‹ Chroniques (volume 3)Chapitre 87 sur 94 · CHIMAY ; PRISE ET DESTRUCTION DU CHATEAU DE RELENGHES · texte numérisé non relu

CHIMAY ; PRISE ET DESTRUCTION DU CHATEAU DE RELENGHES

ESCARMOUCHE ENTRE LES FRANÇAIS DE LA GARNISON DE CAMRRAI ET LES ANGLAIS OU HAINUYERS DE THUN-l'ÉVÊQUE ; MORT DE GILLES DE MADNY (§§ 91, 92).

Pendant tout l'hiver, une flotte d'environ quarante mille marins normands, génois, picards et bretons, commandée par Hue Quicret, Behuchet et Barbavora, infeste les côtes d'Angleterre. Calais, Wissant, Boulogne, le Croto}', Saint- Valery-sur-Somme, Diep])e, Harfleur sont les ports où se tiennent surtout ces écu meurs; c'est de là qu'ils s'élancent pour courir sus aux navires anglais, afin d'empêcher le roi d'Angleterre de repasser ^ur le

ccxLViti CHRONIQUES DE J. FROISSART.

continent; ils croisent. en vue de Douvres, de Rye , de Winchelsea, s'avancent jusqu'à Weymouth, Dartmoutli. Plyniouth, ravagent et brûlent l'île de Wight. Un jour les coureurs normands capturent un grand et beau vaisseau appelé le Christophe, chargé de laines et d'autres marchandises qu'Edouard III expédie en Flandre, et ils l'amènent avec la cargaison à Calais , leiu- quartier général. Ce succès comble de joie les Français en même temps fju'il jette une consternation mêlée de terreur jiarmi les Anglais qui n'osent plus sortir de leurs havres et de leurs ports. P. 188 et 189, 483.

Philippe de Valois a une revanche à prendre contre Jean de Hainaut qui, non content d'avoir dirigé l'invasion anglaise, a ravagé en ])ersonne le Cambrésis et la Thiérache. Par l'ordre du roi de France, les chevaliers voisins de la Thiéi-achc, pays qui a été dévasté et brûh' par les Anglais ou les Allemands, Jean de Coucy, sire de Bosmont et de Vervins, Hue vidame de Châlons, Jean de la Bove, Jean et [Gaucher] * de Lor"^, Enguerrand sire de Coucy, Renaud sire de Pressigny, Robert sire de Clary, Mathieu sire de Locq', à la tête d'environ mille armures de fer, envahissent la terre de Chimay, seigneurie qui a|)partient à Jean de Hainaut. Ces gens d'armes, après avoir traversé les bois de Thi('rache, la forêt de Chimay, ari-ivent au lever du soleil dans lesart* de Chimay et viennent surprendre les faubourgs de la ville de ce nom. Ces faubourgs, alors considérables, sont habités par beaucoup do gens riches et de grands éleveurs de bestiaux (|uc l'on lait pi-isoimiers dans leurs lils. Les Français recueillent uu immense butin dans ces faubourgs et dans les environs ; ils s'emparent de douze mille blanches bêtes, de mille porcs, de cinq cents vaches et bo'ufs , car c'est une marclic abondammt^nt fournie de l)estiaux et délèves du bétail. Après s'être ainsi gorgt's tic butin, les envahisseurs mellenl le feu aux fauboiugs de Chimay et abattent les moulins qui à cette épo(|ue étaient situés en dehors de

]. l'VoisHart lioiiiic à ce clicviilitT Ir nrt'iioiii <!<• ("i('iiir(l; iiiiiis li's montres de rarinéc de Huiroiifosgc niciitioiiiuMit (îituclii-r, non (lérard

(II- \,t\T.

îi. I,«)r, Aisne, nrr. L.'ion, c. Nriifcliiîlcl.

3. L»»cq, Aisnr, aiT. Iijn»n, cnnuniinc .\ni/.y-l<'-Cliuti'im.

^é. F/il pininc (!«• Cliiiiiiiy n'cHt lon{{li'inpH ii|)|)cl<'c /<• .ï«>7, parci' (|ir«'llr H'fitl r<irni<-c aux (Ii'|>ciih de la fnr(^\ de ce nom, dont on a (h'Iriclié du lionne lieurc nn<- grandi; junlii' |ioiii l.i nictln* en cnltiin*.

S0M:\IAIRE du premier livre, SS 9*' 92. ccxLix

la forteresse. Ils courent ensuite tout le pays des environs; ils brûlent Virelles*, Lompret, Vaulx-lez-Chiniay , Baileux, Bour- 1ers, Forges, Poterie, Villers-la-ïour, Beaurieu, Saint-Remy-lez- Chimay, Sainte-Geneviève, Sales , Bailiè\Te , Wallers ^, Ébrètres, Momignies, Seloigne et tous les villages du sart de Cliimay. Jean de Hainaut est transporté de fureur à la nouvelle du ravage de sa terre ; il reçoit cette nouvelle à Mons auprès du comte son neveu auquel il fait partager son irritation ; toutefois le comte de Hainaut engage son oncle à se tenir tranquille pour le moment. P. \ 89 et 190, 484 et 48S.

Dans ce même hiver, les Français de la garnison de Cambrai vont un jour attaquer la petite forteresse de Relenghes ' située à quelque distance de cette ville. Cette forteresse est occupée par une garnison de vingt-cinq ou trente compagnons sous les ordres d'un chevalier nommé Jean le Bâtard, fils naturel de Jean de Hainaut. Les assiégés, après avoir tenu tête un jour tout entier à leurs agresseurs, désespèrent de défendre ])lus longtemps Relenghes dont les fossés sont gelés et gagnent de nuit Bouchain et Valenciennes. Le lendemain, les Cambrésiens reviennent raser la forteresse ; et les pierres provenant de la démolition sont transportées à Cambrai. P. 190, 486.

Gilles de Mauny dit Grignart, mis en garnison dans Thunl'Evêque par son frère Gautier de ALiunv qui après avoir conquis ce château en a reçu l'investiture du roi d'Angleterre, vicaire de l'Empire, fait presque tous les jours des courses contre les Français de la garnison de Cambrai et s'avance jusque sous les murs de cette ville. Un jour, dans une escarmouche qui se livre devant les barrières mêmes de Cambrai, à la porte Robert, un jeune et brave gentilhomme nommé Guillaume Marchand*, chanoine de Cambrai et neveu de l'évêque, engage un combat singuher contre

1 . Toutes les localités dont les noms suivent , à l'exception de Wallers. sont situées en Belgique, dans la province de Hainaut et le canton de Chimay. On a essayé sans succès d'identifier sûrement Ebrètres.

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