CHAPITRE XXVI
1337 à 1339. croisières et incursions des normands sur les côtes d'angleterre ; sac de southampton , préparatifs db guerre du
roi de FRANCE, SUR TERRE ET SUR MER (§§ 72, 74.)
1337 à 1339. Philippe de Valois arme en course et entretient sur mer une flotte composée de Normands, de Bretons , de Picards, de Génois et de Biscayens sous les ordres de Charles Gi'imaldi, amiral de France, de Hue Quieret, de [Nicolas] Behuchet* et de Barbavera ^. Ces écumeurs, au nombre de vingt ou trente mille, ont leurs principaux quartiers depuis Dieppe jusqu'à Harfleur, et c'est de là qu'ils partent pour donner la chasse aux Anglais et aux Flamands ; ils infestent surtout les parages de Douvres, de V^'^inchelsea , de Margate et en général les ports qui avoisinent l'embouchure de la Tamise. P. 1d3.
1337. Hue Quieret et ses Normands surprennent un dimanche matin vers la Nativité (8 septembre) le port de Southampton à l'heure oii les habitants sont à la messe ; les écumeurs français se rendent maîtres de la ville sans coup férir et l'occupent tout un jour ; ils massacrent grand nombre de bourgeois , violent les femmes, les jeunes filles et ne reprennent la mer qu'après avoir chargé leurs navires de l'immense butin qu'ils ont pu ramasser dans cette cité, alors pleine de richesses. Pendant qu'ils pillent ainsi la ville, ils envoient quelques-uns des leurs mettre le feu aux hameaux des environs. Ce coup de main jette l'épouvante dans tout le pays, et les nouvelles en viennent à Winchester, à Salisbury, à Guildford et jusqu'à Londres. Les milices de ces
1. Nicolas Behuchet ou Beuchet, d'origine normande, ëtait chevalier, trésorier et conseiller du roi (Arch. de l'Empire, JJ 74, p. 154).'
2. Pietro Barbavera, qualifié c sergent d'armes > était de Gênes. Le 19 décembre 1337, Philippe de Valois fit don « à sou bien amé et féal sergent d'armes Pierre dit Berbevaire » de 100 li^Tes tournois à prendre sur les émoluments de la prévôté de la Rochelle. Une seconde donation de 100 autres li^Tes tournois de rente fut faite le 12 janvier 1341 au dit Piefro Barbavera, à la condition de « faire venir des parties de Jane (Gênes) en nostre dit royaume sa famé et ses enfan/, pour y converser d'ores en avant et faire leur perpétuel résidence. » (Arch. de l'Empire, JJ 74, p. 233.)
ccxxviii CHRONIQUES DE J. FROISSART.
villes accourent à cheval au secoui-s de Southampton ; mais quand elles arrivent, les Français sont déjà piU'tis. P. 153, 458 et à ï addenda les var. des p. ISS et 158.
1339. Le roi de France apprend que l'intention du roi d'Angleterre est de venir mettre le siège devant Cambrai. Il envoie aussitôt dans cette ville une garnison de deux cents hommes d'armes, tant de France que de Savoie, sous les ordres de Louis de Savoie, d'Etienne dit le Galois de la Baume, d'Ame de Genève, de MUes de Noyers, de Louis de Chalon , de Jean de Grosley, des seigneurs de Beaujeu', de Saint- Venant ^ , de Bazentin', d'Aubigny*, deRoye', de Vinay , de Fosseux*, de Beaussault , de Coucy' et de NeuchâteP. Ces seigneurs approvisionnent Cambrai de \ivres et de fourrages et font enterrer trois des portes de la ville. PhiHppe de Valois envoie en outre au Cateau-Cambrésis ïhibaud de Moreuil, le maréchal de Mirepoix' et le seigneur de Raineval'*'; il pourvoit à la défense de Bohain **, de la Malmaison'*, de Crèvecœur ", d'Arleux" et en général de toutes les frontières d'Artois, de Cambrésis et de Vermandois. Par l'ordre du seigneur de Coucy, le seigneur de Clary '^ va avec quarante lances