‹ Chronologie universelleChapitre 47 sur 136 · SI · texte numérisé non relu

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Empire d'Orient. — Après la mort de Théodose 11 , le Thracc Marcien auquel Pulchérie , sœur de Théodosc 11, a donné sa main avec l'empire, assiste au cinquième concile général, celui de Chalcédoine,où sont réunis cinq cents évéques. Conformément à la lettre du pape Léon le Grand, l'hérésie d'Eutychès est condamnée; excommunication du patriarche d'Alexandrie, son complice à fcphèse. L'hérésie d'Eutychès fera cependant de grands progrès en Egypte* — Les fermes paroles de Marcien, refusant le tribut à Attila, préservent l'Orient de l'invasion.

Hniifl et ««nie. — Invasion d'Attila en Gaule , jusqu'à la Loire ; il est arrêté par le général romain

ACtius, avec le concours des peuples germains déjà établis dans ce pays.

ACtius délivre Orléans et bat Attila dans sa retraite , aux champs catalauniques, près de Méry-sur-Seine.

Célébrité de sainte Geneviève de Nanterre à Paris; de Pévêque Saint- Aignan à Orléans. — Attila rentre en Pannonie.

Vlslftoths. — Le roi Théodo»

rie , qui combattait avec ACtius aux champs catalauniques assisté de deux de sesfds, y a été tué. Avènement de son fils aîné Thorismond ; il obtient d'Aetius une part des dépouilles. — Les (ils de Théodoric avaient eu pour maître de grammaire et d'éloquence le rhéteur gaulois Avitus.

Huns et Italie. — L'Italie du nord, jusqu'au Pô, est ravagée par les barbares d'Attila : le Fléau de Dieu se retire à la voix du pape saint Léon ; mais Valentinien lui paye tribut.

Venise. — Les peuples de la Vénétie, fuyant devant l'invasion des Huns, se réfugient dans les petites lies formées le long de la côte adriatique dont la principale était Hialto.

C'est la première origine de Venise, qui s'éleva depuis sur soixante-douze Ilots.

Empire d'Orient. — Avec Pulchérie finit la race de Théodose le Grand en Orient; Marcien continue à régner.

Hun*. — La mort d'Attila met fin à l'empire des Huns.

Vlslgoths.— Avènement, à Toulouse, de Théodoric II, frère et meurtrier du roi Thorismond.

Occident. — Le général Aétlus est tué de la main de Valentinien III.

Bretagne et Saxons. — Les

Saxons se tournent contre les Bretons qui les ont appelés dans leur lie.

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Ils commencent à s'établir au sud de la Tamise. Le royaume de Kent est fondé par Hengist.

Occident, Vandales et Visîgoths. — Valentinien II l est tué par le sénateur Maxime dont il a outragé la femme : extinction de la maison de Théodose en Occident.

Maxime est empereur. — Le Vandale Genséric est appelé en Italie par la veuve de Valentinien III qui avait été forcée d'épouser son meurtrier.

Rome est saccagée pendant quatorze jours; l'impératrice est emmenée en captivité avec ses deux filles. — Le roi des Visigoths, Théodoric II, fait empereur le rhéteur gaulois Avitus, son ancien maître, que Maxime lui avait envoyé pour solliciter ses secours. Le commandement des armées impériales est au Suève Ricimer.

Espagne* — Au nom de l'empereur Avitus, les Bourguignons et les Visigoths remportent , en Espagne , une grande victoire sur les Suèves.

occident. — Déposition de l'empereur Avitus; il a eu pour gendre et pour panégyriste le poCte gaulois Sidoine Apollinaire. Majorien, élevé à l'empire par le Suève Ricimer, est digne du rang suprême par ses qualités et ses vertus. Il eût été, s'il eût vécu, un prince guerrier et réformateur.

Orient.— Après la mort de Marcien , le Thrace Léon est le premier empereur qui ait reçu la couronne à Constantinople des mains d'un évêque.

Perse. — Pérozès n'arrive au trône de Perse qu'avec le secours des Euthalites ou Ncphthalites (Huns blancs) , qui ensuite lui tirent la guerre. Ces barbares s'immisceront souvent dans les querelles de dynastie.

visigoths.— Le roi Théodoric H,

sous prétexte de venger l'empereur Avitus sa créature, a envahi les régions romaines de la Gaule; il est arrêté devant Arles.

occident. — Entreprise de l'empereur Majorien contre les Vandales, sur les côtes mêmes d'Afrique; elle est rendue impossible par la trahison de ses officiers.

occident. — Le Suève Ricimer fait assassiner Majorien et dispose de la pourpre en faveur de Libius Sévérus.

Ostrogoths. — Le fils d'un des trois chefs des Ostrogoths établis en Pannonie, Théodoric, est envoyé en otage à Constantinople à huit ans. Un séjour de dix ans donnera à son éducation, à son caractère, et à ses idées une empreinte toute romaine.

Gaule et Visigoths. — La trahison d'un comte romain livre à Théodoric II la forte place de Narbonne si souvent menacée inutilement par les Visigoths ; une grande partie de la première Narbonnaise suit le sort de la ville : cette province fut bientôt appelée Septimanie, des sept cités ou diocèses qui la composent. — Progrès des vainqueurs, au nord, jusqu'au bassin de la Loire.

Gaule et visigoths. — Le comte romain Ëgidius, maître de la milice dans les Gaules, arrête les succès des Visigoths par une grande victoire gagnée près d'Orléans.

Francs. — Les Francs saliens qui avaient, pour quelque temps, accepté le gouvernement d'Égidius, le roi des Romains, dit Grégoire de Tours, rappellent d'exil leur chef national, Childéric, fils de Mérovée. Une partie

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des Francs reste sous la loi de Syagrius, fils d'Égidius, qui vient de mourir empoisonné par des Visigoths.

Visigoths* — Le roi Théodoric H meurt assassiné par son frère Euric qui lui succède. — Éclat et habitudes romaines de la cour de Théodoric II, dont portent témoignage les lettres de Sidoine Apollinaire.

Occident. — Pour mettre fin à l'interrègne qui a suivi la mort de l'empereur Sévère III, Léon de Thrace, empereur de Conslantinopte, envoie Anthémius, gendre de Marcien, pour régner en Occident. Ricimer ne subira pas plus de cinq ans ce nouveau maître.

Occident et Orient. — La trahison de Basiliscus, beau-frère de Léon de Thrace, fait encore avorter un projet de guerre concerté par les deux empereurs contre les Vandales de l'Afrique.

Orient. — Une loi impériale exclut des charges quiconque n'est pas catholique.

Suèves. — Mort du premier roi arien des Suèves, qui avait épousé une princesse des Visigoths.

Gaule et Saxons. — Les Saxons de l'embouchure de l'Elbe viennent ravager les côtes de l'Océan, et remontent la Loire jusqu'à Angers; ils ne sont pas arrêtés par deux chefs romains.

Orient. — En faisant mourir le général Aspar et son fils, Léon de Thrace débarrasse son propre gendre Zénon des rivaux qui auraient pu, après sa mort, aspirer à l'empire avec la faveur du peuple. — La paix de l'Église d'Antiochc est troublée par les fausses doctrines de Pierre

le Foulon qui interprète le Trisaqinn (trois fois saint) suivant l'hérésie d'Eutychès.

ttaule et Visigoths. — Le roi

Euric soumet la première Aquitaine romaine.

Rome. — Rome, pour la troisième fois, est à la merci d'une armée de barbares; le Suève Ricimer y entre en vainqueur après avoir battu son maître, l'empereur Anthémius.

«aule et Visigoths. — Le roi

visigoth pousse ses conquêtes jusqu'au Rhône d'un côté, jusqu'à la Loire de l'autre. Ecdilius, fils de l'empereur Avitus, les arrête dans son pays natal, la terre des Arvernes.

Occident. — Après le court passage de deux usurpateurs sur le trône de Ravennc, l'empereur de Constantinople, Léon, dispose encore de l'empire d'Occident, en faveur de Jtilius Népos, marié à la nièce de sa femme. Le patrice Oreste fera bientôt empereur son propre fils, Romulus Augustule.

Orient. — A la mort de Léon, sa famille ne gardera pas le trône :

son fils Léon II ne vit pas un an.

Son gendre Zénon l'Isaurien, mari d'Ariadne, arrive à l'empire.

Gaule et Visigoths. — Épiphane, évéque de Pavie, est le négociateur de la paix entre Julius Népos, et le roi Euric , auquel l'empereur abandonne le pays des Arvernes.

Euric y envoie le duc Victorinus qui gouvernera pendant neuf ans l'Aquitaine des Visigoths.

Orient. — Un incendie détruit à Constanlinople le Jupiter Olympien de Phidias, et une célèbre Vénus du statuaire Praxitèle. — L'empereur Zénon est, dans quelques provinces, supplanté par Basiliscus,

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frère de Vérina, la veûve do Léon de Thracc. L'usurpateur signale sa courte domination par la persécution des catholiques, en faveur de l'hérésie condamnée au concile de Chalcédoine. Cinq cents évêqucs souscrivent à ses déclarations erronées.

Empire d'occident Hernies et Rome. — Vainqueur d'Oreste le père de Romulus Auguslulc, Odoacre, chef des Hérules et des llugicns ou Scythes, met fin à l'empire romain d'Occident. Pour la quatrième fois Rome est aux mains d'un peuple barbare. Les Visigoths, les Vandales, les Suèves l'avaient seulement pillée, les Hérules l'habitent. Les ornements impériaux sont renvoyés à l'empereur d'Orient Zénon, qui lui-même alors était à peine ralfcrmi sur son trône, un instant occupé par Basiliscus. L'empire d'Occident ne sera rétabli qu'après plus de trois siècles par Charlcinagne.

Espagne. — Euric soumet a l'autorité des Visigoths toute l'Espagne, excepté la Galice qui reste aux Suèves.

Vandales. — Mort de Genséric :

l'empire d'Afrique reste à la famille du conquérant vandale.

Cblne. — Kao-Ti ou Siao-taoching qui a assassiné les deux derniers princes de la dynastie Song, fonde la neuvième dynastie, celle des Tsi qui sera aussi de courte durée.

Gaule et Visigoths. — Euric réunit à son royaume Arles, Marseille, et l'ancienne Provence.

Francs. — Mort de Childéric :

il est enterré à Tournai sur l'Escaut,

où son tombeau a été retrouvé en IG55. Clovis son fils, né de la reine de Thuringe ltasine, à seize ans, hérite du commandement chez les Francs salicns.

Orient. — Le patriarche de Constantinople, Acacius, engage l'empereur Zénon a publier son hénoticon, édit d'union, qui, sous les apparences d'une réconciliation entre les catholiques et les cutychiens, ruine l'autorité du concile général de Chalcédoine. L'hénolicon est une nouvelle cause de confusion dans l'Église d'Orient pour trente-cinq ans.

Afrique. — Violente persécution de deux ans que fait souffrir aux catholiques de l'Afrique le roi vandale Hunéric , fils de Genséric.

Ostrogoths. — L'empereur Zénon attire à Constanlinople et comble de caresses le chef des Ostrogolhs Théodoric, qui avait passé sa jeunesse au milieu des Grecs ; il le désigne pour le consulat de l'année suivante.

Afrique. — Hunéric appelle tous les évêques d'Afrique à une conférence pour réconcilier les ariens et les catholiques. Ceux qui donnent dans le piège et se rendent à Cartilage sont retenus captifs ; quelquesuns même mis à mort. .

Orient. — Vérina, sœur de Basiliscus, mort depuis longtemps , soulève contre son gendre, l'empereur Zénon l'Isaurien, la province deCilicie. Sa mort ne délivre pas des insurrections le faible et odieux Zénon.

Visigoths. — La mort d'Euric est une délivrance pour les catholiques qu'il persécutait; il a laissé des sièges épiscopaux vacants, et fermé des églises. La nation des Visigoths lui doit ses premières lois écrites.

Ve SIÈCLE

Son fils Alaric II, qui lui succède» est fort jeune.

franco. — Les Francs s'étendent dans la Gaule centrale par la victoire de Clo vis sur le Romain Syagrius, à Soissons; les institutions romaines sont conservées.

Arménie. — L'histoire de l'Arménie et d'une partie de l'Asie est traitée par l'Arménien Moïse de Khorènc, fort instruit dans les lettres precques , qui a visité Antioclie , Alexandrie, Rome et Constantinople ; il a écrit en grec.

Italie et Omtrogothii. — Théodoric, avec les Oslrogoths ariens, qui étaient cantonnés en Pannonie, fond sur l'Un lie ; la cour byzantine lui a abandonné ce pays pour détourner le fléau qui menaçait ses provinces d'Orient. 11 rencontre les troupes d'Odoacre à Aquilée et à Vérone sur l'Adige; malgré ces deux victoires, il est enfermé par Odoacre dans Pavie.

Oatrogothw et Vlglgotus. —

Le concours des Visigoths, maîtres d'une partie de la Gaule méridionale au delà du Rhône, sauve Théodoric, qui était enveloppé eu Ligurie par les Hérules. Odoacre se retire dans Ravennc qu'il défendra pendant trois ans.

Bretagne et Saxonti. — Le

Saxon Elia , après avoir vaincu le chef des Bretons. Ambrosius, fonde le royaume de Sussex, au sud de Mui de Kent.

Frane*. — Clovis fait la conquête passagère de la Thuringe sur le mari de Basine.

orient.- L'hérétique Anastase, qui avait été élu patriarche d'An-

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tioche, devient empereur par la faveur dWriadnc, veuve de Zénon, qui l'épouse. Le parti catholique arme pour sa défense, et prend pour chef l'ambitieux Vilalicn.

Franc».— Clovis idolâtre, comme ses compagnons d'armes, épouse Clotilde, catholique, nièce de Gondebaud, le roi des Bourguignons ariens.

OstrogotliH. — Accord entre Odoacre et Théodoric qui est reçu dans Ravenne (février), et y tue bientôt de sa main le clic!" liérulc (mars). — Il établit sa résidence a Ravenne. — Gouvernement tout romain de Théodoric ; il conserve les charges républicaines de Rome et l'administration impériale, sans vouloir pour lui-même du titre d'empereur; mais les Romains sont généralement exclus des emplois militaires.— Rapides progrès de la domination ostrogotbique, qui embrassera la Sicile, la Dalmatie, le Norique, la Pannonie et les deux Rhéties. — Ami de la littérature et de la philosophie, protecteur des arts, il ne sut jamais écrire.— Les Ostrogoths, ariens corn me les Hérules, sont pour soixante ans en Italie.

YUIgothfl. — Le roi Alaric II épouse une fille naturelle du roi des Ostrogoths Théodoric.

ïrancs. — Après sa victoire à Tolbiac, entre Bonn et Julicrs, ou près de Strasbourg, sur les Alamans, t'.lovis, du consensement de ses guerriers, reçoit, le jour de Noël, le baptême des mains de saint Remi, évéque de Reims : trois mille de ses compagnons se font catholiques avec lui.

Influence de cette conversion sur les peuples catholiques de la Gaule, qu'oppriment des princes ariens.

Franc*. — Les cités armori-

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calnes indépendantes acceptent l'amitié de Clovis. — Une sœur de Clovis épouse le roi des Ostrogoths. Rédaction ou révision de la loi saitque, présentée à l'assemblée générale des Francs, appelée mail.

vlsIgothA. — Persécution rigoureuse exercée par le roi Alaric II, envers l'évôque de Tours qui a appelé de ses vœux la domination du roi catholique des Francs.

APERÇU GÉNÉRAL

Depuis la chute, en Italie, de Romulus Augustuîe, auquel succèdent en quelques années deux barbares , l'Hérule Odoacre et rOstrogoth Théodoric, l'empire byzantin, seul reste de la puissance romaine, s'affaiblit de plus en plus par les intrigues de cour, par les crimes des factions, par les vices des princes et par les controverses religieuses.

Justinien doit sa double gloire de conquérant et de jurisconsulte d'une part, à Bélisaire, l'époux d'une courtisane dont les vices égalentceuxde l'impératrice Théodora, et à l'eunuque perse Narsès ; de l'autre, àTribonien, qui, pour avoir été un habile légiste, n'en fut pas moins un magistrat sans conscience. Mais la Perse oppose à l'empereur grec un grand prince, Khosroës, et les Bulgares viennent par le Danube jusqu'à Constantinople. A l'intérieur l'empereur accable son peuple d'impôts pour construire des forteresses que les barbares tournent ou renversent; il bâtit des églises, raisonne théologie, et devient hérétique. Si l'Afrique, enlevée aux Vandales ariens, rentre sous la loi de Constantinople, l'Italie n'est arrachée que pour quinze ans par les généraux byzantins aux successeurs de Théodoric le Grand.

Les Lombards commencent avec Alboin un nouveau royaumedltalie, qui se perpétuera jusqu'au temps de Charlemagne. Rome n'appartient que de nom aux empereurs d'Orient. Par les progrès du christianisme, par la docilité des barbares qui se font catholiques en Gaule, en Espagne, déjà aussi en Grande-Bretagne, même par les dissensions qui s'élèvent dans le sein de l'Église, les évôques de Rome agrandissent leur autorité pastorale, et étendent les prérogatives de leur primauté ecclésiastique. Le pape Grégoire le Grand , serviteur des serviteurs de Dieu, qu'un excès de piété a peut-être poussé

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à détruire plusieurs monuments de l'ancienne littérature, réforme l'office divin, fonde une école de chant, compose des ouvrages de théologie et reprend énergiquement la tache de convertir les barbares.

La race des Goths, qui est comme anéantie en Italie , est seule maltresse de l'Espagne , depuis l'incorporation des Suèves ; ils la garderont, au milieu de discordes que perpétue le mode de succession élective, jusqu'à l'invasion des Arabes au vm* siècle.

La Gaule présentait un singulier mélange d'anciens débris de la population gauloise que vinrent renforcer des Celtes chassés do la Bretagne insulaire par les barbares germains , de familles romaines, de Visigoths qui vont être refoulés dans la Septimanie, d'Ostrogoths et de Bourguignons qui ne gardent pas longtemps leur indépendance, de Francs enfin à qui restera la possession du pays. Clovis a fait beaucoup de ruines et n'a point fondé un empire régulier comme Théodoric l'avait tenté en Italie. Sa conversion , acte de conviction ou de politique , sert puissamment à ses conquêtes ; mais ses mœurs sont toujours celles d'un barbare perfide et cruel. Cinquante ans après lui , sur cette malheureuse terre , morcelée en plusieurs royaumes suivant l'usage germanique, on ne voit qu'un affreux chaos de batailles et d'assassinats que dominent les noms de Frédé^onde et de Brunehaut.

La Bretagne, contrairement aux autres pays de l'Occident, a accepté et gardé en même temps dans son sein deux peuples venus des terres germaniques, les Saxons, dont les établissements au commencement du siècle étaient presque complets dans le sud de l'ile , les Angles, qui fondent trois royaumes au nord-est et au centre. Le principal fait de l'histoire de l'heptarchie au vi* siècle , est l'introduction du christianisme catholique dans le royaume saxon de Kent par le moine Augustin, envoyé du pape Grégoire le Grand.

Dans le centre de l'Europe, au nord de la frontière du Danube, que n'avait pas franchi encore la civilisation, un peuple slave commence à se fixer : les Polonais reçoivent quelques institutions de Leck, leur premier duc.

Comme les peuples se transforment et se mêlent, les langues s'altèrent, se corrompent : la beauté littéraire sera le fait de la naïveté ou de la rudesse germanique plus que de l'art. La poésie latine s'honore cependant encore des faibles productions d'Avitus et de Fortunat. Les règles de la grammaire, qui seront bientôt oubliées, sont rappelées par Priscien. Les écrits de Boèce resteront comme de précieux éléments de philosophie chrétienne pour le moyen âge. Le latin est toujours la langue du droit, de l'histoire,

de la théologie : les collections qu'on doit aux jurisconsultes employés par Justinien; les récits du Goth Jornandès sur les peuples de sa race; la Chronique ecclésiastique et civile des Francs, écrite avec une grande richesse de détails par le crédule Grégoire do Tours, que continue sèchement Frédégaire; les travaux théologiques de Grégoire le Grand et de saint Césaire d'Arles; les compilations canoniques de Denys le Petit ; les lettres de Cassiodore, secrétaire de Théodoric en Italie, et ses ouvrages divers, sont les seuls monuments importants de l'activité des esprits dans c* siècle.

Dans la langue grecque, des poèmes, des commentaires de philosophie, des traités de médecine, sont moins célèbres que les livres d'histoire de Procope, secrétaire de Bélisaire, que continuera Agathias. Du moins, dans les deux mondes de l'Orient et de l'Occident, quelques-uns des anciens écrits seront conservés par les moines auxquels saint Benoît de Nursia impose le travail de l'esprit a celui des mains.

Bourguignons et Franc*. —

La religion sert de prétexte à Clovis pour attaquer le roi des Bourguignons ariens, Gondebaud, qui cependant se prélait com plaisamment aux conférences des ariens et des catholiques ; lui-même , à Lyon, écoutait saint Avitus, évoque de Vienne.

Francs et vlslgotus. — Une

rupture imminente entre les Francs et les Visigolhs est prévenue par la médiation de Théodoric d'Italie, qui a ménagé aux rois une entrevue près d'Amboise, dans une Ile de la Loire.

—Saint Césaire, évéque d'Arles , est exilé à Bordeaux par le roi visigoth qui croit les prélats catholiques disposés à aller au-devant de la domination franque.

Visigoth*. — Alaric II fait publier, pour ses sujets romains, une rédaction du Code théodosien, par le jurisconsulte Anianus.

Francs et vlslgotus. — Clovis convoite les belles terres méridionales de la Gaule qui appartiennent aux VisWoths ariens : guerre avec Alaric H, qui, avant l'arrivée des secours promis par les Oslrogoths, est vaincu et tué à Vouglé, près de Poitiers. — Clovis pénètre jusqu'à Bordeaux.

vlslgoths.— Amalaric, fils d'Alaric II, n'étant âgé que de quatre ans, les Visigothsse donnent d'abord pour roi un fils naturel de ce prince qui a l'âge de régner, Gésalic

Francs, Vlslgoths et Ostrogot tas. — Clovis entre victorieux dans Toulouse qui est pour toujours enlevée aux Visigolhs ; il assiège Gésalic, leur roi, dans Carcassomie.

— Malgré leur alliance avec les Bourguignons, les Francs sont arrêtés dans la conquête du bassin méridional du Rhône par les Oslrogoths d'Italie :

lbbas, général de Théodoric, les bat devant Arles. Les Visigolhs garderont la Scptimanie.

VIe SIÈCLE APRÈS J. C

Franc». — En revenant de la pierre d'Aquitaine, à Tours, Clovis reçoit les insignes consulaires que lui envoie de Constantinople l'empereur Anastase, ennemi des Gotlis. — Paris devient la résidence de Clovis.

Francs. — Perfidies et cruautés de Clovis à l'égard des chefs francs, établis à Térouanne chez les Morins, à Cologne, à Cambrai, au Mans; il réunit ces petits États au sien.

visigoths. — Narbonne, depuis la perte de Toulouse, devient le siège de l'empire des Visigoths en Gaule.

Au nom du jeune Amalaric, le pouvoir réel est exercé par les créatures de son aïeul Théodoric, qui prend la qualité de roi des Visigoths et des Ostrogolhs. Le rival d'Amalaric, Gésalic, s'est retiré en Espagne , à Barcelone; battu par Ibbas , il passe en Afrique.

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