette bourse, il ne s'y est trouvé que quatre cents pistoles : l'exigeante beauté en voulait huit cents; Béchamel lui a fait un bon de la moitié de cette somme, et elle lui a donné du bonheur comptant. Le financier croyait en être quitte; mais il ne connaissait pas la maîtresse qu'il avait prise. Chaque matin, à son réveil, il en recevait une nouvelle demande. Las de répondre en espèces sonnantes, il n'envoya l'autre jour qu'une lettre dont voici le contenu: « Madame, on ne fait le bail des fermes que de neuf en « neuf ans, et le payement a lieu de quartier en quartier « et par avance. Je vous en parle comme savant, y ayant « bonne part, dont je ne me repens point, parce que cela « m'a appris à vivre. Comme je suis donc un homme « d'ordre, je vous dirai qu'il n'y aurait pas moyen d'avoir « commerce avec vous si je ne savais comment il nous « faut vivre ensemble. Je ferai un bail de votre ferme « quand il vous plaira, j'en fixerai les prix et les termes « de payement, mais après cela n'ayez rien à me deman- « der; autrement, il n'y aurait pas moyen d'y subvenir,
CHRONIQUES DB l'oBIL-OB-BOBCP 15
« et vous m^enverriei bientôt à l'hôpital, ce <|ui serait « aller trop loin |><>ur voa beaux yeux. »
Le lendemain «lu jour où il irait écrit ce billei finan* cier, Béchamel alla lui-même chez la maréchale en quérir la réponse.
— Bh bien, madame, lui dit-il en entrant, qu'avez-vous décidé?
— Je n'en sais encore rien, monsieur : je verrai, je réfléchirait
— En ce cas, n'en parlons plus; quand une fois j'ai donné des arrhes sur un marché et que je suis entré en jouissance, j'aime à conclure définitivement.
— Allons, soit, concluons, je prétends avoir vingt mille écus par an.
— Et moi je ne veux en donner que dix mille.
— C'est trop peu, mon gros Grésus; je ferais là un marché de dupe.
— Ceci, madame, ne me paraît pas trop poli; il me semble cependant que mon offre n'est point tant à dédaigner, car enfin je ne vous demande aucune garantie contre le Tallard, le Nantouillet, le Guiche et d'autres démangeaisons galantes auxquelles vous êtes sujette quand tous nos jeunes seigneurs sont à Paris.
— Finissons, monsieur, j'accepte les dix mille écus, mais vous m'en donnerez deux mille de pot-de-vin.
— Mais, maréchale, songez donc que je vous ai déjà compté davantage pour deux ou trois petites séances.
— Ne parlons plus de cela ; c'est un vieux compte réglé.
— Ainsi voilà qui est convenu; je viendrai ce soir à dix heures, et nous passerons le contrat.
— Tâchez, monsieur, d'avoir la main sûre pour le signer '.
Pendant que Mm9 de la Ferté se débarrassait ainsi du
1. On a peine à croire que la femme d'un maréchal de France descende à un degré de dégradation qui cent ans plus tard eût fait rougir une fille d'Opéra ; le marché rappelé ici est cependant vrai dans tous ses détails.
veuvage de ses amours, on trouvait dans les papiers du jeune duc de Longueville un testament par lequel il reconnaît le fils de la maréchale, auquel, dans le cas où il viendrait à mourir avant d'être marié, il lègue cinq cent mille livres. Le roi a été enchanté de ces dispositions du défunt; comme l'enfant qu'il laisse vient d'une femme mariée, Sa Majesté voit dans cette circonstance une occasion de préparer les voies pour faire reconnaître les bâtards qu'il a de Mme de Montespan. Louis XIV envoya samedi au parlement l'ordre de légitimer le fils du duc de Longueville, sans obligation de nommer la mère. Cette disposition était nouvelle, immorale, contraire aux lois du royaume; elle n'en a pas moins été faite sans la moindre observation de la part de nos graves magistrats, et le roi peut se tenir pour prévenu qu'il lui est permis d'augmenter à son gré la famille royale.
Après le passage du Rhin, la conquête de presque toute la Hollande fut rapide ; les provinces d'Utrecht, d'Over- Yssel, de Gueldre furent occupées; Amsterdam songeait à porter ses clefs au vainqueur ; mais au moment d'entrer dans cette capitale, l'ardeur des troupes ou des généraux se ralentit. Un effort de plus, et Louis XIV se montrait en triomphateur au milieu de ces fiers États Généraux qui lui ont un instant imposé des conditions dans son propre palais. Mais on s'arrêta aux portes de la ville imposante , on délibéra, et cette hésitation donna le temps aux Hollandais de faire redouter aux Français le terrible auxiliaire que ces derniers avaient négligé d'enlever à leurs ennemis, les écluses, au moyen desquelles on pouvait inonder le pays.
Les chefs de la république envoyèrent cependant implorer la clémence du roi; Louvois reçut les ambassadeurs avec hauteur, avec dédain. Les conditions qu'on mit à la paix qu'ils demandaient les révoltèrent : ils jurèrent que la Hollande disparaîtrait sous l'Océan, plutôt que de les subir... Ils se retirèrent, et bientôt les eaux de la mer, en noyant toute la campagne voisine d'Amsterdam, firent de
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cotto ville une forteresso imprenable. I-' n>i, a'ayanl plai do conquêtes à faire daoi un paya submergé, quitt.i l'umée et revint a Saint-Germain.
Ainsi, après avoir en quelques mois traversé trois riviù res, pria troia provinces, enlevé plus de quarante places fortifiées, Sa Majesté voit ses desseins sans résultats. L*avis do M. de Pomponne, qui remplace M. de Lionne aux alfairos étrangères, était qu'on se contentât des avantages proposés par la république, et qu'on se rejetât sur les Pays-Bas espagnols, afin de punir le roi d'Espagne du secours que, au mépris du traité d'Aix-la-Chapelle, il venait de donner aux Hollandais. Louvois fut contraire à ce projet; il repoussa également celui de Turenne, qui voulait qu'on rasât les forteresses conquises, vu la difficulté de les garder. Ni l'un ni l'autre de ces avis n'ayant été adopté, rien, je le répète, n'est décisif après une guerre si coûteuse ; la république ne peut même être considérée comme vaincue ; car, tandis que la faible infanterie hollandaise nous livrait le passage du Rhin, Ruyter soutenait l'honneur de son pavillon et l'indépendance de sa nation contre les flottes combinées du duc d'York et du comte d'Estrées; la victoire est restée indécise au combat de Sol baie.
La guerre intestine, si ordinaire chez les peuples malheureux, a pourtant secondé nos armes en Hollande ; les vaincus veulent toujours trouver parmi eux des coupables dont la faute excuse leur défaite. Les Hollandais ont accusé Jean et Corneille de Wit, qui n'avaient rien à se reprocher. Mais les mécontents, dont le nombre se grossissait chaque jour des partisans de la maison d'Orange, imputaient des crimes imaginaires à ces deux grands citoyens; ils ont été massacrés à La Haye par une populace effrénée, et les Etats viennent de proclamer la jeune prince d'Orange stathouder.
Au milieu de ses victoires, le roi a failli subir un grand échec; l'importante place de Charleroi, l'arsenal de l'armée, qui renfermait un million d'espèces, a été tout à coup investie par les ennemis n'ayant que quatre cents
hommes de garnison. Le prince d'Orange, tout jeune qu'il est, avait trompé la vigilance de nos généraux, et s'était jeté derrière eux pour tenter cette riche capture. Mais Charleroi en a été quitte pour la peur; un corps de troupes considérable s'est porté à son secours, et le blocus a été levé. L'armée française, devenue amphibie dans les marais inondés de la Hollande, a pris enfin ses quartiers d'hiver; je prends aussi les miens.
Pélisson avait suivi le roi à l'armée en qualité d'historien; il écrit maintenant ce qu'il a vu ou cru voir. L'histoire de Sa Majesté a>»ance, dit-on, rapidement sous la main de ce panégyriste ; on peut déjà juger, par un mot de lui, sur quel ton il chante son héros... « Quand vous en « serez à mes aventures galantes avec Mm8S de la Val- « lière et de Montespan, disait l'autre jour Louis XIV à « cet écrivain, comment traiterez-vous ce sujet? — Sire, « avec les couleurs de la vérité, répondit Pélisson, il faut « bien qu'il y ait un peu de l'homme en vous. »
Les événements militaires m'ont fait perdre de vue la faible tragédie d'Ariane de Thomas Corneille, pièce qui ne vivra peut-être dans le souvenir du public que par un bon mot de Despréaux. « Ah 1 pauvre Thomas, disait-il « pendant la première représentation, tes vers, comparés « à ceux de ton frère, font bien voir que tu n'es qu'un « cadet de Normandie l. »
La Comtesse d'Escarbagnas de Molière est une folie spirituelle que j'aurais pu passer sous silence ; mais puisque j'y reviens, disons qu'on trouve dans cette bagatelle une peinture très comique des ridicules de la province. Le rôle principal est rempli par un acteur nommé Hubert, qui excelle à représenter les vieilles femmes. Il a fait rire miraculeusement le parterre sous la grotesque parure de Mm° d'Escarbagnas... On s'est amusé, donc le succès de l'ouvrage est certain.
Mais il faut reprendre le ton sérieux pour parler des