CHAPITRE XLVIL
Comment ceux de la yille de Dynant pendirent la poartraiotare da comte de OiaroUoU devant Boovynes; et desoppr<^)res qa^ils dîsoient de loi^ et autres chQMf .
EïTviRON ce temps , ceux de la ville de Dynant , qui estoit une ville au pays de Liège , la plus forte et la plus riche beaucoup que la cité de Liège , car oncques n'avoit esté prinse ni gagnée, combien que plusieurs empereurs, roys et ducs y euissent mis plusieurs fois le siège , et jusques à dix^sept sièges à plusieurs et divers temps, ceux de Dynant, qui de tout temps avoient pilKé leurs voisins, quant guerre y estoit , et tout apporte à Dy nant , et se y faisoit-on lescaudrelats ettoutefonduredelétonet métal de cuivre , assés tost après la bataille du Mont-le-Héry, cuidants que le comte de Charollois
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oit esté descoafit , s'avisèrent d'une grande folie en montrant leur animé couraige et la haine qu'ils portoient au duc de Bourgogne et son fils; car, par leur outrageux couraige , ils feirent faire la pourtraicture du comte de CharoUois , laquelle ils vestirent d'armes du comte, puis en grande multitude et arines allèrent faire droit devant la ville de Bouvynes, quiestoit au duc de Bourgogne, et illecq feirent ung gibbet, et y pendirent celle pourtraicture, en disant à ceux de Bouvynes : « Voilà le fils » de vostre duc , le faux trahistre , le comte de » CharoUois, lequel le roy de Franche a fait ou fera » pendre comme il est là pendu ; il se disoit fils » de vostre duc, maisilestoit villainbastard, et fust » changié en enfance au fils du seigneur de Re- » nisberghue, nostre évesque : cuidoit-il ruer jus » le roy de Franche? » Plusieurs autres vilaines paroles dirent du duc et de son fils, menaschant le duc de destruire et ardoir ses pays , comme fols et outre cuydiés ; car ils n'avoient cause de ce dire; car la mère du comte , femme du duc , estoit une des bonnes femmes de son corps , qui fust sur la terre. Desquelles opprobres et villenyes assés tost après le comte fust adverty, et en fust moult troublé; et dit qu'ils le compareroient, comme ils feirent , ainsi qu'il sera dit chi-après.