Première rèi/aclion. Vilvoulc
SOMMAIRE DU PREMIER LIVRE, §§ 75-77. ccxxxiii
Cambrai, d'ouvrii* les portes de cette ville impériale au roi d'Angleterre, vicaire de l'empereur, sous peine de forfaiture*. Le comte de Hainaut, sommé à son tour et avec le même cérémonial, répond qu'il est tout prêt à faire son devoir de vassal de l'Empire, et que dans trois jours il aura rejoint son beau-frère à la tête de cinq cents lances. Après un souper somptueux, Edouard III passe la nuit dans l'hôtel de la Salle réservé exclusivement pour son usage par le comte et la comtesse de Hainaut installés à l'hôtel de Hollande. Le lendemain, le comte Guillaume fait la conduite au roi anglais jusqu'à Haspres ; et les deux beaux-frèi-es rendent visite sur le chemin à Jeanne de Valois, douairière de Hainaut, leur mère et belle-mère, qui habite l'abbaye de Fontanelles. D'Haspres où il reste deux jours, Edouard III vient camper avec son armée à Naves^, à Iwuy et à Cagnoncles, et il met le siège devant Cambrai. P. 160 et 161, 450 à 432.
Le second jour du siège, le comte de Hainaut et Jean de Hainaut son oncle, à la tête de cinq cents lances, rejoignent les assiégeants ; et quatre jours après l'arrivée de ce renfort, le duc de Rrabant se rend à son tour devant Cambrai avec neuf cents lances, sans compter les autres armures de fer; il va occuper, du côté de l'Ostrevant, la rive gauche de l'Escaut sur lequel les assiégeants jettent un pont pour assurer les communications entre leurs différents corps d'armée. Les coureurs anglais et allemands portent tous les jours Je ravage dans le Cambrésis, et ils poussent leurs incursions jusqu'à Bapaume ; mais les habitants du pays, qui ont été prévenus à temps, ont eu soin de mettre leurs biens en sûreté dans les forteresses, et ils ont chassé devant eux leur bétail jusqu'en Artois et en Vermandois. Jean de Hainaut, Gautier de Mauny, le seigneur de Fauquemont et quelques chevaliers de Gueldre et de Juliers ont coutume de faire ensemble leurs chevauchées. Un jour ces seigneiu-s, à la tête de
1. Guillaume d'Auxonne répondit à cette sommation en lançant linterdit contre le comte de Hainaut. Au mois d'octobre 1339, appel tut fait au Saint-Siège par Guillaume, comte de Hainaut, de l'interdit lancé contre lui par Guillaume d'Auxonne, évêque de Cambrai, a la suite de l'entrée à main armée du comte en Cambrésis. (Arch. du Nord, 4^ cartulaire de Hainaut, p. 20.)
2. Naves, Iwuy et Cagnoncles sont des communes limitrophes situées dans le dép. du Nord, arr. et c. de Cambrai.
ccxxxiv CHRONIQUES DE J. FROISSART.
cinq cents lances et de mille autres combattants, vont livrer un assaut terrible au château d'Oisy * en Cambrésis; mais ce château est si bien défendu par la garnison, placée sous les ordres du seignem' de Coucv, que les assaillants sont repoussés après avoir perdu beaucoup de monde. P. 161 et 161, 452 à 4o4.
Un samedi matin, le valeureux Guillaume de Hainaut met pied à terre et vient avec ses gens assaillir la porte de Saint-Quentin. Le comte est sui\'i de ses maréchaux Erard de Verchain et Henri d'Antoing ainsi que des seigneurs de Ligne, de Gommegnies, de Brifiœuil, de la Hamaide, de Mastaing, de Roisin, de Berlairaont et de Henri d'Houffalize. La porte est défendue par des gens d'armes de Savoie sous les ordres d'Ame de Genève et du Galois de la Baume. L'attaque de cette porte est signalée par un combat singulier qui se livre en dedans des barrières entre Jean Chandos, alors écuyer, et un \aillant écu}er nommé Jean de Saint-Dizier *. Après une lutte acharnée, Jean de Hainaut reste maître de l'espace compris entre la porte de Saint-Quentin et les barrières. Pendant ce temps, le duc de Gueldre, le marquis de Juliers, les seigneurs d'Enghien et de Blankenheim livrent un assaut non moins terrible à une autre porte, appelée la porte Robert, défendue par Louis de Châlon et le seigneur de Vinay, tandis que Jean de Hainaut, Thierry de Walcourt et le seigneur de Fauquemont s'efforcent d'enlever la porte de Douai confiée à la garde de Thibaiid de Moreuil et du seigneur de Roye. Le comte Raf)iil d'Eu aujènc fort à propos un renfort de doux cents lances (jui pénètre dans Cambrai par la porte du côté de Bapaume et relève le courage des assiégés. Après un assaut qui a duré tout un jour, les assiégeants prennent le parti de se retirer. Sur ces entrefaites, le jeune marquis Guillaume de Namur vient avec deux cents lances servir sous la baimière de Guillaume de Hainaut. Le
1. Nord, îirr. et r. Valcncirniies. Jean i\v Ilonlain «'tait cliât<'lain (l'Olsy t-n 1339 <-t l^kO- Voy.-/, De Camps, poil.f. 83, f" 3'*6 v". l.r cliâteau rt la cliâlcllcnic d'Oisy apj)arliiiai<-iit à F.iif;ii<Tran(l de Cmicy, fils d«' C.uillaiinir, sire de Coiicy, «l'Oisy t-t de Moiitmirail. Kii 13'â2, If sire de Cducy fil assiette de 600 livres de terre dues à sou oncle Kn- ^{iierrand, vieonile de Meaiix, en lu terre de Caiiihresis, en In clinstrllrrir ifOisi,... sur ses bois d'Havraincourl (Havriueourl). (Areli. de l'I'.nipire, .IJ Ik, p. 663.)
2. 0 .losseraii , sire <]<• S.iinl-F)isirr. » fi^'iire dans l'élaliiie de» frontières de l'Iandre et île Itaiuant sous .Mahien de 'l'iie du JU juin au 27 octobre 1339. (Bibl. imp., Do Camp», porlef. 83, f" kkb v«.)
SOMMAIRE DU PREIVIIER LIVRE, §§ 78-83. ccxxxv
comte de Hainaut et le marquis de Namur déclarent, du reste, l'un et l'autre, que s'ils font cause commune avec Edouard III sur le territoire de l'Empire, ils n'en sont pas moins décidés à aller rejoindi'e Philippe de Valois aussitôt que le roi anglais mettra le pied en France. P. 162 et 163, 4o4 et 45u.