Ms. Moreau 365, p. 56 (mention
5. Auton ou Anthon. Inventaire des titres de la maison de Dour^ bon, II, p. 436. Cf. R» 580, 32. Procès entre la duchesse d'Orléans 01 le comte du Maine. Arrêts du Parlement du 8 mai l'(70; onlonuance du conseiller Briçonnol, commis le 22 septembre l'iTI; procès-verbal du même, 15 juillet 1171, pour Alluyo, Authtm, Montmirail, Bazoche... Briçoiinel, du (;i)iisontemeiit dtîg officiers
yiij NOTICE SUR JEAN D'AUTON.
devons-nous rattacher Jean d'Âuton au Dauphiné ou à la Saintonge, deux provinces où Ton conunençait Tannée au 25 mars*?
On a quelquefois voulu faire de Jean d*Auton un dauphinois, et, à l'appui de cette opinion, on pourrait observer qu'il emploie souvent une expression provinciale, mais surtout lyonnaise et dauphinoise*, « aller de Lyon en France 5. » A.ubert du Roussel, gentilhomme dauphinois, commandait une compagnie d'hommes d'armes, composée, au dire d'Aymar de Rivail, de dauphinois, et, dans cette compagnie, nous trouvons un Cyprien d'Auton homme d'armes, peutêtre dauphinois^. Enfin, Jean d'Auton ne s'exprime pas en poitevin quand il appelle^ Cytran Gilbert des Serpens, seigneur de Châtain en Poitou •.
Mais, d'autre part, sous le fatras conventionnel du langage savant de ce temps, Jean d'Auton laisse percer des traces du langage poitevin et saintongeais. Ainsi, il
du comte, leur enjoint de ressortir du gouverneur du duché d'Orléans et d'Ienville (Janville).
1. 1 Le XXV de mars, jour de Nostre Dame, auquel l'église gallicane commençoit a compter rail cinq cens et xn..., • dit Jean Thenaud, cordelier d'Angoulême (le Voyage d^ outremer, publ. par M. Schefer, p. 35).
2. En tout cas, elle exclut l'idée de rattacher Jean d'Auton au Perche ou au Dunois; elle était d'ailleurs conformée la coutume. Ainsi Jean d'Auton dira de même : « gascon, françoys, savoizien » (111, 129), pour distinguer trois personnes diverses.
6. Nous devons observer sur ce point que le nom de Chitain subit les plus nombreuses variantes. Des Serpens lui-même signe « Ghitan » (ms. Dupuy 261, fol. 191), « Chitain • (Titres orig., no 7 : reconnaissance de son beau-frère Gaspard de Goligny; n'S). Cf. fr. 21449, passim. Jean des Serpens s'intitulait, eu 1488, « Gytain i (ibid., n» 5), etc.
NOTICE SUR JBAN D'AUTON. ix
dira : « Entour la faste sainct HjlaireS » en bon poitevin. Il prononce et é<arit « cheulz » (chez), « fayerye » (féerie)*... Enfin, ses relations personnelles sont poitevines. Son protégé et son meilleur ami est Jean Bouchet, qui lui a adressé des épîtres, qui a confectionné son épitaphe et qui se fait gloire de suivre ses préceptes. Avec Jean Bouchet, Jean d'Âuton trouve encore un prôneur, plus exclusivement poitevin, s'il se peut, dans la personne de Pierre Gervaise, poète fort obscur de Poitiers, connu par une épître, conservée dans les œuvres de Bouchet, où il exalte Jean d'Auton '. Ainsi, notre auteur nous apparaît comme le patron naturel des poitevins qui aspiraient aux bienfaits de la cour et aux honneurs du beau langage^ On objectera qu'il se rattachait au Poitou comme abbé d'Angle ; mais Jean d'Auton, selon l'usage du temps, ne résida point dans son abbaye, si ce n'est à la fin de sa vie; il ne pouvait même pas y résider, puisqu'il suivit professionnellement la cour. Il fut également prieur de Clermont-Lodève, et, de ce côté-là, on ne lui trouve aucunes relations semblables. Enfin, et surtout, observons que Jean Bouchet fut l'élève de Jean d'Auton ; il le dit à plusieurs reprises^ ; or, Bouchet fit ses débuts à la cour un peu avant la mort de Charles VHP; d'Auton reçut son abbaye de Louis XII, et ainsi il faut supposer des rapports antérieurs.