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CHAPITRE CCXV

Comment plusieurs capilaif^es françois, au commandement du roi Charles de France, allèrent reconquêter plusieurs villes et forteresses que les Anglois tenoient; ei comment le dit roi, en sa propre personne, alla devant la ville de Monlereau-Faut-Yonne, laquelle il reconquit.

En ces jours, Charles, roi de France, convoqua de plusieurs parties de son royaume très grand nombre de nobles hommes et de gens de guerre à venir devers lui à Gien-sur- Loire, en intention de recouvrer aucunes villes et forteresses que tenoient les Anglois, ses adversaires, vers Montargisetsur les marches de Gaslinois. Lesquels venus au dit lieu de Gien devers le roi, avec lequel étoient le connétable de France, messire Jacques d’Anjou, le comte de Perdiac, le comte de Vendôme, le bâtard d’Orléans et autres plusieurs, si fut conclu par le conseil royal que le dit connétable et le comte de Pcrdiac iroient atout leurs gens d’armes mettre le siège devant Cliâteau-Landon, que lors tenoient les dits Anglois ; et comme il

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fut délibéré en fut fait. Et en bref vinrent devant et l’environnèrent de toutes parts; dont les Anglois furent moult ébahis ; car ils étoient bien avant au pays, et avoient petite espérance, d’avoir secours, et si n’étoient mie fort pourvus de vivres. Néanmoins, ils montrèrent semblant d’avoir bonne espérance d’eux tenir et défendre ; et, jà soit ce que par le dit connétable furent sommés d’eux rendre, sauve leur vie, ils liront réponse que n’étoient point conseillés de ce faire; et dirent qu’il coùlcroit chèrement avant que ce fissent. Toutefois au troisième jour furent si fièrement et Aprcmctil assaillis par les dits François qu’ils furent pris de force. Si y eut la plus grand’ [lartie pendus, et par spécial ceux qui furent natifs du royaume de France ; et les autres furent délivrés en payant finance. Et après, les seigneurs dessus dits, partants du dit lieu de Châloau-Landon , allèrent mettre le siège devant Nemours, lequel se tint environ douze jours; au bout duquel temps, ceux de dedans se rendirent, saufs leurs vies et leurs biens, et s’en allèrent à Montereau. Et entre-temps, messire Gaston de Logus, bailli de Bourges on Berri, et autres capitaines allèrent assiéger la ville et château de Terny, que tenoient les dessus dits Anglois ; lesquels, dedans befs jours ensuivant , se rendirent, moyennant qu’ils s’en iroient sauvonienl atout leurs biens. Et quand ils se partirent de là atout leurs saufs-conduils , le dessus dit messire Gaston, qui étoit monté sur un bon coursier, les convoya un petit; mais en le férant de l'éperon et tournant, icelui coursier chut dangereusement; et se tua le dit chevalier tout mort. Au lieu duquel Pothon do Sainte-Treille fut , de par le roi , constitué bailli de Bourges.

Tantôt après, le roi atout sa compagnie vint à G ion, à Sens en Bourgogne, et de là à Braysur-Seine; duquel lieu il envoya devant àlonlercau-Faut- Abonne le seigneur de Gaucourt , messire Denis de Sailly , Pothon de Saintc- Preille et Boussac, le bâtard de Beaumanoir et aucuns autres capitaines atout environ seize ^.•ents combattants, lesquels se logèrent sur une nontagne vers le chàtel sur la Brie. Et devant 'celui châtcl firent faire une grosse bastille et )uissanl,c , où il se logèrent et fortifièrent en jrand’ di licence. El de l’autre coté , vers G à-

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