QUÉBEC
C'est là que je voudrais vivre Aimer, aimer et mourir.
A. M. DuvaL.
Par une fin d'après-midi d'octobre, j'étais allé m'asseoir à l'extrémité nord des glacis attenant au tastion de la citadelle sur laquelle flottait l'Union Jack.
Du haut de cet observatoire improvisé, dominant du regard la rade, la basse-ville et tout le pays d'alentour, je contemplais,
affolé d'air et d'espace sans pouvoir m'en lasser, ce panorama incomparable. Dans mon ravissement c'est à peine si je remarquais sur la terrasse les groupes d'habitués qui à cette heure faisaient leur promenade favorite, au son d'une musique bohémienne dont le vent m'apportait quelques brises d'accords harmonieux.
Li Le soleil À ce moment descendait à l'horizon et les derniers rayons de son disque radieux disparaissant à moitié derrière les montagnes, empourpraient la côte de Beaupré et la falaise escarpée de Lévis. Une trainée lumineuse et rougeâtre se projetant d'une rive à l’autre, sur les 4: eaux calmes du grand fleuve prolongeait divinement les derniers reflets de l'astre roi à son couchant.
“Voir Naples et mourir”!
a-t-on dit avec enthousiasme.
Or, j'en appelle à ceux d'entre
vous qui ont vu Québec et son port idéal, par une de ces glorieuses fins de journées d'automne, où le riche coloris du feuillage de nos bois ajoute encore au brio de ce paysage féérique ; lorsque les dernières lueurs du crépuscule encadrent d'une auréole ce tableau enchanteur de ville ancienne que commande le Cap Diamant, célèbre Gibraltar canadien ! Puis, soudain, les ombres vaporeuses de la nuit descendant dans la vallée, enveloppaient toutes choses d'un voile mystérieux ; là-bas dans la campagne, quelques lumières pointillent aux fenêtres des chaumières ; on ne distingue plus que les contours confus et fantastiques des toits des maisons de la ville qui s'étend au bas ; par ci, par là,