PROLOGUE
bataille parles Anglois, lorsque ses frères aisnés l’abandonnèrent, et pour ce qu’ils prévit aucunement la très noble postérité de lignée et commodité de service qui lui povoit survenir de soi alliera la comtesse de Flandres, est licitement approprié à Prudence^ vertu moult salutaire.
Le duc Jehan, son fils, prince sans peur, itiagnanime en tousses affaires, constant comme pierre de vive roche, tant enflambé de hardi courage que rien ne lui sembloit ne trop hault , ne trop pesant , peult estre figuré par les qualités de ses mérites, à Force, très recommandée entre lesvertuscardinales.
Lebon duc Philippe, très doux, humain, fort joyeux, et tant bien adressé en touteschoses ardues, digne de grans louanges, comme Dieu et nature n’y avoient riens oublié, et pourcequeTempérance est vertu de courage , refrénant en nous les mouveinens impétueux, ceste glorieuse vertu lui doiht bien estre attribuée ; car plusieurs fois a minué son ire contre les ennemis, lesquels il povoit bien vaincre par force d’armes. Il a démonstré vision pacifique, mesines à ceulx qui occirent son père. Jamais ne fut au monde prince plus begnin , nul plus clément, nul plus libéral, nul plus révèrent.
Le duc Charles, son fils, inspiré de Mars le Dieu des batailles , le Nestor des héros, un second Scipion, un petit Alexandre et ungrand llannibal, qui les provinces voisines a merveilleusement resveillées au son de ses buccines, et a fait plus que le possible du très chevalereux art d’armes, vueillant.
PUOI.OGUE. l3
par hardi emprendre , peser les quartiers d’occident en sa balance , est proprement esquiparé à Justice, la royne des vertus.
Avec ces quatre très illustres princes, descendus du champ de fleurs de lys, sont quatre nobles Marguerites de mesme sorte , lesquelles ont grandement amplié, enrichi et augmenté ceste maison, tant de salles , chambres, clostures, vignes, hay es, jardins, prés, pastures, comme tenemens et aultres appendances , dont elles ont bruit et los paiv dessus toutes aultres.
Et premier, Marguerite de France, fille du roy Philippe-le-Long, espouse du comte de Flandres, le adhérita des deux comtés d’Artois et de Bourgogne.
Marguerite de Brabant , alliée au comte Loys de Male, dont dessus est faicte mention, le mist en possession des duchés et pays de Lotrich, Brabant et Lembourg.
Marguerite de Flandres, mère du duc Jehan, y attribua la comté de Flandres et aultres passaiges.
Et Marguerite de Bavière, fille du duc Aubert, compaigne dudit duc Jehan , y adjousta les comtés deUaynault, Hollande, Zéelande, et la seigneurie de Frise.
Et par ainsi , ceulx qui percevoient entièrement la édification et lucidité de ceste triomphante maison, exaltée sur les baultes montaignes, peuvent facilement dire, tant pour l’artificielle sculp-