EXPOSITION DES ARTS ET MÉTIERS
Beatix-aris, ode la vie aimables
enchanteurs.
Des plus sombres ennuis, divins
[consolateurs. Amis, sûrs dans la peine etcons-
[tante maîtresse.
Dont Tor n'achète pas T amour et \îes caresses.
Lundi, 22 Octobre, se tenait à Montréal, une exposition des Arts et Métiers, que présidait lord
Strathcona, bienfaiteur et protecteur d'œuvrcs sociales canadiennes.
L'Association des "Arts pour les femmes," sMnspirant du beau succès qu'avait remporté à Ottawa "l'Exposition Historique," avait eu l'heureuse idée d'ajouter encore à lorig-inalité de sa riche et artistique collection d'ouvrag'es de "fantaisie," en exhibant quelques "reliques" du passé.
Si l'on en juge par les élog-es dont les journaux et le personnel exposant ont comblé les dames patronnesses de l'œuvre : ces "vieux meubles" (témoins impassibles d'un autre âge) sortis pour l'occasion de l'oubli, n'ont pas fait tout à fait mauvaise figure à côté de créations artistiques plus modernes ; on a dit même que ces "souvenirs d'antan" captaient souvent la délicate attention des
vrais amateurs de choses * 'd'art.'* Après tout, c'était naturel, puisqu'on les avait mis là pour servir de point de comparaison entre hier et aujourd'hui.
D'ailleurs, pour ceux qui "pensent" : autour de cette cnaise, de ce fauteuil, sabre ou prie-Dieu, se groupaient de g'rands événements d'une époque héroïque de notre histoire. Cette solidarité avec le passé, le présent et l'avenir, c'est ce qu'on est convenu d'appeler esthétiquement : * 'l'âme des belles choses du bon vieux temps ! "
Eh bien, cette pensée de **jadis" elle revit heureusement à l'aurore de ce siècle avec cette quasi-immortalité qui s'attache insensiblement aux objets qui ont des ans défié *4'irréparable outrag-e."
Aussi, doit-on, en Canada, se
réjouir de cette innovation, de cette confraternité de l'art ancien et moderne, tous deux ayant pour noble mission d'entretenir en nous par leurs charmes, le feu sacré du Bon^ du Vrai et du Beau !
22 Octobre 1900