CXV
Grèce et Orient. — Antigone f
66 ir siècle
dans une assemblée tenue à Tyr en présence de tous les soldats macédoniens et étrangers, et même d'Alexandre , fils de Polysperchon , un instant son allié , fait décréter la guerre contre Cassandre, qui prétend a la suprématie en Europe ; mais en même temps qu'il proclame les Grecs libres, pour affaiblir Cassandre, il s'attribue la régence, comme si Polysperchon avait renoncé à son droit.
Antigone ne quitte pas l'Asie, il n'envoie en Grèce que des lieutenants que le régent Polysperchon et son fils vont combattre , d'accord maintenant avec Cassandre.
(01. civil, 1 ; R. 448.)
■abylonle. — Séleucus, après la victoire qu'il a gagnée à Gaza, avec Ptolémée, sur Démétrius , fils d' Antigone, rentre à Babylone où H reçoit le surnom de Nicator. Commencement de l'ère des Séleucides.
Inde* — Chandragoupta, descendant de quelqu'un des petits chefs du Penjâb dispersés par Alexandre, profite des querelles de ses successeurs pour s'emparer du Pcnjàb d'abord et ensuite de la vallée du Gange; il régnera, après son traité avec Séleucus, sur tout le bassin de l'Indus jusqu'aux Paropamisades.
Rome* — L'héritier d'une famille toujours orgueilleuse et dure pour le peuple, Appius Claudius, qui se perpétue pendant cinq ans malgré les lois, malgré l'opposition du sénat et des tribuns, dans la charge de censeur, élargit les cadres de la cité et répand dans toutes les tribus, avec le droit de suffrage, la masse des œrarii (prolétaires), des libertini (fils d'affranchis), des humiles (ceux qui ne sont rien); il fait entrer des fils d'affranchis dans le sénat. Cette révolution politique atteint la bourgeoisie plébéienne autant que les patriciens. — Appius a construit dans la ville l'aqueduc de son nom et, le premier, a tracé une voie militaire vers la Campanie, la voie Appienne.
(01. mu, 8 ; R. 444.)
Grèce, ftlacédolue et Orient.
— Paix conclue entre les généraux d'Alexandre : 1° Cassandre doit garder l'autorité en Europe avec le titre de généralissime jusqu'à .la majorité du roi Alexandre Aigos; 2° Lysimaque est confirmé dans la possession de la Thrace , son gouvernement depuis douze ans, d'où il inquiétait Antigone dans l'Asie Mineure ; 3° Ptolémée dans celle de l'Égypte et des pays adjacents; 4° le gouvernement de toute l'Asie est assigné à Antigone; 6° la Grèce est déclarée indépendante. Il n'est pas parlé de Séleucus qu'Antigone sans doute comptait dompter, ni de Polysperchon, effacé depuis la mort d'Olympias. — Cassandre tue Hoxane et son fils le roi Alexandre Aigos, et prétend à la suprématie réelle en Europe.
Rome et Etrusques, Namuttes. — Les Sam ni tes entraînent dans la guerre contre les Romains les Étrusques, les Ombriens situés au nord-est, les Herniques aux portes de Rome. Fabius Rullianus va chercher les Étrusques sur leur territoire, au delà de la forêt Ciminienne. Combat de Pérouse.
(01. cxvu, 8.)
Grèce asiatique. — Épicure, à trente-deux ans, enseigne ses idées philosophiques à Mitylèue et à Lampsaque.
Sicile. — Agathocle de Syracuse va porter la guerre contre les Carthaginois en Afrique.
fOl. CXVU, 4.)
macédoine. — Le jeune Hercule, fils naturel d'Alexandre, déclaré roi par Polysperchon , meurt bientôt assassiné par Polysperchon môme, qui a pour complice sou ancien ennemi Cassandre.
IV* SIÈCLE AVANT J. C
(01. ami! 1.)
Kgypte et Grèce* — Ptolémée d'Ëgypte, pour forlifler sa puissance maritime, se montre sur les côtes d'Asie Mineure, en Carie, dans les Cyclades, à Andros, arrive jusqu'à l'isthme de Corinthe, se fait livrer par la veuve d'Alexandre, fils de Polysperchon, Corinthe et Sicyone.
(01. CKVltt, 1.)
Grèce. — Démétrius Poliorcète, fils d'Antigone, prétend contre Cassandre à la domination de la Grèce.
H s'empare de Mégare, assiège le port athénien de Munychie, entre dans Athènes, où il renverse le gouvernement aristocratique établi par Cassandre depuis dix ans et donne le pouvoir au peuple. Ignobles flatteries des Athéniens : ils honorent connue des dieux Démétrius et Antigone.
Sicile» — Agathocle, après quatre ans de guerre en Afrique, revient à Syracuse.
(01. cxTiii, 3 ; R. 449.)
Athènes. — Le philosophe Épicure vient, à trente-six ans, se fixer à Athènes où il reste jusqu'à sa mort
Jlacédolne et Orient» — Démétrius Poliorcète gagne , au nom de son père, Antigone, une grande victoire navale sur les forces de Ptolémée devant Cypre. — Antigone prend le titre de roi. Les autres généraux d'Alexandre , Lysimaquc , Séleucus, Ptolémée, l'imitent. Cassandre reçoit des siens le même litre. — Tentative impuissante d'Antigone pour enlever l Egypte à Ptolémée.
Rome. — Le fils d'un affranchi, Flavius, ancien greffier du censeur Appius Claudius, publie le calendrier qui donnait les jours et les heures où on pouvait légalement plaider, et les formules de procédure restées jusque-là dans le domaine de l'aristocratie qui se réservait la connaissance du droit civil et sacré.
(01. cxviu, 4; R. 450.)
Rome» — Flavius est élu par le
peuple à l'édilité curule; il voue un temple à la réconciliation de toutes les classes de la société romaine.
Rome et g a ni ni tes. — Apres la bataille de Bovianum, perdue par les Samnites sur leur propre territoire, les Samnites et les Marses confédérés posent pour quelque temps les armes.
(01. extx, 1; R. 451.)
Rhodes. — La grande ville des Rhodiens, alliés du roi d'Egypte, est assiégée par Démétrius, qui mérite le surnom de Poliorcète , qui assiège les villes.
Rome» — Les censeurs, Fabius Rullianus patricien , Décius Mus plébéien , renferment dans les quatre tribus urbaines composées de ceux qui ne possèdent pas de terres, la masse des affranchis et des prolétaires qu' Appius avait, en 3l2, répandus même dans les tribus rurales où leur nombre leur aurait donné la supériorité sur les riches plébéiens et patriciens. Institution de la revue annuelle des chevaliers passée par les censeurs le 15 juillet.
(01. exix, î.)
Grèce et Rhodes. — Démétrius est forcé de faire la paix avec les Rhodiens. Ils garderont la neutralité entre Antigone son père et Ptolémée. — II va en Grèce combattre Cassandre.
(01. exu, 3 ; R. 453.)
Grèce et Orient. — Démétrius fait la guerre en Grèce contre Cassandre; Antigone contre Lysimaque, en Cappadocc. Pendant ces débats, les conquêtes récentes de Ptolémée, la Syrie, la Phénicie, la Palestine, sont hors de péril. Séleucus arrive de la haute Asie, pour tomber sur Antigone.
IVe SIÈCLE AYANT J. C.
qucs du poêle Philippidès. Après s'être fait initier aux mystères d'Éleusis , il va on Asie rejoindre sou père Antigone.
Orient. — Bataille d'Ipsus en Phryfiie, gagnée par Séleucus et Lysi iliaque , sur Antigone et son fils Déniétrius Poliorcète. Antigone y est tué à quatre-vingt-un ans. Ptoléinéc, l'allié des vainqueurs, partage la domination de l'Orient avec Sélcucus. Celui-ci a la haute Asie et l'Asie Mineure, moins les régions maritimes du nord-ouest qui sont rattachées à la Thrace, royaume de Lysimaque.
La Judée appartient au roi d'Égypte.
— Cassandre n'a pas quitté l'Europe, où il parait être sans rival.
IIIe SIÈCLE AVANT J. C.
APERÇU GÉNÉRAL
Après une longue guerre contre les Samniles , Rome résiste à deux ennemis formidables, à Pyrrhus, roi d'Épire, et surtout à Carthage, ville opulente pourtant, et, grâce à un grand capitaine, Annibal, souvent victorieuse de cette Rome encore désintéressée, pauvre et austère. La première des guerres puniques est un long et sanglant prélude. Dans la seconde, Annibal, traversant l'Espagne et les Pyrénées, la Gaule et les Alpes, accomplit des prodiges qu'on a surchargés d'ornements superflus. Vainqueur au Tésin, à la Trébie, à Trasimène, à Cannes, il s'avance et s'arrête devant Rome consternée. Il est réduit, malgré son génie, à laisser au temporisour Fabius et à l'ardent Scipion les moyens de rétablir les forces romaines par la patience, la persévérance , le courage , et enfin par la victoire de Zama.
Voilà les grandes scènes de ce siècle : car il n'y a plus de Sparte ni d'Athènes. Les principes de liberté se sont réfugiés chez les Achéens : co peuple , jusqu'alors assez obscur, inspiré par Aratus, vole au secours des villes asservies, prodigue ses biens et son sang pour les affranchir, n'exige rien d'elles, et se croit assez récompensé s'il les voit heureuses. L'ambition de Cléomène , qui ne se contente pas de faire revivre à Sparte les institutions de Lycurgue,
Rome. — Les charges du sacerdoce sont les dernières de toutes les magistratures partagées entre les patriciens et les plébéiens; les plébéiens auront quatre places de pontifes, cinq d'augures. Égalité complète des deux ordres. Les plébéiens même sont seuls éligibles au tribunat qui a servi à conquérir tous les droits.
(01. exix, 4; R. 45t.)
Athènes. — Démélrius, comblé d'honneurs divins par le peuple d'Athènes, avait , sur la proposition du démagogue Stratoclès, reçu pour demeure le Partliénon ; plaintes comi-
IIIe SIÈCLE AYANT J. C. G9
détruit l'harmonie entre les Grecs. Aratus , pour échapper à la su» prématie lacédémonienne , jette la ligue dans les bras de la Macédoine; et Philippe III croit pouvoir, avec cette alliance d'une partie de la Grèce, embrasser la cause d'Annibal.
La multitude des petits rois, successeurs d'Alexandre, fatigue l'attention : un peuple de monarques encombre l'histoire; les scènes se multiplient, les catastrophes se pressent sans profit pour les nations. En Égypte seulement les Ptolémées, en Asie les princes de Pergame, s'efforcent de recueillir les débris de la littérature et des arts d'Athènes. Euclide, Ératosthène, Apollonius de Perga, illustrent l'école d'Alexandrie. Syracuse revendique Archimède qui les a tous surpassés. La gloire des poètes est moins éclatante : l'obscur roman du Chaldéen Lycophron , les longs récits du Rhodien Apollonius signalent la décadence d'une littérature que les hymnes de Calli* maque et les idylles de Théocrite ne parviennent pas à ranimer. Cependant Ennius et Plaute commencent à Rome une littérature nouvelle : Ennius, dont nous ne pouvons apprécier la rudesso et l'énergie que par un petit nombre de fragments; Plaute, auquel il ne manqua peut-être pour devenir le premier comique do l'antiquité qu'un goût délicat et pur, trop incompatible avec les mœurs et le langage des Romains de son temps.
Rhodes. — Charcs, de Lindos, une des villes de Pile de Rhodes , et son compatriote Lâchés, ont construit et mis en place le fameux colosse de Rhodes, énorme sialucd airain massif, élevée sans doute en l'honneur d'Apollon. Le colosse , haut de soixante et dix coudées*' trentetrois mètres), avait les pieds posés sur deux môles qui formaient rentrée du port; les plus gros vaisseaux pouvaient passer à pleines voiles entre ses jambes.