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seigneur de Couci et autres barons de Picardie, de Bretagne et de Normandie. P. 1, 2, 293.
Depuis 137o il y avait grand différend entre la famille des seigneurs de Pommiers et le grand sénéchal de Bordeaux pour le i-oi d'Angleterre, Thomas de Felton, qui avait fait décoller en place publique Guillaume*, seigneur de Pommiers, et son clerc Jean Coulon, accusés d'avoir embrassé le parti français. Aymenion de Pommiers % oncle de Guillaume, quitta le pays et, après un voyage en Terre Sainte, se déclara sujet du roi de Fi\ince etfit longtemps la guerre au seigneur de Lesparre, un des juges de son neveu. Même accusation d'appartenir au parti français fui portée contre Jean de Plassac, qui, de plus, ayant livré au roi le château de Fronsac, fut décollé à Bordeaux; contre Pierre de Landiras et Bertrand de Francs qui, après un mois de prison, furent relâchés sans preuves; contre Gaillard Vigier enfin, qui put prouver son alibi, étant en ce temps en Lombardie avec le seigneur de Couci.
Toutes ces poursuites et ces accusations entretenaient en Gascogne des haines, qui ne pouvaient que mal aboutir. P. 2 à 4, 293, 294.
Quand le duc d'Anjou a auprès de lui le connétable du Guesclin et la plus grande partie de ses gens d'armes, il marche^ sur
1. Guillaume Sans, seigneur de Pommiers, vicomte de Fronsac, accusé d'avoir traité avec la France « pour mètre dedans ses lieux (Fronsac) deus cens hommes d'armes et cent arbalestriers pour ferre guerre au roy » d'Angleterre (Hec. Off.^ Treas. of Rcc.^ Mise. ^), tut emprisonné le 2^1 mars 1377, jugé les 10-11 avril (^Ilnd.) et condamné à avoir la tête tranchée après confiscation de ses biens [Blbl. Nat., coll. Moreaii, Diéq. 30 (Extraits du Record Office, Fascon Rolls ^ fol. 180-201).
2. Aymenion de Pommiers, qui se déclara pour le roi de France et reçut de ce chef 1000 livres par an, avait pourtant mis comme réserve à son service de ne pas faire la guerre au roi d'Angleterre, ni à ses enfants : « promisit esse bonus et fîdelis vassallus domino régi et successoribus suis et servire contra omnes qui possint venire et mon, rege Angliac et liberis suis exceptis ». [Extr. de journaux du Trésor, dans la Bibl. de l'Éc. desCh.,t. XLIX, 1888, p. 377.)
3- Le duc d'Anjou ne vint pas directement de Toulouse à Bergerac, mais, passant par Nontron et les Bernardières que brûlèrent les Anglais, il alla faire le siège de Condac, qu'il prit au bout de trois jours, et de Bourdeilles, qui se rendit après six jours. C'est sous les murs de cette ville qu'il fut rejoint par Jean deBueil, sénéchal de Heaucaire, lui amenant cinq cents hommes d'armes et deux cents arbalétriers (t;/n/;r/c5
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Bergerac dont le capitaine et gardien, Perducat d'Albret*, se tenait tout près de là au château de Montcuq. L'armée du duc d'Anjou est nombreuse; ce sont le connétable et ses gens d'armes, puis Jean d'Armagnac, Louis de Sancerre, Jean* et Pierre^ de Bueil, Owen de Galles, Maurice de Tréséguidi, un des trente Bretons, Alain de Beaumont*, Alain de la Houssaye, Guillaume de Moncontour, Pierre de Mornai^, Jean de Vergt, Baudouin de Crenon*^, Elyot de Talaye'', etc. Tout ce monde s'établit le long de la Dordogne, et les escarmouches commencent. P. 4, o, 294.
Le sixième jour du siège, arrivent le seigneur d'Albret et Bernard d'Albret, son cousin, qui sont accueillis avec joie; le huitième, le duc d'Anjou décide en conseil d'attendre de nouveaux renforts, et principalement les gens du seigneur de Couci, pour donner l'assaut, P. 5, 294.
Chroniques, t. VI, p. 350-351). Le siège de Bergerac commença le 22 août {^Arcli. de Pcngueux, Petit Livre noir, fol. 3 v"). La nouvelle de la prise de Bourcleille n'arriva au roi qu'assez tard : à la date du 19 septembre, Pierre Barrillet, chevauciieur, donne quittance de 40 francs d'or à lui donnés par le roi « pour les bonnes nouvelles qu'il lui a apportées nouvellement... de la prinse du chastel de Bordille ». {Bibl. Aat., ms. fr. 260U, n" 2009.)
1. Vov. sur Perducat d'Albret la notice d'Em. Labroue dans le Livre de ive (1891), p. 111-161.
2. Jean de Bueil, clianibellan du roi dès 1372, paraît comme cliarabellan du duc d'Anjou dans une pièce datée de \ illeneiive d'Agenois, 31 juillet 1377; il sert en Picardie en 1380 {Dihl. ]\at.. Pièces orig. vol. 549).
3. Pierre de Bueil, frère de Jean, chambellan, puis maréchal du duc d'Anjou, est retenu pour servir en Guyenne le 1" mars 1379 {Bibl. Nat., Pièces orig. vol. 549).
4. Sur Alain de Beaumont, voy. la notice de M. Paul Guérin dans les archives liist. du Poitou, t. XIX, p. 29V, note 1.
5. Pierre de Mornai, sénéchal de Périgord en 1387, a fait les guerres de Saintonge, Périgord et Limousin sous Louis de Sancerre en 1375 [Bihl. Nat., Pièces orig. vol. 2057).
6. Baudouin de Crenon paraît dans une revue jiassée à Cléry le 5 septembre 1380 et donne quittance de 108 francs d'or à Chartres le 10 septembre de la même année [Bihl. A'ai., Clair, vol. 36, n°' 2748 et 2749).
7. Eliot de Talaye, et non Calay comme l'écrit Froissarl, écuyer, paraît dans une montre du 1" septembre 1375. Une quittance du 30 septembre nous le montre prenant part cette même année aux expéditions de Saintonge et d'Aujou sous les ordres de Louis de Sancerre {Bibl. Nat., Pièces orig. vol. 2787).
Pendant ce temps* Thomas de Felton, se sentant menacé à Bordeaux par le voisinage de l'armée française, avait envoyé demander du secours en Angleterre par une première ambassade, qui ne réussit pas; il dépêche alors le seigneur de Lesparre^; qui se fait prendre dans les eaux espagnoles et reste prisonnier en Espagne plus d'un an et demi, toujours poursuivi de la haine des seigneurs de Pommiers. P. 5, 6, 294, 29o.
Thomas de Felton est plus heureux en appelant auprès de lui à Bordeaux les quatre plus puissants et plus vaillants barons du parti anglais en Gascogne, les seigneurs de Mussidan^, de Duras, de Rauzan et de Langoiran^ : il a ainsi à sa disjjosition cinq cents lances, dont trois cents quittent aussitôt la ville pour s'en aller chevaucher en terrain français, et, passant par la Réole^, viennent loger, à l'iusu des Français, en la ville d'Eymet*. P. 6, 7, 295.
Le siège continue sans grand succès pour les Français, qui
1. Dès le mois de juillet Thomas de Felton s'était mis en mesure de résister au duc d'Anjou; à la date du 23 juillet 1377, le comptable de Bordeaux paye à la villp de Libourne 300 1., à Saint-Emilion 380 1., à Sainte-Foy 260 1., à Bergerac 400, à la Salvetat 200, à Sauveterre 380, à Montségur 300, « ad resistendum malicium et adventum domini ducis Andegavie ». A la même date des réparations sont faites au château de Bordeaux {Rvc. Off.^ Çueen's Rem., Mise, Realm of France ^). Le 15 août Thomas de Felton demande de nouveaux secours au comptable de Bordeaux {Ibid. if").
2. Florimont de Lesparre joue un rôle important à Chypre avant cette date (voy. la Prise d' Alexandrie par Guillaume de Machaut, éd. Rlas- Latrie). Pourvu à son retour d'Orient d'une rente de 80 livres par le roi d'Angleterre, il se rendait en Angleterre avec Jean de Harpedanc et Jean de Gerson pour presser l'envoi d'un renfort, quand il fut pris piu- la flotte espagnole et conduit en Espagne. Associé dès 1369 avec le captai de Buch jjour les profits de la guerre, il eut plus tard avec lui des diîTc'rends nombreux (Rabanis, Notice sur Florimont de Lesyarrc dans les Actes de V Académie de Bordeaux, 5° année, 1843, p. 75-112).
3. Sur Raymond de Montaut, seigneur de Mussidan, voy. la notice d'Em. Labroue, dans le Lifre de vie, p. 247-310.
4. Du 1" juin au 31 août 1377 ces quatre seigneurs devaient fournir au service du roi d'Angleterre, le premier et le dernier 30 hommes, les deux autres 20 hommes, payés par maître Richard Rotour, comptable de Bordeaux {Rec. Off., Q:ieen''s Rem., Mise., Realm of France ^]. Un mandement du conseil royal de Gascogne attribue le 23 mai 1377 aux seigneurs de Rauzan et Montferrand 500 livres, pour ce que « ils ne jDoent leurs lieux et forteresses maintenir et gouverner » par suite de « la malice des enemys » [Rec. Off., Ibid. ili).