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SUR

Jeaiv Malinet nacjait à Desvres, dans l’ancien Bonlonriais (aujourd’hui Pas-de-Calais), vers le nnilieu du quinzième siècle. 11 fît sesétudes à Paris, et retourna en Flandre, où il se maria. Devenu veuf, il embrassa l’état ecclésiastique et fut pourvu «l’un canonicat de la collégiale de Valenciennes. Il succéda à Georges Chastellain , son ami, dans la place d’indiciaire et historiographe de la maison de Bourgogne, et fut plus tard nommé bibliothécaire de Marguerite d’Autriche , gouvernante des Pays-Bas. Il mourut en iBoy , à Valenciennes, dans un âge fort avancé, et fut enterré dans l’église de la Salle-le-Com(e, à côté de G. Chastellain , son maître.

J. Molinet a beaucoup écrit en vers et en prose. Ses poésies ont été imprimées plusieurs fois sous le titre de Faicis etdicls de maistre Jehan Molinet. Quelques autres pièces ont été insérées dans divers recueils, tels que les Traictés singuliers^ petit volume in-8°, sans date, gothique, chez Jehan Saint-Denys, et qui comprend de plus des morceaux de Georges Chastellain et de Guillaume Crétin, et la Légende de Pierre Faifeu, de Charles Bourdigné. On a aussi réimprimé plusieurs fois les couplets historiques qu’il a ajoutés à ceux de Georges Chastellain , connus sous le nom de Récollection des merveilles advenues en nostre temps. C’est une revue assez détaillée des principaux événements du quinzième siècle, au nombre desquels figure l’invention de

NOTICK

l'imprimerie, mentionnée en ces termes, dans la continuation de J. Molinet

J’ay^vcu granl multitude De livre* imprimes,

Pour tirer en cslude ,

Povre* mal argente'*.

Par ces nouvelles modes,

Aura maint cscollier De'cret , bibles et codes ,

Sans grant argent bailler.

Il existe à la bibliothèque du roi de France , plusieurs manuscrits des poésies de J. Molinet.

Les n®* 7685 , 7686 et 7687 contiennent un grand nombre de vers de lui et dcsos amis et correspondants. Crétin et Roberlet.

Le n“ agaG , petit in-fol sur papier, renferme aussi quelq'tes pièces do J. Molinet et de J. Trottier.

Le n° 7998, manuscrit sur papier, format in- 4 ®, couvert en parchemin , contient dans la seconde moitié du volume une partie de celles qui ont été imprimées dans les Fnicts et dirts.

Le manuscrit du Supplément n° ao8, est un recueil des lettres et poésies de Robertcl , Cbastcllain et Molinet.

Le n® 7984, format in- 4 “, sur parchemin, de 36 feuillets, relié en maroquin rouge, est un Petit Traictié compilé par maislrc Jehan Molinet, à. l'instruction de ceulx qui veulent apprendre tort de re’thorique. Ce manuscrit a appartcnuaii dauphin François, mortà Tournon, le i a août i 5 a 6 , fils du roi François I. On y trouve : « Patrons , exemples, » couleurs et ligures de dictiers et tailles modernes, qui » sont inainteiiant en usage , comme : lignes doubleltes, » vers sixains, wilains, alexandrins et rime britelée , rime » brisée, rime enchayenée , rime à double queue, et forme

I . Foyez celte pièce dans ma notice sur G. Cbastcllain, i. 4 * de cette collection.

» de complainte amoureuse; rondeaux simples, d’une,

» de deux , «le trois , de quatre et de cinq syllabes ; ron- » deaux jumeaux et rondeaux doubles , simples virelais ,

U doubles virelais et respons ; fatras simple et fatras don- >• ble; balade fatrisée, simple lay, lay renforchiet, chant » royal , serventois , riqueraque et baguenaude. »

Malheureusement pour le lecteur, les patrons, couleurs et figures de ces dietiers et tailles modernes , alors en usage , au lieu d’étre puisés dans les auteurs les plus célèbres du tem]is, sont tons delà façon de maislre Jean Molinct, qui étoit bien le plus médiocre et le plus lourd poète, et le plus maniéré des beaux esprits de son siècle.

J. Mülinet a encore translaté en prose, à la demande de Philippe de Clèves , le célèbre roman de la Rose, composé par Guillaume de Lorris, et continué par Jean Clopinel ou de Meung. Cet ouvrage a été imprimé à Lyon , en i5o3, par maislre Guillaume Balsarin , libraire et imprimeur, au- j tremcnl corrigé et amendé , quil n estait par-devant, comme il appert clèrement en divers passages et chapitres. Cette nouvelle édition, corrigée et amendée, a pour titre ces quatre vers : I

C'est le romant de la rose ,

Moralisé cler et net ,

Translate de rime en prose ,

Par voslre humble Molinet.

Le seul ouvrage de J. Molinet qui justifie à certains égards la célébrité qu’il a obtenue de son temps, est sa Chronique, depuis l’année i474, jusqu’à l’année i5o6. Celte Chronique était jusqu’ici restée inédite. Jean Godefroy et Auhert-Lemire avaient eu le dessein de la publier; et M. de Reifl'emberg , qui a déjà rendu de si grands services à Thistoirc de son pays , s’esl proposé de la comprendre dans sa collection de l’histoire de la Belgique. Je regrette beaucoup que son travail n’ait pas encore vu le jour, Je me

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