I . Suffolk. INorfuik
j4o chuoniques (>4:5)
de Crodale, le comte de Norloubellan, le comte de Sccrsehry le comte de Willephis , le comte de Rivière , le baron de Stanlay , le baron de Grisrusis , le baron de Gray , le bai'on de Erdelay , le baron de Ondelay , le baron de Verlon , le baron de Montu , le baron de Reguey , le baron de Strangle , le baron de Havart , le baron de Carbeliem , le castellaindu Fes, sire Henri Ferry, sire Jacques du Corner, sire Jehan Dundale , sire William Baldrie, sire Jehan Gros, sire Robert de Veilqueby^ , sire Jehan Bouchart, sire Robert deBeaucamp, sire Jacques de Wilqueby, sire Richarl Croost, sire Roger Ravestin , sire Ernoult Odelain , sire Thomas Borre, sire Jean Sephie, sire Henri Purepon , sire William Seault, sire Jacques Hericton, sire Jehan Pelquentum, sire Robert Rudier , sire Jehan Malbery, sire Roger de Cliffort, sire Arnoult de Hétingles , sire William Parroi , sire Jehan Parre , sire Richard Haghemone’, sire Lancelot Turlegonde , sire Jehan Meldethon , sire Rol)ert Monverot , sire Richard d’Engle , sire William Cirnuelle , sire Simon de Monlfort, sire Édouard Rald^het, sire Rallie de Hastinghes, sire Richard, conneslable , sire Thomas Grey , sire William Florisse , sire Thomas Mangobry^, sire Laurent Ronfort, sire Jacques Buver , sire Robert Chauvelin , sire Robert Winguesilt, sireGuillaun^e Brandon, sireGuillebert d’Ernay , sire Jehan Aslolly , sire Barlotte de Rivière, sire Jacques Radcclel’, sire Henri du We/.,
i.Salisbury. a. Willougliby. 3. Montgommery .
(' 4 :'*) DE JEAN MOLINKT. \l{\
sire Edouard Cirv»* , sire Robert Gryc , sire JofIVoy Doch', sire Jehan de TIansatard, le baslard Tallebolz, cl aidtres jdusieiirsseigncurs que le roy avoit voulenliers eslevës, pour el aflin qu’ils ne fissent en son absence quelque brouillis en Angleterre. Le roy descendu à Calaix, madame de Bourgogne, sa sœur, el espouse du duc Charles, le vint bien vicnguicr.
Le duc, en sa personne, tost après se trouva de verslui.L’armées’cspardil par pays voisins, laquelle esloil environ de vingt -deux mille comballans comptés auxgagesdu roy , dont les archers esloient mal montés, et peu usités d’aller à cheval. Anglès esloient lors espris d’un hault voloir ; elleur sembloit bien que France debvoitlrendjler devant eulx. Ils avoient pour noiivelleté d’artillerie un instrument à manière de charue , où il failloit, pour le mettre en œuvre , plus de cinquante chevaus ; el esloit convenable pour laire à cop parfons trenchis et larges. Plusieurs Anglès , natifs des duchés de Ghyeniie et de Normandie, aj)porloienl avec eux lettres d’achat chirographes , et certains mandements aulenliques, scellés des héritages et revenus qu’ils soloieut avoir èsdits duchés, par avant leur répuise, espérans d’eri ravoir le domaine el possession. Le roy fil tirer son armée vers Fauquenberghe, où il esleva une lente la plus riche de jamais; puis tira à Rousseauville ; et séjourna deux nuicls en la place où le roy Henri ,
I. Presque tous ces noms sont cléfi[îurés «le manière aies rendre presque méconnaissables.
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père de son prédécesseur, avoit obtenu glorieuse victoire sur les François, en'l’an mil quatre cens et (|uin2c; de là se logea à lllangy, cl de Blangj se lira vers Péronne. Vivres venoient en son ostdes pays et seigneuries du duc de Bourgogne. Angles passoient et repassoient souvent la rivière de Somme; et le duc de Bourgogne, en sa personne, se partit de Vallenchienes , où il avoit esté notablement receu , et où plusieurs mistères , par personnaigesjs’estoient desmonlrés devant lui à l’honneur et faveur du roy d’Angleterre et de lui; et vint voir l’armée des Angles, lesquels il faisoit marcher et démarchera sa plaisance, par manière de les vouloir conduire. Le duc, par l’espace de trois heures parla audit roy d’Angleterre, qui se tenoit aux champs. Ung coulon (pigeon) se tint sur la tente du roy l’espace de jourct demi. Au départcmentduquel, survint ung horrililefouldre et grand orage, qui porta domage gCand à l’ost, par les pierres qui cheurent , aussi grosses que noix gaughes.
De ce jour en avant furent Anglès assez troublés; et commencèrent à murmurer, disans que le roy tenoit malles proumesses qui leur estoient faictes. Le temps se passoit sans rien exploictcr. Le duc de Bourgogne s’eslongeoit d’eulx , et liroit en Lorraine, où il avoit laissé partie de ses ordonnances , pour en conquester et gaigner la duché et comté de Vaudcmont. Le roy de France , d’aultre coslé , préjiaroit son armée , auquel le roy d’Angleterre envoya son ambassade , désirant savoir son intention; et par ceste mesme, le roy de
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France fîl faire telle offre audit roy d’Angleterre.
Premièrement, pour trouver en eux bonne paix ou trêves, monseigneur le daulpbin, fils du roi de France, espouseroit la fille aisnée du roi d’Angleterre ; et lui donneroit chacun an cinquante mille escus pour son douaire ; et proniclloit le roi de France faire la solemnité des nopces à ses despcns , et faire -venir la fille d’Angleterre , à ses cousis et frais, en France, en lui donnant estât bonnorable ; et s’il advenoit que ladicte fille aisnée allastdevie à trespas, monseigneur le daulpbin espouseroit la seconde, etconséquammentla tierce.
hem, prometloit le roi Loys de France, au roi Edouard d’Angleterre, payer plainement la somme de soixante-mille escus, pour le support de la despense qu’il avoit faicte en la descente de son armée , et de payer annuellement quarante-mille escus durant la vie de chascun d’eux.
hem, et pour le différent qui lors estoit entre deux rois, tant pour ledroictque le roi d’Angleterre se dict avoir au royaulmede France, que pour le tiltre qu’il porte dudict royaulme , le roi Loys estoit content que chascun d’eux choisist deux hommes à sa voulonté , fors et expers, et conseillers en ceste manière ; et de tenir à perpétuité le jugement et arbitrage que les quatre ensemble en diroienl, sur peine de deux millions d’or ; moyennant que, en dedans trois ans, ils ayent rendu leur sentence ; pendant lequel temps toute dissention et guerre se cesse roit.
Ces offres faites et présentées par le roi Loys ,
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le roi Etlouarcl fil appeler ses princes, nobles chel’s de guerre et capitaines, et leur exposa comment ils avoient prouniis le servir en ses guerres, l’espace «l’un anenti,er, pour le(|uel ils estoient payés pour demi an , et ne lui avoient encore faict guères de service; et leur requéroit très instamment qu’ils fissent leur debvoir de accomplir leur proumesse. Adoneques rcspondirenl les noWes et chefs de guerre, par la bouche de l’un d’eux : qu’ils avoient faict debvoir de autant de temps qu’ils avoient esté en sou service ; et ne tenoit pas à eux que leur einprinse n’esloit parachevée ; mais de procéder plus avant, possible ne leur estoit , pour plusieurs raisons ; pour quoi très humblcmeul requéroient à sahaulte sérénité, qu’il se voulust contenter d’eux et les tenir pour excusés. Et alléguèrent le terrible travail et lal>eur intollérable , ensemblelaplentiveuse despense qu’ils avoient portée, tant en rassemblement et préparation de son armée, touchant chevaux , armures et artillerie , comme pour le long séjour, et tardive demourée qu’ils avoient eue sur la mer, et à l’environ d’icelle , où ils avoient trouvé vivres à très grande chereté. En oultrc firent remonslrance de la misérable povreté et cliétif estât où ils csloicnt, en couchant sur la terre, aval les champs ; et comment le temps d’esté , convenable aux ])alailles, sepassoit; et le temps d’y ver ap])rochüit tant fui t , que possible n’estoit de faire grande conquesle de villes , places ou cliaslcaux ; laquelle chose estoit grandement nécessaire , sc ils csloicnt résolus de maintenir la guerre en temps
tl’^'ver ; et que possible ne leur estoit sans engaiger jojaux, pour l’aire nouveaux paiements , et sans aide foraine ou secours de leurs alliés. Et avec ce commencèrent à dire que le duc de Bourgogne, en la ville de Calaix, leur avoit proumis secours , confort et faveur de corps, de gens et de clievaulx; et toutes fois, que quelqu’un de par lui ne s’estoit monslré , par quoi ils esloient l'rustrés de leur espérance. Pareillement ne s’estoit apparue quelque armée du duc de Bretaigne, qui leur avoit proumis subside. Et toutes fois la commune renommée estoit lors, qu’il s’esloit reconcilié avec le roi de France. Et d’aultre part, le comte de Saint-Pol , connestable de France, estoit cause, comme ils disoient, que leur ost , à cher coust et horrible des • pense, estoit passé la mer et venu en frontière d’ennemis. Lequel comte se devoit adjoindre avec eux , et besongner à leur proufict, comme ils esperoient ; et ils Irouvoient tout ce contraire, dont ilsse tenoient follement déceus et abusés; etprioient en toute humilité au roi Edouard , qu’il voulsist entendre aux affaires licites et bonnestes , utiles et raisonnables, que le roi de France lui faisoit, et eulx condescendre à traicté pacifique.
Ces choses dessus dictes considérées , le roi anglois , ensemble les nobles princes de son sang et nobles barons , et la pluspart de son armée, excepté le duc de Clocestre , s’accordèrent légèrement. Le roi de France congnoissant leur estât , pour les mieulx attirer à ses conceptions, pendant
Ch no Kl QU ES. T. XLÏIl. — J. Momket. I. 10
l46 CHRONIQUES ('475)
le temps que ceste matière se traictoit , leur avoit ])rcsenté de quatrevingts à cent cliariols de vin. De ce jour en avant, Anglois passèrent et rappassèrent souvenlefois la riviere de Somme; et ne se attendirent plus aux proumesses de leurs alliés ; et se prinrent à rudement traictier les vivandiers de Ilaynaull et aullres pajs voisins du duc de Bourgogne, (pii menoient victuailles à leur osl ; et ne tenoient compte de leursqueules ne de leurs burres, ainçois esfondroient leurs tonneaux et prendoient leurs clievaulx. Les deux rois, d’un commun accord , s’approchèrent de Picqucgny , pour communiquer leurs affaires, où ils firent faire deux maisonnettes par-dessus la rivière de Somme, sur le pont dudict Picqnegny ; en l’une desquelles le roi de France entra , accompagné de l’admirai et du seigneur de Craon, et du mayeur d’Amyens; et le roi d’Angleterre entra pareillement en l’aultre, accompagné de quatre ou cinq barons. Ces deux rois parlementèrent ensemble heure et demie, puis s’entrebrassèrent l’un l’aultre , par les fenestres desdictes maisonnettes. En ce mesme parlement lurent plusieurs choses mises en avant et descouvertes d’un costé et d’aultre , souverainement en la charge de monseigneur le connestable , car oncques puis ne fut en gré de l’ime des parties. Et pour ce que le roi Edouard se fioit en lui, le roi Loys lui fit monstrer une lettre, par monseigneur l’admirai escripte, et signée par la main dudict connestable, contenant comment il
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proumetloit audict roi Loys, silost que l’armée d’Angleterre seroit descendue, il se fourreroit en la guerre.
Le duc Cliarles estant à Valenchiennes , monseigneur le connestable estant en atours de dueil pour madame de Savoie, son espouse , noiivelleleinent alors trespassée de ce siècle, se trouva devant ledit duc sur saulf-conduict, environ le troisiesme d’aoust ; et par trois jours parlementèrent ensemble, eux deux seulement^ en une chambre, . à la Salle-le-comte. Aulcans disoient queleduc vouloit qu’il lui mist en main la ville de Saint- Quentin , ce que nionseigneur le connestable ne vouloit faire^ que premier n’eussist rendu l’espce au roi. Le duc ne fut content de son excuse; et luy respondit que s’il ne l’avoit par son moyen, il l’auroit par aullre. Et atanl partit ledit connestable à demy -mal en grâce delui; et fut quasi habandandonné de ces trois bandes.
Ce temps pendant, se forgea le traicté des François et des Anglois, qui fut parachevé la nuict Saint- Jean Décolace, par la manière que dessus est dict. Et y fut mis par addition que le roi Loys^ en faveur etcontemplacion du roiEflouard, feroil empraincter le soleil ens tous les escus qui depuis seroieni forgés de par lui ; et lui ht paye de cinquante mille escus chacun an. Mais le mariage de monseigneur le daulphin , ne sortit pas à efFect à la fille du roi englès. Et plusieurs nobles courages soi donnèrent grant merveille , comment le roi de France
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l48 CHRONIQUES ('475)
se veult condescendre à payer telle finance à son capital ennemi. Et disoient les aulcuns que le royaulme en estoit fort humilié , grandement asservi, et noté comme tributaire. Sur cest appointement , retourna le roi Edouard , ensemble son armée, vers Calaix, par La Broi, par Auxiet le pays de Picardie^ où ils firent assez de maux. Quand ils s’en retournèrent par la comté de Boullenois, ceulx du pays^ qui jamais ne les aymèrent^ pour la proximité des frontières qu’ils ont ensemble , lorsqu’ils trouvèrent advantage , chargèrent sur eux en passant. Ainsi par leurs mains trespassèrent qui la mer point ne repassèrent.