Espagne, province Santander
xxvill CHRONIQUES DE J. KROISSART.
et le roi de Castille dut s'enfuir déguisé en moine. En voyant l'attitude différente de ses gendres, Gaston de Béarn laissa ses États au comte de Foix'. P. 70 à 75, 340.
Toujours devisant, Espan et Froissart arrivèrent à Morlaas, et le jour suivant dînèrent à Bougarber, se rafraîchirent à Arthez et arrivèrent à Orlhez au toaclier du soleil. Espan descendit dans sa maison; Froissart se logea à Vlwtcl de la Lune chez un écuyer du comte de Foi.x, Arnauton de Pau.
Avisé par Espaa du Lion de l'arrivée de Froissart, le comte de Foix invita ce dernier, qui passa douze semaines auprès de Gaston Pliœbus, lui lisant Meliador- après le souper, qui avait lieu à minuit''. Portrait du comte de Foix. P. 75 à 79, 340 à 342.
A force de questions, Froissart apprend d'Espan les raisons de la brouille du comte de F^oi-x et de sa femme. Une question d'argent la provoqua, celle du douaire de la comtesse; cette dernière, redoutant son mari, alla vivre en Navarre près de son frère. Leur fils Gaston, âgé de quinze à seize ans, épousa Béatrice, fille du comte Jean II d'Armagnac et sœur du comte
1. Ces événements ont (Hé coiii|)lèteiiient liéfoiinés, sinon invenlés par Froissart. Gaston Vil de Bcarn avait quatre lilles, Constance, .Marguerite, Matiie, Guillenu'lte. L'aince épousa successivement Allonse, lils de Jacques I" d'Aragon, el lionri, (ils de leniiiereur Richard de Cornouailles; elle mourut sans enfants. Mar};uerite épousa Roger-Bernard III, comte de Foix; Mathe se maria avec Géraud, comte d'Armagnac, et Guillemetle devint la femme de Pierre, lils du roi d'Aragon. Gaston mourut le 26 avril 1290; il régla sa succession en avril-mai 1286, à Morlaas; avant de partir en campagne contre la Castille, Gaston avait fait dresser un acte à Eysus {vallée d'Aspe), en avril 12S9, par lequel Mathe et Guillemetle s'engageaient par serment à respecter les décisions de leur |)ère (Arcb. des Basses-Pyrénéet', E. 293). Le testament de Gaston de Béarn est du 25 avril 1290 (cf. P. de Marca, p. 452, et U. Delachenal, ourr. cité, l, IV, p. U5). Ce dernier auteur date la réunion du Béarn el du comté de Foix de 1286.
2. A. Longnon. MeVwdur, roman comprenant les poésies lyri(|ues de Wenceslas de Bohème, duc de Luxembourg el comte de Hainaul, dans Collection des aneien.s te.rles. Paris, 1897, 3 vol. in-8°.
3. Un envoyé du comte d'Armagnac près du comte de Foix écrivait à Jean III. le 14 juillet 1381, (juarrivè à Mazéres à l'heure des vêpres, il n'avait pu voir le comte avant le soleil couchant, parce (|u'il dormait ;dom Vaissele, Histoire de Lanyiiedoc, t. .\, col. 1653). — Sur l'horreur (lu comte de Foix pour les folles largesses, voy. Moranvillé, Journal de Jean Le Fèvre, évèquc de Chartres, ehuncetier des liais de Sicile Louis l" el Louis II d'Anjou, t. I, Paris, A. Picard, 1887, in-8°, p. 258.