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CHAPITRE CLIX

Commenl les Parisiens et ceux de l'université allèrent devers

le duc d’Aquitaine et autres princes proposer aucunes besognes; et de la mort d’icelui duc d’Aquitaine.

Or est ainsi que les Parisiens, principalement ceux de l’université, voyant de jour en jour que plusieurs maux et divisions se rmilliplioient entre les seigneurs du sang royal, et ceux de leur conseil, l’un contre l’autre, à la grand’ destruction du royaume et du pauvre peuple, allèrent un certain jour en grand’ multitude devers le duc d’Aquitaine, où étoit présent le duc de Berri et le comte de Ponlhieu, avec plusieurs autres grands seigneurs et gens d’église, demandant audience de parler; laquelle obtenue, le premier président en parlement commença le thème qui s’ensuit : Domine , salva nos quiperiinus. C’est-à-dire: Sire, sauve-nous, car nous périssons. Et est écrit au chapitre de saint Matthieu; lequel clairement il exposa, en

louchant sagement et éloquentoment plusieurs conclusions, et déclarant plusieurs malfaiteurs du royaume, troublant et empêchant, et de fait opprimant le pauvi e peuple.

Après la fin de laquelle proposition, le dit duc d’Aquitaine promptement jura, en parole de {ils de roi, que dorénavant les malfaiteurs du royaume, de quelque étal qu’ils fussent, seroient punis selon leur démérites, et que justice soroit réparée et gardée, et le clergé et le peuple seroient tenus en paix. Après laquelle réponse se partirent très contents du duc d’Aquitaine les dessus dits ; mais à bref dire, sa parole ni son intention ne purent pas venir à effet, car assez bref ensuivant il accoucha malade de fièvres, dont il mourut le dix-huitième jour de décembre ^ en l’hôtol de Bourbon.

Pour la mort duquel furent faits pleurs et lamentations de plusieurs seigneurs et autres ses serviteurs ; et fut aucune renommée qu’il avoit été empoisonné. Si fut gardé en un sercus de plomb au dit hôtel . par quatre jours ; et là vinrent tous les collèges de Paris prier pour lui, et depuis fut porté à Saint-Denis, et enterré assez prés des royaux.

En après, huit jours ensuivant, te comte d’Armagnac, mandé de par le roi, entra à Paris à recevoir l’ofiice de connétable et l’épée de la main du roi, on faisant le serment solennel, comme il est de coutume. Et le remercia humblement le roi du grand honneur qu’il lui faisoit. Etétoil ledit comte d’Armagnac accompagné, à compter ceux de Paris, bien de six mille combattants. Et tantôt envoya Remonet de La Guerre avec quatre cents bassinets en la ville de Saint-Denis , en garnison , pour résister contre les gens du dit duc de Bourgogne, et pareillement ès autres lieux sur Seine et ailleurs fit rompre tous ponts et passages. Et adonc Jean de Corsay , natif de Bcrri , fut de par le roi ordonné maître des arbalétriers de France, et messire Thomas de Hersis, bailli

• Il ét.iit âgé (te vingt el un ans. Les chroniques le reprcsenlenl comme aimant beaucoup à jouer de la harpe et de l’épinette, tenant table jusqu’à la nuit, et passant la moitié du jour au lit. « Il avoit bon cuten- » dement tant en latin qu’eu françois, disent les regis- » très du parlement, mais employoil peu. Car sa con- Bdilion étoil d’employer la nuit à veiller el peu faire, » et le jour à dormir. » {Preuves de i histoire de Paris, t. 4, p. 660.)

de Vermandois , et le sire de Humbercourt, bailli d’Amiens, messire Pierre d’Aunay, natif de la Rochelle, bailli de Senlis, messire Mansard d’Esne, bailli de Vilry, messire Brunet de Bouves bailli de Tournai ; et pareillement pa? le roi dessus dit furent faits plusieurs nouveaux olfi ciers.

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