CHAPITRE XL
Comment les ducs de Calabre , de Bourbon , de Nemoai^ » comte d^Ârmmacq , et autres , arriTèrent à Estampes ^ et comment le roy alla Ji Rouen j et autres choses.
Envirow huict jours après que les ducs de Berrj et de Bretaigne furent arrivés à Estampes^ vindrent audit lieu les ducs de Bourbon, de Nemours et comle d'Arminacq , à très belle compagnie ; puis vint le duc de Calîîbre, qui amena une manière de gens non armés, que on appelloit Simples, Tesquels estoient moult hardis gens. Après lui vint le mareschai de Bourgogne > avecq les Bourguignons, qui estoient six cents lanches ou plus, sans les autres combattants; mais peu y avoit d'archiers, fors censtilliers, car ils n'usent en Bourgogne d'arcqs, au moios peu. Quant touts les princes susdits feurent arrivés à Estampe», avecq le comte de Charollois, touts lesquels, comme on disoit, ne s'estoient osé mectre à chemin ni entrer au royaume, tant qu'ils sceuren tque le comte de Charollois s'estoit combattu au roi et avoit gagné la place de la bataille, et sy d'advanture le roy oit rué jus le comte, peut-estre que nul d'eux n'eust marché en paix, lesquels, prostemeiH qu'ils sceurect les nouvelles, viiidi^ent vers le comte, et s'asseipblèrent à Estampes; les-
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quels, touts ensemble^ pour la mullitude de gens qu'ils estoieut, et pour avoir vivres plusabbondamment , se tirèrent au pays de Beaulse et de Gastinois , auquel pays se rendirent plusieurs villes au duc de Berry, comme provins et autres. Le roy de Franche, sçachant que les princes estoienttouts ensemble , s'en alla à Rouen en Normandie, et illecq contraindit fiefvéset arrière-fief vés, et qui estoient idoines en guerre, d'eux armer et aller avecq lui ; et assembla ce qu'il poeult de gens. Durant le temps que le roy estoit à Paris, après que les princes et seigneurs dessusdits olrent esté environ ung mois au pays de Beaulse et de Gastinois pour leur reffaire et leurs gens, cuidants et attendantsde jour en jour que le roy leur debvoit venir courre sups et livrer bataille , se partirent desdits pays et passèrent par le pays de Brye ; et environ le jour de Saint-Barthélemy, les ducs de Berry et de Bretaigne, et le comte de GharoUois et ceux de sa compagnie , feurent logics à Conflans ; c'est à sçavoir : le comte , pour son corps, au chasteau ; le comte de Sainct-Pol et l'avant-garde , entre Paris et Conflans, et lez le pont de Charenton; lesdits ducs de Berry et de Bretaigne avecq leurs armées feurent logiés à Sainct-Mor, àBeaulté, et^autour du|bois de Vincheanes , d'ung lez de l'eau we ; et de l'autre lez, le duc de Calabre et les Bourgoignons ; les gens du comte d'Arminacq et du duc de Nemours demourèrent en Brye, lesquels on estimoit à cinq ou six mille combattants. Après que chacun:d'eux
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fuslJogié , et que le comte de CharoUois oit fait re-. prendre le pont Saint-'Cloud et Laigny-sur-Marne, etavoient abbandonné les places, le jour que la bataille fust au Mont-le-Héry , le comte de Charollois feit faire pont pour passer la rivière et pour approcher Paris et y mectre le siège.
Dans Paris estoit le comte de M ayne et autres gens de guerre, en grand nombre , et si grand, qu'il failloit que la pluspart feussent logiés au camp autour de Paris et outre la rivière de Saine, et avoient fait faire forts boulvers, où ils se tenoient; une partie des gens des princes dessusdits passèrent l'eaue de Saine s jr ponts, et s'en allèrent logier assés près de Paris, et si près, que entre les gens du roy et eùx n'y avoit que ung fossé nouveau , fait entre deux. Illecq feirent plusieurs escarmouches d'ung costé et d'autre, où souvent en y avoit des morts et des prins. A l'une de ces escarmouches, fust tué ung josne et gentil chevalier, fils de messire Simon de Lallaing, nommé Simon,. qui fust moult plainct des gens du comte de CharoUois.
MONSTRELET. 7*. Xf^, — MÊlI. DE J. DU ClBRCQ.