‹ Chroniques (volume 5)Chapitre 60 sur 91 · Rivière qui se jette dans l'Escaut à Termonde · texte numérisé non relu

Rivière qui se jette dans l'Escaut à Termonde

SOMMAIRE DU DEUXIEME LIVRE, gg 101-122. lxxxv

Wilde*, grand bailli de Flandre, Jean de Gruthuse, Gérard de Rasseghem^, Philippe De Jonghe, Philippe de Masmines^ et autres, tels que Hugues de Rigni*; d'autre part le comte de Berg, avec ïhierri de Brederode^ et autres; ailleurs encore Robert d'Assche^, Jean Vilain et Robert le Maréchal". L'assaut dure longtemps : les blessés sont nombreux ; le chevalier bourguignon Hugues de Rigni est tué. P. 196 à 199, 332.

A midi passé, Rasse d'Herzeele fait cesser l'assaut et sonner la retraite. Les Gantois se retirent, et le lendemain retournent au siège d'Audenarde. Maîtres de la campagne, les Flamands rendent difficile le ravitaillement de la ville, et le siège se poursuit, coupé par des assauts et des escarmouches*, où viennent faire leurs premières armes les nouveaux chevaliers d'Artois, de Flandre et de Hainaut. P. 199, 200, 332, 333.

La prise de la ville n'était qu'une affaire de temps, pouvant facilement être affamée; d'autre part le comte de Flandre, ainsi que sa mère la comtesse Marguerite d'Artois, désirant traiter, la comtesse Marguerite écrit à Philippe, duc de Bourgogne (qui après la mort du comte Louis pouvait par sa femme Marguerite réclamer l'héritage de Flandre), de venir la trouver à Arras, où elle était alors. Il s'y rend, et avec lui Gui de la

1. Gossuin De Wilde était en 1369 receveur de Flandre, avant d'être grand bailli (Van Duyse et de Busscher, Invent. anal, des chartes... de Gand, n"' 431 et autres).

2. Messire Gérard de Rasseghem appartenait à la maison du comte de Flandre : au mois de juillet 1379, c'est devant lui et les maîtres d'hôtel du comte que sont payés les gages des iiommes d'armes envoyés pour la défense des villes (Clir. rimée, p. 46).

3. Le nom de Philippe de Masmines est cité en 1376 comme celui d'une des plus anciennes familles commerçantes de Gand (J. Huy tiens, Reclierclics sur les corporations gantoises, p. 185).

4. Hugues de Rigni, chevalier bachelier en 1365, avait accompagné à Romans le duc de Bourgogne, envoyé par le roi auprès de l'empereur (É. Petit, Itinéraires, p. 463); il est appelé par le duc à Chalonsur-Saône, où il séjourne avec 7 chevaux du 12 au 17 août 1368 {Ibid., p. 478).

5. Thierri de Brederode est qualifié dans J. Meyer [Loc. cit., fol. 172 r°) de « Hollandus prœfectus vigiiiarum ».

6. Messire d'Assclie reçoit en 1379, d'après la Chronique rimée (p. 46), 352 1., 12 s.

7. Sur Jean Vilain et Robert le Maréchal, voy. Kervyn, t. XXHI, p. 254-255, et t. XXH, p. 86.

8. Un assaut des plus sérieux fut donné le vendredi 4 novembre J. Meyer, loc. cit., fol. 172 r").

r.xxxYi CHRONIQUES DE J. FROISSART.

Trémoïlle*, Jean de Vienne, amiral de France, Gui de Pontallier* et d'autres. Le duc, après avoir vu la comtesse, arrive à Tournai et envoie en parlementaire auprès de l'arme'e assiégeante d'Audenarde l'abbé de Saint- Martin^. Rendez-vous est donné au duc entre Tournai et Audenarde, à Rosne*, où pendant quinze jours ont lieu les conférences. Les prétentions des Gantois sont grandes^; mais, en présence de l'attitude énergique de la garnison d'Audenarde et des plaintes de ceux de Bruges, du Franc et d'Ypres qui redoutent l'approche de l'hiver, ils cèdent. Le duc de Bourgogne donne à Rosne un banquet où la paix est décidée. Le comte pardonne sans réserve aucune et doit venir habiter Gand, dont les habitants s'engagent à lui rebâtir son château de Wondelghem ''. La paix est publiée partout, le siège est levé, et le comte

1. Les archives de la famille de La Trémoille ne contiennent que trois pièces de 137^, 1386 et 1393, relatives à ce personnage [Chartrier de Thouars. Documents historiques et généalogiques, p, 7-12). Premier chambellan de Philippe le Hardi, conseiller et chambellan de Charles VI, il épousa Marie de Sully, fut fait prisonnier à Nicopolis et mourut à Rhodes en 1397.

2. Nommé maréchal de Bourgogne aux gages de 300 livres, le 30 décembre 1364 [Arch. de la Cote-d^Or citées par E, Petit, Itinéraires^ p. 459), Gui de Pontallier, seigneur de Talmay, était en 1381 gouverneur de Bourgogne [Ihid., p. 160); il mourut à Nicopolis.

3. Jean Galet, abbé de Saint-Martin de Tournai, de 1367 à 1387. La Chronique rimée met à la place l'abbé de Saint-Pierre et de Saint- Bavon (1340-1394).

4. Belgique, ])rov. de Flandre oi'ientale, sur la rivière qui porte le même nom.

5. Les Gantois demandaient cinq choses : le respect de leurs franchises, la remise en état de tout ce qui avait pu être fait contrairement à ces franchises, le pardon des dommages faits aux seigneurs, la mise hors la loi de ceux qui avaient combattu avec les seigneurs, la démolition du côté de Gand des fortifications d'Audenarde et de Termonde [Chr. rimée, p. 50-51). Le comte acceptait les trois premières conditions, et s'engageait à transporter sa cour à Gand. Les conférences commencèrent le 18 novembre : le 11, les gens d'Ypres étaient allés hrùler Cassel. Le 1" décembre, Louis de Maie ratifiait à Malines le traité de paix conclu avec les Flamands par le duc de Bourgogne (Gachard, Notice hist. et descript. des archives de. la ville de Gand, p. 37 et 54, dans les Mémoires de l Académie royale de Belgique, t. XXVH, 1853).

6. Les Anliquilcs de Flandre de Wielant, donnent les principales clauses du traité, « en ceste manière qui s'ensuyt : Est assçavoir que « le conte pardonne tous mell'aictz et conferme leurs privilèges pour « en joyr ainsi qu'ilz jouissoient à sa joyeuse entrée et ainsi que on « en usoit du temps du conte Robert, et osta tous empeschemens

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licencie ses troupes pour venir à Lille confirmer ce qui a été fait. P. 200 à 204, 333, 334.

Après la levée du siège d'Audenarde, Jean Pruneel va à Tournai échanger les signatures du traité avec le comte de Flandre et le duc de Bourgogne, et retourne ensuite à Gand*. Le duc de Bourgogne avait tant fait pas ses belles paroles que les Gantois laissaient intacte la ville d'Audenarde, alors que dans les préliminaires du traité, au moment de lever le siège, il avait été convenu qu'ils auraient le droit d'abattre les murs, les tours et deux portes du côté d'Audenarde. Le duc de Bourgogne part alors pour la France^, et le comte, après être resté quelques temps à Lille, vient à Bruges, dont les habitants cherchent à calmer les mauvaises dispositions du comte et à se faire pardonner leur hostilité passée, en rejetant la faute sur les menus mesticrs de la ville qu'avait entraînés Jean Yoens, P. 204, 203,

« faictz au contraire; item que tous fugitifz pouroient retourner chas- « cun en sa chascune si avant qu'ilz veuUent prendre sur les informa- « lions que l'on fera à leur charge; item que tous bailliz, sergeans et « aultres officiers qui par ceste paix seroient despoinctez de leurs « offices, seront tenuz de respondre de leurs abuz; et s'ilz sont trouvez a coulpables, ne pouront jamais avoir office; item que les informa- « tions seront faictes par gens de bien que les trois villes choisiront, « et que désormais seront faictes samblables informations sur les in- « fractions des privilèges desdictz trois villes, par xxv personnes, qui « se choisiront, est assçavoir : par Gand nœuf, i)ar Bruges vm et par f< Ypre viii, et que les loiz seroient renouveliez selon les privilèges et « coustumes du pays; item que le prevost de Sainct Donas ne viendra « plus au conseil du conte et sera depoincté de son office de chan- « ceillier; avecq pluisieurs aultres articles » [Recueil des Chroniques de Flandre, p. p. De Smet, t. IV^, p. 305-306). Le comte s'engageait de plus il licencier ses troupes allemandes et à venir tenir sa cour à Gand, en attendant que son château de Wondelghem ait rtë rebâti. La ])aix signée, le siège d'Audenarde fut levé le samedi 3 décembre 1379 (.1. Meyer, loc. cit., fol. 173 r").

1. La nomination des enquêteurs auxquels fait allusion le traité cité dans la note précédente eut lieu vers la Noël 1379 (C/ir. rimée, p. 58).

2. Le 15 décembre, le duc de Bourgogne était à Malines (Ë. Petit, Itinéraires, p. 146).

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