‹ ChroniquesChapitre 20 sur 562 · CHAPITRE XXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXL

Coinnient lo duc Aubert, comte de Hainaut, trépassa ; cl pareillement la dueliesse de Bourgogne Marguerite, tille au comte Louis de f'iandre.

En cet an , le duc Aubert trépassa , lequel étoit comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande , qui avoit été lils de Louis de Bavière , jadis empereur d’Allemagne. Duquel duc demeurèrent deux fils et une fille; c’est à savoir: Guillaume, qui étoit aîné, et Jean, de son surnom nommé Sans-Pitié, qui fut promu à être évêque de Liège, nonobstant qu’il n’éloil point encore sacré, et la fille étoit mariée au duc Jean de Bourgogne. Et fut le dit duc Aubert enterré en l’église collégiale de La Haye, en Hollande. Et pareillement mourut au dit an, le vendredi de devant la mi carême, Marguerite, duchesse de Bourgogne, femme au duc Philippe, dernier trépassé, et douairière, en son hôtel à Arras, laquelle fut atteinte de maladie hâtive. Si fut de ses trois fils, c’est à savoir, .Tean , duc de Bourgogne , Antoine , duc de Limbourg , et Philippe le moins-né, menée en grands pleurs et gémissements en la ville de Lille , où elle fut enterrée en l’église collégiale de Saint- Pierre, emprès son père , le comte Louis de Flandre. Après la mort de laquelle succéda Jean, duc de Bourgogne, son premier fils, en la comté de Flandre cl d’Artois ; et Philippe , dessus nommé, eut la comté de Nevers, comme en autre lieu est déclaré. Et bref ensuivant furent promus de la partie du duc Jean de Bourgogne , et à sa requête , les mariages de Louis, duc d’Aquitaine, dauphin, fils du roi de France, et de la fille aînée du dit duc de Bourgogne, nommt^e Marguerite ; et aussi de Phi-

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lippe, comte de Ctiarolois, seul fils cl héritier de celui duc et de Michel fille auroil. Desquelles alliances , ensuivant ce que autrefois en avoit été pourparlé du vivant du ducPliilippc défunt, le roi, la reine et autres du sang royal etoient assez contents , excepté le duc Louis d'Orléans , seul frère du roi , auquel celle alliance n’étoit pas bien agréable. Et dès lors et et par avant y avoit eu entre iceux deux princes, c’est à savoir d’Orléans et de Bourgogne, aucunes rumeurs et envies , par quoi, quelque semblant qu’ils montrassent l’un à l’autre, si n’y avoit-il pas grand amour, en partie poulies rapports que faisoient leurs gens chacun ù son maître et seigneur, l’un après l’autre. IN'éanmoins les dessus dits mariages furent du tout accordés et confirmés entre les parties dessus dites, cl en furent faites et baillées, de partie à autre , aucunes siirclés par lettres et instruments royaux. Et adonc fut à Paris mise sus une très grand’ taille sur tout le peuple du royaume de France, de par le roi et son grand conseil ; à laquelle mettre sus ne se voulut pas consentir le dit duc de Bourgogne, dont il fut grandement aimé et recommandé de tout le peuple généralement.

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