Ardennes, arr. et c. Rocroi. — 12. Ibid
ccLiv CHRONIQUES DE J. FROISSART.
ville et riche où l'on fabrique beaucoup de di-ap. Les assiégeants livrent un assaut dès le lendemain : ils forment trois corps de bataille. Le comte de Hainaut commande la })remière bat;dlle, Jean de Hainaut, sire de Beaumont, la seconde ; et Thierry III, sire de Fauqucmont, est à la tête de la troisième, composée d'hommes d'armes de son pays, d'Allemands et de Brabançons. Ce que voyant, les assiégés se divisent aussi en trois corps pour tenir tête à leurs ad versantes. La bataille du comte de Hainaut donne l'assaut à une porte qui est vaillamment défendue i)ar Hue, vidame de Châlons, et trois de ses neveux que leur oncle fait là chevaliers. Jean de Hainaut attaque avec un acharnement tout particulier la porte située du côté de Chimay, parce que Jean de Cfjucy, sire de Bosmont, et Jean de la Bovc, qui gardent cette porte, ont pris part au ravage de la terre de Chimay dont Jean de Hainaut est le seigneur. Thierry III, sire de Fauquemont, avec ses Allemands et ses Brabançons, tourne tous ses eflorts contre la troisième porte dont le seigneur de Lor lui dispute l'entrée. Ceux du dedans jettent du haut des portes des planches, des poutres, des vases pleins de chaux vive et font pleuvoir une grêle de pierres et de cailloux sur les assaillants. Le siège dure cinq jours, et les assiégeants livrent des assauts tous les jours; un brave écuyer de Hainaut de la terre de Binche*, nommé Beaudoin de Meaufort, est grièvement blessé à l'un de ces assauts, I* 198 ;i ^201, 494 à 496.
Le samedi des Brandons* au matin (4 mars), Aubenton est pris d'assaut malgré l'héroïque résistance de la garnison; et Jean de Hainaut entre le premier dans la ville, précédé de sa bannière (lue porte Thierry de Senselles. Hue vidame de Châlons et un certain nombre de chevaliers et d'écuyers se ramassent alors sur la pl;K:e di.'vant l'abbaye; et ils lèvent là leurs bannières et leurs pennons, bien d(''cidés à prolonger jusqu'au i)out la résistance. Mais Jean de Bosmont, sire de Vervins, (|ui pn'voit que sa particij)ation au ravage de la lei're de Chimay l'empêchera d'être pris à rançon par Jean de Hainaut, se sauve de toute la vitesse de son cheval, et il est suivi dans sa retraite par Jean de la Bovc. A cette nouvelle, Jean dr ll.iin.nit s'élance avec ses gens à la poursuite de son ennemi auquel il donne la chasse, sans
1. Hrlf,'i(jin', |)tn\ II;ilii,'iiit. iiiT Tlniii), à 17 k.di-Moiis.