‹ ChroniquesChapitre 199 sur 562 · I.IVRK PREMJEP · texte numérisé non relu

I.IVRK PREMJEP

comballanls ou environ, allèrent au-devant de lui jusqu’à Troyes. Auquel lieu de Troyes vinrent nouvelles au dit duc de la mort du comte d’Armagnac et d’autres prisonniers morts à Paris , dont grandement fut courroucé ; car, par le moyen d’iceux et par leur délivrance, avoit pensé de ravoir le dauphin et toutes les places que tenoil le comte d’Armagnac et ses gens. Toutefois, le second jour du mois de juillet SC partirent la reine et le duc de Bourgogne de Troyes, pour aller à Paris en moult grand ordonname; et faisoient messire Jean de Luxembourg et les Picards l’avant-garde ; et le dit duc atout sa bataille conduisoit la reine ; et allèrent le chemin de Nogent-sur- Seine et de Provins.

Tinaleuïcnt, le quatorzième jour du dit mois de juillet ih’ entrèrent dedans Paris en moult grand’ quantité, tous armés, étendard déplo}é et par belle ordonnance. Et étoient allés au devant de la reine et du duc bien six cents bourgeois de Paris, vêtus de cottes bleues, ayant la croix Saint-Andrieu dessus au lieu de la bande qu’ils avoient portée par long temps. Et baillèrent au dit duc de Bourgogne et à son neveu, le jeune comte de Saint-Pol, deux robes de bleu velours, lesquelles ils vêtirent, et entrèrent par la porte Saint-Antoine.

A l’entrée desquels fut menée dedans Paris moult grand’ joie pour la venue d’iceux, et crioit-on : « Noëll » par tous les carrefours à haute voix; et des hautes fenêtres, en plusieurs lieux, on jetoit sur le chariot de la reine et sur les seigneurs fleurs en grand’ abondance. Et ainsi le duc de Bourgogne mena la reine jusqu’à l’hôtel de Sainl-Pol, où étoit le roi, qui à eUc et au dit duc de Bourgogne fit joyeuse réception. Et brefs jours ensuivant furent en icelle ville tenus plusieurs grands conseils , tant par icelui duc comme par autres seigneurs, sur le régime et autres affaires du royaume.

Après la fin desquels conseils furent constitués, en la faveur du dit duc de Bourgogne, plusieurs nouveaux officiers de par le roi ; c’est à savoir les seigneurs de l’Ile-Adam et deChastellus furent faits tous deux maréchaux de France; messire Robinet de Mailly fut fait grand-panetier ; et messire Charles de Cens fut commis amiral de France, jà soit ce que par

avant en eût le don du roi messire Jannet do Poix, et se nomma amiral certaine espace; maître Eustache de Laictre fut fait chancelier de France ; et maître Philippe de Morvilliers, premier président en parlement; et le duc de Bourgogne fut capitaine de Paris, et y commit son' lieutenant messire Charles de Lens. Et aussi , comme dit est, lors eut au dit lieu de Paris plusieurs besognes remuées, tant des offices de France comme d’autres choses , desquelles le roi étoit content ; et accordoit toutes requêtes à lui faites par ceux de qui il étoit administré.

Esquels jours, par le commandement de messire Jean de .Luxembourg , comme il fut commune renommée, fut mis à mort à la Chapelle, entre Paris et .Saint-Denis, un nommé Jean Bertrand, capitaine du dit Saint-Denis, lequel avoit été un des meneurs de compagnies avec messire Gastelinas, .Jean de Gingin et Jean de Clau, et étoient bouchers. Pour la mort duquel les Parisiens furent très mal contents ; et pour trouver et punir ceux qui l’avoient mis à mort, saillirent hors de leur ville en grand nombre ; mais ils ne furent pas trouvés; car hâtivement s’étoient mis à sauveté. Si en firent grand’ plainte au duc de Bourgogne, lequel demanda au dessus dit de Luxembourg s’il avoit fait cette œuvre, et il répondit que non : toutefois il demeura mort. Et comme il fut informé, les principaux facteurs de cette besogne furent Lyonnet de Vendôme , le bâtard de Roubaix et autres leurs complices, jusqu’au nombre do douze compagnons , tous mauvais garçons.

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