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Eupagne, Vrance et Portugal.
— Triple alliance de l'Angleterre, de la Hollande, de la Suède, pour contraindre la France à faire la paix avec l'Espagne ( 28 janv. ). En dix-sept jours, Louis XIV et le prince deCondé font la conquête de la Franche-Comté espagnole (fév.). Traité de Lisbonne (13 fév.): l'Espagne reconnaît l'indépendance des Portugais , et la dynastie de Bragance. — Traité d'Aixla-Chapelle pour lequel s'entremettent les Anglais et les Hollandais:
Louis XIV ne garde que sa première conquête, la Flandre { 2 mai ).
France* — Conversion de Turenne par Bossuet, qui écrit alors son Exposition de la Foi.— La Fontaine donne un premier recueil de Fables en six livres; Molière V Amphitryon et l'Avare, imités de Plaute; Bacine les Plaideurs. — Création d'un parlement à Besançon; c'est le onzième.
Pologne. — Abdication du roi Jean-Casimir (sept.). Il se retire en France où il devient abbé de Saint- Germain des Prés.
Portugal*— La reine Marie de Savoie, avec dispense du pape, épouse, du vivant de son mari, son beau-frère, Pierre, âgé do vingt ans, qui est régent (avril).
Angleterre* — Constitution du philosophe Locke donnée a la colonie américaine de la Caroline : noblesse héréditaire; servage d'une partie des colons; aucune liberté politique. Elle sera pendant soixante-deux ans une cause de troubles et d'affaiblissement commercial.
i:*pagne* — Don Juan d'Autriche, avec le concours de la noblesse, oblige la reine mère à éloigner le P. Nilhard : il sera ambassadeur a Borne et deviendra cardinal.
Fronce. — Suppression des chambres mi-parties, où siégeaient des magistrats protestants. — Ordonnance de Colbert sur les eaux et forêts.— Déclaration par edit, que le commerce de mer ne déroge pas à la noblesse. — L'astronome Cassini est attiré de Bologne par Colbert. — Mort d'Henriette de France, reine d'Angleterre (10 sept.) : son oraison funèbre par Bossuet, évoque de Condom. — Le jésuite Bourdalouc commence à prêcher a Paris : il prêchera dix carêmes de soi te devant LouisX I V . — Epitre de Boileau au roi sur les Avantages de la Paix. De 1GG7 à 1G? 4, il publie VArt poétique en uuaire chants.— Brîlannicus de Bacine.
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Pologne. — Trisle choix de Wiecnowiecki, pour la royauté.
Turquie* — Candie, mal secourue par six mille Français que conduit ie duc de Beaufort (juin ), est enfin prise par le vizir Ahmed Koproli, après un siège de vingt-neuf mois ( sept. ) : le blocus durait depuis vingt ans. Venise n'a plus dans Pile que deux places sans importance.
Autriche. — François Ragotzky est à la tète d'une insurrection hongroise.
Egpagne* — Les colonies du nord de l'Amérique méridionale sont saccagées par les flibustiers ; ils occupent Porto-Bello à l'isthme de Panama.
France.— Voyage de la duchesse d'Orléans , auprès de son frère Charles II pour le déterminer à une alliance contre la Hollande. Elle meurt inopinément au retour (30juin). — Le duc de Lorraine, Charles IV, qui intrigue contre le roi, est dépouille de ses États (sept.). — Les pirates d'Alger, pour prévenir de nouvelles guerres, s'engagent à mettre en liberté tous les esclaves français. — Publication de l'ordonnance criminelle (août). — Création de l'académie d'architecture. — L'hôtel des Invalides est commencé a Paris (30 nov. ). — Les troupes reçoivent un uniforme. — Oraison funèbre de la duchesse d'Orléans par Bossuet. — Il est nommé précepteur du dauphin.
— Bérénice de Racine. — le Bourgeois Gentilhomme de Molière.
Hollande. — La charge de capitaine-général est donnée par les États au prince d'Orange, Guillaume, figé de vingt ans. — Traité théologico-politique , du philosophe panthéiste Spinosa, en latin.
Italie. — Le duc de Parme fait mourir Gaufridi, son principal ministre, qui depuis plus de vingt ans tyrannisait impunément ses sujets { jam. ). — Charles-Emmanuel II ouvrit au milieu des Alpes le chemin des
Échelles, à deux licucs de la Grande* Chartreuse dans le Dauphiné.
Angleterre.— Abjuration d'Anne Hyde, Tille du comte de Clarendon, femme du duc d'York. Peu de temps après la mort d'Anne, qui lui laisse deux filles, abjuration du duc d'York lui-même.
Autriche. — Chefs d'une conspiration contre l'empereur, quatre nobles hongrois périssent sur l'échafaud (d'avril à déc). Léopold traite la Hongrie en pays de conquête, supprime la charge de palatin, y substitue celle de vice-roi.
Danemark. — Établissement dans l'Ile encore inhabitée de Saint- Thomas, à l'est de Porto-Rico, daus les Antilles.
France. — Louis XIV visite les Pays-Bas français, fait fortifier Dunkerque et plusieurs places: travaux de l'ingénieur Vauban. — Usage du fusil à pierre, armé de la baïonnette. — Mort de de Lionne, secrétaire d'État des affaires étrangères ; il est rem placé par Pomponne. — Bossuet publie YExposition de la foi catholique.
Pologne. — Les Cosaques ne pouvant obtenir l'égalité de droits, recommencent la guerre, à l'instigation des Russes, et avec l'assistance de Mahomet IV, dont ils se rendent tributaires. Jean Sobieski leurarraclic le pays entre le Bog et le Dniester ; il établit ses troupes à Bar, en Podolie, et à Braclaw sur le Bog.
Angleterre. — Le roi décrète la liberté de conscience en faveur des catholiques (mars).
Danemark. — Construction du palais de Charlottembourg à Copenhague.
France et Hollande. —
Louis XIV et l'Angleterre déclarent la guerre aux Provinces -Unies qui tiennent le premier rang parmi les
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marines marchandes de l'Europe (janv.): le roi conduit avec Coudé, Turennc, Luxembourg et le duc d'Orléans, son frère, cent mille hommes à ta conquête de la Hollande. Passage du Rhin(l2juin). Rapides succès jusqu'à Utrecht, môme jusqu'à Amsterdam, qui se sauve par l'ouverture des écluses. Louvoîs perd le temps à occuper des places fortes et refuse d'avantageuses conditions de paix. Les États-Généraux nomment stathouder de la province de Hollande, Guillaume d'Orange, qui est déjà depuis 1670 capitaine-général (4 juin) :
il dirige la défense nationale après la mort sanglante du grand pensionnaire Jean de Witt, et de son frère Corneille, assassinés par le peuple (août) ; il sauve les abords de Leyde et de la Haye, que la glace des marais avait rendues accessibles aux Français (oct.-déc. ). — L'empereur (25 juill. ), le duc de Clèves, l'électeur de Brandebourg, l'Espagne (déc), se liguent contre Louis XIV.
France* — Épttre de Boileau au roi sur le Passage du Rhin. De 1072 à 1674, il publie le Lutrin d'abord en quatre chants. Les Femmes savante* de Molière. — L'académie royale de musique est fondée par Lulli.
Halle* — Le duc de Savoie prend parti pour des conjurés de Gènes qui n'ont pas réussi à bouleverser le gouvernement de la république. Guerre sans succès : elle finira par la médiation du pape, de la France et de l'Espagne.
Pologne* — Au milieu des discordes civiles, invasion de cent cinquante mille Cosaques, Tartares et Turcs. La faction de Sobicski a contre elle la basse noblesse qui est fidèle au roi. Sobicski repousse les Tartares. Mais Mahomet IV entre par trahison, après douze jours de siège, dans Kaminictk, capitale de la Podolic(26scpt.). Un de ses corps d'armées arrive jusque devant Léopol, aujourd'hui Lcmberg, capitale de la Russie rouge ou Gallicie ; le roi ter-
mine la guerre par un honteux traité dont s'est fait médiateur le khan des Tartares: il abandonne aux Turcs la Podolic et l'Ukraine, il payera un tribut annuel ( 18 oct.).
itiiMMlc. — Dans la crainte d'une guerre avec les Turcs, le czar Alexis sollicite l'alliancede plusieurs princes chrétiens, et s'adresse même au pape en lui oflrant des conditions pour la réunion des deux Églises.
Angleterre* — Les presbytériens des communes font révoquer la déclaration de tolérance, rendue en 1672 en faveur des catholiques (mars). Ils imposent au roi le bill du tes/, qui crée pour toute personne occupant un office dans l'État l'obligation de désavouer la croyance romaine : le duc d'York, frère du roi, qui professait ouvertement la foi catholique, doit se démettre des fonctions de grand amiral.
Angleterre, t:* pagne, France et Hollande* — Les Anglais sont encore associés à la France dans la guerre de Hollande : Ruyter et Tromp leur tiennent téte ( juinaoût). Louis XIV rappelle ses troupes de la Hollande, quand la guerre est engagée directement avec l'Espagne et l'empire (oct.). La Suède lui reste fidèle.
France* — Louis XIV étend la régale à tous les diocèses du royaume (fév.) : deux évoques du Languedoc résistent à la volonté du roi. — Défense est faite aux cours souveraines d'adresser jamais des remontrances mars). — Ordonnance sur la légisation commerciale.— -Milhridate de Racine ( 17 fév. }. — Première exposition publique à Paris dans la cour du Palais-Royal ; elle ne comprend que les ouvrages des artistes vivants, membres de l'académie royale de peinture, de sculpture et de gravure : cinquante exposants, cent quarante ouvrages. Noms restés célèbres : Charles Le Brun, Stella, Philippe de Champagne et Boullongne,
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peintres d'histoire; Vander Mculcn et Bourguignon, peintres de batailles; Uapliste, peintre de fleurs; Girardon, sculpteur; Leclerc et Bernard Picard, graveurs. La France, qui a perdu Nicolas Poussin en 1G65, a encore Claude le Lorrain , Mignard, Jouvenet, pour la peinture; Audran, Nanteuil, Kdelinck, né à Anvers, fixé en France, pour la gravure ; Coustou, pour la sculpture. — Construction de la porte Saint-Denis à Paris , par Blond cl.
Pologne. — La diète de Varsovie , inspirée par Sobicski, déclare nul le irailé conclu par le roi avec les Turcs. Victoire de Sobicski devant la place de Choczim, sur le Dniester, au sud-ouest de Kaminieck, qui est enlevée aux Ottomans. Le même jour meurt le roi de Pologne (10 nov.),
Allemagne, Angleterre, ïspngfie, France et Hollande* —
Paix onire l'Angleterre et la Hollande. (0 fév.). Louis XIV conquiert en personne la Franche- Comté espagnole (mai -juin). — Coudé, dans les Pays-Bas, a en tétc Guillaume d'Orange : deux sanglantes journées à Senef, au nord -ouest de Charleroy.
Course des armées en Ire le haut Escaut et la Meuse. Campagne de Turenne dans les États rhénans de l'électeur de Brandebourg et de l'électeur palatin , ami de l'empereur.
Dévastation du Palalinat. Pendant l'hiver, ses marches savantes et victorieuses a travers les montagnes de la Lorraine, toujours ennemie, et de l'Alsace française qu'il faut défendre contre soixante et dix mille hommes (d'oct. à Janv. 1G75). — La rivalité maritime de la France et de la Hollande s'exerce dans les Antilles et sur les côtes de Guyane.
Kspagnc. — Agitation de la Sicile ; Messine se met sous la protection de la France.
France* — Évêché à Québec, pour le Canada. — La ferme du tabac
est donnée à bail , pour la première fois, à raison' de cinq cent mille livres. — La veuve de Scarron qui depuis cinq ans élève les enfants de Montespan, reçoit du roi la terre de Maintenon.— De la recherche de la vérité par Malebranche. — fp/ugénie de Racine. — Construction de la porte Saint-Martin par Bullet.
Pologne* — Le héros de la Pologne, Jean Sobicski, candidat à la royauté, l'emporte avec peine sur dix compétiteurs (21 mai). Dans les nouvelles hostilités contre le grand vizir Koproli,il est entravé par la jalousie du grand-duc de Lithuanie.
Allemagne^ i:*i>agnc, France et Hollande* — Succès des Français dans les Pays-Bas et dans la Catalogne.— Turenne, qui repasse le Rhin malgré le général de l'empereur Montécuculli, est emporté par un boulet de canon à Salzbach , au nord-est de Strasbourg ( 27 juill.).
Retraite de l'armée sons de Lorgcs.
Coudé et le maréchal de Créqui sont envoyas sur le Rhin, ('/est la dernière campagne de Condé qui se relire à Chantilly. Désastres de Créqui (aoùt-sept.). — Le duc de Vivonne, envoyé à Messine, reçoit la déclaration des habitants qui proclament Louis X1Y roi ( 28 avril). Le Hollandais Ruytcr vient croiser dans les parages de Messine (déc); il servira pendant six mois pour PKspagnc. — A Nimèguc. sur le Wahal, conférences pour la paix par la médiation du roi d'Angleterre (août) : lentes négociations.
Angleterre* — A Londres, commencent les travaux de l'église Saint- Paul.
Danemark*. Prusse et Suède*
— Le roi de Suède Charles XI, allié de la France, envoie une armée avec Wrangel dans le Rrandebourg. Les Hollandais et les Danois unissent leurs flottes contre les Suédois (janv.) et les battent au sud de l'Ile d'Ocland (11 juin). L'armée continentale de
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Charles XI est vaincue dans le Brandebourg à Fchrbellin par l'électeur ( 18 juin ). Le roi de Suède est mis au ban de l'empire. — Son ami secret, le duc de Holslein-Gotlorp , attiré à Rensbourg par le roi de Danemark, est forcé de consentir à ce que ses places soient occupées par des Danois , et de renoncer aux droits de souveraineté qu'il devait aux traités «de Roskild et de Copenhague ( 10 Juill.). Les Danois occupent surtout Tonningen, à l'embouchure de l'Eyder.— Charles XI est vainqueur des Danois en personne , à Lunden, en Scanie; fuite du roi de Danemark (I4déc). La guerre continue pendant trois ans.
France. — Louis XIV prend pour confesseur un jésuite, le père François de La Chaise, qui gardera ses fonctions jusqu'à sa mort, pendant trente-quatre ans. — La duchesse de La Vallière, qui s'est retirée volontairement aux Carmélites de Chaillot, prend le voile de religieuse. — Oraison funèbre de Turenne par Mascaron. — Commencement de la machine de Marly, pour conduire l'eau de la Seine à Versailles.
Hollande. — Guillaume d'Orange refuse le titre de duc souverain que lui offre la province de Gueldre.
ituMgle* — Le czar fait reconnaître pour son successeur le fils aîné de sa première femme, Fédor, âgé de dixhuit ans.
Autriche. — L'empereur, qui n'a encore qu'une fille, épouse en troisièmes noces une princesse de la maison palatine de Neubourg (déc).
Espagne, France et Hollande. — Lutte terrible et indécise entre Ruyter et Duquesne qui ne peut s'ouvrir l'entrée du port de Messine pour y jeter des vivres (8 janv.). Païenne, rivale de Messine, proteste contre les promesses libérales de Louis XIV qui a été proclamé à Messine en 1676 (18 mars). Sur Tordre du duc maréchal de Vivonne, Duquesne
livre combat à Ruyter près d'Agousle, au nord de Syracuse : Kuyter est blessé mortellement (22 avril ). — Succès des Français dans les Pays- Bas espagnols.
France. — Exécution de la Drlnvilliers, célèbre empoisonneuse. — Oraison funèbre de Turenne par Fléchier.
Italie. — A Venise, le peuple refuse d'accepter le doge élu par l'aristocratie (août) ; le grand conseil fait une nouvelle élection.
Pologne. — Couronnement solennel de Jean Sobieski (2fév.).
Deux cent mille Turcs pénètrent dans le bassin du haut Dniester. Traité ( 27 oct. ) : la Pologne garde les deux tiers de l'Ukraine et une partie de la Podolie; Kaminieck reste aux Turcs.
Russie. — Mort du czar Alexis.
11 laisse inachevée l'œuvre de l'émancipation intellectuelle , de l'organisation militaire et administrative, et de la constitution politique de la Russie. La Russie lui doit un recueil de lois, la traduction en langue nationale d'ouvrages scion ti fiques, l'agrandissement de Moscou, la formation de bourgades dans les régions désertes du Volga et de la Kama qu'il peupla de prisonniers, l'établissement de manufactures, la création de troupes régulières composées d'étrangers.
Allemagne, E*pagne, France et Hollande. — Louis XIV, avant la fin de l'hiver, reprend en personne la guerre de Flandre ( 20 fev. ). Conquête de Valencicnncs et de Cambrai sur l'Escaut. Victoire du duc d'Orléans sur le prince d'Orange au mont Cassel (Il avril); reddition de Saint-Omer le 20.— Le danger de l'invasion est toujours du côté du Rhin et de la Moselle, où le duc de Lorraine sort de guide aux impériaux. Pénible campagne du maréchal de Créqui : il prend Fribourg, à l'est de Urisach. — Les Français chassent les Hollandais de la côte africaine d'Arguin et du bassin du
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fleuve Sénégal. Los Anglais s'établisscnt sur la Gambie.
Angleterre. — Marie , fille du duc d'York Jacques , épouse le slathouder Guillaume III.
Autriche. — Après la défection de François Ragolzky , qui s'esi donné a l'empereur , la Hongrie a recours aux Polonais : divisiou entre les cliefs de l'insurrection.
Kapagnc. — Agé de seize ans , le roi, qui depuis deux ans s'est fait déclarer majeur, relègue sa mère dans un couvent, et prend pour premier ministre son oncle don Juan d'Autriche. Essais de réforme dans l'administration.
France. — Phèdre de Racine.
Pendant douze ans, il n'écrira plus pour lr théâtre et vhra sous la pieuse influence de Port-Royal.
k ii**l c. — Les Turcs et les Tartares de Crimée s'unissent pour enlever au nouveau czar, Fédor 11, le pays des Cosaques znporogues, dans le bassin du Dniéper, acquis récemment par les Russes.
Allemagne, Eftpagne, France et Hollande. — Louis XIV ouvre encore en personne la campagne de Flandre ( févr. ) , et s'empare do Gand. — Désastres du maréchal de La Fcuillade en Sicile; Louis XIV renonce a défendre l'Ile (avril]. — Créqui s'étend sur la ligne du Ras- Rhin : rencontre sanglante au pont de Rhinfeld, à l'est de Râle (juill.).— Paix de N'unègue entre la France et la Hollande ( 10 août) : la Hollande garde tout son territoire et même Macstricht sur la Meuse; entre la France et l'Espagne (17 sept.):
Louis XIV obtient la Franche-Comté, Valencicnnes, Cambrai, Ypres, Saint- Orner.
Angleterre. — La conspiration papiste, découverte ou imaginée par l«î jésuite anglais Titus Oates, sème d'horribles défiances dans la nation, dans le parlement et à la cour : plusieurs catholiques sont mis a mort.
France* — Conférence de Bossuet avec le ministre protestant Claude. — Glossarium medùv et infinuc latinitatis de du Cange. — Roman de M"" de La Fayette . la Princesse de Clercs. — 1C78 et 1G79, second re cueil de Fables de La Fontaine, cinq autres livres.
Turquie*— Mort du vizir Ahmed Koproli, grand ministre et grand général. Infériorité de son successeur Kara Mustapha.
Allemagne • Danemark , France « Prowie et Suède* —
L'empereur ( 5 févr. ) et le» autres princes de l'Allemagne accèdent à la paix de Nimégiic : Fri bourg reste a Louis XIV. Traité de Saint-Germain en Laye, par la médiation de la France, entre la Suéde , le Danemark, le Holstein - Gottorp et le Brandebourg (2 sept.) : la Suède recouvre les places de Poméranic qu'elle avait perdues par les succès de l'électeur ; le duc de Holstein-Gottorp fait admettre le traité de Copenhague comme base des négociations, cl rcnlre*dans ses droits.
Angleterre. — Dissolution du parlement, qui entrave la royauté depuis dix-huit ans "i i févr.). La nouvelle assemblée, plus hostile encore, force le duc d'York , soupçonné de papisme , à quitter le royaume; elle fait accepter le fameux lull û'Habeas corpus, qui soustrait les citoyens à tout emprisonnement arbitraire (mai). — Dénomination nouvelle des partis : les torys sont dévoués à la royauté, les w'hlgs veulent un gouvernement constitutionnel.
F*nngnc. — Rigueurs exercées contre Messine (janv.). — Mariage de Charles 11 avec une fille de Monsieur, frère de Louis XIV (août): il n'aura pas d'enfant. — Mort de don Juan d'Autriche, dernière gloire et dernier appui de la dynastie ( 1 7 déc).
France. — Le ministre de Pomponne est disgracié comme janséniste, et remplacé par de Croissy,
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frère de Colbcrt. — Réorganisation des écoles de droit. — Dernière année de l'éducation du Dauphin, pour laquelle Bossuet a composé le Discours sur l'Histoire universelle; la Connaissance de Dieu ettdc soi' même et la Politique de l'Écriture sainte. — Institution do la congrégation des frères des écoles chrétiennes par de La Salle, chanoine de Iicims.
Hollande— Inutiles représailles exercées par les Anglais et par les Hollandais contre les corsaires d'Alger; les Hollandais consentent à un accommodement durable, moyennant un tribut.
Angleterre. — Charles II, malgré la faction du duc de Montmoulh, son fils naturel , et de lord Shaftesbury, rappelle son frère le duc d'York.
Franee. — Mariage du Dauphin avec la fille de rélecteur de Bavière (7 mars). — Louis XIV reçoit le titre de Grand à l'hôtel de ville de Paris.
— Il établit à Brisaeh et à Metz des chambres dites de réunion, pour décréter l'adjonction au territoire français des liefs qui avaient fait partie des trois évêchés et de l'Alsace. — Kdits contre les calvinistes , qui seront bientôt suivis de missions. — Établissement à la Louisiane de colons du Canada. — Fusion de la troupe de Molière avec celle de l'hôtel de Bourgogne : la nouvelle société forme la Comédie française.
Frnsse. — A la mort du prince saxon , archevêque de Magdebourg, Télecteur de Brandebourg , duc de Prusse, prend possession de l'archevêché à litre de duché séculier; il l'incorpore à son électorat (juin).
Snède. — Charles XI accroît son pouvoir aux dépens du sénat et épouse une sœur du roi de Danemark (tCmai).
Angleterre. — Le duc d'York ,
commissaire du roi en Écosse, y établit un nouveau bill du Test en faveur de la suprématie royale et do l'obéissance passive ( juill. ) : il le met en vigueur avec une sévérité sanguinaire.
France. — Duquesne poursuit jusque dans le port ottoman de Chio les corsaires de Tripoli; il bombarde Alger, repaire de pirates (juill.). — Conquêtes injustes en pleine paix : Strasbourg, ville libre u empire réclamée par la chambre de réunion, se soumet (30 sept.); le duc de Man loue, Charles IV, est forcé de vendre à Louis XIV Casai , place forte du Monlferrat. — Mort de la duchesse de Fontanges, dans un couvent. — Ordoiiiancc sur la marine et le commerce maritime. — Le canal du Languedoc est ouvert à la navigation (19 mai).— L'assemblée générale du clergé, à laquelle Louis XIV soumettra l'affaire de la régale, est ouverte par un sermon de Bossuet, nouvellement nommé r évêque de Meaux,sur Yunité de l'Église (nov.).
Il vient de publier son Discours sur l'Histoire universelle, — L'ouvrage du savant Mabillon , bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, De Re diplomatica, fonde la science de la paléographie.
itn**te. — Traité de paix avec le sultan. — Le czar Fédor réhabilite et rappel le a Moscou le patriarche Nicon, qui meurt en route.
Angleterre. — Tribut payé aux corsaires d'Alger, pour arrêter leurs pirateries. — La lutte recommence entre la couronne et les colonies de l'Amérique du nord dont les chartes sont menacées. — La secte desquakers fonde une colonie au nord de la Virginie et du Maryland, entre le fleuve de la Delaware à l'est, et le lac Êrié à l'ouest : Guillaume Penn, leur chef, est le principal propriétaire ; liberté entière de conscience et de religion, transactions pacifiques avec les Indiens. La Pensylvanie aura pour capitale Philadelphie.
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Autriche. — L'empercwr , pour prévenir l'alliance de la Hongrie rebelle avec les Turcs , accorde à la diète d'OEdenbourg le rétablissement de la dignité palatine et do toutes les Institutions nationales. — Le chef de l'insurrection , le comte Ëmeric Tckeli, dont le père est mort en combattant contre l'Autriche en 1072 , continue la guerre avec l'aide des Turcs. Son mariage avec la veuve «le François ltagotzky lui a donné la forte place de Munkalz , au nordest de Tokaï, qu'elle a elle-même défendue.
France. — Ëdit de janvier pour terminer l'affaire de la régale, à la satisfaction du roi etdc l'assemblée du clergé. Opposition du pape (13 avril).
Déclaration du clergé de France formulée par Bossue t en quatre articles , qui sont presque littéralement tirés de l'ouvrage de P. Pithou, publié en 1594 : 1° le pape n'a aucune autorité sur le temporel des rois, 2° le concile général est au-dessus du pape, 3° l'usage de la puissance apostolique doit être réglé par les canons, sauf les libertés de l'Église gallicane, 4° les décisions du pape ne sont irréformables qu'autant qu'elles sont acceptées par l'Eglise. File est enregistrée par le parlement le 23 mars. — La machine de Marly est achevée.
Louis XIV s'établit tout à fait à Versailles. — A la mort de Jacques de Courlandc, les Français détruisent la colonie fondée par lui à Tabago en 1 042 , et l'ajoutent à leurs possessions des Petites-Antilles.
Pru0#e. — La compagnie des Indes orientales, formée par Frédéric-Guillaume, établit trois cqmptoirs sur la côte d'Or de Guinée; elle ne se soutient pas quarante ans.
misale. — Le czar Fédor II détruit les chartes et les privilèges de la noblesse : le mérite personnel établira seul des distinctions ( l2janv. ). — Il meurt à vingt-cinq ans, sans laisser d'enfant de ses deux mariages (avril). 11 a créé des haras et fait venir des écuyers étrangers. — Bi-
valilé de ses frères Ivan, âgé de dixneuf ans, né comme lui de la première femme d'Alexis, et Pierre, âgé de dix ans, né d'un second mariage, lniluence de Sophie, sœur d'Ivan, et des gardes slrélitz. Partage de l'autorité entre les deux frères (juin). Éducation corruptrice donnée à Pierre. Gaiitzin, Lithuanien de la maison des Jagellons , est le ministre de Sophie.
Suède. — Diète de Stockholm :
le clergé, les bourgeois et les paysans rendent l'autorité royale absolue.
Charles XI régnera en tyran ; il altérera les monnaies.
Angleterre.— Conspiration pour exclure du trône le duc d'York : elle coûte la vie au républicain Sidney.
Ses complices, le duc de Montmouth et l'ambitieux lord Shaftèsbury, se dérobent aux poursuites. La lin du règne n'est pas troublée. — Anne, seconde fdle du duc d'York , épouse George, prince de Danemark» — Les Anglais , pour faire concurrence aux Hollandais, établissent des factoreries de commerce dans l'Ile de Sumatra, sur la côte occidentale , à Bencoulen, où abondent la muscade et le girofle.
Autriche. Pologne et Turquie.— La Porte ne veut pas renouveler les trêves avec l'Autriche. Le roi de Pologne se ligue avec Léopold contre les Turcs (31 mars). Le grand vizir Kara Mustapha s'avance jusqu'à Vienne (juill.) que sauvent Sobieski, Charles, duc de Lorraine, et les chevaliers tcutoniques (12 sept.). Combat près de Strigonie ( 7 et 9 oct ) ; les Polonais, tour a tour vaincus et vainqueurs, n'obtiennent mémo pas de l'empereur d'hiverner en Hongrie , et reviennent à Cracov ic au milieu des glaces et des neiges ( fin de déc). — Kara Mustapha est étranglé à Belgrade par ordre du sultan (25 déc).
France. — Duquesne bombarde deux fois Alger et se fait rendre les
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chrétiens français ( 26 et 27 juin ). . mooh
- Mort de la reine Marie-Thérèse » » ^ 1 ,
(30 juin). Son oraison funèbre, par , An«leterpe- — Jacques II, âgé
Rnçcitû» — m«-» ^n...» /« ./.A x ue cinquante-deux ans, succède à
poiisme et à l'ambition de Louis XIV. ,S sont P™ et ex<*"tés ( juill. ). Au- Le peuple qui ne l'aimait pas, trou- tres, rePrdsa»'es sanglantes, «- Le bla ses funérailles. Son Hls Seignelay £ar cn,ent «fuse d'abolir le bill du est secrétaire d'État de la marine.-- Iest de ÏG73 (nov )«
Autriche , Turquie et Ve- Ise. — Prise par les impériaux en ongrie d'Eperics, une des places armes de Tckeli ( i \ août ) , de le roi décliu.' Pierre " il " îe'réaëTt ' ?eu',ausel ( 1 9 ™*<> ) et de Cassovic. souverain du Portugal depuis seize m Wml,en1Mor°slni prend d'assaut ans, reçoit le titre de roi (sept ) Moron» Sur la côte de Mo,ée
France. — Peut-être en 1C85, 1684. mariage secret de Louis XIV avec
Autriche, Pologne, Kusule, rT U<V .Mal'Uenon- — Le doge de Turquie et Venlii* J Succès du Fv*3 fS!1 réParalion a Louis XIV duc de Lorraine et des impériaux I Versal,'es \ ,a république s'engage contre les Turcs et Tckeli (juin fi conRéd,er ,es troupes espagnoles sept.). Le czar et Venise qui entrent „ T lerritolre » ,ct * ne pas augdans la ligue de l'empereur et du rô ?enLer ?a ÎSanne mai )• - D'Estrécs de Pologne contre les Turcs aUa ^mbarde Tripoli et intimide Tunis quent l'Ile de Sainte-Maure et la nro- 9Um"aout )• - évocation de l'édit vince de Garni. (Acarnanîe) lYna- ? $*To'ï>T el fatal a
tion polonaise presse Sobieski de 3 • ,CC (2 2 °*L\S Ies Protestants, reconquérir sur les Turcs l'impor- ?AU^€eïlen ^! **rlZul M"B*.on, sont tante place de Kaminieck. ?e S CX! e.r* C?de n0ir* Pour
' o .. M . réK,cr la condition des esclaves aux
ïupagne. — Solis écrit avec ta- colonies lent mais partialité l'histoire de la ™ uA v
conauête du Mexinne . — > i»gt mille Français,
conquête au Mexique. chassés par ,a révocalion de yéd{t ^
France. — Louis XIV, sepréten- Nantes, s'établissent dans les diffédant outragé, envoie Seignelay ct Du- rents Étals de l'électeur et y font requesne contre Gènes : bombarde- naître l'agriculture et l'industrie.
vingt ans , pour combattre les Turcs 1686. (août).— Dragonnades dans le Béarn.
A t . , — — ^aiu. .viifinn^no, t^pHKnr, Iran-
r Ambassadeurs du roi de Siam à ce ct Hollande. - Ligue d'Auirs- Versailles. — Mort de P. Corneille bourg contre Louis XIV (juillet)
miles
n Vi. n , î " 1 »,,WTO*ul ,ra,JÇais» électeurs de Saxe et de BaOère, les qui vit en Hollande. cercles de Souabe et de Franconie.
XVIIe SIECLE APRÈS 1. C.
Angleterre. — Jacques H envoie une ambassade à Home : sou zèle imprudent est condamné même par Innocent XI.
Autriche, Pologne, Turquie et Tenl»e. — En Hongrie, le duc de Lorraine arrache Budc aux rebellas ( 2 sept. ). Retraite de l'armée turque qui les soutenait. Au lieu de conclure la paix avec la Porte qui lui offre Kaminieck , Jean Sobieski routinue la guerre pour l'empereur, qui lui fait espérer une principauté héréditaire en Moldavie et en Valachie. — Succès desYéniliensenMorée.
France* — Création du parlement de Douai : c'est le douzième.
— Établissement de la maison d'éducation de Sainl-Cyr, pour les fillos des officiers , sous la direction de madame de Maintennn. — Mort du prince de Coudé (11 déc).
Italie. — Victor-Amédée 11 , à la sollicitation de Louis XIV, chasse les Vaudois barbets de plusieurs vallées des Alpes piémon taises. — Le général de Venise , Cornaro , purge la côte daluiate des pirateries des Uscoques.
Pologne et Russie. — Sophie signe avec Sobieski un traité, par lequel il renonce à toute prétention sur Smolensk, Tchernigof, Kicfetle duché de Severie , moyennant deux millions de livres (nov.) : les Russes attaquent les Turcs vers la Crimée , dans l'espoir de s'établir sur les bords de la mer Noire.
Portugal. — Le roi prend parti pour les jésuites contre les gouverneurs des colonies dans l'Amérique méridionale, et leur accorde l'autorité politique et temporelle dans les villes et les villages où ils sont établis au milieu des populations indiennes.
Angleterre. — Réception faite par Jacques II au nonce du pape (juill.); abolition du lest et des lois qui protègent la religion nationale:
desévéques qui refusent d'obéir sont
envoyés à la Tour. Le slathouder de Hollande se préparc à renverser son beau -père qu'avertit vainement Louis XIV. — Après cinq ans de résistance de la part de chaque colonie américaine, et surtout de Massachusets, tous les gouvernements cessent d'être libres : la couronne se réserve la nomination aux principales charges , et réglemente souverainement le commerce et la navigation.
— Newton publie ses principes mathématiques; il trouve la plus grande loi physique de l'univers , la loi de l'attraction universelle.
Autriche et Turquie. — L'Autriche étouffe l'insurrection de la Hongrie : échafaud dressé a Kpéries depuis le & mars. — Course du duc de Lorraine en Transylvanie (mai) : le prince Michel Abafli est forcé d'aller abjurer aux pieds de l'empereur son alliance avec les Turcs. L'empereur l'autorise à transmettre sa principauté a son fds. — Revenu contre les Turcs, le duc de Lorraine bat à Mohacz les quatre-vingt mille hommes du grand vizir (12 août) : réduction de l'Ksclavonic. — Les états de Prcsbourg déclarent la couronne de Hongrie héréditaire dans la maison d'Autriche (31 oct.). Léopold cède cette couronne à son fils atné Jo« seph, âgé de neuf ans (9 déc).
France.— Rupture avec le saintsiége, à l'occasion du droit de franchise que Louis XIV veut réserver à l'hôtel de son ambassadeur à Rome.
—Le château de Versailles est achevé. Les Caractères de La Bruyère.
— L'Oraison funèbre du grand Condé est la dernière prononcée par Bossuet. — Mort de Lully.
ftrèce. — Pendant le siège d'Athènes par Morosini et Kœnigsmark, le Parthénon, transformé en magasin à poudre par les Turcs, est endommagé par une explosion.
Italie. — A Rome, le prêtre espagnol Mollnos, auteur d'une doctrine dangereuse sur le quiétisme, est condamné par l'inquisition (août).
Russie. — La guerre contre les
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Tartarcs do Crimée est mal conduite par les Galltzln ; avantages stériles.
Turquie. — Les désastres irritent le peuple et l'armée. Disgrâce des ministres. Mahomet IV est déposé (9 nov.); il vivra encore quatre ans. En seize ans, quatre de ses fils passeront sur le trône.
Allemagne et Trance* —
Louis XIV prend l'avance sur les confédérés d'Augsbourg (scpt.)j occupation du Paiatinat.
Angleterre et Hollande. —
Naissance d'un prince de Galles {21 juin). Guillaume d'Orange hâte l'exécution de son projet d'usurpation :
armement maritime avec l'assentiment des États-Généraux, sous prétexte de rétablir la concorde entre Jacques II et ses sujets (manifeste du 28 oct.). Descente de Guillaume dans le Devonshire (15 nov.). 11 est reçu à Londres comme un libérateur (27 nov.). Attaqué par un de ses gendres , abandonné par l'autre , George de Danemark , méconnu de ses filles, Jacques 11 ne défend pas sa couronne. Louis XIV déclare la guerre à la Hollande (3 déc. ). Jacques débarque en France (2 déc).
Autriche et Turquie. — Après plusieurs aimées de blocus, la princesse Tekeli capitule honorablement dans Munkacz ( 1 7 janv. ). Albe-Hoyale est reconquise par les impériaux sur les Turcs (19 mai). L'électeur de Bavière leur enlève Belgrade après quinze jours de siège (G sept).
France. — Fondation de Chandemagor. — Histoire des variations des églises protestantes , par Bossuet. — Mort de Quinault.
Prague. — Mort de Frédéric- Guillaume (avril). Il laisse des États florissants à son fils Frédéric III, né d'une princesse d'Orange.
Allemagne— La secte mystique des piétistes commence à Lelpsick :
conférences chez l'Alsacien Spener,
prédicateur luthérien de la cour de Dresde. L'université de Halle devient un foyer de piélisme.
Allemagne et Trance* —
Louis XIV, sur les conseils de Louvois, fait incendier le Paiatinat (fév.). Mais Mayencc (sept.) et Bonn (ocu) se rendent au prince de Lorraine et à l'électeur de Brandebourg: la ligne du H h in est perdue pour les Français,
Angleterre. — Les deux chambres , réunies en convention , déclarent le trône vacant , y appellent Guillaume 111 d'Orange et sa femme, Marie , et leur fout signer la déclaration des droits qui limite la prérogative royale (févr. ) Leur sacre ( 1 1 avril ). Parti puissant des jacobiles, amis des Stuarts. — La déclaration des droits servira de base à la charte de Massachusets. Guillaume 111 laissera l'assemblée générale de cette colonie proclamer le principe qu'elle ne peut être taxée sans son consentement. L'accord sera rétabli entre la couronne, qui nomme ses gouverneurs, et les colonies de la Nouvelle-Angleterre, qui gardent encore des institutions démocratiques. — Daniel FoC crée la première Revue , journal périodique consacré à la politique et aux lettres.
Angleterre et France* — Jacques 11 a sa cour à Saint-Germain ; Louis XIV lui donne une flotte pour envahir l'Irlande : il ne peut prendre Londonderry. Louis XIV déclare la guerre à l'Angleterre (25 juin). — Lutte entre les colons des deux pays : l'Acadie est conquise par les seules forces des Anglo-Américains de Massachusets, Connecticut, New -York et le concours de quelques tribus indiennes.
Autriche* Turquie etVcnlae.
— Succès du nouveau vizir Mustapha-Koproli : il prend Widdin, Semendria et Essek, aux dépens de nouveau de l'Autriche. — La maladie force le doge Morosini à quitter la direction du siège de Malvoisie , la seule place qui restait aux Turcs en M orée.
France. — Fénelon est chargé de l'éducation du duc de Bourgogne.
— VEsthcr de Racine est jouée à Saint-Cyr.
Hollande. — Guillaume 111 garde le slatlioudéral et exerce, une puissante influence sur les Étals-Généraux
itussle. — Le czar Pierre, à dixsept ans, arrache le pouvoir au minisire GaliLzin et à sa sœur Sophie.
Son frère aîné Ivan n'a plus que le titre de czar. Faveur d'officiers étrangers, surtout du Génevois Lefort. — Traité avec la Chine (18 sept.).
Allemagne, Angleterre, Espagne, France, Hollande et Italie. — Louvois, jaloux du secrétaire d'État de la marine, Seignelay, active plus la guerre continentale que la guerre maritime. — Le duc de Savoie s'allie avec l'Espagne et l'empereur ( 3-4 juin ). — Dans les Pays-Bas, le maréchal de Luxembourg bat les impériaux à Fleurus (ltr juill.). — Stérile victoire de Tourville sur les flottes d'Angleterre et de Hollande (10). — Jacques H perd en personne la bataille de la Boyne, en Irlande, contre Guillaume (11). — Catinal bat le duc de Savoie à Staflarde , prend Saluées le lendemain 19 août et Suze le 12 novembre. — Les Anglais et les Français se font la guerre dans les Antilles et au Canada.
Angleterre. — Établissement dans le Bengale à Calcutta.
Autriche, Turquie et Venise.
— A la mort de Michel Abafli, les Turcs imposent pour quelque temps à la Transylvanie le comte Tekeli, dont la cause est perdue en Hongrie, et qui est bientôt forcé de se retirer a Constat! linople. — Malvoisie se rend aux Vénitiens qui prennent encore la Morée, sur la côte d'Albanie , Valona et Canina.
France. — Négociations de Bossuet avec Lcibnilz pour la réunion
des Églises catholique et luthérienne.
— Mort de Le Brun ; Mignard le remplace comme premier peintre du roi.
— Œuvre posthume de La Quiminie, célèbre agronome, qui a dessiné les jardins de Versailles.
Hollande. — Pendant vingt ans, plusieurs voyages de découverte au nom de la compagnie des Indes orientales, sur les côtes de la Nouvelle- Hollande en Océanie.
Italie* — Le duc de Savoie promet aux Provinces-Unies de rétablir les Vaudois dans leurs biens et de leur rendre la liberté du culte (oct.).
Russie. — Pierre se forme avec de jeunes Busses instruits par des officiers étrangers , une garde disciplinée, et plus fidèle que les strélitz ; il continue sa propre éducation militaire.
Allemagne, Espagne et France. — Succès des Français en Italie et dans les Pays - Bas. — Câlinât prend au duc de Savoie Villefranchc (mars), Nice (2 avril), Monlmélian (2ldéc. ). — Reddition de Mons à Louis XIV ( 7 avril ). Victoire de Luxembourg à Leuze, au nord de Condé, sur le prince de Waldeck.
Angleterre. — Limcrick et toute l'Irlande se soumettent à Guillaume.
Autriche et Turquie. — A Sa-
lenkemen, au nord - ouest de Belgrade, bataille sanglante et indécise entre le prince de Bade et les Turcs : Mustapha Koproli y est tué (10 août).
Danemark et Suède. — Traité de commerce avec la France.
Franco. — Mort de Louvois (16 juill.). — Racine donne Athalie.
Russie. — Le Danois Ilbrand-Ide
est envoyé en ambassade à la Chine pour préparer des relations durables de commerce. L'empereur Mantchou Hang-hi , qui règne depuis trente ans, est favorable aux chrétiens : il a livré presque tout le commerce du sud aux Portugais.
XVIIe SIÈCLB APRÈS J. C,
Allemagne, Angleterre, Espagne et Franee. — Désastre de la marine française à la Hogue, près 'de Cherbourg : Tourville n'avait que quarante - quatre vaisseaux contre quatre-vingt-dix (29 mai ). — Aux Pays-Bas , Louis XIV prend Namur (5 juin). Luxembourg bat Guillaume à Steinkerque, au nord de Mons (3 août). — Catinat est forcé à la défensive par le duc de Savoie, qui vient jusqu'à Embrun et jusqu'à Gap en Dauphiné. — Le maréchal de Lorges occupe et dépasse quelquefois la ligne du Rhin.
Allemagne* — Neuvième électoral créé en faveur de la maison de Hanovre.
liai le.— Un décret d'Innocent XII, auquel adhèrent les cardinaux, interdit le népotisme.
Russie* — Le czar fait construire par un Hollandais, au port d'Arkhangel , monte et conduit à travers la mer Blanche un vaisseau de grande dimension : c'est l'origine de la marine russe.
Suède. — Plaintes légitimes des Livoniens dont les privilèges nationaux ont été violés. Patkul, qui a parlé en leur nom, est obligé de fuir en Pologne, pour se soustraire au supplice.
A ngleterre , Espagne , France et Hollande. — Tourville capture des vaisseaux anglais et hollandais qui rapportaient du Levant une riche cargaison (I? juin). — Dans les Pays-Bas, victoire de Luxembourg à Nerwinde, à l'est de Louvain, sur le prince d'Orange (29 juill.); prise de Charleroi (11 oct.). — En Italie, la victoire de la Marsaille, près de Pigncrol (3 oct.), donne à Câlinât les abords de Turin. — Machine infernale employée par les Anglais contre Saint-Malo (nov.).
France. — Institution de Tordre militaire de Saint-Louis (10 mai). —
l'sage du papier timbré. — Mort de Mwc de la Sablière , chez laquelle La Fontaine vécut vingt ans (8 janv.) ; de Pélisson (7 fév. ) ; de la grande Mademoiselle de Montpcnsicr qui fait le frère du roi son héritier universel (5 avril) ; de Bussy-Rabutin (14 avril) ; de Mwe de Lafayette (mal).
Hollande. — Bantam, à l'extrémité nord-ouest de l'ilc de Java, est enlevée aux Anglais : l'Ile entière sera bientôt occupée.
Prusse. — L'électeur de Brandebourg, Frédéric III, fonde l'université de Halle.
Nielle. — Un grand tremblement de terre ébranle soixante villes et bourgades et coûte la vie à plus de cinquante mille personnes (9, 1 1 janv.).
Afrique. — Tunis passe sous la dominalion des Barbarcsques d'Alger et est forcée de leur payer tribut.
Angleterre, K»pagne, France et Hollande. — En Catalogne, belle campagne du maréchal de Noaillcs qui est d'abord vainqueur sur le Tech, à la frontière des Pyrénées (27 mai).— Activité de la guerre maritime. Les Anglais échouent contre Brest (19 juin). Un convoi de hlé français, qu'avaient enlevé les Hollandais, leur est arraché, à la hauteur du Texel, par Jean Bart ( 19 juin).
Les Anglais bombardent Dieppe qui est presque détruite (22 juill. )• le Havre (22 juill.) ; Dunkerquc ( 21 sept. ) — Campagne stérile du dauphin dans les Pays-Bas.
Autriche. — Le fils de Michel Abaffi, âgé de dix-sept ans, est forcé par l'Autriche de renoncer à la Transylvanie. — Le nom de Léopold Ragotzky sert de drapeau aux Hongrois et aux Transylvains mécontents.
Vranee. — L'Académie française achève son Dictionnaire, commencé depuis 1635. — Tournefort publie ses Eléments de botanique ; il est l'auteur d'une classification méthodique des genres et des espèces. — Débat
XVIIe SIÈCLE APRES J. C.
au sujet des ouvrages de M,M Guyon, sur la vie mystique; il devient personnel entre Bossuet et Fénelon qui va être nommé archevêque de Cambrai. Conférences d'Issy sur cette question du quiétisme.
Halle. — Mort du duc de Modène, François 11; il a enrichi sa capitale de la belle bibliothèque d'Esté, de l'Académie des Dissonanti, d'une université et de beaux travaux d'architecture.
Angleterre, Espagne, France et Hollande. — Mort de Luxembourg (4 janv.).— Les Français prennent Dixmude (juin), mais Guillaume d'Orange enlève Namur (4 août). — Les Anglais bombardent Saint-Malo ( 15-10 juill.), Dunkerque et Calais (août). Villeroi , par représailles, bombarde Bruxelles (15 août).
France. — La juridiction ecclésiastique et les appels comme d'abus sont précisés par un édit. — Établissement de la capitation, dont personne n'est exempt. — Bossuet publie la Défense de la déclaration de V Église de France» — Mort de La Fontaine (13 avril); du peintre Mignard (29 mai) ; du moraliste Nicole, une des gloires de Port-Royal( 1 6 nov.).
Russie. — Pierre assiège en vain Azof qui lui aurait ouvert la mer Noire. — Il répudie Eudoxie Lapoukin , mère du prince Alexis.
Turquie. — Avènement de Mustapha Il ( janv.) : moins indolent que ses deux frères qui l'ont précédé, il veut régner par lui-même et commande ses troupes en personne.
Angleterre. — Dernière tentative de Jacques II pour ressa'sir le trône.
Espagne. — Fondation de Pensacola qui deviendra le chef-lieu de la Floride occidentale.
France et Italie. — Le duc de
Savoie se détache de la ligue (4 juill.) : sa fille aînée, âgée de douze ans, est fiancée au duc de Bourgogne, âgé de
quatorze ans ; toutes ses places lui seront rendues, même Pignerol que la France a gardée soixante-huit ans.
France. — Nombreux anoblissements moyennant finances. — Mort de M"1* de Sévigné dont la correspondance embrasse vingt-cinq années du règne de Louis XIV (21 avril). — Le Joueur^ comédie de Hcgnard.
Pologne. — Mort de Sobieski (juin). La diète, qui ne veut pas de son fils pour roi, se partage entre le prince de Conti et l'électeur de Saxe, Frédéric-Auguste, qui l'emporte , mais n'est couronné qu'après avoir abjuré le luthéranisme (16 sept.).
Russie. — Pierre oblige Azof à capituler (28 juill.). — On commence à connaître le Kamtchatka, à l'extrémité orientale de la Hussie d'Asie.
Allemagne , Angleterre, Espagne, France et Hollande. —
La guerre n'est fructueuse pour les Français que sur mer. Duguay- Trouin enlève une flotte hollandaise.
De Pointis fait une riche proie à Carthagène, dans l'Amérique méridionale , sur les Espagnols. — Câlinât sert quelque temps dans les Pays- Bas. — Par la médiation de la Suède, paix de Ryswick, près de la Haye, avec l'Espagne, l'Angleterre, la Hollande (20 sept.) et l'empereur (30 oct.): Louis XIV restitue, surtout ce qu'il a conquis sur les Espagnols; il reconnaît Guillaume d'Orange comme roi légitime de la Grande-Bretagne.
Autriche et Turquie. — Victoire du prince Eugène à Zenla, au nord de Pélcrwaradein : les Turcs perdent leur grand vizir,dix-scpt pachas, trente mille hommes et trois mille prisonniers (Il sept.).
France. — A Rotterdam, première édition du Dictionnaire /u'storique et critique de Bayle. — Ouvrage posthume de d'Herbelot, Bibliothèque orientale.— Les Maximes des Saints de Fénelon prolongent la querelle du quiétisme. — Mort de Santeuil, célèbre par des poésies latines.
XVIIe SIÈCLE
Ruante. — À l'exemple du fils de Christian V qui a parcouru les cours de l'Europe et a passé un an à Paris, le czar voyage (avril ) par la Livonic suédoise et la Prusse ; il se rend en Hollande, où -il se fait ouvrier charpentier, à Saardam, près d'Amsterdam : il étudie la marine et lesscicnccs.
Suède.' — Mort de Charles XI (avril); son fils, âgé de quinze ans, Charles XII, ne veut pas de régence, et se fait déclarer majeur par les étals (27 nov.). Son couronnement (27 déc).
Danemark.— Guerre avec le duc de Holstcin-Gottorp et de Slesvig.
Kf»pafrne. — La Hollande, l'Angleterre et la France arrêtent à la Haye un projet de partage de la monarchie espagnole, comme si Charles H était mort (Il oct.) : le jeune prince électoral de Ravièro, 1« plus proche descendant des rois d' Espagne doit avoir l'Espagne proprement dite et les Indes; deux autres descendants, un prince de France et un archiduc d'Autriche, doivent avoir chacun une partie de l'Italie. Testament de Charles 11 en faveur du prince de Bavière, qu'il fait son héritier.
France. — Un conseil souverain est établi a Colmar. — Les intendants de chaque province sont chargés de préparer un état précis des ressources, des besoins, de l'organisation sociale des pays qu'ils administrent — Mort du savant historien Le Nain de Tillcmont, de Port-Royal.
Basile. - Pierre visite Londres (fév., mai); il enrôle beaucoup d'Anglais pour Arkhangel et Moscou. — Au retour il passe à Vienne (26 juin). La nouvelle de la révolte des Strélitz, que de son couvent la princesse Sophie a soulevés, le fait revenir précipitamment à Moscou (4 sept.) ; punition sanglante tirée des Strélitz: la milice est cassée. — Institution de l'ordre de chevalerie de Saint-André.
— Commencement du travail de jonction du Don au Volga par un canal.
APRÈS J. C. 591 1G99
Angleterre. — Dampier, qui avait déjà fait un voyage autour du monde, de 1G73 à ÎCOI, découvre dans l'Océanic la Nouvelle-Bretagne, et le détroit qui sépare cet archipel de la Nouvelle-Guinée.
Autriche, Pologne, Ru«*le, Turquie et Voulue. — Les Turcs, par le traité de Carlowitz (26 janv.), reconnaissent à l'Autriche toute la Hongrie en deçà de la Save, la Transylvanie et l'Esclavonie, mais gardent Temesvar et le pays hongrois au delà de la Save ; ils reconnaissent à la Pologne Kaminiecket la Podolie, mais gardent la Moldavie ; ils laisson t aux Vénitiens la Morde, les Iles d'Ëgine et de Sainte-Maure, et des places en Dalmatie ; aux Russes Azof.
Danemark. — Mort de Christian V (4 sept.). Il a établi une jurisprudence uniforme, et créé un code. Avènement de son fds Frédéric V, âgé de dix-huit ans.
Danemark, Pologne, mimmle et (Suède. — Frédéric V se ligue avec le roi de Pologne et le czar contre Charles XII, protecteur naturel du duc de Holstein, son beau-frère, qui est en guerre avec les Danois à l'occasion de l'évéché de Lubcck.
Espagne. — La mort du prince i)c Uavière remet en question le partage de la monarchie (6 févr.).
l'ranre. — Chamillart , honnête homme, mais incapable, devient contrôleur général des finances. — Mort de Racine à Paris (22 avril). — Innocent XII condamne les Maximes des saints de Fénelon. Louis XIV fait accepter la bulle comme loi d'État (août).— Kn Hollande, première publication du Télémaque qui enrichit la littérature française d'un nouveau genre de chef-d'œuvre. — Massillon, oratorien, prêche à Versailles devant Louis XIV.— Papin, de Mois, mérite, le litre de correspondant de l'Académie des sciences de Paris par ses travaux sur la vapeur, qu'il a le premier appliquée aux machines.
XVIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
im*»le« — Pierre change lecalen- ati l*r septembre : Tannée cômmen-
dricr russe qui comptait par les an- cera au 1er janvier et datera de l'ère
nées du inonde suivant l'ère des de I Incarnation suivant le calcul Ju~
Grecs et faisait commencer l'année lien non réformé.
APERÇU GÉNÉRAL jusqu'à la révolution française (4789).
Le xvin4 siècle , dont l'empreinte est sensible encore dans tout ce qui existe ou se passe autour de nous, est un âge intermédiaire entre le pouvoir absolu du règne de Louis XIV et l'ère nouvello des libertés civiles et politiques, que la révolution française a inaugurée en Europe. Les conquêtes pacifiques des idées qui détrônent les préjugés enfantés par l'ignorance , entretenus par lo despotisme, préparent de loin la destruction des abus, la régénération ou la chute des anciens gouvernements. Le goût des réformes, inspiré par les philosophes et les économistes , gagne déjà les ministres et les princes : ils se mettent à l'œuvre pour accorder au bien-être matériel des peuples, à leur amélioration civile, au commerce, à l'industrie, à l'agriculture, aux arts, tous les encouragements compatibles avec le maintien du pouvoir absolu. Dans la seconde partie du siècle , les abus commencent à être battus en brèche à peu près dans tous les États, et même en France, avant 4789. L'initiative du progrès, venant bien moins des conseils des rois que du cabinet des écrivains , vaut aux coryphées de la philosophie une gloire plus brillante et plus étendue qu'aux souverains leurs amis ou leurs persécuteurs : Pierre le Grand, Frédéric II, Joseph II, ne sont pas placés par la postérité plus haut que Voltaire.
Nous n'avons pas ici, comme au milieu du xvne siècle, un grand nom de roi qui domine presque exclusivement la scène politique : mais , à défaut d'un nom , des faits caractéristiques de l'ordre politique, intellectuel et moral tracent une ligne de démarcation profonde entre les deux moitiés du xvnr siècle, que nous fermons en
Pendant que l'installation de Philippe V, petit-fils de Louis XIV, *ur le trône d'Espagne , irrite et effraye les grandes puissances, et
XVIIIe SIÈCLE APRÈS J. C
altère en Occident l'équilibre européen, un nouveau trunc s'élève entre l'empire germanique, la Suède et la Russie : Frédéric, duc de Prusse , électeur de Brandebourg , se couronne de ses mains à Kœnigsberg. Ce prince, quoique dénué d'instruction, révère Leibnitz et fonde l'académie de Berlin. Le jeune roi de Suède, Charles Xlf, menacé par l'ambition de ses voisins , commence sa carrière en héros : il frappe le roi de Danemark, le roi de Pologne, Auguste do Saxe, et fait roi à Varsovie le Polonais Stanislas Leckzinski. La bataille de Narva, perdue, ne décourage pas le réformateur de la Russie : le czar s'installe près de la Baltique, dans les marais do la Néva; son génie dompte la nature, son despotisme ne recule pas devant des pertes immenses d'hommes et d'argent, pour faire sortir de ce sol fangeux, pestilentiel, menacé de continuelles inondations, une capitale, Saint-Pétersbourg.
Il paraît bien, à la mort de Guillaume d'Orange, l'ennemi persévérant de la France, que l'ébranlement causé par l'élévation d'un Bourbon sur le trône de Madrid était profond. La ligue contre Louis XIV ne perd rien de ses forces ni de ses prétentions. Comme roi d'Angleterre, Guillaume Ier a pour successeur Anne, filledeJacques II Stuart qui vient de mourir, et mariée à un prince danois. Liée par le pacte constitutionnel, elle ne peut rien pour les siens, elle continue la politique anglaise sur le continent et sur les mers, le général Marlborough gagne pour elle des victoires en même temps que le prince Eugène de Savoie pour l'empereur : la réunion définitive de l'Écosse à l'Angleterre par la fusion des parlements est la réalisation d'une pensée nationale des Stuarts. Comme stathouder de Hollande, Guillaume n'a pas de successeur : les républicains des Provinces-Unies craignent que cette dignité, en devenant héréditaire dans la maison d'Orange, ne se transforme en royauté.
Louis XIV est cruellement éprouvé dans les dernières années de son règne : la sagesse dans les conseils, l'habileté dans l'administration, le génie dans le commandement militaire, tout manque à la fois; les favoris gouvernent mal et perdent les batailles; le roi commet tour à tour la faute de ne pas se fier assez ou de se fier trop aux princes de son sang. L'Espagne, unie alors à notre destinée, perd Gibraltar, où les Anglais posent un pied solide. Le Portugal , en haine du monarque français des Espagnols, se jette dans les bras de l'Angleterre, dont l'influence sera pins durable et plus oppressive à Lisbonne que celle de la France à Madrid, car le mot fastueux de Louis XIV : « Il n'y a plus de Pyrénées » sera mis à néant par les susceptibilités nationales du peuple espagnol. L'année 4709 est fameuse par le désastre de Malplaquet , par un rigoureux
594 XTH!e SIÈCLE APRÈS J. C.
hiver, par la famine, triple malheur qui réduit Louis XIV à la dernière détresse; par l'avènement du P. Letellier, après le P. Lachaise, aux fonctions de confesseur du monarque septuagénaire. La diplomatie hollandaise se fait un jeu de déshonorer la France.
A l'autre extrémité de l'Europe, le héros d'aventure, Charles XII, succombe à Pultava : sa* retraite chez les Turcs lui donne un instant l'espoir de tourner contro les Russes vainqueurs les forces de la Porte , mais le czar Pierre échappe au danger par le traité du Pruth, œuvre hardie de sa femme Catherine.
La mort de l'empereur Joseph Ier, dont le successeur, l'archiduc Charles, prétendant depuis dix ans à la couronne d'Espagne, est trop puissant maintenant aux yeux de l'Europe; la disgrâce de Marlborough, les dispositions équitables des ministres d'Anne Stuart; la victoire brillante remportée à Denain parVillars, donnent à la France la paix tolérable d'Utreeht. Le négociateur Torcy, dernier ministre des affaires étrangères sous Louis XIV, de l'illustre maison des Pomponne et des Arnauld qui sont mêlés à l'histoire du jansénisme, peut prendro rang à côté des de Lionne, des Colbert, des Louvois, qui ont ouvert le grand règne. Le traité d'Utreeht reconnaît Philippe V roi d'Espagne, mais sans les Pays-Bas et l'Italie, qui demeurent à l'Autriche; sans la Sicile, qui doit former un royaume pour la maison ducale de Savoie. Cette royauté nouvelle gardera l'entrée des Alpes et les passages de la Méditerranée contre l'ambition des Bourbons de France et d'Espagne. La Prusse perd , dans ces temps-là, son premier roi, qui avait été aussi un des ennemis de Louis XIV. Le second, qui n'a pas plus le goût des études que celui d^s armes, se met en état de soutenir la guerre et même d'entreprendre des conquêtes : il prépare ainsi, à son insu, la gloire d'un fils qu'il déteste.
Les hostilités ont à peine cessé en Occident, que la bulle Unigeni- /us, dont les ministres de Louis XIV imposent l'acceptation, ranime pour un demi-siècle les dissensions religieuses. Jansénistes et molinistes, évôques, parlements, universités, congrégations ecclésiastiques, se jettent dans la mêlée : le scandale de pareilles querelles nuit à la foi. Ces tristes débats, une dette publique énorme, une administration livrée au favoritisme , des mœurs en décadence , tels sont les maux de la France, lorsque la mort de Louis XIV fait roi un enfant de cinq ans, son arrière-petit-fils, seul survivant d'une nombreuse et brillante lignée royale. La reine d'Angleterre est morte un an auparavant : un prince allemand protestant, électeur de Hanovre, commence une nouvelle dynastie qui subordonnera souvent la politique britannique à ses intérêts sur le continent.
XVIIIe SIÈCr.8 APRÈS J. C.
En Orient , les folies de Charles XII profitent à tous les ennemis de la Suède : l'aventurier redevient roi depuis le siège de Stralsund qu'il ne peut cependant pas sauver.
Le traité d'Utrecht n'est qu'une trêve pour les Bourbons d'Espagne qui ne renoncent pas à l'espoir de régner sur l'Italie comme autrefois les descendants de Charles-Quint : c'est un but qu'ils poursuivront pendant trente-cinq ans.
Diverses causes peuvent encore renouveler la guerre en Europe. En France , l'annulation du testament de Louis XIV par le parlement a donné la régence à Philippe, duc d'Orléans : Philippe V d'Espagne, dominé par l'orgueil de sa seconde femme, Élisabeth do Parme, par les intrigues do son ministre le cardinal Albéroni, prétend au titre de régent ou môme de roi de France ; le duc du Maine, l'aîné des fils de Mme de Montespan , prince légitimé, seconde la conspiration espagnole. Les prétentions de la famille Stuart au trône d'Angleterre; l'alliance secrète, mais dévoilée , d'Albéroni avec Charles XII , pour renverser la maison de Hanovre , n'auront pas un résultat meilleur. George lrr se fortifie en Angleterre par la suspension do Ykabeas corpus, par l'empire qu'il prend sur le parlement déclaré septennal ; au dehors il s'allie avec le régent de France, qui assume sur sa mémoire la responsabilité des honteuses négociations de Dubois.
La mort de Charles XII, qui sauve l'Europe de nouvelles craintes de guerre, délivre la Suède d'un roi qui l'a réduite au dernier degré d'épuisement et de servitude. Les Suédois se vengent sur le baron de Goerlz, premier ministre de Charles; ils sentent la nécessité de tempérer la puissance souveraine ot ne défèrent la couronne à la sœur de Charles XI l que par une élection libre et en modifiant la forme du gouvernement, mais ils transportent tous les pouvoirs dans le sénat, et par là préparent do longs troubles.
La France et l'Angleterre attirent à elles, contre l'Espagne, la Hollande et l'Autriche; la paix de Passarowitz termine à propos la guerre de l'empereur, uni aux Vénitiens, contre les Turcs : le prince Eugène perd un théâtre do gloire. Philippe V ne désarme les puissances alliées qu'en renvoyant Albéroni.
A l'intérieur, la régence du duc d'Orléans est fameuse par les honteuses débauches de la cour; par l'insolence du parvenu Dubois, le plus pervers des minisires, le plus scandaleux des prélats; par le dérèglement général des mœurs, la subversion des fortunes, les fureurs de l'agiotage, résultat de la confiance accordée au système de Law ; mais aussi , à quelques égards , par le progrès des lumières, par les encouragements donnés aux lettres, à l'industrie et au com-
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merce. La majorité de Louis XV ; la mort de Dubois et du duc d'Orléans qui ont été chacun premier ministre, l'un après l'autre, le maître après le valet; le gouvernement du duc de Bourbon, prince du sang, et de la marquise de Prie, sa maîtresse; le mariage du jeune roi avec la fille d'un roi détrôné, Stanislas Leekzinski , remplissent l'intervalle de la régence au ministère du cardinal Fleury. Dans les États où la royauté est absolue, lorsque les ministres sont les rois, c'est que les peuples vieillissent ou s'affaissent : l'époque triomphante de Richelieu a été une heureuse exception pour la France,
La Russie n'en est pas là encore : Pierre le Grand ne fait que de mourir. 11 n'a rien négligé pour transporter dans son inculte patrie l'industrie et les lumières de l'Occident : mais ses voyages en Europe ne lui ont appris à être ni moins despote , ni moins cruel; les mœurs sont plus difficiles à modifier que les lois : le réformateur asservit l'Église et se fait le bourreau de son propre fils. Sa femme, Catherine Ir% est digne de lui succéder, mais ne règne que deux ans.
Deux longs ministères commencent presque en môme temps. Dans un pays constitutionnel , en Angleterre , Walpole fonde la politique intérieure sur la corruption ; mais des guerres heureuses dans le nouveau monde, les progrès toujours croissants de la marine illustrent même alors le règne de George II. En France, Fleury, premier ministre à soixante-treize ans, suivra pendant dix-sept ans, jusqu'à sa mort, ses immuables routines, opprimant avec modération, persécutant avec politesse les ennemis de la bulle Unigenitus ; son amour de la paix , sainte vertu du prêtre, ne tient pas contre les provocations des courtisans ou des négociateurs étrangers qui flattent la vanité du ministre.
Les efforts tentés pour rendre la couronne de Pologne au beaupère de Louis XV mettent la France en guerre avec l'empire. Les Bourbons d'Espagne gagnentseuls à cette lutte nouvelle ; le royaume des Deux-Siciles reste à l'infant D. Carlos; la maison de Savoie qui a dù , depuis quinze ans, échanger la Sicile contre la Sardaigna, s'arrondit dans le Milanais ; la Lorraine et la Toscane changent do maisons princières. L'empereur Charles VI ne meurt en paix avec les Turcs qu'en leur rendant la Valachie, la Servie et Belgrade.
Le grand nom de l'époque est en Orient : Thamas Kouli-khan, la terreur de l'Asie pendant vingt-neuf ans, après avoir disposé du trône de Perse, saisit pour lui-même la dignité suprême sous le nom de Nadir-schah. Vainqueur des Tartares, des Turcs, du grand Mogol, il pille les trésors de Delhi , démembre l'Indostan, épouvante par son despotisme ses propres sujets, ses officiers, ses parents, qui à la fin l'assassinent.
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En Occident, paraît Frédéric H : ce prince, qui sera le plus célèbre monarque du xviii* siècle par les armes et par la politique, qui aspire au double renom de conquérant et de philosophe, malgré son sincère amour des lettres, pratiquera les maximes du despotisme et ne dédaignera pas toujours les doctrines dp Machiavel, qu'il a réfutées. La tolérance n'est pas difficile à pratiquer pour un déiste, mais on l'admire sur le trône de saint Pierre. L'esprit aimable , et les mœurs douces, qui n'excluent pas les vertus austères, concilieront à Benoît XIV les hommages même de la Prusse, de la Russie, de l'Angleterre. La mort de l'empereur Charles VI est le signal d'une guerre de succession pour Marie-Thérèse sa fille, les électeurs de Saxe et de Bavière, gendres de son frère aîné Joseph 1er; guerre d'ambition pour le roi de Prusse, qui convoite la Silésie; pour les rois de Sardaigno et d'Espagne, qui voudraient se substituer aux Autrichiens dans l'Italie: la France poursuit contre l'Autriche, mais avec des ressources insuffisantes, la politique de Richelieu. La chute de Robert Walpole et la mort de Fleury n'influent pas sur la politique générale do l'Europe. Mais la France est réduite à regretter le vieux cardinal, parce que le règne des maîtresses commence aussitôt après sa mort : l'avènement de la marquise de Pompadour est de 1746. Marie-Thérèse perd la Silésie qui restera à la Prusse, mais le duc do Bavière, qui s'est fait proclamer empereur sous le nom de Charles VII, conserve à peine sa terre électorale, et meurt épuisé par le chagrin : son jeune fils renonce à toute prétention sur la succession autrichienne. La brillante journée de Fontenoy, et l'occupation d'une partie des Pays-Bas par les Français vainqueurs, n'empêchent pas Marie-Thérèse de faire élire et couronner empereur à Francfort son époux, François Ier, qui est grand-duc de Toscane depuis la paix de Vienne. Le traité d'Aix-la-Chapelle affermit la maison d'Autriche , ou ne sert qu'à agrandir les possessions des Bourbons d'Espagne : la marine française est tombée bien au-dessous de celle de l'Angleterre. La Hollande, menacée d'une invasion par Louis XV, est revenue au stathoudérat, en en faisant pour la maison d'Orange une sorte de monarchie héréditaire tempérée par quelques restes d'institutions républicaines ; toutes les espérances de la maison des Stuarts, dont la France était complice, ont été ruinées dans la journée de Culloden. Le long règne de Philippe V d'Espagne, qui a commencé avec le siècle, avait fini deux ans avant cette paix, si favorable à sa maison; son fils Ferdinand IV saura placer sa confiance dans d'habiles ministres, amis du bien des peuples. La plupart des gouvernements entrent dans la voie des réformes, ardemment provoquées par les esprits spéculatifs. La Russie attendra près
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de quinze ans lo véritable successeur de Pierre le Grand , Catherine II : elle est déjà mariée à l'héritier présomptif d'une couronno qui a été placée sur tant de tètes de 4725 à 4763.
L'influence littéraire du grand siècle auquel est attaché le nom de Louis XIV se continue à peine dans les dernières années de sa vie. La chaire et la littérature ecclésiastiques ont encore Fénclon, qui survit onze ans à Bossuet , et meurt la même année que le grand roi. Massillon, déjà célèbre par ses prédications, ajoute à nos chefs-d'œuvre le Petit carême de 4717, prêché devant le jeuno Louis XV. La littératuro profane est variée, mais sans éclat : les recherches diplomatiques de Mabillon, les travaux d'érudition de Montfaucon , des comédies de Regnard, des tragédies de Crébillon, des odes et des épigrammes de J. B. Rousseau , des éloges académiques de Fontenelle , même Y Œdipe de Voltaire , essai d'un poëto de vingt -quatre ans, caractérisent moins l'époque que les Lettres persanes de Montesquieu, données en 4724.
Le Véronais Mafféi , par sa tragédie de Métope (4743) commence une réforme dans l'art dramatique en Italie. Le Napolitain Gravina compose une poétique, et recherche, en habile jurisconsulte, l'origine et le sens des lois anciennes. Un poète lyrique, Métastase , qui est né à Rome d'une famille pauvre, par sa Didon abandonnée, excite à Naples un universel enthousiasme, quelques mois après l'apparition de la Henriade de Voltaire en France : il ira chercher fortune à la cour d'Autriche. Écrire contre l'autorité temporelle du saint-siége, en Italie même, était une chose trop hardie pour que l'Apulien Giannone, auteur d'une histoire civile du royaume de Naples, ne fût pas persécuté.
Lesouvragesde l'Allemand Stahl, écrits en latin, élèvent la chimie au rang des sciences. Leibnitz, auquel Leipsick sa patrie, Berlin, Saint- Pétersbourg, même Dresde et Vienne, doivent de puissants encouragements donnés aux études, ne meurt qu'en 4716. New Ion lui survit de quelques années en Angleterre, où s'exercent en différents genres Addison, Prior, Swift, Pope, qui, à vingt et un ans, publiait déjà son poëmesur la critique en 4709 : son Essai sur l'homme (173!) est le chef-d'œuvre de la poésie philosophique. Bolingbroke, ancien ministre d'Anne Stuart et négociateur de la paix d Utrecht, tour à tour proscrit et réhabilité , avide d'agitation politique, ennemi de la révélation chrétienne, passionné pour l'étude des lettres, est lo précurseur de Voltaire.
En France, les déplorables controverses du jansénisme, qui enfantent tant de libelles et de scandales, sont cause de la disgrâce do Rollin. Privé de toute fonction dans l'université de Paris, il consa-
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cre aux lettres les dernières années de sa vie : la science morale et pratique do l'éducation, l'histoire des peuples de l'antiquité, exposée avec les monuments littéraires de la Grèce et de Rome, sont ses titres de gloire. Montesquieu fait une révolution dans Fart historique par son livre sur la Grandeur et la Décadence des Romains (1734). Voltaire étonne, excelle dans tous les genres. Brutus, César, Mahomet , mis sur la scène , aussi bien que des personnages dé l'époque des croisades ou des héros du nouveau monde; l'Histoire de Charles XII ; les Lettres philosophiques ; l'esquisse du Siècle de L/)uis XIV ', Y Essai sur les mœurs et l'esprit des nations; l'étude des sciences dans la retraite; son voyage à Berlin auprès de Frédéric H, roi despote et bel esprit, pour lequel la philosophie et les
> lettres étaient un passe-temps mais non un enseignement, disent l'activité merveilleuse, la tolérance, le bon sens, mais aussi les tendances déistes, la haine de l'Église, le caractère adulateur du grand écrivain. Il n'a plus guère à concevoir de pensées nouvelles, utiles pour l'humanité, glorieuses pour sa mémoire : tant il a exploré déjà le champ des idées. Il continuera de marcher dans les carrières qu'il
s'est ouvertes.
Les progrès des sciences exactes sont attestés par l'invention du thermomètre de Réaumur, et par les résultats des voyages qu'entreprennent, dans le nord do l'Europe, quatre savants français pour déterminer la mesure et la figure de la terre. La Hollande possède, dans Boërhaave, le plus célèbre médecin de l'Europo, qui renferme en un seul système général l'histoire, les causes, les symptômes, et le traitement de toutes les maladies.
Le milieu du xvme siècle est un moment de crise pour la France. La dignité royale se dégrade avec Louis XV. La royauté de l'esprit se partage entre Montesquieu qui publie l'Esprit des lois; Buffon qui donne les premiers volumes de son Histoire naturelle; J. J. Rousseau qu'un premior succès de rhéteur et de sophiste enhardit à rechercher l'origine de l'inégalité sociale parmi les hommes, à réformer à la fois l'homme et l'État; Voltaire enfin qui domine tout le siècle. Voltaire, après avoir joui tour à tour de la protection de M,nc de Pompadour, de la duchesse du Maine, du bon duc de Lorraine, Stanislas Leckzinski , et du roi de Prusse, trouvera la liberté et l'aisance du grand seigneur dans le pays de Gex; il deviendra lo patriarche de Ferney. Il enrichit à la fois les deux scènes do la tragédie et de la comédie; il crée un nouveau genre de romans, tout en achevant ses grands travaux d'histoire; mais quelques-uns de ses ouvrages souillent sa mémoire et son talent : l'un d'eux est une
mauvaise action. Diderot et d'Alembert fondent l'Encyclopédie qui est comme une tribune offerte aux orateurs de la raison en guerre avec la religion révélée. L'Italie perd Muratori, érudit infatigable qui a rendu de grands services à l'histoire nationale. L'Écossais David Hume, historien et philosophe, est impunément sceptique. Lessing créo la littérature de l'Allemagne; par la critique et l'analyse, il pose les lois de l'art et de la poésie. L'Angleterre et bientôt l'Europe se passionnent pour la brillante production de Richardson, Clarisse Harlotce. Rousseau donne coup sur coup le Contrat social, qui sera le symbole do foi de la démocratie révolutionnaire; la Nouvelle Hèloïse, qui pervertit les cœurs faibles et ardents; VÉmile, code hardi et impraticable d'éducation privée et de croyances déistes : ce dernier ouvrago vaut des persécutions à son auteur. Le* parlement de Paris ne ménage pas plus les philosophes que les protestants et les jésuites; le jansénisme, devenu une faction odieuse et ridicule, obtient cependant l'expulsion des jésuites, qui est un triomphe pour les philosophes.
La France , dont le génie littéraire éclairait le monde, n'a ni un gouvernement moral ni une politique habile. Elle se laisse séduire à l'alliance de l'Autriche, qui veut disputer à la Prusse le premier rang sur le continent. La guerre de Sept ans ruine sa marine; les Anglais ravissent ses dernières possessions du continent américain et fondent un empire durable dans l'Indostan. Ils sont peu sensibles aux dévastations du Hanovre par les armées françaises; ils comptent sur les ressources et sur l'ambition du roi de Prusse, qui no s'effraye pas de l'apparition des Russes, alliés des Autrichiens, aux frontières de ses États slaves. L'acte le mieux conçu du ministère de Choiseul , l'union de toutes les branches des Bourbons, n'est pas fécond alors : l'Espagne, notre alliée, perd la Géorgie et est indemnisée par la Louisiane. Ces passes d'armes , ces joutes savantes où se déploient toutes les inventions de la tactique épuisent d'hommes et d'argent les grands États de l'Europe. Mais la Prusse sort entière de la lutte méditée pour sa ruine : l'agriculture, le commerce, l'industrie, réparent pour elle les maux de la guerre. En Angleterre aussi, les intérêts matériels, puissamment encouragés, profitent do la suprématie maritime que William Pitt a assurée à sa patrie.
Les pays qui avaient subi le plus longtemps, et avec le plus de patience, le despotisme du clergé et de l'aristocratie, secouent violemment le joug. La haine pour les ordres monastiques est fatale aux jésuites en Portugal, en Espagne, en France, à Parme, etc.; presque partout les classes privilégiées s'applaudissent de la chute de cette compagnie, dont les institutions
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sont un objet de défiance même pour des catholiques sincères. Les cours de Madrid et de Lisbonne remettent le pouvoir aux mains de ministres réformateurs : les lettres et les arts ont leur part de protection royale, comme tout ce qui touche au bien-être matériel, et à l'amélioration morale des peuples, l'instruction , la justice, l'industrie, l'agriculture. La science s'empare de toutes les grandes questions d'économie sociale et politique ; les sectes d'économistes ont des maîtres illustres en France et en Angleterre : c'est une mode maintenant de vouloir le bien des masses. Les théories philanthropiques abondent, même à la cour du roi de France qui est l'esclave, depuis la mort de Mme de Pompadour, d'une éhontéo courtisane; môme à la cour de Catherine II, la Messaline du nord, qui ne recule ni devant le meurtre de son mari , ni devant le démembrement de la Pologne : victorieuse il est vrai de tous ses ennemis sur terre et sur mer, bienfaitrice du commerce, des arts et des sciences, mais trop vantée par les philosophes. La France, qui alors s'agrandissait de l'île de Corse, juste à temps pour que Napoléon naquît français, assistait au supplice do Lally-Tollendal, à Paris; au procès de La Chalotais en Bretagne, en représailles de la chute des jésuites; à la disgrâce du duc de Choiseul qui pouvait être fier de son exil ; au triumvirat ministériel de l'abbé Terray qui accrut a force d'infidélités le désordre des finances, du chancelier Maupeou, le créateur de ces cours do justice scrviles qui, avec moins de dignité que les parlements dissous, n'avaient ni plus de tolérance ni plus de lumières, du duc d'Aiguillon qui laisse, en 1772, partager les provinces polonaises entre les cours rie Russie, de Prusse et d'Autriche. La malheureuse Pologne avait pour roi un ancien favori de la czarine, Stanislas Poniatowski qui pendant tout son règne trahit par faiblesse la cause nationale. Une noblesse toujours anarchique, des dissidents religieux provoquaient l'intervention étrangère. Les troubles do ce pays sont l'occasion d'une guerre de la Porte contre la Russie. En Suède les factions servent d'instrument à l'asservissement de la patrie : le roi Gustave III renverse les lois et rétablit le despotisme. La reine de Danemark est exilée pour adultère, le premier ministre expie sa complicité par des tortures et une mort violente. L'Allemagne, toujours aux mains de Marie-Thérèse, quoique son fils aîné Joseph ait le titre d'empereur depuis la mort de François Ier, peut envier à la Toscane l'administration la plus sage qu'on ait vue jusqu'alors en Europe, celle du frère de Joseph, Léopold. A Parme, règne un Bourbon d'Espagne, élève du philosophe français Condillac : la doctrine anglaise de la sensation doit à Condillac les curieuses applications qu'ila
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faites de la théorie de la pensée à Part du langage, aux connaissances morales et politiques, môme à l'histoire. A Rome, soit tolérance, soit faiblesse, Clément XIV abroge la bulle in cœna Domini, attentatoire aux droits des couronnes temporelles, et supprime Tordre des jésuites, aboli de fait dans la plupart des États.
Si l'audace philosophique est condamnable dans ses excès, si la piété chrétienne s'indigne que Dieu lui-môme devienne la proie do la science, les secrets, les lois de la nature physique doivent tomber dans le domaine de la raison commune. « Le xvir siècle avait pénétré jusqu'aux profondeurs de l'espace pour y découvrir la forme, elliptique des astres, mesurer leur grandeur, assigner la force respective de leurs attractions. Les observations du x vu i« se portent sur notre globe, sur la matière qui le compose, l'atmosphère qui l'entoure, les fluides mystérieux qui l'agitent, les êtres variés qui l'animent. A la fondation véritable de l'astronomie succède celle de la physique, de la chimie, de l'histoire naturelle positive; à Galilée, à Képler, à lluyghens, à Newton, à Leibnitz succèdent Franklin, Priestley, Lavoisier, Berthollet, Laplace, Volta, Linné, BufTon et Cuvier. » (Mignet, Vie de Franklin.) Le mathématicien Euler, que la France peut revendiquer à cause do ses Lettres à une princesse à" Allemagne, expose avec clarté les vérités les plus importantes de la mécaniquo, de l'astronomie, de l'optique, de la théorie des sons; Condorcet compose ses premiers ouvrages de mathématiques; l'Américain Franklin publie sa théorie de l'électricité, et apprend à éviter les effets terribles de la foudre. La Suède a un grand naturaliste, Linné; le Français Bernard de Jussicu forme une nouvelle classification botanique , et bientôt Lavoisier renouvellera la science de la chimie; l'Anglais Jenncr découvrira la vaccine. L'ardeur des voyages maritimes, qui étendent les limites du monde connu, se communique de l'Angleterre à la France, à la Hollande, même à la Russie : les terres océaniques, les régions polaires sont explorées, les missions chrétiennes y suivront bientôt les navigateurs. La vérité est un tissu de merveilles sous la plume des navigateurs Bougainville et Gook. VHistoire des deux Indes du Français Raynal, l'Histoire de l'Amérique de l'Anglais Robertson, déjà célèbre comme historien de Charles-Quint , paraissent à quelques années l'une de l'autre : la première surtout est empreinte profondément de l'esprit philosophique. Dans ce moment même, les colonies anglaises de l'Amérique septentrionale deviennent le théâtre d'une révolution.
L'Angleterre, le seul pays d'Europe qui eut une tribune politique, llustréc alors par de grands orateurs, subit les conséquences de son
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ambition et de sa trop grande puissance : la crise financière est permanente, le déficit ne peut être arrêté que par l'augmentation des impôts; les chambres autorisent le gouvernement à faire participer les colonies aux charges de la métropole. Les colons américains qui n'ont pas de représentants dans le parlement britannique, où se volent les taxes, s'affranchissent, par l'insurrection, des préteniions de l'Angleterre. Deux grandes luttes mettent à l'épreuve en même temps le gouvernement anglais : il se défend péniblement contre les Américains qui publient en 1776 leur acte d'indépendance; il est engagé dans une longue guerre avec Haïder-Ali, roi de Mysore, qui veut l'empêcher de compléter son empire des Indes. La question américaine devient presque une question européenne : tous les grands États s'y trouveront indirectement associés. La seule guerre qui occupait le vieux continent finissait alors : la Porte ottomane a fait des sacrifices de territoire et d'honneur pour obtenir (1774) la paix de Catherine II; l'ambition do la maison d'Autriche en provoqua une nouvelle do courte durée, à la mort de l'électeur de Bavière, en 1777. Le gouvernement de Louis XVI, inauguré par des réformes, dues à la volonté libérale du roi, et à l'influence de ses ministres Turgot et Malesherbcs, les hommes les plus vertueux et les plus éclairés du siècle, s'intéresse avec ardeur et sincérité à la cause des Américains : on saisit cette occasion de réparer les malheurs de la guerre de Sept ans et d'effacer le traité de 1763, désastreux pour les colonies de la France. Au début de la guerre d'Amérique, beaucoup d'illustrations s'éteignent à la fois : William Pitt, qui csi, devenu lord Chatham, le naturaliste Linné, le Suisse Haller savant, médecin et auteur de poésies allemandes; J. J. Housseau, cinq semaines après Voltaire, dont la correspondance embrasse plus d'un demi-siècle et en retrace presque toute l'histoire politique et littéraire. La mort du roi de Portugal Joseph a eu du retentissement en Europe, parce qu'elle a entraîné la disgrâce du ministre Pombal que son excessive sévérité avait fait détester do tous ceux qu'atteignaient ses réformes : c'est lui cependant qui a régénéré l'administration portugaise. La guerre d'Amérique s'étend sur toutes les mers, quand l'Espagne et la Hollande s'allient contro les Anglais à la France : le plan de la neutralité armée proposé à l'Europe par Catherine II restreint les prétentions de suprématie maritime de la Grande-Bretagne. La mort de Ma rie-Thérèse nechango rien à la politique de l'Europe. Mais son fils, l'empereur Joseph II, prétend à la même gloire, montre le môme despotisme, et recueillo autant de haines que le ministre de Portugal, le comte de Pombal; même avec des lumières et de l'humanité, il ne réussit pas, à cause
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do la violence de son caractère, dans ses entreprises de réformes : il faut plus que des intentions généreuses, il faut du tact et des circonstances heureuses pour accomplir le bien. Toutes les puissances engagées dans la guerre d'Amérique y trouvaient de la gloire, mais sans profit. La chute du cabinet de lord North est suivie de la paix avec les Américains, dont l'indépendance est reconnue : les Hollandais, les moins favorisés des aIHés des États-Unis, fournissent quelques indemnités à la Grande-Bretagne; Tippoo-Saeb continue, comme son père Haïder-Ali, la guerre défensive dans l'Indostan.
La France et la Hollande sont agitées à l'intérieur : les patriotes voudraient chasser les princes d'Orange , qui sont rois de fait avec le titre de stathouders; le parlement est insatiable de réformes, et provoque, à son insu, une révolution. Ces privilégiés, qui parlent de régénérer et de sauver l'État , refusent de sanctionner les impôts nécessaires pour combler le déficit et conjurer la banqueroute, dès que la taxe ne respecte plus leurs privilèges. Le banquier génevois Necker n'est pas plus heureux que Turgot au contrôle général des finances : il se retire sans attendre la mort du vieux Maurepas, bel esprit de cour jusqu'à quatre-vingts ans, et insouciant des maux de l'État. M. de Galonné entretient un crédit factice à force i d'emprunts. Les finances sont en Angleterre aussi un objet d'inquiétudes et de scandales : le procès de Warren Hastings, gouverneur général de la compagnie des Indes, qui commence à s'instruire devant le parlement, dévoile des exactions inouïes.
Les cinq années qui précèdent 4789 sont marquées par le dissentiment élevé au sujet de l'Escaut entre l'empereur, souverain des Pays-Bas autrichiens, et les Hollandais, dissentiment qu'apaise la médiation de la France ; par la nouvelle tentative de l'empereur Joseph H pour joindre la Bavière à l'Autriche, réunion qu'empêche le vieux roi de Prusse ; après la mort de Frédéric II, par le concours armé que prête son fils au stathouder de Hollande, Guillaume V d'Orange, contre les patriotes; par le voyage triomphal de Catherine II à travers les provinces méridionales de son empire jusqu'à la Crimée, devenue récemment province russe; par la guerre nouvelle de la Porte contre la Russie et l'Autriche qui convoitent les bouches et le bassin inférieur du Danube; enfin par l'insurrection du Brabant et des Pays-Bas, et par la révolte imminente de la Hongrie contre le gouvernement despotiquement réformateur do Joseph II.
Les ministres de Louis XVI se risquent à convoquer une assemblée de notables, représentation des classes privilégiées et non do la nation entière, pour chercher des remèdes à la crise financière:
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Je gouffre du déficit est seulement mis à découvert, ci se creuse de plus en plus. Des courtisans parlent en secret de faire un appel aux cours plénières : le projet est éventé. L'ouverture des états généraux consentie par une royauté confiante, et animée encore d'intentions généreuses, puisqu'elle rappelle Necker aux finances, commencera la révolution française, au moment où la constitution fédérale de la république américaine met un terme à la grande révolution du nouveau monde : Washington , le héros de la guerre d'indépendance, est le premier président élu par les États-Unis en 4789.
i 700. foi de Pologne : le traité de Vienne
Danemark, Pologne, Rus- l'autorise à prendre le titre de roi de
oie et Suède.- Un général polo. Prusscï '» promet 4 l'Autriche un
iiaisenTaliitlaLivoniesuédoise(fév.), fcc.?urs de d,x l,,llle hommes contre
et assiège Riga : la seule approche des la * rance-
Suédois suffit pour la délivrer (mai). 4701*
— Charles XII vient lui-même battre *n«.„««.«^ -
les Saxons du roi Auguste, près de ^ï™^
Riga (jmllO.-Ses armées ont sauvé |M- ' ^ « » w—J* -
lexd?.C**i * AJÎ aYT Toutes les puissances, moins l'Au-
pénétré dans le cœur du Danemark tp|c| reconnaisscnl ,e nouveau rol
i impose à Frédéric IV ;P"letreiM ^Espagne. Louis XIV a le tort de
de Traventhal à 1 ouest de Lubeck cons£rvber a Philippe V ses droits
l'obl.ga ion de restituer toutes les pla- de successibilité à la couronne de
ces qui! avait prises au duc (18 août). F, u fa|t cnregistrer par ,e
-- Quelques instants de repos en parIenient dc Paris des lettres pa-
Suède ; victoire à Nervi, dans l'In- £ a ce 8Ujel ( 3 fcvr )# L^u-
gr.e sur les troupes plus nombreu- triche commeJncev |a guerre dite de
ses du czar. la 8UCCeS5ion d'Espagne. Hostilités
Khâgne et France.— Nouveau en Italie; la Savoie est pour les traité de partage dc la monarchie Bourbons, Venise reste neutre. L'emespagnole , signé à Londres par la pereur oppose en Italie d'abord au France et l'Angleterre (3 mars); à la maréchal de Catinat, puis a Villeroi, Haye par les Ëtats-Généraux(26 mare), le prince Eugène de Savoie, dont — Le testament de Charles II, rappe- Louis XIV avait dédaigné les sériant les droits de Marie-Thérèse qu'a- vices : les Français sont battus à Carpi vait cependant annulés une renon- (9 juill.) et à Chiari (P'sept.). — dation formelle en 1659, institue Grande alliance conclue à la Haye pour héritier unique Philippe d'An- entre l'empereur, l'Angleterre et la jou, âgé de dix-sept ans, second fils Hollande (7 sept. J. — Louis XIV a du dauphin , né d'une princesse de pour lui le roi de Portugal et le duc Bavière (2 oct.). — Mort de Charles II de Bavière dont le frère est électeur (l#r nov.). Son testament est accepté de Cologne : le duc de Savoie devient par Louis XIV (6 nov.). Philippe V le beau-père de Philippe V(l l sept.), est proclamé à Madrid (24 nov.). Angleterre. — Dill qui règle
îTiiMMo. — Frédéric III veut être l'ordre de succession au trône : après
l'égal de l'électeur de Saxe, devenu Guillaume, la princesse AnneStuart,