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CHAPITRE CLYl

Comment le fort de Saint-Vincent, emprè.s l.aon, fut démoli; et comment plusieurs forteresses furent conquises par le* Bourguignons.

En icelui même temps, le duc de Bourgogne se partit de ses pays de Picardie atout deux mille combattants, pour retourner en ses pays de Bourgogne. Avec lequel s’assemblèrent messire Simon de Lalain et Robert de Saveuse. Si prit son chemin vers Cambrésis , et de là à Crécy-sur-Serre et à Provins ; et lors les François étoient en grand nombre à Laon , venus en intention d’assiéger le fort de Sainl-V’incent, où étoient les gens de messire Jean de Luxembourg, comme dit est dessus. Lequel comte, de ce averti, envoya scs messagers à Yervins devers le dit duc, requérant qu’il voulût retourner atout ses gens d’armes au dit lieu de Crécy , et illec séjourner deux ou trois jours, afin que les dessus dit François étant à Laon se partissent. Laquelle requête lui accorda et revint loger au dit lieu de Crécy ; et entre-temps, traités se commencèrent à faire entre le dit de Ligny et ceux de la ville de Laon ; lesquels enfin furent conclus par condition que ceux qui étoient dedans le dii fort de Sainl-Yincent déparliroient saufs leurs vies et leurs biens , et le dessus dit fort seroit démoli. Lesquelles besognes faites cl accordées , le dit duc s’en alla parmi la Champagne en son paj s de Bourgogne, et rassembla derechef avec ceux qu’il avoit amenés grand nombre de Bourguignons et Picards là étant. Si les envoya assiéger la ville et forteresse de Chaumont en Charolois , que tenoient les François; lesquels, en assez bref temps ensuivant, furent par les dits assiégeants si fort travaillés et contraints qu’ils se rendirent en la volonté d’icelui duc de Bourgogne, lequel en fit pendre cent et au-dessus ; et étoit

CHRONIQUES D'ENGÜERRAND DE MONSÏRELET. [1434]

lors le chef pour les Picards, en l’absence du dilduc, nu'ssire Jean, bftlard de Sainl-Pol. Et est ù savoir que de ceux qui furent pendus étoit l’un le fils de Rodrigue de Villandras; et après se rendirent au capitaine d’icelui duc ceux du dit fort , et furent pendus comme les autres. Après assiégèrent Benam ; si se rendirent ceux de dedans sauves leurs vies, eux départant le bâton au poing; et de là, tant par sièges comme par assauts , mirent en leur obéissance plusieurs villes et forteresses que tenoient les François.

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