Ces deux dates peuvent être abaissées de 4 ans
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(l’an 1930 donnerait le 24 et le 28 mars grég., ce qui mettrait la récolte très tôt). Mais peut-être pouvons-nous remonter un peu plus haut (l’an 1950 donnerait le 29 mars et le 2 avril; l’an 1960, le 31 mars et le 4 avril) ; sur ce sujet, il n’est pas possible de se décider en toute sécurité, puisque les dates certaines sur la vie de Thoutnecht manquent. Du moins, le fait qu’il doit avoir vécu vers le milieu du XXe siècle est en complète concordance avec la date Sothiaque de Ivahun.
En conséquence, nous avons une confirmation très précieuse de la signification de cette date'. La concordance de la date de Sirius et de la date de l’année naturelle n’est possible que parce que l’année égyptienne était réellement une année vague de 365 jours. Aussi faut-il renoncer définitivement à toute théorie qui ne concède au calendrier égyptien sa forme achevée que pour les temps postérieurs; au contraire, le calendrier a fonctionné aussi régulièrement sous la XIIe dynastie que sous le Nouvel Empire ou au temps des Ptolémées et des Césars. Celui qui voudra attribuer une date plus reculée à la XIIe dynastie devra recourir à l’hypothèse suivante : il a fallu par la suite insérer une fois dans l’année civile un certain nombre de mois (pour chaque 120 ans de recul donné aux dynasties, un mois entier). Il est inutile d’insister longuement sur l’impossibilité de la chose. Que l’on pense seulement aux difficultés qui
1. J’ai fait part déjà de cette découverte à Breasted, qui y fait une brève allusion dans ses Ancient Records, I, p. 48. J’ajoute ici encore cette remarque que, d’après le début du Conte de Sinuuhit (publié pour la première fois par Maspero, Mènx. de l’Institut égyptien, I, 1886 — Études de Mythologie et d’ Archéologie, IV, p. 280 sq.), Amenemhet I est mort le T jour du IIe mois de sa 30" année; il n’est donc pas douteux qu’il faille compléter ainsi le chilîre de (2)9 ans dans le papyrus de Turin. La date du mois (d’après le Dictionnaire de Berlin) est fournie par un Ostracon du Caire et le papyrus du Ramesséum de Gardiner; un fragment en possession de Golenischefî donne, au contraire, le 7e jour du IIT mois.
ont accompagné l’introduction des calendriers julien et grégorien, ou du calendrier de la Révolution française. Au surplus, j’indique encore à ce sujet que les dates de l’année naturelle données par des inscriptions de l’Ancien Empire (cf. plus bas) et commentées récemment par Sethe' s’accordent parfaitement avec les dates données par la XIIe dynastie. Il ressort aussi des généalogies et de la liste de nomarques données par les graffiti d’Hatnoub (collationnés à nouveau par G. Môller et dont il doit donner sous peu une édition considérablement augmentée), que l’intervalle entre la fin de la VIe dynastie et le début de la XIIe dynastie ne s’élève pas à plus de 300 à 400 ans. Nous pouvons donc admettre comme absolument confirmé que non seulement le calendrier a suivi sans modifications son cours régulier depuis le temps de la XIIe dynastie jusqu’à la domination romaine, mais qu’aucune perturbation n’est survenue dans les temps plus reculés, sous l’Ancien Empire, et même depuis l’introduction du calendrier en l’an 4241 av. J. -CA
INTERVALLE ENTRE LE MOYEN EMPIRE ET LE NOUVEL EMPIRE. — XIIIe DYNASTIE ET TEMPS DES HYKSOS
Les dates Sothiaques pour la XIIe dynastie et pour Aménophis Ier et Thoutmosis III, ont réduit l’intervalle entre le Moyen Empire et le Nouvel Empire, ou plus exactement entre la lin de la XIIe dynastie (1788-1785 av. J.-C.) et le commencement de la XVIIIe (vers (1580-1575), à 210 ans
1. Sethe, Beitrüge sur ültesten Gcschichtc Æggptens, p. 101 sq. (ap. U nier s. s. Gcsch. u. Altertumskunde Æg., III).
2. Naturellement l’hypothèse (qui a encore quelques partisans), que la XIIe dynastie pourrait être reculée de toute une période Sothiaque dans le passé, ne peut être réfutée au moyen des dates calendériques, On a exposé plus haut pourquoi cette hypothèse est inadmissible. Voir aussi pour une plus ample démonstration la IV" partie.
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en chiffres ronds. Cet espace de temps, qui, pour une époque de décadence et de domination étrangère, paraît assez grand, est aussi étendu que l’intervalle entre la mort de Périclès (429) et le début de la seconde guerre punique (218), ou entre le meurtre de Domitien (96 ap. J.-C.) et l’abdication de Dioclétien (305), ou encore entre l’avènement de Rodolphe de Habsbourg (1273) et celui de Maximilien (1493). Mais si nous additionnons les chiffres de l’Africain1, cet intervalle, d’après Manéthon, ne présente pas moins de 1590 ans, avec 217 rois (ou 260, vu que dans la XVIIe dynastie 43 rois pasteurs régnent en même temps que 43 pharaons thébains) ; dans ce laps de temps sont compris 953 ans de domination étrangère, sous 81 rois pasteurs. Dans le papyrus de Turin aussi, après la XIIe dynastie suivent 5 à 6 colonnes avec des noms de rois ; il y avait là les noms d’environ 150 à 180 souverains, dont les derniers semblent correspondre aux rois pasteurs, et la plus grande partie aux 60 -[-76 = 136 rois de la XIIIe et de la XIVe dynastie de Manéthon (originaires de Thèbes et de Xoïs dans le Delta).
Dans ces conditions, on comprend que les conclusions tirées de la date Sothiaque aient choqué plus d’un savant. Il ne reste qu’une issue : puisque l’existence de l’année vague de 365 jours est prouvée pour le commencement de l’Ancien Empire, il faudrait placer cette date toute une période Sothiaque plus tôt. Alors le commencement de la XIIe dynastie tomberait 1460 ans plus tôt que nous ne l’avons fixée, par conséquent 2030/1997 -f- 1460 = 3460/3457 av. J.-C. — et sa fin en 3248/3245. Ce serait remonter un peu plus haut que ne le disent les chiffres mêmes de Manéthon, si nous voulions maintenir pour le Nouvel Empire ses chiffres qui sont
1. Ils sont en partie douteux, en partie évidemment faux, comme ceux pour la XVe dynastie, voir plus bas. Les chiffres d’Eusèbe, ici, n’ont aucune valeur.
partout inadmissibles. D’après ces chiffres, nous devons compter :
Commencement du Nouvel Empire (XVIIIe dynastie), selon Bœckh : 1655 av. J.-C., selon Unger : 1796 av. J.-C. ; Intervalle des dynasties XIIIe-XVIIe, selon Bœckh : 1589 ans, selon Unger : 1360 ans ;
Fin de la XIIe dynastie, selon Bœckh : 3244 av. J.-C., selon Unger : 3156 av. J.-C.;
Commencement de la XIIe dynastie, selon Bœckh : 3404 av. J.-C., selon Unger : 3315 av. J.-C.
En prenant un nombre moyen, Petrie place la XIIe dynastie de 2778 à 2565 av. J.-C., et Brugsch, de 2466 à 2233 av. J.-C.
Ce tableau d’ensemble devrait suffire à lui seul, pour montrer que le déplacement en arrière de la période Sothiaqueest une absurdité, qui ne peut donner sujet à aucune discussion scientifique. Puisque le commencement du Nouvel Empire reste fixé sans conteste à 1580, l’intervalle s’allongerait alors de presque 1670 ans : c’est un laps de temps plus long (jue de Constantin jusqu’à nous. Il faudrait admettre qu’à l’exception de deux monuments de Sebakhotep et Neferhotep et de leurs contemporains, nous n’en aurions d’autres vestiges que de misérables tombeaux et des scarabées1 ; la civilisation et la langue d’Égypte y auraient si peu changé que nous ne pouvons même pas distinguer si un monument appartient à la fin de la XIIe dynastie ou au commencement de la XVIIIe. En outre, une domination étrangère se serait imposée pendant près de mille ans (c’est l’intervalle d’Alexandre à Mahomet) — et ses rois, dans le pays alors le plus civilisé du monde, n’auraient laissé d’autres vestiges
1. On sait que les tables royales d’Abydos et de Saqqarah passent sous silence tout le temps de la XIII'’ à la XVII” dynastie et font suivre immédiatement Amenembet IV (Abydos) ou Sebeknofrure' (Saqqarah) par Amosis. La table de Karnak, d’autre part, donne un choix des souverains de la XI 11° dynastie.
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que des noms, et quels noms! griffonnés sur des monu-
ments plus anciens, une paire de scarabées, un papyrus daté d’Apopi, etc., - — rien qui puisse donner l’impression d’un état solidement fondé et qui aurait duré mille années.
Pour ces raisons, il y a vingt ans déjà, j’ai limité à 400 ans l’intervalle de la XIIIe dynastie à la XVIIe incluse. Les dates Sothiaques montrent aujourd’hui que ce chiffre est trop élevé presque du double. On est même disposé maintenant à donner au temps de la domination des Hyksos une durée moindre, environ un siècle (1680-1580), et à faire commencer aussitôt les rois de Thèbes, les trois Ra'seqenen Ta'a, et Kamose.
Mais, a-t-on objecté, comment les quelques 150 rois du papyrus de Turin, qui correspondent à la XIIIe dynastie et à la XIVe dynastie de Manéthon, pourraient-ils tenir tous dans un laps de temps d’un peu moins de 100 ans1 ? A cela on peut répondre, en principe, qu’il ne s’agit plus ici de calculer la durée de cette époque d’après la liste des rois et les dates correspondantes, mais bien plutôt de classer ceux-ci dans le court espace de temps qui est maintenant établi. Et c’est tout à fait possible.
J'ai eu déjà l’occasion de faire remarquer que, pour l’intervalle de 193 à 284 ap. J.-C., nous comptons environ quatre-vingts empereurs romains2. Plus d’un se trouve parmi eux, dont le droit d’inscription sur la liste est très problématique; mais ceci n’est pas à considérer, car, de
1. Ou, si l’on veut, 150 ans au plus, dans le cas où ils empiéteraient sur le commencement du temps des Hyksos.
2. Les Script ores historiée Auçjustœ en donnent 66. Il faut en ajouter au moins 11, à répartir dans la grande trouée de Gordien à Valérien. Si la chronologie de ce temps n’était pas bien fixée d’autre part, il faudrait leur attribuer deux siècles au moins, vu que d’importants règnes ont été proportionnellement assez longs; il suffit de nommer Sévère, Caracalla, Alexandre, Valérien, Gallien, Aurélien, Probus. Et qui oserait, par exemple, ne pas donner deux ans entiers de règne au persécuteur Décius?
telles figures, il n’en manque pas dans la longue liste du papyrus. On a eu raison aussi de prendre comme terme de comparaison le temps des Mamelucks.
Arrivons maintenant à l’analyse plus détaillée du papyrus de Turin; pour la XIIIe dynastie, il est beaucoup mieux conservé que dans les autres parties; aussi l’analyse des renseignements qu’il fournit doit-elle être le point de départ de l’étude de cette période. Les remarques suivantes demandent comme postulats : longueur normale de la colonne, 400 mm. ; la colonne X de l’arrangement de Seyffarth se met à la fin, derrière la colonne XII.
I. Dans les colonnes VII, VIII, IX (plus exactement numérotées 6-8), pour la plupart des lignes on a des fragments conservés (en règle générale, le commencement ; les premières lignes, on le sait, sont partout entièrement conservées). La colonne VII avait vraisemblablement 30 lignes, les deux autres colonnes 31 lignes. On a conservé :
De la colonne VII1, 27 lignes; manquent 3 » » VIII, 24 » » 7