‹ ChroniquesChapitre 444 sur 562 · CHAPITRE eux · texte numérisé non relu

CHAPITRE eux

Comment les François prirent la ville de Ham-sur-Somme en Verniandois.

Environ le mois d’août, prirent les gens du roi Charles la ville de Ham-sur-Somme , que tenoient les gens de messire de Luxembourg ,

comte de Ligny , et la rendirent les habitants, pource que leur garnison . sachant la venue d’iceux François, s’éloient partis d’eux et les laissèrent en danger. En laquelle ville vinrent le comte de Richement, connétable de France, le bâtard d’Orléans, La Hire et plusieurs autres capitaines, et avecque eux grand nombre de combattants. Pour laquelle prise, le pays de Vermandois, Artois, Carnbrésis et plusieurs autres marches d’environ furent en très grand doute, voyant iceux leurs ennemis être logés en fort lieu sur le passage de l’eau , et aussi sachant leur prince être hors du pays.

Néanmoins les comtes de Sainl-Pol, d’Elampes et de Ligny firent grand’ diligence d’assembler gens, pour résister aux entreprises des dits François, mais, entre-temps qu’icelles assemblées se faisoient, se commencèrent aucuns traités entre les parties, lesquels en conclusion vinrent à bonne fin, et mojennant certaine somme d’argent, montant à quarante mille écus, qu’eurent les François, rendirent icelle ville de Ham en la main de messire Jean de Luxembourg, à qui elle étoit. El la cause pour quoi les dits traités furent conduits en douceur si fut sur l’espérance de venir à paix finale entre le roi Charles de France et le duc de Bourgogne, car déjà en avoit plusieurs moyens encommentés entre les parties. Avecque laquelle ville de Ham rendirent le fort de Breteuil en la main du dit comte d’Étampes, que Blanchefort avoil tenu long temps. El en ce même temps, le duc de Bourgogne fil mettre siège devant Coulogne-lez-Vigneuses par messire Guillaume de Rochefort et Philebert de Vaudray, atout huit cents combattants ou environ, lesquels se logèrent en une bastille. Et au bout de trois mois se rendirent ceux de dedans, par condition qu’ils s’en iroienl, saufs leur corps et leurs biens.

Page 1