saint Marc
Borne.- Après avoir fait tuer sa »o"»e.-- Néron ordonne la mort
femme Messaline , mère de Britan- d Octavie, sa sœur d'adoption et sa
nicus et d'Octavie, dont la vie a été ïemme*
un long outrage à l'honneur de son *4.
sexe, Claude épouse sa nièce Agrip- Borne. — Néron se donne le
pine, qui avait déjà eu un fils de Cn. spectacle de l'incendie de Rome ; les
Domitius Abéuobarbus, Néron. chrétiens, accusés d'avoir mis le feu
à la ville, sont pour la première fois
ÔU' persécutés par un édit impérial.
«adée. — Vif dissentiment entre
les principaux chefs de l'Église nais- °°*
saute: plusieurs voulaient que les Inde ct Chine. — Lutte san-
geniils, ou infidèles, qui embrassaient glante entre les sectateurs de Bouddha
la foi évangélique, fussent astreints et ceux de Brahma. — Introduction
aux usages prescrits par la loi de officielle de la religion bouddhique
Moïse. — Premier concile chrétien dans l'empire.
lenoJi Jérusalem où la prédication Borne.— La conjuration de Pison
de l'Évangile avait commencé et où entraîne la mort du poète épique
saint Pierre se trouvait alors. Cinq Lucain, auteur de la Pharsale, et
apôtres y assistent: saint Pierre, saint du philosophe Sénèque, précepteur
Jean, saint Jacques, saint Paul, saint de Néron, dont la vertu est justement
Ier SIÈCLE APRÈS J. C.
suspectée, puisqu'il avait fait l'apologie du meurtre d'Agrippine.
Arménie. — Un frère du roi des Parthcs Vologèsc , Tiridatc, après dix années d'hostilités avec le général de l'empire Corbulon , vient recevoir à Home la couronne d'Arménie des mains de Néron.
Judée. — Les rapines et les violences des gouverneurs romains poussent à la révolte la nation juive; quoique affaiblie par les rivalités religieuses et politiques de ses chefs, elle soutiendra pendant quatre ans les efforts de Rome.
Rome. — Néron ordonne le supplice de l'apôtre saint Pierre et de saint Paul, a Rome : saint Paul, citoyen romain, est décapité; saint Pierre, Juif, meurt comme Jésus- Christ, sur la croix (juin). Succession non interrompue d'évéques sur le siège de saint Pierre à Rome. — Les sénateurs Pœtus Thraséas et Baréa Soranus, censeurs du gouvernement et des crimes domestiques de Néron, sont condamnés par le sénat à mourir.
Rome. — L'ordre de mourir est envoyé par Néron à Corbulon, le plus grand général de l'empire, qui revenait d'Asie après de glorieuses guerres contre les Parthes.
Rome. — Après la révolte des légions de Gaule et d'Espagne, le sénat ose déclarer l'empereur ennemi public. Néron se fait tuer en disant : « Quel grand artiste le monde va perdre ! » R est le dernier des empereurs appartenant par adoption à la famille de César; et Galba est le premier prince élu par les légions hors de l'Italie. 11 a soixante-douze ans.
Gaule, Cermanle, Orient, Borne. — Au milieu de l'anarchie Uont ne profitent pas longtemps f empereur Othon , élu à Rome par
les prétoriens contre Galba qui est tué, ni l'empereur Vitcllius, proclamé par les légions du Rhin, Vespasien, fils d'un citoyen obscur de Réate, est le premier empereur élu par les légions d'Orient, en Égypte, en Judée et en Syrie. — Révolte des Bataves , qui habitent les lies du Rhin près de son embouchure, sous la conduite de Civilis, de quelques peuples gaulois, trévires et lingones, avec Sabinus, le mari d'Éponine. Les rivalités des peuplades entre elles feront avorter la guerre d'indépendance.
#udée, Rome. — Titus, lieutenant de son père l'empereur Vespasien, termine la guerre de Judée. — Destruction de Jérusalem par les Romains , après un siège de sept mois qui coilte la vie à six cent mille Juifs ; le temple est incendié malgré les ordres de Titus (septembre). Les Juifs ne se relèveront plus comme nation ; toutes les prophéties sont accomplies. — Un des généraux juifs qui avait commandé dans cette guerre , Flavius Josèphe, en sera l'historieu.
parthcs. — Le peuple asiatique des Alains se jette sur l'empire des Partîtes dont il dévaste deux grandes provinces, la Médie et l'Arménie : le roi Yologèse sera même réduit à demander à Vespasien un de ses (ils pour le mettre à la téle de ses armées contre les barbares.
Rome. — Supplice odieux de Julius Sabinus ordonné par l'empereur neuf ans après la pacification de la Gaule : Éponine veut partager le sort de son mari. — Vespasien ramène la moralité dans l'administration intérieure, remet l'ordre dans les finances; mais réprime par l'exil et la mort l'audace de langage que de vertueux amis de la liberté hasardent dans le sénat.
Italie. — Pendant le court règne
I€r SIÈCLE
de Titus, Ois aîné et successeur de Vespasien, commence la première éruptioo connue du mont Vésuve, Tolcan de Campanie , qui engloutit tterculanum et Pompéia ; ie naturaliste Pline l'Ancien est une des vie- Urnes de cette catastrophe.
Rome. — L'ouvrage de Pline, une véritable encyclopédie sous le litre d'Histoire naturelle , contient de l'histoire, de la géographie et un abrégé des sciences naturelles en un langage souvent élégant mais d'un éclat prétentieux.
Chine. — Pan-Tchao, général de l'empereur Ho-Ti, fait une grande expédition à l'ouest de l'empire.
Rome. — Deux fléaux, l'incendie et la peste. L'incendie engloutit le Capitole, endommage le Panthéon, la bibliothèque d'Auguste, le théâtre de Pompée, etc. — Le Cotisée ( on l'a appelé longtemps Colossée), médité par Auguste, commencé par Vespasien, achevé sous Titus , est le plus graud amphithéâtre de Rome et de l'univers ; ses ruines excitent encore l'admiration. Plus de cent mille spectateurs pouvaient y voir à Taise tour à tour des combats de l'arène et des naumachies. — Le groupe de Laor.oon , ouvrage des statuaires Agésandre, de Rhodes, Athénodorc, son fils, et Polydore, peut-être contemporains de Vespasien, ornait les bains de Titus, où il a été retrouvé en 1501.
Rome. — Domitien, qui régnera quinze ans, fait regretter son frère et son père : toutefois, si les crimes des mauvais princes atteignent surtout les chefs de l'aristocratie, le despotisme ne s'étend pas autant sur la masse des sujets.
Rome et pai-thea. — Un faux Néron trouve crédit auprès du roi des Partlies, qui se sert de ce nom pour effrayer l'empire romain.
APRÈS J. C. 141
Rome et Grande-Bretagne.
— Àgricola , beau-père de l'historien Tacite, qui est depuis 78 en Bretagne, complète la soumission des Bretons jusqu'aux monts Grampians.
Rome et Races. — Les Daces quittent leur pays au nord du bas Danube, pour se jeter sur la province romaine de Mœsie. Domitien achètera d'eux une paix honteuse.
Hum. — Division des Hiong-Nou ou Huns en deux branches : une partie reste , au nord-est de la Sogdiane, tributaire de la Chine; les autres marchent vers l'Occident.
Rome. — Sous Domitien, seconde persécution impériale contre les chrétiens, à l'occasion de la capitation établie pour la reconstruction du temple de Jupiter Capitolin, qu'ils ne voulaient pas payer. Domitien n'épargne pas sa femme ni un neveu de Vespasien; la persécution dure pendant trois ans.— Les philosophes n'étaient pas tolérés plus que les chrétiens; Dion Chrysostome a fut chez les barbares et le stoïcien Epictete en Épire.
Rome. — Supplice de l'apôtre saint Jean ; il ne périt pas dans les tortures. Exilé à l'Ile de Palhmos, au sud-ouest de Samos , il y écrit son ouvrage mystique intitulé l'ipocalypse.
Rome. — Le règne de Nerva commence une période heureuse pour l'Humanité, l'âge d'or des Romains, qui durera presqu'un siècle, jusqu'à lainortdcMarc Aurèle(18(>) :
on l'appelle le siècle des Antonins.
Rome. — L'Espagnol Trajan , adopté par Ncrva, sera, pendant son
142 Ier SIÈCLE APRÈS J. C.
règne de dix-neuf ans, un des raeil- après la mort de Domitien. C'est
leurs princes de l'empire. Il laisse qu'il a composé son Evangile, qui
le sénat gouverner, et semble n'être contient une exposition . complète
lui-môme, dans la paix comme dans des dogmes du christianisme. — Les
la guerre, que le premier citoyen quatre Évangiles de saint Matthieu,
d'une république. Il avait entendu à saint Marc, saint Luc, saint Jean, et
Rome, sous Domitien, les leçons de les Épitres des apôtres, maintiennent
philosophie du Grec Plutarque, his- l'unité de la foi, au milieu des dissl-
torien et moraliste. dences et des hérésies qui naissent
. nn du désir d'interprétations philosophi-
1 wu* ques, et que renouvellent pendant des
orient. — Mort de l'apôtre siècles l'ignorance ou l'orgueil des
saint Jean à Éphèse, où il est revenu chefs de sectes.
APERÇU GÉNÉRAL
Les quatre-vingts premières années sont remplies par le règne de quatre bons princes, que l'adoption porte successivement sur le trône : Trajan, Adrien, Antonin et Marc Aurèle. La puissance extérieure de ces princes est affermie par des conquêtes ou par la répression énergique des excursions de barbares qui passent le Danube. Rien encore avant le règne de Commode n'annonce la décomposition prochaine de l'empire romain. Trois mois après Commode, qui rappelle Domitien, les prétoriens mettent à l'encan la pourpre des Césars. La famille syrienne commence avec Septime Sévère, guerrier célèbre , despote odieux.
Le platonisme envahit le siècle des Antonins : on appelait ainsi alors un mélange de la métaphysique et de la morale de Pythagore, de Zénon et de Platon. Cette philosophie devenait une sorte de religion, de superstition même; car la divination, la magie, l'astrologie , toutes les sciences occultes commençaient à s'y rattacher, entraînaient les imaginations vives et séduisaient quelques-uns des meilleurs esprits. Embrassée, secondée par les Antonius, elle modifiait à certains égards la religion populaire, l'ancien paganisme ; elle abolissait les sacrifices humains et ce qui semblait trop licencieux ou trop immoral dans le culte de quelques divinités.
Le goût pour la littérature grecque fit tort peut-être aux lettres latines. La décadence do l'art d'écrire est sensible. A l'exception du roman d'Apulée, du recueil très-utilo d'Aulu-Gellc, des abrégés
!!• SIÈCLB APRÈS J. C. 143
de Florus et ae Justin; et de la vie d'Alexandre par Quinte Corce; attribuée à cette époque, le 11e siècle ne nous a laissé que des livres grecs, la rhétorique d'Hermogène, les harangues d'Hérode Atticus et d'jEIius Aristide , les écrits philosophiques do MarcAurèle, de Maxime de Tyr, de Sextus Empiricus, le traité des songes d'Artémidore, les traités de tactique de Polyen et d'Arrien, les ouvrages historiques du même Arrien, ceux d'Appien , lo voyage de Pausanias en Grèce, la géographie et l'astronomie do Claude Ptolémée, la médecine de Gallien, le recueil mal composé, mais plein de curieux détails, d'Athénée; les divers ouvrages do Lucien de Samosate qui, après avoir été sculpteur, avocat, rhéteur, greffier ou préfet en Égypte , a fini par être le meilleur écrivain et l'un des hommes les plus éclairés de son siècle; savant et sceptique, épicurien et malicieux, il eut ce qu'il faut de raison et d'esprit pour avoir le droit d'être satirique : il n'a ménagé ni les nouveaux philosophes ni les anciens dieux. Plutarque vécut encore de longues années dans ce siècle.
Les égarements du platonisme tentèrent même des chrétiens qui allièrent des rêveries d'imagination aux dogmes de la religion et à l'interprétation des livres sacrés ; c'est ce qui donna naissance aux hérésies, surtout à celle des gnostiques. Combattu par les philosophes , par les prêtres païens et par les Juifs , persécuté par les empereurs, le christianisme se répandait cependant dans l'Asie Mineure, en Grèce, à Alexandrie, à Rome, dans les Gaules, s'introduisait dans toutes les classes de la société et jusqu'au sein des écoles et des sectes philosophiques. Les chrétiens n'ont pas encore d'historiens, mais ils ont déjà des écrivains et des apologistes : Athéoagore , Justin, Tatien , saint Irénée et même saint Clément d'Alexandrie qui , avant Tan 200, avait commencé sa laborieuse et honorable carrière.
iOl. Rome. — Lettres célèbres de
Pline le Jeune , proconsul eu Bythi-
Rome et Dacle^-Trajan , pour nie, et de Trajan , au sujet des chré-
penétrer dans la Dacie , au nord de tiens. Pline ne les croit pas coupables;
la Mœsie , franchit le Danube et va en même temps il avertit son maître
attaquer leur roi Dercébal sous les f|U'j|s deviennent de jour en jour
murs de sa capitale, Sarmizégétliusa. pius nombreux. L'empereur no veut
402? pas qu'on les recherche pour leur
religion , mais qu'où punisse ceux
Chine. — Le général Pan-Tchao, qui se présenteraient; il défend de
qui a soumis toutes les provinces à recevoir des dénonciations anonymes, l'occident de la Chine, veut attaquer
l'empire romain; les Parthes l'en 1U4,
détournent. Rome et Daeie.— Forcé de reve-
nir contre les Daces, Trajan construit un pont de pierre sur le Danube et assure ainsi les communications entre les terres romaines et la Dacie , dont il fait une province après la mort de Dcrcébal, 106. — Quoique conservée peu de temps par les Romains, la Dacie gardera des traces impérissables de leur puissance et de leur civilisation ; la langue latine est encore le fond de l'idiome moldo-valaque.
Rome et Arable. — Un lieutenant de Trajan , Cornélius Palma , soumet une partie des Arabes voisins de la Palestine, qu'aucun conquérant n'a domptés.
nome. — On place vers cette époque la troisième persécution impériale contre les chrétiens. Si Trajan n'a rendu contre eux aucun édit nouveau, en qualité de souverain pontife et de chef de l'État, il a ordonné ou permis l'exécution des lois contre ceux qui introduisaient de nouvelles religions et tenaient des assemblées secrètes. Il faisait punir ceux qui , accusés, s'avouaient chrétiens devant les tribunaux. Cruauté exercée envers l'évéqu* d'Antioche, saint Ignace.
nome.— Érection de la Colonne trajane, sur l'emplacement d'une montagne haute de cent quarantequatre pieds, qui est aplanie au niveau du sol. Elle est creuse, construite en marbre blanc, surmontée d'une statue dorée de l'empereur : le fût de la colonne porte un bas-relief continué en spirale qui représente tous les faits de la guerre, avec deux mille cinq cents figures hautes chacune de deux pieds, et fait ainsi connaître les armures , les usages militaires des Romains et des barbares.
Borne et Arménie. — Trajan , frité contre les Partbes qui ont dis-
APRÈS J. C
posé sans son consentement du royaume d'Arménie , fait en personne la conquête de ce pays , qui devient province romaine.
ne.
Borne et Par the*.— Trajan pénètre dans le royaume des Parthes, prend Nisibe et la capitale nouvelle, Ctésiphon , sur le Tigre, fondée par le prédécesseur du roi Khosroes.
Scythe*.— Les Scythes, ou Yue- Ti, établis au nord de l'Oxus, secouent le joug des Chinois. Bientôt ils s'étendront jusqu'à l'Indus.
r Rome.— Mort de Trajan en Cilicie, à Sélinonte.— Adrien, parent de Trajan qui l'a adopté, vient d'Antioche se faire proclamer par les soldats ; le sénat confirme cette nouvelle élection impériale.
Rome et Parthes. — Vainqueur des Parthes, Trajan navigue sur l'Euphrate et le Tigre, jusqu'au golfe Persique, qu'il parcourt tout entier.
11 dépose le roi Kbosroès avant de reveuir vers l'Asie occidentale.
Rome. — Adrien ne sacrifie pas l'honneur et les vrais intérêts de l'empire ; s'il a choisi la paix , il s'est tenu toujours prêt à faire la guerre.
Ses voyages, pendant treize ans de son règne, témoignent d'une surveillance active et éclairée portée sur toutes les provinces. Il préside à tous les grands travaux d'utilité ou d'embellissement; mais, dans ses goûts d'artiste , il fut jaloux jusqu'à la cruauté: il bannit, puis fit mourir l'architecte Apollodore , qui avait blâmé un de ses dessins de temple.
Rome et Parthes. — Le roi des
Parthes, Khosroès, est rétabli par Adrien; l'Euphrate servira de limite aux deux empires. La politique du nouveau prince est de resserrer les frontières trop étendues par Trajan au delà de l'Euphrate, comme du côté du Danube.
Rome. — Un resc rit d'Adrien défend de faire mourir les chrétiens sans accusation juridique ; les persécutions cependant commuèrent.
Rome. — Le jurisconsulte Salvius Julianus dresse V e'dit perpétuel qui doit servir de règle fixe dans l'administration des provinces, au lieu de Tédit du préteur qui variait pour chaque province et tous les ans.— Les esclaves, pour la première fois, sont protégés par les lois : rendus justiciables des tribunaux , ils échappent aux arrêts arbitraires et cruels de leurs maîtres. Les ergaslula sont fermés.
Rome. — La mort du favori de l'empereur, le bel Anlinoûs de Bithynie, tourne indirectement au profit des arts : un temple est élevé on son honneur, des médailles et des stalues multiplient son image. — C'était 1 ■ temps où se montrait avec le plus de fini et de pureté le style grécoromain qui est cependant une première décadence : les sculpteurs de celle époque donnent à la téte humaine des cheveux très-travaillés, des cils relevés, des pupilles indiquées par un pli profond.
Rome. — Travaux astronomiques et géographiques de Ptolémée. — Sa géographie est un tableau élémentaire, mathématique, où la figure et la grandeur delà terre et la po ition des lieux sont déterminées, la division des pays n'est qu'indiquée. — En astronomie, dans l'ouvrage intitulé Almageste , il a donné son nom au système qui suppose la terre immobile, tandis que le soleil, les J>lanètcs, les astres tournent autour d'elle. Il a fallu des siècles pour que la science détruisit une opinion qui était si conforme à l'apparence.
Borne et Judée.— La construction d'^Klia Cdpitolina, ville impériale et païenne, bâtie sur les ruines de l'ancienne Jérusalem, cause un immense soulèvement et une lutte désespérée qui coûte la vie à cinq cent quatre-vingt-deux mille Juifs. La dispersion commence ; elle dure encore.
Judée. — ITKglise de Jérusalem, gouvernée jusqu'ici par des Juifs convertis qui joignaient à la profession de foi du christianisme plusieurs pratiques de la loi de Moïse, commence à avoir pour évéques des gentils. — Comme après la répression de la dernière insurrection juive, toute la nation des Juifs, sans excepter ceux qui avaient embrassé le christianisme, a été bannie de la Judée, et que la nouvelle Jérusalem, jElia Capitolina , est interdite aux Juifs, le mosaïsme s'efface, pour laisser en présence l'idolâtrie et la foi chrétienne.
Rome. — Mort d'Adrien. Ses cendres sont placées dans un vaste mausolée de inarbre de Paros qu'il avait fait construire de son vivant :
on l'appela alors le môle d'Adrien ; il est devenu le château Saint-Ange , situé à l'est de Rome. — Adopté par Adrien et reconnu pour son successeur, Antonin le Pieux fut le plus sage , le meilleur, le plus aimé des princes. Ses contemporains l'appellent le Père du genre humain. On lui reproche d'avoir fait décerner les honneurs divins à son prédécesseur Adrien, à sa femme Fausline, seconde Messaline, et d'avoir persécuté les chrétiens.
Syrie. — C'est sous Antonin le Pieux que fut construit le temple immense du soleil â Héliopolis (Baalbek), en Syrie, dans la vallée qui sépare le Liban de l'Antiliban. Les ruines de Baalbek sont les plus belles ruines connues. La plate-forme sur laquelle a été construit le temple de lîaal ou du soleil (r(>,co;, d'où Héliopolis) est faite de pierres de vingt mètres de
ne siècle Arnts j. c.
long, élevées, même aujourd'hui, audessus du sol d'environ dix mètres. II reste encore debout un grand nombre de colonnes : six ont plus de vingt mètres de haut, et sont couronnées de chapiteaux élégants supportant des frises.
Grèce asiatique. — Lucien, né à Samosate en Cappadoce, renonce, vers l'âge de quaranté ans, a de frivoles succès de rhétorique déclamatoire pour appliquer à la philosophie son bon sens et la verve de son esprit : ses satires , qui ne ménagent pas les chrétiens, sont plus mordantes contre les systèmes dérisoires des philosophes et les dieux impuissants du paganisme.
Rome. — A la mort d'Antonin , Marc Aurèle et Vérus, frères d'adoption , régnent ensemble , mais sans faire un partage territorial de rempire , sans avoir deux capitales , ni deux administrations séparées.
Rome et Parthes. — Pour venger les dévastations de l'Arménie, l'empereur Vérus fait attaquer les Parthes par ses généraux, surtout par l'habile Avidius Cassius, pendant cmq ans. — La Mésopotamie restera aux Romains.
Rome. — Malgré les apologies de la fol nouvelle qu'Aristide et Justin ont présentées à Adrien et à Antonio, Marc Aurèle, empereur et philosophe, cédant aux sophistes , rend un édit de persécution contre les chrétiens ; c'est la quatrième.
Chine et Rome. — Après quatre années de voyage , arrive en Chine par Jé-nan , c'est-à-dire par le Tonklng, au nord-est de la péninsule Indo-chinoise, la première ambassade
qui ait été envoyée chez les Chinois par An-thun, roi du Grand-Thsin ou empire romain. Ce roi An-thun ne peut être, d'après M. Abel Rémusat , que l'empereur Antonio. — Jusqu'à cette époque les Asi, peuples de la Boukharie , à l'est de la mer Caspienne , qui vendaient leurs propres étoffes aux marchands du Grand-Thsin, interdisaient aux Chinois, par jalousie, les chemins vers l'occident , et leur cachaient les moyens qui pouvaient favoriser les rapports directs entre les deux empires.
Rome et Germanie. — Toute la frontière du nord est ébranlée par le premier déplacement des peuples barbares entre le Danube et la Baltique, les Marcomans, les Sarniates- Roxolans, les Quadcs, les Jazyges, les Vandales, etc. Le Danube franchi , ils s'avancent par la Pannonie et rillyrie jusqu'à Aquilée, cl sont difficilement repoussés par les deux empereurs. — Bientôt meurt Vérus : Marc Aurèle règne seul depuis 1C9.
Rome et Mareomaus. — Les
Marcomans reparaissent sous les murs d'Aquilée. L'empereur est réduit à armer, pour les combattre, des esclaves et des gladiateurs. Il poursuit les barbares jusque dans leur pays.
Itlarcotnans, Rome. — Tradition chrétienne touchant la légion fulminante, composée de chrétiens,, qui aurait sauvé par ses prières l'année de Marc Aurèle engagée sur le territoire des Marcomans.
Grèce. — Le Voyage en Grèce de Pausanias est précieux pour le géographe, pour l'artiste, pour l'historien des temps primitifs du monde grec.
11e SIÈCLE APRÈS J. C.
Orient, Borne. — Porté a l'empire par les légions de Syrie qu'il commandait depuis longtemps, Avldius Cassius périt de la main d'un de ses soldats, pendant que Marc Aurèle venait pour le combattre.
Gaule, Rome.— A Lyon, plusieurs chrétiens témoignent et meurent pour la foi, entre autres le vieil évéque saint Pothin : au milieu des persécutions, ils avaient écrit au pape, évéque de Rome, contre l'hérésie des montanistes, hommes austères et enthousiastes, mais déviant de la droite ligne de l'Église.
Bretagne. — Un chef breton, Lucius, envoie, suivant Bède, demander au pape Eleuthère des missionnairse pour ses sujets.
Ethiopie. — Le prêtre Panténus, cathéchiste d'Alexandrie , porte le catholicisme dans l'Ethiopie, où il trouve, dit-on, déjà connu l'évangile de saint Matthieu.
Rome. — La philosophie stoïcienne a inspiré à Marc Aurèle les belles maximes de son ouvrage sur lui-même (elç éavTov), qui égale le Manuel d'Ëpictète. — L'empire a pour maître, pendant treize ans, un monstre. Commode, fils de Marc Aurèle, qui tombe dans les derniers excès de la cruauté, de la dépravation et de la folie. 11 sera gladiateur, comme Néron a été histrion; il voudrait anéantir jusqu'au nom de Rome. Avec lui finit le siècle des Antonins. — Il commence son règne par une transaction honteuse avec les Marcomans et les Quades, pour n'avoir plus à faire la guerre.
Borne et mareoniang — Marc Aurèle , rappelé vers le Danube par les incursions des Marcomans , fait de Garnuntum en Pannonie sa place d'armes. 11 meurt au milieu de la guerre ou à Sirmium sur la Save, ou a Vindobona (Vienne) sur le Danube.
tao.
Borne. — Les conspirations irritent la cruauté de Commode. 11 ne sait même pas protéger contre une émeute populaire l'affranchi phrygien Cléandre , avare et cruel , élevé par lui à la préfecture du prétoire après que le préfet Pércnnis eut été, en 186, massacré par des soldats mécontents.
Bretagne , lllyrle , Borne et H y rie. — A Commode assassiné £ décembre 192) a succédé Pertinax.
Les prétoriens tuent Pertinax au bout de trois mois et mettent l'empire à l'encan. L'enchère est emportée par Didius Julianus; mais, de même qu'après Néron, les soldais proclamèrent Galba, Vitellius et Vespasien, les légions de Bretagne , de Syrie et dillyrie nomment empereur Albinus, Pescennius Niger etSeplimc Sévère. Julianus n'a pas, comme Othon, qui était aussi l'élu des prétoriens , l'honneur d'une mort volontaire. Les sénateurs le font égorger à l'approche de Septime Sévère, qui seul des trois prétendants se hâte de se faire reconnaître à Rome.
Orient , Parthes et Bonté. —
Pescennius Niger, que les légions de Syrie avaient proclamé, vaincu trois fois en Asie par Septime Sévère, est tué dans sa fuite : sa tétc est envoyée au sénat de Rome. Ses soldats , redoutant la vengeance de Sévère , se retirent chez les Parthes auxquels ils apprennent l'usage des armes romaines.
Orient et Borne. — Byzance, une des plus grandes et des plus florissantes villes de l'Orient , que défendaient de fortes murailles et des tours , soutient trois ans de siège contre Septime Sévère , môme après la mort de Niger, pour qui elle s'était déclarée : elle sera ruinée presque entièrement.
Gaule et Rome.— Àlbintis, qu'avaient salué empereur la Grande- Bretagne et la Gaule, reconnu môme comme César par Seplime Sévère, perd ensuite contre ce prince, une grande bataille près de Lyon , après laquelle il se tue.— Sanglantes représailles de Sévère contre les partisans d'Albinus en Gaule, en Grande- Bretagne et à Rome où il fait trembler et décime le sénat.
PRES J. C
PaHlieM et Rome. — Seplime Sévère marche contre les Partîtes, qui avaient été les alliés de son compétiteur Pcscenuius Niger; il prend Séleucic, Babylonc cl Ctésiplion.
Afrique. — Tertullien , docteur de l'Église, publie V Apologétique , ou défense du christianisme : on l'a surnommé le Bossuct de l'Afrique.
IIP SIÈCLE APRÈS J. C.
APERÇU GÉNÉRAL
Le m* siècle se remplit de catastrophes. On y compte plus do soixante personnages qui ont diversement obtenu, conquis, usurpé, porté enfin , soit successivement, soit simultanément, le nom d'empereurs romains. Depuis Septime Sévère jusque sous Dioctétien, une suite déplorable d'intrigues obscures, d'ambitions viles, d'émeutes populaires, de tumultes militaires, désole Rome, affaiblit l'empire et n'est guère interrompue que par le règne du jeune et courageux Alexandre Sévère. Les formes honteuses du despotisme oriental s'introduisent dans l'Italie avec les dieux syriens : Rome même cesse d'être la résidence des maîtres du monde. La nécessité de la défense contre les barbares envahisseurs, contre les peuples rebelles donne naissance à la tétrarchie de Dioclétien qui prépare le partage territorial de l'empire.
L'une des plus grandes révolutions de cet âge est celle qui met fin à la dynastie des rois parthes ou arsacides et qui rétablit la puissance des Perses. La dynastie des Sassanides défend, agrandit, tyrannise l'empire asiatique , et survivra aux Césars de l'Occident.
Au sein des désordres qui affligent et épuisent l'empire romain , on cultivait une science qui devrait servir à les réprimer, qui souvent les dissimule et les éternise, la jurisprudence. Jules Paul, Modestin, Papinien , Uîpien , recherchaient les principes des lois anciennes et amassaient les matériaux des législations modernes.
Les autres éludes languissaient; la littérature grecque, quoique la
plus active, ne se continue que par les médiocres ouvrages d'Élien et des deux Philostrate , par ia métaphysique de l'obscur Plotin et du pythagoricien Porphyre, par les notices de Diogène de Laërte sur les anciens philosophes, par les élégantes mais peu judicieuses histoires d'Hérodien, par les annales du crédule et partial Dion Cassius. Le traité de Longin, sur le sublime, peut sembler le plus précieux monument de cet âge. En latin, les églogues de Calpurnius et de Némésianus; les froids panégyriques, qu'à l'exemple de Pline le Jeune composèrent Mamertin et Eumène; quelques vies d'empereurs romains, par Lampride ou Sparlien [Histoire Auguste); l'opuscule de Solin sur la géographie; celui de Censorinus, qui fournit des notions précieuses sur la chronologie technique, attestent la décadence de la langue et l'énervement des esprits. Mais cet âge produit un traité de l'art de la cuisine par Apicius !
II se formait un nouveau genre de littérature qui devait bientôt absorber tous les autres. Saint Clément d'Alexandrie et Origène, en grec; Tertullien, saint Cyprien et Arnobe , dans la langue latine un peu dure et barbare , mais souvent pleine d'énergie et d'éclat qu'on parlait en Afrique, défendaient ou commentaient les dogmes de l'Évangile, les opposaient à la philosophie d'Athènes, ou s'appliquaient à les concilier avec elle. Saint Clément était un philosophe chrétien, orthodoxe, mais inclinant au platonisme: dans ses ouvrages, surtout dans le recueil qui porte le titre de S/romates ou tapisseries , l'histoire des sciences et des traditions de l'antiquité se mêle à celle des premières hérésies. Beaucoup de docteurs, en entreprenant de défendre les vérités évangéliques, par trop de zèle contre l'hérésie, devenaient hérétiques. Les sectes se multipliaient : la Trinité, l'Incarnation étaient faussement interprétées. Le YÎeux système des deux principes s'introduisait dans plusieurs églises, rajeuni et développé par Manès, de qui les manichéens tiennent leur nom. Au milieu des sectes, des partis, des factions même, le christianisme se propageait, tantôt favorisé ou toléré, tantôt persécuté par les empereurs qui se succédaient rapidement et qui, toujours mal affermis, ne pouvaient avoir, ni en matière religieuse, ni presque en aucune autre, une politique constante et une conduite uniforme. L'ancien paganisme était incapable de se relever du discrédit où il était tombé; les philosophes cherchaient d'autres dogmes , et déjà ils s'attachaient moins à contredire ceux du christianisme qu'à les modifier, à les expliquer, à les concilier avec les doctrines de Pythagorc et de Plalon : ils s'appelaient éclectiques (choisissants); mais Us faisaient effort pour maintenir la mythologie et la liturgie païennes. Le platonisme étant alors la
IIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
base de toute philosophie, des chrétiens comme saint Clément et Origène pratiquaient l'éclectisme aussi bien que les païens Plotin et Porphyre.
Borne. — Un édit de Septime Sévère commence la cinquième persécution impériale contre les chrétiens ; elle dura le reste de son règne.
Rome. — La préfecture du prétoire est donnée par Septime Sévère au jurisconsulte Papinien qui, avec Paul et Ulpien , aident le prince à la réforme de l'administration.
Bretagne et Rome. — Septime Sévère, après deux années do guerre contre les Bretons rebelles et les barbares qui habitent au nord des monts Grampians , construit une grande muraille pour séparer ses conquêtes du reste de l'île.
Bretagne et Borne.— Septime Sévère, que ses deux fils accompagnaient dans la Grande-Bretagne, meurt au nord de la province, à York:
Caracalla avait voulu hâter sa fin par une tentative de parricide. — Caracalla devient empereur avec son frère Géta.
Borne et Syrie.— L'origine syrienne de la femme de Septime Sévère, Julia Domna, a fait donner le nom de Syriens aux princes de sa race.
Borne. — Quand Caracalla a tué son frère Géta dans les bras de leur mère, le jurisconsulte Papinicn , préfet du prétoire, refuse de faire l'apologie du meurtre; il lui en coûte la vie. — Caracalla ordonne l'apothéose de son frère, suivant l'usage
impérial. — L'édlt de l'empereur Caracalla qui étend le titre et les privilèges de citoyens romains à tous les sujets de l'empire, n'est qu'une mesure fiscale : les charges qui pesaient sur les citoyens sont ajoutées aux charges des provinciaux.
Egypte. — L'affreux massacre de toute la population d'Alexandrie suffirait pour mériter à Caracalla le surnom de Destructeur des hommes.
Parthc* et Borne. — Rapide campagne de Caracalla contre les Parthes jusqu'à Arbelles. Une perfidie lui avait donné l'entrée dans leur pays.
Borne. — Assassinat de Caracalla
par Macrin , préfet du prétoire qui lui succède.
Borne et Parthea. — Macrin ,
après une sanglante bataille, engagée deux jours de suite, fait une paix honteuse avec les Parthes.
Borne et Syrie.— Les légions de Syrie proclament empereur Bassien Élagabal ou Héliogabal, qui était d'origine syrienne, par sa mère Soémias et son aïeule Julia Domna.
Prêtre du soleil, il en introduisit le culte à Kome avec toutes les cérémonies et les fêtes dépravées de l'Orient. — 11 est le premier qui ait porté un habit tout de soie : profusion d'or et d'argent, de pierreries et 4e parfums. — Des danseurs et des barbiers ont les charges de l'Ëtat; l'empire est gouverné par un sénat de femmes.
Chine. — Le vingt-cinquième roi de la famille Hanr, Hien-Tl, est renversé et remplacé par Thao-lie-Wang, qui fonde une dynastie nouvelle, la sixième ; cette dynastie, Tchéou-Han, ne donne que deux empereurs. — Démembrement de la Chine en trois royaumes.
Perses. — Le Perse Artaxerxès ou Ardschir, fils de Sassan , attaque le roi des Parthes, Artaban V. Après deux batailles gagnées sur lui , il s'emparera , Tan 22" , du trône et fondera la dynastie des Perses Sassanides, sur les ruines de celle des Pannes Arsacides; il prendra le titre de grand roi , ou roi des rois , rétablira la religion des mages, et presque toutes les institutions des anciens Perses, dont il espère reconstituer le vaste empire.
Rome. — Alexandre Sévère n'a que quatorze ans, quand la mort d'Héliogabal, son cousin, tué dans une sédition de prétoriens, le porte a l'empire. — Sa mère Mammée, son aïeule Mœsa , lui apprennent à gouverner avec sagesse.
Rome. — Pendant trois jours , ténèbres et tremblement de terre à Rome. — Alexandre forme un conseil de jurisconsultes, Uipicn, Paul , iElius Marcianus , Hermogène , Callistrate, Modestin, et Yénuléius, réformateurs zélés des anciennes lois, mais ennemis du christianisme.
Partîtes et Perses. — Troisième et dernière victoire du Perse Artaxerxès sur le Parthc Artaban qui est tué. Fin des Arsacides qui ne régnaient réellement plus depuis trois ans.
Rome. — Le jurisconsulte 111pien, préfet du prétoire, est tué sous les yeux mêmes de l'empereur par les soldats mutinés, qu'irrite son esprit «le justice et d'utile rigueur.
^*ypt«. — L'évéque d'Alexandrie, alarmé des opinions du célèbre prêtre et docteur Origène, le dé»
pose du sacerdoce et l'excommunie.
D'autres Églises prirent la défense du savant chrétien.
Rome. — Alexandre Sévère continue honorablement son règne, occupé de sages réformes et d'études philosophiques; il a composé un ouvrage sur : Les Règles pour bien vivre. Tout païen qu'il était, il plaçait dans son lararium ou oratoire, les images de ceux qu'il appelait des bienfaiteurs de l'humanité, celles de Jésus-Christ, d'Abraham et d'Orphée.
Rome et Perses. — Trois armées romaines sont dirigées par Alexandre contre Artaxerxès, qui a réclamé tout l'héritage des anciens rois de Perse. — Après une campagne mal conduite et stérile, elles reviennent mutinées à Antioche.
Rome. — Alexandre Sévère périt en Gaule victime de la violence et de la cupidité des soldats; ils font empereur un Goth , né en Thrace, Maximin, surnommé le Cyclope, le Phalaris du monde romain. — Depuis la chute des princes syriens, les ar niées disposent souverainement de l'empire.— Sixième persécution contre les chrétiens.
Rome. — Le sénat a un instant d'énergie et ose prendre l'initiative de la rébellion contre le tyran Maximin ; mais les deux empereurs de son choix, Maxime Puppien et Balbin, sont bientôt tués par les prétoriens qui n'ont pas concouru à l'élection.
Rome. — Le jeune empereur Gordien III doit à son préfet du prétoire Misithée, habile et désintéressé, ses succès contre les Perses,
IIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
et la fermeté et l'éclat de son gouvernement.
Rome et Francs. — Première apparition des Francs , peuple germain, sur les terres de l'empire; Ils sont vaincus près de Mayence par le tribun légionnaire Aurélien.
Rome. — Un Arabe , préfet du prétoire, Philippe, prend la place de sa victime Gordien III. — S'il n'est pas prouvé qu'il était chrétien, on sait du moins qu'Origèue. lui a adressé plusieurs écrits.
Rome. — Célébration de jeux magnifiques pour le millième anniversaire de la fondation de Home.
Rome. — Meurtre de l'empereur Philippe; il est remplacé par Décius.
— Le nouveau prince rétablit la censure; il ordonne contre les chrétiens la septième persécution.
Afrique et Rome. — Le pape Corneille, élu après seize mois de vacance au milieu de la persécution, est reconnu par le concile de Cartilage, que soutient le zèle de l'évêque Cyprien. — Le concile statue sur les apostats et sur les tombés [lapsi) qui ont adoré l'idole pour é\itèr la mort.
Rome et oothfi. — Décius est le premier empereur qui ait à combattre 1rs Goths, venus dans la Mresie par le Danube. Il meurt dans celle guerre. Gallus lui succède.
Afrique ot Rome. — Novat, prêtre d'Afrique , devient schismalique.
— Novaticn, prêtre de l'église de Rome, se met en opposition avec le pape Corneille et se fait consacrer éveque de Rome : c'est le premier antipape.
Afrique. — Saint Cyprien, dans
un nombreux concile tenu à Cartilage, fait reconnaître la nécessité du baptême pour les enfants, à cause du péché originel.
Rome. — Ëmilien succède a Gallus et est tué par ses soldats (août). Valérien le remplace.
Afrique. — Une assemblée de soixante-cinq évêques d'Afrique, de Numidie, de Mauritanie, d'un grand nombre de prêtres, et du peuple confirme la doctrine de saint Cyprien, touchant l'invalidité du baptême donné hors de l'Eglise catholique ( 1er septembre). — Ce débat passionne les Eglises d'Afrique et d'Asie; le pape saint Etienne et l'évêque d'Alexandrie y ont pris part.
Rome. — Huitième édit de persécution contre les chrétiens, rendu par Yalérien.
FergeA et Rome. — La trahison d'un magistrat d'Antioche donne accès dans l'empire au filsd'Artaxerxès, Schahpour 1er; il s'empare sur sa roule de Carrhcs, de Nlsibe, surprend Antiochc et Césarée de Cappadoce, qu'il saccage et incendie; au retour, il fait subir le même sort à Ëmèse de Syrie.
Aille et ooths. — Le temple magnifique d'Kphèse, qui depuis l'incendie Tausé par Erostrate, en 35G, avait été rebâti , orné de colonnes de marbre de Paros, décoré de statues et de peintures de Scopas, d'Apelle, de Praxitèle, de Parrhaslos, est détruit dans une invasion des Goths.
I»er««ei* et Rome. — L'empereur Yalérien tombe vivant entre les mains des Perses; il mourra en captivité.
Rome. — Son fils Gallien, indolent, prodigue et cruel, ne peut empêcher les provinces d'élever a l'empire les chefs des armées. — .
IIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Époque ana reluque des Trente tyrans, de 200 à 268; plusieurs de ceux qui prirent la pourpre y associèrent leurs fils, leur femme, ou leur mère. — Gallien interdit aux sénateurs l'usage de l'épée et les fonctions militaires.
«aale. — La Gaule profile du désordre général du monde romain, pour s'isoler de l'empire : obéissant tour à tour à Poslhumus, 261 à 267 ; a Victorinus et à sa mère Victorina, 367 à 2G8 ; à l'armurier Marins, 26X ; au sénateur Tétricus, gouverneur d'Aquitaine. 268 à 273; elle ne rentrera qu'après douze ans sous la loi commune de l'empereur Aurélien. — Ses chefs l'ont, pendant ce temps, défendue contre les barbares qui voulaient passer le Rhin.
Orient. — Le général de l'empire, Odcnath, qui s'est fait prince de Palmyre dans l'Arabie syrienne, n'ayant pas obtenu par ses présents l'amitié de Schahpour, le repousse au delà de l'Euphrale, reprend Carrhes, Nisibe, la Mésopotamie, et assiège Ctésiphon.
Chine. — Chi-tsou-wou-ti commence la septième dynastie, celle des Tçin ; il comprime les rébellions, maîtrise la Chine entière; mais en s'abandonnent ensuite au repos et a la mollesse, il prépare les troubles des règnes suivants. Celte dynastie durera plus de cent cinquante ans.
Syrie. — Paul de Samosatc, évê- Que d'Antioche, qui pour complaire à la reine de Palmyre, Zénobie, femme d'Odenath , que l'empereur Gallien vient d'associer au titre d'auguste, avait faussé le sens de la doctrine chrétienne et altéré plusieurs dogmes, surtout celui de la Trinité, est appelé devant un concile tenu à Antioche même. Son faste, ses mœurs déréglées, scandalisent les fidèles autant que sa fausse doctrine.
Orient. — Après l'assassinat d'Odenath, sa femme Zénobie garde le pomoiren Orient pendant six ans.
La possession de l'Egypte mettait à sa merci les populations affamées de l'Occident.
Rome.— Gallien est assassiné au siège de Milan.
Coth« et Borne. — Le nouvel empereur Claude H, d'origine illyrienne, refoule les Gotiis qui étaient venus piller la Tliracc, l'Asie Mineure et la Grèce; il mérite le surnom de Gothique , mais meurt l'année suivante de la peste. Aurélien lui succède.
Syrie. — La décision d'un nouveau concile d'Antioche condamne Paul de Samosatc, qui nie la divinité de Jésus-Christ, à perdre son siège épiscopal. Il se maintiendra néanmoins dans sa dignité tant que sera puissante la reine de Palmyre, sa protectrice.
Perse. — Schahpour, second roi de la nouvelle dynastie persique, est assassiné par les satrapes. — Il avait adopté pour résidence Gandi-Schahpour, ou ville de Schahpour, sur les ruines de Persépolis, appelée encore Lapetha , ou Elymaïs. Ctésiphon et Séleucie perdent l'importance qu'elles avaient sous les rois parlhcs. Les nouveaux rois s'éloignent de la frontière romaine pour se rapprocher des provinces centrales de l'Asie. — Sous ce règne a paru l'hérésiarque Manès, versé dans les sciences naturelles et dans la philosophie ; il fil un mélange de la doctrine des mages et de celle des chrétiens.
Rome , Racle et Col h*. — L'empereur Aurélien , Pannonicn d'origine, consent à ce que lesGoths s'établissent dans la Dacie , autrefois conquise par Trajan. — Le nom de Dacie d'Aurélien est donnée à une partie de la Mcesie au sud du Danube.
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perse. — Le Perse Manès, qui s'était réfugié sur la terre romaine pour échapper à la persécution , ayant été convaincu publiquement de mensonge par un évêque de Mésopotamie, rentre en Perse et obtient la faveur du roi Hormisdas; mais il périt par l'ordre de son successeur, Varane ou Bahram l*r, qui le fait écorcher vif. — Ses sectaires effrayés se répandirent dans les régions de l'Inde, et dans l'empire romain.
Rome. — Neuvième persécution contre les cli ré tiens. — Aurélien déplace les limites de l'enceinte sacrée, du Pomœrium de Rome, et entoure de fortifications la ville agrandie. Le premier, il ccinten public le diadème, comme les rois de l'Orient.
Rome, Gaule et Orient. — L'unité de gouvernement est rendue à l'empire par la chute de Tétricus en Gaule, par les défaites multipliées et la captivité de Zénobie, reine de Palmyre. Tous deux sauvent honteusement leur vie en livrant à l'empereur Aurélien, l'un son armée qui fut détruite dans les plaines de Châlons, l'autre son conseiller, le philosophe Longin, qui périt au milieu des supplices. — Ruine de Palmyre : ses magnifiques débris.
Rome et Germanie. — Les Alamans , peuple germain , pénètrent en Italie jusqu'en Ombric.
Rome. — Après Aurélien qui était mort assassiné, mais victime d'une haine privée, interrègne de sept mois; le sénat et l'armée se renvoient l'élection. Le vieillard Tacite, personnage consulaire, choisi par le sénat, accepté par les soldats, n'en périra pas moins de leurs mains en 276. — Son court règne a rappelé celui des meilleurs princes.
Rome. — Les soldats , après la mort violente de Tacite , choisissent Probus, né à Sirmium en Pannonie.
APUÊS J. C.
Rome et Germanie. — Le nom
de Probus est resté à la longue muraille fortifiée, qui, du Rhin au Danube, de Mayencc à Neubourg, fermait les terres Décumates à l'invasion germanique. Probus en effet fit achever ces travaux commencés depuis le règne d'Auguste.
Francs. — Les Francs obtiennent de l'empereur Probus des établissements dans les Gaules.
Rome. — L'admission des barbares dans les légions affaiblit l'esprit militaire et ruine la discipline.
Perses et Rome. — L'énergique réponse faite aux députés perses par Probus, qui se dirigeait vers l'Iùiphrate après la soumission des Blemmyes d'Egypte, décide la paix.
Perses et Rome.— Probus venge la majesté romaine de nouveau outragée , en prenant Ctésiphon.
Rome. — Probus qui dans l'intervalle des guerres employait ses soldats à des ouvrages de culture, particulièrement en Égypte, en Gaule, en Pannonie, périt victime d'une rébellion de l'armée, qui desséchait par son ordre les marais de Sirmium, sa patrie. — Le préfet des gardes, Carus, reçoit l'empire auquel H associe ses deux fils Carin et Numérien, avec le titre de césars.
Perses et Rome. — L'empereur Carus meurt pendant la guerre contre les Perses.
Perses et Rome.— L'empereur Numérien conclut avec les Perses un honteux traité, au retour il est assassiné par son beau-père, Arrins Aper. — Le meurtrier périt de la maiu du Dalmate Dioclétien) qui se
IIIe SIÈCLE
fait proclamer par Tannée, à Chalcédoine, en face de Byzance.
Gaule. — Insurrection des habitants des campagnes, provoquée par les excès de la fiscalité impériale :
ces paysans, les Bagaudes, tiendront téle souvent aux armées romaines.
Rome. — L'empereur Carin, fils aîné de Carus, n'est pas longtemps un obstacle pour Dioclétien : après une défaite, il est assassiné par quelques-uns des siens, -en Mœsie. Dioclétien est seul empereur.
Borne. — Dioctétien partage volontairement le titre d'auguste avec le Pannonien Maximien, qu'il charge d'abord de réduire les Bagaudes. — Dioclétien a pris le titre de Jupiter; Maximien reçoit celui d'Hercule.
Bretagne et Borne. — Carausius, devenu de pilote chef de la flotte impériale, s'étant fait proclamer dans la Grande-Bretagne, force Dioclétien, qui n'a plus de vaisseaux pour le combattre, à légitimer son usurpation. — 11 mourra par une trahison privée en 294.
Gaule et Germains. — Terres Létiques données en Gaule à des Francs moyennant la charge du service militaire, à des Balayes, des
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Teutons et des Suèves; ils seront cultivateurs et soldats.
Borne. — Dioclétien, impuissant contre les révoltes de la Gaule, de la Bretagne et de l'Êgypte, contre les attaques des barbares sur toutes les frontières, n'a pas assez d'un collègue. 11 crée deux césars, Constance Chlore, pour l'Occident, et Galérius, pour l'Orient; tous deux d'origine illyrienne. — Les césars seront de droit les successeurs des augustes.
La tétrarchie qui fractionne l'administration impériale et établit un ordre régulier de succession, n'entraîne pas le morcellement du territoire romain.
Bretagne. Kgrypte, Perses et Borne. — Dioclétien livre l'Êgypte aux proscriptions pour extirper le germe de la révolte d'Achilléus , qui a été maître cinq ans d'Alexandrie. Maximien Hercule ramène sous le joug cinq villes de Libye. — Un lieutenant de Constance Chlore finit la guerre avec le meurtrier et le successeur de Carausius, usurpateur en Bretagne. — Dioclétien recueille par le traité de Nisibe le fruit des guerres heureuses de Galérius contre les Perses; les limites d'Orient ne seront jamais portées plus loin, les Perses cédaient outre la Mésopotamie cinq provinces transtigritanes.
APERÇU GÉNÉRAL
Les peuples barbâres no cessaient d'attaquer l'empire , qui se maintenait cependant, parce qu'on avait étouffé Tune des causes intérieures des révolutions, en détruisant la puissance des préfets du
IVf SIÈCLE ANIÈS J. C.
prétoire et des généraux chargés des grands commandements; parce que les troupes romaines conservaient par leur discipline et leur expérience une grande supériorité sur leurs grossiers adversaires ; enfin parce que ceux-ci, attirés seulement par l'espoir du butin, ne songeaient guère à faire des conquêtes et à former des établissements. Le partage de l'administration impériale, opéré depuis Dioctétien, était, sous les princes faibles, favorable à l'invasion : l'unité de puissance, rétablie par Constantin, qui cependant en construisant Conslantinople a préparé lo démembrement définitif de l'empire, cette unité maintenue encore par Constance, par Julien, par Théodose, fait place aux désordres d'une double cour corrompue. Les Goths pénètrent dans les provinces romaines. Un barbare, né chez les Vandales, des femmes, des ennuques, éclipsent la race dégénérée de Théodose lo Grand , sur les trônes d'Orient et d'Occident.
Atteint d'une dernière persécution formidable par Dioclétien (ère des martyrs), adopté par Constantin, qui changea par là le système politique du monde, ébranlé par Julien l'Apostat, affermi par Théodose , le Christianisme occupe au iv* siècle une plus grande place dans l'histoire. Déjà d'innombrables sectes le divisent : Apollinaire veut que Jésus-Christ ne soit qu'un Dieu ; Arius, qu'il ne soit qu'un homme; Macédonius conteste la divinité du Saint-Esprit; les pélagiens nient la nécessité de la Grâce; les donafcistes soutiennent que refficacitédessacrementsdépend de la foi de ceux qui les administrent; les priscilliens mêlent au manichéisme quelques rêveries des astrologues et des gnostiques. Deux conciles, qu'on nomme œcuméniques ou généraux, se tiennent, l'un à Nicée contre les ariens (325), l'autre à Constantinople contre Macédonius et Apollinaire (384).
Pour préparer, soutenir ou contredire les décrets de ces assemblées, on écrit en grec, en latin, des gloses, des sermons, des vers, des invectives, des histoires. On distingue, entre les théologiens latins de ce siècle, Lactance, d'une diction pure et souvent élégante ; saint Hilaire de Poitiers; saint Ambroise, évêque de Milan, dont les trois livres sur les devoirs, imités du de Officiés de Cicéron, forment le premier traité de morale universelle qui ait paru dans l'Église ; Rufin ; saint Jérôme, qui a traduit et commenté la Bible, recueilli des histoires , écrit un grand nombre d'épîtres, réfuté les opinions théologiques de ceux qui torturaient les dogmes, sans leur épargner quelquefois les invectives. Le poè'te Prudence a mis son imagination au service do la cause chrétienne. Mais saint Augustin l'emporte sur les Pères de l'Église latine par l'étendue de ses travaux,
par leur importance, par le talent qui embellit plusieurs de ses livres et la science qui les enrichit. Sa Cité de Dieu sera le plus grand monument littéraire du V siècle dont il parcourt encore vingt-neu! ans.
Parmi les Grecs, Eusèbe, Fauteur d'une Chronique, a montré plus d'érudition que de talent et de véritable science, il est suspect d arianisme. La vie de saint Athanase d'Alexandrie a été fort agitée : tour à tour condamné et absous par des conciles, exilé et rappelé par les empereurs, ses ennemis ne lui ont pas laissé le temps de composer un grand ouvrage. Saint Cyrille de Jérusalem est effacé par saint Basile et par saint Grégoire de Nazianze, que leurs écrits recommandent autant que leur amitié. Saint Jean Chrysostome (bouche d'or) est le plus éloquent des Pères. Son patriotisme apostolique lui mérita les persécutions d'une cour détestée, qui s'appuyait du nom du faible et vicieux Arcadius, indigne héritier de Théodose en Orient.
A côté des imposants monuments de la littérature sacrée, on aperçoit à peine les productions contemporaines de la littérature que les écrivains chrétiens appellent profane. Celle-ci nous présente encore dans la langue latine le poëte Ausone, le grammairien Donat, Servius commentateur de Virgile, les mélanges critiques de Macrobe, les lettres de Symmaque, la Tactique de Végèce; Ammien Marcellin historien qui ne manque pas d'habileté ; Aurélius Victor, auquel on attribue un aride abrégé d'histoire; Eutrope, abréviateur plus exact et plus méthodique. La littérature grecque redevient féconde et variée mais sans puissance; on cite les romans de Longus, quelques travaux de grammaire, de rhétorique, de mathématiques et de médecine. Libanius et l'empereur Julien sont des littérateurs philosophes. Jamblique essaye d'éclaircir les doctrines mystérieuses du néoplatonisme. Cependant il n'existait plus de philosophie profane qui dominât généralement les esprits ; le platonisme du ii# siècle, devenu éclectique au me, se confondait le plus souvent au ive avec le christianisme.
Plusieurs de ces écrivains ont habité Constantinople qui devenait, après Athènes et Alexandrie, la troisième métropole de la littérature grecque.
503 et sanglante, car elle dure de 303 à
313, cette persécution a fait donner à £mplre romain. — Dixième et l'époque de Dioctétien, le nom d'ère dernier édit impérial de persécution des martyrs. — Constance Chlore, géuérale contre les chrétiens. Longue marié à Hélène, femme chrétienne,
IVe SIÈCLE APRÈS J. C
et Constantin après lui l'adouciront pour la Gaule. — Les violences commencent à Nicomédie, résidence impériale (23 février).
Rome. — Après le triomphe des deux augustes Diociétien et Maximien, Home n'est plus le séjour des empereurs. Elle ne perd cependant pas son titre et ses privilèges de capitale. Maximien réside à Milan, Diociétien à Nicomédie en Bithynie.
Afrique. — Onze ou douze évêques de Numidie, qui tous étaient coupables d'avoir livré les saintes Écritures pendant la persécution , réunis à Cirta, se donnent réciproquement l'absolution du crime de tradition.
Empire romain. — Abdication, le môme jour, de Diociétien à Nicomédie, de Maximien à Milan ; les deux nouveaux augustes, Galérius en Orien t et Constance Chlore en Occident, acceptent chacun un césar. — Diociétien acheva sa vie en philosophe dans sa magnifique villa de Salone, sa terre natale, en Dalmatie ; Maximien, à deux reprises encore, revêtit la pourpre impériale.
Empire romain. — A la mort de Constance Chlore, son fils Constantin reçoit des légions de Bretagne et de Gaule le litre d'auguste.
— Les prétoriens à Rome portent à l'empire Maxence, fils de Maximien, qui prend Maximien, son père, pour collègue. — Mais Sévère, le césar d'Italie et d'Afrique est nommé auguste par Galérius; enfin, Maximin Daïa, parent de Galérius, est le césar d'Orient. — L'empire a six maîtres à la fois.
Eranca. — Deux chefs francs, captifs de Constance Chlore , sont jetés aux bétes dans l'amphithéâtre de Trêves.
Italie , Orient. — Prompte chute de l'empereur Sévère ; enfermé dans Ravenne , il est livré à Maximien qui le fait tuer. — Galérius qui vient de perdre un allié dans Sévère proclame auguste son ami Liciuius.
Gaule. — Maximien, vieillard chagrin et ambitieux, est suspect tour à tour à son fils Maxence et à son gendre Constantin. Celui-ci, menacé par lui , le force à se tuer dans Marseille.
Empire romain. — Mort de Galérius, des suites de ses débauches. — 11 n'y a plus que quatre empereurs, alliés deux contre deux, Constantin avec Licinius, Maxence avec Maximien Daïa.
Afrique. — Donat, évéque des Cases-Noires, en Numidie , s'élève contre l'élection épiscopale de Cécilien, à Carthagc, comme ayant été faite par des traditeurs; il entraîne soixante et dix évéques, tt fait procéder à une nouvelle élection : c'est l'origine du schisme des Donatistes.
Italie. — Apparition, suivant Kusèbe, d'une croix lumineuse avec cette inscription : Hoc signo vinces ( tu vaincras par ce signe), qui décide Constantin à faire placer la croix de Jésus-Christ sur l'étendard, le labarum qu'on portait devant lui dans les combats. — Vainqueur, en Italie, de Maxence, qui meurt après trois combats, il entre dans Rome, mais ne va pas célébrer son triomphe au temple païen du Capitole. — La garde prétorienne qui avait fait si souvent des empereurs est abolie. — L'époque de la victoire de Constantin sur Maxence, qui est aussi celle de l'Église sur le paganisme , commence une nouvelle ère : ère de Vindiction.
L'indiction, période de quinze années, est une base très-imparfaite de chronologie ; elle n'a été employée que plus tard, et surtout par les auteurs ecclésiastiques.
Empire romain. — Dioctétien meurt obscurément dans sa retraite de Salone, Tannée où Constantin et Licinius , son allié en Orient qui a vaincu Maximin, publient à Milan le premier édit en faveur des chrétiens. Mais Constantin conserve le titre et les pouvoirs de souverain pontife ; il ne persécute pas les idolâtres. 11 ne sera baptisé qu'au moment de mourir.
Rome. — Le pape Melchiadc, dans un concile tenu à Rome, condamne l'évôque de Numidie, Donat, et déclare absous l'évôque élu par les traditeurs à Carthage, Cécilien.
Empire romain. — Les deux empereurs, Constantin et Licinius qui avait épousé la sœur de Constantin, arment l'un contre l'autre. Guerre en Pannonie et cnThrace. Constantin affaiblit mais n'abat pas son rival qui continue à régner. Paix pour neuf ans.
Gaule. — Concile d'Arles, convoqué pour tout l'Occident par ordre de Constantin, pour mettre fin au schisme des donatistes et reconnaître la validité du baptême donné hors de l'Église catholique.
Les canons du concile sont adressés au pape Silvestre.
Italie. — Les donatistes d'Afrique, frappés dans le concile d'Arles, en appellent à l'empereur qui les fait condamner de nouveau à Milan (octobre).
Empire romain. — Constantin et Licinius , augustes d'Occident et d'Orient, donnent chacun a un de
leurs fils le titre de césar ; ils continuent ainsi la tétrarchie essayée par Dioclétien, et y ajoutent le principe d'hérédité.— Les deux jeunes princes moururent avant leurs pères.
^**yp*«. — Arlus, prêtre d'Alexandrie , commence à troubler l'Église par son ambition et par ses doctrines hérétiques; il nie l'unité de substance divine entre les trois personnes de la Trinité, et prétend que la nature du Christ est, non de la môme substance que Dieu, mais d'une substance analogue.
Rome. — Constantin fonde la puissance civile de l'Église en lui accordant la faculté de recevoir des donations et des legs avec le droit de possession à perpétuité, en transportant aux prêtres chrétiens les privilèges dont jouissaient les pontifes du paganisme , en autorisant la création de tribunaux ecclésiastiques pour juger les différends des chrétiens ; les clercs ou ministres de la religion sont exempts de la torture judiciaire. Repos du dimanche prescrit.
— Sous l'influence de la foi chrétienne, adoucissement du sort de l'esclave : affranchissements encouragés; maisons d'asile et d'hospitalité pour les pauvres, les enfants, les vieillards; lois plus sévères sur le mariage.
Empire romain. — Après neuf ans de paix intérieure, employés par Constantin aux soins de l'administration et à la guerre contre les Goths, rupture entre Constantin et Licinius ; Licinius est battu en Thrace, près d'Andrinople et de Byzance, forcé de se remettre aux mains du vainqueur et d'abdiquer.
— Constantin est seul maître de tout l'empire.
Empire romain. — Licinius, accusé de rébellion, est étranglé.
IVe SIÈCLE APNÈS J. C.
Perse. — Constantin reçoit a sa cour un prince fugitif de Perse, Hoimisdas, frère aîné de Scliahpour II, qui se fait chrétien; il rendra de grands services aux Romains dans leurs guerres contre la Perse.
Empire romain et Rome. —
Deux cent soixante-quinze ans après le concile de Jérusalem, qui est considéré comme le premier concile œcuménique, l'empereur Constantin fait assembler le second concile général à Nicée, à peu de distance de Nicomédie sa capitale. Le concile présidé, au nom du pape Silvesire, par Tévéque de Cordoue. Osius, assisté de deux prêtres, condamne l'hérésie d'Arius, fixe le dogme catholique par le symbole dit de Nicée, et arrête la discipline ecclésiastique dans vingt canons ou règles générales. — Il décide que la célébration de la Pâque aura toujours lieu le dimanche qui suit le quatorzième jour de Ja lune de l'équinoxe du printemps. — Le siège épiscopal de Jérusalem est déclaré siège apostolique et honoré de la primalie pour l'Orient. — L'empereur menace de la déposition et de l'exil ceux qui n'accepteraient pas le symbole.
Empire romain. — Constantin ordonne la mort de son fils aîné, Crispus, sur les fausses accusations «l'une marâtre, Fausta, puis celle de Fausta, reconnue enfin criminelle.
11 fait mourir le jeune Licinius.
Perse. — Malgré les instantes prières de Constantin, Scliahpour II persécute les chrétiens de la Perse.
Constantlnople. — Rome, délaissée déjà par les prédécesseurs de Constantin, ne pouvait convenir, à cause de ses souvenirs républicains et de ses dieux du paganisme, au prince qui fondait l'organisation monarchique et faisait du christia-
nisme la religion privilégiée. Commencement de la construction (L»
la seconde Home, a Byzance, qui commande l'entrée du Rospliorc de Thrace, à l'extrémité de l'Europe, eu face de la côte d'Asie : elle retint le nom de son fondateur, Constant!nople. Elle aura le titre et les privilèges d'une capitale. Les empereurs y résideront.
Egypte. — A la mort de saint Alexandre , évéque d'Alexandrie , saint A th. maso, tin des plus influents docteurs du concile de Nicée, lui succède.
Syrie. — Depuis 331, pendant trente ans, le siège de l'importante Église d'Antioche est occupé par des ariens.
Orient. — Dans le concile de Césarée en Palestine , les ariens attaquent ouvertement saint Atlianase, évêque d'Alexandrie.
Empire romain. — Constantin , partageant d'avance l'empire entre ses trois fils, et leur associant, comme césar, un de ses neveux, dénature le principe de la tétrarcliie de Dioclélien. — Les partisans d'Arius obtiennent pour lui la faveur de Constantin . en soumettant au prince une profession de foi équivoque, qu'accepte aussi le concile de Jérusalem. S.iint Athanase est banni dans les Gaules.
Orient. — Arius, l'hérésiarque, meurt subitement pendant les délibérations du concile de Constantinople où les eusébiens de Nicomédie et de Césarée , en Cappodoce, voulaient forcer l'évéque saint Alexandre de le recevoir à la commuuion.
IVe SIÈCLE APRÈS J. C.
Empire romain. — Constantin meurt, près de Nicomédie, après avoir reçu le baptême des mains d'Eusèbe', évéque de cette ville, qui fut un des principaux défenseurs des ariens. — lia créé ou complété après Diocléticn la division administrative de l'empire en quatre grandes charges civiles, sous le nom de préfectures du prétoire; nouvelle composition des corps de milice, les légions sont réduites; des litres de noblesse sont conférés en dehors de l'exercice des charges; organisation du système fiscal qui pèse surtout sur la bourgeoisie des villes et des campagnes, sur les curiales. — Constantin dispose de l'empire comme d'un patrimoine entre ses trois fils et deux neveux.
Perses et Romains. — Schahpour II réclame les provinces traustigritanes.
Ksypte-— Saint Athanase est rappelé à Alexandrie après la mort de Constantin. 11 doit , dans sa longue carrière , être plusieurs fois déposé et rétabli sur son siège, selon les chances qui favorisent ou abaissent les ariens.
Constantlnople. — Eusèbc , évéque de Béryte en Phénicie, puis de Niconiédie, chef de la faction arienne, se fait donner par les hérétiques de son parti le siège de Consianlinople qui sera souvent disputé entre un évéque catholique et un évéque arien.
Empire romain. — La mort de Constantin H laisse encore à l'empire deux fils de Constantin I", Constant, et Constance : pendant dix ans, les provinces occidentales ont pour empereur Constant, dévoué à la cause catholique ; l'Orient est à l'arien Constance.
Perse. — Commencement d'une
persécution de quarante ans contre les chrétiens.
Orient. — Au concile d'Antioche les évéques ariens fort nombreux font accepter une profession de foi équivoque. — Un canon du concile dit en parlant des clercs schismaliques : « S'ils continuent de troubler l'Eglise qu'ils soient réprimés par la puissance extérieure comme séditieux. » 11 fait appel au bras séculier.— Les ariens disposent du trône épiscopal d'Alexandrie, qui appartient à saint Athanase.
Rome. — Le pape Jules, qui a accueilli avec générosité saint A thanaso, réunit un concile a Rome où l'évê, que d'Alexandrie est complètement justifié des calomnies des ariens, de même que l'évéque d'Ancyre et celui de Gaza. 11 adresse, au nom des cinquante évéques présents , une lettre pleine de grands sentiments, et d'éloquente vérité aux Orientaux, qui avaient d'abord demandé le concile, et qui ont ensuite refusé d'y venir.
orient et Rome. — Le concile de Sardique en Dardanie, au nord de la Macédoine , composé presque eu nombre égal d'évéques d'Occident et d'évéques d'Orient, rend encore témoignage des vertus épiscopalcs de saint Athanase d'Alexandrie. Huit évéques ariens sont déposés et excommuniés. On ne fait pas de nouvelle profession de foi : celle de Nicée suflit. — La minorité du concile, hostile au pape Jules et a Athanase , qui comprend quatre-vingts évéques d'Orient, réunie à Philippopolis, en Thrace, au sud-est de Sardique, les excommunie l'un et l'autre.
Perses et Romains. — Constance, en guerre depuis dix ans avec Schahpour II , perd la bataille do
IVe SIÈCLE APRÈS J. C
Singara , dans la Mésopotamie ; cependant Nisibe résiste aux Perses.
Gaule. — Quand meurt l'empereur d'Occident Constant, la Gaule se donne pour maître, aux dépens de la famille de Constantin, Magnence qui compromet la sécurité de cette province par ses prétentions sur toutes les provinces occidentales. — Lutte de trois ans contre les partisans du dernier survivant des aïs de Constantin, Constance.
Empire romain. — Constance, après la chute de Magnence en Gaule, après la mort violente de Gallus, son neveu qu'il avait créé seul césar, est maître de l'empire.
Empire romain, Gaule et Germains. — Un Franc , Syivanus , maître de la milice , tout-puissant auprès de Constance , ne résiste pas longtemps à la tentation de la pourpre ; il est empereur quelques mois en Gaule. — Julien, neveu de Constance, est arraché aux études de l'école d'Athènes, pour exercer les fonctions de césar en Gaule; il était alors encore chrétien de nom. 11 défendit la province contre les invasions des Germains , surtout contre les Francs.
Italie et Rome. — Trois cents évôques d'Occident et d'Orient, dont beaucoup ariens , sont réunis à Milan par l'empereur Constance, qui y présente vainement une profession de foi arienne. Si le plus grand nombre consent à la condamnation nouvelle de saint Athanase, la résistance de saint Eusèbe de Verceil, de Lucifer de Cagliari en Sardaigne, de Denis de Milan , du diacre envoyé par le pape Libère, de Libère lui-même que Constance a fait venir à Milan, - préserve l'Eglise du dernier scandale, de la soumission volontaire en matière de foi et de discipline ecclé-
siastique à l'autorité temporelle.
Ils sont exilés et menacés de mort.
Pendant l'exil du pape Libère, qui dura au moins deux ans, le peuple de Rome fuit un antipape, le diacre Félix.
Orient. — La rivalité de puissance soulève un vif débat entre l'évoque de Jérusalem Cyrille et Acacius de Césarée, en Palestine, justement suspect d'arianisme.
Francs. — Le césar Julien autorise les Francs Saliens, qui ont été chassés de la Batavic par les Quades, à rester dans la Toxandrie, partie du Brabant.
Rome. — Les ariens tout-puissants dressent un nouveau symbole dans le concile de Sirmium, et donnent à Constance le titre de roi éternel qu'ils refusent au fils de Dieu.
Le pape Libère a la faiblesse de signer cette formule pour obtenir de rentrer dans Rome, et condamne saint Athanase dont la cause était inséparable de celle de la foi.
Italie et Orient. — Les conciles de Rimini en Italie, près de Ravenne, et de Séleucie en Syrie, réunis en même temps, l'un pour l'Occident, l'autre pour l'Orient, donnent le spectacle des rivalités intestines des ennemis de l'Église catholique. — L'empereur Constance envoie à Rimini une formule arienne que le pape et quelques évôques refusent d'accepter. — A Séleucie débals des ariens purs et des semiariens. — Saint Hilaire , évêque de Poitiers, alors exilé en Orient, défend à Séleucie le dogme catholique ; saint Cyrille de Jérusalem est justifié des imputations de l'évéque de Césarée, Acacius.
Perses.— Schahnour II se venge de la résistance de Nisibe, par la destruction d'Amida, de Singara, de Bésabde en Mésopotamie,
IVe SIÈCLE
C*n*tantlnople. — Dédicace de l'église de Sainte-Sophie par l'empereur.
Empire romain. — Le césar Jufien est proclamé auguste par l'armée des Gaules; i! commence la guerre civile contre Constance.
Empire romain. — Après la mort de son oncle Constance, Julien Ta solennellement prendre possession de l'empire à Constantinople, il a déjà apostasié : avec lui régnera le paganisme. Édit de tolérance universelle, plus favorable au paganisme qu'à la foi catholique. Comme il rappelle tous les évéques bannis pour leur orthodoxie sous Constance , saint Cyrille rentre à Jérusalem, dont l'évéclïé lui avait été de nouveau enlevé, il interdit les écoles profanes aux chrétiens, s'entoure de philosophes, ressuscite, les pompes de l'idolâtrie.
Dans ses ouvrages il fait la satire de la religion qu'il persécute.
G «aie. — Saint Hilaire, évêque Je Poitiers, rendu à son diocèse, dirige plusieurs conciles de Gaule pour préserver l'Occident de l'hérésie arienne.
Orient. — Mélècc , l'évoque catholique d'Antiochc , qui avait été exilé par l'empereur arien Constance, étant rendu à son église par lVdit de Julien, trouve en possession de son si<;gc un autre évêque, Paulin, qu'avait ordonné Lucifer de Cagliari.
Toute l'église catholique se partage entre les deux compétiteurs, tous u>ux orthodoxes. Le schisme dura longtemps au delà de la vie de Paulin et de Mélèce, auxquels les partis respectifs donucrent des successeurs.
Judée. — L'empereur païen entreprend vainement de relever le temple de Jérusalem, qui ne devait jamais être rebâti.
APRÈS J. C. 163
Orient. — A Alexandrie, saint Aihanasc préside un concile de toute l'Eglise, qui adresse à l'empereur catholique Jovien l'exposition de la vraie foi.
Perses et Rom al nu. — Julien meurt dans une guerre désastreuse contre les Perses : avec lui finit la maison impériale de Constantin. — Son successeur, Jovien, rend aux Perses, par un traité, les provinces transtigritanes réclamées depuis vingt-cinq ans.
Empire* d'Occident et d'Orient. — Le territoire de l'empire romain est pour la première fois partagé en deux empires : Valentinien 1er, successeur de Jovien, garde l'Occident, et donne l'Orient à son frère Valons qui protégera les ariens.
Empire* d'Occident et d'Orient.— Les deux empereurs instituent les fonctions de defensor dans les municipes, pour la protection de tous les intérêts publics et privés.
Orient. — L'évêque arien de Constantinople baptise l'empereur Valons, qui promet solennellement de maintenir la doctrine de l'arianisme. Un édit de Valons renvoie en exil tous les prêtres que Julien avait rendus à leurs églises par son édit de tolérance universelle. — Saint Cyrille de Jérusalem est du nombre des bannis.
Empire d'Occident. — L'empereur d'Occident, Valentinien, fait tuer à Carlhagc le général Théodose, dont les talents contrastent avec les vices et l'impuissance de la cour de Milan. — Valentinien meurt pendant une expédition contre les Quades venus par le Danube jusqu'en lllyrie. — Son fils aîné Gratien, empereur à dix-sept ans, associe au pouvoir suprême un frère de quatre ans, Valentinien IL
IVe SIÈCLE APRÈS J. C
Orient et * lui jçotlm. — Les
Goths, chassas de leur pays par les Huns qui venaient des régions les plus orientales de l'Asie, font demander à l'empereur Vnlens des terres au sud du Danube; leur évéque arien, Ulphilas, est le négociateur du traité qui les établit à la frontière romaine.
Cotitftantlnople. — Saint Grégoire de Nazianze, élève brillant des écoles d'Alexandrie, de Césarée et d'Athènes, qui avait déjà montré les talents et les vertus d'un grand évoque dans l'administration de deux diocèses, est élu, par l'influence de Péveque d'Alexandrie , évéque de Constantinoplc.
Orient et Vlalgoths. — Valens est rappelé des frontières de la Perse pour venir défendre la pro\ince de rijrarc contrs les Goths , que la rapacité impériale a poussés à la révolte. — La victoire sanglante des Goths, à Àndrinople, sur l'empereur d'Orient Valens, inaugure la grande invasion des barbares (août). Valens meurt dans ce combat.
Empire d'Orient. — Après la mort de son oncle Valens, Gratien donne l'empire d'Orient à Théodose, d'origine espagnole , ennemi des païens et des hérétiques chrétiens.
Théodosc bat, intimide ou gagne les barbares. — Il rappelle par un édit tous les évoques exilés.
Rome. — Le pape saint Damase a le premier institué des vicaires du Sainl-Siégc dans les provinces éloignées de Rome; le vicaire était comme le chef de tous les évéques de son vicariat.
Orient. — Le troisième concile général convoqué à Oonstantinople sur la demande de Théodose , présidé au commencement par saint Gré-
goire, condamne tous les hérétiques, surtout Apollinaire qui ne reconnaît pas la nature humaine en Jésus- Ghrist, et Macédonius qui conteste la divinité du Saint-Esprit. — Saint Grégoire, déchu du trône épiscopal de Constaniinople, retourne à Nazianze , sa patrie, dont il gouverne quelque temps l'église; il achè\e sa vie dans la retraite où il cultive encore pendant dix ans les lettres et même la poésie. A Antioche, les catholiques du parti de Mélèce lui donnent pour successeur, aprè3 sa mort, le prêtre Flavieu.
Rome. — Saint Jérôme vient à Rome, il est étroitement lié avec le pape saint Damase et lui sert de secrétaire : Damase est un des esprits les plus polis et les plus cultivés du temps, il a écrit en vers et en prose. — L'empereur Gratien, zélé catholique, fait abattre délînitivement l'autel de la Victoire qui touchait à la salle du sénat à Roine : la foi païenne des Romains avait attaché le sort de l'empire à la conservation de ce monument. Depuis Gratien les empereurs ne portent plus la robe pontificale.
Empire d'Occident. — Les
Gaules sont le théâtre de la guerre entre Gratien et le général Maxime qui. proclamé auguste d'abord dans la Grande-Bretagne, reste maître, après la mort de Gratien, de ces deux provinces et de l'Espagne, sa patrie.
Gaule et Occident. L'empereur Maxime , sans tenir compte de la sentence rendue dans un concile de Bordeaux contre les hérétiques priscillianisies, et malgré la promesse qu'il a faite à saint Martin de Tours, condamne à mort Priscillicn avec quelques-uns de ses sectateurs. C'est le premier sang versé par l'autorité impériale au nom de l'orthodoxie.—
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Impuissant à venger Gratien, Théodose fait la paix avec l'empereur Maxime.
Orient. — L'empereur Théodose chasse les hérétiques de Conslantinople; il charge le préfet du prétoire d'aller en Egypte et en Syrie fermer les temples des idoles, et d'en remettre les revenus aux églises catholiques.
Perses et Romains. — Renouvellement des traités de paix.
K*yp*«» — L'évêque d'Alexandrie, Théophile, excite le peuple à détruire le fameux temple de Sérapis, un des plus beaux monuments d'architecture. Lutte sanglante contre les idolâtres ; ils ne peuvent sauver de la profanation l'objet de leur culte.
Occident et Orient. — L'empereur d'Orient, Théodose, vainqueur de Maxime a Aquiléc au nom de Valontinien 11 d'Occident, va triompher à Home.— Valentinicn partage sa confiance entre saint Ambroisc, évoque de Milan, et un général barbare, le Franc Arbogast , qu'il a reçu pour ministre des mains de Théodose.
Italie et orient.— Le massacre des habitants de Thcssalomquc, en Macédoine, est expié par la pénitence publique, que saint Ambroisc, évéque de Milan, impose à Théodose, au nom de Dieu et de l'humanité.
Le saint évéque inspire à l'empereur la pensée d'une loi qui met trente jours d'intervalle entre un arrêt de mort et l'exécution.
occident. — Le Franc Arbogast tue son maître Vaienlinicn 11, avant qu'il ait reçu le baptême des mains de saint Ambroisc, et fait empereur ie rhéteur Kugenc, qui sera reconnu eu Gaule et en Italie.
Afrique. — A Hipponc ( Hippollcgius), au nord-est de la ISumidic, tous les évoques d'Afrique réunis décident qu'un concile de la province entière sera tenu tous les ans :
ce qui eut lieu quinze ans de suite.
Saint Augustin, qui n'est pas encore évéque, combat, par ses prédications, la doctrine des manichéens, dont il avait autrefois partagé les erreurs.
Empire* d'Occident et d'Orient. — Vainqueur d'Kugène et d' Arbogast, Théodose est seul maître de tout l'empire. Arbogast s'est tué pour n'être pas pris vivant. — Les jeux olympiques cessent d'être célébrés : on ne compte peut-être plus alors par olympiade. L'ère de l'indiction prévaut au moins dans l'Eglise.
Km pires d'Occident et d'Orient. — Théodose le Grand meurt à Milan (17 janvier), après avoir partagé le monde romain entre ses deux fils enfants, Ilonorius a l'Occident, Arcadius l'Orient. Le Vandale Stilicon est le ministre et le général d'Honorius; le Gaulois ftufin, celui d'Arcadlus.