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CHAPITRE CXYI

Comment les habitants de Chauny-sur-Oise détruisirent ti désolèrent le chAtel de leur ville.

Ce même temps, messire Collard de Mailly, qui lors étoit bailli de Vermandois de par le roi Henri d’Angleterre, et avecque lui messire Ferry de Mailly, tous deux d meuiant au châtol de Chauny-sur-Oise, appartenant hèritablemcnl à Ctiarles, duc d’Orléans, qui alors étoit prisonnier en Angleterre , pour aucunes paroles non amiable^ qui avoient été dites par le dit messire Ferry à l’encontre des habitants de la ville, iceux habilanlsi douUoi que par la

porte derrière le dit châtel les deux dessus dits ne missent garnison d’Anglois ou d’autres gens de guerre dedans leur ville , plus fort qu’il ne leur plairoit, par quoi ils fussent contraints et mis en subjection , conclurent tout secrètement ensemble aucuns des dits habitants, desquels furent les principaux Jean de Longueval, Matthieu son frère, Pierre Piat, lesquels firent serment l’un à l’autre de à certain jour, quand les dessus dits messire Collard et messire Ferry de Mailly seroient en la ville , de prendre icelle forteresse et la démolir.

Après lesquelles conclusions et serments par eux faits, un certain jour mirent secrètement aucuns compagnons aventuriers en petit nombre emprès la porte du ditchàtel, tous instruits et avisés de ce qu’ils avoient à faire ; lesquels, quand ils virent les deux chevaliers et aucuns de leurs gens issus du dit châtel, ainsi qu’ils avoient accoutumé , pour aller jouer en la ville, saillirent hors du lieu où ils étoient , et entrèrent dedans le châtel , parce qu’on ne se gardoit point d’eux. Si levèrent tantôt le pont contre la ville et se mirent dedans. Laquelle prise venue à la connoissance des dits frères , leur fut très déplaisant; mais ils n’en purent avoir autre chose; car tout incontinent ceux qui étoient du serment dessus dit firent sonner la cloche du commun , et s’assemblèrent en très grand nombre, armés et embâtonnés , et s’en allèrent devant icelui fort, qui tantôt leur fut ouvert.

Et adonc aucuns des plus notables de la ville allèrent devant les dessus dits chevaliers, auxquels ils dirent qu’ils ne fussent en aucune doute de leurs personnes et aussi de leur chevance, et qu’on ne leur méferoii rien, disant que ce qui se faisoit étoit pour le bien et santé de la dite ville; lesquels , non puissants de à ce remédier, répondirent que puisque autrement ne pouvoit être qu’ils fissent ce que bon leur sembleroit. Et adonc , tout troublés de voir les manières dessus dites , se retrahirent en un hôtel en la ville, et avecque eux tous leurs familiers. Si leur furent délivrés tous leurs biens , et bref ensuivant , tous les habitants, d’un commun accord , commencèrent à désoler et abattre la dite forteresse, et tant en ce continuèrent et par plusieurs jours qu’elle

fut du tout rasée et démolie de fond en comble. Et aucuns brefs jours ensuivants, le dessus dit bailli de Vermandois et son frère atout leurs gens se départirent de la dite ville de Chauny. Auquel lieu desquels leur fût envoyé pour eux gouverner, de par messire Jean de Luxembourg, messire Hector de Flavy, et depuis Waleran de Moreul, lesquels, pour l’entreprise dessus dite, les trouvèrent plus rigoureux et désobéissants qu’ils n’avoienl accoutumé devant la désolation du dit châtel.

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