CHAPITRE IX
Fin de 1379. le comte de flandre a gand. — 1380, 22 février.
PRISE u'aUDF.NARDE par JEAN PRUNEEL ET LES CHAPERONS BLAN'CS
DE GAND. Avril. EXÉCUTION DE JEAN PRUNEEL; TROUBLES EN
FLANDRE (gg 127 à 136).
Une des conditions de la paix faite entre le comte de Flandre
1. Le naufrage où périt Jean d'Arondel eut lieu vers le 6 décembre 1379 (propè festum S. Nicolai; le compte des dépenses de l'expédition est arrêté au 3 décembre [Rec. Off., Treas. of tlic Bec, Mise. ^). Th. Walsingham donne de nombreux détails sur cet événement et sur les mœurs impies et débauchées de Jean d'Arondel, qui avait embarqué de force des nonnes sur ses navires [Ilist. angt., t. I, p. 418-425).
2. Après le licenciement presque total de l'armée royale, qui avait suivi la trêve, le 18 novembre 1379, Clisson avait été laissé en Bretagne pour continuer le siège de Brest, dont les amiraux Tliom:«s de Percy et Hugues de Calverley {^Hec. Ojf., Queen's lient., IHisc, Realin of Fr. ^) avaient la garde, y ayant même fait dernièrement un séjour d'un mois, du 18 juillet au \k août 1379 [lU-c. Of/., Trea.i. of the Rec, Mise. ^) et où Thomas de Percy devait retourner après le naufrage de Jean d'Arondel (Dom Morice, Hist. de lir., t. I, p. 370). C'est au commencement de 1380 que Clisson, après avoir renoncé à assiéger Guérande, après avoir vu ses terres ravagées et avoir assisté à l'échec de la flotte espagnole devant Saint-Nazaire, prit et pilla la ville de Dinan (Dom Morice, Histoire de Br., t. 1, p. 368-370).
xcii CHRONIQUES DE J. FROISSART.
et les Gantois, avait e'te' que le comte viendrait demeurer à Gand. Mais, installé à Bruges, Louis de Maie ne se pressait pas de tenir sa promesse; aussi les Gantois envoyèrent-ils quatre notables pour essayer de le ramener. Ces messagers prirent le chemin de Bruges en passant par Deynse et rencontrèrent en route, entre Deynse et Bruges, le comte qui, sur le conseil du prévôt de Haerlebeke^ et de tous les siens, se rendait à Gand; mais, sans leur prêter attention, il s'arrêta à Deynse pour dîner. P. 211 à 213, 336.
Après dîner, les messagers de Gand exposent au comte combien leur ville désire le voir, se réjouissant de sa venue et de son pardon. Le comte, après avoir rappelé de nouveau tous les griefs qu'il a contre les Gantois, entre autres le meurtre de son bailli et l'incendie de son château, dit au seigneur de Reighersvliet d'apporter le vin en signe de réconciliation. Le lendemain ils chevauchent tous vers Gand. P. 213, 214, 336.
Le lendemain de son arrivée à Gand, le comte convoque les Gantois sur la place du marché du vendredi et les harangue : comme condition de son pardon, il demande la dissolution des chaperons blancs, mais cette demande est mal accueillie, et les chaperons blancs ne se gênent pas pour montrer au comte leur hostilité. P. 214 à 217, 337.
Au bout de cinq jours, le comte quitte Gand pour aller à Lille, où il se dispose à passer l'hiver^. La plupart des Gantois attribuent la mauvaise humeur du comte à Gilbert Mahieu et aux siens ; mais Jean Pruneel et les autres chefs des chaperons blancs font courir le bruit que l'été suivant le comte rompra la paix, et qu'il leur faut faire des provisions en cas de siège. Nouveau sujet de mécontentement pour le comte. Il est difficile d'affirmer qu'on eût pu empêcher cette guerre d'éclater, car, sans parler des chaperons blancs qu'on aurait pu anéantir dès le principe, restait la question des franchises municipales que les Gantois furent toujours unanimes à défendre. P. 217 à 219, 337, 338.
Le comte de Flandre n'était pas depuis longtemps à Lille