CHRONIQUES. 10F
onze heures du matin !.........et cœtera, Tout cela m'agacehorriblement et j'en veux au ministère.
J’affirme queles ministres auraient dû adopterle Program-me catholique: au moins, ils se seraient mis bien avec le cielet en obtiendraient aujourd’hui ue ne pas renouveler le déluge à propos de bottes. Le rire de Dieu évidemment a cessé: depuis que M. Routhier a voulu le peindre, et maintenant. ce sont les pleurs qui commencent. L'Eternel n’a plus de: secrets pour nous,
Si Québec est une fondrière, ce sont les enfants qui jubilent. Avez-vous remarqué comine les enfants aiment à se salir ? Tant que la capitale n’a pas eu de trottoirs, on les voyait courir assez volontiers sur les pièces de bois pourries, disjointes, trouées, qui en tenaient lieu ; mais depuis que la: municipalité s’est ruinée pour en faire construire quelques. centaines de pouces, on ne voit plus les enfants courir qu’au milieu des rues marécageuses, délayées par les dernières. pluies jusqu’à deux pieds de profondeur.
Si je prends la peine de vous écrire cela, ce n'est pas queje le trouve intéressant,mais je veux prévenir vos lecteurs que: j'ai cherché inutilement toutenhe semaine pour avoirquelque chose à dire et que je ne l’ai pas. Pourtant je me suis donné bien de la peine, ce qui prouve que le travail n’est pas toujours, récompensé ; ; ct, comme je suis opposé aux grèves, je me vois obligé d'écrire une colonne de niaiseries ponE remplir mon devoir.
Etrange! étrange! Moins il y a à dire, plus il se fonde dejournaux ; c’est ie Courrier de Rimouski, c’est ‘la Nation,
c’est enfin l'Zcho de la Session qui s'annonce d'avance et qui promet d'être impartial. ... comme tous les autres. Aucun journal n'avait songé à dire cola auparavant ; voilà enfin du nouveau.
La)
L'Université Laval achève de se perdre. Elle vient de pousser le gallicanisme jusqu’à permettre à ses élèves de donner une fête aux huîtres à laquelle se trouvaient beaucoup d'invités du dehors qui ont été s'irriguer le palais, suivant l'expression d’un de nos confrères québecquois, Le verbe réfléchi s’irriguer, tiré du vocabulaire de l’avenir, vient du substantif drrigation dont l'ancienneté se perd dans la nuit des temps. On voit que l'Université-Laval se fuit un tort énorme.
KL
L’Angleterre est bien déterminée à nous laisser ; c’est décidément le 15 novembre que les derniers débris de la garnison s’envolent de Québec. En attendant, la Grande- Bretagne déménage petit à petit; elle vient de faire transporter, de la citadelle au port, trois charriots de bourres à canons ; la menuc ferraille, les essieux rompus, les affûts brisés viendront après. Il n’est pas question d'enlever les remparts, ils partent d'eux-mêmes : dans un mois, Québec sera dénudé et présentera le spectacle indécent d’une ville fortifiée sans fortifications.
Heureusement qu’il nous reste quarante mille hommes de milice pour défendre notrelangue, nos lois et nos mœurs contre l'envahisseur, Quel envahisseur ? on n’en sait rien; mais c’est égal, il faut qu'il y en ait un—A cc propos, le Chronicle de Québec, journal révolutionnaire, s'exprime ainsi : ‘“ Nous
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n’uvons aucun danger de guerre à craindre; nos amis les féniens sont devenus pauvres et fuibles, etles Etats-Unis se sont engagés à nous épargner à l'avenir. leurs visites de cérémonie. En outre, nos obligations, provenant de la confédération des provinces ct comprenant plusieurs centaines de lieues de voics ferrées À construire, absorbent tout le capital dont nous pourrons disposer pour longtemps.
‘“ Nous n'avons donc aucun besoin d'une milice dispendicuse. Sans doute de brillants uniformes ct de longues lignes de baïonnettes reluisant au soleil sont un délicieux spectacle, de même que les volées do l'artillerie sont très agréables à entendre à distance ; mais toutes ces belles choses ne sont ni nécessaires ni avantageuses, Le département de la milice pourrait wettre en usage tous les appareils militaires, toutes les armes et toute la poudre de l’Angleterre sans toutefois constituer une force suffisante. Ce n’est pas la quantité qu’il nous faut, mais la qualité. Une petite armée de miliciens bien disciplinés, bien approvisionnés, formerait le noyau d’une grande force, lorsqu'elle deviendrait nécessaire, et suffirait, pour le présent, à tous nos besoins; elle remplacerait avec avantage cette grande armée de 40,000 hommes qui est la création de sir George Etienne, mais qui n’a ni disciriine, ni équipement, ni habitude des armes. Sir George 2, paraît-il, plus d’hommes qu'il n’en peut pouxvoir. Si toutes les ressources du département et du pays n’ont pu fournir à 2,500 hommes réunis à Prescott, les choses simplement nécessaires à la vie dans un temps de paix profonde ét après une expérience renouvelée, du système des campements, que pouvons-nous attendre, dans les temps de péril, de 40,000 hommes qu’il faudra pourvoir et former ? Nous pensons que tout notre
système de milice a besoin d’être refuit et que les réformes doiventinbrasser, entre autres, une réduction considérable des dépenses adlelles. ”
Pour parler ainsi dans une ville qui a des remparts, sous la gueule entr'ouverte des canons de l'artillerie volontaire, il faat avoir un courage poussé jusqu'à la violeuce et ne tenir aucun compte du préjugé militaire, la plus glorieuse hêtise qui ait jamais possédé les hommes.
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M. Routhier, l’homme du programme, se rend aux Etats- Unis; grande nouvelle! Il l'annonce lui-même dans le Courier du Canada, et il a l’obligeance d'apprendre au publie qu’il est parti en lisant l'Univers. Il n’y a pas de meilleure préparation, et si M. Roffthier lit l'Univers durant tout son voyage, il est incontestable qu'il pourra juger les américains sans parti pris, comme il en fait la promesse précieuse. Les lecteurs ne seront pas volés lorsqu'il leur : donnera à son retour vingt-cinq colonnes de Veuillot en guise d’appréciations ; c'était annoncé.—C'est pourtant bien ainsi que se fait aux trois-quarts l'éducation de notre peuple. — Réflexion amère !
Nous avons passé jusqu'ici pour une race inférieure et, Dieu merci! ce n’était pas volé, mais voilà que le Nouveau- Brunswick entreprend notre réhabilitation, (a surprend d’abord, maïs on s’y fait vîte et l’on ne devine pas le motif secret; la louange a la propriété de rendre aveugle, surtout la louange grosse, épaisse. On peut faire brûler n'importe quel encens, pourvu qu'il fume; il n’y en a jamais de trop grossier, même pour les plus fins esprits; voil) pourquoi
les souverains les mieux doués ne voient jamais les choses qu’à travers un brouillard.
Or donc, le Nouveau-Brunswick, ayant besoin de mei/leurs termes, et n'étant plus satisfait de ceux qu’il a obtenus pas d'acte de la confédération, demande au parlement fédéral d'augmenter son subside. La Nouvelle-Ecosse en a fait autant l’année dernière et a réussi; il n’y a pas de raison pour que le Nouveau-Brunswick n'ait pas son tour. Mais Ontario, le Cerbère du Dominion, ventru, replet, gorgé et grognard, montre les dents chaque fois que les petits veulent avoir des miettes de la table. Epeuré, le Nouveau- Brunswick se retourne vers nous et ‘‘ regarde avec espoir, dit le Telegr aph de St. Jean, les descendans chevaleresques de la vieille France qui, cl les destinées de la noble province de Québec.” Ça, c’est pour avoir Îles $150,000 de subsides demandés ; mais qu'importe, il y à du vrai au fond, et nous avons dans notre noble province tant de chevaliers et de sûres, et tant d’autres qui se sentent propres à l’être, que nous ne pouvons nous empêcher de trouver le compli-
nent mérité, LS
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De quelque côté qu'on tourne les yeux, on ne voit que des choses qui s'écroulent, des institutions qui disparaissent comme des souffles et des préjugés qui s’cffacent, laissant les hommes tout étonnés d’avoir été si longtemps leurs propres dupes, (Croirait-on que l'archevêque de Paris est Le si loin dans la voie des réformes qu’il permette à son
ra de porter la barbe tonte longue ? C’est là un rapprochement; avec l'égiise orientale formée de prêtres énormément barbus, ”
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