î-i octobre
4. Béatrice avait été fiancée à Ferdinand, fils cadet du roi Jean de Castille; mais la reine de Castille Leonor d'Aragon étant morle le 13 septembre 138'2, on décida de marier Béatrice avec le roi de Castille; le projet fut arrêté en mars 1383. En cas de décès du roi Ferdinand, s.i veuve, Leonor Tellez, aurait la régence du Portugal |us(|u'au uiomenl ou le roi et la reine de Castille auraient un enfant qui, à làge de seize an.s, deviendrait roi de Portugal. Mariée par procureur le 30 avril 1383, Béatrice arriva à Elvas le 13 mai (cf. Ballestcros y Beretta, ouvr. cité, t. III, p. 80, et Froissart, éd. Luce, t. X, p. lviii, n. 2).
5. Jean, maître de l'ordre d'Aviz (en remplacement deNuno Dandrade ou de Martin de Avila), était (ils du roi de Portugal, Pierre I", et de Thérèse Lourenzo; il élait né vers 1357. — Pierre I" avait deux autres fils naturels, qui auraient pu jirélendre à la couronne, les infants Joao et Denis, fils dînez de Castro. A|irés l'assassinat d'Inez à Coïmbre, en 1355, les deux infants, déclarés légitimes, furent élevés à la cour. L'avènement de Ferdinand ne modifia pas leur situation, jus(|u'au jour où Joao ayant, à l'instigation de Leonor Tellez, épouse de Ferdinand, assassiné sa femme Maria Tellez, sœur de Leonor, dans l'espoir d'épouser Béatrice, fille de Ferdinand et de Leonor, dut quitter le Portugal et se réfugier avec son frère Denis à la cour de Castille. Ils y furent bien accueillis par Henri et Jean, son successeur, et même, lors d'une campagne dirigée en 1380 par le roi de Castille Jean 1°' contre le Portugal, l'infant Joao fut un des chefs de l'armée castillane. A la mort du roi Ferdinand, le roi de Castille, devenu son gendre, revendiqua la couronne en vertu des stipulations de son contrat de mariage (cf vicomte de Sanlarem, Qiiadro elemeiilar de relaciunes [loliticax e diplomnticas de J'orlugal cou as diversas polencias de mundo. Paris, 1842-1830, 14 vol. in-S", t. Il, p. 23'2), et, pour écarter toute revendication delà |iart des l'nfants d'Inez de Castro, les relégua dans un château fort, où ils furent au reste bien traités (cf Léon Mirot, Les mésaventures d'un iiiince /iDrtugais au XIV siècle, dans Revue de la Société des Éludes hislorii/nes, mars-avril 1911, p. 129-150). — L'infant .Joao fut, du reste, au lendemain de la mort de Ferdinand, considéré par une partie du Portugal comme l'héritier du trône, le maître d'.Vviz étant régent et gouverneur en son nom (cf Duarle Nuiiez de Liao, Cionicas del rey dom Joao l, nouv. édit., Lisbonne,
à Coïmbre, malgré l'opposition de la noblesse'. P. 4 à 9, 327-
A la nouvelle de la mort du roi Ferdinand, le roi de Castille^ envoya aux habitants de Lisbonne une ambassade composée des comtes de Molina, de Ribadeo^ et de l'évêque de Burgos''; arrivés à Santarem^, ces messagers obtinrent un sauf-conduit et parvinrent à Lisbonne". Ils exposèrent les droits de leur souverain, mais se heurtèrent à une opposition violente dirigée par d. Fernand Lopez de Villaboing, et i-etournèrent à Séville, sans avoir rien obtenu. Le roi de Castille envoya alors un défi au maître d'Aviz, et rassembla son armée
1780, in-S", I. I, p. 7, et Fernaml Lo|)ez, Croiiica del rey dom Joamo l dente nome, e dos reys de Porluyal o deciiiio. Lisbonne, 1642, fol., p. 4).
1. Sur ces événemenis, voir plus loin. p. v, n. 7 el p. lxi, n. i. Le choix (lu maître d'Aviz ne fut ni iniinédiat ni spontané. Si, dès les premiers jours, nn parli lui fut favorable, il paraît bien que l'on songea tout d'abord à l'infant Joao, alors drlenu en Casiille. Ce ne fut que le 0 avril 1385 que les Cortés, réunis à Coïnibre, reconnurent pour roi le maitre d'Aviz, qui fut sacré dans la cathédrale de cette ville. Le procès-verbal de la réunion tenue avant cet événement a été publié par Soares da Sylva : Collecçam dos documentos coin que se autliorizam as iiieinorias para a vida del rey d. Joùo 1, escrilus nos primieros très lomos, p. 20-50, au t. IV de Meinorias para n liistoria de Portugal (/ue comprehendem 0 governo del rey P. Joào I. Lisbonne, Antonio da Sylva, 1731-1732, 4 vol. in-A". Voir plus loin, p. lxiii, n. 6.
2. Le roi de Casiille apprit à Séville la mort de Ferdinand (cf. Lopez de Ayala, Croiiicas de los reyes de Castilla. Madrid, 1780, 2 vol. in-4°, t. II, p. 175).
3. Le Bègue de Villaines, créé comte de Ribadeo par Henri de Trastamare (cf. R. Delachcnal, Histoire de Cliarles V. Paris, .\. Picard, 19Û'J- 1928, 4 vol. iu-8°, t. Hl, p. 28G, n. 4, el t. IV, p. 268. n. I. et Froissart, éd. Luce, t. VI, p. Lxxxii, n. 4).
4. Juan Garcia Manrique, i|ui avait succédé sur le siège épiscopal de Burgos à Domenico II Arroyudo en décembre 1380.
5. Santarem, Portugal, ch.-l. de district. Froissarl commet une erreur en plaçant en Casiille cette ville qui se déclara pour la reine Leonor, et que celle dernière ouvrit à son gendre. — D'après Lopez do Ayala {ourr. cité, l. Il, p. 175 et suiv.), le roi de Casiille, qui aurait appris la mort de Ferdinand à Torrijos (prov. Tolède), prit de suite les armes de Portugal, ce qui indisposa beaucoup de Portugais. L'ambassade envoyée à Lisbonne le fut à la suite d'un conseil tenu le 17 novembre à Monlalban (Espagne, prov. Teruel). el où certains de ses familiers conseillèrent vainement au roi d'attendre un appel des Portugais {Ibid.. p. 175). Suivant Diiarte Nufiez, le refus des Portugais de reconnaître pour souverains le roi Ue Castille el sa femme serait venu de leur haine pour les Castillans.
6. D'après D. Nuiiez (p. 9), ce serait Antonio Lopez de Texeda qui aurait été envoyé par le roi de Casiille.