‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 130 sur 183 · ROMME · texte numérisé non relu

ROMME

Oyant le cry de ta piteuse plaincte Et la forme de ta dure complaincte.

Touchant le grief et ennuyeulx servaige Ou tu es mise et détenue en craincte, Comme exillée a* force el par contraincte, Dont tu soustiens trop excessif oui trage, Triste en pencée et doutante en courage Suys de ton mal, veu la nostre alyence Et amytié, et que n'ay eu puissance De te donner a temps ayde et secours; Par quoy te fault avoir la pacîence.

Toutes choses viennent a leur decours.

Babilloyne est ruyneuse et estaincte, Nynive ausi et autre cyté maincle,

1. Scait. — 2. Sang. — 3. Cesie histoire. — 4. Puissante 9t, — 5. Chastoy. — 6. Par.

374 CHRONIQUES DE LOUIS xn. [Juillet 1M7

Gomme Thebes, Arges, Troye et Gartage;

Assirye première eut son actaincte,

Puys Perse, et Hede et Grèce eurent Testraincte,

Ghaseune autour sucedant au partage;

Puys, moy, qui eu sur toutes Tavantage,

Fuz destruicte, roupie^ et mise a l'oustranee

Par moy mesmes et les eflfors de France,

Qui mainctes foys ont sur moy faict leurs cours,

Sans y pouvoir faire de résistance.

Toutes choses viennent a leur decours.

Tu* ftiz jadys de richesses enceincte^, De mons et mers avironnée et ceîncte, Seulle dicte Royne de navigage ; Ore es a bas, et pour avoir enfraincte Ta foy petite et ta promesse faincte, Dont tu avoye a France faict hommage, G^est le moyen de ta perte et dommage. Et la cause de ta peine et sufTrance, AfQn ausi qu'il n'y eust différence D'autres a toy, et que toutes noz cours Sachent n'avoir de durée asseurence.

Toutes choses viennent a leurs decours.

Prince, on ne doibt avoir seure esperence En ce règne, veu, par clere apparence.

Son temps faillir et ses jours estre cours; Il ne se peut, par armes ou chevance, Perpétuer ; tousjours sa fln avance.

Toutes choses viennent a leurs decours.

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