CHAPITRE CCXVII
Comment les Anglois reconquirent la ville de Fécamp, en Normandie.
En ces jours, les Anglois mirent le siège devant la ville de b’écamp en Normandie, et y furent environ trois mois ; en la fin desquels* ceux de dedans se rendirent, moyennant que de là SC départiroient saufs leurs corps et leurs biens ; mais tôt et assez brefs jours ensuivant fut reconquise par les François. Si y avoil pour lors très grand’ guerre par toute la Normandie, et se faisoient très souvent de diverses rencontres entre les parties; et entre les autres, y en eut une dont il faut faire menlion, c’est à savoir que La Hire, Pothon de Sainte- Treille, le seigneur de Fontaines, Lavagan et autres capitaines se mirent ensemble un certain jour , et allèrent environ atout six cents combattants courre devers Rouen , sur intention de faire aucune bonne besogne sur ireux Anglois de Normandie, leurs adversaires; mais ils faillirent de ce qu’ils avoient entrepris, et pour tant se prirent à retourner vers Beauvais.
Et pourcc qu’eux et leurs chevaux ètoient fort travaillés, se logèrent à un village nommé Ris pour eux repaître et rafraîchir. Auquel logis vint assez tôt après messire Thomas Kiricl et aucuns autres capitaines anglois, lesquels vigoureusement coururent sus, devant qu’ils^ pusse. être assemblés, et enfin les dèconfirciit à peu de dommage de leurs gens. El y fut pris le dit seigneur de Fontaines, Allardin de Moussay et plusieurs autres. Et La Hire, par le bon cheval qu’il avoit, se sauva à grand’ peine, et fut navré en plusieurs et divers lieux. Et [tareillement se sauva Pothon de Sainte-Treille
et aucuns autres avecque eux, et par spécial perdirent la plus grand’ partie de leurs chevaux et hainois. Après laquelle détrousse, les Angloiss’en retournèrent à Rouen, très joyeux de leur bonne fortune; mais ce nonobstant , ils perdirent tantôt la dite ville de Fécamp, comme ci-devant est déclaré.