‹ Chroniques, Volume 40Chapitre 6 sur 52 · CHAPITRE XXXllT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXllT

Comment le roy Loys de Franche vint kastivement du pays dé Bourbonois pour combattre le comte de CbaroUob.

. Le roy de Franche, lequel estoit au pays de Bour bonnois , ou environ , où il guerroyoit le duc de

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Bourbon , ét eïttpeschoitque le duc deBerry et de Bretaigne ne se joijgnissénl et passâssent pour aU^^* à Sainet-Denys vers le comte de CharoUois , comme ils avoient proûiis, ajânt la plus grande armée qu^il avoit peu assembler , à pied et à cheval > sans prendre les garnisons que il avoit laissié par tôut son royaume, comnie sur la rivière de Somme, sur les marches de Bourgogne , comme sur les rivières de Somme et d'Oyse^ et ailleurs , en Normandie , Guyenne, et par tout son royaume, fiist adverti que le comte de CharoUois et toute son ai'mée avoient passé les rivières dé Somme , d'Oyse et de Saine. Doubtant que les seigneurs de Berry et de Bretaigne, et autres princes, ne se assemblassent, scachant que eux assemblés seroient plus forts que lui, polroientplus nuire et seroient plus dangereux à vaincre que chacun à part lui, assembla toutsses capitaines pour avoir conseil , s'il combattroit les ducs de Berry et de Bretaigne ains qu'il combattist le comte de CharoUois. Et combien qu'il y oit de diverses opinions, la plupart lui conseilla qu'il combattist premier le comte de CharoUois ; car s'il le pooit ruer jus et vaincre , de legieril auroit à sa vollontélesducsde Berry et de Bretaigne, et touts les princes de Franche; et que c'estoit le meilleur, ains que ledit comté euist avecq lui les Bourguignons, qui encoiresn'estoient arrivés devers lui pour les garnisons du pays du roy qui les empeschoient, ne qùe les princes de Franche fuissent assemblés avecq lui. Et jà-'Soit-que lapluspart fusf de pareille

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opinion, toutesfeis uhg hardi et valliaùt chevallier, nommé messire Pierre de Brésay , seigneur de la Vareniie et séneschal de Normandie, dit au roy que ce'h'estoit point son conseil de ainsi le faire ; car il côgnoissoit le comte de Chisutollois, et qu'il n'estoit pas homme de desmarchiér, et que les Picards et ceux qui estoient avecq lui de ses pays Taimoient de si grand couraige , et si estoient la pluspart gens accoûstumés de guerre , lesquels ne le lairœent jusques à la mofl ; mais estoit son opinion de premier combattre le^ ducs de Berry et de Bretaigne , a^ec lesquels avoit plusieurs gens de guerre qui avoient esté des ordonnances du roy Charles, son père ; lesquels , quant ils verroient sa présence , ils n*bseroient combattre contre lui, ains se tourner oient de son parti, par quoi de légier il mecteroit leremenailt(reste) à merchi. Auquel séneschàl fust dit, qu'il avoit poeur ; lequel feit response que non avoit ^ et s*il y avoit journée de bataille ne rencontre , il monstreroit que Ce qu'il disoil, il ne lè faisoit depoeur,mais seulement pour loyàument conseiller le roy. En la fin , le roy sè conclud de premier combattre le comte de CharoUoisj ethastivemént feit commandement sur la hart, que chacun se ceignist. Et chèvaulcha le quatorziesme jour de jtnllet^ que de jour, que de nuict, lui et son ost vingt-quatre lieues, et alla au giste à Estampes, et le lendemain à Chastres , à ti^ois lieues du Montle-Héry ; et passa assés près, comme à six ou huict lieues près de Tost des ducs de Berry et de Bretai-

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gne ; et non scachant que les messagiers qu*ils avoient envoyés à Paris , fuissent prins ne que le comte de Charollois fust si près de lui, le seiziesme jour de juillet, devant le jour, se deslogea de Chastrès, et ung peu devant soleil levant, lui et son armée se trouvèrent sur le Mont-le-Héry, dessous lequel mont ils veirent le comte de Charollois et toute son armée. Ce voyant le roy, et scachant que c'estoit le comte de Charollois , si feit mectre ses gens en ordonnance e^ bataille. Il ordonna trois batailles : en la pren^ière bataille , que on appelle l'avant- garde , estoit le dessusdit monsieur Pierre deBrésay, chevallier, sieur de la Varenne et séneschal de Normandie , le fils du comte de Noyrenton, le sieur de Barbasan, Malortie, Flocquet, Salzart, et autres capitaines et gens d'armes; en la seconde y que oti appelle la bataille , estoit le roy avecq plusieurs grands Seigneurs et capitaines ; en la tierche, que on appelle Tarrière-garde, estoient le comte du Maisne , etbien sept à huict cents hommes d'armes; et disoit-onque èsdites trois batailles y avoit deux mille deux cents hommes d'armes portants lanches, les mieux en poinct et les mieux montés que gens d'armes feurent oncques ; et là estoit la fleur des gens de guerre , toute la puissance du roy de Franche, Avecq eux estoient les archiers et autres gens de guerre, qui estoient en grand nombre, combien que plusieurs fuissent démontés derrière, qui estoient mal montés et à pied , pour le grand chemin que le roy feit en haste.

DE J. DU CLEUCQ.

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