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CINQUIÈME PÉRIODE

APERÇU GÉNÉRAL

L'histoire contemporaine ne sera pas , comme les périodes précédentes, l'objet d'un aperçu général. L'intérêt qui s'attache aux événements et l'importance des acteurs demanderaient , au lieu d'un court résumé, des jugements suivis, une appréciation morale et politique qu'il serait téméraire d'essayer en face de révolutions qui n'ont pas produit encore tous leurs effets, et de personnages qui n'appartiennent pas encore à la postérité. Nous distinguerons seulement dans cette période de soixante-trois ans , remplie d'événements si nombreux et si divers , quatre phases du mouvement européen : de 4789 à 4799, la révolution française ; de 4799 à 1815, la domination de Napoléon; de 4815 à 4848, l'exercice du gouvernement représentatif dans plusieurs des États qu'a reconnus le congrès de Vienne, l'affranchissement de la Grèce et de la Belgique; de 4848 à 4852 , les efforts de la démocratie et du socialisme, et la restauration du principe d'autorité. L'Angleterre et la Russie seules n'ont pas changé. La Russie garde ces traditions de despotisme qui font redouter, pour l'avenir de la liberté et de la civilisation , les triomphes de sa politique et de ses armes. L'Angleterre échappe aux orages intérieurs par sa fidélité aux principes constitutionnels de 1688 et par son esprit sagement réformateur. Son génie commercial sait , comme sa politique , s'inspirer de la liberté : après avoir résisté au système du blocus continental, elle offre au monde le libre échange, en même temps qu'elle poursuit l'abolition de la traite des nègres. Les merveilleux effets de la vapeur et de l'électricité semblent inviter les peuples à se rapprocher et à mettre en commun leurs découvertes industrielles. La contagion de l'exemple donné par les États-Unis s'est étendue , depuis 4815 , à toutes les régions du nouveau monde où les républiques naissent sans effort, mais ont une existence si agitée et si incertaine, qu'on ne croirait pas à la durée de cette forme de gouvernement, même en Amérique, si l'on n'avait devant les yeux la prospérité toujours croissante de la patrie de Washington.

Un nouveau monde, l'Océanie, est, depuis 4789, comme découvert et peuplé. L'ancien Orient a vu tomber ses barrières. L'Indo est une province d'un royaume européen, la Perse le champ de ba-

C64 xvnr siècle après j. c.

taille où luttent les influences rivales de l'Angleterre et de la Russie. La Chine a été obligée d'ouvrir ses ports au commerce de toutes les nations. Le Japon lui-même est menacé de sortir de son isolement séculaire; et la vieille Afrique, cernée par la France au nord , par l'Angleterre sur tout son pourtour, entre elle-même dans l'immense mouvement qui enlace le monde des raille liens du commerce.

4 789. France. — A l'approche des états

, w h généraux, formation de réunions po-

MilHerrr. - Nouvelle guerre m du nom |a|§ de c|ubs.PLc

contre T.ppo-SaCb, avec 1 alliance C|u|> Breton est le berceau de la sodés Malirattes. cjëlé des jacoDjns> Désignation des Autriche* — L'exécution des dé- partis à l'occasion des élections : décrets de réforme cause une révolu- mocrates, aristocrates. — Troubles à lion dans le Brabant et le Hainaut Paris : une populace furieuse dévaste (2 janv. ). Los Autrichiens farinent la maison et la manufacture de pal'université de Louvain et les col* piers peints de Hévedlon , au faulég^s d'Anvers et de Matines; sup- bourg Saint- Antoine ( 29 avril ). pression de la charte de joyeuse en- Révolte a Marseille le 30. — Ou vertréc du Brabant (18 juin). Défaite des ture des états généraux à Versailles Autrichiens (27 oct.). Joseph II ré- par le roi, après une procession sovoque en vain Pédit du 18 juin (22 lennelle (4, 5 mai); 291 membres nov.). Bruxelles est au pouvoir des du clergé; 270 de la noblesse; 584 rebelles (déc. ) ; ils convoquent pour du tiers état, qui a vingt-trois voix le 1 1 janvier un congrès national. de plus que les deux autres ordres

Autriche * Danemark . Il ut*- , -,

..e, .„cdc 'et T..r.,..,e. -1 Apres IT^

réunis. Discours de Louis XVI; rap-

le coup d'Etat d'avril, qui rend son

et des dépenses : il propose divers

mence les hostilités conlrc les Rus- 1?"' ,a °'l des1c'»l>",uls— L« «°™

ses , mais sa nolte est battue à l'A \ " (,ans,la8a le co»;.mu»<'- Les

Swenda-Sund, .lans le Skager-Rak ^bats au sujet de la ver.I.caUoiulcs

(24 août). Le Danemark est obligé Pouvoirsréïèlcntnetlemenilapensée

de se déclarer neutre (9 iuill.). - d" «'«« <«e «*ncenlr«r en une seule

Souvarov gagne sur les Turcs la ba- asse,mblf '? T\] "

taille de Koks. l.any, au nord -est î"?11^ la. «alion «

de la Valacl»ic(3l juill.). Journée *"««•» ï juin) : Iw depuié.

plus décisive à Martinestie. près du *onn\ lcs •'«""«"•"ont vcr.flés se for-

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(lo nov.). : , 1 „

v r ' près avoir donné une nouvelle Con-

Klato-unlfl. — La constitution stilution à la France ( 20 Juin), présentée en 1787 à l'adoption de Séance royale (23 juin); après le détous les Ltats, est enfin sanctionnée part du roi, Mirabeau , un des dépar tous. George Washington est putés du tiers, quoique noble, décide élu président — Population totale : le tiers à ne pas se retirer: « Nous 3 930 000 âmes. sommes ici par la volouté du peuple,

XVIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes. > La personne des députés est déclarée inviolable (493 voix contre 34). A la démaille du roi, te clergé et la noblesse se réunissent au tiers état (27 juin). L'assemblée nationale se déclare constituante (9 juill.). — Disgrâce de Neckcr, ordre royal d'exil (11 juill.). fermentation dans la capitale. Atroces excès commis par quelques milliers de forcenés (12. 13 juill.). Prise de la Bastille par le peuple parisien ; il démolit la prison des privilégiés (14 juill.). Le roi consent au renvoi des troupes allemandes , qu'avait demandé l'assemblée ( 15 juill. ). — Commencement de l'émigration :

fuite du comte d'Artois, dernier frère du roi , du prince de Condé et de sa famille (16 juill.), et bientôt de beaucoup de gens de la cour. — Bailly est nommé maire de Paris ; le héros rie la guerre d'Amérique, La Fayette, commandant de la milice parisienne.

Adoption de la cocarde tricolore. — Le roi vient à Paris pour calmer l'effervescence du peuple, dont il recueille encore les acclamations (17 juill.}; ii retourne à Versailles où 11 sera dominé par la reine et les cou rtisans. — Nouveaux troubles à Paris ; vengeance atroce de la populace sur l'octogénaire Foulon et son gendre Bcrthicr (22 juill.).- Rappel de Necker; il est fait premier ministre (28 juill.) , recomposition du cabinet.

Nuit du 4 août: l'assemblée, avec un élan sublime de patriotisme dont l'exemple est donné par les privilégiés , abolit tous les privilèges; ces résolutions , formulées en dix-neuf articles, sont présentées au roi. L'assemblée décerne à Louis XVI le titre de restaurateur de la liberté française ( 1 3 août). Elle décrète la liberté des opinions religieuses et de la presse les 23 et 24. — Ardente discussion au sujet du veto que le roi pouvait mettre aux décrets de l'assemblée : Mirabeau combat avec une grande éloquence, mais sans succès, la proposition du veto suspensif qui permettait , quand une loi avait été

refusée par le roi , de la représenter dans la législature qui suivait immédiatement celle où le roi aurait apposé son veto (I I sept.). Repas offert par les gardes du corps aux officiers du régiment de Flandre arrivé à Versailles (1er oct.). Le même jour est présenté au roi le premier chapitre deja nouvelle constitution, intitulé : des Droits de l'homme. — Émeute mise en branle à Paris, surtout par des femmes du peuple qui se plaignent de la cherté et de la rareté du pain (6 oct.); portée jusqu'à Versailles où sont massacrés les gardes du corps dans le palais même (6 oct.). — Le roi est forcé de revenir a Paris : il est reçu à l'hôtel de ville entre deux haies de piques; il se rend aux Tuileries. L'assemblée nationale vient siéger à Paris ( 12 oct. ); elle s'installera dans le manège, près des Tuileries, du côté de la rue Saint- Ilonoré. — Décrets de l'assemblée :

les biens ecclésiastiques sont mis à la disposition de l'assemblée (2 nov.)* les parlements resteront en vacance jusqu'à nouvel ordre, le 3; création des assignats, hypothéqués sur le produit des biens ecclésiastiques dont la vente est ordonnée jusqu'à concurrence de quatre cents millions (17 déc.) ; aliénation des domaines de la couronne ; confiscation des biens des émigrés (22 déc). — Le premier numéro du Moniteur officiel parait le 5 mai. — Journaux issus de la révolution. A l'ouverture des états généraux, Mirabeau fuit le Courrier de Provence, Gorsas le Courrier de Versailles, Brissot le Patriote français, Barrère le Point du jour.

La veille du 14 juillet apparaît le plus populaire, les Révolutions de Paris, rédigé par Louslalot-Prudhomme ; la veille des 6 et C octobre, l'Ami du peuple, parMarat; les Annales patriotiques , par Carra et Mercier. Bientôt après, le Courrier du Brabants de Camille Desmoulins, le plus spirituel de tous ; puis, l'un des plus violents, l'Orateur du peu~ pic, par Fiéron, fils du célèbre ennemi de Voltaire. Deux hommes prê-

chaient la république , Brissot et C.

Desmoulins. — Création delà société des Amis des arts (juill.).— Mort de Joseph Vernet,le premier paysagiste français.

«aède. — Gustave III s'est fait donner, malgré la noblesse, par les trois ordres du clergé , des bourgeois et des paysans , un pouvoir presque illimité, et surtout le droit de faire la guerre ou la paix en vertu de l'acte de réunion et de sûreté (avril). 11 casse le sénat.

Turquie.— Mort d'Abdul-Hamid.

— Avènement de son neveu Sélim 111, âgé de vingt-huit ans (avril).

Angleterre. — Burkc, dans ses Réflexions sur la révolution française^ s'en déclare l'adversaire acharné.

Autriche. — Toutes les provinces belges, excepté le Luxembourg, proclament leur indépendance (4 janv.)..

Congrès national à Bruxelles. L'empereur s'adresse au saint-siége, à l'Angleterre, à la France, à la Prusse pour faire rentrer ses peuples dans le devoir. — Symptôme d'insurrection en Hongrie. L'empereur rétablit la constitution hongroise ( janv. ) , renvoie à Bude la couronne de saint Étiennc, maintient seulement l'édit de tolérance et l'abolition de la servitude. — Sa mort à quarante-neuf ans (20 févr.j. Son épilaphe par lui— .même : « Ci-gît Joseph II qui fut malheureux dans toutes ses entreprises. » Son frère, Léopold II, âgé de quarante-trois ans, grand-duc de Toscane, lui succède d'abord comme roi de Bohême et de Hongrie, et souverain des Pays-Bas. 11 ne garde des réformes de Joseph II que celles qui sont compatibles avec les constitutions des Etats. La révolte du Brabant continue.

Autriche^ Pologne ? Pruswe, Russie , Suède et Turquie. —

La défiance de la Prusse à l'e^arcl de 1 Autriche et de la Russie l'engage a

contracter alliance avec la Porte : une

armée est envoyée en Silésie ( 16 janv.). Espoir de la Pologne : Frédéric -Guillaume promet aux Polonais de les défendre, s'ils sont attaqués pour cause de réforme de leur Constitution (29 mars). — Succès des Autrichiens contre les Turcs, dans les réglons du Danube, sous le prince de Cobourg : à la suite d'un tremblement de terre, les Turcs, superstitieux , évacuent Orsova , à la limite de la Transylvanie , de la Valachie , de la Servie (16 avril). Les Autrichiens arrivent à Widdin et à Giurgevo, qu'ils ne peuvent prendre. — Succès des Russes contre les Suédois , sur mer , à Swenska-Sund , où ils avaient été battus dix mois auparavant (9 juill.). — Au congrès de Reichenbach, en Silésie (du 27 Juin au 27 juill.), la Prusse, la Hollande et l'Angleterre promettent d'aider l' Autriche à soumettre les Belges, si elle veut conclure la paix avec la Porte séparément de la Russie et ne prétendre par le traité à aucun agrandissement de territoire ; Léopold s'engage à rétablir l'ancienne Constitution des Pays-Bas. — Léopold renonce au grand-duché de Toscane, en faveur de son second fllsl'archiducFerdinand 21 juill.). — Paix de la Suède avec a Russie, sans profit pour la Suède (14 août); ses finances sont appauvries. Trêve de neuf mois entre l'A'utrichc et la Porte (19 sept.). Les hostilités ne continuent qu'entre les Turcs et Catherine II. — Léopold est élu empereur d'Allemagne (30 sept.).

11 s'engage par sa capitulation impériale à réclamer auprès de la France en faveur des princes allemands qui viennent d'être dépouillés de leurs anciens droits dans les provinces de Lorraine , de Franche-Comté , d'Alsace. — Répression de l'insurrection belge : les Autrichiens partout vainqueurs occupent Limbourg, Verviers à l'est de Liège (sept.), ÎS'amur (25 nov.), Bruxelles ( 3 déc.) et bientôt Ostende. La convention de la Haye entre l'Angleterre, la Prusse et h Hollande, garantit les Pays-Bas à

l'empereur (10 déc). — Progrès des Russes : Souvarov prend d'assaut la ville d'Ismaël , tête de défense de la frontière ottomane, sur la branche la plus septentrionale du bas Danube :

il y fait un horrible carnage (22 déc). — Ouverture du congrès de lzistovc, entre Nicopolis et Giurgevo, pour décider de la paix entre l'Autriche et la Porte (30 déc). Catherine II ne veut pas encore poser les armes.

^tatft-Unl*. — Mort de Franklin (1 7 avril) ; deuil public de deux mois.

France • — Fermentation révolutionnaire. Exécution du marquis de Favras, accusé de conspiration contre l'assemblée ( 18 janv.). Troubles à Marseille, à Bordeaux , à liéziers, difficilement réprimés (fdvr.). — L'assemblée pose les bases d'une nouvelle organisation administrative, civile et judiciaire ; elle proclame l'égalité de tous devant la loi (21 janv.), et fonde l'unité territoriale de la France; elle absorbe les pouvoirs de la royauté et enchaîne l'Église.

La division en provinces, qui rappelle des différences locales d'intérêts et d'usages , fait place à quatrevingt-trois départements qui tirent leurs noms de distinctions toutes physiques, de fleuves et de montagnes (15 janv.) : subdivision des départements en districts, cantons et municipalités. Le roi, au sein de l'assemblée, s'engage à défendre et à maintenir la constitution. Tous les députés prêtent serment de fidélité a la nation, à la loi et au roi (4 févr.). Suppression des vœux monastiques (13 févr.). Égalité des partages dans les successions, suppression des substitutions et des droits des aînés, abolition des droits seigneuriaux (24 févr.). Création de la municipalité de Paris, divisée en quarante-huit sections (C mai}. Sur la proposition de M. de Talleyrand, évéque d'Autun, décret au sujet de rétablissement de l'uniformité des poids et mesures; des académiciens français devront s'entendre avec la Société royale de

Londres pour déterminer l'unité des mesures nouvelles (8 mai). A l'occasion de l'équipement de quatorze vaisseaux, ordonné par le roi, l'assemblée discute à qui appartient le droit de faire la guerre et la paix , et s'attribue résolument ce droit malgré Mirabeau (22 mai). La liste civile du roi est fixée à vingt-cinq millions (9 juin). Avignon renonce à obéir au pape et décrète sa réunion à la France (11 juin). Suppression de tous les titres de noblesse , des ordres militaires, des livrées, des armoiries, de toute espèce de distinction entre les Français ( 19 juin). L'assemblée fixe le nombre des métropoles ecclésiastiques et des évéchés (7 juin), et décrète la constitution civile du clergé ( 1 2 juill.) : quatre-vingt-trois évéchés , autant que de départements, au lieu de cent trente-cinq ; suppression des chapitres, abbayes, prieurés, chapelles et bénéfices; les évéques et les curés seront nommés par les mômes collèges électoraux qui disposeront des administrations civiles; les vicaires formeront un conseil permanent auprès des évéques; les curés choisiront leurs vicaires. Cette Constitution rendait les curés presque indépendants des évéques, et les évéques du pape. Le roi ne voulut pas se prononcer aussitôt sur un décret qui troublait sa conscience. — Féle nationale de la Fédération au Champ de Mars ( 14 juill.) : des députés de tous les corps de l'année , des quatre-vingt-trois départements, la garde nationale de Paris, le roi, sont unis dans un même serment pour la défense de la constitution; la messe est célébrée par l'évêquc Talleyrand. — Création des juges de paix et des tribunaux de conciliation ( 5 août).

Abolition du droit d'aubaine le (?.

L'institution du jury est posée en principe pour le jugement des affaires criminelles le 10. Les ecclésiastiques sont exclus de toute s fonctions publiques comme incompatibles avec leur ministère le 25.

— Insurrection militaire à Nancy;

XVIIIe S1KCI.E APRES J. C

trois régiments se mettent en révolte contre leurs officiers ( août ). Nouveaux troubles clans le midi, surtout à Nîmes. — Démission du ministre Seckcr (4 sept. ) ; il sort «le France, chargé «le malédictions, et se relire a rentrée de la Suisse, dans sa terre de < oppel. — L'assemblée constituante, après sa retraite, s'empare de la direction du trésor public. Suppression des parlements et des cours de justice : nouvelle organisation judiciaire (7 sept ); le tribunal de cassation sera constitué le lOnov. émission de huit cents millions d'assignats pour acquitter la dette publique; quatre cents millions étaient déjà en circulation (20 sept.).— Le roi change ses ministres «Je la guerre, de la marine, des sceaux ( 2(» oci.j. — L'assemblée décrète «pic les évtVjucs, les curés , tous b s ecclésiastiques , tous les fonctionnaires publics doivent jurer serment de fidélité à la nation, à h loi et au roi, maintenir la constitution, suivre les décrets relatifs à la constitution civile du clergé (27 nov.); il y eut beaucoup de réfractaires. — Le roi donne enfin sa sanction à la constitution civile du clergé (20 dite): cinquante-huit ecclésiastiques au sein de rassemblée , le curé Grégoire le premier, prêtent serment à celle constitution ( 27 déc. ). — La maréchaussée de France a reçu le titre de gendarmerie nationale (21 déc).

Allemagne. — Mort de Mozart, l'auteur de Don Juan , à trentesix ans.

Angleterre. — Le Canada est divisé par le parlement en deux provinces, haut et bas Canada, ayant chacune un gouverneur et un conseil exécutif nommé par le roi , un conseil sur le modèle de la chambre des loids, cl une assemblée législative «(ont les membres sont élus par les colons domiciliés.

Autriche et Turquie* — Trailé de paix signé à Izistove ( 4 août) :

l'Autriche ne garde que le territoire

de l'Unna, affluent à droite de la Save, frontière de la Croatie autrichienne et de la Croatie turque, et Vieux-Orsova. sur la rive gauche du Danube, entre la Transylvanie autrichienne et les provinces turques de Valachic et de Servie.

^tata-lnl». — Le territoire de Vermonl, détaché de New- York, forme un nouvel État.

France.— Menace de l'Autriche :

l'empereur porte plainte au nom des princes allemands qui avaient des possessions en Alsace; l'assemblée constituante décrète une augmentation de troupes ( 28 janv.). Bientôt les chefs des émigrés, le comte d'Artois, le prince de Coudé et le prince de Holtau , lèvent des soldats à Coblentz et à Worms. — Le serment civique est refusé par la plupart des membres ecclésiastiques de l'assemblée , par les curés de Paris et par les évéques (janv.) : serment P'ôté par l'archevêque de Sens, Loménie de Brienne, ancien ministre, par les évêtjues d'Autun et d'Orléans qui se sont jetés dans les fonctions civiles et ont fini par se marier; par l'é\é(|tic de Viviers, le Jean-Jacques du clergé. Sacre des premiers évéques constitutionnels à Paris, par les mains de M. de Talleyrand (25 fév.).

Des brefs de Pie M ( 10 mars, 13 avril), menacent «les peines de l'Église les ecclésiastiques qui se soumettront à la constitution civile. — Violences de la révolution. Le peuple de Paris se porte à Vincennes (28 févr.); il ne peut démolir que h^s parapets du donjon. Quelques centaines «le jeunes gens, dévoués à la personne du roi qui paraît menacée au milieu des excès des partis , échappent avec peine à la fureur populaire : on les a appelés les Chevaliers du poignard. — Décrets constitutifs: établissement des tribunaux de commerce dans les principales villes du royaume (4 janv.) ; abolition du privilège de la compagnie du Sénégal, le commerce de cette colonie devient libre pour tous les Français;

XVIII* SIÈCLE Al'RÈS J. C.

abolition (lu monopole pour la culture du tabac (12 fé\r.); suppression des jurandes, des maîtrises et des corporations, qui affranchit toutes 1< s industries le 13; création des patentes qui serviront de base a un impôt productif sans oppression le 13 ; abolition des droits d'entrée perçus aux barrières de Paris; tarif de douanes qui laisse entrer franches de droits les matières premières et les subsistances (15 mars). — Mort de Mirabeau , le plus grand orateur de rassemblée constituante, qui dans ses derniers jours s'était fait le défenseur de la monarchie (2 avril ).

Deuil public; funérailles nationales:

il est le premier déposé a l'église Sainte-Geneviève qui devient, par un décret de l'assemblée ( 4 avril ), le Panthéon, et sera le tombeau des grands hommes. — Le roi n'est pas même libre de se rendre à Saint- Cloud ( 1 8 avril). — Reconsti lu lion des ministères (27 avril ) : la charge de ministre de la maison du roi est supprimée et remplacée parle ministère de l'intérieur; celle de contrôleur général desfinancesdevienilc ministère des contributions et des revenus publics; les titres de chancelier cl de garde des sceaux font place à celui de ministre de la justice, chargé du sceau de l'État— Institution de la haute cour de justice, chargée de connaître de tous les crimes et délits des grands fonctionnaires publics, et des crimes contre la sûreté de l'État; elle est composée d'un haut jury et de quatre grands juges, pris parmi les membres du tribunal de cassation (10 mai \ — Concession des droits civils aux mulâtres des colonies (15 mai); ce sera une cause de luttes terribles cuire les mulâtres et les blancs à Saint-Domingue. — M. Guillotin, docteur en médecine , fait adopter la machine inventée par lui pour l'exécution des sentences capitales (31 mai). — Un décret de l'assemblée ôlc au roi le droit dé faire grâce (5 juin). — Fuite du roi avec la reine, ses enfants et sa sœur, par la route de Montmédy, tandis que Monsieur se dirige

vers Mous (20 juin). Reconnu à Varennes, au nord-ouest de Verdun , il est ramené à Paris, accompagné par trois députés (25 juin), et sera comme prisonnier de la nation dans son palais. — L'assemblée qui ne songe pas à renverser la monarchie ordonne qu'un gouverneur sera désigné pour l'héritier du trône (28 juin). — Ordre aux émigrés de rentrer en France sous deux mois (9 juill.). — Translation au Panthéon des cendres de Voltaire ( 1 1 juill.) ; celles de J. J. Rousseau y seront portées le 27 août. — Seconde fédération (14 juill.).— M. de Rouillé, le général des troupes de Lorraine , qui devait favoriser la fuite du roi, est renvoyé pour être jugé devant la haute cour qui siégera à Orléans (1 5 juill.). — Un décret suspend le roi de ses fonctions jusqu'à ce qu'on lui ait présenté la constitution. Des pétitionnaires, qui demandent la déchéance du roi, se rassemblent au Champ de Mars ; proclamation de la loi martiale; le muire Railly et le chef de la garde nationale La Fayette, dissipent les rassemblements par la force ( 17 juill.).

Imposition triple sur les biens des émigrés qui ne sont pas rentrés (30 juill.). — Germes de guerre civile.

Agitation de la Vendée par suite du serment demandé aux ecclésiastiques ; l'assemblée y envoie deux de ses membres (juill.). — Danger extérieur de la révolution. Congrès de Pilnitz , en Saxe, au sud -est de Dresde; l'empereur et le roi de Prusse promettent aux émigrés français et offrent à Louis XVI l'appui des souverains allemands; le comte d'Artois y assiste : la déclaration de Pilnitz est publiée le 27 août. — Le mariage est déclaré n'être aux yeux de la loi qu'un simple contrat civil (août). — La Constitution est terminée ( 3 sept. ); elle est présentée au roi par soixante membres de l'assemblée. Le roi envoie sa sanction (13 sept.). La Constitution, qui porte en tète la déclaration des droits de l'homme, déclare la France une monarchie héréditaire; le pouvoir 14-

XVIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

gislatif appartient à une assemblée de députés élus par la nation, le pouvoir exécutif au roi dont la personne est déclarée inviolable et sacrée. Louis XVI vient à rassemblée, il signe la constitution et jure de la maintenir ( 14 sept.). — Avignon et le comtat Venalssin sont déclarés partie intégrante de la France; les réclamations des princes allemands possessionnés en Alsace sont mises à néant (23 sept.). — Dernière séance de l'assemblée constituante; le roi y vient annoncer la clôture des travaux de l'assemblée ( 30 sept.). L'œuvre immortelle de la constituante, dans ses dispositions fondamen taies, étrangères à la forme du gouvernement, régit encore la France.

— Ouverture de l'assemblée législative (1er oct.); elle est plus hostile à la royauté que la constituante : les clubs ont décidé des élections, dont ont été écartés, par un décret du 20 mai, tous les membres de la première assemblée. Un décret substitue au titre de roi de France celui de roi des Français, et abolit les mots Sire et Majesté ( «1 oct. ) : le décret fut rapporté le lendemain.

— Mouvements d'insurrection plus vifs en Vendée et en Bretagne; des troupes sont envoyées contre les chouans. Massacres dirigés par l'atroce Jourdan, à Avignon; à Marseille, a Aix , troubles sanglants. — Sur la demande de Louis XVI qui déclare avoir accepté la Constitution, le roi de Prusse et l'empereur d'Allemagne retirent leur offre de protection armée (ifi oct.).— Convention entre la Suède et la Russie (19 oct.): Gustave 111 veut se mettre à la tête d'une sorte de croisade monarchique contre les révolutionnaires de France.

— Le roi oppose son veto aux décrets de l'assemblée qui menacent de mort les émigrés s'ils ne rentrent pas en France au 1er Janvier, et privent de leur traitement les prêtres s'ils ne prêtent pas le serment civique (nov.).

— Pélion, ennemi déclaré de la royauté, est nommé maire de Paris, à la place de Bailly ( 17 nov.). —

Léopold II proteste contre le décret du 23 septembre qui anéantit les réclamations des princes allemands en Alsace (3 déc). Le roi \ient annoncer à l'assemblée qu'il est prêt à traiter en ennemis les princes allemands qui favoriseront les rassemblements d'émigrés dans leurs Etals (14 déc). Rochambeau et Luckner, sont nommés au commandement des armées du Nord et du Rhin (1G déc).

— Après une émission d'assignats en novembre, on en crée encore pour cinq cents millions (17 déc).

Italie. — Mémoire du Bolonais Galvani sur les propriétés électriques qui constituent le galvanisme.

Pologne. — Nouvelle constitution, après une longue discussion, décrétée par acclamation (3 mai) :

royauté héréditaire destinée à la maison électorale de Saxe, après la mort du roi régnant; abolition du liberum veto et de la loi d'unanimité; pouvoir législatif exercé par la diète qui se compose du roi, du sénat, des nonces, et se réunit tous les deux ans ; pouvoir exécutif par le roi et par six ministres responsables ; les habitants des villes libres éliront leurs juges et auront des députés à la diète ; protection de la loi et du gouvernement promise aux paysans; mais les nobles gardent leurs droits et leurs prérogatives. Déclaration solennelle de la diète contre les fauteurs de désordres intérieurs et d'oppression étrangère. Enthousiasme dans toute la Pologne. — Offre honteuse du roi de Prusse : il soutiendra la nouvelle onstitution, si la Pologne veut lui céder Thorn et Dantzig, sur la basse Vistulc (23 mai) ; refus de la Pologne. La maison de Saxe refuse l'expectative de la couronne polonaise.

Priis*c* — Nouveau code, œuvre de Carmer, grand chancelier (20 mars).

Buftslc et Turquie» — Préliminaires de paix , signés à Galaiz, sur le bas Danube (1 1 août). — Dépit de Poteinkin qu'un nouveau favori,

XVIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

Platov-Zouboff , remplace auprès de Catherine II. Sa mort presque subite (15 oct.).

Allemagne , Autriche et Prusse. — Alliance de l'Autriche et de la Prusse contre les révolutionnaires de la France (7 févr.). — Mort «te l'empereur Léopold II ( 1er iuars^fton fils aîné François II , âgé de vingt-quatre ans, lui succède aussitôt en Bohême et en Hongrie ; il est couronné empereur (14 juill.).

Angleterre. — Les Anglais s'avancent jusqu'à la capitale de Tippoo- Saëb , Scringapatam , et l'obligent à leur abandonner la moitié de ses États, à payer une forte contribution de guerre (18 mars). — Premier volume de la Philosophie de l'esprit humain , par l'Écossais Dugald- Stewart, élève de Reld, dont les Recherches sur l'entendement humain datent de 1763.

Danemark.. — Refus de se joindre à l'Autriche et à la Prusse contre la France (avril). — Décret pour faire cesser à la fin de l'année la traite des nègres dans les colonies (îG mal).

KNpagne. — Disgrâce, exil du premier ministre, le comte Florida Blanca, que remplace le comte d'Aranda, autrefois ambassadeur et ministre sous Charles III (9 janv.).

Ktats-IJnls. — Décret pour la fondation d'une capitale fédérale, du nom de Washington, sur le Potomak entre la Virginie et le Maryland : elle ne sera le siège du gouvernement qu'en 1800, après la mort du président

Vranee et Autriche, Prusse, Savoie. — Des ministres et des fonctionnaires publics sont, par la volonté de l'assemblée, décrétés d'accusation et renvoyés devant la haute cour d'Orléans (janv.) ; même le chef de la garde dite constitutionnelle , donnée à Louis XVI. — Le roi choisit ses ministres parmi les plus modérés du parti révolutionnaire, les

Girondins dont l'éloquence, rarement prévoyante, est appuyée, chez quelques-uns, sur de solides vertus :

Joseph Servan, à la guerre; Roland, à l'intérieur ; Clavières, banquier de Genève, aux finances (mars). — Prohibition de tout costume ecclésiastique et religieux (6 avril). — Peine de la déportation décrétée contre les ecclésiastiques qui ne se soumettront pas à la constitution civile du clergé (2G avril). — L'assemblée n'attend pas l'invasion imminente des Autrichiens : elle fait déclarer la guerre à François II par Louis XVI (20 avril). Premières hostilités à la frontière de Flandre et de Hainaut , malheureuses pour les Français. Assassinat du général Théohald Dillon, accusé de trahison. Création nouvelle de trois cents millions d'assignats. Succès de La Fayette devant Maubeuge; le vieux Luckner, maréchal, prend Menin, Ypres et Courtrai (20 juin). —Projet déformation d'un camp de vingt mille hommes sous Paris, à l'occasion de la guerre éirangère; présenté par le ministre de la guerre à l'insuduroi , il est accepté par l'assemblée (4 juin). — Opposition du roi aux décrets du 26 avril et du 4 juin ; il renvoie ses ministres girondins qui emportent les regrets de la nation et de l'assemblée. — Journée des clubs et des faubourgs contre la royauté constitutionnelle ( 20 juin) :

les Amis de la Révolution, siégeant dans le couvent des Jacobins de la rue Saint-Honoré, et la Société des droits de l'homme, Inspirée par les passions ardentes de Robespierre, de Danton et de Marat, siégeant dans la maison de l'Observance des Cordeliers , en face de l'école de chirurgie, lancent les sans-culottes des faubourgs Saint - Marceau et Saint-Antoine contre le château des Tuileries ; ni la garde nationale , ni le maire Pétion ne défendent la famille royale, la vie même du roi est menacée : le peuple se retire , Louis XVI garde le titre de roi. La Fayette quitte l'armée du Nord comme pour menacer les factieux qui ont

672 XVIir SIKCLB APRÈS J. C.

violé la constitution; il retourne au semblée décrète qu'une Convention camp, sans avoir rien fait (30 juin), nationale sera formée, que le chef l'étion et Manuel t le procureur gé- du pouvoir exécutif est provisoirenéral de la commune, sont protégés ment suspendu de ses fonctions, par l'assemblée contre le directoire du Nouveau ministère, où rentrent Serdépartcmenl de Paris (juill.). — Vie— van, Roland, Clavière; îMongeala la ti on du territoire français par les marine ; Danton, la justice; Lebrun, Prussiens (juill.). Démission du mi- les a (Tu ires étrangères. La famille uistère Dumouriez (9 juill.). Décret royale et Louis XVI seront enfermés pour une levée de quatre cent ciu- dans la tour du Temple. Le brasquante mille hommes; la patrie est seur Santerre, un des auleufLdtt 10 proclamée en danger (1 1 juill.) , en- août, est fait commandant de^rÇarde rôlemculs volontaires. Nouvelle fédé- nationale parisienne. Beaucoup d'arration au Champ de Mars (14 juill.). restations. Tribunal extraordinaire Ardeur des clubs et des fédérés; pé- pour juger ce qu'on appelle les critilionspour la suspension du pouvoir mes du 10 août , c'est-à-dire tout ce exécutifet le jugement du roi. Arrivée qui a été fait pour la défense du roi à Paris des volontaires marseillais (18 août). La Fayette passe à l'étranqui ont rendu populaire le chant ger avec une partie de son état-major de guerre de la révolution, la Mar- (20 août) : on les arrête; ils seront scillaise, composé par Rouget de enfermés à Wesel, puis à Magdcrisle,natirde Lons-le-Saulnier. L'em- bourg, enfin à Olmutz, en Moravie, pereur et le roi de Prusse arrivent à — Le ma récital Lucknerest remplacé Mayence ; le roi de Sardaigne se dé- par le général Kellermann (23 août), clare contre nous ( 23 juill.)* Mani- Les Prussiens prennent Longwy, au feslc des puissances, signé par le duc nord-ouest du département de la de Brunswick , général en chef des Moselle (23 août), Verdun se rend, armées coalisées ( 26 juill.). Déclara- Frédéric-Guillaume marche vers Pation des princes français, datée de ris. Beaucoup de royalistes sont gui S* Bingen , dans la Hessc-Darmstadt loti nés à Paris. — Massacres dans les (2 août). Les Prussiens bombardent prisons de Paris, à la Force, à la Thionville, dans le département de Conciergerie, à l'Abbaye-Saint-Gerla Moselle (5 août).— Sanglante jour- main, aux Carmes (2, 3, 4, 5 sept.) : née du 10 août, préparée par les après des jugements dérisoires, fciuclubs, accomplie, sans que la cou:- mes, prêtres, ministres, soldats, pémune s'y oppose, par les Marseil- rissent par la hache et la massue des lais et le. faubourg Saint-Marceau, septembriseurs. Les prisonniers d'Orpar les meneurs de l'hôtel de ville léans, transférés à Paris pour y être et le faubourg Saint-Antoine. Atta- jugés, sont massacrés à l'entrée du que furieuse des Tuileries ; assassinat parc de Versailles (9 sept.). — Un déde Mandat, commandant de la garde cret ordonne l'envoi à la Monnaie de nationale; usurpation des fonctions tous les objets d'or et d'argent , apmnnicipales par Danton, Tallien, partenant aux églises (9 sept.). — Les Biliaud-Varenncs et Collot d'Her- assemblées primaires nomment les bois, sous le nom de commissaires électeurs qui doivent former la Coude la Commune; les gardes natio- vention nationale. — Derniers actes naux, les gentilshommes et les Suis- constitutifs de l'assemblée législases qui veulent défendre le roi, re- live : le divorce est autorisé (août); çoivent des ordres contradictoires; suppression de l'ordre de Malle pour massacre des Suisses; le roi ne sauve la France (sept. ). — Les Prussiens sa \ie et celle de sa famille qu'en se dans la Champagne ( 14 sept. ). Prcreiulant au sein de rassemblée. Le mière victoire des troupes de la réchâteau des Tuileries est la proie de volution, près de Saintc-Ménéhould, bandes féroces. Dans la soirée, l'as- à Valmy (20 sept.) : Dumouriez, avec

vingt-quatre mille hommes, y bat le maréchal Clairfait et quatre -vingt mille Prussiens; habiles manœuvres du général Kellcrmann.

— Ouverture de la troisième assemblée (21 sept.) : la Convention siège aussi dans la salle du Manège.

Dès la première séance, sur la propositioade Collot d'Herbois, Pélion étantjJËfeident, la Convention décrète a l'unanimité que la royauté rst abolie. Depuis le 22 septembre tous les actes sont datés de Tan i" île la république française. Le sceau île l'État porte un faisceau surmonté du bonnet de la liberté, ayant pour rxergue : République française. Les cordcliers et les jacobins exaltés occupent les bancs les plus élevés de la Convention et forment la Montagne; les girondins dirigent le côté droit et chercheront à retenir la révolution ; le centre forme la Plaine.

— Après une séance pleine de violence, où Marat est accusé par le plus éloquent des girondins, Vergniaud , où Danton et Robespierre reprochent aux girondins de vouloir morceler la France en petits Etals et d'encourager le fédéralisme, un décret, sur la proposition de Tallien, proclame la république une et indivisible (25 sept.). — Suppression de la haute cour de justice, instituée en mai 1791 (25 sept.); activité du tribunal criminel extraordinaire.— Pendant le règne de la Convention, le pouvoir exécutif appartient en fait, quoiqu'il y ait toujours des ministres , aux vingt-quatre comités, successivement créés au sein de l'assemblée. Le comité de la constitution qui date du 20 sept., se compose des philosophes Sieyès et Condorcet, de Thomas Paync, Américain, récemment nommé citoyen français, des girondins Gensouné, Vergniaud, Pétion, Brissot, Barrère, membres du centre , de Danton, qui a été préféré à Robespierre. Importance du comité des assignats, des comités de sûreté générale et de défense générale, et plus tard du comité de salut public. — Faciles succès contre le roi

de Sardaigne ; nos armées enlèvent la Savoie et Nice (24, 28 sept.). In* gratitude de la république envers le général Montesquîou , qui avait conduit l'expédition. — Retraite des Prussiens hors de la Champagne et du territoire français, du 30 sept, au 21 oct. — Mais les Autrichiens bombardent Lille, à boulets rouges, pendant plusieurs jours (20 sept.):

héroïque défense des habitants ; levée du siège ( 7 oct. ). — Le général français Custinc prend Spire et Worms (30 sept.), et bientôt Mayencc et Francfort-sur-le-Mein (21 oct.). — Peine de mort décrétée contre les émigrés qui seront pris les armes à la main ou qui rentreront en France (9 oct.).— Succès rapides dans la Belgique autrichienne. Victoire de Dumouriez, à Jemmapes (6 nov.), suivie de la prise de Mous : d'autres généraux enlèvent Tournai , Gand, Charlcroi ; Dumouriez entre à Bruxelles le U; conquête de toutes les places importantes depuis Ustende, Ypres, Fumes, Bruges, à l'ouest, jusqu'à Liège, sur la Meuse où se porte Dumouriez.— Mais Francfort est livrée aux Prussiens par un corps de Hcssois qui est resté dans la place : la garnison française, est massacrée (28 nov.). — La Savoie a demandé l'incorporation à la France (21 nov.) : elle forme le nouveau département du Mont-Blanc, cheflieu Chainbéry; Nice sera le cheflieu d'un autre département, des Alpes maritimes. — Les dénominations de citoyen et de citoyenne deviennent de rigueur dans les actes publics et dans les relations sociales.

— Sur la demande de Merlin de Thionvilie, une commission de vingtquatre membres formée par la Convention, commence à rechercher les éléments du procès qu'on veut intenter au roi (IC oct.). Accusation formidable lancée en vain par Louvet, orateur des girondins, et par Lanjuinais, contre Robespierre, le chef de la Montagne (29 oct., 5 nov.). Le comité de législation, à la Convention , demande la mise en accusation de Louis XVI (7 nov.),

574 XVIIIe SIÈCLE APKÈS J. C.

GommcnccmentdeladiscussionlelS. nouveau roi , Gustave IV, enfant, a

U ention décrète que Louis XVI pour régent son oncle le duc de Su-

seraTu«é par elle (3 déc). 11 est in- dermanic, qui change le ministère et

VeiTozé : par le président le U. 11 abandonne quelques-unes des réfor-

écrit son testament dans la prison du mes du dernier règne.

Temple le 25. Sa défense est pré- 1795.

refus de M. Target, par son ancien lithographie à Munich, par Sene-

ministre, M. de Malesherbes. selder. ^

. A««di Angleterre. — HesuHeW du

Pologne. - L ancienne Consti- *de VailC0UVcr qui a cherché

tution, dont les vices .étaient fa ora- bmcnl une conimunication entre blés au despotisme des seigneurs et rAUa|lli et le Pacifique en pas à l'intervention étrangère es réc a- nord de l'Amérique septenmée parla noblesse. ^nrédéraUon ^ les co^ptoirsFrus des seigneurs à Targovitz au suc - se Vmh]pbX du rol George et du est de la province de Kief 14 mai ; x une

avec l'appui de l'ambassadeur russe pn ce , p 4 ^ le 18. La Prusse laisse les Polonais Espagnol a nnconM lutter seuls contre les armes e «uaa ^ parïg?s.Mackensie a parintrigues de la Russie réconciliée u* H h l'Amérique; les avec la Porte; eur chef ^sa^ko £u ni, au ^ ^ tient tête avec huit mille hommes à V . i d»Hudson vingt mille nommes à Dubienka, près la baie d Hudson. de Lublin (17 juill.). Faiblesse ou Ktata-Uni». - Washington est trahison du i roi Poniatowski ; il ac- réélu président pour quatre ans. cède à la confédération de Targovita Principe de neutralité dans la guerre le 23; les défenseurs delà patrie sont entre la France et 1 Angleterre. Mabandonnés; abolition de tous les forts pour sauver les Américains de décrets de la diète de Varsovie de l'esprit révolutionnaire, mai 1791. France. — Issue du procès de Portugal. — Aliénation mentale Louis XVI. Moins d'un mois après de la reine Marie: son fils, le prince de le premier Interrogatoire qu ,1 a Brésil, est nommé régent ( 16 févr.). subi devant la Convention, la dis- 7 , „ cussion est close (7 janv.).— Mouve- HussIeetTnrtiuie.— La Fran- - *« sn^ ~> *

capable de conspiration conconquétes que le pays situé entre trc |a iiDcrté publique et d'attentat l'embouchure du Boug et celle du contre ja sureié générale? Unani- Dniester, où se trouve la forteresse mHé 2° Y aura-t-il appel au peuple? d'Oczakoff, où s'élèvera bientôt Odes- 745 memurcs, 286 seulement pour sa ; la cession de la Crimée et du Kou- j»appei# 30 Quelle peine sera înflibnn lui est confirmée ; la Porte ga- g^e? 749 membres; 387 pour la mort ranlit la tranquillité de la Géorgie. sans conciuion, 334 pour la déten- * Suède. — Clôture de la diète te- tion et la mort avec condition, 28 abnue à Gèflc, au nord-est du fleuve sents ou non votants. Philippe-Ega- Dal ( 23 janv.).- Assassinat de Gus- lité (le duc d'Orléans) a voté pour la tave 111, dans un bal masqué, par un mort ; les girondins ont, par leur noble, Anckarstroèm , qui périra du vote, donné la majorité aux montasupplice des parricides 1G mars). Le gnards leurs enuemis : Yergniawd,

XVIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

président, prononce le décret fatal.

Louis , par l'organe de ses défenseurs, interjette appel à la nation.

Robespierre obtient que l'assemblée passe à l'ordre du jour, c'est-àdire rejette l'appel. 4° Y aura-t-il sursis à l'exécution ? G!)0 votans, 310 seulement pour le sursis. Décret de la Convention pour l'exécution dans les vifîgt-cpjatre heures; Louis XVI fait demander vainement un sursis de trois jours pour se préparer à mourir. On lui accorde le confesseur qu'il désigne; il peut voir sa famille, dont il est séparé depuis le 10 déc.

— Exécution sur la place Louis XV après ces dernières paroles de son confesseur : ■« Fils de saint Louis , montez au ciel. >» (21 janv.) Victime sanglante d'une révolution qu'il n'a pas provoquée, qu'il n'a pas su prévenir, qu'il n'était pas assez fort pour diriger, Il laissait en face les uns des autres, prêts à s'entre-détruire , des partis qui n'avaient été un instant d'accord que pour le perdre. — Le dauphin, qui est à la tour du Temple avec sa mère et sa sœur, est déclaré roi de France, sous le nom de Louis XVII, par son oncle Monsieur, retiré en Westphalie , qui prend le titre de régent (28 janv.). — - Régime de la terreur jusqu'au 9 tbermidor

France et Allemagne, Angleterre^ Autriche. Eftpagne.

— Dangers extérieurs de la république : l'Angleterre est l'âme de la première coalition, qui réunira successivement toutes les puissances, excepté le Danemark et la Suède. A Rome , assassinat d'un secrétaire de légation française ( i 3 janv.). A Londres , renvoi de notre ambassadeur le 24. La Convention déclare la guerre à l'Angleterre (Ier févr.), au stathouder de Hollande, à l'Espagne (7 mars) : elle a décrété une levée de trois cent mille hommes (24 févr.).

Elle annule tous les traités de commerce et prohibe l'entrée de beaucoup de produits étrangers (l,r mars).

Déclaration de guerre de l'empire d'Allemagne à la France le 22. Al-

liance, sans effet alors, de la Russie avec l'Angleterre le 25 : la Russie et la Prusse sont occupées de la Pologne. — Les Anglais profitent de la guerre déclarée pour enlever aux Français dans les Antilles Tabago, dans les Indes Pondicliéry (avril). — L'éveché de Râle conquis est réuni à la France sous le nom de département du Mont-Terrible, chef-lieu Porentruy (23 mars); il sera plus tard agrégé au Haut-Rhin. — Dangers intérieurs. En Vendée, commencement de la guerre civile au nom du trône et de l'autel (févr.). Le général Dumouriez, après la bataille de Nerwindc , à l'ouest de Louvain , 6 la suite de laquelle il a été forcé de battre en retraite (18 mars) , se déclare ouvertement contre la Convention le 26. II livre à l'ennemi quatre commissaires de l'assemblée qui étaient venus pour s'assurer de sa personne (1er avril) : mais son armée reste fidèle à la république, il se réfugie dans le camp autrichien le 3. Puissance terrible du comité de sûreté générale, créé au sein de l'assemblée pour rechercher non-seulement les criminels mais les suspects; du tribunal révolutionnaire , installé sur la proposition de Danton, pour les punir; du comité de salut public, décrété après la trahison connue de Dumouriez. Ce comité, composé de neuf membres , disposera souverainement des moyens de défense intérieure et extérieure (G avril). Un de ses membres, Cambon, portera une main hardie sur le système financier; Danton donne au comité l'influence de son parti. Les jacohins font décréter d'arrestation le duc d'Orléans et sa famille (G avril) : l'un de ses fils, le duc de Chartres, a passé la frontière avec Dumouriez. — Journées révolutionnaires contre les girondins (31 mai , 2 juin) : soutenus par le peuple des faubourgs et des sections qui entourent la Convention, les jacobins font décréter d'accusation d'abord vingt-deux députés de la Gironde, et presque tous les députés qui ne siègent pas à la Montagne.

XVIIIe SIÈCLE AmÈS 1. c.

Révolte des départements de la Gironde et du Calvados; insurrection à Marseille, à Lyon, contre la tyrannie de la Montagne, qui, par 1 s ramifications du club des jacobins, étend son influence sur toute la France. La guerre de Vendée, qui est marquée moins par des baiailles en règle que par des escarmouches continuelles , des sièges de villes cl «les massacres, est portée dans une paitie de l.i Bretagne , de l'Anjou et du Poitou : un des chefs vendéens, Latlielineau, ancien tisserand, est tué dans une attaque contre Nantes (juin).— (Constitution de I7î)3 (24 juin) : elle a pour base la souveraineté du peuple, à la sanction duquel elle est présentée.

Avant le vote populaire , assassinat de Marat par Charlotte Corday, jeune fille de vingt-quatre ans (14 juill.).

Le tribunal rétolutionnaire venge le monstre : Charlotte Corday meurt sur Péchafaud le 17. Par un décret de la Convention , au nom du comité de salut public, Marie-Antoinette est enfermée dans un cachot de la (Conciergerie (2 août). Sanction de la constitution de 1793 parle peuple (10 août) : 1 801 918 volent pour, 1 1 610 contre. — Les dangers croissent aux frontières. Les Espagnols envahissent le Koussillon (juinaoût). Le roi de Naples est entré dans la coalition (12 juill.). Les Autrichiens avec des Anglais et des Hano\ riens, conduits par < -lai r fait t prennent Valenciennes cl Coudé, sur l'Escaut (juill.). Mayence et Landau sont menacées. La Convention décrète la lexée en masse pour la défense de la liberté (10 août). Carnot est chargé d'organiser la guerre. La conscription générale et permanente a fourni plus d'un million d'hommes.

Toulon est livré par ses habitants aux Anglais le 27. Le général Custine, pour n'avoir pas bien défendu Mayence, est condamné à mort et exécuté le 28. — Emprunt forcé d'un milliard sur toutes les propriétés. — Progrès de la coalition. Si le duc d'York attaque sans succès Dunkerque et est battu un peu au sud est,

à Hondschoote, par le général Houchard (8 sept.) , l'Autrichien Clairfait prend le Quesnoy, entre Valenciennes et Cambrai le 10, et le duc de Brunswick gagne dans la Bavière rhénane, la bataille de Pirmasens, cuire les Deux-Ponts et Landau le t4. Les Autrichiens, sous le prince de Cobourg, perdent contre le général Joui dan la bataille de Wattignies, prè^e Lille (16, 10 oi t.); mais avec Wunftser ils ont forcé les lignes de Weissembourg, sur la Lauter, au nord de l'Alsace (13 oct.), et le duc de Brunswick gagne au nord-est des Deux-Ponts la bataille de Kaiserlautern (30 nov.).

Nouveaux alliés de l'Angleterre , le grand-duc de Toscane, frère de l'empereur (8 oct.) et le Portugal. — Délire de la révolution aux abois. La guillotine s'élève dans tous les départements. Pour l'application de la loi des suspects (21 sept. ) plus da cinquante mille comités révolution" naires lurent installés. Loi du maximum (27 sept.) : toutes les denréd de première nécessité sont taxées.

Insurrection de Lyon, réprimée avec cruauté après un siège de soixantedix jours (oct.). Horrible profanation des cercueils à l'abbaye de Saint- Denis, d'où les rois sont exhumés par décret de la Convention. Le tribunal révolutionnaire présidé par Herman, sur les paroles de l'accusateur public Fouquier-Tinville, condamne a mort Marie- Antoinette; elle meurt avec courage sur l'échafaud (IG oct.). Exécution des vingt et un girondins , Brissot , Vergniaud, etc. (31 oct ); du duc. d'Orléans (0 nov. ); de M"1* Roland, qui a\ait été l'âme des conseils des girondins le 8 (son mari, alors fugitif, se tua enapprenanlsamort); de Bailly le 11 ; du général Bouchard, condamne pour n'avoir pas profité de ses avantages sur les Anglais et sur les Autrichiens le 17 ; de la comtesse du Barry, qui n'eut pas la résignation de tant de femmes vertueuses, victimes de ta terreur (8 déc). — Culte de la déesse Raisôn, décrété par la Convention (10 nov.); l'église de Notre-Dame, h

XVIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

Paris, lui est consacrée. Faction des athées; l'archevêque constitutionnel de Parisn'est paschrétien. Immondes saturnales sur les places publiques et dans les églises. L'astronome Lalande prononce un discours contre l'existence de Dieu. — Inauguration du calendrier républicain (24 nov.). Douze mois égaux, chacun de trente jours; les mois sont divisés en trois décades. Nouvelle dénomination des mois, conforme à l'état des saisons :

1° mois d'automne : vendémiaire, brumaire, frimaire; 2° d'hiver : nivôse, pluviôse, ventôse; 3° de printemps : germinal, floréal, prairial; 4° d'été : messidor, thermidor, fructidor. L'année commence le 22 septembre; l'ère nouvelle date du jour de la fondation de la république , * 22 sept. 1792. Le 24 nov. 1793 représente le 4 frimaire de Tan h de la république. — Fin heureuse du siège de Toulon; Napoléon Bonaparte, qui commandait l'artillerie sous le général Dugommier, décide la retraite des Anglais ( 19 déc.) : à vingt -quatre ans il est fait général de brigade. Les lignes de Weissembourg et de Lauterbourg, au nord de l'Alsace, sont reprises par les Français le 27. — Dans les Antilles, des Français de Saint-Domingue livrent plusieurs points de l'Ile aux Anglais par jalousie contre les mulâtres, par crainte des nègres. — Le Jardin du Roi, à Paris, devient le Muséum d'histoire naturelle ( i() juin). — Expériences du télégraphe aérien de l'abbé Chappe (12 juill.).

Pologne , Prusse et Russie*

—Manifeste du roi de Prusse adressé à l'Europe (mars). Second démembrement de la Pologne opéré par les armées de Prusse et de Russie.

La meilleure partie de la grande Pologne , moins la Masovie , avec Dantzick et Thorn sur la basse Vislule, et Czcnslokowa , dans la petite Pologne, à l'est de la Siléste, formeront la Prusse méridionale (25 mars). La plus grande partie de la Lithuanie et de la province méridionale

de Volhynic , qui comprennent les affluents de la rive droite du Dniéper, et, plus au sud, de la Podolie, vallée supérieure du Boug jusqu'au Dniéper, est occupée par les Busses (9 avril). La diète polonaise, convoquée à Grodno sous la pression de vingt mille Russes, se résigne û un traité de partage avec la Russie (13 juill.) et la Prusse (25 sept.): ce qui reste de la Pologne est garanti par le double traité à la république et au roi Poniatowski.

Allemagne, Angleterre, Autriche, Espagne, France, Hollande, Italie, Prusse cl Savoie.

— Suite de la guerre de la première coalition. — Dans les Antilles, les Anglais nous enlèvent la Martinique, la Guadeloupe, Sainte-Lucie, la Dominique. La Corse est soulevée par le général Paoli qui veut la livrer aux Anglais. L'amiral Hood amène des troupes (23 févr.); Bastia, au nord-est, Calvi, au nord-ouest, sont occupées. L'Ile prête serment à George 111(18 juin). — Les Espagnols sont chassés du territoire (mars). — Hoche, commandant de l'armée de Moselle et Rhin, et Pichegru sauvent Landau, au nord de l'Alsace, d'où sont repoussés les ennemis. — Pichegru, envoyé à l'armée du Nord, commence une nouvelle invasion de la Belgique autrichienne (2G avril). - — Le même jour l'empereur François II gagne sur la Sambre une victoire près de Landrecics qui se rend, mais Jourdan délivre Maubeuge, et gagne la bataille de Fleurus, au nord de Charleroi (26 juin). — Agression française au delà des Alpes :' Massens 'traverse la Savoie pour tomber sur le Piémont (7 avril). Victor- Amédée III et les Autrichiens le font rétrograder jusqu'aux côtes de Gènes. —Le parti français opère une révolution à Genève (19 juill.). Agitation dans le pays des Grisons et dans la Yalteiine. — Course de l'armée française au delà des Pyrénées à la poursuite des Espagnols (nov.).

XVril* SIÈCLE APRÈS J. C.

— Pendant que Pichcgru achève la conquête de la Belgique, Daendels franchit sur la glace le Wahal, bras du Hliiii Inférieur, et entre en Hollande (25déc). — La Prusse, engagée dans la question de Pologne, et l'empire germanique, qui n'a rien à gagner à la continuation de la guerre, négocient avec la France (8, 27 déc).

Angleterre. — Propagande révolutionnaire. Le parlement arme le gouvernement contre les fauteurs de troubles en lui accordant la suspension de l'acte de Yhabeas corpus.

Danemark et Suède. — Convention pour le maintien du droit des neutres qui doivent jouir de la liberté de navigation (27 mars).

K*pagne« — Faveur scandaleuse de don Manuel Godoy, qui a déjà été fait duc d'Alcudia. La reine, qui est ouvertement hostile à la révolution française, lui donne les pouvoirs de premier ministre (9 avril).

France. — Décret pour l'affranchissement des nègres dans les colonies (4 févr., 16 pluv.). A Saint-Domingue les nègres armeront contre les blancs, avec Toussaint-Louverture à leur tête. — Horreurs de la guerre de Vendée. Les royalistes ont des chefs habiles : Henri de La Bochejacquclein , tué peu de temns après l'affaire du Mans (mars); d'Klbée , généralissime depuis la mort de Calhelineau : il sera pris dans l'île de Noirmoutier et fusillé ; Stofflot , sorti des derniers rangs de la milice, qui, après la mort de La Bochejaquclein , s'empare du commandement de l'armée dite catholique et royale ; Charettc , ancien lieutenant de vaisseau , quelque temps d'accord avec Stofllet. Tous les habitants du pays sont mis hors la loi, et la Convention ordonne la destruction des villages, l'enlèvement des femmes et des enfants. Défense de faire aucun prisonnier (27 mai).

— Les missions des principaux montagnards et jacobins dans les provinces sont marquées par des atro-

cités révoltantes : Carrier à Nantes, les noyades; ïallieu à Bordeaux; Barras et Fréron à Marseille et à Toulon ; Maignet dans le comtat Venaissin; Collot d'Herbois à Lyon; Fouché à Nantes, à Ncvers, à Moulins, à Lyon ; Lcbon dans le Pas-de- Calais , son pays natal , etc. — Le tribunal révolutionnaire satisfait les vengeances des jacobins contre leurs rivaux les cordeliers : exécution d'Hébert , dit le père Duchesne, de Bonsin , d'Anacharsis Ciootz , etc.

(24 mars, 4 ornn.); de Danton, de Lacroix, de Chabot, de Camille Desmoulins, le plus célèbre pamphlétaire de la révolution, de Hérault de Séchelles (5 avril, 16 germ.)\ de Chaumelte , ancien procureur de la commune, qui a inventé les fêtes di- * tes de la Baison (13 avril, 24 germ.). —Les ministères sont remplacés par des commissions executives ( | *r avril). Excès croissant de la terreur : pendant trois mois des charretées de victimes sans distinction d'âge, de sexe, de condition, de parti, se succèdent tous les jours à l'échafaud établi à la place Louis XV, à la porte Saint-Antoine, au rond-point de la barrière du Trône. Le chimiste Lavoisier meurt avec les autres fermiers généraux dont on convoitait les richesses (8 mai, 19 flor.). M-e Elisabeth, sœur de Louis XVI, est condamnée a mort (10 mai, 21 flor.). — Un décret de la Convention, sur la proposition de Bobespierre, déclare que le peuple français reconnaît l'existence d'un Être suprême et l'immortalité de l'âme (7 mai, 18 flor.). Fête de l'Être suprême :

journée triomphante de Bobespierre (8 juin, 20 prair.).— Les exécutions ne cessent pas. Mort du maréchal duc de Mouchy, âgé de quatre-vingts ans, et de sa femme, âgée de soixantedix ans (13 julll., 25 mess.). Mort du poëtc André Chénier (25 juill.). — Journée du 9 thermidor (27 julll.).

Sur la dénonciation de Tallien , Bobespierre est décrété d'accusation.

Il se réfugie au sein de la commune.

Comme il ne soulève pas le peuple

XVIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

contre la Convention, il est arrêté le même jour à l'hôtel de ville avec Couthon, Sainl-Just et Henriot; Lebas et Robespierre le jeune ont demandé à partager son sort. Robespierre, qui s'est brisé la mâchoire en essayant de se brûler la cervelle, est conduit à la guillotine (10 therm., 28 juill.) avec soixante et onze de ses partisans. — Fin du règne de la terreur : suspension des exécutions.

Réorganisation des comités de salut public et de sûreté générale avec un pouvoir restreint (24 août, 7 fruct.).

Liberté rendue aux personnes arrêtées comme suspectes, l a Convention s'attribue les fonctions de la Commune de Paris, qui avait si souvent imposé ses volontés à l'assemblée : ces fonctions seront remplies par des commissions exécutives (2 sept., 16 fruct.). Le club des jacobins est fermé (11 nov. , 21 brum.

an m). Les soixante-treize députés arrêtés à la suite du mouvement du 31 mai 1793, sont rétablis dans leurs fonctions à la Convention (déc).

Le représentant Carrier est puni de mort pour tous les crimes commis à Nantes pendant sa mission (16 déc).

Abolition de la loi du maximum ( 24 déc. , 4 niv. ). Le commerce ne se relèvera pas de longtemps. Affreuse disette. — Création de l'École centrale des travaux publics , ou Ecole polytechnique (il mars). — GeofTroy-Saint-Hilaire ouvre le premier cours de zoologie qui ait été fait en France (G mai). — Le télégraphe aérien de l'abbé Chappe, organisé de Paris à Lille, est inauguré par la nouvelle de la prise de Condé sur les Autrichiens (30 nov.,^12 fruct.). — Fondation d'un musée des monuments français, par Albert Lenoir.

Italie* — Voila de Côme découvre la pile électrique, instrument qui fournit une source constante d'électricité.

penie* — La dynastie des Kadjars," d'origine turcomane, natifs du Mazandéran, s'établit définitivement,

après quarante-cinq ans d'efforts, avec Aga-Mohammed.

Pologne et Autriche, Prii*ae, Ruwwlc— Vaste mouvement patriotique organisé en Pologne dans l'armée : Kosciusko en est le chef.

A Cracovie , siège antique de la puissance des rois , dont elle garde les tombeaux , est renouvelé le serment à la constitution du 3 mai 1791 (24 mars). Au nord de cette ville, a Rasiavicc, Kosciusko, qui a des pouvoirs de dictateur, bat douze mille Russes (4 avril). A Varsovie, massacre d'une partie de la garnison russe le 17. Progrès du mouvement dans les provinces ; mais les bourgeois et les paysans ne soutiennent pas avec ardeur les nobles qui n'abandonnent pas leurs privilèges.

Excès de démagogie à Varsovie , a Vilna : les vrais amis de la constitution sont effrayés. — Prussiens et Autrichiens viennent à la curée avec les Russes. Bataille gagnée par le roi de Prusse (8 juin ) : une trahison lui livre Cracovie (15 juin). Les Autrichiens s'avancent jusque dans le palatinat de Lublin. Les Russes se jettent sur la Lithuanie avec Souvarov. — Défaite de Kosciusko à Macejovice, sur le San (10 oct.). Souvarov renouvelle à Praga les horreurs qu'il a commises à Ismaël, en 1700 (4 nov.). Reddition de Varsovie. Stanislas Poniatowskl reçoit de Catherine l'ordre d'abdiquer. Le partage définitif est débattu pendant près d'un an entre les trois puissances.

Allemagne. — Premier ouvrage de Schelling, à Tubingue î sur la possibilité d'une forme générale de la philosophie; Tannée précédente ; Idée de la doctrine de la science, par Fichte. — Depuis 1795, se multiplient les ouvrages de Jean- Paul Rkhter, écrivain romancier et philosophe.

Allemagne, Angleterre, Autriche, K*pngne, France, Hollande, Italie , l»rn**e et Bus-

XVIIIe SIÈCLE APAKS J. C

hIc— Pichegru achève la conquête de la Hollande. Prise d'Amsterdam, après un combat livre* sur la glace au milieu des marais qui l'entourent (19 janv.). Le statliouder se retire en Angleterre. — Les Français prennent la place forte de Roses, au sudest des Pyrénées orientales (3 févr.).

L'Kspagne négocie pour la paix. — Paix signée à Paris entre la république et le grand-duc de Toscane , frère de l'empereur (9 févr.). — Paix de Bâle conclue par la Prusse avec la France (5 avril. 1G germ.) : l'Allemagne septentrionale, la Saxe et la Franconie sont déclarées neutres; les Français garderont Clèves jusqu'à la paix générale. L'Autriche et les États méridionaux de l'Allemagne continuent la guerre. — Traité de paix entre la France et la Hollande ( 1G mai ) : le siathoudcrat est aboli; la France garde la Flandre hollandaise; alliance offensive et défensive en ire les deux républiques.

— Les Français occupent en Espagne Bilbao et Viloria (17 juill. ).

Agitation révolutionnaire dans les pays qu'ils parcourent. Traité de paix à Bâle (22 juill., 4 therm.) :

l'Kspagne renonce à sa part de la colonie de Saint-Domingue. — Catherine Il envoie «les vaisseaux aux Anglais contre la France (22 juill.).

— Déclaration de guerre de l'Angleterre* à la Hollande notre alliée (19 sept.). Attaque des colonies hollandaises du cap de Bonne-Espérance, de Ceylan,elde Malacca. — En Allemagne, la guerre continue en dehors des possessions prussiennes. Les Français prennent Dusseldorf (6 sept. ) et Manheim le 20 , que W u miser reprend ; l'Autrichien Clairfait bat Jourdan à Hochst, à l'ouest de Francfort (I l oct.), et force nos lignes fortifiées devant Mayence le 29. — En Italie, les Autrichiens sont battus par Srhérer à Loano , entre Albinga et Finale ( 23 nov.).

— Suspension d'armes entre les Français et les Autrichiens.

Chine. — Abdication de l'empe-

reur mantehou Khian-Loung après un long règne de cinquante-ncul ans : ami des arts et des lettres, auteur de plusieurs ouvrages dont un traduit en français dès 1770, l'Éloge de la ville de Moukden% conquérant de toute la Tartarie jusqu'à la Perse, persécuteur des chrétiens.

Son fils Kia-Kin régnera vingt-cinq ans.

Espagne. — L'agitation révolutionnaire des provinces du nord a décidé de la paix avec la France (22 juill.). — Le principal ministre, don Manuel Godoy, duc d'Alcudia, reçoit, après le traité, le titre de prince de la Paix.

France. — Division de la commuue de Paris en douze arrondissements (21 fé\r.). — Pacification momentanée de la Vendée par les traités séparés des principaux chefs des chouans, Charelte ( 17 févr., 29 pluv.) et Stofflet (20 avril, l*r flor.) qui n'avaient pu s'accorder. — L'ancien parti des jacobins tente une insurrection , avec les faubourgs de Paris, contre la majorité de la Convention (1er avril, 12 germ.). L'accusateur public du tribunal révolutionnaire, Fouquier-Thmllc, meurt sur l'échafaud ((> mai). Nouvel effort du parti des jacobins (1" prair., 20 mai) : du pain et la constitution de 93 sont le cri des masses qui assiègent et sont sur le point d'emporter la Convention ; mort déplorable du député Ferraud, fermeté du président Boissy d'Anglas; la garde nationale des sections voisines des Tuileries dégage l'assemblée et décide le triomphe f\es modérés. Décret d'accusation contre Collot d'Her bois , Barrèrc , Billaud-Varennes , Vadier ( 26 mai, 6 prair. ) ; ils ne sont pas mis à mort. Abolition du tribunal révolutionnaire (31 mai, 12 prair.). — Mort de Louis XVII , âiié de dix ans, dans la prison du Temple (8 juin, 20 prair.)\ Monsieur, l'aîné de ses oncles, alors à Vérone, prend le litre de Louis XVIII, roi de France et de Navarre. Echange de la fille de

XVIIIe SIÈCLE APHÈS J. C.

Louis XVI contre les représentants du peuple que Dumouriez avait livrés aux Autrichiens en a\ril 1793 (30 juin, 12 mess.). Les Anglais débarquent et abandonnent, sur la côte de Quiberon, en Bretagne, un corps d'émigrés (21 juill., 3 therm.); il est écrasé par le général Hoche.— Constitution de Tan m décrétée par la Convention (22 août, 5 fruct.) : dans le préambule , déclaration non-seulement des droits, mais des devoirs de l'homme et du citoven ; le pouvoir exécutif sera à un directoire de cinq membres; le pouvoir législatif à deux conseils électifs . les Anciens et les Cinq-Cents. Elle est soumise à la sanction du peuple. Vole des assemblées primaires ; 1 067 380 votent pour, 49 975 contre (23 sept., 1" vend., 1" jour de Tan iv). Un décret de la Convention ordonne la dissolution de tous les du bs (29 sept.). Quelques sections de Paris veulent empêcher rétablissement de la nouvelle constitution, journées du 12 et du 13 vendémiaire (4, 5 oct.): habiles mesures de défense prises par Napoléon Bonaparte, lieutenant de Barras; il emploie le canon contre les rebelles. — La haute cour de justice, supprimée en 1792, est rétablie fsept. ). Condamnation de Joseph Lcbon (9 oct., 17 tend.). — Par décret de la Convention , les Pays-Bas autrichiens réunis a la France forment neuf départements (rr oct., 9 vend.) : les Deux-Nethes, chef-lieu Anvers; la Dyle, chef- lieu Bruxelles; la Lys, chef-lieu Bruges; l'Escaut, chef-lieu Gand; Jemmapes, chef-lieu Mons ; Sambrc-et-Meuse , chef-lieu IN a mur; les Forêts, cheflieu Luxembourg; l'Ourthe, cheflieu Liège; la Meuse - Inférieure , chef-lieu Maestricht. — Avant-dernière séance de la Convention (25 oc t., 3 brum.): décret pour la création de l'Institut national. Par différents décrets la Convention avait établi des écoles primaires ; des écoles centrales, devenues depuis les lycées; les écoles spéciales de médecine et de droit; l'école normale, pépinière de

professeurs pour les sciences et les lettres; l'école vétérinaire. La Convention a établi le système métrique (7 avril 1795): le mètre, qui représente la dix-millionième partie de In distance de l équaleur au pôle, est pris pour unité; l'unité se multiplie en décamètre, hectomètre, myiiamètre, se subdivise en décimètres, centimètres, millimètres. — Dernier décret de la Convention ( 26 oct., 4 brum.): amnistie pour tous les délits purement révolutionnaires, à l'exclusion de ceux qui ont été commis par les royalistes. Clôture de la Convention. — Installation des nouveaux pouvoirs: le Directoire, qui réside au Luxembourg, le conseil des Anciens, qui siège aux Tuileries, le conseil des <!înq-Cents, qui siège dans la salle du Manège, occupée tour à tour par la Constituante, la Législative et la Convention. Ils dureront quatre ans, jusqu'au 19 brumaire an vin (io nov. 1799). Les directeurs nommés par les deux conseils sont Rewbell, Barras, le plus influent malgré son cynisme et sa paresse, La Hévcillèrc-Lépeaux, Letourneur , Carnot à la place de Sieyès, qui n'a pas accepté. Lescommissionsexécuiivesétablies le 1er avril 1794 font place à des ministres (5 nov.). Un ministère de la police générale a été créé. — Décret pour un emprunt de six cents millions (10 déc, 19 frim.).

Hollande. — Abolition du slathoudérat (mai).

Pologne et Autriche, Prum- »e, RiiHgle. — Accord entre la Russie et l'Autriche pour le partage de la Pologne (3 janv.). — La Courlande, qui était de la mouvance de la Pologne, se soumet volontairement à la Russie (18 mars); le fils de Biren , Pierre , renonce à la souveraineté le 28. — Troisième et dernier partage de la Pologne ( 24 oct.). La Prusse obtient les districts situésentre le Niémenjusqu'à Grodno exclusivement et le Bog, affluent oriental de la Vistule, avec les icrri-

XVIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

toires de Bialistok et de Plock, la province de Varsovie jusqu'à la Pilica, afllucnt occidental de la Vistule, et un petit district du palatinat de Cracovic ; l'Autriche, la plus grande partie du palatinat de Cracovic et tout le pays de la Pilica au Bog ; la Russie, le pays à la droite du Niémen et du Bog, le reste de la Lilhuanie et de la Volhynie. La Pologne est rayée de la liste des États européens. Stanislas Poniatowski continue à vivre avec une pension que lui fout les trois puissances spoliatrices.

proMe* — Grand zèle pour améliorer la condition des paysans et répandre la civilisation allemande par la justice et l'instruction publique dans les provinces polonaises que lui attribue le partage.

Allemagne. Angleterre, Autriche , France , Italie et iardaigne* — L'Irlande, sous l'influence des idées françaises, cherche à se détacher du royaume uni. Vagues propositions de paix de l'Angleterre à la France (11 mars). — En Italie , merveilleuse campagne de Bonaparte, âgé alors de vingt-sept ans.

Première victoire sur les Autrichiens à Montenotte ( 1 1 avril, 22 germ.) ; elle les coupe des Pié mon tais. Nouvelles rencontres à Millesimo , sur la Bormida (t 4 avril) ; à Dego, sur le morne fleuve le 15. Victoire sur les Piémontais à Mondovi, le 22 ; armistice accordé au roi de Sardaigne.

Course rapide de Bonaparte au nord du Pô: il bat Beaulieu au pont de Lodi sur l'Adda (Il mai), et est maître du Milanais. La Sardaigne conclut la paix en cédant à la France la Savoie et les comtés de Nice et je Tende, dans les Alpes maritimes.

Le. général français Masséna occupe Vérone , possession vénitienne ( 3 juin); le sénat de Venise intime à Louis XVIII, qui avait résidé à Vérone, l'ordre de quitter le territoire.

Occupation de Bologne, de Ferrare juin) et bientôt d'Anrône. l.c

saint-siége paye une contribution en argent, en vivres, en objets d'art.

Réception magnifique faite au général Bonaparte par le grand-duc à Florence. Masséna prend possession des lignes du Tyrol (G juill.). Le siège de Mantoue est commencé (i 8 juill.).

—Mais en Allemagne l'armée française, qui devait venir du Hliin sur le Danube rejoindre l'armée d'Italie, est partagée en deux corps sous Moreau et Jourdan, ce qui empêche l'unité d'action et le succès. Kléber et Lefebvre, aux ordres de Jourdan, ayant passé le Rhin à Dusseldorf, battent les Autrichiens à Altenkirchen (4 juin, 10 prair.). Passage du Rhin par Moreau près de Strasbourg (24 juin); il prend le fort de Kelil , (1er juill.). Plusieurs combats; l'archiduc Charles se retire sur le Danube (août). — Au milieu des hostilités, utiles traités, signés à Berlin, avec le roi de Prusse, pour une nouvelle démarcation de territoire ; à Paris, avec le duc de Wurtemberg, qui renonce à Montbéliard , dans la Franche-Comté; traité avec le margrave de Bade, dont les États longent le Rhin (5, 7, 22 août). — L'archiduc Charles est vaincu par Moreau à Nereshcim (10 août); mais il bat Bernadotte, lieutenant de Jourdan, à Neumark le 23, atteint Jourdan lui-même à Amberg, l'oblige à se replier sur le Mein et bientôt môme, après la bataille de Wurlzbourg (3 sept.), derrière la Lahn ( 19 sept., troisième jour supplémentaire de Pan iv) : perle regrettable du jeune général Marceau.

La retraite de Jourdan oblige Moreau à rétrograder. Savante retraite de Moreau (oct.) : il remonte la vallée du Danube pour aller rejoindre directement celle du Rhin par la route des villes forestières; plusieurs engagements; il repasse le Rhin à Huningue (2G oct.). L'archiduc Charles perdra trois mois à l'attaque du fort de Kehl , en avant de Strasbourg.

Jourdan est provisoirement remplacé parBeurnonville. — Kn Italie, éblouissaute campagne de Bonaparte contre

le général autrichien Wurmscr qui vient de l'armée du Rhin. Victoire à Lonato, au sud-ouest du lac Garda (3 août), et à Castiglione, au sud de Lonato le 5, où se distingue surtout Augereau. Une campagne de six jours a valu vingt mille prisonniers et cinquante pièces de canon.

Les Autrichiens sont bloqués dans Mantoue. Les Français remontent la vallée étroite et profonde de l'Adige (4 sept.) : journée de Roveredo, au-dessous de Trente, qui est occupée. Bonaparte poursuit Wurmser dans les gorges de la Brenta, et gagne encore près de la Brenta la bataille de Bassano le 8. Wurmser se fraye péniblement un chemin jusqu'à Mantoue où il est entièrement renfermé après avoir perdu un nouveau combat entre le faubourg Saint-George et la citadelle le 19.— Traité de paix signé à Paris avec le roi de Naples (10 oct.). Le duc de Modène est déclaré déchu. Formation de la république cispadane par la réunion de Modène, Reggio, Bologne et Ferrare ( I G oct. ). Les Lombards sont aussi disposés à se donner un gouvernement républicain.- Nouveaux efforts de l'Autriche : le maréchal Alvinzi s'avance de la Piavc sur la Brenta, et bientôt prend position sur les hauteurs de Caldiero, près de Vérone. Dangers de l'armée française : Bonaparte choisit son champ de bataille au milieu de niarais dominés par des chaussées qu'il occupe ; journées d'Arcole (15, 1G, 17 nov.), éclatante victoire. Retraite des Autrichiens dans le Tyrol. — Conférences de lord Malmesbury à Paris depuis le 23 oct. ; ses exigences. Tentative malheureuse du général Hoche et de l'amiral Truguet sur l'Irlande qu'on voulait soulever. Rupture des conférences ( 1 9 déc.).— Dans rindostan , alliance de Tippoo-Saeb avec les Français contre l'Angleterre.

EMpagtie. — Traité d'alliance offensive et défensive avec la France (19 août); déclaration de guerre de l'Angleterre (7 oct.).

Etata-unltf* — État nouveau admis dans l'Union, le Tennessée, qui depuis six ans avait été détaché de la Caroline du nord.

France. — Bonaparte qui venait d'être nommé commandant en chef de l'armée d'Italie (23 févr. ) , a épousé Joséphine Tascher de La Pagerie, veuve du vicomte Alexandre de Bcauharnais, mère de deux enfants , Eugène et Hortense (8 mars).

— Fin de la guerre de Vendée. Stofflet qui a reçu de Louis XVIII le titre de lieutenant général, livré à l'armée républicaine, est conduit à Nantes et fusillé (févr.). Charette a le même sort ( 29 mars ). Le général Hoche , par sa modération à l'égard des populations, mérite le titre de pacificateur de la Vendée. — Abolition des assignats dont l'émission s'est élevée à quarante-quatre milliards ; trente-deux milliards qui étaient encore en circulation sont déclarés hors de cours. Les mandats territoriaux forment un nouveau papier-monnaie (18 mars).— Projet d'insurrection du journaliste Gracchus Babeuf, rédacteur du Tribun du Peuple, qui proposait le partage des terres et des richesses entre les citoyens pauvres et attaquait avec violence le Directoire et les deux conseils (10 mai, 21 flor.). 11 est traduit devant la haute cour nationale qui siégera à Vendôme ; un an de procédure. — Les mandats territoriaux sont retirés de la circulation (16 juill., 28 mess.).

Embarras des finances. — Conspiration des jacobins : attaque de nuit sur le camp de Grenelle (9 sept., 23 /rue/.), on les reçoit à coups de baïonnette ; plusieurs ex-conventionnels, parmi les prisonniers qui passeront devant une commission militaire. — Le conseil des Cinq-Cents décide qu'il sera payé un quart en numéraire des arrérages du dernier semestre de cette année aux rentiers et aux pensionnaires de l'État (sept.). — Le traité avec le duc de Wurtemberg réunit à la France Montbéliard. dans la Franche-Comté (7 août). — Bona-

XVIIIe SIÈCLB APRÈS J. C

parte envole une expédition en Corse pour en chasser les Anglais (22 oct., i^brum. an v). — Nouveaux tarifsde douanes, prohibitifs des produits étrangers (31 oct.). — Le conseil des Cinq-Cents a quitté la salle du Manège pour siéger dans un nouveau palais, appelé depuis palais Bourbon, sur la rive gauche de la Seine, en face de la place Louis XV. — Exposition du système du monde, de Laplacc.

Hollande. — Une Convention nationale décrète l'abolition des États-Généraux ( V mars). Proclamation de la république batave. — Les Hollandais alliés de la France perdront plusieurs de leurs colonies dans les deux Indes. Leur flotte est battue et prise par les Anglais devant le cap de lionne-Espérance (15 août).

stalle. — Résultat des victoires de la France :• formation de la république cispadane par la réunion de Modènc et Rcggio , Bologne et Ferrare ( 16 oct. ). — Mort du roi de Sardaigne, Victor- Amédée , après vingt-trois ans de règne ( Hî oct.).

Avènement de son fils, Charles-Emmanuel IV.

veroc. — Mort d'Aga-Mohammed, premier prince Kadjar. Avènement de son neveu Fclh-Ali-Chàh.

Portugal. — Neutralité déclarée entre la France et l'Angleterre ( 17 sept.).

itusslc. — Le roi de Géorgie, Héraclius, ayant Imploré contre les Perses l'appui de la Russie, le comte ZoubolT, frère du favori de Catherine II, prend sur la mer Caspienne, dans le Daghestan , la ville de Der- Jient ( 1 1 juin ). Progrès jusqu'au neuve Kour (l'ancien Cyrus).— Mort de Catherine II d'une attaque d'apoplexie, à soixante-huit ans, après trente-cinq ans de règne ( 0 nov.).

Avènement de son fils, Paul 1er, à quarante-deux ans. Il est ouvertement hostile aux principes de la révolution française ; par une censure très-sévère et par une police secrète, il

combattra la propagande démocratique. Il veut réformer la discipline militaire et l'imposer même aux nobles.

Allemagne, Angleterre, Autriche , F m pagne , France et Italie. — Les Espagnols, alliés de la France sont battus par les Anglais au cap Saint-Vincent, au sud-ouest du Portugal (14 févr.); ils perdent dans les Antilles l'Ile de la Trinité le 18. —En Allemagne, l'archiduc Charles couronne heureusement la campagne de 1796 par la prise du fort de Kchl (9 janv.) ; cinquante et un jours de tranchée ouverte, belle défense de Desaix. Le Directoire donne à Hoche le commandement de l'armée de Satnbre- et -Meuse ; a Beurnonville, celui de Farinée du Nord ; à Moreau, celui de l'armée de Rhin et Moselle. — Suite de la campagne d'Italie : la guerre est décisive, quoique Bonaparte n'ait que vingt mille hommes. Triple victoire (14, 15, 16 janv.) : la première journée est à Rivoli où se signale Masséna;la seconde au faubourg de Saint-George devant Mantouc ; la troisième devant le palais de la Favorite, entre Saint- George et la citadelle de Mantouc.

Wurniser est forcé de capituler (2 févr.) : les Autrichiens évacuent l'Italie. Dans cette mémorable campagne, en dix mois, moins de cinquante mille Français ont détruit , outre l'armée piémontaisc, trois armées formidables d'Autrichiens, trois fois renforcées. — Bonaparte envahit les Étals de l'Église qu'il sait favorables à l'Autriche. En quinze jours, occupation d'Imola, de Forli, de Césène, de toute la Bomagne, d'Urbin, d'Ancône (du 1er au 17 févr.). Il arrive a Tolentino entre Macerata et Camerino (17 févr.); y conclut un traité qui, outre une contribution de trente millions, cède à la France Avignon, le comtat Venaissin, les trois légations de Fer rare, Bologne et Bavenne ( 19 févr.). Prétentions des patriotes hostiles au pape. — Nouvelle campa-

XVIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

gne de Bonaparte, nécessaire contre tes Autrichiens que vient commander l'archiduc Charles, le sauveur de l'Allemagne. Il les bat près du Tagliamento ( 16 mars), et les rejette au nord des Alpes dans le Tyrol , la Styiie et la Carinthie : occupation de Klagcnfurt, au nord de la Dravc supérieure (29 mars). H court sur la route de Vienne, malgré le soulèvement des provinces vénitiennes et les Pâques vdronaises pendant lesquelles trois cents Français malades sont massacrés dans les hôpitaux (9 avril ). A I.éohen , sur la Mulir , a tretitc lieues de Vienne , Bonaparte consent prématurément à des préliminaires de paix (18 avril, 29 germ.) : l'Autriche cède à la France les provinces belges, renonce a la Lombardic , où Bonaparte veut fonder une republique alliée de la France; elle obtient en dédommagement les Etats vénitiens de la terre ferme , l'illyric, ristrie et la haute Italie jusqu'à l'Oglio; Venise, traitée comme une ennemie qui se préparait à nous trahir, restera cependant indépendante et doit être dédommagée avec les pays qui sont à la disposition de la France. — • Ces préliminaires arrêtent les débuts heureux sur le Rhin que Hoche a franchi à Ncuwied (1? avril), où une\icloire lui ouvrait la route de Francfort, et Morcau audessous de Strasbourg le 20. — En Italie, Bonaparte, pour venger le massacre des Français à Vérone, fait décider la chute du sénat de Venise ( 12 mai } ; une division française est introduite dans la ville le 20. A Gènes, un mouvement démocratique donne naissance à la république ligurienne (22 mai et 1 i juin). Bonaparte crée la république cisalpine par la réunion de la Lombardie autrichienne, des territoires de Bcrgame , Rrcscia , Crème , etc., autrefois possédés par Venise, de Mantoue, Modènc, Massa et Carrai a (9 juill.) : fédération a Milan. — Inutiles conférences de Lille entre la France et l'Angleterre (du G juill. au 17 sept.). — Bonaparte dicte à l'Autriche le traité signé a Campo

Formio, près dTdine, dans le Frioul (17 oct., 20 vend, an vi). L'empereur reconnaît à la France sa frontière naturelle, la ligne du Rhin et livre Maycnce ; mais l'Autriche n'est pas chassée complètement de l'Italie, elle garde le pays à l'est de l'Adigo et de Mantoue ; Venise et les possessions vénitiennes , Frioul , lstrie , Dalraalie, bouches du Cattaro, lui sont abandonnées; les lies Ioniennes, autrefois à Venise, passent a la France; la république cisalpine enveloppe au sud les légations de Bologne, de Ferrare et la Roinague, au nord la Valteline et Bormio, sur le haut Adda ; le duc de Modènc doit être indemnisé par le Brisgaw, terre d'empire voisine du Rhin. M. de La Fayette, captif à Olmutz depuis cinq ans, est mis en liberté. Le Directoire se hiUc de ratifier le traité qui n'était cependant pas conforme à ses instructions. Retour de Bonaparte en France (déc). — Un congrès s'ouvre à Rastadt , au nord du pays de Bade, pour traiter de la paix entre la France et l'empire germanique, et désintéresser les petits princes" aile-, mands des bords du Rhin (9 déc); il traînera en longueur. — Les Français prennent possession de Maycnce et du fort de Cassel le 29. — Violente émeute à Rome, où les républicains espèrent la protection de l'ambassadeur français, Joseph Bonaparte, frère aîné de Napoléon, le 28 : un général français est tué ; la France demandera réparation par les armes.

KtatM-lnlfl.— -Washington , qui n'est pas populaire auprès des démocrates, n'accepte pas une troisième candidature à la présidence. — Nouveau président John Adams, né dans le Massachusetts, célèbre jurisconsulte; il a été pendant huit ans viceprésident de l'Union : opinions trèsmodérées.

France.— Les tbéophilanthropes, dont Larévellèrc Lepeaux , un des directeurs , se déclare le chef, remplacent le culte de la déesse Raison par des cérémonies ridicules (janv.)

XVIIIe SIECLE APRES J. C.

— Intrigues des royalistes (31 janv.).

La société de Clichy pousse a la chute du Directoire. Le renouvellement d'un tiers des membres du corps législatif grossit la majorité du parti modéré dans les deux conseils (20 mai i). Letoumeur, membre sortant du Directoire, est remplacé par François Barthélémy, favorable aux clichyens. — Exécution de Babeuf, le Communiste (25 mai). — La majorité du Directoire sévit, avec l'aide des troupes d'Augereau, contre les partis hostiles à la république. Journée du 18 fructidor (4 sept.). Envahissement des deux conseils par la force armée ; arrêt de déportation à Cayenne , contre deux directeurs Barthélémy, et Carnot qui s'enfuit, contre cinquante-trois députés, onze des anciens, quarante-deux des cinqcents, contre plusieurs journalistes, Suard, Sicard, La Harpe, Fontanes, etc. ; les journaux sont mis pour un an sous l'inspection de la police : nouvel arrôt de bannissement contre les émigrés et les membres de la famille des Bourbons. Une lettre du général Moreau prouve les liaisons du général Pichegru avec le parti royaliste. Les directeurs déportés sont remplacés par Merlin de Douai et par François de Ncufchâteau ( 10 sept., 24 fruct.). — Disgrâce de Moreau à cause de ses révélations tardives au sujet de Pichegru. Son armée est réunie à celle de Hoche, Hoche est emporté en quelques jours par une maladie à Wetzlar (18 sept.): il laisse à vingt-neuf ans une pure et glorieuse mémoire. Soupçons d'empoisonnement, sans preuve. Funérailles magnifiques au Champ de Mars. Àugereau reçoit le commandement de l'armée d'Allemagne. — Betour de Bonaparte (5 déc» an vi). Réception triomphale le jour où il remet aux mains des directeurs , au palais du Luxembourg , le traité de Campo Formio.

Prwsne. — Mort de Frédéric- Guillaume II, à 53 ans (1G nov.).

Avènement de son fils, Frédéric-Guil-

laume III, à 27 ans. Il réforme l'administration de la cour fort corrompue sous le dernier règne, et les impôts.

Turquie. — Depuis trois ans, Sélim 111 applique à ses peuples les institutions européennes; des officiers français exercent ses troupes ; imprimerie à Constantinople. — Révolte du pacha Pazvantoglou ; maître quelque temps de Belgrade, il extermine une armée du grand seigneur, près de Widdin , sur le Danube. 11 ne se soumettra qu'à des conditions avantageuses.

Angleterre , France , Hollande , Italie , Russie, Suisse et Turquie. — Influence des idées françaises s'appuyant sur la force.

Révolution en Hollande , provoquée par l'envoyé français Delacroix, ardent démocrate: plusieurs membres du corps législatif de la Haye sont exclus ou arrêtés (22 janv.); l'assemblée s'organise en Convention, et forme une constitution à peu près semblable à celle de la France.

Réaction du parti modéré (12 juin'; le chef du nouveau mouvement, le général Dacndels, est venu s'entendre à Paris avec le Directoire. Révolution à Rome, quand le général français Berthicr arrive avec une armée. Les patriotes abolissent le gouvernement pontifical et forment une république ( 15 févr., 27 pluv.).

Pie VI, âgé de quatre-vingts ans, enlevé de son palais, est transporté en Toscane, les biens des cardinaux bannis ne sont pas épargnés; déprédations, surtout de la part de Masséna qui a remplacé Bcrthier.

Le pape sera traîné d'exil en exil jusqu'en France. La république ligurienne a son corps législatif installé à Gènes M 7 janv.), comme la république cisalpine a le sien à Milan. — Révolution en Suisse, où six cantons seulement, sur treize, étaient démocratiques. Le pays de Yaud veut s'affranchir de la domina-

XVIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

tion du canton aristocratique de Berne (janv.) : refus du sénat bernois ; médiation et bientôt intervention armée de la France en faveur du pays de Vaud, dont les députés se constituent en gouvernement démocratique, à Lausanne, sous le nom de république léraanique. Les Vaudois envahissent le canton de Berne.

Le général français, Bruno, enlève Fribourg d'assaut et force Berne à une capitulation. L'ancienne ligue suisse est abolie ( 12 avril). Proclamation de la république helvétique une et indivisible; peu goûlée dans les cantons démocratiques, qui préfèrent leur ancien gouvernement. La constitution de la nouvelle république est rédigée dans l'assemblée nationale de Bâle. La première législature helvétienne siège à Arau. Les Français ont saisi les caisses publiques dans les cantons aristocratiques.

Les Grisons n'adhérant pas aux nouvelles idées politiques, leur pays est envahi par les Français. — Muihausen, ville d'Alsace, alliée de l'ancienne ligue helvétique, est réunie à la France (févr.), ainsi que Genève, république libre (26 avril). — Le Directoire après avoir pensé, en oct.

1797, à une descente en Angleterre s'arrête, sur la demande de Bonaparte, à une expédition en Égypte, avec l'espoir de ruiner ainsi le commerce des Anglais dans les Indes :

l'Angleterre reste seule maintenant de la première coalition contre la république. Le gouvernement français ne croit pas s'aliéner la Porte en portant la guerre contre les mameluks , sujets souvent rebelles :

Talleyrand , ministre des affaires étrangères, est envoyé à Constautinople. Préparatifs de Bonaparte ( mars , avril ) : il associe à l'entreprise des savants, des artistes, des ingénieurs , des dessinateurs , des géographes, Mongc, Berthnllet, Fourier, etc. C'est l'ancienne armée d'Italie qu'il emmène en Égvpte. Départ de Toulon ( 19 mai). Sur la route , l'amiral anglais , Nelson , est évité. Prise facile de l'Ile de Malte

{12 juin). Débarquement en Égypte M" juill.). Alexandrie est enlevée.

Marche sur le Caire, bataille des Pyramides le 21 : nos divisions, formées en carrés , triomphent des meilleurs cavaliers du monde, commandés par le bey Mourad. Le Caire, de l'autre côté du neuve, est occupé.

Soins donnés à l'organisation du pays, au bien-être des soldats. Création de l'Institut d'Egypte. L'escadre qui reste dans la rade d'Abolikir, a l'est d'Alexandrie , contrairement aux ordres de Bonaparte, y est attaquée par Nelson ( l«r août ) : immense désastre. — La Porte, à l'instigation de l'Angleterre , déclare la guerre à la France (12 sept.). — Bonaparte reste le maître de 1 Égypte.

Insurrection au Caire, durement réprimée (21 oct. an vu). Desaix fait la conquête de la haute Égypte. — Le Directoire , encouragé par une insurrection des Irlandais qui sont cependant battus à Vexford (5 juin), tente un débarquement à Killala, au nord-ouest de l'Irlande ( 23 août) :

nos troupes sont forcées de se rendre prisonnières. — Seconde coalition contre la France. — L'Autriche conclut une nouvelle alliance avec Naples (18 mai], et demande le concours d'une armée russe (V6 oct.).

Le roi de Naples, séduit par les promesses de l'Angleterre , rompt la paix (24 nov.). Home, attaquée par les Napolitains, est évacuée par le général français, Champlonnet (2G nov.); mais Macdonald est vainqueur des Napolitains à Clvita Castellana (l'ancienne Véies) (4 déc). Le Directoire déclare la guerre aux rois de Naples et de Sardaigne le (>. Charles- Emmanuel, surpris dans Turin, est forcé de renoncer à la souveraineté du Piémont le 9. Il se retire en Sardaigne avec sa famille. Championnet rentre à Bomo le 16. L'armée française marche sur Naples. — Alliance de la Porte avec la Russie le 23. Le czar envoie une armée contre les Français vers l'Italie. Les plénipotentiaires français à Rastadt menacent de la guerre si les gouverne-

XVIIIe SIÈCLE APRÈ8 J. C.

mente allemands laissent passer les Russes (2 janv. 1799).

Angleterre. — Méthode d'enseignement mutuel , publiée a Londres, par l'Écossais André Bell :

Expérience sur l'éducation, faite à l'école des garçons à Madras, où il a été chapelain. A Londres aussi , Lancaster ouvre la première école d'enseignement mutuel connue en Europe et dispute à Bell la priorité de la découverte : beaucoup d'enfants peuvent être instruits à la fois et à peu de frais.

Haïti* — Les nègres, avec Toussaint-Louverture, chassent les blancs de la colonie française, et les Anglais, qui les soutenaient, s'emparent même de la partie espagnole de Plie. Proclamation d'indépendance. Mais les Espagnols garderont toujours une partie de l'est.

France. — Mesures insuffisantes pour combler le déficit dans les recettes de l'année (2G mai); elles engagent plus étroitement aux mains des acquéreurs les domaines nationaux, aliénés dès les premiers temps de la république. La chasse et la pèche sont affermées. — Conscription militaire, comprenant-tous les Français en état de porter les armes, de vingt à vingt-cinq ans (21 août , 4 fruct. ). — Établissement à Paris du Conservatoire des arts et métiers , (15 mai), où sont réunis les machines, outils, dessins, instruments des arts, qui étaient disséminés dans trois dépôts. — Paris reçoit les monuments et les objets d'art enlevés des villes d'Italie, entre autres les chevaux de Corinthe (18 juill.).— Première exposition des produits dcl'industrie (sept.).

lltiAftle. — Avènement du dernier roi de Géorgie, Georges XI, fils d'Héraclius qui avait régné trente-huit ans : mômes conditions de tutelle imposée par la Russie.

Angleterre, Autriche. France, Hollande, Italie, Ru*»le,

Bal*** et Turquie. — Championnet met en fuite les lazaroni qu'avait armés le roi , et occupe la ville de Naples ( 23 janv.). Établissement de la république parthénopéenne.

Le roi de Naples est réduit à la Sicile comme le roi de Piémont à la Sardaigne. — La flotte combinée des Russes et des Turcs enlève aux Français Cor fou (i,r mars) et les autres Iles vénitiennes de la mer Ionienne. — Difficulté pour le Directoire d'administrer, outre la France, la Hollande, la Suisse et l'Italie, partagées en républiques. Les généraux donnent l'exemple du pillage. Le Directoire charge alors des commissions de l'administration civile et financière des pays occupés : résistance de quelques généraux , Championnet est destitué, Joubert donne sa démission. — Prévision d'une nouvelle guerre générale. Faute du Directoire, qui nomme général en chef de l'armée d'Italie, au lieu de Moreau, Schérer, usé par l'âge et les infirmités : Macdonald commandera l'armée de Naples, Masséna celle d'Helvétie, Jourdan celle du Danube, qui n'est pas assez forte, Bernadotte celle du Rhin, Brune celle de Hollande. Moyens insuffisants remis aux généraux. L'archiduc Charles passe le Lech. Déclaration de guerre du Directoire à l'Autriche (12 mars, 22 vent.)% un an et demi après la paix de Campo Formio. La seconde coalition réunit l'Angleterre , l'Autriche , une partie de l'empire germanique , Naples, le Portugal, la Russie, la Turquie, les États barbaresques. — En Allemagne, première rencontre à Stockach , au nord-ouest du lac de Constance (2.2 mars). Jourdan vaincu se replie à l'entrée des défilés de la forêt Noire. Heureusement pour nous le conseil aulique défend à l'archiduc de pousser vers le Rhin. — En Italie, l'Autrichien Kray bat les Français sur l'Adige ( 30 mars ) et au sud - est de Vérone, à Magnano ( 5 avril ). Mouvement rétrograde de Schérer sur le Mincio, sur l'Oglio, sur PAdda. Le Russe Souvarov, qu'on appelait Tin-

XVIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

vincible , vient commander l'armée combinée des Russes et des Autrichiens en Italie. Schérer remet le commandement en chef à Moreau, qui sert dans son armée (27 avril ).

Fa laie journée de Cassano , sur l'Adda, le 28. Moreau, n'ayant plus que vingt mille hommes, se retire au delà du Pô, puis au confluent du Pô et du Tanaro , puis aux environs de Gènes , pour faire sa jonction avec Macdonald, qui, arrivant de ^aples par la Toscane , débouche trop tard dans les plaines de Plaisance (juin) , soutient trois combats contre Souvarov sur la Trébie(17, 18, 19 juin) et, vaincu, se retire sur Gènes où il retrouve Moreau. La Lombardie et l'Italie sont perdues.

— La concentration des armées du Rhin et de Suisse, depuis Dusseldorf sur le bas Rhin, jusqu'au Saint- Golhard, entre les mains de Masséna, est jusqu'ici sans profit. — A Rasiadt a été commis le plus odieux attentat contre le droit des gens ; assassinat des plénipotentiaires français ( 28 avril). — En Italie Joubert, nommé général en chef à trente ans, est forcé de livrer la bataille de Novi (15 août) : il est tué au début de l'action. Moreau , qui prend le commandement, ne peut que guider la retraite.

— En Suisse , admirable campagne de Masséna. Il prévient l'arrivée de Souvarov, passe la Limmat, pour écraser, à Zurich , le corps russe de Korsakovct l'armée autrichienne qui le soutient (25, 2G sept., an vni, 3, 4 vend.). Les Russes sont culbutés dans Zurich. Lorsque Souvarov arrive, il est réduit lui-même à une retraite désastreuse ; le czar rappelle les troupes qu'il commande. Si l'Italie reste au pouvoir des Autrichiens, les armées prêtes à envahir la France sont chassées de la Suisse et rejelées en Allemagne. — En Hollande, des Russes et des Anglais débarquent sous le commandement du duc d'York, au Helder(27 août). La flotte hollandaise du Tcxcl se rend aux Anglais. Mais Brune bat les Anglo-Russes(19 sept.) ; ils capitulent a Alkmaer, neuf mille

Russes sont faits prisonniers (6 oct.).

Le reste évacue la Hollande le 18.

— En Orient marche de Bonaparte sur la Syrie (févr.). Prise d'El-Arisch, de Gaza, de Jafla. Les prisonniers sont passés au fil de l'épée. Long siège de Saint-Jean d'Acre ou Ptolémals, au pied du mont Carmel ; soixante jours de tranchée ouverte , pertes considérables, plusieurs assauts; habileté de l'amiral anglais Sidney-Smilh. Arrivée de la grande année turque : victoire de Bonaparte au mont Thabor, au sud-est de Saint- Jean d'Acre (10 avril). Le siège continue, mais l'armée est décimée par la guerre et par la peste. Bouaparte la ramène en Egypte ( 20 mai ). Une armée turque , débarquée devant Aboukir, est complètement détruite ( 24 juill.). Bonaparte est décidé, par les nouvelles qu'il reçoit du continent, à abandonner l'Égyple, il laisse son armée victorieuse sous le commandement de Kléber ( 22 août , 5 fruct.).— Dans Plndostan, chute de notre allié Tippoo-Saëb : il a recherché l'amitié de Bonaparte, maître de l'Egypte, mais n'a pu être soutenu par la France. Deux fois battu par les Anglais, il soutient un siège d'un mois dans sa capitale Scringapatam , qui est prise d'assaut; il meurt les armes à la main après un règne de dix-sept ans (4 mai). L'État de Mysore est partagé par les Anglais avec les petits nababs indiens.

Ktata-Unl*. — Mort de George Washington, retiré depuis deux ans dans la tie privée.

France. — Le duc d'Angouléme, fils ainé de Charles X , épouse à Millau , en Courlandc , la fille de Louis XVI (10 Juin). — Discordes dans le gouvernement. Le sort exclut du Directoire Bewbell, administrateur honnête et éclairé , détesié de Barras, et y fait entrer Sieyès, qui a élé ambassadeur à Berlin ( 10 mai).

Les élections de. l'an vu, pour le renouvellement des conseils, sont favorables aux patriotes. Déchaînement contre le Directoire : après un an

d'exercice, Trellhard en est éliminé comme illégalement élu (16 juin) ; il est remplacé par Gohier , homme sans mérite. Houleuse alliance de Barras et de Sieyès contre leurs collègues l.arévellière Lcpcaux et Merlin de Douai , qui , accusés d'incapacité et de trahison, donnent leur démission (18 juin, 30 prair.); Roger-Ducos et le général Moulins outrent au Directoire, qui n'en devient pas plus homogène. Changements dans le ministère: aux finances, retraite de Hamel, qui a rendu de grands services ; il est remplacé par Kobert Lindet , cher aux patriotes, respectable à tous les partis; aux affaires étrangères, retraite de Talleyrand: a la justice, nomination de. Cambacérès ; Bernadotte à la guerre. — Ressources extraordinaires : levée des hommes de toutes les classes, emprunt forcé de cent millions. — Loi des otages contre les parents des émigrés ou ci-devant nobles (12 julll.). — Le nouveau ministre de la police , Fouché , sur lequel les patriotes auraient dû pouvoir compter à cause de ses antécédents, aide le Directoire contre eux : clôture du club du Manège; arrestation des auteurs de onze journaux hostiles au Directoire, surtout à Sieyès ( août, sept. ). Désorganisation générale; guerre civile imminente, dangers au dehors. Sieyès disait qu'il fallait , pour sauver la France , une tète et une épée. — Retour soudain de Bonaparte. Son débarquement à Fréjus (8 oct. , 17 vend, an vui).

Enthousiasme qu'il inspire. 11 arrive à Paris; les mécontents de tous les partis le recherchent. Sieyès se rapproche de lui ; Fouché est plein de zèle. Sieyès, assuré de Roger-Ducos, et Bonaparte préparent la journée du 18 brumaire, qui doit emporter le Directoire et les conseils et créer un autre gouvernement. Décret pour la translation du Directoire et des conseils à Saint-Cloud , et la remise du commandement général à Bonaparte. Ce décret préparé pendant la nuit par la commission des Anciens

est voté le matin par le conseil (18 brumaire, 9 nov.). Bonaparte s'est assuré du concours des généraux présents à Paris, excepté Bernadotte, ex-ministre de la guerre , et Augcreau. Bonaparte , a la barre des Anciens, parle de la république, mais non de la constitution. Démissions de Sieyès et de Roger-Ducos, depuis longtemps prêtes; suspension des municipalités de Paris; démission lâchement cédée par Barras; vains efforts de paroles tentés par les deux autres directeurs. Moulins et Gohier, pour défendre la constitution. Le lendemain, à Saint-Cloud, grand péril en face des conseils : aux Cinq- Cents Bonaparte, menacé d'être mis hors la loi , en danger pour sa vie , se décide à faire évacuer la salle par la force. Le conseil des Anciens, resié seul en séance, institue un consulat provisoire, qu'on défère à Bonaparte, Roger-Ducos et Sieyès. Les conseils ajournés sont remplacés par deux commissions qui devront rédiger une nouvelle constitution de concert avec les consuls. On pouvait croire alors que l'armée n'était, comme au 13 vendémiaire an iv et au 18 fructidor an v, qu'un auxiliaire de la révolution : mais l'avènement du pouvoir absolu était proche.' — Derniers travaux du Directoire : organisation de l'école Polytechnique, et perfectionnement du système métrique ( nov.). — Le consulat provisoire et les deux commissions de constitution entrent en charge ( Il nov.). Mesures réparatrices ( 1 3 nov.) : abolition de ia loi du 12 julll. sur les otages; rappel des prêtres insermentés et des victimes du 18 fructidor; adoucissement des décrets contre les émigrés. Création d'une caisse d'amortissement pour opéi v successivement le rachat de la dette publique (27 nov., 6 frim.). — Constitution de Tan vin, inspirée par Bonaparte, peu conforme au plan qu'avait tracé l'utopiste Sieyès ( 24 d<?c. , 3?m\): un premier consul, assisté de deux consuls à voix consultative, le gouvernement a seul

XIXe SIÈCLE APilÈS J. C.

l'initiative des lois; un sénat conservateur de soixante membres, chargés de veiller a l'exécution des lois, choisis pour la première fois par les consuls, il siégera au Luxembourg; un tribunat de cent membres pour discuter les lois présentées par les consuls, il siégera au Palais -National ; un corps législatif de trois cents membres, chargé de sanctionner ou de rejeter les propositions discutées, il siégera au palais appelé depuis palais Bourbon ; les tribuns et les législateurs seront choisis par le sénat sur une liste de candidats nationaux formée elle-même sans le concours réel du peuple; importance du conseil d'État. Bonaparte, premier consul, s'adjoint Cambacérès, ancien membre de la plaine à la Convention, et Lebrun, ancien coopérateur du chancelier Maupcou : les consuls résident aux Tuileries. — Laplace commence à publier sa Mécanique céleste; Georges Cuvier, ses Leçons d'anatomie comparée. — Le comte Joseph de Maistre , d'origine française, né à Chambéry, ennemi de la révolution et de la philosophie, public à Lausanne ses Considérations sur la France. — De la littérature, considérée dans ses rapports avec les institutions sociales, par M"* de Staël. — Premier numéro du Journal des Débals actuel (21 janv.).

Italie. — Sanglante restauration des Bourbons à Naples, après le départ des Français; la capitale est en proie à une réaction royale qui égale les plus épouvantables scènes de notre révolution. Mouvement contre les patriotes, dirigé par le cardinal Ruflb ( 12 juin) : capitulation violée; intercession de l'Angleterre implorée vainement. Listes sanglantes de proscriptions, confiscations et meurtres. Rentrée de Ferdinand IV à Naples (13 juill.).— Mort de Pie VI à Valence, en Dauphiné, comme en captivité : il a été pape vingt-cinq ans (29 août).

Ruante. — Mort du roi de Géorgie Georges XL il laisse son royaume

au czar, mais le peuple défend son indépendance dans les montagnes.

Allemagne. — Haydn est âgé de cinquante-huit ans, et Beethoven en a vingt-huit, lorsque Weber, a quatorze ans, écrit déjà un opéra. — Achard, chimiste de Berlin, fait connaître sa découverte du sucre de betterave.

Allemagne, Angle terre, Autriche, France, Italie et Turquie.— En Egypte , triste situation de l'armée française depuis le départ de Bonaparte. Traité d'El-Arisch , conclu par Kléber avec le grand vizir et l'Anglais Sidney-Smith pour l'évacuation ( janv. ) , désavoué par le gouvernement de Londres. Les hostilités recommencent. Victoire de Kléber près des ruines d'Héliopolis , entre le Nil et le désert, au sud-est du Caire (20 mars); il poursuit les Turcs jusqu'à la frontière de Syrie, reprend la ville du Caire qui s'était insurgée derrière lui. En trente-cinq jours, il a reconquis l'Egypte sur les Turcs et sur les Égyptiens révoltés.

Le chef des mameluks, Mourad- Bey,fait sa soumission. Kléber est assassiné au Caire par un fanatique musulman parti de la Palestine; il meurt le même jour que Desaix à Marengo (H juin). Le commandement passe aux mains moins habiles du général Menou. — Après des offres de paix faites inutilement à l'Angleterre par le premier consul, Moreau franchit le Rhin (mars), pénètre en Souabe, bat les Autrichiensà Engen au nord-ouest du lac de Constance , à Moskirch au sud de Sigmaringen, à Bibcrach à l'est du lac Fedcrsée (avril) ; les impériaux se retirent sur Ulm. Bonaparte se porte contre le feld-maréchal Mêlas qui, avec cent trente mille hommes, maître de toute l'Italie, était entré dans Nice, et se disposait à passer le Var pour pénétrer en Provence. Brillante campagne de quarante jours avec une armée de réserve de qua-

ranle mille hommes, réunis en quelques mois sous les murs de Dijon.

Son départ (f> mai) : lo grand Saint- Bernard franchi le 23, il descend dans la vallée d'Aoste, sur les derrières de Mêlas; cuire a Milan ( 2 juin ) : nouvelle proclamation de la république cisalpine le 4. Les Autrichiens sont cuire le premier consul cl le général Sucliet , posté à l'ouest des Alpes. La ligne d'opérations de Mêlas est coupée; il re\ient sur Nice, sur Turin, sur Alexandrie.

Au nord-est d'Alexandrie, près de Monlebdlo, victoire d'avant-garde, due surtout au général Lannes (0 juin), prélude d'une grande journée.

A Marengo, au sud-est d'Alexandrie, quarante mille Autrichiens, soutenus par une nombreuse cavalerie, sont écrasés par vingt- deux mille hommes, dont deux mille cinq cents cavaliers; arrivée presque inattendue de Dcsaix, il est blessé mortellement sur ce champ de victoire ; vigueur du jeune général kellermann, lils du vainqueur de Valmy (l4 juin, 25 //or.). Marengo décide du sort de l'Italie; convention de Mêlas avec Suchet pour remettre toutes les places du Piémont, de la Lombardie, des légations (IG juin). Les Autrichiens se retirent au delà de l'Oglio.

Retour de Bonaparte à Paris ( 2 juillA — Nouveau traité de l'Autriche et de l'Angleterre à Vienne (20 juin) : l'Angleterre fournira des subsides. — Les succès de Moreau qui s'avauce en Bavière , ceux de Lecoui be dans le pays des Grisons, décident l'armistice de Parsdorf, ville de Bavière, dont profileront les Autrichiens (15 juill.). Les députés de l'Autriche signent des préliminaires de paix le 28; la cour de Vienne, qui reçoit des subsides de l'Angleterre, ne les ratifie pas. Klle demande cependant une prolongation d'armis^ tire de quarante-cinq jours, l'obtient en cédant Philippsbourg sur le Khin, Ulm et Ingolstadt sur le Danube (20 sept. , 3e jour complémentaire de l'an vui\ Conférences pour la paix a Lunévillc, au sud-est de

Nancy, sans résultat. — Eu Italie, témérités provoquantes des Napolitains et des Toscans. L'insurrection de la Toscane donne un prétexte aux Français pour prendre possession de Florence et des principales villes du grand-duché (15 oct. ). — L'Autriche ne négociant pas sérieusement, Bonaparte fait ouvrir la campagne d'hiver par Moreau (28 nov.). Moreau doit franchir l'Inn et marcher sur Vienne, pendant que Macdonald passera du pays des Grisons dans le Tyrol , que Brune forcera l'Adige et* le Mincio. En Allemagne, bataille mémorable perdue par l'arcniduc Jean près de la forêt de Hohenlinden , a Test de Munich ; utile concours des généraux Ncy, Grourliy, Grenier, Drouct , surtout Rlchepansc ( 3 déc. ). Moreau passe l'Inn le 10, s'avance dans l'Autriche, occupe Salzbourg le 15; bat les Autrichiens sur la Traun le 18, prend Lintz sur !e Danube, Steyer sur l'Eus, s'approche de Vienne. Par l'armistice de Steyer. l'empereur promet de signer immédiatement la paix , quelle que soit la détermination de ses alliés le 25. Macdonald , bravant les horreurs de l'hiver, a pénétré dans le Tyrol italien; Brune a passé le Mincio et l'Adige. — Après vingtsix mois de blocus, les Anglais ont forcé les Français de leur remettre Malte (25 sept.). Le premier consul en fait cession au czar; les Anglais la refusent à Paid I", qui se détache alors de la coalition et renouvelle contre l'Angleterre la ligue armée des neutres de 1780 avec la Suède, le Danemark et la Prusse ( i0 déc).

Il envoie un ambassadeur à Paris.

Angleterre. — Incorporation de l'Irlande à l'Angleterre et à l'Ecosse ; un seul parlement pour les trois royaumes (2 juill.). L'acte d'union prive, les catholiques, si nombreux en Irlande , du droit d'éleciion et de représentation. — George 111 renonce au titre de roi de France porté par tous les princes anglais depuis Edouard 111 en 1336. — Dans

XIXe SIÈCLE

l'Indostan, la compagnie acquiert tout le pays de Karnatic , à l'est du royaume de Mysorc, devenu son domaine. — James Grant, le premier, traverse le détroit de Bass, entre la Nouvelle-Hollande et Pile de Diemen, pour entrer à Port-Jackson, sur la côte sud-ouest de ce continent. — John Turnbull entreprend un voyage autour du monde; il visitera la Nouvelle-Galles, les lies de la Société et de l'archipel Sandwich.

Danemark. — Les Anglais qui, depuis la fin de 1799, entravaient le commerce maritime des puissances neutres et visitaient les vaisseaux, même lorsqu'ils étaient convoyés, ont capturé une frégate danoise avec son convoi (25 juill.).

France. — Menaces du gouvernement consulaire contre les républicains extrêmes , anciens députés , journalistes ou anciens jacobins ( 5 janv., 16 ntv. ); cent trois devaient être déportés : menace sans exécution. — A Luçon , traité de Bonaparte avec les derniers chefs de la Vendée , Bemier, curé de Saint-Lô, qui avait assisté à toute l'insurrection, Châtillon, d'Autichamp, Suzanet (17 janv.). Soumission des chefs des bandes bretonnes, La PrévaJaye et Bourmont-, Frotté , pris, est fusillé. Georges Cadoudal, fils d'un meunier du Morbihan, battu à Grandchamp , dans le Morbihan , par Brune, capitule et passe en Angleterre. Le culte catholique est protégé en Vendée et en Bretagne. — Une sœur de Bonaparte épouse le général Joachim Murât, âgé de vingtneuf ans, fils d'un aubergiste gascon ( 20 janv. ). — La constitution de l'an vin est acceptée par 3 011 007 suffrages contre 1562(7 févr. , 18 pluv.); celle de 93 en avait eu 1 801 918; celle de l'an m 1 057 380. — Division de la France en préfectures et sous-préfectures ( 17 févr., 28 pluv.\ — Établissement de la banque de France (janv. -mars ). — Traité d'amitié et de commerce avec les Étals- Unis (30 sept., 8 vend.

APRÈS J. C. 693

an ix). — Heureuses mesures financières : les rentiers commencent à être payés en argent. Projets de réparation de routes. — Complot d'Arena et de Ceracchi pour assassiner Bonaparte à l'Opéra; découvert (10 oct. ). Complot de la machine infernale : explosion dans la rue Saint- Nicaise lorsque la voilure du premier consul le conduisait à l'Opéra (24 déc, 3 ntt?.). Plusieurs personnes sont tuées, Bonaparte est sauvé par la vitesse de ses chevaux. La police accuse les démocrates plutôt que les chouans ; plusieurs arrestations; mise en jugement des prévenus du complot du 10 oct. — Le Génevois Mallet, journaliste français, défenseur, même avant 1789, et conseiller sévère de la royauté, meurt en Angleterre dans la pauvreté ( 10 mai ). — La Tour d'Auvergne, nommé par Bonaparte premier grenadier des armées de la république ( mai ), a été tué en Allemagne, près de Neubourg (juin).— Recherches physiologiques sur la vie et la morf, de Bichat, médecin à dix-neuf ans.

Haïti.— Toussaint-Louverture se fait donner, par les nègres, le titre de président à vie.

Italie. — Élection tardive de Pie VII, né en Homagne (14 mars) ; le conclave était réuni à Venise depuis décembre.

Russie et Turquie. — Les sept îles Ioniennes, enlevées parla France à Venise en 1797, et aux Français par la flotte russo-turque en 1799, sont constituées en république par un traité entre la Russie et la Turquie (21 mars) ; elles payent tribut à la Porte. La Porte obtient Prevesa, au nord de l'Ile de Sainte-Maure, Parga, en face de l'Ile de Paxo, et d'autres points de la côte. Le gouvernement de Céphalonie, de Sainte- Maure et de Téaki (ancienne Ithaque) est organisé par Capo d'Istria , fils d'un boucher de Corfou, âgé alors de vingt-quatre ans.

Turquie. — Toute la côte d'Al-

ban le est occupée par Ali, pacha de Janina, qui règne en despote depuis dix-huit ans.

Allemagne. — La différence de Fichte et de Schelling, ouvrage du philosophe Hegel, alors prolcsseur à léna.

Allemagne, Angleterre, Autriche , Danemark, EMpa^ne, France, Italie, Partit khI. rum- •le et Turquie. — L'Autriche signe encore un armistice en Italie, a Trévise ( lfî janv.). Signature du traité de Lunéville par Joseph Bonaparte, frère du premier consul, et par M. de Cobenlzel, au nom de4'empire et de l'Autriche (i> févr., 20 pluv.) : l'empire ratifie le traité de Campo Formio et reconnaît les républiques balave, helvétique, ligurienne, cisalpine; l'Autriche reconnaît la formation d'un royaume d' Et ru rie pour la branche espagnole de Parme, au détriment de Ferdinand 111, frère de l'empereur; le principe de la sécularisation des domaines ecclésiastiques en Allemagne comme moyen d'indemnité est accepté. — L'Espagne, sur les menaces de la France, déclare la guerre au Portugal, allié de l'Angleterre ; le prince de la Paix conduira les troupes d'invasion (22 févr. ). — Menacée par une armée que conduit Murât , la cour de Naples signe le traité de Florence (18 mars) : elle abandonne "a la France son droit sur l'Ile d'Elbe; elle fermera les ports des Dcux-Siciles aux Anglais. — Traité de la France avec l'Espagne (21 mars) : Louis 1er, fils de. l'infant don Ferdinand qui règne à Parme , a reçu de Bonaparte la Toscane et Je titre de roi d'Etrurie, mais l'Espagne reconnaît qu'à la mort de son père don Ferdinand , le duché de Parme , Plaisance et Guastalla , passera à la France. — Exaspération de l'Angleterre contre les neutres auxquels s'adjoint la Prusse (i2 févr.).

L'embargo est mis sur tous les vaisseaux russes, danois, suédois, dans les

horts du royaume-uni. Les amiraux Nelson et Parker forcent le passage du Sund dans la Baltique(2J mars), le franchissent presque sans difficulté parce que la côte suédoise n'est pas défendue, se portent devant Copenhague : bataille navale très-meurtrière (2 avril) ; suspension d'armes le 9; le Danemark se retire du traité de la neutralité armée qu'annule la mort de Paul 1er. Le nouvel empereur de Russie, Alexandre 1er, fait accepter à l'Angleterre et aux puissances du nord une convention qui repose sur le principe invoqué par les neutres c le pavillon couvre la marchandise : • la contrebande de guerre est exceptée. Elle nécessite la visite des bâtiments; les Iles danoises et suédoises seront restituées par les Anglais ( 17 juill. ). — L'Égypte est perdue pour les Français. Dix-huit mille Anglais avec le général Abercrombie, débarqués à Aboukir, battent Menou( 8, 28 mars, 9 avril ); abandon du Caire et même d'Alexandrie aux Anglo-Turcs (27 juin). L'Egypte est évacuée après trois ans d'occupation ( 2 sept. ) ; une bien petite partie de l'armée revoit la France : les troupes anglaises restent dans le pays. — Sur le continent se complète l'œuvre de pacification générale. L'électeur de Bavière accède au traité de Lunéville qui le dépouille au profit de la France de ses possessions sur la rive gauche du Rhin. Après l'attaque d'Olivenza et de la province portugaise d'Alentejo par le prince de la Paix, le Portugal signe le traité de Badajoz, dicté par la France et l'Espagne (29 sept., 7 vend, an x). Traité de Saint-lldefonse, par lequel l'Espagne cède à la France la Louisiane ( 1er oct. ).

Même l'Angleterre signe à Londres des préliminaires de paix avec la France ( 1er oct.). A Paris est signée la paix entre la Russie et l'Espagne le 4 ; entre la Russie et la France qui garantissent toutes deux la république des Sept-lles le 8. Préliminaires de paix entre la France et la Porte le 9. Cougrès ouvert a

XIXe SIÈCLE

Amiens pour la paix définitive avec l'Angleterre.

Angleterre* — Dangers intérieurs, résultats de la lutte acharnée contre la France pendant huit ans:

accroissement formidable de la dette portée à douze milliards cent neuf millions de francs; affreuse disette.

Soulèvement du peuple ; il dévaste les villes et les campagnes. Ardeur de l'opposition parlementaire contre Pitt qui cependant avait doublé le commerce , les revenus et la marine de l'Angleterre. Première convocation du parlement-uni des trois royaumes : Pitt demande l'émancipation pour les catholiques irlandais auxquels il l'avait fait espérer en obtenant l'acte d'union. Refus du roi, qui est protestant dévot. Démission de Pitt après dix-sept ans de ministère (8 févr.). — Cabinet formé par Addington ; lord Hawkesbury remplace M. Greuville aux affaires étrangères : tous deux amis et créatures de Pîtt. Nouvel accès de démence du roi ( févr. -mars ). — Dans l'Indostan, acquisition des territoires du nabab d'Arcate, à l'ouest de Madras.— Klinders complète la reconnaissance de la côte méridionale de la Nouvelle-Hollande. — Premier acte du parlement pour la construction d'un chemin de fer. — Recensement de population pour l'Angleterre et pays de Galles 8 872 980.

^t*tg-unU. — Thomas Jefferson, né comme Washington en Virginie, est élu président; il avait rendu de grands services a la cause de l'indépendance; célèbre par ses écrits philosophiques et politiques , habile financier et diplomate, vice-président de l'Union depuis 1797.

France. — A l'occasion de la machine infernale , cent trente républicains sont déportés par un simple sénatus-consulte, demandé et obtenu dans une séance de nuit (4 janv.). Les vrais auteurs du complot , enûn découverts, sont livrés a des tribunaux militaires spéciaux dont la formation

APRÈS J. C. 695

soulève les plaintes du parti constitutionnel , surtout dans le tribunat.

Condamnation à mort et exécution de quelques-uns des conspirateurs du 10 octobre (9 janv.). — Aussitôt après le traité de Lunéville , organisation de l'administration française dans les pays de la rive gauche du Rhin que nous reconnaît l'empire (mars): 4 déparlements, du Roêr, chef-lieu Aix-la-Chapelle ; de Rhinet-Moselle, chef-lieu Coblentz; du Mont-Tonnerre , chef-lieu Mayencc ; de la Sarre, chef-lieu Trêves.— Restauration de la religion catholique accomplie par le premier consul ; il n'est pas aidé par le concile national tenu à Paris ( 29 juin ). Le cardinal Consalvi signe le nouveau concordat au nom de Pie Vil (15 juill.) ; ratification par le pape. Bonaparte a obtenu la déposition des évoques anciens titulaires; une nouvelle circonscription épiscopale en soixante sièges au lieu de cent cinquante-huit; l'attribution à l'État de la police des cultes; la substitution d'un salaire pour les prêtres à une dotation territoriale; la consécration par l'Église de la vente des biens nationaux; les archevêques et évèques doivent être nommés par le gouvernement et recevoir du saint-siége l'institution canonique.— Le culte catholique redevient public. — Pour célébrer la paix générale, grande fête le 18 brum.

an x; lord Cornwallis, plénipotentiaire au congrès d'Amiens, reçoit du peuple de Paris un accueil sympathique. — Traité3 renouvelés avec la régence d'Alger, qui reçoit encore un tribut (27 déc). — Atala de Chateaubriand, publié dans le Mercure de France. — Idéologie de Destutt de Tracy. Traite' de minéralogie de Haùy. — Le journaliste Rivarol, qui avait pris parti contre la révolution et avait émigré , meurt à Berlin. — Recensement : 27 349 003 âmes.

Hollande. — Nouvelle constitution de la république batave.

Russie* — Paul Iar avait exaspéré la noblesse par la rigueur de ses ré-»

formes militaires; plein d'estime et d'admiration pour le premier consul , il «Hait odieux à l'ambassadeur anglais. Complot tramé par le comte de Pahlen, gouverneur militaire de Saint-Pétersbourg; projet d'assassinat, caché sous un projet d'abdication forcée , accompli au palais Michel dans ia nuit du 23 mars ( 12 en style russe). Avènement de son (ils aîné, Alexandre 1".— Premiers actes «l'Alexandre Ier : il abolit la chancellerie secrète d'inquisition, la confiscation, I.i torture; il réduit les impôts, rappelle les bannis. Ardeur de libéralisme : toutes les imprimeries sont déclarées libres; introduction des livres français autorisée. — 11 incorpore la Géorgie a l'empire ( 25 sept. ). (iuerre permanente avec les montagnards du Caucase.

Butane. — Nouvelle constitution de la république helvétique.

Angleterre , France et Turquie* — Paix signée a Amiens par lord Cornwallis et Joseph Bonaparte, le plénipotentiaire de Lunéville (26 mars, (> germ.) : l'Angleterre consent à toutes les acquisitions continentales de la république française, reconnaît l'existence des républiques secondaires, restitue nos colonies; mais elle obtient dans les Antilles nie espagnole de la Trinité et l'Ile de Ceylan , possession hollandaise qui complète la domination britannique dans les Indes ; elle doit évacuer le cap de Bonne-Espérance et Malte , réservée pour l'ordre déchu. — Traité entre la France et la Porte (25 juin). La paix est rétablie sur toutes les mers comme sur le continent.

KtAtM«Unltf« — Fulton , né en Pensylvanie, auteur de plusieurs inventions mécaniques, qui depuis huit ans cherchait à intéresser à ses découvertes la France et l'Angleterre, particulièrement pour ses appareils de guerre sous-marine , construit à Paris avec le concours de Livingston, l'ambassadeur de sa nation, un grand

bateau à vapeur. — Le pays d'Ohio, à l'ouest de la Pensylvanie , que les Européens n'ont commencé à habiter qu'en 1763, est admis au rang d'État.

France. — La prospérité renaît; encouragement des travaux : industrie, commerce extérieur, canaux, ports, ponts, roules, monuments.

Brillant hiver, aflluence d'étrangers, cour du premier consul. Mariage de son frère Louis Bonaparte avec Hortense de Bcauhamais, fille de sa femme (Ojanv.). Ordre et réformes dans l'administration. La rédaction du code civil est préparée par le conseil d'État. Esprit d'opposition des corps politiques : le tribunal rejette les premiers articles du code civil ; le corps législatif nomme pour son président Dupuis, l'auteur de V Origine de tous les cultes , hostile au concordat; MM. Grégoire et Daunou sont, malgré le premier consul, proposés pour des places vacantes au sénat. Court voyage à Lyon où une diète d Italiens le proclame président de la république italienne (26 janv.) ; grande revue des armées d'Italie et d'Egypte. Retour à Paris; renouvellement légal d'un cinquième du corps législatif et du tribunal par le scrutin du sénat, favocable au gouvernement. — Session extraordinaire pour faire convertir en lois le concordat , le traité d'Amiens, et différents projets sur l'instruction publique et la création de la Légion d'honneur, etc. (du 5 avril au 20 mai). Adoption par le corps législatif el le iribunat du concordat et de la loi réglementaire des cultes sous le nom de lois organiques (8 avril, 18 germ.).

C'est le sujet d'un discours mémorable de M. Portalis devant le corps législatif, le même jour où l'Institut met au concours cette question : De Vesprit et de Vinfluence de la réformation de Luther, sur laquelle Charles de Villers remportera le prix en 1804. Le concordat est inauguré en grande pompe par le premier consul , avec l'éclat de l'ancienne cour, dans l'église Notre - Dame, le jour de Pâques (18 avril, 28 germ.).

Le dimanche et les quatre grandes fêtes religieuses sont rétablis. Abandon du système décadaire, bien qu'on conserve le calendrier républicain.

Séna lus -consulte pour donner amnistie pleine et entière à tous les émigrés qui rentreront avant le 1er vend, an xi (26 avril). Adoption , à une grande majorité, du projet de loi qui réorganise l'enseignement (Ier niai ) : fondation de quarante lycées avec cinq mille cent vingt bourses et un fonds annuel de trois millions cinq cent quatre-vingt-quatre mille francs ; restauration de l'élude des langues mortes; éducation tout à fait militaire ; la création de la Légion d'honneur est volée au conseil d'Etat par 14 voix contre 10; au tribunat par 50 contre 38 ; au corps législatif par 170 contre 1 10 ( 19 mai ). — Le sénat n'ayant prolongé le consulat que pour dix ans (6 mai), le peuple vote le consulat à vie : 3,568,885 sur 3,577,259 votants. Au tribunat, Carnot a seul voté contre. Le sénat proclame Napoléon Bonaparte premier consul à vie ( 2 août , 14 therm. ). Remaniement de la constitution, favorable à l'autorité monarchique (4 août) : les deux collèges électoraux d'arrondissement et de département seront élus a vie par les assemblées de canton, qui représentent seules le peuple; le sénat, qui est porté à cent vingt membres, peut modifier la constitution et la suspendre, dissoudre le corps législatif, et casser les décisions des tribunaux; le tribunat, réduit à cinquante membres, devient une section du conseil d'État ; l'assemblée législative ne sert qu'à voter les décrets ; création d'un conseil privé ; le premier consul peut désigner sou successeur. Suppression du ministère de la police , que remplace une direction générale attachée au ministère de la justice. — Le Piémont, dont la possession nous a été reconnue par les traités , est réuni au territoire français et forme cinq départements ( 1 1 sept. ) : la Doire, chef-lieu Ivrée ; la Sésia, cheflieu Verceil ; le Pô, chef-lieu Turin ;

la Stura, chef-lieu Coni; Marengo, chef-lieu Alexandrie. A la mort du duc de Parme et Plaisance, ses États selon la convention du 21 mars 1801, sont occupés (9 oct., 17 vend, an xi). — Travaux intérieurs. Canaux de l'Ourcq et de Saint-Quentin, canal de Nantes à Brest ; digue de Cherbourg.

Grand chemin du Simplon , dans les Alpes du Valais. Boule du mont Genèvre , cnlre les sources de la Durance et celles de la Doire ripaire.

Projets de colonies militaires en Italie et dans les départements du Bhin.

Réorganisation de l'Institut qui sera partagé en quatre classes. Largesses au clergé. — Sensation produite par le Génie du Christianisme, de Chateaubriand, il relève les beautés morales et poétiques de la religion.

Delphine, de M™ de Staël. — Début de Charles No lier : Stella ou les Proscrits. — Travaux philosophiques de Cabanis, de Maine de Biran, de Bonald. — Lettres d'un habitant de Genève à ses contemporains, premier ouvrage, inaperçu, du réformateur Saint-Simon.

Haïti. — Le général français Leclerc, venu avec vingt mille hommes, se rend maître par surprise de Toussaint-Louveriure, qui, envoyé en France , y mourra. Soumission d'un autre général des noirs, Jacques Dessalines. La fièvre jaune autant que la guerre décime l'armée française.

Mort de Leclerc (2 nov.). L'insurrection recommence de tous côlés.

lien ionienne». — Guerre civile depuis la naissance de la république ; un plénipotentiaire russe vient apaiser les troubles. La Russie garantit la constitution. Le secrétaire d'État, Capo d'Istria, ranime l'esprit grec r écoles, enseignement de la langue et de la littérature de la Grèce ancienne.

Italie et Unlaac. — La république cisalpine n'existe plus que de nom depuis qu'elle a accepté pour président le premier consul (2Gjanv.\ surtout après l'iucorporation du Pié-

XIXe SIÈCUB ArRÈS J. C.

mont à la France (I ! sept). — Le Valais forme une république particulière (3 avril). — EnSardaigne, abdication de Charles -Emmanuel IV (4 juin) ; son frère Victor-Emmanuel V lui succède. — Troubles en Suisse.

Médiation du premier consul ; il fait entrer une armée de trente mille hommes (21 oct.).

Russie* — Nouvelle organisation du service administratif : un ministre à la téte de chaque département (20 sept.). Création des ministères de l'intérieur et de l'instruction publique. — Le sénat devient un corps intermédiaire entre le prince et la noblesse. — Taganrog, au fond de la mer d'Azof, prend rang parmi les premiers ports de commerces

Allemagne. — Mort de Herder, l'auteur des Idées sur l'histoire de l'humanité.

Allemagne, Autriche, France, Prusse et Russie. — La ferme volonté du premier consul qui met à profit tour à tour l'ambition de la Prusse et l'orgueil de la Russie, puissance médiatrice, fait résoudre, après un an de laborieux efforts, la question si compliquée du remaniement du territoire, au moyen de la sécularisation des principautés ecclésiastiques. Part faite à la Prusse dans la Westphalic et la Hesse. L'é vécue de Salzbourg est donné a l'ancien grandduc de Toscane, l'archiduc Ferdinand, qui est fait électeur. Des anciens électeurs ecclésiastiques, un seul est conservé, celui de Mayence qui est chancelier de l'empire, mais son siège est transporté à Ratisbonne.

Trois nouveaux électeurs protestants, Bade, Wurtemberg, Hesse. Le collège des villes libres est réduit à huit membres: Augsbourg, Nuremberg, Ratisbonne, où siège la diète, Wctzlar, où siège depuis H 88 la chambre impériale, Francfort, Lubeck, auxquelles on adjoint Hambourg et Brème, qui dépendaient du Hanovre. Un octroi est établi sur le Rhiu

pour trouver les sommes nécessaires au complément de toutes les indemnités. Ces résolutions sont acceptées par la diète de Ratisbonne (24 mars).

Mais bien des questions ue sont pas encore résolues.

Angleterre et France* — Les

Anglais refusent d'évacuer Malte ( V mars). Les Français entrent en Hollande et dans le Hanovre; Bonaparte ferme aux Anglais les ports de France, de Hollande et d'Espagne; il arrête même les sujets de la Grande- Bretagne. Nouveau projet de descente en Angleterre : grands préparatifs à Boulogne. Bonaparte exige l'alliance du roi de Naples, occupe les Abruzzes et la Pouille , ainsi qu'Ancône et Civita-Vecchia dans les États de l'Église. — Les Anglais enlèvent aux Hollandais nos alliés, Surinam , Démérary et Esséquibo dans la Guyane ( 19 sept.). — Neutralité imposée par Bonaparte au Portugal et à l'Espagne qui donneront des subsides à la France (30 nov., an xii).

Angleterre. — Troubles en Irlande (25 juill.). — Dans l'indostan, lutte contre Holkar, chef d'un État du même nom au milieu des Mahrattes.

Ktats-Unls. — La France leur cède (30 avril), moyennant soixante millions , la Louisiane qui prend le rang d'État.

France. — École militaire spéciale à Fontainebleau (janv.). École d'arts et métiers à Gompiègnc (févr. ). — Restriction de la liberté de la presse par la censure (27 sept.). — Essai du bateau à vapeur de 1* Américain Fulton, sur la Seine à Paris (9 août). Mais le premier consul ne peut se fier, pour une grande entreprise comme le projet de descente en Angleterre, à ce moyen nouveau et non encore éprouvé.

Haïti. — Les Français sont refoulés jusqu'au Cap par les noirs Jacques Dessalines et Christophe, et par le mulâtre Pétiou. Grand désas-

tre de Rochambeau (nov.). Vengeances des noirs sur les blancs et sur les mulâtres.

lien ioniennes. — Nouvelle constitution plus précise (Gdéc); influence de la Hussie.

Italie. — Mort de Louis P", roi d'Étrurie (27 mai). Son fils , âgé de quatre ans, est sous la tutelle de sa veuve.

Prusse. — Elle reste neutre enire l'Angleterre et la France.

Russie. — Accroissement des forces de terre et de mer. — Ukase pour l'amélioration de l'instruction publique (5 févr. ) : subvention donnée aux universités de Dorpat, en Livonie, et de Vilna. Projet de création d'universités â Saint-Pétersbourg, à Kharkov, à Kasan. — Ukase pour favoriser l'affranchissement des paysans ( 20 févr. ). — Odessa , ville qui date de vingt ans, reçoit pour gouverneur un Français émigré, le duc de Richelieu, auquel elle devra sa prospérité commerciale (mars). — Voyage autour du monde, de Krusenstern.

Suisse. — Acte de médiation du premier consul ( 19 févr.). La confédération comprendra dix-neuf cantons; on ajoute aux treize anciens l'Argovie, la Thurgovie, Saint-Gall, les Grisons , le pays de Vaud , le Tessin. La diète fédérale se tiendra alternativement dans les grandes villes. Chaque canton a sa constitution particulière. Le landamman est le premier magistrat de la république. Abolition de tous les privilèges de naissance et de localités.

Turquie.— Les Wahabitcs, sectaires musulmans qui ont pris la Mecque, menacent le Caire que sauvent les mameluks ; ils enlèveut Médine (30 juill.).

Angleterre. — Nouveau ministère Pitt (15 mai).— Brevet pris par l'Allemand Wiusor pour l'éclairage

au gaz qui avait été imaginé presque en même temps , par l'ingénieur français Lebon et par l'ingénieur anglais Mardoch. — Première caisse d'épargne établie à Tottenham, dans le Middiesex, par Mrs. Priscilla Wakefield. -

France. — Le parti des chouans émigrés ourdit à Londres une conspiration contre le premier consul ; George Cadoudal a pour complice Pichegru. Arrivés à Paris, ils entraînent le général Moreau. Leur arrestation ( 15 févr., 25 pluv. ).— Acte odieux de violence et de colère : le premier consul fait enlever, dans le grand-duché de Bade , au château d'Etteinheim , à trois lieues au delà du Hhin, le duc d'Enghien, petit-fils du prince de Condé (15 mars); translation à Vincennes, condamnation à mort par une commission militaire, exécution dans les fossés du château (20 mars). Le général Pichegru est trouvé étranglé dans sa prison du Temple (5 avril). Le czar et le roi de Suède , beaux - frères du grand-duc de Bade, invitent la diète germanique à demander à la France satisfaction pour la violation du territoire allemand (7 mai). — Le Code civil, en trois livres et en 2281 articles, est adopté par le corps législatif. — L'empire héréditaire est volé par le tribunat, le corps législatif et le sénat.

Napoléon 1er est proclamé empereur à Saint-Cloud ( 18 mai, 28 flor. ).

Un sénatus-consulte modifie la constitution: toute publicité est détruite, les séances du sénat deviennent secrètes comme celles du conseil d'État; monarchie militaire avec des princes, les frères de l'empereur, Joseph et Louis ; avec des grands dignitaires, un archichancelier et un archi trésorier, Cambacérès et Lebrun ex-consuls , et avec des maréchaux, des chambellans, des pages.

Aigle des Césars. Le décret impérial du 29 floréal (19 mai) nomme dixhuit maréchaux : Berthier, Murât, Moncey, Jourdan , Masséna , Augereau, Bernadotte, Soult, Brune, Lan-

nés. Mortier, Ney, Davoust, Bessières, Kellcrmann, Lefebvre, Pérignon, Sérurier. Pendant ses dix ans de règne, Napoléon n'a nommé que huit maréchaux nouveaux. Issue du procès instruit contre George Cadoudal :

vingt condamnations à mort ( 10 juin); douze exécutions; Moreau , condamné à deux ans de détention, est banni ; il passera aux États-Unis.

Les suffrages du peuple, exprimés sur des registres , accordent l'hérédité de la couronne impériale à la famille de Bonaparte : 3,572,329 contre 2,5G9 (6 nov. , 15 brum. an xiii).

Pie Vil vient sacrer Napoléon à Paris dans l'église Notre-Dame (2 déc, 1 1 frim.). — Sept cents millions de dépenses, cinq cent soixante millions de revenus ordinaires : nouvelles ressources financières : vingt-deux millions du subside italien, quarante-huit du subside espagnol, vingt des cautionnements, et quelques millions en biens nationaux.

Rétablissement des contributions indirectes sur les objets de consommation, surtouUes boissons, vins, eauxde-vie, bière, cidre; création d'un personnel de la perception, sous le litre de régie des droits réunis; la perception se fait au moyen de l'exercice , les matières imposables sont taxées sur les lieux où elles sont récoltées et fabriquées. Le sel n'est imposé qu'en Piémont. — Les savants Gay-Lussac et Biot font un voyage aérostatique. — Sous le titre (TOupnekhat, traduction en extraits, des Védas, les plus anciens livres sacrés des Indous, écrits en langue sanscrite, par l'orientaliste Anquetil Duperron.

France et Angleterre, Autriche , Espagne , Russie • Suède, Turquie. — L'empereur Alexandre demande que le royaume de Naples et l'Allemagne septentrionale soient évacués par nos troupes, et que la maison de Sardaignc soit indemnisée de ses pertes (21 juikl.).

— L'empereur d'Allemagne, quand Napoléon a reçu le titre d'empereur,

prend le titre d'empereur d'Autriche, avec le nom de François \9T (1 1 août).

— Napoléon au camp de Boulogne, d'où il espère lancer sa flotte contre l'Angleterre. Le lendemain de la Saint-Napoléon (16 août, 28 therm.), distribution des croix d'honneur à l'armée, en présence de cent cinquante mille hommes. La mort de l'amiral Latouche-Tréville, qui commandait l'escadre de Toulon, fait ajourner la descente à l'hiver. — L'empereur Alexandre cesse toute relation avec la France (28 août). — Le roi de Prusse veut rester neutre (2G sept.). Alliance étroite de la Suède avec l'Angleterre (3 déc).

— L'Espagne , alliée de la France, perd trois galions d'Amérique chargés d'argent, qui sont enlevés par les Anglais (5 oct.). Elle déclare la guerre à l'Angleterre (12 déc).— L'ambassadeur ottoman quitte Paris le 13.

Haïti.— Le noir Jacques Dessalines chasse les Anglais, et se fait proclamer empereur sous le nom de Jacques Irr (8 oct.) ; il règne en tyran.

Italie. — Pie VII rétablit l'ordre des jésuites à Naples et en Sicile (3 juill.). —Napoléon exige le renvoi du ministre de Naples , Acton.

Turquie* — Révolte des populations chrétiennes de Servie, opprimées par le pacha de Belgrade Pasvan-Oglou et par les beys turcs; elles auront pour chef le fils d'un pâtre de Bosnie, Czerni-Georges.

Allemagne. — Mort de Schiller, à quarante-six ans : poète dramatique, et historien de la Révolution des Pays-Bas y de la guerre de Trente ans (9 mai). Il était ami de Goëthe, et vivait comme lui à Weiinar.

Angleterre. — Progrès de la consommation du charbon de terre à Londres : cette année, quatre mille huit cent cinquante-six cargaisons, contenant un million trois cent cinquante mille tonnes. — Walter Scott

est déjà célèbre par des poésies empruntées aux légendes gaéliques et par des ballades.

KtaU-lnl*. — Réélection de Thomas Jeflerson à la présidence.

France et Allemagne, Angleterre , Autriche , Hollande, Italie, l»rn«ftc, Riia- »le» — Napoléon veut constituer sur le modèle de l'empire tous les États voisins de la France dont le Directoire avait fait des républiques. Il accepte la monarchie* héréditaire d'Italie que lui offre la consulte d'État de la république cisalpine (18 mars). La principauté de Piombino, en Toscane, est donnée à la princesse Élisa , sœur de Napoléon, mariée au sénateur Dacciochi. — Constitution plus monarchique de la Hollande (16 mars): le pouvoir exécutif est remis à un pensionnaire d'État, Schimmelpenninck. — L'Angleterre organise la troisième coalition. Traité d'alliance avec la Russie (il avril). — L'empereur reçoit à Milan la couronne de fer des Lombards (2G mai); il nomme vice-roi son fils adoptif Kugène de Beauhamais. Le sénat de Gènes demande l'incorporation à la France (4 juin). La petite république de Lucques est convertie en principauté pour être donnée au prince et à la princesse de Piombino le 23. — Napoléon revient à Boulogne (3 aoûl): il a cent trente-deux mille hommes, quinze mille chevaux, deux mille petits bâtiments de transport; il attend que ses flottes ouvrent la mer. « Si nous sommes maîtres douze heures de la tra\erséc, écrit-il le 4 août, l'Angleterre a vécu. » — L'Autriche accède à la coalition (9 août).— La faute de Villeneuve, commandant de l'escadre de Toulon, qui, après avoir combattu l'amiral Calder pour débloquer le Ferroi, au nord-ouest de l'Espagne, rebrousse vers Cadix au Heu de marcher sur Brest , où est bloqué notre amiral Ganteaume; la connaissance positive des projets de l'Autriche, décident la levée du camp de Boulogne

(27 août). — Plan de l'immortelle campagne de 1805. — Quatre-vingt mille Autrichiens, sous l'archiduc Ferdinand et le général Mark, ont passé l'Inii, envahi Munich et chassé l'électeur allié de la France 8 sept.); trente mille, sous l'archiduc Jean, occupent le Tyrol ; cent mille, sous l'archiduc Charles, s'avancent sur l'Adigc. Deux années russes doivent se joindre aux Autrichiens. — Le roi de Naples signe une contention de neutralité avec la France (21 sept.).

— Activité de Napoléon : en un mois, cent cinquante mille hommes sont transportés du camp de Boulogne a la frontière de l'Alsace avec quatre cents pièces de canon ( 27 août-25 sept.). Décret du sénat pour une levée de quatre-vingt mille hommes (23 sept., l«r vend, an xiv). Départ de Napoléon (24 sept.). Organisation de la grande armée en sept corps; réserve de cavalerie sous Murât; garde impériale, corps d'élite de sept cents hommes, avec de l'artillerie; grenadiers d'Oudinot. — L'empereur se porte vers la Bavière , le long des Alpes de Souabc, pour tourner le général Mack. Violation de la neutralité prussienne par nos troupes qui traversent le territoire neutre d'Anspach en Franconie (3 oct.). Passage du Danube (G oct.): l'empereur veut prendre position au delà, entre les Autrichiens et les Russes. Une campagne en quinze jours. Des corps d'armée du général Mack, qui s'est établi à Chu, sont battus à VVertingen (8 oct.); à Gunzbourg(9 oct.); le 10, occupation d'Augsbourg; le 12, de Munich. Elchingen , au nord-est d'Ulm, sur la gauche du fleuve , est emportée par Ney ( 14 oct.). Mack capitule avec trente mille hommes (20 oct.). — Kn Italie, Masséna arrête le prince Charles et passe l'Adige, la Piave, le Tagliainento (oct.). — Mais l'amiral Villeneuve perd, malgré le concours dévoué de l'amiral espagnol Gravina, la bataille de Trafalgar contre Nelson, qui est tué (21 oct. ). — - Napoléon , après Ulm , précipite son mouvement sur Vienne, où il

arrive le 13 nov. — Il marche contre les Autrichiens et les Russes qui se sont réunis en Moravie. Mémorable victoire d'Austerlitz , le jour anniversaire du couronnement de l'empereur ( 2 déc. , 1 1 frim.) : armistice avec les Autrichiens ( 6 déc. ) ; les Russes obtiennent de se retirer immédiatement. — Pendant les négociations pour la paix avec l'Autriche, Napoléon signe des traités particuliers avec Bade, le Wurtemberg, la Bavière (10, 12, 20 déc. ). Traité avec la Prusse (15 déc): le Hanovre est cédé à la Prusse , qui livre à la France le marquisat d'Aiispach, destiné à la Bavière , la principauté de Neufchatel, et le duché de Clèvcs entre Meuse et Rhin , contenant la place de Wesel sur le Rhin. — Traité de Presbourg avec l'Autriche ( 2G déc. ) : Napoléon se réserve l'Italie entière, l'istrie et la Dalmatie; il donne à la Bavière les évèchés d'Kichstett et de Passau, la Souahe autrichienne , la ville et l'évêché d'Augsbourg, le Tyrol; au Wurtemberg, une partie de la Souabc et du Brisgau ; à Bade , une partie du Brisgau et de l'Ortenau ; les électeurs de Wurtemberg et de Bavière sont reconnus rois par l'Autriche , le souverain de Bade se contente de son titre d'électeur; tous trois, affranchis des droits d'origine féodale qu'exerçait sur eux l'empereur, auront les mêmes prérogatives que lui sur la noblesse immédiate de leurs États : ainsi, dans une partie considérable de l'Allemagne, le pouvoir est centralisé au profit des souverains territoriaux.

Faible indemnité pour l'Autriche :

biens de l'Ordre teutonique sécularisés à titre héréditaire pour un des archiducs. Ce traité, dans les limites duquel Napoléon aurait dû se maintenir, bien conçu pour le repos de l'Italie et de l'Allemagne , complète l'abaissement de l'Autriche, commencé par le traité de Gampo-Formio , continué par celui de Luné-ville. 11 consacre l'empire comme la paix de Lunévtile , après Marengo,

a sanctionné le consulat. — Napoléon déclare que Ferdinand IV de Naples a cessé de régner (27 déc): ce prince, après Trafalgar, avait violé le traité de neutralité en recevant d'une escadre anglo- russe dix-huit mille hommes (19 nov.).

France. — Nouveau tarif de douanes (6 févr., 17 pluv.). Aggravation des droits sur le café, le sucre , le cacao , le thé , les objets de luxe, le coton, le fer, etc. — Le territoire génois incorporé à la France (4 juin), formera trois départements:

Gènes, chef-lieu Gènes; Montenotte, chef-lieu Savone; Apennin, chef-lieu Ghiavari. — La suppression du calendrier républicain est décidée (9 sept. , 22 fruct.) : I'an xiv ne dépassera pas le 1er janvier 1806, où sera repris le calendrier grégorien.

— Mwe de StaCl visite l'Italie et écrit Corinne, son chef-d'œuvre.

Russie et Turquie. — La Russie obtient de la Porte la liberté de navigation sur le Phase, fleuv e d'Arménie (22févr.). Elle y bâtit deux forts.

Renouvellement du traité d'alliance pour neuf ans (30 déc).

Angleterre. — Mort de William Pitt à quarante-sept ans (23 janv.).

Ministère plus enclin à la paix : Fox aux affaires étrangères, Grenville premier lord de la trésorerie est principal ministre; M. Windham à la guerre; M. Gray à l'amirauté. — Congrève , officier d'artillerie invente les fusées qui portent son nom (janv.) : elles seront essayées contre les ports de France. — La mort de M. Fox sera favorable au parti de la guerre.

États-uni*. — Fui ton fait manœuvrer son gâteau à vapeur sur l'IIudson.

France. — 1806 est la plus belle année de l'empire , comme 1802 fut la plus belle du consulat. Paris reçoit les drapeaux pris sur l'ennemi ( |" janv.). Napoléon assiste à Munich au

mariage d'Eugène Bcauharnais avec la priucesse Auguste de Bavière, le 14. Accueil triomphal à Paris le 2G. On lui donne le titre de Grand. Le sénat consacre un monument à sa gloire et à celle de Tannée. — Par décret impérial, l'église de Saint- Denis est consacrée à la sépulture des empereurs; celle de Sainte -ueneviève (le Panthéon) est rendue au culte (20 févr.). — Rétablissement du crédit public et privé, le trésor est réformé avec les contributions levées en pays conquis. Le ministère des finances sera pendant huit ans, de 1806 à 1814 , aux mains habiles et intègres de M. Mollien. Avec un effectif militaire de quatre cent cinquante mille hommes et des besoins de service considérables, le budget ne dépasse pas sept cents millions, et , en ajoutant les frais de perception, huit cent vingt. Extension des droits des contributions indirectes , rétablissement de l'impôt sur le sel; nouvelle organisation de la trésorerie et de la banque de France; liquidation des arriérés. Projets de travaux d'art : à Paris , colonne de la place Vendôme faite avec le bronze des canons enlevés à l'ennemi , sur le modèle de la colonne Trajanc de Rome ; arc de triomphe sur la place du Carrousel, achèvement du Louvre et des Tuileries, arc de l'Étoile, fontaines ; canaux du Hhône au Rhin, du Hhin à l'Kscaut; routes de Tarare, de Metz à Mayence. — Création de l'université impériale, avec un corps enseignant , sur le projet de l'administrateur de l'instruction publique, M. Fourcroy (6 mai). — Adoption du code, de procédure civite (9 mai). — Adjonction au conseil d'État de maîtres de requêtes ; il connaîtra de tous les marchés passés avec le gouvernement (juin). — Jacquard, mécanicien lyonnais, crée un nouveau métier, plus simple, pour le tissage : révolution dans l'industrie. — — Les Pestiférés dcJaffa. commencement d'une réaction contre l'école académique de David. Population:

29,107,426 âmes.

France et Allemagne , Autriche , Hollande, Italie* —

Ferdinand IV se retire en Sicile (15janv.); Masséna entre à Naples avec Joseph Bonaparte, frère aîné de l'empereur, alors âgé de trentehuit ans (15 févr.); organisation nouvelle du royaume. Le prince Eugène, vice-roi d'Italie, occupe les États vénitiens cédés par le traité de Presbourg ; le général Molitor, la Ualmatie. Au sud de ce pays, les bouches du Cattaro sont prises, malgré le traité, par les Busses qui, depuis deux ans, ont garnison à Cor fou (4 mars).

— Système d'empire avec des royautés vassales, des grands-duchés et des duchés, comme dans l'empire germanique ; les rois et ducs conserveront leur qualité de grands dignitaires de l'empire fiançais : résolutions présentées au sénat pour être converties en articles des constitutions de l'empire ( mars, avril-juin ).

Statut constitutionnel de la famille Bonaparte (30 mars) : Joseph Bonaparte est créé roi de Naples et de Sicile, GaGte seule lui résiste avec le secours des Anglais. Louis Bonaparte est donné pour roi à la Hollande ( 5 juin ). Massa-Carrara a été réunie au duché de Lucques , donné à Élisa, sœur de l'empereur, le duché de Guastalla à son autre sœur, la belle Pauline, mariée au prince Borghèse , qui le vendit bientôt au royaume d'Italie pour quelques millions. Murât, époux de Caroline Bonaparte, a te grand-duché de Berg et de Clèves ( 15 mars). La principauté souveraine de Neufchâtcl est attribuée au maréchal Berthier (mars); celle de Bénévent à Talleyrand, celle de Ponte-Corvo à Bernadolte, beaufrère de Joseph (juin). Napoléon réserve dans les Étals vénitiens douze fit;fs sous titre de duchés , quatre dans le royaume de Naples, un dans la principauté de Massa , trois dans les pays de Parme et Plaisance, qu'il donnera successivement à d'illustres serviteurs, sans aucun pouvoir féodal , mais avec une part dans le quinzième des revenus et une por-

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C

lion des domaines nationaux. L'archichancelier Lebrun est fait duc de Plaisance ; l'archichancelicr Cambacérès refuse loute lerrc ducale. Des dotations, des titres de comtes et de barons seront affectés aux différents services militaires et civils. — Napoléon achève l'organisation de son empire et d'un nouveau système européen en créant sous la protection de la France la confédération du Rhin (12 juill. ). Le siège de la nouvelle diète est à Francfort. La Prusse et l'Autriche sont laissées en dehors.

Deux collèges : L Collège de rois, comprenant: 1° le prince primat, ex-électeur de Maycncc; 2° le roi de Bavière, auquel sont données les villes libres de Nuremberg et de Ualisbonnc; 3° le roi de Wurtemberg; 4° le grand-duc de Bade ; 6° le grandduc de Berg, Murât ; 6° le grand-duc de Hesse-Darmstadt. IL Collège des princes : ducs de Nassau-Usingcn- Weilbourg ; princes de Hohenzollern- Hechingen-Sigmaringen ; princes de Salm-Salm; Salm-Kirbourg; lsambourg ; Aremberg ; Lichtenstein ; Leyen. La noblesse immédiate, enclavée dans les territoires de ces différents États , est définitivement incorporée ; elle perd les droits souverains de législation, de juridiction suprême, de haute police, d'impôt, de recrutement. Les princes, réunis en confédération du Rhin, notifient à la diète de Ratisbonne leur séparation du corps germanique (1er août) :

l'empire d'Allemagne, après mille six ans, cesse d'exister. François U en abdique le titre (6 août). — La Prusse avec l'assentiment de Napoléon a pris possession du Hanovre (28 janv.)

France et Angleterre, Ktats- Unls. Prugge, Ruittile. — Le roi

de Prusse, Frédéric-Guillaume, demande que les troupes françaises repassent le Rhin (août) et, excité par l'entourage de la jeune reine , Louise-Amélie , part pour l'armée (21 sept.). — La Prusse est le principal élément de la quatrième coalition.—

Napoléon part de Paris le 20 sept.

Premiers succès à Schleitz, entre la Saala supérieure et le haut Elster (9 oct.); à Saalsfeld (10 oct.). Les deux armées prussiennes sont défaites le même jour, l'une à Iéna, sur la Saala, entre Weimar et Géra, par Napoléou en personne; l'autre à Aucrslacdt, à quatre lieues au nord, par le maréchal Davousl(U oct.) : mort du duc de Brunswick/ neveu et élève du grand Frédéric; complète désorganisation. Napoléon ménage la maison de Saxe. Bernadotte est vainqueur des Prussiens à Halle (16, 17 oct.).

Napoléon à Postdam (25 oct.) à Berlin (28 oct.). Capitulation du prince de Hohenlohe ; puis de Blucher à Lubeck (6 nov.). Reddition de Lubeck (7 nov.\ de Gustrin, de Magdebourg surl'Elbe (8 nov.). H ne reste de la monarchie prussienne que la Silésie et la Prusse orientale. — L'Angleterre défendant tout commerce aux neutres sur les côtes de France et d'Allemagne, depuis Brest jusqu'aux bouches de l'Elbe , Napoléon établit, par un décret daté de Berlin, le blocus continental ( 21 nov. ) : tout commerce avec l'Angleterre est interdit à la France, à ses alliés, aux pays qu'occupent ses armées ; prohibition de toutes marchandises anglaises. — Inutiles négociations d'armistice dans les conférences de Charlottembom?, à l'ouest de Berlin (nov.); conditions inadmissibles pour la Prusse. — Entrée des Fi ançais en Pologne. Enthousiasme des Polonais: Murât et Davoust à Varsovie (28 nov.). Napo* léon signe à Posen le traité qui fait roi l'électeur de Saxe. Napoléon à Varsovie ( 15 déc. J. — Arrivée de cent vingt mille Busses sur la Narew, affluent oriental de la Vistule. Napoléon les coupe delà mer, et les jette dans l'intérieur boisé, marécageux et inculte de la Pologne; combats de Czarnovo, Pultusk, Golymin,Soldau 2G déc. ). Il ne peut les poursuivre cause du mauvais état des routes.

Quartier d'hiver de Napoléon sur la Vistule , entre le Bog , la Narew, l'Ckra. — Dans l'espoir de compeu-

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C

ser les effets du blocus continental, l'Angleterre fait un traité d'amitié, de navigation et de commerce avec les États-Unis (31 déc).

Haïti. — Le noir Henri Christophe , le mulâtre Pétion , assassinent l'empereur Jacques Ier Dessalines.

Après sa mort, leur rivalité sanglante.

Russie et Turquie. — Dans le Daghestan , sur la mer Caspienne , les Russes occupent Derbent (3juill.); elle sera plusieurs fois conquise et perdue; ils prennent au sud la province de Chirvan. — Dissentiment entre les deux cours au sujet de la Valachie et de la Moldavie , dont les hospodars, Constantin Ypsilanti et Maruzzi, dévoués à l'Angleterre et a la Russie, ont été déposés par la Porte. Napoléon envoie au sultan, pour l'affermir, le général Sébastiani. Quoique Sélim rétablisse les hospodars, les Russes prennent Jassy (20 nov. ) et Bukarest (27 déc).

Turquie* — Guerre d'indépendance de Servie : Czcrni-Georges , chef des Serviens , prend Belgrade d'assaut (13 déc). — En Égypte, puissance du gouverneur ou vice-roi , le pacha Mehemet-Ali , qui se dit du même âge que Napoléon : originaire de la Roumélie, sans éducation, d'abord marchand , puis corsaire , chef de bande, il s'est élevé, à force d'asluce , de courage et de cruauté , au gouvernement d'un pays livré à l'anarchie.

Angleterre. — Le cabinet Grenville, qui s'était maintenu après la mort de Fox, se relire parce que George III refuse les concessions promises aux Irlandais (mars). Ministère Canning. Dissolution du parlement, nouvelles élections aux cris de : à bas les papistes; majorité considérable pour le cabinet (juin). — 11 n'a pas secondé à temps la coalition sur le continent.

Angleterre et Danemark , France, Pologne , Portugul,

Prisse, Russie ? Suède. — Un

ordre du cabinet britannique décrète la confiscation de tous les bâtiments se rendant en France ou dans les pays alliés de la France (7 janv.). — Campagne d'hiver en Silésic. Prise de Glogau et de Breslau par les Français (7 janv.). — Siège de Dantzick.

— Les Français, menacés d'être surpris par les Russes dans leurs quartiers d'hiver de la Vistule, sont d'abord vainqueurs à Mohrungen (25 janv.), deux fois encore entre la Passargc et l'Aile, et près de l'Aile, à Hoff ( 5, 7 févr.). Enfin , Napoléon gagne à Eylau, avec 51 000 hommes contre 72 000, la plus sanglante de ses victoires (8 févr.) : les Russes sont poursuivis jusqu'aux bords de la Prégcl. — Merveilleuse activité de Napoléon à Osterode et à Finkenstein, pour nourrir l'armée, la recruter, et administrer l'empire. Armée de réserve de cent mille hommes créée en Allemagne, contre l'Autriche, qui refuse son concours : elle sera composée de quarante mille Français avec des Allemands, des Italiens, des Hollandais, des Espagnols, sous le maréchal Brune. Encouragements aux manufactures , au commerce. Surveillance des journaux de Paris , de l'Académie, de l'Opéra; ordre d'expulsion de Mwe de Staél , qui publie Corinne. — Neutralité absolue imposée aux Suédois (18 avril). Capitulation de Dantzick, après avoir résisté au maréchal Lefebvrc du 19 mars au 20 mai. — Les Russes qui ont repris l'offensive, battus à Hcilsberg (10 juin), sont écrasés à Friedland le jour anniversaire deMarengo ( 14 juin). Soult occupe Kœnigsbergf 16 juin). Quartier général de Napoléon , sur le Niémen , à Tilsitt. 11 accorde un armistice au roi de Prusse et à l'empereur de Russie (22 juin). Célèbre entrevue des deux empereurs, sur un radeau, au milieu du Niémen. Traités deTilsitt (8 juill.) : Napoléon rend au roi de Prusse la vieille Prusse , la Poméranic , le Brandebourg , la Silésie ; Dantzick est réservé pour devenir ville libre;

la Prusse n*a plus Magdebourg, sur l'Elbe; les provinces à la gauche de ce fleuve et le grand-duché de Hesse- Cassel former t un royaume de Westplialie pour Jérôme Bonaparte, qui a conquis la Silésie; reconstitution d'un État polonais avec les duchés de Posen et de Varsovie, sous le litre de grandduché de Varsovie , pour le roi de Saxe qui est admis dans la confédération du Rhin; reconnaissance par Alexandre Ier de toutes les créations européennes de Napoléon ; les princes d'Oldenbourg et de Mecklembourg doivent être rétablis dans leurs souverainetés ; la Russie sera médiatrice entre la France et l'Angleterre, la France entre la Porte et la Russie.

Articles secrets au sujet des bouches duCattaroque doit restituer la Russie, de Joseph Bonaparte qui doit être reconnu comme roi des Dcux-Sicllcs ; de Magdebourg, qui sera rendue à la Prusse si le Hanovre reste au roi de West p halle. Conventions occultes contre l'Angleterre et la Turquie que Napoléon n'espère plus diriger depuis la chute de Sélim ( 9 juill. ). — Les opérations militaires ont été admirables ; mais, dopuis 1805, en construisant un édifice immense, trop vile, avec des fondements mal assis, Napoléon s'est acquis des ennemis irréconciliables , et des amis impuissants ou douteux. — Effets du blocus continental. La Suède restant fidèle à l'Angleterre , Brune est chargé d'occuper la Poméranie suédoise et de se tenir prêt a assiéger Stralsund ( 13 juill.). Le Danemark est entraîné dans la coalition continentale contre les Anglais. Développement maritime de la France :

occupation des bouches du Cattaro, des îles Ioniennes, de Ragusc, dont prend possession le général Marmont (14 août); constructions navales au Texel, à Brest, à Lorient, à Rochefort , à Cadix , a Toulon. — Affreuses représailles exercées par l'Angleterre sur le Danemark , puissance pacifique, comme elle a fait déjà sur la Turquie (févr. , mars); attentat au droit des nations. Entrée

d'une flotte dans le Cattégatfr août), dansIeSund le 3; arrivée devant Copenhague le 16; trois jours et trois nuits de bombardement parce qu'on refuse aux Anglais la flotte et un arsenal réputé très-riche (2,3, 4 sept.). Indignation de l'Europe.— La politique continentale de Napoléon contre l'Angleterre est adoptée par l'Autriche (traité de Fontainebleau , 10 oct.), le Danemark, la Prusse. Il encourage Alexandre Ier à enlever aux Suédois la Finlande et lui fait espérer les provinces turques du Danube. Il réorganise la flottille de Boulogne; envoie le général Junot, avec 23 000 hommes, prendre possession du Portugal, faible allie* de l'Angleterre (17 oct.). La famille de Bragance s'embarque pour le Brésil (27 nov. ). Junot à Lisbonne le 30. — L'Angleterre complète le blocus maritime par de nouveaux ordres du cabinet (11 oct.) : tous les bâtiments, destinés pour les ports de l'empire fiançais, doivent d'abord se rendre en Angleterre et y payer une taxe. Déclaration de guerre a la Russie qui demande satisfaction pour le Danemark et la paix avec la France (déc). Dans les Antilles, occupation des colonies danoises de Saint-Thomas, de Saint-Jean, de Sainte-Croix (27 déc). — Napoléon déclare dénationalisé et de bonne prise tout bâtiment qui aura abordé en Angleterre ou dans ses colonies (17 déc).

Kgpng ne et France. — En Espagne, un roi imbécile, une reine adultère, un indigne favori, le prince de la Paix. Par le traité secret de Fontainebleau , Napoléon partage le Portugal avec l'Espagne (27 oct.).

Arrestation du prince des Asturies, scènes honteuses; dégradation de U maison royale.

^tnts-lJnl».— Puissance de la vapeur éprouvée par Fulton : en quatre jours un bateau fait le double trajet de New-York à Albany sur l'Hudson, aller et retour.

France.— Après la courte ses-

XIXe SIÈCLK APRÈS J. C.

sion du 16 août au 21 sept., suppression du tribunal; épuration de la magistrature; institution de la cour des comptes ; nouveau code de commerce; création de titres de noblesse héréditaire pour récompenser les services civils et militaires, principautés, duchés, comtés, baronnics; des majora ts pourront être constitués pour les fils aînés des nouveaux nobles; augmentation du nombre des cures dans les campagnes. Napoléon demande à chaque classe de l'Institut des rapports approfondis sur la marche des lettres, des sciences et des arts depuis 1789. Kétablissemenl du cérémonial de l'ancienne cour. — Napoléon part pour l'Italie ( 16 nov.). Il ordonne partout où il passe des travaux d'utilité publique, à Milan, à Venise, à Udinc, à Palma-Nova, à Mantoue. — La régente d'Étrurie abdique et ce pays est réuni à la France (12déc.).— Le décret qui déclare dénationalisé tout bâtiment qui aura abordé en Angleterre ou dans les colonies, est daté de Milan (17 déc). — Eugène de Beauharnais reçoit le titre de prince de Venise. Travaux pour lier Gènes au Piémont, le Piémont à la France. Retour à Paris (1* janv. 1808). Histoire drs républiques italiennes, publication commencée par Sismonde de Sismondi, Genevois de race italienne.

Haïti. — Le mulâtre Pétion se fait, à Port-au-Prince, président de la république des mulâtres. Henri- Christophe est toujours le chef des nègres.

Turquie et Angleterre^ Russie. — Attaque audacieuse des Russes et des Anglais contre l'empire ottoman ; trois corps russes ont passé le Dniester; l'amiral anglais Duckworth force les Dardanelles (19 fév.).

Terreur à Constantinople ; l'ambassadeur de France, général Sébastiani, des officiers français d'artillerie et du génie soutiennent Séliin III. Impuissante démonstration de Duckworth devant Constantinople (2 mars).

— . En Êgypte, les Anglais enlèvent

Alexandrie (20 mars).— Les Serviens ont pris Sabacz et Nissa (fév.) ; ils se réunissent aux Russes. — Déposition de Sélim 111, odieux aux ulémas et aux janissaires qu'il voulait réformer et rendre moins puissants (29 mai); il est relégué dans le sérail. Avènement de Mustapha son parent. -— Les Anglais sont chassés d'Alexandrie (22 sept.).

Autriche. — Armements considérables : usage de la conscription ; réorganisation de la landwehr; landsturm ou levée en masse.

Danemark* — Mort de Christian VU, à soixante ans, après quarante-deux ans de règne ( 13 mars).

Son fils, Frédéric VI, lui succède.

France. — Organisation de la nouvelle noblesse par décret impérial ( \" mars) : dix-huit titres de duchés. Neuf sont des noms de terres vénitiennes : Dalmatie , Soult ; Istrie, Bessières; Frioul, Duroc; Bellune , Victor; Conégliano , Moncey; T révise. Mortier; Vicence, Cauliucourt ; Padoue, Arrighi; Rovigo, Savary.

Neuf sont dessouvenirs de gloire personnelle : Valmy 1702, Kcilermann ; Castiglionc 1790, Augereau ; Rivoli 1797 , M.issdna; Montébello 1800, Lannes ; Elchingen 1 805, Ney ; Auerstedt 1806, Davoust; Dantzick 1807, Lefebvre; Raguse 1807 , Marmont; Abrantès 1807, Junot. — Fondation de l'université impériale (17 mars, 17 sept.). M. de Fonlanes est le premier grand maître. — Résolution fatale de Napoléon au sujet des Bourbons d'Espagne et du gouvernement pontifical : il veut changer la dynastie en Espagne et s'emparer des États romains, dont les légations étaient déjà réunies au royaume italien. Il aura un million de soldats. — Ayant besoin de l'alliance russe , il laisse Alexandre enlever la Finlande au roi de Suède ( févr. ). — Premier ouvrage , longtemps obscur, du réformateur socialiste Charles Fouricr, fils d'un marchand de draps de

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

Besançon : la Théorie des quatre mouvements pose déjà le principe de l'association des hommes en capital , en travail et en talent.

— Publication de René , composé dans le même temps qu'Atala en

France et Angleterre, Espagne, Halle, Portugal, Russie.—Napoléon emploie odieusement la ruse a l'égard de l'Espagne. 11 cherche à décider la fuite de Charles IV en Amérique (févr. ). Entrée de Murât, avec une armée, en Espagne (10 mars). Insurrection a Aranjucz pour empêcher la fuite du roi, dans ia nuit du 17 au 18 mars; elle décide, le 19, la chute du prince de la Paix , Manuel Godoy , et l'abdication du roi en faveur du prince des Asturies, Ferdinand VII. Murât diffère de reconnaître le nouveau roi ; les Français entrent à Madrid le 23.

Napoléon, sous prétexte de prononcer comme arbitre entre les deux rois, les attire à Bayonne (avril). — Eu Italie, il fait occuper Rome sur une menace d'excommunication de Pie VII (2 avril), s'empare des légations, d'Urbin, d'Aucône, de Maccrata , de Camerino. Un sénat usconsultc réunit à l'empire les duchés de Parme et Plaisance et le ci-devant royaume d'Étrurie ( 24 mai ). Quatre nouveaux départements : Ombrone , chef-lieu Sienne; Arno , chef- lieu Florence; Méditerranée, chef- lieu Livourne; Taro, chef-lieu Panne. — Arrivée à Bayonne de Ferdinand VII et de Charles IV (20, 30 avril). Charles abandonne la couronne moyennant une riche retraite en France; Ferdinand ne cède ses droils à la famille Bsnaparle que lorsqu'il apprend qu'une insurrection des Espagnols à Madrid a été victorieusement réprimée par les Français (2 mai). Choix malheureux de Joseph Bonaparte pour la couronne d'Espagne. L'insurrection et les assassinats menacent déjà de toutes parts les Français; la junte de Séville organise la résistance au nom de Ferdinand VII (27

mars). Joseph Bonaparte entre en Espagne avec de nouvelles forces (9 juill.). L'Angleterre , alliée de la junte de Séville , lui a envoyé des troupes sous Wellesley et Moore (4 juill.). — Murât reçoit la couronne de Naples à laquelle renonce le nouveau roi d'Espagne , et abandonne à Napoléon son grand-duché de Berg (juill.). — Victoire du maréchal Bessières à Medina del Rio Seco, au nord-ouest de Valladolid ( 14 juill. ). Humiliante capitulation du générai Dupont à Baylen, au nord-est d'Andujar (20 juill.). Joseph est forcé de se retirer à Burgos (!•' août). En Aragon , résistance opiniâtre de Saragosse, sous Pal a fox; les Français lèvent le siège (15 août). — En Portugal, quatorze mille auxiliaires anglais arrivent avec Wellesley ( 31 juill. }.

Combat sans résultat de Vimeiro (21 août). Junot cerné dans Lisbonne signe la capitulation de Cintra, et évacue le Portugal le 30. Napoléon rappelle soixante mille hommes cantonnés en Prusse (3 juill.), et aplanit par un traité les différends qui existent encore entre les deux États (6 sept.). Levée de cent soixante mille conscrits (4 sept.). — Napoléon a Erfurth (27 sept., 14 oct.)\: il se montre aux souverains des États de la confédération du Hhin , visite la cour de Weimar illustrée encore par Wieland , et par Goëlhe qui reçoit de lui à Erfurth la décoration de la Légion d'honneur. Entrevue avec Alexandre. Les deux maîtres de l'Occident et du Nord se garantissent la soumission de l'Europe. Napoléon marchera en Espagne , Alexandre attaquera la Suède. — Napoléon emmène en Espagne quatre-vingt mille vieux soldats venus d'Allemagne (7 nov.). Victoires à Burgos, le 1 0 ; à Espinosa dans la chaîne des Cantabres, le !2;àTudela au sud-est de la Navarre, le 23 ; à Sommo-Sicrra, dans des dédiés inexpugnables entre la vieille et la nouvelle Castille, le 13. Entrée de Napoléon à Madrid (4 déc .).

Pardon général. Décrets pour l'abolition de l'inquisition, la réduc-

tton des deux tiers des couvents, l'augmentation des traitements des curés; la garantie de la dette publique, la restitution aux provinces des dépenses que leur coûtent le séjour des Français et l'insurrection ; l'abolition des droits féodaux , la suppression des barrières de province à province, que remplaceront des douanes aux frontières; l'organisation de la cour de cassation qui sera suivie de l'abolition de toutes les justices seigneuriales et particulières (4 déc.). Malgré ces bienfaits, Napoléon aura toujours contre lui le parti de l'indépendance nationale et celui de la religion , la junte de Sévillc et les moines. Capitulation de Roses le C et de Barcelone le 17. — Les Anglais débarquent à la Corogne et marchent sur Saldagna au nordouest de Burgos ( 16 déc). — Napoléon quitte Madrid le 22. — Le roi de Prusse doit aux sollicitations d'Alexandre l'évacuation de son territoire par les Français (déc).

Italie* — Joachim Murât a fait son entrée royale à Naples (6 sept.).

Prusse. — Nouvelle organisation de l'armée. Abolition des privilèges accordés à la naissance dans la collation des grades (6 août); déjà, depuis le 10 octobre 1807, les places du gouvernement ne doivent être conférées qu'au mérite sans égard aux titres de noblesse.

Russie et Suède.— Alexandre, avec l'assentiment de Napoléon, dépouille de la Finlande (18 mars) son beau-frère, Gustave J V, qui renonce, par une convention, a tout le pays à l'est du fleuve Kémi (19 nov.). — Gustave IV, mécontent des gardes suédoises, les dégrade.

Turquie. — L'ancien vizir de Sélim III , Barayctar, provoque une révolution; déposition de Mustapha IV (28 juill.). Mais Sélim 111 est égorgé dans le sérail. Barayctar fait proclamer Mahmoud II ; il se rend odieux aux janissaires en favorisant, comme sous Sélim 111 , le corps des

seymens. Les janissaires font un horrible carnage des seymens (14 nov.); incendie de plusieurs quartiers de Gonstantinople, le sérail est forcé. Barayctar, avant de périr dans son palais embrasé, a ordonné la mort de Mustapha le 1G. Mahmoud promet d'abolir le corps des seymens.

Allemagne, Angleterre, Autriche. i:*pagne, France, Italie, l'ortiigal et Russie. — Soult bat vingt mille Anglais près de la Corogne, qui capitule (lOjanv.). Saint- Cyr prend Tarragonc après avoir enlevé le camp retranché de Llobregat; Victor fait mettre bas les armes devant Tarragone au corps de Venegas, qui y périt, le 13. Joseph rentre à Madrid le 22. L'empereur arrive à Parisle23. Soult entre au Ferrol le 27, puis à Vigo , et marche en Portugal, sur Oporto, qu'il prendra le 29 mars.

Siège mémorable de Saragosse , qui a recommencé après la bataille de Tudelà en nov. 1808: huit mois d'attaque, vingt-huit jours de tranchée ouverte , vingt-trois jours de combat dans les rues, les maisons, les monastères, les églises; capitulation accordée à Palafox (21 févr.). Victoire de Gouvion-Saint-Cyr près de Tarragonc (25 févr.) ; de Sébastiani à Ciudad-Keal ( 27 mars ) ; de Victor à Mcdelin, sur la route de Badajoz le 28. Les Portugais et les Espagnols attaquent la Guyane , aidés par les Anglais depuis le 12 janv. — Dans Ifs Antilles, les Anglais enlèvent la Martinique (24 févr. ). — Guerre imminente avec l'Autriche depuis févr.

Napoléon forme de la Toscane un grand -duché pour sa sœur Élisa, princesse de Lucquesct de Piombino (2 mars), et donne le grand-duché de Berg au fils mineur du roi de Hollande, Louis Bonaparte, en se réservant l'administration. Création d'une école de cavalerie à Saint- Germain en Laye (8 mars). — Les hostilités sont dénoncées par l'archiduc Charles (9 avril). Guerre de la cinquième

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C,

coalition î les dynasties, les peuples , le sacerdoce, le commerce réagissent contre l'empire français. — Les brûlots du colonel Congrève détruisent douze vaisseaux français devant Pile d'Aix, à Pcmboucliure de la Charente (12 avril). — L'archiduc Charles passe l'Inn (9 avril) et enlève Munich. Napoléon est le 18 à IngolstadL Victoire d'Àbensberg à l'est d'Ingolstadt le 20; le 21, prise de Landshut sur Plser ; combat héroïque soutenu à Eckmûhl , par Davoust ; le 22 ; le 23, prise de Ratisbonnc, blessure de Napoléon au talon. Victoire d'Ebersberg au confluent de la Traun. Napoléon est devant Vienne (10 mai) ; commencement de bombardement; l'archiduc Maximilicn capitule le 13. — Insurrection nationale du Tyrol, depuis le 8 avril, sous André llofer; Lefebvre entre dans Inspruck ( 19 mai ). — Dans le nord de l'Allemagne, des associations dites Tugend-bund ( liens de vertu) provoquent l'insurrection au nom de la patrie allemande ; courses armées des majors prussiens Katt et Schill, de Doernbcrg, et du duc de Rrunswick-Ocls ( du 3 avril au 31 mai ). — De Vienne , Napoléon décrète la réunion des États romains à l'empire (17 mai). —La grande armée autrichienne étant en Moravie, Napoléon passe le Danube. Sanglantes journées d'Aspern et d'Kssïing, où est tué le maréchal Lannes (21, 22 mai). La rupture des ponts n'a permis qu'à une partie de l'armée de combattre. Quarante jours d'admirables travaux feront de Pile Lobau une place d'armes formidable.

— Les Polonais n'étant pas soutenus par les Russes, alliés perfides de Napoléon, ne peuvent empêcher Varsovie de tomber au pouvoir de l'archiduc Ferdinand ( fin d'avril ). — Les troupes d'Italie aux ordres du prince Eugène , arrêtées quelque temps par Parchiduc Jean (10 avril), le battent à Caldiero, en avant de Vérone le 29, le poursuivent sur la Piave (8 mai), sur le Tagliamento le 10; occupation deTrieste le 18; retranchements

forcés à Malborghetto et à Tarvis, dans les Alpes Juliennes; quartier général au delà des Alpes*, sur la Drave, à Villach le 20. Eugène est à Laybach, sur la Save le 22; vainqueur de Jellachich le 25, il est sur la Muhr, à Léoben le 26, et, pendant que l'archiduc Jean se jette en Hongrie , fait sa jonction avec la grande armée en Styrie , près du Sommering, sur la Muhr le 27.— Marmont, qui gardait la Dalmatie, va rejoindre aussi la grande armée pnr Laybach (3 juin), et Graetz en Styric le 24. — En Italie , le pape oppose aux violences de Napoléon l'excommunication (10 juin). — Quinze mille Siciliens et Anglais menacent Naples (12 juin). Enlèvement du pape (G juill.), qui est conduit à Savone. — En Allemagne, répression des insurrections du Tyrol, du Vorarlberg et de l'Allemagne centrale (juin). — Victoire d'Eugène à Raab sur Parchiduc Jean (14 juin) ; prise de Raab; siège de Presbourg par Davoust le 27.

— La grande armée passe le Danube (4 juill.). Mémorable journée de W«v grain le 6. Armistice de Znaïm en Moravie (11 juill.); les conférences pour la paix dureront plus de deux mois. — L'Angleterre, qui, en Afrique , nous enlève le Sénégal , prend Flessingue (15 août), qu'elle gardera quatre mois. — En Espagne, Suchet bat l'Espagnol Blake , près de Saragosse (15 juin), et, au sud-est, à Belchite le 18. Victoire péniblement gagnée par le roi Joseph à Talavera-la-Reina sur le Tage, contre Wcllesley, qui sera nommé vicomte de Wellington (28 jtiilL). Jourdan,Victor, Soult, Ney, Mortier, sont peu d'accord. Vcnegas est vaincu par Sébastian i à Almonacid au sud-est de Madrid (21 août). Rien de décisif :la présence de Napoléon serait nécessaire. — 'Attentat de l'Allemand Stars à Schœnbrunn sur Napoléon ; le traiu de Vienne est signé au nom de l'Autriche par le prince de Lichtenstein (14 oct.). La confédération du Rhin s'agrandit du pays de Salzbourg et d'une partie de la haute Autriche, la

Saxe des enclaves de la Bohême, le grand-duché de Varsovie de la nouvelle Gailicie et de Cracovïe, la Russie d'une partie de l'ancienne Gailicie; l'empire français garde, sous le nom de provinces lllyriennes , les pays de Gori tz sur l'Isonzo, de Trieste, «le Carniolc, de Villach, une partie de la Croatie, le littoral hongrois, l'Istrie autrichienne, la rive droite de la Save qui sera la limite entre les deux États ; l'Autriche adhère au syslème continental contre l'Angleterre. — Victoire de Mortier à Ocana au sudest d'Aranjuez ( 19 nov.). L'Andalousie est ouverte aux Fiançais. Beau fait d'armes à Alba du Termes , au sudest de Salamanque le 25. Occupation de Girone (lOdéc).

Espagne.-— Décrets du roi Joseph contraires à l'esprit espagnol : abolition de tous les couvents ( 18 août); suppression de la grandesse et de tous les titres non renouvelés par lui le 20; suppression de tous les ordres de chevalerie» excepté l'ordre royal d'Espagne, créé en 1808, et l'ordre de la Toison d'or (18 sept.).

Etats-Unis.— Le congrès, pour garder nue stricte neutralité entre la France et l'Angleterre, exclut des ports des États les vaisseaux des deux nations (Ier mars). — Election présidentielle : Jeflerson a refusé une troisième candidature. Presque unanimité en faveur de James Madison, né dans la Virginie.

France. — A Schœnbrunn même, Berthier est nommé prince de Wagram; Davoust, prince d'Eckmûhl; Slasséna, prince d'EssIing, avec des châteaux et des dotations considérables (16 août); dotations aux amputés; pensions aux veuves, adoption des orphelins. — M. Régnier, ministre de la justice, est fait duc de Massa-Carrara ; Champagi y, mi-, nistre des affaires étrangères, duc de Cadore; Gaudin, ministre des linauces , duc de Gaële ; Fouché, ministre de la police, duc d'Otrantc; CUrkc, ministre de la guerre, duc de

Feltre; Maret, ministre secrétaire d'État, duc de Bassano (19 nov.). — Divorce de Napoléon et de Joséphine (10 déc. ). — Publication de Chateaubriand, les Martyrs; de Joseph de Maistre, le Pape.

Haïti. — Le général français Fcrrand, après s'être maintenu pendant cinq ans contre les noirs, ne peut tenir contre les Espagnols et les Anglais. Convention pour évacuer l'Ile (7 juill.).

lien Ionienne*. — Deux seulement, Corfou et Sainte-Maure, échappent aux mains des Anglais (ocL).

Italie. — Murât supprime à Naples tous les ordres religieux (9 sept.).

Russie, Suède et Turquie.—

Alexandre déclare la guerre à la Porte. Les Russes prennent Giurgevo, au sud de la Valachie (1" avril), passent le Danube; mais la bataille de Tartariza , à l'est de Silislri, est indécise (22 oct.). Tormassov prend, à l'embouchure du Rouni (ancien Phase), le fort de Poil (U nov.). — Succès contre la Suède troublée à l'intérieur : les Russes à Tornéa (26 mai) ; ils occupent la Bothnie occidentale jusqu'à Uméa. Le traité signé à Frédérikshamm, à l'ouest de Viborg, leur laisse la Finlande et la Bothnie jusqu'à la Tornéa avec les Iles d'Aland (17 sept.).

Suède. — Révolution (13 mars).

Le conseil , l'armée , le peuple sont d'accord contre Gustave IV parce qu'il persévère dans l'alliance anglaise , politique désastreuse pour la Suède. 11 est retenu prisonnier dans un château. Conseil de régence sous la présidence du vieux duc de Sudermanie, son oncle. Abdication de Gustave IV le 29. Son oncle, par décision de la diète , devient roi (5 juin). Charles Xlll n'a pas d'héritier direct. — Traité de paix avec le Danemark (Il déc).

Turquie. — Nouvelle révolte do la Servie (juill.). — Les Wuhabites,

712 XIXe SIÈCLB APRÈS J. C.

qui ont menacé la Syrie et pris Damas, détruisent le commerce des Anglais dans le nord du golfe Pcrslque.

Allemagne. — Imitation des principes d'organisation française : division du royaume de Bavière en neuf cercles, de celui de Wurtemberg en douze départements ( I «' oct. ; 1 2 nov.).

Angleterre. — Agitation réformiste. Troubles a Londres au sujet de Francis Burdctt (avril).

Angleterre, Autriche, Kapagne, Ira ii ce, Hollande, lia- Ile, Portugal, fUldle et Suède.

— La Suéde accède au blocus continental contre l'Angleterre (G janv.).

En retour , Napoléon lui restitue la Poméranie. — Les Anglais nous enlèvent la (Guadeloupe (3 févr.). — Succès des Français en Espagne (janv.).

Ils prennent Jaen, Cordouc , Carmona , de Grenade. Séville se rend a Soult ( Ier févr. ); la junte se réfugie dans lile de Léon, et bientôt à Cadix. — Un sénatus-consulte réunit à l'empire français l'Étal de Rouie qui forme deux départements, Rome et Trasimène (17 févr.); le pape est réduit à la souveraineté spirituelle avec une dotation ; Home reçoit le titre de seconde ville de l'empire. Le royaume d'Italie est agrandi du Tyrol méridional que cède le roi de Bavière ( 28 févr. ) : le roi sera indemnisé par la cession de îialisbonne. — Napoléon oblige son frère, le roi de Hollande, à observer le blocus continental et à interdire à ses sujets tout commerce avec l'Angleterre ( 1G mars ). Napoléon se fait céder, comme gage, le Brabant hollandais et la Zélande. — Second mariage de Napoléon avec l'archiduchesse Marie-Louise à Saint-Cloud (1er avrir. — Réunion à l'empire du Brabant hollandais qui forme le département des Bouches-du-Rhin, cheflieu Bois-le-Duc (27 avril); les Iles delà Zélande forment le département des Bouches-de-1' Escaut , chef-lieu Middclbourg (15 mai). La frontière

française du Rhin est alors complète.

Louis Napoléon ne veut pas rester roi sans indépendance ; il abdique 3 juill.). L'empereur réunit la Holande à l'empire (9 juill.) : Amsterdam sera la troisième ville de l'empire. — Blocus continental poursuivi à outrance : ordre de brûler toutes les marchandises anglaises dans la France et dans les Étals alliés (18 et 19 août). — Inutile tentative de Murât pour débarquer en Sicile où domine encore l'Influence anglaise (oct.), la flotte de Toulon ne sort pas pour appuyer Murât. — Masséna estchargé de réduire le Portugal (mai). Junot enlève Astorga; Ney Ciudad-Rodrigo (10 juill. ); Masséna Alméida (28 août), mais il perd contre Wellington la bataille de Busaco a quelque distance de Coïmbre (15 sept). Wellington occupe une triple enceinte de défense, dans les lignes inexpugnables de Torres-Yedras au nord-ouest de Lisbonne. Retraite forcée des Français. — En Kspagne, Victor assiège la junte dans Cadix ; Suchet prend Léi ida (14 mai) et Mcquinenza, au confluent de l'Èbre et de la Sègre. — Réunion du Valais à l'empire (12 nov.) : il forme le département du Simplon, chef-lieu Sion. ~ Organisation de la Hollande en départements(!3déc): Bouches-de-la-Meuse, chef-lieu la Haye; Zuyderzée, cheflieu Amsterdam; Yssel supérieur, chef-lieu Arnhcim; Bouches de l'Yssel , chef-lieu Zwolle ; Frise , cheflieu Leuwarden ; Ems occidental , chef-lieu Groningue. Réunion des territoires maritimes qui s'étendent jusqu'au delà des bouches de l'Elbe, avec les villes hanséatiques et l'importante ville de Lubeck, qui ne formera cependant qu'un chef-lieu d'arrondissement ; départements :

d'Ems - supérieur , chef-lieu Osnabruck; Enis-oiiental, chef-lieu Aurich; Bouches-du-Weser, chef-lieu liréme; Bouchcs-de-l'Elbe, chef-lieu Hambourg. Une partie de la Westphalie composera, le 27 avril 1811, le département de la Lippe , cheflieu Munster ; c'est un démembre-

XIXe SIKCLB APRÈS J. C,

ment du grand-duché de Berg. L'alliance du Danemark et de la Suède assure l'exécution du blocus continental. Le même jour, décret pour une levée de cent soixante mille hommes de terre et de mer (13 déc). — Les Anglais nous enlèvent l'Ile de France (3 déc).

Kspagne. — Agitations de ses colonies. Dans l'Amérique du sud, la province de Caracas refuse obéissance à la junte de Séville (19 avril). Révoltes du Mexique, du Chili, de Buenos-Aires, du Paraguay, qui dépend de Buenos-Aires. Dans la Floride occidentale demande d'admission dans la confédération des États- Unis.

France. — Berthier, prince de Wagram, fait à la cour de Vienne la demande de la main de Marie-Louise (3 mars). Mariage civil à Saint-Cloud ( i«f avril); mariage religieux au Louvre (2 avril). — Napoléon et Marie- Louise visitent le nord de l'ancienne France, la Belgique et tout le bassin de l'Escaut du 27 avril au 1er juin.

— Au retour, disgrâce de Fouclié (3 juin). Le duc de Rovigo, Savary, le remplace à la police générale. — L'empire français comprend maintenant cent trente départements, peiiplésde quarante-deux millions d'hommes, parlant quatre idiomes, français, italien, flamand ou hollandais, allemand, et ayant au nioinsautani de religions.

La vice-royaulé de l'Italie, les provinces Ulyriennes, l'Ile d'Elbe ont leur gouvernement particulier. — Code criminel. — L'Institut décerne trente-cinq prix décennaux pour les meilleurs ouvrages de lettres, de sciences et d'art. — L'abbé Maury, cardinal, accepte, malgré la défense de Pie VII, et gardera jusqu'en 18U, l'archevêché de Paris (14 oct.). — Travaux scientifiques de Cuvier, Al.

Brongniart , Dclambre , l'Allemand Gall venu à Paris depuis 1807, Gay- Lussac, Thénard. — Exposition brillante au Louvre des ouvrages des artistes vivants, particulièrement des peintres David, Gros, Guérin, Gé-

rard; Girodet et Prudhon avaient produit déjà leurs plus belles œuvres.

Prusse.— Mort de la reine Louise- Amélie à Strélilz, à trente-quatre ans (21 août). — Université ouverte à Berlin (15 oct.). — Nouvelle organisation de toutes les fonctions publiques ; toute l'administration est soumise au contrôle du chancelier (27 oct). Abolition des communautés et des corporations.

Russie. — Organisation du conseil suprême, qui discutera toutes les lois avant qu'elles reçoivent la sanction de l'empereur (1er janv.). — L'extension du territoire de l'empire français , les exigences du système continental, dont souffrait la Russie, sans profiter de la guerre de la France contre l'Angleterre, indisposent Alexandre. Il prépare ses armées, ou\re ses ports aux marchandises anglaises et prohibe celles de France (31 déc).

llnssle et Turquie. — Les Russes, sous Kamenski et Langeron, émigré français , passent le Danube près d'Hirchova; siège et capitulation de l'importante place de Silistri; le grand vizir est bloqué dans Sclîumla (mai-juillet); un corps russe va jusqu'à Varna. — Les Russes sont reçus en amis sur le territoire des Serviens (oct.).

Suède. — Charles X1IÏ, qui n'a

pas d'enfant, adopte, comme héritier présomptif, Charles-Auguste de Holstein-Augustcmbourg, d'une branche cadette de sa maison et de la maison de Danemark ( 10 janv. ). Ce prince, âgé de quarante deux ans, meurt d'une attaque d'apoplexie (29 mai ).

On le croit empoisonné. La populace massacre, le jour de ses funérailles, le comte de Fersen, accusé de ce prétendu crime (21 juin). Un parti national se forme pour le maréchal français Bernadoltc, beau-frère de Joseph-Napoléon, qui, en 1807, avait bien traité des Suédois pris à Stralsund ; Bernadotte accepte l'offre de

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

la succession au trône, assentiment de Napoléon. Les étais généraux d'OErebro, sur la proposition du roi , le proclament prince royal (21 août). Charles Xlll l'adopte pour fils.

Bernadotle se fait protestant, il prête serment f l*r nov.). Agé de quaranteslx ans, il a déjà un fils de onze ans. —La Suède déclare la guerre à l'Angleterre (lî nov.).

Amérique du sud et KNpafne. — En Amérique, le Paraguay se détache tout à fait de la métropole, proclame son indépendance, et se donne un directeur, le docteur Francia, avocat né à l'Assomption, âgé de cinquante-trois ans. — Au Mexique, défaite du chef des rebelles, Hidalgo.

Angleterre* — Démence du roi ; le parlement nomme régent le prince de Galles, mais il ne pourra ni conférer la pairie ni accorder des offices en survivance (8 janv.). — Première école d'adultes dans le pays de Galles. — Premier bateau à vapeur anglais, sur la Clyde, d'une force de trois chevaux. — Population de la Grande-Bretagne: 12 595 803.

Angleterre, Espagne et France.— L'Espagne est l'unique théâtre, en Europe, de la guerre entre Napoléon et l'Angleterre. Suchel prend Tortose(2 janv.),Tarragone (28 juin), Sagonte (30 oct.) et attaque Valence, dépôt général des ressources du parti national (26 déc): il est fait maréchal. — A l'ouest et au sud de l'Espagne, progrès de SoulL Une bataille kii livre Olivenza (22 janv.), une autre Badajoz, capitale de l'Estrémadure (Il mars). Bataille meurtrière et indécise d'Albuera (16 mai). Cependant les Anglais rentrent en Portugal (17 juin). Vaine tentative de Wellington sur Ciudad-Rodrigo, au sud-ouest du royaume de Léon, que ravitaillent les troupes françaises (sept.). La guerre, par cela inéinc qu'elle dure, sert la politique anglaise contre Napoléon dont elle use les forces.

dstata-Unls. — La Floride qui, en se séparant de l'Espagne , avait demandé à entrer dans l'Union, est l'occasion de dissentiments avec l'Angleterre. Rupture prochaine, surtout a cause du droit de visite vexa toi re exercé par les croiseurs anglais sur les navires de commerce ( oct. ) :

combat entre une frégate américaine et une corvette anglaise.

Vranee et Ruante. — Le duché d'Oldenbourg, enclavant des possessions françaises entre l'Ems et le Weser, est réuni à l'empire quoique son souverain soit beau-frère d'Alexandre 1er (18 févr.). Dépit de la Russie.

Vranee. — Naissance d'un héritier de l'empire (20 mars) ; il reçoit le litre de roi de Rome. — Château- • briand, qui a été élu à l'Académie française à la place de Joseph Chénier, n'est pas admis à prononcer son discours de réception où il juge les actes de la révolution et la mort de Louis XVI (24 avril). — Captif de l'empereur, Pie VU refuse l'institution catholique des évéques de l'empire. Réunion inutile d'un concile national à Paris (juin-juill.) Cependant les quatre-vingt-quinze évéques assemblés décident que, six mois après la notification faite au pape, si l'institution canonique des évéques nommés n'est pas donnée, l'institution par le métropolitain sera suffisante; le métropolitain lui-même sera institué par le plus ancien évoque de la province (5 août). Le décret est confirmé par une bulle pontificale datée de Savone (20 sept.). — Création d'un ministère spécial des manufactures et du commerce (22 juill.). — Voyage de deux mois dans le nord de la France et en Hollande (19 sep t.- 11 nov. ). Immenses travaux à Anvers, où un bassin ayant vingt-six pieds d'eau peut contenir quatre-vingt-dix vaisseaux de ligne. — Décret contre la liberté de la presse, daté des bords de l'Escaut (20 sept.). La censure sera pratiquée par les autorités locales; dans quatre-vingts villes de

l'empire . pourra être publiée une Symbolique et de la Mytholoqie Dar feuille périodique d'affiches, d'au- Creuzer. y & ' P

nonces et d'avis divers. — Organisa- a nu-loto—.*» c.,„.x lion définitive de rUniversité^mpé- é* ™ ^ $™ Ta's"

r.ale (.5 nov.). - Appel sous Jes ses nouvelles vues de société ou drapeaux, comme à la fin de 1810, Essais sur la formaliot x dl inrac" de cent vingt mille hommes (déc. ). tère humain il prétend fonder îe Haïti. — Le noir Henri-Christo- regne °;e ,a bienveillance sur l'irresphe, malgré l'opposition du chef des P0,,sab»l«^ humaine, sur la commulâtres, Pétion, reste maître de la munaulédes intérêts, combinée avec plus grande partie de l'Ile. A quarante- 1 éSa,ité «le droits, quatre ans, il reçoit des nègres le titre Angleterre, E*pagne, Fraude roi (3 avril). Sa cour au Cap, au ce et «lelle. — Prise de Valence, nord-ouest. Organisation européen- Par le n^réchal Suchet qui est ne : noblesse héréditaire de ducs et nommé duc d'Albufera (9 janv. ). de comtes, formée parmi les nègres, ^ais Wellington prend Qudad-Rocréaiion d'évechés, d'églises, d'é- dri8° (19 janv.) et Badajoz (7 avril), coles, d'établissements scientifiques. — Les cortès publient à Cadix la Pétion garde le sud avec Port-au- constitution de 1812 (19 mars): la Prince. souveraineté réside dans la nation ; le

iffnii»*wio i „c A„ftiïio an Pouvoir exécutif appartient au roi ; il

Hol lande — Les Anglais lui en- partage la puissance législative avec

ôvent le riche comptoir de Batavia les cortès; responsabilité des »

Ut» aoutj. très; liberté de la presse excepté pour

Pruaae. — Améliorations inté- l0l.u ce qui a rapport à la religion; rieures i ■ ■ - » ■ - : - • • iw » 1 1 1 1 ri*» n ri »• i L'i.r.n.- •■>/...„ i - » .

si té de fondue

»... * w i'u,,u dUU,Mue v w Ja"v.j ; son fils»

m.*«le et Turquie. - Les François, reçoit le titre de vicaire Russes, unis aux Serviens, prennent général, et la reine Marie-Caroline ttelgrade (10 févr. ). Un nouveau d'Autriche est renvoyée (7 mai) Congrand vizir les arrête. Retraite de stitution libérale sur le modèle de KoutousotT, mais il rase toutes les la constitution anglaise: la féodaforteresses au sud du Danube. Corn- lité est abolie; la puissance léuisla- >at au sud de Roustchouk (4 juill.) ; t.ve est exercée, en partage aTec îe les 1 urcs reprennent Giurgevo, mais roi, par un parlement composé de CIV x V>lobovia'1le Bra»d vizir est deux chambres. -Wellington gagne obligé de se rendre prisonnier (14 sur Marmont la bataille décisive de oct.). Suspension d armes. SaIamanqueoudesArapiles(22 juill.).

Turquie. - En Égypte, le pacha LeJai»q"eur entre dans Madrid ( i 1 Mébémet-Ali fait massacrer tous 2? ' »oult lève le siéçe de Cadix le les beys mameluks qu'il a attirés au

25 , pour rejoindre Mirmont. Wel- Caire (1" mars). Il confisque leurs 'ln*lon; arrété pendant trente jours terres : tous les fellahs qui les culti- devalU Jj château dcBurgos,se retire vaient deviennent ses serviteurs et Vers . Portugal* Joseph rentre dans ses fermiers en même temps qu'ils sacaPltale> la moitié de la péninsule sont ses sujets. lui reste- Mais les deux cent soixante-

dix mille hommes occupés au sud — Célèbre comète de 1811, vue des Pyrénées feront faute à Napoléon

en septembre et octobre. au centre de l'Europe en 1813.

a g| o Les Portugais du Brésil enlèvent aux

" , Espagnols Montevideo , sur le golfe

Allemagne. De la Science de Rio de la Plala.

716 XIXe SIÈCLE

ïtmt*- II ni*. — Guerre déclarée par le congrès à l'Angleterre conformément à la propos! lion de son président M. Clay (18 juin) : elle durera plus de deux ai:s. — Admission, au rang d'État , de la Louisiane, achetée à la France depuis neuf ans.

Vranre et »n«ale.— Napoléon se préparant à attaquer la Russie , la Prusse lui promit vingt mille hommes '24 févr.) et l'Autriche un continrent (24 mars). En stipulant avec l'Autriche l'échange de la Gailicie contre les provinces lllyriennes, Napoléon parait vouloir créer un royaume de Pologne qui ferait équilibre à la Russie comme les royaumes de Bavière et de Wurtemberg font équilibre à l'Autriche et ceux de Saxe et de Wcstphalie à la Prusse.

Ultimatum deTAngleterre : elle veut que la dynastie de Ferdinand soit reconnue en Espagne (23 avril) ; ultimatum de la Russie le 24 : que les Français se retirent derrière le Rhin.

Ces deux puissances ont gagné la Suède (21 mars) à qui Napoléon a refusé la Norvège. — Napoléon met sur pied toutes les forces disponiblrs de la France. Capitulation renouvelée avec la Suisse pour en tirer des régiments Je 28.— Napoléon à Dresde, où il lient une cour de rois. Alexandre l,r met fin à la guerre avec la Porte par l'avantageux traité de Bucharest ( 28 mai ). — Déclaration de guerre (22 juin). Forces de Napoléon :

cinq cent soixante-dix mille hommes, soixante mille chevaux, onze cent quatre-vingts pièces de canon ; dix corps d'armée. Forces des Russes supérieures en nombre. — Passage du Niémen , aux environs de Kowno (24 juin) ; les Russes se retirent sur la Duna , le laissent occuper Vilna , capitale de la Lithuanie, le 28. il y reste dix-sept jours et n'accorde pas aux Polonais le rétablissement du royaume de Pologne. Les Français remontent le long de la Duna. Au delà de Polotsk , rude rencontre d'Ostrowno (25 juill.) qui précède "occupation de Vitepsk le 28. Le

APRES J. C

prince Bagration a été battu à Mo-

hilev, sur le Dniéper le 23. Prise de Dunabourg, entre la Courlande et la Livonie (2 août). A Smolensk , Barclay et Bagration évitent une bataille générale le 17 : la ville est enlevée de vive force avec de grandes pertes; les Russes, en se retirant, incendient les villes et dévastent les provinces : ce système de défense sera suivi partout. Une faute de Junot empêche la destruction de l'armée de Barclay sur les hauteurs de Valoutina , près du Dniéper (18 août). Saint-Cyr est vainqueur à Polotsk et est fait maréchal. Entrée des Français à Viasma le 30 : cette ville était déjà incendiée. Enfin, près de la Moskowa, dans la position de Rorodino, à vingt lieues de Moscou, une bataille est livrée par le feld-maréchal Kutusov (7 sept. ):

elle coûte aux Russes cinquante miile hommes. Le lendemain , encore un combat à Mojaïsk. Entrée de Murât à Moscou le 14, de Napoléon le 15.

Le gouverneur Rostopchin incendie la ville. Napoléon, malgré l'approche de l'hiver, perd quatre semaines à Moscou, en attendant la paix. Première neige ( 13 oct. ). — Retraite le 18. Il faut déjà combattre, àWinkowo, près de la Nara. Napoléon sort de Moscou le lî). Évacuation complète de cette ville le 23. Victoire du prince Eugène a Malo-Jaroslavetz, le 24. Kutusov veut nous devancer dans Smolensk; un de ses corps d'armée, près deViasma,csl culbuté par Davoustet le princte Eugène (2 nov.). La retraite devient désastreuse quand le froid s'élève le 7. Toute l'armée est réunie à Smolensk le 9; effroyables désordres, avec une multitude affamée.

Nécessité d'arriver à la Rérésina avant l'ennemi : marche dans cette direction ( 13 nov.). Accroissement subit du froid, les 14 , 15 et 16, seize et dix-huit degrés au-dessous de zéro; perles considérables d'hommes et de chevaux; les traînards sont la proie des Cosaques. Les troupes sont encore une fois réunies à Orcha, sur le Dniéper, au nord de Mohilev, le lî>. Le Polonais Dombrowski défeud la

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

(été du pont de Borisov sur la Rérésina contre l'avant-garde de l'armée de Volhynie que commande Tchichakov, le 23. Cette rivière, large de quarante toises, charriant des glaces, est presque inabordable à cause des marais, le 24. Napoléon préside aux travaux du passage les 26 et 27. Double combat sur les deux rives de la Bé résina contre l'armée de Volhynie, et contre l'armée de la Duna qui; commande Wittgenstein, le 28.Viclor recueille les blessés, les bagages, l'artillerie et les tralneurs qui sont encore à la rive gauche le 29 : les ponts enfin sont brûlés. — L'armée se dirige sur la route de Vilna. Napoléon date de Malodeozeno le vingt-neuvième bulletin de la grande armée, qui répandit tant d'effroi et de douleur en France (3 déc). Napoléon part incognito en laissant le commandement a Murât, le 5; et rentre aux Tuileries la nuit du 18 au 19. — Après le départ de Napoléon, cruel état de l'armée. Vingt-huit degrés de froid. Les quarante mille hommes qui peuvent encore marcher et combattre arrivent a Vilna , dénués de tout. Trois armées russes les poursuivent : mouvement rétrograde jusqu'à Kowno, sUV le Niémen , et successivement jusqu'à Kœnigsberg, Varsovie , Posen ; Murât ne garde même pas la ligne de la Vistule. Les Prussiens ne sont pas des alliés plus utiles ou plus fidèles que les Autrichiens; leur général, York, capitule le 31 : ce qui réduit Macdonald, qui avait eu des succès au nord du Niémen, à reculer au delà de Kœnigsberg.

France. — Napoléon a supprimé toutes les corporations religieuses dans les départements réunis à la France en 1810 (8 janv.). — Le pape est conduit de Sa-vone à Fontainebleau (20 juin) : la présence de préials italiens et français ne déguise pas une captivité réelle. Actes arbitraires et persécutions contre les membres du clergé qui n'acceptent pas les dernières décisions au sujet de l'institution canonique des évé-

ques. — Le jour de l'évacuation de Moscou , conspiration du général Mallet, à Paris-, elle est près de réussir (23 oct. ). Une commission militaire juge les coupables le 29, douze conjurés sont exécutés. — Le lendemain de la publication du vingt-neuvième bulletin, arrivée imprévue de Napoléon ( 18 déc). Tous les corps de l'État montrent encore une obéissance sans bornes. — La désastreuse campagne de Russie commence la ruine de l'empire : la nation est accablée par les conscriptions , les impôts, le blocus, les cours prévotales, les droits réunis: les peuples et les dynasties aspirent à se relever.

Norvège. — Université créée à Christiania ( 10 avril); elle ne sera ouverte qu'en 1613.

Russie et Turquie. — La guerre, suspendue par l'armistice du 14 octobre 1811, a recommencé le 19 janvier : passade du Danube par les Russes (févr.). Traité secret pour une paix définitive, à Bucharest, en Valachie (28 mai) : la frontière russe est reculée du Dniester au Pruth, et comprend la Bessarabie; cession aux Russes d'une branche du bas Danube jusqu'il l'embouchure; la Servie reste soumise à la Porte , mais elle sera gouvernée équitablement avec un conseil national sans pacha.

L'armée russe du Danube sert contre Napoléon à la Rérésina.

Allemagne. Angleterre, An> triche, paît ne. r rance. Hrunue, RumhIc et Suède. — Fin de

la campagne de Russie. Murât abandonne le commandement que prend le prince Kugènc ( 10 janv. ). Un mois de séjour à Poscn , bien utile aux héroïques débris de la grande armée. Les ponts de Grosen et de Francfort , sur l'Oder, sont brûlés.

Rerlin est le dernier terme de la retraite (21 févr.). — Le sénat accorde à Napoléon trois cent cinquante mille hommes (1 1 janv.). Le.

budget des dépenses pour 1813 est

fixé à un milliard cent cinquante millions (rapport du 25 févr.). Napoléon réserve, en cas de minorité, la régence à l'impératrice ( 5 févr. ).

Formation de la garde d'honneur à cheval ( 3 avril ) : elle sera composée de jeunes gens riches qu'il oblige au service quoiqu'ils aient satisfait à la loi de la conscription. — Frédéric- Guillaume appelle aux armes toute la population \irile de la Prusse (3,9, 10 févr.); et bientôt s'adresse au patriotisme de tous les Allemands le l!). Kutusov, à Kalich, déclare la confédération du Hhin dissoute et provoque une vaste insurrection.

Chants patriotiques de Kœrner et de Frédéric Schlegel. Lf Autriche se concerte déjà secrètement avec la Russie et l'Angleterre mars). Alliance de la Suéde avec l'Angleterre, moyennant des subsides et la promesse» de la Norvège danoise (3 mars).— Sixième coalition. — Napoléon est forcé de laisser en Espagne deux cent mille hommes qui ne pourront que se t« nir sur la défensive. — Départ de Napoléon pour Mayence (15 avril). 11 fera la campagne avec une année de conscrits et presque sans cavalerie.

Journée de Weissenfels,* sur la Saala ( Ie' mai ); le 2, Journée de Lutzen, contre soixante mille Russes et quarante-cinq mille Prussiens; Napoléon ne peut poursuivre les vaincus faute de cavalerie. A Dresde , il raffermit son alliance avec le vieux roi de Saxe. Quatre jours de combat avec les troupes russes et prussiennes en Lusace à Bautzen, Wurtcheii, Hochkirchen (19, 20, 21 , 22 mai). Les Français vainqueurs arrivent jusqu'à l'Oder près de Breslau. — Renouvellement de l'alliance du Danemark avec Napoléon (29 mai). — Napoléon se décide à accepter la médiation de l'Autriche ; armistice de quarante jours ( 3 juin ). Congrès ouvert à Prague (5 juill. ). Convention particulière de l'Autriche avec les alliés 9 juill.) ; elle complète ses armements. — Désastreux effet des nouvelles de l'Espagne.

Joseph, qui a abandonné Madrid (28 mai), est battu à Viloiïa au nord de

l'Èbre (21 juin) : fuite précipitée, jusqu'à Tolosa, où le général Foy contient l'armée. Soult est envoyé par Napoléon pour organiser l'armé i de défense (21 juill.). Les Anglais assiègent Pampclune et Saint-Sébastien. — Au congrès de Prague, propositions de l'Autriche : partage du grand-duché de Varsovie, entre la Russie, l'Autriche et la Prusse ; indépendance des villes banséaliques ; reconstruction de la Prusse avec une frontière sur l'Elbe; cession à l'Autriche de toutes les provinces Ulyriennes avec Triesie* Elles sont soumises tardivement à Napoléon , qui est à Dresde (8 août).

Son adhésion presque complète ; mais elle arrive après la dissolution du congrès (10 août); l'armistice est dénoncé. Déclaration de guerre de l'Autriche à la France ( 15 août ). — Seconde campagne contre la sixième coalition. Les confédérés ont cinq cent mille hommes en trois armées :

1° de Bohême, sousSchwartzenberg; 2" de Silésie , sous le Prussien Blûcher; 3° du nord sous Bernadolte; outre cent mille hommes sur l'Elbe inférieur cl en Pologne, et des forces autrichiennes considérables en Italie.

Morcau est dans le camp des alliés depuis le 1G août. Napoléon a trois cent mille hommes eu onze corps. — Ney est forcé d'abandonner ses positions en Silésie (21 août). Attaque de Schwarlzcnbcrg sur Dresde; grande bataille (2? août) : Moreau est tué.

Napoléon ne peut achever sa victoire faute de cavalerie. Oudinot est repoussé par Bernadotte à Gross- Beeren au nord de Wittemberg, Ney à Deunewitz, au nord-est, où deux divisions saxonnes passent à Bernadotte (5 sept.). Macdonald vaincu en Silésie par Blûcher, sur la Katzhacli (20 août), est ramené au delà de Gorlitz, en Lusace. Vaudammc se heurte avec dix-huit mille hommes contre soixante-dix mille Russes et Autrichiens, entre Kulm et Tœplitz, au nord de la Bohème; il est pris avec une partie de Farinée (31 août). — A Tœplitz, triple alliance signée par les souverains d'Autriche, de Prusse, de

Russie (2,9 sept. ) ? elle rétablit le statu quo de 1803 pour l'Autriche, de 1805 pour la Prusse. — La retraite de Macdonald sur Dresde permet la jonction en Saxe des armées alliées.

Napoléon se concentre sur Leipsick.

Malgré la défection de la Bavière (8 oct.), position prise pour combattre en avant de Leipsick. Schwarlzenberg et Blùcher livrent trois combats en un même jour à Wachau (IGoct.) : Poniatowski est fait maréchal. Journée de Leipsick, à laquelle prend part la nouvelle armée russe amende de Bohême par Benningsen ; horrible ravage de l'artillerie de part et d'autre ; cent trente mille hommes sont vaincus par trois cent mille, les troupes de Saxe et de Wurtemberg ont tourné leurs armes contre nous, le 18* Napoléon ordonne la retraite par Lindenau sur Lutzen : le pont de l'Elster, entre Leipsick et Lindenau, est détruit trop tôt, vingt mille hommes de l'arrière-garde restent sur la rive droite séparés de Napoléon ; beaucoup trouvent la mort dans les flots; triste fin de Poniatowski. — Retraite avec confusion sur le Rhin par Erïurlb, Gotha, la Fuldc, et la Kintzig; hordes de Cosaques sur nos flancs, Bliicherà notre poursuite. Nos nouveaux ennemis les Bavarois, sous Wrède , après l'horrible bombardement de Wurtzbourg, se font écraser à Hanau en voulant nous fermer le passage (30 oct.). Napoléon et son armée à Mayence(2-8 nov.).— Le dernier combat de la campagne est livré par le général Bertrand sur la rive droite du Mcin,f>rcsde son confluent avec le Rhin, à Hochcim, avant de rentrer en deçà de la frontière. Danger pour notre territoire comme en 1799. Davoust est enfermé dans Hambourg; Dantzick est investie.

Les Russes bloquent Magdcbourg et Torgau, sur l'Elbe (28 oct.) et occupent Cassel, sur la Fulde; Saint- Cyr capitule dans Dresde (11 nov.).

Reddition de Stettin le 21. Le Prussien Bulow entre à Amsterdam le 24, y proclame le rétablissement de la maison d'Orange; reddition d'U-

treclit (2 déc.) et bientôt de Bréda.Les Suédois à Lubeck le 4. Armistice du Danemark avec les Russes le 15. — Violation de la neutralisé de la Suisse (21 déc.) î Schwartzenberg entre en France par le pont de Bâle. Genève ouvre passage aux Autrichiens. — En Italie, inutile victoire d'Eugène à Caldiero ( 1 5 nov. ). Ferrare , Ravenne sont prises par les Autrichiens.— En Espagne, défensive sur les Pyrénées. — Déclaration des alliés, à Francfort ; ils séparent la cause de Napoléon de celle de la nation française ( 4 déc). — Napoléon , par le traité de Valençay, rend l'Espagne à Ferdinand VU (1 1 déc).

Amérique du sud. — Au Paraguay, le despote Francia se fait donner le titre de consul.

Danemark et Suède. — Le roi

de Danemark, notre allié, ayant déclaré la guerre à la Suède (3 sept.) et à la Russie (22 oct.), après la bataille de Leipsick , Bernadotte marche, contre le Holstein avec une partie de l'armée du nord : les Danois sont rejetés au delà de PEider.

France. — Napoléon obtient du pape à Fontainebleau des articles qui doivent servir de base à un concordat.

Rétractation du pape (23 mars). Napoléon n'en prescrit pas moins l'obéissance au nouveau concordat , et même substitue, pour l'institution canonique, le métropolitain au souverain pontife. — Au centre de la France s'organise une association royaliste pour préparer une restauration des Bourbons (mars). — Après les désastreuses journées de Leipsick, le sénat accorde une levée de trois cent mille hommes (déc). Un décret de l'empereur mobilise cent quatrevingt mille hommes de garde nationale pour la défense intérieure.

Lorsqu'il ordonne la perception d'un supplément d'impôt, résistance du corps législatif : la session , ouverte le 15 déc, est ajournée et, dans l'allocution aux députés , le l*r janvier 1814, Napoléon traite les oppo-

720 XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

sants de factieux et de traîtres ven- pénètre dans la Belgique. Réunion

dus à r Angleterre. Les défections des trois souverains de Russie

intérieures coïncident avec l'inva- Prusse, Autriche àVesoul, le 23

s on éir&n&re.-L' Allemagne, ou- quartier général à Langres, ou

vrage de M- de Staël, publié à Lon- Schwartzenberg arrivera ou il sera

dres Histoire des littératures du rejoint par Blucher le 25. — vm

midi de l'Europe, par le Génevois côté des Pyrénées, les Anglais pas- S s ondi la Bidassoa sots Wellington. En

Msmonai. -...„___ Frédéric Italie, Murât accède à la coalition

P.ya.na^^ clans l'espoir de garder la couronne âgé de quarante et ans, es | proda I • Danemark a été

mé souverain des Pays-Bas (I déc). ^ le ^ aycc

Prusse. - Au moment de con - laSucdcetrAngleteriele 14.— Napcinencer la guerre contre la France, le n>a |e soixanlc miue hommes roi a fondé l'ordre de la croix de fer d « f sU fois plus nom-

/ ,« ~ \ n'as) OU IWillI ». ■»» » i

. /n„ . , çais, entre Blucher, qu. —

représentative ^. oct.j. cendre la Marne, et Schwartzenberg,

Rnsilc. — Traité de frontière j veut descendre la Seine pour avec la Perse (12oct.). tomber sur Taris; il court de l'une

Turquie. — En Servie , ou ver- de ces deux armées à l'autre et les bat ture du conseil national , à Krago- tour à tour, mais les victoires en se jévast (janv.). La guerre est recom- multipliant l'épuisent. — Premier enmencée avec les Turcs (juill.). Les gagement heureux a Saint- Dizier Servïens perdent Sabatz, sur la Save, contre Blucher, le 27. Victoire de et Belgrade (5-14 oct. ), et font leur Brienne , le 29. Mais la pénible basoumission : leur chef, Czerni Geor- taille de la Rothière {\<r févr.) le ges, se retire en Russie. force à se replier jusqu à Troyes, et

4ft|/. ensuite jusqu'à Nogent-sur-Seine.

1 Lorsque Blucher s'avance sur Paris,

i combats de Monl- -Thierry,

ci ucuc, muta usuuii,u«v, ..v. jg j-j ^ ci ue ^iiamp— .nuiwïi i encore,

de l'État. Comme sous le gouverne- pres de Vauchamps, le 14 : Blûment des jésuites, l'entrée du pays c|,er Se retire sur Châlons.—Schwartest interdite aux étrangers. Le pou- 2emDcrg , à son tour, menace Paris, voir du clergé catholique est aboli. Napoléon quitte Blucher pour arrêter Angleterre, Autriche, Iran- la marche des Autrichiens ; les cornée, Prusse , «ussle , etc. — In- bats de Guignes, Mormans , Nangis vasion du territoire français. Schwar- le 17, font reculer 1 ennemi jusqu à tzenberg a franchi le Rhin à Bâle Montereau , ou il essuie de grandes (31 déc), et s'avance par l'Alsace et pertes le 18. Les Autrichiens sont la Franche-Comté. Passage du Rhin, battus encore à Méry-sur-Seine : les au confluent du Necker, à Manheim, Français rentrent dans Troyes le 24. par l'armée prussienne sous Blû- Napoléon y fait punir une manifestacher (1er janv.) ; elle s'avance par la tion royaliste qui y avait eu heu le Lorraine. L'armée du nord sous Ber- 11.— Mais Soult se replie des Pyrénadotte a déjà envahi la Hollande et nées sur Toulouse , Augereau des

XIXe SIÈCLE APttKS J. C.

Alpes sur Lyon; Maison , de la Belgique sur les places fortes du dé-

Ka rte nient du Nord. — L'armée de ernadotte se réunit aux corps de Blûcher, qui va de nouveau pouvoir s'avancer sur Paris. — Napoléon n'a pu se résoudre à accepter les limites de 1789 que pose comme ultimatum le congrès de Châtillonsur-Seine.

I„es puissances ont signé entre elles le traité de Chaumont pour poursuivre de concert la guerre contre la France, si elle n'accepte pas ces conditions (let mars). Elles ne paraissent pas songer encore à la restauration des Bourbons, quoique le duc de Berry soit venu d'Angleterre et ait débarqué à l'Ile de Jersey (12- 1 4 janv.), le duc d'AngoulémeàSaint- Jcan-de-Luz ( 2 févr ),ei que le comte d'Artois leur père soit a Vesoul depuis le 21 février. — Napoléon marche sur la Marne pour arrêter le second mouvement de Blùcher vers Paris ( 3 mars ). Blucher, qui lui échappe près de la Fcrté-sous-Jouarrc et près de Soissons, se retire sur Laon. Bataille indécise de Graonne le 7. Napoléon se replie sur l'Aisne, occupe Soissons, enlève Reims aux Russes le 13, entre à Épernay le 17. — Le second mouvement de Schwarizenberg sur Paris ramène Napoléon dans le bassin de la Seine. 11 manœuvre pour opérer sur les derrières de l'ennemi, pour le couper du Rhin et ramasser les garnisons des places fortes. En route, il livre le combat d'Arcis-sur-Aube le 20, et fait une pointe jusque sur Saint-Dizier. Mais toutes les forces alliées, réunies à Châlons-sur-Marne le 23 mars, courent sur Paris, dont la roule est ouverte. Napoléon a décrété trop tard une levée en masse Je 5. — Deux cent mille hommes parlent de Châlons (25 mars). Lyon a clé occupée par les Autrichiens le 21. Alexandre a reçu à Troyespar M. de Vitrolles les premières ouvertures pour le rétablissement des Bourbons. Bordeaux est la première ville qui se soit déclarée pour eux en accueillant le duc d' Angouléme le 1 2. Les alliés descendent la Marne

sur les deux rives, combattent Mortier et Marmont à Fère-Champenoise, et à la Ferté-Gaucher le 27 ; arrivent à Meaux le 29, et bientôt devant Paris. Fautes du conseil de régence; incurie du roi Joseph : l'impératricerégente et le roi de Rome ont été emmenés à Blois. Fatales journées du 29 et du 30 mars; impuissante défense sur la butte Chaumont. Capitulation de Paris (31 mars). Napoléon, qui n'a quitté Saint-Dizier que le 28 , arrive trop tard a cinq lieues de Paris , à Fromentcau , le 30 au soir ; il se concentre sur Fontainebleau.— Kntrée des alliés dans Paris (31 mars). Le sénat nomme un gouvernement provisoire de cinq membres où l'abbé de Montesquioti représente les royalistes (1er avril), et prononce la déchéance de Napoléon et l'abolition du droit d'hérédité dans sa famille le 3. A Fontainebleau, où les maréchaux refusent de marcher sur Paris, abdication de Napoléon en faveur de sa femme et de son fils. La défection du Ce corps sous Marmont décide Alexandre à rejeter le projet de régence du roi de Rome le 3. Napoléon se résigne à une abdication absolue (6 avril ). Le sénat déclare que le peuple français appelle librement au trône Louis-Stanislas-Xavier de France , frère du dernier roi (G avril). La cocarde blanche est prise par la garde nationale de Paris, le jour où Soult gagnait contre Wellington la bataille de Toulouse, stérile victoire, dernier événement de cette héroïque campagne de 1814 (10 avril). Napoléon ne doit garder que la principauté de l'Ile d'Elbe, le 11. Marie - Louise aura les duchés de Parme et Plaisance. Il essaye de s'empoisonner. Le comte d'Artois vient aux Tuileries comme lieutenant général du royaume (12 avril).

Touchants adieux de Napoléon à ses vieux soldats; il part pour l'ile d'Elbe où raccompagneront quelques centaines de braves le 20 avril. Le même jour Louis XVT1I quitte sa retraite d'Hartwell , à quarante-trois milles de Londres , et , comme roi

de France, fait une entrée solennelle à Londres. Désastreuse convention d'armistice négociée par M. de Talleyrand, le 23 avril: elle réduit la France à ses frontières du 1" janvier 1792, et livre aux alliés cinquante-trois places fortes, douze cents bouches à feu , trente et un vaisseaux , douze frégates , perle équivalant à deux cent soixante millions. Louis XVI 11 débarque à Calais le 24 avril ; la fille de Louis XVI , duchesse d'Angoulême , le prince de Condé, le duc de Bourbon Taccompagnent. Marie-Louise quitte la France le 2G avril. Un mois après, l'ex-lmpératrice Joséphine Beauharnais meurt à la Malmaison (29 mai).

— Louis XVUI s'arrête à Compiègnc (29 avril), où viennent le visiter tes trois souverains (t#I mai) ; Alexandre l'engage à donner à ses peuples «es Institutions libérales. A Saintvjuen, près de Saint-Denis, le roi publie une déclaration qui jette les oases du gouvernement représentatif (2 mai). Entrée de Louis XVUI à Paris (3 mai ).— Premier ministère de la Restauration (13 mai) : M. de Barentin aux sceaux qu'il avait eus sous Louis XVI, M. de Talleyrand aux affaires étrangères, l'abbé de Montesquiou à l'intérieur, le comte Dupont a la guerre, l'abbé Louis aux finances, M. Malouet à la marine et aux colonies, M. de Blacas à la maison du roi ; point de ministre de la police , mais un directeur général , M. Beugnot, qui succédera à M. Malouet, mort en septembre.— Essais de reconstruction de l'ancien régime.

Tous les princes reçoivent des litres de colonels généraux des gardes nationales, des Suisses, de l'infanterie de ligne, etc., le 13 et le 15. Le duc d'Angoulême, grand amiral, le 18.

Maison militaire du roi sur le pied d'autrefois , le 23 : Berlhier et Marmont deviennent capitaines des gardes du corps. Le roi aura des gardes de la Porte et des Cent -Suisses (15 juilL). — Traité de Paris (30 mai):

on nous rend un tiers de l'immense matériel livré par l'armistice -, laGua-

APRKS J. C.

deloupe, la Martinique, la Guyane; l'Angleterre garde les Iles Sainte- Lucie et Tabago aux Antilles, l'Ile de France et Malte ; l'Kspagne obtient la partie de Saint-Domingue acquise à la France par le traité de Bâlc en 1795. — Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, ectroie la charte constitutionnelle :

séance royale au palais Bourbon (4 juin); Louis XVUI y réunit le sénat et le corps législatif qui devient, sans élection nouvelle, la chambre des députés des départements. Principes de la charte : royauté héréditaire, deux chambres, une élue, l'autre composée par le roi; vole de l'impôt; liberté publique et individuelle; liberté de la presse et des cultes ; inviolabilité des propriétés, même des biens nationaux vendus; ministres responsables ; juges inamovibles ; pouvoir judiciaire indépendant ; dette publique garantie ; maintien des pensions, grades, honneurs militaires de l'ancienne et de la nouvelle noblesse, delà Légion d'honneur (avec l'effigie de Henri IV au lieu de celle de Napoléon) ; les emplois civils et militaires accessibles à tous tes Français; nul ne sera poursuivi pour des opinions et des votes. La chambre des pairs est composée de cent cinquantequatre membres, dont quatorze maréchaux de l'empire et quatre-vingtonze illustrations de la révolution; ellesiégeraau palaisdu Luxembourg.

Les membres des deux chambres prêtent serment de fidélité au roi. — Los grandes institutions, Conseil d'État, Cour de cassation, Cour des comptes , Université , sont conservées. — Ouverture du congrès de Vienne, sous la présidence de Metternich, 1er nov. Auparavant, les plénipotentiaires de la Russie , de la Prusse, de l'Autriche, de l'Angleterre avaient décidé qu'ils régleraient sans le concours de la France la distribution des territoires disponibles. Us compteront non par étendue de terrain, mais par tête d'homme. Les faits accomplis ont résolu la question pour la Belgique et la Hollande, la

Norvège, le Hanovre, la Lombardie, la Savoie et le Piémont. Après la décision du congrès, le roi de Sardaigne joindra Gènes à ses États (30 déc). Questions à débattre surtout pour la Pologne, la Saxe, dont le roi est resté jusqu'au dernier moment l'allié de Napoléon , et pour Venise. Quoique la coalition se soit formée au nom de l'indépendance des nations et de la légitimité des souverains, le roi de Prusse veut s'approprier la Saxe ; l'Autriche veut Venise ; le czar la Pologne. M. de Talleyrand demande la restauration des Bourbons de Sicile a Naples (déc).

Angleterre, Danemark, Worvé&je et Suède. — Le traité de Kiel, signé par le Danemark avec la Suède et l'Angleterre , livre à la Suède, en échange de la Poméranie et de Rugen , et comme compensation de la Finlande abandonnée à la Russie , la Norvège danoise ; il laisse a l'Angleterre l'Ile d'HcJigoland au nord des embouchures de l'Elbe et du Weser conquise en 1807; l'Angleterre stipule l'abolition de la traite des nègres (14 janv.) : elle ajoutera cette clause a tous ses traités. — Résistance de la Norvège à la domination suédoise. Elle prend pour régent le prince Christian -Frédéric de Hoistein-Slesvig (19 févr.), qui est fait roi (19 mai). Les Anglais bloquent les ports de Norvège. Storthing à Christiania (8 oct.); il prononce la réunion de la Norvège à la Suède (21 nov.); mais elle restera un royaume particulier , et aura une constitution particulière; abolition des privilèges héréditaires.

Angleterre et Hanovre. — Le

Hanovre est érigé en royaume pour la maison régnante d'Angleterre (26 oct.).

Angleterre* — La première locomotive à vapeur qui ail fonctionné avec succès sur des rails de fer, sort des ateliers de George Stepbenson.

Autriche et Italie* — Un soulèvement du peuple de Milan facilite

le rétablissement de l'autorité autrichienne en Lombardie (20 avril):

beaucoup de patriotes auraient voulu conserver la nationalité italienne avec le prince Eugène pour roi.— Restauration du grand-duché de Toscane, et du duché de Modène. — Parme, Plaisance ctGuasiallasont résenésà l'impératrice déchue, Marie-Louise. — Le pape rentre à Rome (24 mai). 11 recouvre toutes ses possessions, excepté Avignon, le comtat Venaissin et une partie du district de Ferrare.

— II rétablit l'ordre des jésuites (7 août) et l'inquisition le 15. — Naples est encore aux mains de Murat. — Le roi de Sardaigne Victor- Emmanuel a déjà recouvré la Savoie et le Piémont. Rétablissement de l'ancien régime et des jésuites.

Em pagne. — Ferdinand VII, auquel Napoléon a rendu la liberté et la couronne en déc. 18 1 3, reçoit des cortès l'invitation de jurer la constitution avant de monter sur le tronc (7 janv.). U dissout les cortès(l Ornai); rétablit l'inquisition et les jésuites.

Ceux qui ont pris part au mouvement constitutionnel sont recherchés; sentences d'emprisonnement, d'exil, et de mort. — Insurrection au Mexique, dirigée par Morelos ou Morales ; proclamation d'indépendance.

Répression par le général espagnol Murllloen 1815.— Le Chili, révolté depuis quatre ans, est soumis par le général Osorio dont les sanglantes représailles décident de nombreuses émigrations à Buenos-Aires. — Au nord, les révoltés de Venezuela et de la Nouvelle-Grenade sont combattus par Murillo.

Ktata-iTnlfl. — Les Anglais prennent Washington , la capitale fédérale (24 août) ; le Capitolc , où siège le congrès, et plusieurs édifices publics sont incendiés. Mais les Anglais sont défaits au lac Champlain. Traité de paix signé à Gand sauf ratification. L'un des cinq négociateurs américains, M. Clay, du Kentucky, fait écarter la clause qui devait accorder aux Anglais le droit de navi*

guer sur le Mlssissipi depuis son embouchure jusqu'à sa source (24déc).

France. — Louis XVIII gouverne avec les deux chambres. Session législative du 4 juin au 30 déc. — Ordonnance royale sur la marine ( 22 juin). Projet de loi sur la censure pour limiter la liberté de penser et d'écrire, présenté le .S juill., discuté en août et sept. , publié le 21 oct. : vingt censeurs royaux. — Présentation du budget ( 12 juill. ) : 805 469 000 francs d'anticipations , ou de fonds détournés et dévorés à l'avance par le gouvernement impérial ; l'ensemble des dettes monte à 1 C45 460 000 fr.

Loi pour le payement des dettes (40 millions) contractées par la famille royale à l'étranger (sept ).

Loi pour la restitution des biens nationaux non vendus ( 4 nov. ). — Suppression des écoles militaires de Saint-Cyr et de Saint- Germain (30 Juill.) ; reconstitution du Prytanée militaire tic la Flèche qui devient école royale; rétablissement de l'école militaire de Paris sur les bases de la création en 1761. — Une ordonnance permet aux archevêques et évéques d'établir dans chaque département une école ecclésiastique (5 oct.). — Soult est ministre de la guerre (3 dCc). — Ordonnance pour la prorogation des chambres au 1" mai 1815 (30 déc). — Travaux d'Abel Rémusat sur la langue et les ouvrages de la Chine. — V Egypte sons les Pliaraons, le plus important ouvrage de J. F. Champollion,

Pays-Bas. — Les puissances alliées décident la réunion de la Belgique aux Pays-Bas hollandais pour le nouveau roi de la maison d'Orange (21 juill.).

Suisse* — Changement de la constitution fédérale. Nouvel acte (8 sept.) : la diète siégera alternativement dans les cantons de Zurich, de Berne et de Lucerne ; aucun canton n'aura de sujets, en dépit des prétentions élevées par Berne sur les pays qui lui avaient autrefois appar-

APKÈS J. C.

tenu. Trois nouveaux cantons ajoutés aux dix-neuf anciens, Genève « le Valais, Neufchâlel (14 sept.).

Angleterre. — A la fin de la

lutte avec Napoléon, dette consolidée et non consolidée de vingt et un milliards. — Le biil des céréales pour l'admission des grains étrangers sera pendant plusieurs années un objet d'agitation.

Angleterre, Autriche, France, Prusse, missle,etc — Suite du congrès de Vienne. Traité secret entre l'Autriche, la France et l'Angleterre , contre la Russie à laquelle cependant les Bourbons doivent leur restauration (3 janv.). L'Autriche fait conserver les deux tiers de la Saxe au vieux roi Frédéric- Auguste avec l.cipsick que réclamait cependant la Prusse (28 janv.); la Prusse acquiert sept cent mille Saxons, le duché polonais de Posen et beaucoup de pays sur le Rhin et la Moselle, qui constitueront le grand duché prussien du Bas-Rhin , rempart nouveau contre l'ambition de la France. Plus de nation polonaise.

Alexandre cependant n'obtient pas la Pologne entière : la Prusse garde le duché de Posen ; deux villes sont indépendantes, Thorn sur la basse Vistule, que protégeront la Prusse et la Russie, Cracovie sur la haute Vistule, que protégerontla Russie et l'Autriche : le reste sera à la Russie comme royaume constitutionnel (janv.). Va nouvel acte fédéral de Suisse est confirmé par le congrès (19 mars) : vingtdeux cantons; les territoires de Bâlc, de Berne et de Genève sont agrandis.

Par décision du congrès, Guillaume d'Orange qui a la ïlollande et la Belgique prend le litre de Guillaume l,r roi des Pays-Bas (16 mars).

En France , cérémonie expiatoire pour Louis XVI et Marie-Antolnctie (21 janv.). — Amoindrissement de l'Université impériale par l'ordonnance qui fait des arrondissements

XIXê SIÈCLE APRÈS J. C.

d'instruction publique autant d'universités (17 févr.).— Intrigues du duc (TOirante, Fouché. — Napoléon reparaît en France. Dépari de l'Ile d'Elbe, avec sept cents hommes de vieille garde, trois cents Corses, cent quarante Polo nais, les généraux Bertrand, Drouot, Cambronnc, etc. (26 févr.). Il débarque au golfe Juan, près de Cannes (t,r mars). A Digne, proclamation au peuple français , il parle en citoyen, promet des libertés constitutionnelles le 4. Louis WIU convoque Immédiatement les chambres, déclare Napoléon Bonaparte traître et rebelle , et enjoint de lui courir sus le C. Napoléon passe a Gap , à la Mure; entre Vizille et Grenoble, le colonel Labédoyèrc lui amène le 7* régiment de li^ne ; Grenoble ne se défend pas. Marche sur Lyon le 8.

Les troupes l'accueillent aux cris de : Vive l'empereur ; maître de la seconde ville de France, il agit dès lors en souverain dix jours après son débarquement ( 10 mars). — Décrets du 11 au 13 mars : amnistie pour les fonctionnaires; confiscation des biens des princes de la maison de Bourbon , suppression des titres de noblesse féodale, renvoi des émigrés à l'étranger, abolition de la cocarde blanche , dissolution des deux chambres ; réunion des collèges électoraux à Paris en assemblée extraordinaire du champ de mai pour modifier les constitutions de l'empire et assister au couronnement de l'impératrice Marie-Louise et de son fils. — Ney, parti de Paris le 6 tout dévoué au roi , subit en route l'influence commune ; et à Lons-le- Saulnier, dans le Jura, avant d'avoir vu Napoléon, déclare à ses soldais « que la cause des Bourbons est à jamais perdue » (13 mars). — Proclamations de Louis XVUI aux Français, à l'armée (il, 12 mars). La chambre des députés déclare nationale la guerre contre Napoléon Bonaparte, le 18 mars. Napoléon a quitté Lyon le 13; passe à Maçon , a Chalons-sur-Saône, à Autun le 15, à Auxcrre où le rejoint Ney le 17.

Louis XVUI quitte Paris le 19. Napoléon entre aux Tuileries le soir du 20 mars. — Époque dite des Crnl- Jours , du 10 mars au 22 juin.

Louis XVUI réside à Gand, dans les Pays-Bas, gardant ses titres et faisant acte d'autorité, rendant des ordonnances , etc. , comme s'il eût été sur le trône, et conservant son ministre au congrès de Vienne.— Pendant les Cent-Jours, le gouvernement de l'empereur a des tendances plus libérales; la nation semble aussi plus jalouse de ses libertés. Ministère formé avec Caulaincotirt, Maret, Cambacérès, Gaudin, Decrès, Davoust, le comte Mollien; l'adjonction de Carnot, républicain sincère, qui accepte le ministère de l'intérieur, est un gage de liberté donné à la nation ; l'intrigant Fouché a malheureusement encore le ministère de la police (21 mars). Liberté la plus absolue rendue à la presse le 2î. Les lois faites par les assemblées nationales contre les émigrés sont appliquées à la famille royale le 25. Adresse du conseil d'État "(25 mars) : elle reconnaît que la souveraineté réside dans le peuple; que l'empereur est appelé à garantir pur des institutions tous les principes libéraux. Béponse favorable de l'empereur. Il prend le commandement en chef de la garde nationale de Paris, le 20. Décret pour l'abolition de la traite des nègres le 28. Rétablissement de l'Universiié d'après le décret du 17 mars 1808, le 30. Direction générale des cultes donnée a M. Bigot, ancien ministre, le 31. Suppression, par décret, à partir du f'juin, du droit de circulation sur les boissons et du droit de consommation générale sur Peau-devie (8 avril). — La cause royaliste n'est pas soutenue dans les départements. Le duc de Bourbon qui était à Angers le 20 mars n'entraîne pas les populations de la Vendée. La duchesse et le duc d'Angoulêmc s'embarquent successivement ( 1", 11 avril); M. de Vitrollesun des plus ardents royalistes a été arrêté à Toulouse le 6. Le duc d'Orléans est passé

eu Angleterre , il ne Ta pas à Gand jours par les généraux Lamarque et

Dès le 13 mars, les députés des L'acte final du congrès de Vienne

quatre grandes puissances à Vienne, est signé par les plénipotentiaires des

Angleterre, Prusse, Autriche, Rus* huit puissances : Autriche, Angle-

sie, déclarent Napoléon ennemi et terre, Hussie, Prusse, France, Espa-

perliirbatcur du monde; le 2S, Us gne, Portugal, Suède (9 juin ). Ce

s'engagent à armer chacune cent traité qui fixe l'état de l'Europe est

cinquante mille hommes pour main* en cent vingt articles, tenir les dispositions du traité de

Paris et du congrès. Adhésion de Campagne de Belgique : elle dure Ferdinand VU d'Espagne (2 mai). La huit Jours.— Napoléon qui veut sur- Suède n'y adhère pas. Convention prendre l'ennemi arrive S Avesncs militaire pour la formation de trois (14 juin). 11 a quatre années : cent armées : 1* sous Schwartxenberg; mille hommes, seize mille chevaux et 2* sous Blûcher et Wellington; 3* la garde impériale. — En Belgique sous Alexandre (31 mars). Napoléon a sont réunis les Prussiens et les Anfait cependant des ouvertures pacift- glais sous Blûcher et Wellington, ques (30 mars). Mais aucune puis- avec des Belges, des Hollandais et des sauce ne veut le reconnaître comme Hanovriens. — Désertion fatale du géempereur dos Français. Une procla- néral Bounuont lorsque Napoléon mation de Gand annonce que l'Eu- franchit la frontière le 1 S juin. L'emrope ne reconnaît comme roi de pereur débouche par Charleroy pour France que Louis XVIII (14 avril), séparer les Prussiens des Anglais, Les trou|>es anglaises se réunissent en le 1 6. Affaire de Ncy aux Quatre-Bras BelKiqueouWellingtonarrive(Satril). contre les Anglais, mal conduite; sac- Traité de subsides entre l'Angleterre et glante bataille de l.igny contre les ses trois alliés le 30. — Napoléon orga- Prussiens qui sont rejeiés sur la Meuse nise la défense de la France et prépare cl semblent coupés des Anglais ( 16 la rédaction delà constitution qui doit juin). Napoléon marche aussitôt couêtre substituée a la charte. Forma- tre les Anglais le 17; il s'arrête en lion de trois mille cent trente ba- avant du mont Saint-Jean , non loin taillons de gardes nationales, chacun de Waterloo, et charge Grouchy d'em* de sept cent vingt hommes (10 avril), pécher Blûcher de se réunir à l'armée Création de corps francs le 22 : Ils anglaise. Nuit affreuse , pluie par seront peu utiles. Fédération bre- torrents; les soldats sans feu et sans tonne le 24; Toxemple est imité à repos. Journée du 18 juin: Wcl- Paris et dans plusieurs départements, lington livre bataille parce qu'il cs- — La nouvelle constitution n'est pré- père le concours de Blûcher sur sa sentée que comme un acte addition- gauche; Grouchy. en effet, laisse nel aux constitutions de l'empire l'espace libre aux Prussiens. Dès le ( 22 avril ). Soumis a la sanction début du combat, arrivée d'une predu peuple, cet acte réunit la près- mière armée prussienne, sous Bulow. qu'unanimité des votes, 4200 oppo- Cependant Napoléon était vainqueur sants. Solennité du champ de mai quand survient le général Ziethen du flcr juin); serinent de l'empereur, corps de Blûcher. Désordre dans nos Ouverture de la session des deux troupes, défaite, retraite confuse, chambres des pairs et des représen- pertes immenses. Napoléon est de retants (3 juin). — L'insurrection tour au palais de l'Élysée le soir du 20 royaliste agite la Vendée depuis mai. juin. — Les Vendéens sont vaincus a M. LouisdeLaRochejaqueleinesttué la Roche-Servière au nord de Bour-

{u*ès des sables d'Olonne ( 4 juin ) : bon-Vendée par Lamarque et Travot

a rébellion sera étouffée en vingt (20 juin) ; un de leurs chefs, Auguste

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

de La Rochejaquelein, propose une suspension d'armes (22 juin ). — La chambre des représentants, déjà hostile à Napoléon avant la campagne de Belgique, se déclare en permanence sur la proposition de La Fayette (21 juin). On parle de. déchéance (22 juin). L'empereur abdique, mais proclame son fils, Napoléon 11, empereur des Français. La chambre ne tient pas compte de cette réserve. Elle nomme une commission exécutive de gouvernement, composée deFouché , Carnot , général Grenier, auxquels la chambre des pairs adjoint Caulaincourt et le baron Quinette.

Le 6 pour 100 , qui le jour de Waterloo était à 53 , le 22 est à 55 , le 23 à 60. — La commission exécutive s'installe aux Tuileries et désigne des plénipotentiaires pour traiter avec les alliés. Itclatinns de Fouché avec le royaliste de Vltrolles. Retour de Louis XMII. Sorti de Gand le 22 juin ; à Bavai , en France , le 24 ; à Cambrai le 28. Marche forcée des Prussiens et des Anglais sur Paris.

Nos troupes, ralliées, pouvaient leur infliger quelque désastre imprévu.

Napoléon, retiré à Malmaison, demande le commandement, seulement pour quelques jours. Carnot y consent; ses collègues refusent.

Napoléon part pour Hochefort (29 juin). — - L'année campée à la Villette, entre Saint- Denis et Paris, s'indigne des lenteurs du gouvernement , qui ne met pas Paris en état de défense; adresse énergique de dix- sept généraux (30 juin). Un corps prussien est taillé en pièces près de Versailles par Exelmans. Seconde capitulation de Paris ( 3 jnill. ) ; l'armée française se retirera derrière la Loire. Douleur des soldats et du peuple. Entrée des Prussiens dans Paris (7 juill.) : ils chassent des Tuileries la commission exécutive; chambre des pairs et chambre des représentants fermées. Rentrée solennelle de Louis XVIII avec le drapeau blanc et la cocarde blanche (S juill.). La seconde restauration est due à Fouché comme la première à Talleyrand,

tous deux renégats de la république et dociles instruments du gouvernement impérial. Ils seront réunis dans le premier ministère de Louis XV1IL

— Les troupes alliées de toute nation affluent à Paris ; les trois souverains de Itussie , d'Autriche et de Prusse y arrivent ( 10 juill.). Les départements sont couverts de soldats étrangers, plus d'un million d'hommes; réquisitions, excès de toute sorte, misère des habitants ; ils résistent en Alsace, dans les Vosges, la Lorraine , la Champagne. Les troupes françaises de quelques places fortes ne veulent pas se rendre: siège soutenu à Longwy ; héroïque conduite de cent trente-cinq hommes à Huningue, du 25 juin au 2? août ; réduits à cinquante, ils sortent avec les honneurs de la guerre; Auxonne ne capitule que le 27 août. — Les alliés exigent la dissolution de l'année retirée derrière la Loire. Kllc est licenciée le 10 juillet. Le licenciement et la réorganisation se poursuivent jusqu'en novembre. — Embarqué sur le Saale depuis le 8 juillet, Napoléon se trouve en face d'une croisière anglaise, dont le capitaine , Maitland, lui propose de le conduire en Angleterre auprès du prince régent.

Napoléon se rend a bord du vaisseau anglais le Bellérophon le 15, écrit au prince régent qu'il vient, comme Thémistocle , s'asseoir au foyer britannique. Convention signée à Paris par lord Castlereagh, Wellington et Metternich (2 août) : les puissances regardent Napoléon comme leur prisonnier, et sa garde est confiée au gouvernement anglais. Le cabinet de Londres choisit pour sa résidence l'Ile de Sainte-Hélène , rocher nu , insalubre , au milieu de l'océan Atlantique. Il passe sur le Northumberland, qui le conduira à Sainte- Hélène : MM. Bertrand et de Montholon avec leurs femmes, Gourgaud, Las Cases l'accompagnent ( 7 août ).

— Les souverains de Kussie , de Prusse et d'Autriche signent le traité de la sainte alliance (20 sept.) : manifeste religieux plus que politique,

déclaration de charité et de fraternité univei selle, imaginée par Alexandre et par une illuminée allemande, la baronne de Krudner. Wellington n'y accède pas à cause de ses termes vagues. Adliésion de la France et des puissances de second ordre. — Traité de paix avec les alliés (20 nov.). La France garde les frontières de l~90, moins Philippeville , Marienbourg , Bouillon , Sarrclouis et Weisscmbourg; destruction des fortifications d'Huningue ; indemnité pécuniaire de sept cents millionsaux alliés ; occupation de nos places fortes par cent cinquante mille hommes pendant cinq ans; restitution réciproque des prisonniers; confirmation du traité de Paris du 30 mai 1814 et de l'acte final du congrès de Vienne du 9 juin.

Conventions annexées au traité pour le payement de l'indemuilé, l'occupation de la ligne militaire par les alliés , les réclamations des gouvernements étrangers et de leurs sujets contre la France, les réclamations des sujets du roi d'Angleterre contre le gouvernement français. La paix de 1815 coûtera à la France 1 994 800 000 francs. La guerre lui a coûté pendant vingt-trois ans, de 1790 a 1814, en appels, levées, conscriptions, 4 6SG 000 hommes. — lie jour du traité avec la France, les quatre grandes puissances concluent entre cllesun traité qui confirme celui de Chaumont 1er mars 1814 , celui de Vienne 25 mars t8 1 4 contre Napoléon et sa famille, et pour le maintien de la paix en France; elles conviennent de tenir à des époques déterminées des congrès pour discuter les grands intérêts communs , en vue du repos et de la prospérité des peuples.

Autriche et Italie* — Le roi

de Naples, Murât, quand Napoléon a quitté nie d'fclbe, déclare d'abord qu'il reste fidèle aux puissances alliées ( 5 mars ) ; il assure ensuite Napoléon de son concours. Il fait occuper Kome que quitte Pie Vil le 22 ; appelle toute la péninsule à 1 indépendance le 31, entre à Modène

après on combat contre les Autrichiens ( 4 avril ). D'après la résolution prise par le congrès de Vienne, une proclamation de l'empereur d'Autriche a annoncé la formation du royaume lombard- vénitien et sa réunion à la monarchie autrichienne le 7. Les Autrichiens battent Murât près de Modène le 1 1 ; le 1 2 dans les environs de Ferrare, a Occhiobello; le H ils sont à Florence; le 22 à Rome ; le 2 mai à Aquiia dans les Abruzzcs. Vainqueurs à Tolcntino le 3 , ils s'avancent jusqu'à Ponte Corvo et San Germano le 9. Pie VII quitte Gènes pour retourner à Home le 1G. Murât s'enfuit le 19. A Naples, les lazaroni massacrent les Français et leurs partisans le 21 ; entrée des Autrichiens le 22; de Ferdinand VII, le 3 juin : il venait de régler la constitution de la Sicile sur les bases des institutions de 1812 (1C mai1. — Restauration du pape ; les trois légations, la Romagne, Bologne et Ferrare, sont rendues & Pic VII (18 juill.). — Tentative de restauration de Murât.

Il part d'Ajaccio avec deux cents hommes (28 sept.); aborde à Pizzo sur la côte de la (lalabre ultérieure (S oct.). ; il est arrêté par les habitants, livré a un tribunal de guerre, condamné à mort et fusillé une demiheure après, le 13. Privilèges accordés à la commune de Pizzo le 18.

Cou fédérât Ion germanique.

— L'acte fédérati f est arrêté par le congrès de Vienne , dans le même esprit qui avait présidé à l'établissement de la confédération du Rhin en 1806 (8 juin}. L'Allemagne forme une confédération composée de principautés souveraines et de quatre villes libres, tous les États de la confédération sont égaux en droits. Une diète à Francfort, sous la présidence de l'empereur d'Autriche, doit maintenir l'indépendance des États fédéraux et assurer la paix intérieure entre les États; elle a le droit d'intervenir dans les différends entre les sujets et le souverain d'un Etat.

Trente-huit États ; empire d'Aulri-

XIXe SlfeCLE APRÈS J. C.

che, royaume de Prusse, de Saxe, de Hanovre, de Wurtemberg, de Bavière, etc. Deux modes de réunion de la diète : en assemblée générale, 70 voix; en assemblée ordinaire, 17.

— L'article 13 de l'acte fédéral est un engagement contracté par tous les princes de la Confédération de donner chacun une constitution à leurs peuples. Le prince de Nassau a le premier appliqué cet article. — Protestation des princes qui avaient les droits de princes immédiats avant le remaniement opéré par Napoléon en 180C, et qui ne les recouvrent pas par l'acte fédéral du 8 juin (14 juin).

Espagne. — Dans l'Amérique du nord les rebelles s'étendent, conduits par Mina, jusqu'au nouveau Mexique ; ils prennent Acapulco, le port le plus important du Mexique, sur l'océan Pacifique. Mina fait prisonnier par le vice-roi Apodaca est exécuté ( 1 1 déc). — Dans la province de Venezuela, nouvelle révolte, d'abord à l'Ile Margarita au nord-est (15 nov.). Son chef est Bolivar, natif de Caracas. 11 combat le général espagnol Morillo.

Ktatft-Unlfl. — Victoire éclatante du général Jackson sur les Anglais à la Nouvelle-Orléans (8 janv.). Signature définitive de la paix. Le congrès travaille à restaurer le crédit public et le commerce ; délibération sur la banque ; défrichements ; construction de routes; question douanière.

W ronce. — Dans l'époque dite des Cent- Jours, gouvernement impérial de Napoléon du 10 mars au 22 juin. Son abdication le 22. — Retour de Louis XVIII, le 8 juillet.

Ministère dans lequel entrent Talleyrand et Fouché. Le gouvernement de la seconde restauration est fatalement entraîné à des actes de vengeance ; excès affreux de la réaction royaliste , surtout dans les départements.— A Nîmes, 17 juillet, la garnison est en partie massacrée ; horreurs commises par Trestaillon. —

Convocation des collèges électoraux pour former une nouvelle chambre des députés : elle doit se composer de 402 mem bres ( 1 3 j util . ) ; les p réside n ts des collèges électoraux seront nommés par ordonnance royale le 28. Une ordonnance retranche de la liste des pairs vingt-neuf membres qui ont siégé pendant les Cent-Jours, le 24.

Ordonnance de proscription (2-i juill. ): 19 personnes qui ont trahi le roi avant le 23 mars seront livrées aux conseils de guerre ; ceux qui ont servi le gouvernement de Napoléon depuis le 23 mars seront exilés.

— Le maréchal Brune est assassiné à Avignon (2 août). Arrestation du maréchal Ney le 5. — Révocation de toutes les autorisations accordées précédemment aux journaux , le 8 ; une commission de censure pour l'examen de tous les écrits périodiques. — Le général Raniel est niassacré à Toulouse le 15. — Le colonel de Labédoyère est fusillé à Paris le 19. — Scènes sanglantes à Nîmes et aux environs, a la veille de l'ouverture des collèges électoraux les 19, 20 et 21 : des Autrichiens viennent y rétablir l'ordre. — Renouvellement de la chambre des pairs par des nominations royales, le 17; la pairie est déclarée héréditaire, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture le 19. — Le maréchal Moncey, qui a refusé de siéger comme juge de Ney, est destitué et condamné à trois mois de prison le 29.

— A Bordeaux, exécution des frères Faucher le 27. — Organisation d'une garde royale (!•' sept.). — Disgrâce de Fouché (19 sept.), de Talleyrand le 24. — Cabinet sous la présidence du duc de Richelieu, caractère digne et loyal , qui profitera de l'amitié personnelle de l'empereur Alexandre pour alléger nos charges. M. Decaies est ministre de la police. — Le gouvernement persévère dans la voie de réaction. Création d'une commission pour rechercher la conduite des officiers de tout grade qui ont servi pendant les Cent-Jours ( 1 2 oct.).

— Loi pour la suspension de la

liberté Individuelle (18-23-27 oct.). — Les notables con- Loi relative aux cris, aux actes et aux voqués par le roi rédigent une couécrits séditieux (lu* et 28 oct.-7 nov.). slitution (8 août); sanction donnée — Procès du maréchal Ney par un par le roi malgré l'opposition du conseil de guerre composé des maré- clergé catholique belge le 24. Le rhau* Jourdan , M asséna» Augereau, roi jure de la maintenir (21 sept.).

rouvrir le 12; le général Lagarde, Pru«»e.— Déjà, le 3 juin 1814, commandant le déparlement, est a été créé un ministère d'Etat, sous la grièvement blessé. — Proposition présidence du chancelier. Promesses pour l'établissement de cours prévô- libérales (22 mai) : une représentation taies (17 nov.); elle sera votée le nationale doit être établie à Berlin; 20 déc— Condamnation capitale de au fr septembre doit se réunir une de M. de Lavalelte qui s'est emparé commission de fonctionnaires publics de la direction des postes au 20 mars et d'habitants des provinces pour (21 nov.). — Communication aux préparer l'organisation des états deux chambres par le duc de Riche- provinciaux , de la représentation lieu, du traité du 20 novembre avec du pays, et rédiger l'acte constituas alliés, le 26. Procès du maréchal tlonuel.— Accroissement territorial : Ney. Ouverture des débats devant l'ancienne Poméranic suédoise et nie la chambre des pairs (4 déc): Il est de Rugen sont reconnues à la Prusse défendu par MM. Berryer et Dupin. par le Danemark, que la Suède a Sentence de mort : 139 voix sur 161 déjà dépouillé de la Norvège (4 juin), votants (6 déc.). 11 est fusillé à Paris — Nouvelle organisation de la landle 7. — Lavalelte, la veille de son wehr pour tenir la uation sous les exécution, s'évade grâce au dévoue- armes (21 nov.).

et les hauts fonctionnaires; mille 1816

francs d'impôt pour être éligible (18 *

déc): environ 17 200 électeurs.— Allemagne, Autriche et f*rus-

Le jour anniversaire de la mort de ne. — La diète germanique, consti-

Louis XVI devient un jour de deuil tuée par le congrès de Vienne, tient

général (28 déc.% — Révision du tarif sa première séance à Francfort ( rr

des douanes (17 déc). — Première oct.), sous la présidence de l'Au-

édition des Chansons de Déranger, triche. — Lippe -Sehauenibourg ,

— Première chaire de sanscrit créée Schwartzbourg- Rudolstadt , Saxe-

en Europe pour M. de Chézy, chaire Weimar, Waldeck, obtiennent de

de chinois pour Abel Rémusat au leurs princes une constitution re-

Mortier, et des généraux de division Gazan, Villate, Claparède (9 nov.).

Le conseil se déclare incompétent le 10. Le jugement est renvoyé à la cour des pairs les 11 et 17. — Nouvelles violences à Ni mes, le jour où, avec l'autorisation du gouvernement, les églises protestantes doivent se

accepte le pacte fédéral de l'Allemagne (18 juin), et adhère à la sainte alliance (8 août). — Mort du roi de Wurtemberg, Frédéric; son fils Frédéric-Guillaume Ier a quarante-cinq ans. — Le Tyrol reçoit de l'empereur une représentation nationale ( 13 avril ). Les provinces illyriennes, la haute Carinthie, la Carniole, l'Istrie et une partie du Frioul, sont érigées en royaume ; comme les provinces lombardes réunies au territoire vénitien, elles reçoivent des institutions spéciales (3 août). — En Prusse, nomination par le roi d'évéques protestants a Berlin et â Kœnigsbcrg.

Les corvées sont rendues susceptibles de rachat en faveur des paysans. Uniformité de poids et mesures (1C mai).

Amérique du snd et E«pagne. — Bolivar recommence la guerre d'indépendance dans le Venezuela avec 350U hommes ramenés d'Italie. Il bat une flotte espagnole près de l'Ile Margarita (9 mai), et établit à Barcelone, à l'ouest de Cumana, un gouvernement pro\isoire.

— L'indépendance des provincesunies de la Plata est proclamée à Tucuman; la constitution établit deux chambres et un président, une haute cour de justice, des juutes électives et électorales. Discordes entre les unitaires et les fédéralistes.

Angleterre. — Mariage de Charlotte, fille du prince régent, avec le prince Léopold de Saxe-Cobourg [2 mal). Elle mourra au bout d'un an et demi de mariage.— Expédition de lord Exmouth contre les pirates d'Alger (27 août). Un traité imposé au dey rend la liberté à tous les esclaves chrétiens, le 30. Le dey est massacré par la soldatesque turque (3 oct.) : le nouveau dey terminera les fortifications redoutables d'Alger,

— Premier roman de W al ter Scott, Waverley.

Danemark. — En compensation de tout ce que lui af ait perdre son alliance avec Napoléon, il obtient le duché de Saxe-Lauenbourg, sur

le bas Elbe, qui fait partie de la confédération germanique.

ïttttuanli. — Le territoire d'Indiana qui s'étend du fleuve Ohlo au lac Michigan, occupé en partie encore par des tribus indiennes, entre dans l'Union comme État.

France — Organisation de l'Institut royal : quatre académies, académie française, académie des inscriptions et belles-lettres, académie des sciences, académie des beaux-arts (21 mars). — La loi électorale est reje* lée par les pairs (3 avril). Dissentiment entre le gouvernement et les chambres. — Mouvement insurrectionnel aux environs de Grenoble, dirigé par Didier, aux cris de : Vive l'empereur (5 mai). Répression rigoureuse par le général Donnadieu.

— Nouveau tarif de douanes (28 avril).

— Abolition, par une loi, du titre vi du livre 1er du code civil , relatif au divorce (8 mai).— Le mariage du duc de Berry, second fils du comte d'Artois, avec Marie-Caroline, petitefille du roi de Naples Ferdinand IV, est célébré à Paris (17 juin). — Promotion de maréchaux : Clarke, duc de Feltre, cadet en 1781 ; le duc de Coigny, mousquetaire en 1752; le comte de Vioinénil , lieutenant en 1747 ; le comte de Beurnon ville, volontaire en 1774 (3 juill.). — Le général Mouton-Duvernet est fusillé le 20. — Dissolution de la chambre des députés (5 sept.). Nouvelle législature (4 nov.): seulement 258 députés payant mille francs de contributions directes, choisis, en vertu d'une ordonnance royale, par une élection à deux degrés d'arrondlsse-* ment et de département. — Chateaubriand, à cause de son écrit : La Mo narchie selon la charte, est destitué de son titre de ministre d'État (20 sept.). — Missions dans les départe* ments pour ranimer la foi catholique; persécutions.

Haïti. — Pétion, mulâtre, chef de la partie du sud-ouest, se fait donner la présidence à vie, il réside à Port-au-Prince.

73fc XIXe SIÈCLE

Italie. — Ferdinand IV, roi de

Naples et de Sicile, se fait appeler Ferdinand W roi des Deux-Siciles (22 déc).

Pays-Bas.— Guillaume 1er entre dans la sainte alliance (21 juin).

port anal. — Mort de la reine Marie. Son fils, le prince régent, déjà roi du Brésil, prend le titre de roi de Portugal (20 mars). Jean VI continue à résider à Rio-Janeiro, la régence en Portugal est laissée à la merci des Anglais.

nusule. — Vu ukase abolit la servitude personnelle des paysans de l'Esthonie russe (8 juin). — Moscou est reconstruite. — Dans le voisinage de Novogorod , premier essai de colonies militaires, d'après le système des colonies moraves de l'Allemagne; une portion de terre est attachée à chaque maison des villages colonisés, qui appartiennent a la couronne ; les colons cultivent la terre et sont exercés aux manoeuvres militaires.

Turquie* — L'Hétérie, ou société formée secrètement en Russie pour préparer l'affranchissement du peuple hellénique, est persécutée même par les Russes. L'un des sept premiers adeptes, découvert à Saint-Pélersbourg, passe en Morée où il est tué : l'association se disperse, mais ne périt pas. — En Servie, les Turcs brûlent les villages, empalent les hommes, outragent les femmes; nouvelle révolte des chrétiens. Le Ois d'un pâtre, comme Czerny Georges, Milosch Obrénovitch, devient chef des insurgés.

Allemagne, Autriche et Prusse. — Dans le Wurtemberg, Frédéric-Guillaume 1er ouvre l'assemblée des États promis par son père (23 mars). Il propose une constitution ; les chambres la rejettent; il les dissout (* juin). — L'admission du prince de Hessc-Hom bourg, avec les droits de souveraineté immédiate,

APRÈS J. C

porte le nombre des États à trenteneuf (7 juill.). — A la fête du jubilé pour le troisième siècle de la réforniaiiou, le roi .de Prusse invite les deux grandes Églises protestantes a se réunir.— La célébration de la fete de la Wartbourg, en souvenir de la retraite de Luther, est signalée par des discours séditieux contre les gouvernements qui n'ont pas encore donné de constitution à leurs peuples (| 8 oct.).— En Autriche, les pays polonais de Gallicie et de Lodomirie reçoivent de l'empereur une représentation nationale qui ne se réunira que sur la demande du prince (13 avril) : une constitution est préparée. — En Prusse , création d'un conseil d'Élat (20 mars). L'université de Wittcmberg, berceau de la réforme luthérienne, est réunie à l'université célèbre de Halle, sur la Saale (12 avril) : les étudiants de la Saxe prussienne sont ainsi concentrés sur un seul point, plus près de la grande ville littéraire de Leipsick qui est restée au roi de Saxe. L'université d'Erfurt sera de môme supprimée en 1818.

Amérique du sud et Espagne. — La république de Buenos- Aires envoie, le général Saint-Martin pour révolutionner de nouveau le Chili contre les Espagnols. Après une grande victoire du parti national, le congrès du Chili est assemblé à Santiago (12 févr.) ; gouvernement républicain , O'Higgins directeur. — Le congrès du Paraguay nomme le docteur Francia dictateur à vie. — Le congrès national de Venezuela organise les moyens de défense contre les Espagnols (8 mai). Bolivar .

brûle une partie de la flotte ennemie près de Barcelone et s'empare de la Guyane espagnole avec lu capitale Angostura sur rOrénoquc. L'île de Margariia est enlevée à Morillo (juill.). Installation du gouvernement de Venezuela (10 nov.).

Angleterre. — Troubles causés par le manque de travail. Suspension de l'acte d'habeas corpus (3

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C. 733

mai). — Rejet de la pétition des catholiques irlandais pour obtenir l'éhiancipation , les 10 et 1G. — Le prince régent, par la mort de sa fille unique, la princesse Charlotte, n'a plus que ses frères pour héritiers (G nov.). — Guerres heureuses contre les Maltraites. Influence anglaise étendue jusqu'à l'Indus; Molhar- Raou, fils d'Holkar, est battu.

Espagne et Porta gai.— L'Espagne refuse de rendra aux Portugais Olivcnça, située à l'est du Guadiana. Par représailles, ils enlèvent à l'Espagne, en Amérique, la province de la Banda orientale ou Montevideo (20 janv.).

Espagne. — Les puissances alliées donnent d'inutiles conseils à Ferdinand VII, livré à l'influence des jésuites ; la persécution ne cesse pas contre les constitutionnels. — Conspiration des généraux Lascy et Portier (avril, juill.); elle leur coûte la vie.

Ktats-unls* — L'acte de navigation du 1er mars amènera des différends avec l'Angleterre. — Le territoire appelé Mississipi entre dans l'union avec le rang d'État. — Le nouveau président est James Monroe, de la Virginie, qui avait commandé dans la guerre contre les Anglais en 1814.

France. — - Pendant la disette de 181G-1817, la France est nourrie par les blés de la Russie méridionale , achetés à grands frais. — Lutte constante entre les ultra-royalistes et les constitutionnels. — Nouvelle loi électorale (5 févr.) : tout Français payant trois cents francs de contributions directes est électeur à trente ans ; une seule assemblée électorale pai département ; le cens de l'éligibilité est fixé à mille francs ; l'assemblée se renouvelle annuellement par cinquième. — Loi contre la liberté individuelle, le 12. — Loi sur la presse le 28 : les journaux ne paraîtront qu'avec l'autorisation du roi. — Le ministre Richelieu obtient qu'à partir du 7 avril le territoire soit

évacué par un cinquième de l'armée d'occupation (10 févr.).— Un attentai contre le gouvernement en faveur de Napoléon ou de son fils est puni par vingt-huit condamnations capitales que prononce la cour d'assises de Bordeaux (G mai). — Nouveau concordat conclu avec Pic VU ( Juinjuill.) : il ne sera pas mis à exécution. 42 nouveaux sièges épiscopaux (27 juill.). — Restitution delà Guyane a la France par les Portugais (28 août, 8 nov.). — En ouvrant la session des chambres, le roi annonce qu'il n'y aura plus de cours pré\ôtalcs(& nov.).

— Voyage d'exploration scientifique dans l'hémisphère austral par M. Louis de Freycinet. — Le général Làlleinand , condamné à mort par contumace à la rentrée des Bourbons, essaye d'établir au Texas dans le Mexique une colonie tégie par des lois Spartiates, sous le nom de Champ d'asile. — Premier volume de l'Essai sur l'indifférence en matière de religion, de l'abbé de Lamennais. — Examen des doctrines médicales, par Broussais, médecin matérialiste. — Premier éclairage au gaz à Paris.

Iles ioniennes. — Nouvelle constitution qui les place sous le protectorat plus direct de l'Angleterre :

le pouvoir exécutif est aux mains d'un sénat de cinq membres dont le président est nommé par l'Angleterre ; les sénateurs, élus par les députés qu'envoie chacune des sept lies, doivent être agréés par le roi (29 déc).

Italie. — Marie-Louise d'Espagne, sœur de Ferdinand VII , est reconnue princesse héréditaire de Lucques, avec l'expectative de Parme, que Marie- Louise , ex-impératrice des Français , gardera sa vie durant (24 nov.).

Pays-Bas. — Guillaume I" met un droit sur la navigation du Rhin que le congrès de Vienne avait voulu rendre libre. — Traité de commerce avec le Danemark et l'Amérique du nord. — Rétablissement de l'univer-

734 xix* siècle

sité de Louvaln (6 oct.) ; ouverture de colle de Gand le 9. — L'archevêque de Gand ne voulant pas prêter serment à la constitution, est déposé.

Portugal. — Le général Frcyre d'Andrade conspire contre la régenc»» , ou plutôt contre l'influence de l'Anglais Beresford; sa mort et celle de douze complices ( 18 oct. ).

Hu»*le. — L'empereur institue un sénat en Pologne (2(î févr.).— La dlete de Courtaude décrète l'affranchissement des paysans ( 14 avril ).

— Principes de tolérance religieuse exprimés dans un resci il de l'empereur ( fév. ).— Avantages promis aux juifs qui embrasseront le christianisme (avril). — Les privilèges de port franc sont accordés pour trente ans à Odessa (juin ). — Un traité fixe les frontières entre la Russie et la Prusse (1 1 nov.) Mariage du grandduc Nicolas avec une fille du roi de Prusse.

Suède. — Un parti essaye d'agir contre le prince royal de Suède, Bernadotte ; répression ( mars ). La Suède adhère à la sainte-alliance (mai).

Turquie. — La ville d'Albanie , Parga, après une héroïque résistance contre Ali , pacha de Janina , se confie aux Anglais.

Allemagne. — La servitude est abolie dans le royaume de Wurtemberg ( l,r janv. ). — D'après l'acte fédéral, Saxe-Cobourg-Saalfeld (19 mars), Bavière (2G mai ) , Bade (22 août), reçoivent des constitutions de leurs princes. — Organisation militaire de l'État fédéral. — Le fils de Napoléon et de Marie-Louise est nommé par son aïeul duc de Beichsladt, petite seigneurie enclavée dans le cercle de Bunzlau, au nord-est de la Bohême (22 juill.). — Le roi de Prusse , qui a supprimé les universités peu florissantes de Paderborn, de Munster, de Duisbourg, fonde pour ses États du Hbin celle do Bonn (18 oct. ).

APRÈS J. C

Amérique du aud et F,*pa- «ne. — Déclaration de l'indépendance du Chili (1er janv.); une défaite du directeur de la république O'HIggins. est compensée par la victoire du général de Buenos-Aires, Saint-Martin, qui détruit l'armée espagnole à la bataille de Maypo, dans le Chili même, au sud de Santiago (5 avrill— Bolivar, le cltef niiiiiaire de la république de Venezuela* obtient des troupes auxiliaires de l'Angleterre , qui admet son envoyé.

Les États-Unis de l'Amérique du nord lui envoient un ambassadeur (l'r juill.).

Angleterre. — Traité avec les Pays-Bas (4 mai), avec l'Espagne (23 sept.), pour l'abolition de la traite des nègres. — Premier établissement d'école d'enfants à Westminster. — L'Indien Molhar-Baou abandonne une partie de son territoire, et se reconnaît vassal des Anglais, qui pourrout lever sur ses terres trois mille hommes de troupes auxiliaires (C janv.).

Danemark. — Création d'une banque nationale (C avril). — Traité de commerce avec la Prusse (17 juin).

Egypte* — Destruction de la puissance des Wahabites qui, depuis six ans, étaient poursuivis en Arabie môme par Méhémet-Ali, pacha d'Égypie, et par son fils Ibrahim. Leur clief Abdallah , conduit à Constantinople par Méhémet-Ali , y est mis à niort.— Méhémet-Ali, avec des Français a son service, donne à son armée une organisation enropéenne; l'agriculture. L'industrie , le commerce, la marine, les entreprises dans l'intérieur de l'Afrique, et les voyages scientiques, sont favorisés.

Le canal de Mahinoudie , qui doit joindre le Nil à l'ancien port d'Alexandrie, a coûté , sans profit , beaucoup d'hommes et d'argent.

Espagne. — Pour lutter contre le mouvement d'indépendance qui a gagné toutes les colonies américaines , le gouvernement est réduit à

acheter à la Russie quelques vaisseaux. — Manque de travail ; misère affreuse ; fièvre jauue. Irritation nationale.

Klats- Volai. — Admission au rang d'États de rillinois et de l'Alabama. L'Alahama contient plusieurs peuplades indiennes, les Alabamas, les Chérokis, les Criks, les Chactas.

— Le traité de commerce avec l'Angleterre est renouvelé pour dix ans (2 oct.).

France.- Première loi de recrutement (10 mars). — Congrès des souverains alliés, à Aix-la-Chapelle, pour statuer sur l'évacu.ition du territoire français par les troupes étrangères, (29 sept.). Traité du 9 oct. : l'armée d'occupation se retirera le 30 novembre ; la France payera deux cent soixante -cinq millions pour compléter l'exécution de l'article 4 du traité du 20 nov. 1816. Visite des souverains de Prusse et de Russie a Louis XVIII (28 oct.). Déclaration du congrès avant de se dissoudre (22 nov. ). Les troupes d'Autriche , de Russie, d'Angleterre, de Prusse ont quitté leurs quartiers généraux de Colmar, Maubeuge, Yalenciennes , Sédan , du 1 1 au 22 nov., après trois ans d'occupatiop.

—Des officiers français et belges conspirent en faveur de Napoléon II (16 nov.). — En ouvrant les chambres, Louis XYUI annonce la libération complète du territoire (10 déc. ). — Retraite du ministère Richelieu ( 29 déc). Le ministère de la police est supprimé ; M. Decazes, ministre de l'intérieur; le général Dessolles, ministre des affaires étrangères; M. de Serre, président de la chambre des députés en 18 17, a la justice ; M. Portai, la marine; le baron Louis, les finances. — Commencement des travaux pour la nouvelle carte de France. — L'enseignement de l'histoire est introduit dans les collèges royaux. — Philosophie anatomique de Geoffroy Sainl-Hilaire : il pose l'unité de composition comme loi première et suprême du règne ani-

mal entier. — Considérations sur

la révolution française, ouvrage posthume de M*** de Staël. — Les Mesaénienncs de Casimir Delavigne.

Haïti. — Mort du mulâtre Pétion, président dans la partie de l'Ile où ne régnait pas le noir Henri-Chris* tophe (27 mars) : il laisse l'État prospère. Le général Boycr lui succède avec le même titre/

Italie. — Concordat conclu par Pie VU avec- le royaume des Deux- Siciles, qui avait été régi longtemps, pour la partie italienne, par les principes du concordat de Napoléon (16 févr.). — Tremblement de terre en Sicile dans les régions voisines de l'Etna; il est ressenti dans la Calabre, et même sur les côtes de Proveuce le 20.

Pays-Bas.— Premières colonies agricoles en faveur des pauvres, fondées par la Société néerlandaise de bienfaisance, sous la présidence du prince Frédéric, d'après le projet du général Van der Boschen. — Pour rendre au royaume-uni sa nationalité, l'emploi de la langue française est interdit dans les actes judiciaires (18 juill.).

Portugal. — Les associations secrètes des francs-maçons, auxquelles on attribue des tendances révolutionnaires, sont interdites sous peine de mort. Joug honteux de la tutelle anglaise.

Russie* — La noblesse de la Livonie manifeste le vœu que la liberté soit rendue aux paysans. — L'empereur ouvre la diète de Pologne par un discours en français (mai) : l'assemblée discute et adopte un code pénal uniforme pour tout le royaume de Pologne; un code de procédure criminelle est annoncé pour la prochaine session.

Suéde. — Mort de Charles XIII (S févr.). Avènement du prince royal Bernadottc Charles - Jean , âgé de cinquante-trots ans, qui prend le nom de Charles X1Y. Son couronnement

XtX' SIÈCLE APRÈS J. C.

en Suède ( 1 1 mai ) ; en Norvège , à Drontheim ( 7 sept. ). — Traité de commerce avec les États-Unis (4 sept.). — La diète de Norvège, ouverte depuis la mort du dernier roi, assure les principes de l'indépendance nationale.

fila Use. — A Fribourg, par décision du conseil souverain, rentrée des jésuites (16 sept.)*

Allemagne. — Fermentation démagogique et révolutionnaire, entretenue par les associations secrètes et surtout par la burgensebaflï, association qui s'était formée depuis plusieurs années au sein des universités. L'ardeur d'Indépendance, exploitée par les gouvernements contre la France jusqu'en 1814, se retourne contre eux. Les champs d'exercices gymnastiques, qui donnaient le goût des armes, sont fermés à Berlin (15 mars), et peu après ils le sont presque partout. — L'auteur dramatique Kotzebue, qui était depuis des années au service de la Russie, est assassiné à Manlieim par un étudiant, Sand, affilié aux sociétés secrètes ( 23 mars). Le' meurtrier essaye de se tuer; sa blessure retarde son procès pendant un an. — Congrès de ministres allemands à Carlsbad, en Bohême , pour établir une police plus rigoureuse dans les universités et combattre les tendances démocratiques (août). — La diète fédérale de Francfort vote un éditde censure qui doit pendant cinq ans s'appliquer dans tous les États allemands. Les universités sont mises sous la surveillance de procureurs généraux investis des pleins pouvoirs des gouvernements (20 sept.). La commission d'enquête établie à Mayencc poursuit les ennemis de l'ordre établi. — Le Wurtemberg reçoit de son roi une nouvelle constitution ( 2(J sept.). — Le gouverneur général du royaume de Hanovre, le duc de Cambridge, septième fils de George 111 d'Angleterre, se conforme aussi à l'art. 13 de l'acte fédéral et donne

une constitution. — Négociations sans effet avec la cour de Rome , pour la rédaction d'un concordat (du 19 mars au 10 oct.). — Un nouveau congrès de ministres et de diplomates allemands se tient a Vienne pour aviser aux moyens d'étouffer ou de punir les menées du libéralisme (du 25 nov. au 15 mai 1820).

Amérique du *ud. — Lord Cochrane , nommé amiral du Chili, ravage les possessions espagnoles.

— La république fédérative de Buen os- A ires remanie pour la seconde fois en trois ans sa constitution (24 mai). — Les peuples de la Banda orientale , à l'est du fleuve Uruguay, qui se sont détachés de la province de Buenos-Aires , nomment protecteur le démocrate Arligas. — A Montevideo, qui ne fait pas partie de la Banda, conspiration des Espagnols contre la garnison portugaise ( 20 nov. ) ; elle est réprimée. — La guerre d'indépendance est portée par Bolivar avec succès dans la Nouvelle-Grenade. Victoire à Boyaca, à vingt lieues au nord-est de Santa-Fé de Bogota ( 7 août) ; ses troupes entrent à Santa-Fé le 10; les Espagnols y sont massacrés (11 sept.).

La Nouvelle -Grenade forme, avec l'alliance de Venezuela, une république indépendante sous le président Santander. Le congrès souverain des républiques de Venezuela et de la Nouvelle - Grenade, assemblé à Angostura, sur le bas Orénoque, proclame la réunion des deux républiques en un seul État sous le nom de république de Colombie : la province de Quito, au sud - ouest , est comprise dans l'État (17 sept.).

Angleterre. — La popularité du réformateur socialiste Robert Owen diminue; il a mis contre lui l'opinion religieuse en accusant ouvertement toutes les religions de mensonge et d'impuissance, et l'opinion radicale en contestant l'efficacité des projets de réforme électorale : il échoue comme candidat à la députa-

XIX* SIÈCLE APIIÈS J. C.

lion. — Ses idées sont combattues par Henri Hunt, riche fermier du comté de Wiiis, qui prêche la réforme universelle. — Meetings tumultueux où le peuple des manufactures s'encourage à la sédition. Révolte sanglante à Manchester ( 1G août). Hunt, arrêté, sera condamné a un an de prison. — Le bill des céréales de 181. S, qui ruine l'agriculture nationale, est l'objet de vives attaques : une association s est formée pour en obtenir l'abolition. — Troubles en Irlande.

— Mort de James Watt, véritable inventeur de la machine à vapeur (25 août). — ■ Entreprises hardies de Parry, Liddon, Franklin dans la mer polaire, jusqu'à 74° 44' latitude nord.

— Smith prend possession, au pôle méridional, du nouveau Shetland austral.

Espagne. — A Valence, conspiration du colonel Vidal, étouffée par le général Elio (2 janv.j. — Sédition parmi les troupes à Port Sainte-Marie , au nord-est de Cadix.

Etats-Unis* — Acquisition des deux Florides espagnoles (févr.). — Création de banques, de canaux, de routes. — Développement de la navigation a vapeur.

France. — Sur la proposition du nouveau ministère, les chambres votent a M. de Richelieu, comme récompense nationale, une dotation de cinquante mille livres de rente ; il en consacre tout le produit à la fondation d'un hospice dans la ville de Bordeaux. — Opposition à la chambre des pairs. Création de soixante et un pairs, la plupart anciens membres exclus après la seconde restauration. — Loi contre la presse (17 et 26 mai). — Loi qui assujettit les journaux et les écrits périodiques au dépôt d'un cautionnement (9 juin). — Troubles à l'école de droit, au cours de M. Bavoux (29 juin-3 juill. ) : le professeur, envoyé devant la cour d'assises, est acquitté ( 1er août ); la commission de l'instruction publique lui inflige la censure (8 sept.). — Le ministre des affaires étrangères re-

connaît une créance de sept millions, réclamée par les deys d'Alger depuis vingt ans , et repoussée par tous les gouvernements précédents (10 nov.).

— Recomposition du cabinet sous la présidence de M. Decaze, ministre de l'intérieur ; le baron Pasquier, aux affaires étrangères; le marquis de La Tour-Maubourg, à la guerre ; M. Roy, aux finances (19 nov.). — Tous les exilés politiques sont rappelés, à l'exception des conventionnels qui ont voté la mort de Louis XVI (ter déc).

— La chambre des députés annule l'élection de M. Grégoire , ancien évôque de Blois et régicide (6 déc).

— Publication de précieux fragments d'André Chénier. — Saint-Simon, dont les doctrines socialistes encore informes étaient connues seulement de quelques adeptes , trouve difficilement des éditeurs pour ses travaux : la Réorganisation de la société européenne , l'Industrie , V Organisateur, le Politique, le Système industriel , le Catéchisme des industriels, etc. La Parabole lui valut un procès en cour d'assises : il fut acquitté malgré la vivacité de ses critiques contre la noblesse et les princes du sang. — Prflpère exposition publique des produits de l'industrie française au Louvre (26 août) :

un jury décernera des récompenses.

— Mort funeste de l'aéronaute MD,e Blanchard, à la suite d'une ascension qui a lieu à Paris, au jardin de Tivoli (5 juill.).

Haïti.— Le roi des nègres, Henri- Christophe , tente vainement de dépouiller Boyer, le président des républicains de Port-au-Prince. Conspiration républicaine contre lui.

Pays-Ras.— Les États-Généraux rejettent le budget du gouvernement parce que les impôts directs y sont fixés à l'avance pour dix ans (24

déc).

Russie. — Le droit d'établir des fabriques et des manufactures, qui jusque-là avait été réservé à la noblesse et aux négociants des deux premières classes, est accordé à tous

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

les paysans (9 Janv.).— Création d'écoles d'enseignement mutuel auprès de chaque régiment, sur le modèle de celle de l'ct it-major des gardes : les officiers inférieurs et les soldais, formés à l'école normale de l'étalmajor, rempliront les fonctions de maîtres et de moniteurs (juill.). — Les écoles de Saint-Pétersbourg sont réunies en université (13 nov.). — Abolition de la taxe de guerre acquittée depuis 1812 par les revenus des propriétés foncières, par les loyers do maison, les bénéfices sur les fabriques, les manufactures et autres établissements d'industrie (32 déc). — Ceusurc pour tout ce qui est imprimé dans le royaume de Pologne (20 sept.). — Travaux de Finlande, à la suite d'un voyage de l'empereur (oct.). Helsingford, située sur le golfe entre Abo et Viborg, reçoit le titre de capitale; on y commence des constructions et des établissements considérables : un peu à l'ouest du port, est la forteresse de Sweaborg, dont il veut faire un Gibraltar.— Le capitaine russe Billinghausen reconnaît l'Ile Macquarie, qui est trè.#|oin au sud-sud-ouest de la NouvclleWêlande.

Turquie. — Indigne manque de foi du gouvernement britannique à l'égard de Parga, après qu'il a ol>tenu de la Porte la reconnaissancé de l'indépendance des Iles Ioniennes (24 avril) : Parga est abandonnée aux Turcs. Les habitants, plutôt que de vivre esclaves , quittent leur tille après a^oir brûlé les ossements de leurs ancêtres.

Allemagne et Autriche*— Conformément à l'acte fédéral de 1816, le duc de Brunswick donne une constitution à ses peuples (25 avril). — Condamnation et exécution de Sand, le meurtrier de Kotzebue en 1 8 1 9 (20 mai). — Le grand-duc de Hessc- Darmstadt donne une constitution a son peuple (1 7 déc). — Création d'une faculté de théologie protestante à

Vienne, pour que les ptotestants de l'Autriche ne fréquentent pas les:

universités étrangères.

Amérique du «nd et Espagne. — Un armistice de six mois est conclu à Truxiilo , au sud-est du lac Maracaïbo , entre les troupes espagnoles et celles de la Colombie (?5 nov.). — Pendant les négociations, les territoires de Maracaïbo et du bassin de la Hacha s'affranchissent et se réunissent à la Colombie.

— Le Pérou est arraché a la domination espagnole par la protection que le parti de l'indépendance reçoit en même temps de lord Cochrane, du général de Bucnos-Aires Saint- Martin, et de Sucre, adjudant de Bolivar, envoyé pour délivrer Quito.

Angleterre* — George III meurt peu de jours après son quatrième lîls, le duc de Kent, qui laisse une fille au berceau , Victoria (29 janv.).

Avènement de George IV, âgé de cinquante-huit ans, qui exerce depuis dix ans la régence (31 janv.). — Conspiration contre la vie des ministres, et dans un but révolutionnaire : cinq des conjurés, du parti radical, condamnés à mort, sont exécutés (1er mai). — Scandales domestiques. Le roi renouvelle contre sa femme, Caroline, princesse de Brunswick, âgée alors de cinquantedeux ans, une accusation d'adultère portée déjà en 1806. Procès devant la cour des pairs pendant six mois ( du 5 juin au 10 nov. ) : la reine est acquittée.

Danemark. — Le physicien danois OersLedt découvre la propriété qu'ont les courants électriques, produits par la pile de Voila, d'agir sur l'aiguille aimantée et de la détourner de sa position naturelle ; c'est l'origine de l'électro-magnetisme.

Espagne. — Dans l'Ile de Léon, à l'extrémité de laquelle se trouvent la ville et le port de Cadix, des troupes qui doivent être embarquées pour aller combattre les indépendants en Amérique, se révoltent souî

XIXe SIÈCLE

Quiroga et Riego (5 janv.); elles réclament la constitution de 1812 : le mouvement d'insurrection gagne les provinces. Le roi cède (3 mars), convoque les cortès le 6, prête serinent h la nouvelle constitution et abolit l'inquisition le 9; il bannit les jésuites, rétablit la liberté de la presse lu 10. Les biens de l'inquisition serviront à amortir la dette publique.

— Le czar se déclare prêt à combattre de tout son pouvoir celte révolution (2 mai). — Les anciennes cortès s'assemblent à Madrid (Ojuill.).

L'archevêque de Séville est nommé président, le général Quiroga viceprésident; le roi vient dans rassemblée renouveler le serment de fidélité & la constitution. Mais bientôt se forme une junte catholique, hostiloau gouvernement constitutionnel. — Le Mexicain Iturbide bat le vice-roi Apodaca (mai).

Étati-mlg. — Ratification du traité conclu avec l'Espagne au sujet des Florides (24 net.). — Le Maine, détaché du Massachusets, est admis dans l'union comme État indépendant.

Franee. — . Assassinat du duc de Berry, second fils du comte d'Artois, par Louvel ; ce prince laisse sa veuve enceinte (13 févr.). — Nouveau projet de loi électorale, qui rétablit l'élection a deux degrés; proposition restrictive de la liberté individuelle; demande du rétablissement de la censure contre la presse le 15. Nouveau ministère , à la tête duquel est placé, malgré lui, le due. de Richelieu (20 févr.). Pendant qu'on discute la loi électorale, rassemblements séditieux à Paris (2, 3, 5, 6 juin). Exécution de Louvel le 7. Les rassemblements sont réprimés (9 juin). Vote de la loi électorale par 164 députés contre 93, le 12, par 14 1 pairs contre 56, le 28. Clôture de la session (22 Juill.). — - Découverte d'une conspiration militaire dans la garnison de Paris (20 août). — Naissance d'un héritier du trône , fils de la duchesse de Berry (29 sept.); Henri-Dieudonné reçoit

APRÈS J. C. 739

le titre de duc de Bordeaux, la première ville qui s'était déclarée pour les Bourbons le 12 mars 1814. — Le roi nomme ministres secrétaires d'État et membres du conseil des ministres, MM. Lainé. ancien président de la chambre des députés, de Vilièle, de Corbière, qui a la présidence du conseil royal de l'instruction publique (19 déc.'. — Mort des maréchaux Kcllermann et Lefebvrc ^13» 14 sept.).

— Marine royale : soixante-seize navires montés par huit mille sept cent cinquante hommes d'équipage. — Mort du baron de Monthyon , riche philanthrope. — Fr. Ampère conçoit la possibilité d'appliquer à la télégraphie les notions électro-magnétiques découvertes par le Danois Oersiedt. Il constate l'aimantation temporaire du fer par de» courants d'électricité, principe essentiel de la télégraphie électrique. — Premières Méditations de M. de Lamartine.

^ Haïti. — Inutile tentative de la France pour ressaisir l'Ile de Saint- Domingue. — Menacé par une insurrection militaire, le roi des nègres, Henri 1er Christophe, se brûle la cervelle (6 oct.). La population accepte pour chef Boyer, lé^résident de Port-au-Prince (21, 23 oct.). Les Espagnols se maintiennent dans la partie orientale.

Huile. — Insurrection dans les Deux -Si ci les comme en Espagne ; elle est faite aussi par l'armée, gagnée aux principes des sociétés secrètes des carbonai i. Révolte de la garnison à Noie, Ponte-Corvo, Bénévent (Ier, 4, 5 juill.). Le général Pépé, à Avellino, comme le général Quiroga en Espagne, demande une constitution le 6. Le duc de Calabre proclame la constitution même de l'Espagne le 7. Le roi prête serment à la constitution le 1 3 après la nouvelle d'une émeute à Palerme le 7.

Pays-Ban. — Le budget n'est accepté par les États-Généraux qu'avec une grande diminution dans les impôts (18 févr.). — Guerre des Hollandais, dans l'Ile de Sumatra, avec

le sultan de Palembang, au sud-est de l'Ile, qui avait été installé par les Anglais. Palembang deviendra tributaire en 1821, malgré les Anglais.

Portugal* — Comme en Espagne, des troubles éclatent lorsqu'on veut faire embarquer six mille hommes pour le Brésil. Le mouvement libéral d'Oporto, auquel s'associe une partie de l'armée, a pour objet la convocation des cortès (24 août). Le royaume est proclamé monarchie constitutionnelle sous la maison de Bragauce. La régence de Lisbonne, soumise a l'influence anglaise , est abolie; junte provisoire (2 sept.).

Une nouvelle constitution est faite sur le modèle de celle de l'Espagne.

Le roi se déclare pour les cortès.

Russie* — Bannissement des jésuites (26 mars) : ils trouvent asile dans la province autrichienne de Gallicie. — Plusieurs projets de loi du gouvernement sont rejetés par la diète de Pologne (sept.). L'empereur la déclare close , ses dernières paroles sont sévères (23 oct.). Formation de confédérations secrètes eu Pologne.

Rusa|« et Autriche. France, Prusse. — Le prince de Mettcrnich a provoqué la réunion du congrès de Troppau, dans la Silésie autrichienne, pour étouffer les révolutions qui surgissent en Europe (31 aoûO. Les souverains de Russie, d'Autriche et de Prusse s'y rendront. On y invoque les principes de la sainte-alliance et la nécessité d'affermir les trônes légitimes. Adhésion de la France , neutralité de l'Angleterre. Le congrès se transportera à Laybach , dans le royaume d'Illyrie (déc).

Suède.— Le roi s'occupe d'abolir les corporations et de rendre les professions libres.

Turquie. — Ali, pacha de Janina, se n-voltc contre la Porte. Il appelle les Grecs ù l'indépendance pour s'en faire des auxiliaires. — La société de l'Héléric « formée depuis cinq ans pour la délivrance de

la Grèce, prend pour chef Alexandre Ypsilanti , âgé de vingt-huit ans, fils de l'ancien hospodar de Moldavie, enclin comme son père à la politique russe : sa famille était Fanai io le.

Allemagne e{ Prusse. — Conformément a l'acte fédéral, un gouvernement constitutionnel est établi à Saxe-Cobourg (8 août). — La libre navigation de l'Elbe est l'objet d'un traité entre diverses puissances commerçantes de l'Allemagne (23 juin .

— Création d'une compagnie rhénane prussienne pour les Indes occidentales. — Un concordat conclu avec le pape règle la condition de l'Église Mutholiquc dans les États prussiens (16 juill.) : il y aura deux archevêques, à Gnesne dans le duché de Posen, et ù Cologne , et six évéques; à partir du 1er janv. 1833, la dotation de l'Église doit être établie en rentes foncières. — Dans le grandduché de Bade, fusion des deux Églises luthérienne et calviniste (2!) juill.). — Inauguration de la statue de Martin Luther à Wilteuibcrg (l#rnov.).

Amérique du sud. — Après une victoire décisive de Bolivar sur Murillo, le général espagnol (24 juin), la Colombie donne une forme définitive à sa constitution, qu'elle modèle sur celle des États-Unis (20 août) : Bolivar , le libérateur, est nommé président pour quatre ans. Carthagènc est prise par capitulation le 30.

Les Espagnols ont encore des positions dans la Nouvelle-Grenade. — Le vice-roi espagnol du Pérou est défait par Saint-Martin , qui prend possession de la capitale, Lima (12 juill.)* Saint-Martin est proclamé protecteur du Pérou (8 août); il donne une constitution à la république péruvienne (8 oct.).— O'Higgins reste directeur du Chili. — Le docteur Francia, dictateur du Paraguay, qui n'a rien à craindre pour son pouvoir avec une armée de trente mille hommes bien disciplinés, ne prend

XIXe SIÈCLE

aucune part à l'affranchissement du reste de l'Amérique.-- Montevideo, qui redoute le despotisme du démocrate Arligas, protecteur de la Banda orientale, déclare vouloir être réunie au Brésil (lôjuillj.

Angleterre. — La demande d'émancipation pour les catholiques d'Irlande est rejetée à la chambre haute (18 avril). — Couronnement solennel de George IV à Westminster ( 1 0 juill.). La femme du roi, quoique déclarée innocente par la chambre des pairs, n'y est pas admise. Elle meurt (7 août'. — Population de l'Angleterre, du pays de Galles et de l'Écosse: 14 391 COI âmes; de l'Irlande:

6 801 827. — Le second voyage du capitaine Parry, au nord de l'Amérique septentrionale, a pour résultat la détermination de la presqu'île de Melville , entre la baie d'Hudson et le détroit du Prince-Régent.

Autriche, neux-glelles. Piémont, rru0«e et Btigale*— Congrès de Laybach. L'empereur Alexandre vient assister aux conférences, où est appelé le roi des Deux -Sici les, Ferdinand 1" ( 18 janv. ). Ce prince qui , avant de quitter l'Italie , a juré la constitution napolitaine, annonce de Laybach à son ffls, le prince régent , que les grandes puissances veulent rétablir par la force l'ancien état de choses le 28. L'armée autrichienne passe le Pô , bat le chef de l'armée nationale , le général Pépé, à la frontière des Abruzzes, près de Rieti (8 mars) , entre à Naples après la dissolution du parlement le 24. — Dans le même temps, révolution du Piémont, où Santa-Rosa demande la constitution espagnole de 1812. Victor-Emmanuel , pour ne pas céder, abdique en faveur de son frère , Charles-Félix (13 mars) : celui-ci déclare conserver* l'ancienne forme de gouvernement le 23. Les Autrichiens viendront en aide au parti royal. — Avant la clôture du congrès, déclaration où sont flétries « les fausses doctrines et les criminelles associations qui ont appelé sur les peuple*

APRÈS J. C. 74 1

rebelles le glaive de la justice » (1? mai). — Le roi des Dcux-Sicilcs rentre à Naples, abolit la constitution, rétablit les jésuites (15 mai).

Les troupes de l'Autriche occuperont l'Italie pendant trois ans. — L'Angleterre persiste à rester neutre dans les affaires de la péninsule.

BrcHll et Portugal. — Plusieurs provinces du Brésil, entre autres Para et Bahia, se déclarent pour la constitution promulguée en Portugal (lvr janv.); elle est proclamée et acceptée par le roi à Rio-Janeiro févr.). Contre le vœu des Brésiliens, e roi Jean s'embarque avec de grandes richesses pour l'Europe, laissant la régence à son ffls don Pedro, mais avec un ministère portugais; arrivé en Portugal (28 avril), il prête serment à la constitution (4 juîll.).

Espagne* — La nation est partagée en libéraux ou constitutionnels , et en serviles ou ultra-royalistes. Le clergé , qui regrette la suppression des couvents et l'abolition des ordres religieux, encourage la formation d'une armée de la foi.

Dissentiments entre le roi et les cortes. Révolte en Navarre contre la constitution (déc). L'armée demande le renvoi des ministres. Des troubles sur plusieurs points. -— A la suite d'une capitulation imposée au nouveau vice-roi O'Donoju, Iturbide se fait appeler généralissime de l'empire du Mexique (24 août). 11 entre à Mexico (27 sept.), y établit un gouvernement provisoire composé de cinq membres, et une junte ou assemblée de notables. Le titre d'empereur est réservé encore en apparence pour Ferdinand VU ou pour uu prince de la maison royale.

Etats-uni*. — Le territoire de Missouri est détaché du nord de la Louisiane, et forme un État indépendant, membre de l'Union. Sa consti tution admet l'esclavage : débat dans le congrès à ce sujet entre les Ktats du nord et les États du sud , États à esclaves, qui gagnaient par cette admission une voix fédérale. Conv

742 XIX* SIÈCLE APRÈS J. c.

et ê" Ëiais à esclave». Reconnais- M.itl. - La partie orientale, q m sance de! nouvelle» république» de relevait de l'Espagne, m .détache -le brique du »ud tf.v,). ^ fT^et

Trente. — Plus de quatre ans ville de Domingo sert à désigner le après l'assassinat du maréchal Brune, nouvel Etat dominicain, un des coupables , livré à la cour »u«»le.— Tout commerce est înd'assises de Kiom (département du terdit alix nations étrangères avec Puy-de-Dôme), subit la peine capi- jes nes Aleutiennes, situées entre le taie (26 févr.). — Le domaine de Kamtchatka et l'Amérique russe, dont Chain bord, achelé par une souscrip- jes limites maritimes sont déiernutlon nationale sous le nom du comte nées (oct.). L'empereur attire par des de Calonne, est offert au duc de Bor- privilèges tous les négociants russes deaux (S mars).— Mort de Napoléon ou étrangers qui voudront, dans 1 esà Sainte-Hélène, âgé de moins de pacc de dix ans , établir une maison cinquante - deux ans. Les iniques de commerce en Géorgie et dans les procédés du gouverneur sir Hudson provinces russes du Caucase ( oct. ). Lowe avaient aggravé les conditions ^e capitaine BPlinghausen dépasse rigoureuses réglées par le gouverne- |a position de l'Ile Macquarie et dément de Londres (5 mai). Son corps Cou\re deux lies très-petites, Pierre Ier enseveli à Sainte-Hélène reste aux et Alexandre Pr, qui sont les plus remains des Anglais jusqu'en 1840, où culées vers le pôle austral. H sera rapporté en France. — Une gllèdc et Norvège. — l e stortloi établit la censure des journaux Norvège supprime la no-

(20-28 juill.). -A la chambre des ^mai). Le roi

députés , les deux oppositions de iar)es.jean réclame du moins une droite et de gauche adressent ces sé- , ^ |té' cn faVeur des nobles dont vères paroles, cn réponse au discours privilèges sont abolis, et propose du trône : « Nous vous félicitons, • J:é l|oJ #unc noblesse nouvelle, sire , de vos relations constamment ^ donnée Comme récompense amicales avec les puissances étran- i serYjCes rendus au pays, gères, dans la juste confiance qu une aes u nnsurreepaix si précieuse n'est pas achetée Turquie- -Début de 1 "surrec &ar des sacrifices incompatibles avec lion hellénique. Le chef de Hélène rhonneur de la nation et la dignité grecque, Alexandre J"'^ de la couronne » (2G nov.). Renou- de Russie, mais sans le concoure du vellement du ministère : MM. de Vil- czar , appe er à 1 î J

lèle aux finances, de Montmorency Moldaves, les \ a 1**™ aux affaires étrangères, de Peyronnct mars): ses soldats soi ù la justice, Corbière à l'intérieur Arnautes , Uarl^r es wi< 1 1 se i ^•^^•VkZ lli déc). Procès de Béranger pour sus des montagnes d Albanie et d 11-

unse^ Les ^Inf £ TuTcs^et

— Simple discours de P. L. Courier, crent ou chassent ^le J«£s et

- De VÉqlise gallicane, et Soirées prennent pour chef son frère Dèméde Saint-Pétersbourg, ouvrage pos- trius. Ve"*e™tce^^^

thume de Joseph de Maistre. - Porte : elle fait mou. ir te pa Ir a ch€

toire des Français de Sismondi, de de Cons lantinople et quatre , é é uet

1821 à 1843; 31 volumes.-J.dc (22avril),et persécute les, "P*^*

Champollion fait connaître à Plnsti- chréliennesenThrace^en

tut ses découvertes sur l'écriture hié- cn Asie Mineure. Les ^sulaires de

roglyphique des Égyptiens. — Créa- Psara , au nord-ouest de uiio» <w

Spelzia et d'Hydra, au sud de l'Argolide, arment pour la guerre d'indépendance. Pas d'unité de commandement, pas de système poli tique.

Un sénat est convoqué à Calamala , en Messénie , par Mavromicalis, qui ne peut rattacher à lui les autres chefs (mai). Alexandre Ypsilanti, qui combat dans les provinces danubiennes , est défait ( 10 juin) et fuit chez /es Autrichiens, qui le gardent prisonnier. Son frère Déméirius , venu à Hydra , reconnu stratège (19 juin), perd bientôt le commandement. Succès des Grecs à Nauplie de Malvoisie, au sud-est de la Laconlc; à Navarin, à Cassandra (l'ancienne Potidée), aux Thermopyles (août, sept.). Tripoli tza, au cœur de la Morée , enlevée d'assaut (17 ocl.), devient le siège d'un gouvernement provisoire. Constitutions rédigées à Missolonghi(ler nov.), à Salona le 1 1. Un congrès ouvert à Épidaure, en Argolide,par Démétrius Ypsilanti ctMavrocordato (15 déc), préparc la rédaction de l'acte d'indépendance. — Les troupes de Kourschid pacha étaient occupées alors à bloquer Ali dans Janina.

Allemagne* — Réunions plus fréquentes, mais sans danger poulies gouvernements, des piélistes luthériens qui affectent une austère piété et des mœurs sévères. — Cures miraculeuses du prince allemand Alexandre de Hohenlohe, chanoine à Grosswardein en Hongrie, qui a des imitateurs.

Amérique du gud« — Le président de la république de Colombie, Bolivar, gouverne avec modération et désintéressement. La guerre continue contre l'Espagnol Murillo, qui reprend MaracaTbo (sept.). — Au Pérou, Saint-Martin remet à un congrès le pouvoir qu'il exerçait avec le titre de protecteur (20 sept.). 11 se retire en France, où il mourra en 1850, âgé de soixante-douze ans. Le général colombien Sucre dirige presque souverainement cette république.

*- Au Chili, abdication d'O'Higgins ;

le pouvoir exécutif passe à une junte

provisoire. — Le dictateur du Paraguay, Francia, négocie secrètement une alliance avec l'Espagne contre les autres colonies révoltées, et s'engage à les combattre si on veut reconnaître ses pouvoirs. Organisation européenne; il divise le territoire en six départements.

Angleterre* — Le parlement rejette encore le bill d'émancipation des catholiques d'Irlande (lu juin.).

La disette ajoute à l'irritation des Irlandais. Troubles. Suspension de l'acte (Thabeas corpus» — Suicide du principal ministre Castlereagh, Irlandais, et marquis de Londonderry, qui a traité ses compatriotes avec la plus odieuse rigueur ( 12 août ). Canning devient principal ministre. — Invention de la stéréotypic.

Brésil et Portugal.— Le prince régent du Brésil , don Pedro, que son père a rappelé au Portugal, déclare aux Brésiliens qu'il ne les abandonnera pas ( 15 janv. ). La nation demande à se séparer du Portugal. Assemblée des députés brésiliens ( 23 févr. ) : l'indépendance du Brésil est proclamée (Ier août). Nouvelle constitution (30 août). L'assemblée nationale, à Hio-Janeiro, nomme don Pedro empereur héréditaire et constitutionnel du Brésil (12 oct.). Son couronnement (1er déc).

— L'infant de Portugal, don Miguel, second fils de Jean VI, par les conseils de sa mère , sœur du roi d'Espagne, «spire au pouvoir royal. Il entreprend sans succès de détrôner le roi et de chasser les cortès (2 juin).

K»l>a£iie* — Les cortès divisent le royaume en cinquante-deux départements [ 29 janv. ) Elles veulent traiter avec les colonies révoltées.-^ Les rétrogrades espèrent déjà l'intervention de la France : des royalistes et des moines passent au nord des Pyrénées. Complot de la garde royale contre la constitution; dans le palais de Madrid elle proclame roi absolu Ferdinand VU (Ier juill.). Beaucoup de gardes royar* sont massa-

crés par la milice nationale le 7. Changement de ministère (6 août). Formation d'une junte royaliste cl d'une régence suprême 4 Urgel, le IC. Un trappiste qui commaude les troupes anticonstitutionnelles est battu le 20.

États-lnl». — Le message présidentiel annonce que l'Union regardera comme attaque personnelle toute entreprise d'une puissance européenne pour rétablir en Amérique le régime colonial.

France. — Dangers, fautes, et rigueurs du gouvernement. La faveur dont abusent les ultra-royalistes, les jésuites et les missionnaires provoque les conspirations et les émeutes, suivies bientôt de lois de répression et de condamnations capitales : les nonrévélateurs sont punis connue les complices. Développement des sociétés secrètes , affiliées a la secte des carhonari; elles se proposent le renversement du gouvernement à main année. — Conspiration à l'école de cavalerie dcSaumur, trois sentences de mort (20 févr.) ; tentative du général Berton sur Saumur le 24. — Troubles sanglants à l'école de droit le 5 mars; suspension des cours le G.— Découverte d'un complot à la Rochelle parmi les sous-officiers du 45e régimcntde lignele 17. Nouvelles lois sur \a presse (17, 18,25 mars). — Exécution capitale par suite de la conspiration de Toulon, le 10 juin. Arrestation du général Berton le 17.

La cour d'assises de Colmar condamne à cinq ans de prison quatre non-révélateurs (13 août]. — M. de V illèle, minisire des finances, devient président du conseil (4 sept.). — Exécution des quatre sergents de la Rochclle sur la place de Grève le 21. Six condamnations capitales prononcées par la cour d'assises de Poitiers dans l'affaire du général Berton (12 sept.).

Sentence capitale à Strasbourg contre le lieutenant-colonel Caron pour tentative d'embauchage (1er oct.). Exécution de Berton (5 oct.). Troubles à l'école de médecine; la Faculté est supprimée (18, 21 nov,). — Suspen-

sion du cours d'histoire de M. Guizot à la Sorbonue. — Suppression de l'école normale. — Odes et Ba/lades de M. Victor Hugo. — Société asiatique de Paris, organisée par le célèbre orientaliste Sylvestre de Sacy.

— L'ingénieur Fresnel crée les phares à feu fixe et à réflecteur.

franco et Angleterre, Autriche, Eftpagne, Pms§e, Wus- Mic. — Congrès de Vérone où viennent le roi de Prusse (20 sept.), les empereurs d'Autriche et de Russie (15, 17 oct.). L'Angleterre, qui y est représentée par le duc de Wellington, ne veut pas d'une intervention armée en Espagne; elle ne parait s'intéresser qu'aux affaires d'Orient et d'Italie, et poursuit l'abolition de la traite des nègres , pour laquelle se mettront d'accord les cinq puissances le l'p déc. Les diplomates français MM. de Montmorency et de Chateaubriand proposent d'intervenir contre les constitutionnels d'Espagne, la France se charge de la guerre (20 oct.) : adhésion de l'Autriche, de la Prusse, de la Russie le 30; l'Angleterre restera neutre. Une note circulaire des cours continentales considère les révolutions de Grèce, d'Espagne, de Naples, de Turin, comme étant toutes de même origine et dignes du même sort; mais on ne prend pas de mesures répressives contre les Grecs , que la Russie et l'Angleterre aiment mieux laisser aux prises avec les Turcs (14 déc). — M. de Chateaubriand devient ministre des affaires étrangères le 28.

Haïti. — La partie espagnole de l'Ile reconnaît pour président Boycr, qui réunit ainsi l'Ile entière (2 févr.).

Italie. — Pendant l'occupation autrichienne, les amis de la liberté sont recherchés pour être mis à mort ou bannis. — Conspiration découverte et punie à Palerme (0 janv.) : ordonnance royale d'amnistie pour les affiliés des sociétés secrètes. — Les Autrichiens évacuent le Piémont ( 31 déc), sauf cinq mille hommes qui resteront encore neuf mois.

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

iriexlque* — Les cortès proclament l'indépendance de la nation ( févr. ) : elle est reconnue par les Etats-Unis (févr.) et par la république du Pérou (avril). Les troupes proclament empereur Iturbidesous le nom d'Augustin 1er (18 mai): une partie des Mexicains veut la république.

pays-Das* — Création d'une banque néerlandaise à Bruxelles. — La langue hollandaise doit être introduite dans toutes les écoles et à partir du rr janv. dans tous les tri.

bunaux ('26 oct.) : les avocats belles pourront se servir encore du français jusqu'en 1826.

Russie. — Le grand-duc Constantin, à cause de son mariage illégal, transfère son droit d'héritage à son frère le grand-duc Nicolas. — La franc-maçonnerie est interdite. — Les Russes qui habitent les cercles d'Irkoustk, d'Ockhotsk , de Kamtchatka, en Sibérie, sont exemptés de la conscription militaire (août).

Suède* — Travaux d'utilité publique. Canaux. Roules. Jonction opérée entre le lac Wener et le lac Wetter. Navigalton organisée entre la mer Baltique et la mer du Nord.

Suisse* — Dans les cantons de Test, troubles religieux.

Turquie* — - Le congrès d'Épidaure rédige et promulgue l'acte d'indépendance de la Grèce ( 1er, 27 janv. ). L'état sera gouverné par un sénat de cinquante-neuf membres, sous la présidence d'Ypsilanti, et par cinq conseillers que préside Mavrocordato: ce conseil a le pouvoir exécutif. Mécontentement des chefs militaires qui ne reçoivent pas de fonctions publiques. — Chute sanglante d Ali-Pacha : il est lâchement assassiné dans une conférence que lui propose Kourschid-Pacha devant Janina (6 févr.). — Suite de la guerre d'indépendance. Corinthe a été prise par Démétrius Ypsilanti. Mais Chio est saccagée par le capitan-pacha (Il avril ). Le Grec Canaris fait sauter

le vaisseau amiral du capitan-pacha ( 1 9 juin). Dissentiment entre les Grecs Colocotroni et Mavrocordato. Mavrocordato a entrepris de protéger les Soulioles, que chasseront encore les Turcs (24 déc.) : vaincu à Arta (ancienne A m brade), il s'est fortifié dans Missolonghi , près du golfe de Patras; dans l'intervalle les Grecs ont perdu Corinthe (20juill.). En Morée, Napoli de Romanie (ancienne Nauplie de l'Argolitle), est vivement attaquée par les Grecs , qui la forceront à capituler le 11 janvier 1823.

— Le vice-roi d'Egypte envoie des vaisseaux contre les Grecs : les tempêtes et les brûlots lui causent de grandes pertes. — Conduite oblique de l'empereur Alexandre : il ne veut pas secourir ouvertement un peuple qui combat pour l'indépendance, ses troupes quittent même les frontières de Moldavie et de Valachie. L'Angleterre et l'Autriche invitent la Porte à chercher des moyens d'accommodement. La cause grecque trouve des sympathies en Allemagne.

Allemagne et Prusse. — Arrêté de la diète sur l'organisation définitive de l'Allemagne (3 août). — En Prusse les états provinciaux sont organisés en états généraux (6 juin):

c'est l'exécution incomplète de la promesse d'un gouvernement représentatif, qui remonte au 22 mai 1815.

Amérique centrale. — La

vice-royauté espagnole de Guatemala , au sud du Mexique, proclame tardivement son indépendance et se constitue en États-Unis de l'Amérique centrale (leP juill.) : président, don Manuel José d'Arco. Elle est reconnue par le Mexique.

Amérique du sud . — Trai lé d'al liance défensive de la Colombie avec la république de la Plata (8 mars).

Après une victoire à Quito sur Murillo, Bolivar ouvre le sénat colombien (8 mai). — Il donne des secours aux Péruviens attaqués encore pa.

746 xixf siicLK

00 vice-roi espagnol, prend pour eux la ville de Lima sept.), et mérite du congrès péruvien le titre de Libérateur. — Au nom de ses concitoyens de la Colombie , il chasse les Espagnols de la dernière place qu'Us possédaient au nord, Puerto Cabello, à l'ouest de Caracas (8 nov.). — La constitution du Chili est modifiée.

Freyre est nommé dictateur (19 Juill.). Nouveaux troubles,

Angleterre* — Émigration d'Irlandais au Canada favorisée par le parlement. Le Canada a 900 000 colons européens, en grande partie catholiques; celte colonie coûte annuellement a l'Angleterre 709 000 livres sterling. — - Les prohibitions en matière de commerce sont combattues au parlement et dans la presse par Husklsson; le ministre Canning lui donne la présidence du bureau du commerce. — Les capitaines Powel et Weddel terminent un voyage de deux ans au sud du cap Horn. Découverte des lies Powel ou Orcades australes, stériles et tristes, entourées de glaces; de l'archipel Sandwich ; de la Géorgie; de la terre de la Triuité.

Brésil* — L'empereur don Pedro, pour compléter la séparation avec le Portugal, rappelle tous les Brésiliens, et renvoie en Europe les soldats portugais (8 janv.). — Le congrès limite ses pouvoirs (28 juill.) ; il le dissout. Une nouvelle assemblée fait une constitution plus favorable à l'autorité du prince (1 1 déc.).— L'Anglais Cochrane est nommé amiral.

Espagne et France. — L'Autriche, la Prusse et la Russie rappellent de Madrid leurs ambassadeurs en signe de rupture avec le gouvernement constitutionnel et les cortès (9 janv.}. Proclamation de la régence royaliste d'Espagne, siégeant à Toulouse. Louis XVlll, en ouvrant la session législative , annonce la guerre d'Espagne : cent mille hommes seront conduits par le duc d'Angoulême, nis atné du comte d'Artois (28

APKÈS J. C.

Janv.). — Départ du prioce (ISniars.

Les cortès se transportent à Sévilie où Ferdinand Vil est forcé de les suivre le 20. De Bayonne, proclamation du prioce français au peuple espagnol (2 avril). Cinq corps d'armée sous deuv maréchaux, Oudinot et Moncey, et trois lieutenants généraux (ci-devant généraux de division), Molitor, prince de Hohenlohe , Bordesou Ile : réserve sous le général Lauriston; une division est composée exclusivement d'Espagnols. — Passage brillant de la Bidassoa (7 avril).

Course facile et heureuse jusqu'à Madrid (24 mai) : les généraux constitutionnels, même Mina, en Aragon, n'ont pas pu arrêter la marche des Français. Le duc d'Angouléme reconnaît à Madrid , où déjà a eu lieu une réaction sanglante, la régcticc proposée par les conseils de Cas rj lie et des Indes, le 25 : le duc de l'Infantado la préside. Deux colonnes mobiles marchent sur l'Andalousie et l'Estrémadure, tandis que le second et le quatrième corps s'étendent de Barcelone à Sagonte et à Valence. — Les cortès emmènent Ferdinand Vil de Sévilie a Cadix, le déclarent en état d'empêchement moral et nomment une régence provisoire ( 12 juin). Le corps de Bordesoulle arrive à Porl-Sainte-Marie, au nortfest de Cadix , et la bloque le 24. La régence royaliste reçoit la soumission de deux généraux constitutionnels, Morillo à l'entrée de la Galice (10 juill.), Ballesteros repoussé de Sagonte et vaincu à Guadix , à l'est eje Grenade (4 août). Ordonnance, rendue à Andujar, à l'est de Cordoim, par le duc d'Angouléme pour empêcher les arrestations arbitraires et les exécutions sanglantes ordonnées par le parti royaliste (8 août). Les officiers français ouvrent les prisons :

protestation de la régence d'Espagne.

Succès du duc d'Angouléme au Trocadero , position entre Cadix et l'Ile de Léon , bien fortifiée cl défendue par mille sept cents hommes d'élite et cinquante bouches à feu le 31. Fin de la guerre en Galice le 27. Capitu*

XIXe SIÈCf E APRÈS J. C.

lation de Pampelune (17 sept.)* le général Riégo, auteur du soulève ment militaire de l'Ile de Léon en janv. 1820, est pris le 27. I es cortès rendent la liberté à Ferdinand VII qui quitte Cadix (l*r oct.); H estroçu à Port-Sainle-Marie par le duc d'An goulémc. Cadix est bientôt occupée par les Français. Les cortès dispa* raissent. Le duc d'Angouléme a déjà repris la route de France. Le général Kîégo, jugé par une cour civile» est exécuté à Madrid (7 nov.). Ferdinand VU rentre dans sa capitale le 13.

itmtm-Vnl*.— Le gouvernement, pendant l'intervention armée du la France en Espagne, déclare qu'il considérera comme attentatoire à son indépendance toute tentative des puissances européennes contre les états de l'Amérique du sud (2î> nov.).

11 approuve les efforts faits par les Grecs et les Portugais pour s'affranchir (déc).

France. — L'école de médecine de Paris est réorganisée (2 févr.). — Manuel, pour une appréciation du jugement de Louis XVI par la Convention ( 26 févr.] , est déclaré exclu de la chambre des députés (3 mars), et enlevé de la salle le 4. Agitation môme dans la rue. — Travaux historiques de MM. de Barante, Guizot, Thiers. — Le capitaine Duperrey achève un voyage scientifique dans l'Océanie : vingt-cinq mille lieues en trente et un mois et demi, sans la perle d'un seul homme, sans malades, sans avaries; beaux travaux hydrographiques, observations d'astronomie et de magnétisme.

Haïti. — Boyer prévient ou punit avec fermeté les troubles que provoquent les anciens colons français, dépouillés de leurs possessions depuis trente ans. — Organisation européenne.

Iles Ionienne». — Le commissaire anglais, lord Guilford, institue à Corfou une université qui s'ouvrira en mai 1824.

Kalle. — Mort de Pie VII (20

août). Léon XII est élu (27 sept.). Les jésuites recouvrent leurs collèges et l'éducation de la jeunesse. 11 annonce un jubilé général pour 1825.

Mexique.— Itiirhidc, sentant que le pouvoir va lui échapper, le dépose aux mains d'un congrès (19 avril). Il s'embarque pour l'Italie : l'ambition le ramènera vers l'Amérique. Le président du congrès, Victoria, organise les États-Unis mexicains sur le modèle des États-Unis du nord (16 déc).

Portugal. — Le parti hostile à la constitution compte sur l'intervention française, mais l'Angleterre annonce qu'elle repoussera toute attaque. Au moment où l'armée française s'approche de la frontière , nouvelle révolte impuissante de don Miguel qui déclarait la constitution abolie (27 mai) : il est envoyé à Vienne. Le jour anniversaire d'une tentative de réaction en 1822, un nouveau mouvement rend l'influence à la reine, sœur du roi d'Espagne (!•» Juin) : le roi abolit la constitution, tout en promettant une charte, le 5. Quand le duc d'Angouléme a quitté l'Fspagne, l'assemblée nationale qui ne craint plus d'intervention armée , présente au roi Jean VI une constitution qu'il accepte ( 17 nov. ). Les Anglais ressaisissent leur influence (I l déc).

RiitfMte. — Interdiction des livres étrangers qui traitent de la politique dans un sens contraire aux principes de la sainte-alliance (avril). — Par suite de la renonciation de son frère puîné Constantin, l'empereur reconnaît publiquement pour son successeur son second frère, le grand-duc Nicolas, âgé de vingt-sept ans (1C août). — Jardin botanique à Saint- Pétersbourg. Travaux de routes et de canaux, dirigés par le duc de Wurtemberg. — Délimitation de frontières avec la Perse : l'Aras au sud du Kour coule presque tout entier dans l'empire russe qui comprend encore, au delà , la ville de Gomeri au sud d'Érivan.

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

gnèdc. — Ouverture de la diète (23 janvi) : la session durera onze mois. Les trois états ne veulent pas de la publicité des débats. — Adoucissement de la condition des paysans. — Une conspiration contre la vie du roi est découverte. — Un parti évoque en vain le souvenir de Gustave IV, le roi banni en 1809 qui est retiré en Suisse (déc).

SuUse. — Les exhortations de Mni* de Krudner ont entraîné les âmes enthousiastes à une dévotion exaltée. L'association mystique des momiers se détache complètement de l'Église dominante (déo.,i.

Turquie. — Un incendie détruit à Constantinople plusieurs milliers de maisons ( Ier mars). — Guerre hellénique. Marcos Botzaris, Albanais, de Souli, se dévoue et meurt à Missolonghi, comme Léonidas (juill.).

Corinthe est reprise par les Grecs (2 oct.). Ambition rivale des chefs grecs : Colocotroni renverse Condurîotis et Mavrocordato, il met de son côté le conseil exécutif: intervention énergique du corps législatif. — Le grand poêle d'Angleterre, lord Byron, après s'être associé aux projets d'émancipation de l'Italie, se rend au milieu des Grecs à trente-cinq ans, leur prodigue sa fortune, les aide a établir des presses et des postes , négocie pour eux un emprunt en Angleterre, fait des efforts pour rallier les partis.

Allemagne • — Mesures préventives contre les tendances révolutionnaires , arrêtées a Johannisbcrg (duché de Nassau) , par les ambassadeurs d'Autriche, de France, de Prusse , d'Angleterre et par des ministres des étals allemands (juin). La diète fortifie le principe monarchique et ordonne la prorogation de la loi

Brovisoire sur la presse ( 26 juill. ). ne commission examinera les vices de l'enseignement. — Constitution dans la Saxe-Meiningen (4 sept.).—

Douane supprimée entre la Hesse- Darmstadt et Bade (8 sept.). — Contestations entre le royaume des Pays- Bas et les états allemands du Rhin, au sujet de la libre navigation du fleuve. — Les Doriens, ou\ rage historique capital d'Otlfried Mùller.

Amérique du »ud. — A Buenos-Aires, traité de commerce avec la Colombie. De Las lieras reçoit les pouvoirs de capitaine général (3 mars) et de directeur (mai). Suspension d'armes de quatorze mois avec les Espagnols (juill.). Buenos- Aires reçoit des ambassadeurs de l'Angleterre et des Etals- Uuis.— Le libérateur du Pérou, Bolivar, ne peut empêcher les troupes espagnoles de prendre Callao, piace importante près de Lima (6 févr. ), d'attaquer même Lima, devant laquelle il est vaincu par Cauterac, Arequipa au sud-ouest de Cuzco, et Potosi, presque à l'extrémité sud du Pérou. Les rivalités des généraux espagnols sont favorables à la cause de l'indépendance. Bolivar, qui a été nommé dictateur, a le temps de réorganiser son armée. Sucre, avec des troupes auxiliaires que lui amène du Chili O'Higgins, bat Canterac à Junin, au nord-est de Lima (G oct.), et reprend Lima, le 2G; dans le haut Pérou, il est vainqueur des généraux La Serna et Valdès à La Paz Ayacucho, au sud-est du lac Titicaca : le général Canterac capitule et retourne en Europe. Les Espagnols gardent cependant encore Callao, et occupent, avec leur chef Olaneta, le sudest du Pérou. — Au milieu de la guerre , Bolivar inyile tous les étals américains et même le dictateur du Paraguay, Francia, à un congrès, à Panama, pour ne former qu'uneseule confédération (déc). — Congrès général à Buenos- Aires pour l'établissement d'un gouvernement central qui s'applique aux provinces de l'ancienne vice -royauté espagnole de Bue nos- A ires (22 déc). — Constitution vicieuse au Chili, trop grande influence du clergé; embarras des

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C

finances. Démission du dictateur Freyre, une assemblée de notables le rappelle au pouvoir; il prépare la révision de la constitution. — Francia crée un conseil d'état de vingt-deux députés qui prend part aux affaires.

Le voyageur Bonplan, retenu malgré lui au Paraguay, est chargé de la construction d'une route de commerce. Les armes seules peuvent être importées des pays étrangers.

Angleterre. — Différends avec Alger (31 janv. ) : transaction (26 juill.). — Au nord de la côte d'Or et de la côte des Esclaves en Guinée , où veulent pénétrer les Anglais, vive résistance des Achantis qui habitent un pays fertile et riche en mines (janv., juill.). — Convention avec les Pays-Bas pour l'abolit ion de la piraterie dans la mer des Indes (17 mars).

Les établissements des Pays-Bas sur le continent indien sont cédésà l'Angleterre qui , en retour , renonce a ses possessions de l'Ile de Sumatra.

— Guerre avec les Indiens birmans, à Test du Bengale (janv. ) ; le chef anglais Campbell s'empare de l'ancienne capitale Pégu (déc). — L'ingénieur français, Brunei , commence à Londres les premiers travaux du tunnel qui sera creusé à trentequatre pieds au-dessous de ia Tamise (juill.).

Brésil* — L'empereur accepte la nouvelle constitution (9 janv.), et prèle serment (25 marsA. Tentative de révolte dans la régence de Fernambouc, réprimée par l'amiral lord Cochrane. — L'indépendance est reconnue par les Etats-Unis (26 avril).

— Découverte de quatre riches mines d'or.

Eupagne* — Réactions sanglantes encouragées par la présence de l'armée française. Acte d'amnistie illusoire (l#r'mai). Nouveaux troubles.

Les constitutionnels cherchent un asile en Afrique et à Gibraltar ; mais Ticme sur la côte de Tarifa, ils sont £leints par les royalistes espagnols

et par les Français (août). Corps de volontaires royaux , organisé et payé par les moines. 11 est décidé que les troupes françaises resteront au delà du 1" janv. (10 déc.). Zéa Bermudsz est le plus modéré dans le ministère.

Ktats-unlft.— L'Union maintient son principe de réciprocité pour la liberté du commerce, et négocie avec toutes les nations pour le faire reconnaître (8 janv.). — Règlement de frontières maritimes avec la Russie (avril) : elles sont fixées au 54° latitude nord. — Réception brillante faite au général La Fayette à New-York (16 août). Le congrès lui décerne une récompense nationale en argent et en terres (9 déc). — Le réformateur socialiste anglais , Robert Owen, fonde dans le district dindiana, sur les bords de la Wabash, un établissement industriel , New-Harmony , où les principes de la communauté ne réussirent pas comme à New-Lanark en Ecosse. Beaucoup d'imitateurs cependant aux États-Unis.

France* — Ouverture de la session (23 mars) : annonce d'un projet de conversion des rentes.— Adoption de la loi qui rend la chambre septennale (juin). — Chateaubriand, qui n'approuve pas le projet de conversion des rentes , est remplacé aux affaires étrangères parle baron de Damas (4 août). Reconstitution du cabinet : l'évôque d'Hermopolls est nommé ministre des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique. — La censure est rétablie, par ordonnance (15 août), pour les journaux et les écrits périodiques. — Projet d'indemnité en faveur des émigrés. — Fondation de l'école forestière de Nancy. — Mort du roi (16 sept.). — Son frère le comte d'Artois, Charles X , lui succède à soixantesept ans. — Charles X déclare vouloir maintenir la charte. Ouverture de la session ( 22 déc. ) : le roi annonce le projet d'indemnité qui sera soumis aux chambres en faveur des propriétaires dépouillés pendant la révolution. — Cérémonie du sacre, —

Fondation du journal le Globe. — Le Massacre de Chio de M. E. Delacroix triomphe du romantisme dans la peinture ; esprit différent de Gros, Léopold Robert, Ingres.

MaïH.— Boyer demande au pape et a la France la reconnaissance de l'indépendance dénie. Il l'obtient du sainl-siege (24 juill.), mais les archevêques et évéques américains ne sont pas autorisés a se soumettre.

Mali vais accueil en France: Boyer se prépare à résister (oct.).

Italie.— Le roi de Piémont, Charles-Félix, rétablit la corvée; les Vaudois sont persécutés. — Dans le duché de Lucques, Charles-Louis, âgé de vingt-cinq ans, marié à une princesse de Sardaigne, succède à sa mère, sœur du roi d'Espagne Ferdinand VU (13 mars). — Mort de Ferdinand 111, frère de l'empereur François l,r, grand-duc de Toscane dès 1790 ( 18 juin) : son fils I éopold a vingt-sept ans. — Léon XII encourage tous les gouvernements à la propagation de la foi (3 mai) ; il favorise les prédications des missionnaires en plein air (24 sept). — Dans les Deux -Siciles, la serte révolutionnaire des barabistes est réprimée par des condamnations capitales (mai) : beaucoup sont bannis a Tunis. Réduction» par économie, de l'armée autrichienne; enrôlement de Suisses.

Mexique. — Insurrection au nom d'iturbide avant son retour d'tëurope. 1 lut bide est mis hors la loi, arrêté dès son arrivée , et fusillé (10 juill.).

Portugal. — Toujours excité par sa mère et espérant le concours du parti du clergé, don Miguel se révolte contre son père, qui cette fois n'est sauvé que par la fermeté des ambassadeurs étrangers (30 avril).

Le prince est envoyé de nouveau à Vienne : il passe par Paris ; la reine est surveillée ( 18 juin). — Rétablissement des anciennes corlèa. Amnistie générale. — Conspiration pour

don Miguel, à Lisbonne; elle avorte,

est punie (25 oct.).

Russie. — Projet de grande route entre les deux capitales de l'empire, de communication entre la mer Noire et la mer Baltique par des canaux dérivés du Dnieper et du Niémen.

— L'empereur visite les mines d'or de l'Oural , au delà d'Orem bourg : il est reçu par la grande tribu indépendante des Kirghiz, alliée de l'empire (oct.). — Terrible inondation à Saint-Pétersbourg (19 nov.).

Buède et Norvège. — En Norvège résistance à l'incorporation ; le storthing refuse au roi le veto absolu . et rétablissement d'une nouvelle noblesse. — Uuiversité à Christiania (21 juill.).

mulnme. — Anarchie religieuse et

Editique. Les cours de France et de Orne encouragent les catholiques.

Puissance des jésuites dans le Valais. Mesures répressives prises par les protestants de Berne contre les catholiques. Désordres des momiers dans le pays de Vaud. Genève est un foyer des sociétés secrètes qui agitent l'Italie, surtout Naplcs.

Turquie* — Question grecque.

Politique prolectrice de l'Angleterre et de la Russie : le ministre Canning, malgré Wellington, soutient les Grecs par des négociations : Il est favorable à un emprunt du gouvernement grec (21 févr.). Un conseiller d'état russe négocie à Constantinople en faveur des Grecs , de concert avec l'Angleterre. — Mort de lord Byron à Missolonghi (19 avril). — Ardeur de la guerre maritime. Les Turcs massacrent les Grecs dans l'Ile de Psara, au nord-ouest de Chlo( Juill.).

La flotte de Miaulis et de Canaris leur donne la chasse , sauve Samos, bat une partie de la marine ottomane dans les eaux de Chio (oct.), va chercher l'autre jusque dans la mer de Candie (nov. t. — La lutte sur terre est sans résultat. — Colocotroni se révolte ouvertement contre le

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

résident Mavrocordato que soutient Buenos-Aires publie une première

Allemagne et I»ruaae« — Dé- Rio de la Plata, ou république ar-

bordemenls de la nier sur la côte gentine(l8mars). — Les dévastations

hollandaise et allemande.— Le coin- commises sur le territoire brésilien

merce du Rhin souffre de rétablisse- par les habitants de la Banda, à Tm-

tncnt de plusieurs douanes par les stigation de Buenos-Aires , mettent

états allemands que traverse le fleuve, aux prises Buenos-Aires et le Brésil,

et des prétentions des Pays-Bas sur Le chef de la Banda , Artigas , est

le transit du bassin inférieur. — L'agi- forcé de fuir et meurt dans le Para-

talion révolutionnaire a pour foyer guay. La Colombie et le Pérou se

le Wurtemberg, où plusieurs con- déclarent contre le Brésil; Bolivar

damnations sont décréiées : on en- forme un camp d'observation dans

ferme les condamnés dans des forte- le haut Pérou. — La Banda se donne

resses. — En Batière, Louis Ier succède un gouvernement provisoire (M juin),

à son père Maximilien-Josenh (<3 Ses troupes battent celles du Brésil

oct.). — Diète provinciale de Silésie, ( 12 oct. ), pendant que l'armée de

ouverte à Breslau (2 sept.). Buenos-Aires assiège la grande ville

Amérique du sud et nréail. Incorporation de la Banda orientale — Tentative malheureuse des Chi- à la république de la Plata (27 oct.); liens sur la grande lie espagnole de déclaration de guerre du Brésil à Chiloé (31 janv.) : le gouverneur de Buenos-Aires (10 déc.) : Fempereur l'Ile compte sur l'appui des Russes et du Brésil déclare les ports de Rio des Français. — Traités de la tolom- de la Plata en état de blocus. — Abobie avec Buenos-Aires , Guatemala , Jjtion des ordres monastiques au Pales États-Unis, le Mexique. Traité de raguay. — Francia se prononce oucommerce avec l'Angleterre qui l'a vertement pour le roi d'Espagne ; il reconnue le 12 janvier. — Après de déclare la guerre à Bolivar , mais ne nouvelles défaites des Espagnols dans commence pas les hostilités. Il ne le Pérou supérieur , le congrès du prend pas part au congrès universel Pérou nomme de nouveau Bolivar de Panama, qu'avait provoqué Bodictateur avec des pouvoirs très-éicn- livar : Buenos-Aires s'est aussi dédus (10 mai). Bolivar forme une as- claré contre ce congrès, semblée de représentants pour le haut

Pérou, le 1G : les provinces de la Angleterre* — Malgré l'accord

Paz, de Potosi, de Charkas ou Chi- des catholiques de l'Angleterre et de

quisaca , à Test du Potosi , de Go- l'Irlande , le bill d'émancipation des

chabamba , au nord du Potosi , de catholiques est encore rejeté ( 25

Santa-Cruz, à l'est de Cochabamba, avril ). — Traité de commerce avec

se déclarent indépendantes du Pérou les villes libres d'Allemagne (2 déc).

inférieur, se constituent en État sous — Progrès aux Indes orientales :

le nom de Bolivia, en prenant Boli- Campbell poursuit ses succès dans

var pour protecteur : la future capi- l'empire des Birmans; il fait alliance

taie devra s'appeler de son nom ; le avec le prince de Siam. Un traité

général Sucre reçoit le titre de vice- cède à la compagnie des Indes le

président. Celte' séparation du Pé- territoire maritime d'Arakan , qui

rou en deux états sera cause de Ion- commence un peu au sud de l'em-

gues et sanglantes rivalités nalio- bouehure du Gange , d'Yé, au sud-

nales et d'inimitiés violentes contre est du golfe de Martaban , deTaval ,

Bolivar. — Le congrès général de plus au sud, et de l'archipel de

loi fondamentale , et établit un gouvernement sous de Las Heras. La chambre des représentants donne à l'état le nom de Provinces-Unies de

de Montevideo, qui relève du Brésil.

752 XIXe SIÈCLE

Merghi , qui s'étend par rexLrémiid méridionale jusqu'à la péninsule de Malacca (30 déc). Le roi d'Ava, qui ne raliue pas le traité, souffre deux mois de guerre.— Le capitaine Franklin, dans un nouveau voyage de reconnaissance le long des côtes de l'océan Glacial arctique , pour compléter les recherches que fait encore le capitaine Parry dans une troisième expédition maritime, parcourt l'espace septentrional entre l'embouchure du Mackensie et la pointe de terre à l'ouest, appelée cap de Glace.

Danemark.— Protection donnée à la marine. Concession de privilèges à une compagnie de commerce de la Baltique (7 juin).

KtaU-lInla* — Nouveau président, Quincy Adams, fils de l'ancien président, John Adams, encore vivant.

—Intervention auprès des cours d'Espagne, de France et de Russie pour biie reconnaître les états qui se tonnent dans l'Amérique du sud. — différends maritimes avec l'Anglefcrre : médiation de la Russie.

France.— Vote de la loi d'infemnité pour les émigrés (24 mars) :

mi milliard sera réparti entre eux.— Vote de la loi du sacrilège (15 avril), vole de la loi de la conversion des renies : la rente 5 pour 100 est réduite en inscriptions de rente 3 pour 100, au «aux de 75 francs (1er mai). — Sacre de Charles X, à Reims; il prêle serment à la charte (29 mai). — Le général La Fayette débarque au Havre, de retour de son voyage d'Amérique (5 oct.). — Mort du général Foy, orateur renommé du parti libéral (28 nov ). Flotte royale : 158 bâtiments, 15000 hommes d'équipage.

Un bâtiment baleinier , capitaine Guédon , pénètre pour la première fois dans le détroit de Lancasler, au delà de la baie de Baffin. — J/wtoire delà conquête de l'Angleterre par les Normands , de M. Augustin Thierry. — Premier volume de la traduction de la Symbolique , de l'Allemand Creuzer, sous le titre de

APRÈS J. C

Religions de l'antiquité, par M.Guigniaut.

Haïti. — La France accorde l'acte d'émancipation et recounait l'indépendance de l'Ile, moyennant une indemnité de cent cinquante millions à payer en cinq ans aux anciens colons français et l'exemption de la moitié des droits de douane pour ses vaisseaux (17 avriP. Ratification par le sénat d'Haïti ( 1 1 Juill. ). Le chargé d'affaires français prétend que la liberté de gouvernement n'entraîne pas la liberté de territoire.

Italie. — Le roi de Piémont ne permet d'apprendre à lire et à écrire qu'à ceux qui possèdent quinze cents livres. — Ouverture du dix-neuvième jubilé général : aflluence à Rome. — Nouvelle prison de l'inquisition, bientôt remplie d'hérétiques. Répression rigoureuse de toute tentative de mouvement libéral. — Mort du roi des Deux-Siciles, Ferdinand I*r, après soixante-cinq ans de règne (3 janv.).

François Ier, son fils , a quarante-six ans. Les troupes autrichiennes qui occupent encore le royaume sont utiles surtout contre les brigands des montagnes. Réduction de ces troupes (28 mai).

mexlqne. — Première session du congrès de la république fédérative (janv.-mai). Différents états se constituent. Augmentation de la marine et de l'armée. Alliance avec la Colombie, avec l'Angleterre et les États- Unis , qui ne peuvent obtenir la reconnaissance du Mexique par l'Espagne. Le pape reconnaît le président de la république, Victoria (juin). Avec l'aide des marins transfuges de deux vaisseaux de guerre espagnols, prise de Saint-Jean d'Ulloa, fort qui commande la Vera-Cruz(l8nov.) : le pays est tout à fait affranchi.

paya-naa. — La religion divise les deux parties du" royaume-uni.

Les missionnaires, qui excitent le clergé à se tenir en dehors de la constitution, sont exclus (août). Défense de fréquenter des écoles élrac-

gères. — A propos de l'élection d'un évéque d'Utrecht, censure et excommunication pontificale (18 août).

Portugal, — Les biens de l'inquisition sont consacrés à amortir les dettes de l'état. — L'Angleterre décide Jean VI à reconnaître l'indépendance du Brésil (15 mai, 29 août).

Ratification solennelle : Jean conserve seulement le titre d'empereur (16 nov.).

Rusa le* — L'empereur ouvre la diète de Pologne (13 mai). Il cherche à améliorer la condition des juifs, très-nombreux dans ce pays. — Son voyage avec l'impératrice à Taganrog, au fond de la mer d'Azof. Sa mort. Le grand-duc Constantin , rappelant sa lettre du 14 janv. 1822 et le manifeste impérial du 1 6 août 1823, laisse le trône à son frère puîné, Nicolas Ier; il garde le gouvernement de la Pologne qu'il exerce depuis 1815. Conspiration dans l'armée au nom de la république slavone ( 2G déc. ) ; la haute cour de justice frappe trente-six coupables.

tfuède et Morvége* — Canaux de jonction entre les fleuves des deux pays. Musée d'antiquités norvégiennes, formé dans la vieille ville de Bergen. Des missionnaires sont encore nécessaires en Laponie.

Turquie. — Guerre hellénique.

Ibrahim, fils de Méhémet-Ali, prèle un puissant concours au sultan ; il prend Candie, touche à Modon (mars), et à Navarin ( 18 mai), sur la côte sud-ouest de Morée, pendant qu'une armée de Beschid-Pacha parcourt l'Acarnanie et rËtolic, arrive jusqu'à Salone, au sud du mont Parnasse, qui est enlevée aux Grecs; Missolonghi subit un nouveau siège. Ibrahim pénètre au cœur de la Morée , prend Tripolitza (23 juin). Colocotroni, auquel un commandement a été rendu, et Démétrius Ypsilanti, sont battus (juill.). Résistance de Missolonghi :

deux assauts (28 juill., 29 août). Trois jours après une tentative de Canaris rour brûler la flotte égyptienne dans

APRÈS J. C. 753

le port d'Alexandrie flO août), le capi tan-pacha va prenare en Egypte une. nouvelle armée pour envelopper Missolonghi que vient attaquer aussi Ibrahim.

Aile magne, Autriche et Prn«-

»e. — Le roi de Prusse convoque des états provinciaux dans le grand-duché de Posen (12 mai) et dans ses possessions rhénanes (29 juin). — Les Pays-Bas, menacés par la Prusse, accordent la liberté de transit par le Leck, branche peu navigable du Hliiit inférieur (10 sept).

— L'empereur interdit dans ses états le commerce des esclaves (7 août). — Par suite de la mort du duc de Saxe- Gotha sans héritier direct (févr.1825), les quatre duchés de Saxe sont réduits à trois; partage du territoire entre les princes survivants ( 15 nov. ); ils exerceront ensemble à la diète les mêmes droits qui étaient attribués aux quatre ducs.

Amérique du sud et Brésil.

— La guerre est tlésastreuse également pour le Brésil et pour Buenos.

Aires. Le Brésil est réduit à enrôler des Irlandais et des Allemands; il ne veut pas de la médiation de l'Angleterre. — Révolution dans la république argentine : les chefs de I armée ne veulent plus du gouvernement fédérati f, mais les provinces prennent les armes contre Buenos- A ires et chassent les partisans du système central. Nouvelle constitution. — Au Chili, incorporation des Iles Chiloé.

Organisation fédéra tive : l'amiral Blanca président Troubles excités par le général O'Higgins, qui s'empare des lies Chfloé : Blanca abdique (sept.). — Bolivar revient dans le Pérou , à Lima, où ses pouvoirs lui sont confirmés ( 4 mars). Dans la Colombie il a pour rival son ancien compagnon d'armes, le général Paez, qui se révolte au nord (avril). Bolivar vient jusqu'à Sa nta-ré -de-Bogota , dans la Nouvelle Grenade, convoque une assemblée nationale exlraordi-

naire , force Paez à s'avouer vaincu.

—La place de Callao, près de Lima, investie par terre et par mer (10 juin), est arrachée enfin aux Espagnols; elle capitule le 15. Bolivar est nommé président à vie du Pérou, il pourra désigner son successeur (18 août). La constitution de Bolivar est proclamée dans le Pérou pendant <(u'il retourne dans la Colombie (7 cléc.). — Le congrès universel de Panama a arrêté un traité d'alliance offensive ei défensive entre les républiques américaines (juin-juill.). — Au Paraguay, abdication du dictateur Francia pour deux mois/août-oct.) ; il reprend le pouvoir sans aucun trouble.

Angleterre, France, Grèce, ituMtle et Turquie* — Dans la question grecque, diplomatie anglorusse : le duc de Wellington et le comte de Nesselrode arrêtent dans un protocole, qui est d'abord gardé secret, que la Grèce doit être pacifiée ; ces deux puissances s'interdisent à l'avance toute conquête (4 avril). L'ambassadeur russe demande à la Porte que toutes les réclamations de la Russie, qui s'accumulent depuis le traité de Bucharest en 1812, soient résolues par des commissaires le 5.

— Suite de la guerre : Missolonghi succombe le 22; cruautés des Égyptiens. Dévastation de la M orée par Ibrahim. Cependant les principaux éléments du gouvernement grec , la députation exécutive et le comité de l'assemblée nationale, siègent à Nauplie en Ârgolide. Les Maïnotes , au sud de la péninsule , repoussent Ibrahim de leurs côtes et de leurs montagnes. A Samos, désastre du capitan»pacha. Mais l'Ëubée est aux Turcs qui ont refoulé le colonel français Fabvicr, volontaire au service des Grecs. — L'Angleterre offre à la France de prendre part au projet de pacification de la Grèce : M. Canning vient conférer à Paris ( 1 8 sept.) ; lord Cochrane part pour la Grèce.— La Russie , occupée d'une nouvelle guerre avec les Perses , que repous-

sera le général Paskewitx (sept), hâte la conclusion d'un traité particulier avec la Porte : le traité signé a Ackennan. au sud de l'embouchure du Dniester, ajoute au traité de Bucharest, en faveur des P.usses, la libre navigation sur la mer Noire ; un divan, ou conseil d'État national, régira les principautés ottomanes de Moldavie et de Valachie; les armées turques sortiront de la Servie . à laquelle tous ses privilèges seront rendus ; les Turcs auront garnison seulement dans les forteresses (6 oct.).

Les Russes resteront néanmoins d'accord avec la diplomatie anglo-française.— Désunion des Grecs favorable à la Porte. Les marins d'Hydra et de Spetxia, au sud de l'Argolide, n'acceptent pas la décision de l'assemblée nationale qui siège en nombre incomplet à Egine (nov.), ils feront la guerre séparément et exerceront la piraterie même contre des Grecs, line nouvelle assemblée nationale, rivale de celle d'Égine, siège àCastri, au sud-est , dans l'Argolide. — Dans les Pays-Bas, dans les états prussiens, dans toute l'Allemagne, excepté en Autriche, des souscriptions s'ouvrent en faveur des Grecs. De jeunes Grecs sont reçus dans les universités allemandes, surtout en Bavière. Une frégate donnée par les États-Unis arrive en Grèce (6 déc).

Angleterre. — Poids énorme de la dette nationale. Disette. Le manque de travail multiplie les banqueroutes. Canning, en dépit de l'aristocratie qui ne voulait pas laisser ouvrir les ports aux denrées étrangères , achète du blé au dehors. — Aux Indes orientales, heureux traité avec le roi d'Ava (févr.) : l'état d'Assam , au nord-ouest , dans le bassin supérieur de Bramapoutra, est déclaré indépendant des Birmans, ce qui le met réellement sous la tutelle de la compagnie anglaise. — Le gouvernement ordonne l'exploration de toutes les côtes de l'Amérique méridionale pour l'utilité de la navigation générale: le travail dureradixans.

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

Espagne. — Soixante mille volontaires royaux. Le roi ne garde plus que quinze mille Français, surtout a Pampelune et à Cadix ( juin ). L'enseignement est confié aux jésuites.

Ktata-UnU. — Les Anglais n'acceptent pas le droit d'égalité en matière de commerce que proposent les États-Unis; ils ferment aux vaisseaux de l'Union les ports de toutes leurs colonies (27 juill. ). Le principe de la réciprocité commerciale est suivi par les États-Unis avec la France, les Pays-Bas, le Danemark, la Prusse, l'Espagne et le Portugal.

— La tribu indienne des Chérokis, au nord des états de Géorgie et d'Alabama, qui est plus civilisée que les autres, obtient d'avoir un représentant dans le congrès.

France.— Notre marine demande raison des insultes faites au pavillon pontifical par les infidèles de Tunis et de Tripoli (févr.). — Exercices du jubilé (févr.). — Mémoire du comte de Montlosier contre les jésuites, combattu par M. de Bonald et par le ministre des affaires ecclésiastiques à la chambre des députés (24 mai). La cour royale se déclarera 1mcompétente pour prononcer sur la dénonciation de M. de Montlosier, qui sera renouvelée sous forme de pétitions à la chambre en 1827 (18 août). — L'abbé de Lamennais est traduit en police correctionnelle pour son ouvrage : De la religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et civil (22 avril). — A l'occasion des exercices des missionnaires, troubles à Rouen (18 mai), à Brest (14, 17 oct.), à Lyon le 31.

— Dans la loi sur les substitutions, la partie du projet, qui établit le droit d'aînesse, est rejetée (mai). — Dernier ouvrage de Saint-Simon , le Nouveau christianisme : il demande l'amélioration la plus rapide possible de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. Sa doctrine sociale aboutit à cette formule révolutionnaire :

1 chacun selon sa capacité, à

chaque capacité suivant ses œuvres.

Sa mort a soixante-quatre ans ( IU mai ). — Projet de loi sur la police de la presse, destructif de la presse, de toutes les libertés publiques, désastreux pour le commerce, attentatoire aux droits de la propriété (20 déc.) : loi d'amour selon les uns, loi vandale selon Chateaubriand. — Prospérité de l'industrie et du commerce. Les impôts directs sont réduits de dix-neuf millions. — Première salle d'asile ouverte à Paris.

— Essai sur le poli, ou langue sacrée des bouddhistes de la presqu'île au delà du Gange, par Ë. Burnouf et Lassen.

Haïti. — Le président proteste contre les prétentions de la France (mars). — 11 encourage la culture, mais est trop sévère contre les planteurs.

Italie*— Le roi de Piémont donne l'enseignement aux jésuites et aux frères ignorantins. — Le pape prolonge l'année du jubilé. Ses états sont agités par quelques tentatives des sectes politiques et par les prédications des missionnaires. Utiles réformes dans l'administration. — Les Autrichiens évacuent successivement la Sicile et tout le royaume de Naples (d'avril à déc).

Mexique. — Traités de commerce avec la France , la Prusse , le Wurtemberg. — Flotte espagnole détruite par la tempête (4 sept.). — Le congrès abolit tous les titres de noblesse et défend d'admettre dans le pays aucune famille espagnole. — L'état du Texas s'attache plusieurs tribus indiennes établies sur son territoire.

Pays-Bas. — Établissement de consulats à Guatemala, à Lima, à Mexico, comme déjà à la fin de 1825 à Bucnos-Aires.

Portugal* — Mort de Jeàn VI (10 mars ) : don Pedro son fils , l'empeur du Brésil, est reconnu roi le 26.

reste au Brésil , envoie une nou-

XIXe SIÈCLE ÀHIÈS J. C

▼elle constitution (19 avril). Il sera reconnu par sa mère, par don Miguel, son frère, qui est toujours à Vienne, par le clergé, la noblesse et te peuple. — Le Brésil et le Portugal ie devant pas obéir au même prince, "\ renonce à la couronne de Portugal en faveur de sa fille, doua Maria da Gloria , âgée de moins de sept ans, qui doit épouser don Miguel , son frère (2 mal). Leur sœur est régente en Portugal. — Les absolutistes prennent les armes pour faire roi don Miguel, qui cependant jure fidélité a la constitution et accepte par procuration la main de sa nièce (oct.) : vaincus, ils fuient en Espagne. L'Angleterre envoie le maréchal Beresford se mettre à la tête des troupes de la régence : cette intervention Irrite la nation. Pendant que les cortès sont réunies, les miguélistes rentrent en vainqueurs dans la province de Tras-os-Montes , et proclament don Miguel roi absolu (26 nov.).

Russie* — Révolte à Kief, punie par cinq exécutions capitales (janv.).

Couronnement de Nicolas 1er à Moscou (3 août).

Turquie* — A Constanlinople, révolte des janissaires , jaloux de la formation d'une nouvelle milice par le sultan (29 mai); ils sont massacrés : destruction de ce corps formidable par Hussein-Pacha.

Allemagne, Autriche et Prua-

«e. — Le roi de Bavière qui a déjà transporté à Munich l'université de JLandshut y réorganise l'Académie des sciences, commence un nouveau château et un musée. 11 permet à beaucoup d'officiers de passer en Grèce et leur conserve leur solde entière. — Mort du vieux roi de Saxe, Frédéric-Auguste, qui avait commencé son règne comme électeur en 1763 (mai): son frère Antoine lui succède. — Fondation de quatre nouveaux collèges de jésuites

dans la Gallicie autrichienne. — En Prusse, le rituel doit être pratiqué avec zèle par les théologiens protestants qui aspirent aux emplois ecclésiastiques : résistance de quelques prédicateurs de Berlin.

Amérique centrale. — Révolte de l'état de San-Salvador, au sud du golfe Honduras.

Amérique du sud. — Désastre des Brésiliens dans la guerre avec la république argentine: leur territoire est envahi par la Valleja, capitaine général de la Banda orientale, auquel se réunissent des troupes étrangères qui avaient accepté la solde de don Pedro. Le dictateur du Paraguay menace aussi le Brésil, mais en même temps est en contestation avec Buenos-Aires au sujet de transfuges.

— Au centre de la république argentine, la province de Cordova se sépare et prétend à l'indépendance (5 juill.). — Le directeur du Chili , Freyre, ne garde ses pouvoirs que deux mois (janv.-mars). Bonne administration du nouveau directeur Pinlo : on s'occupe d'une constitution nouvelle. — Jalousie des généraux Santander, Santa-Cruz, Paez contre Bolivar qui a cherché à introduire dans la Colombie la constitution de la Bolivia. Les troupes colombiennes, dans le Pérou, se révoltent, abolissent la constitution bolivienne (janv.) ; le général Santa-Cruz est élu président du Pérou. Dans la Colombie, abdication de Bolivar (7 févr.). Le congrès de Colombie lui rend le pouvoir; sa douceur et sa sagesse dans la répression des révoltes. Le congrès tenu à Bogota, dans la Nouvelle-Grenade (3 août), convoque à huit mois de là une grande assemblée nationale pour réformer la constitution de la Colombie : Santander est toujours le chef d'un parti qui veut la détruire.

Angleterre, France, Créée, Russie et Turquie. — Lord Gochrane engage les assemblées nationales d'Êgine et de Castri à se concentrer à Damala au sud de l'Ar-

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

£olide(8 avril). Les commandements sont partagés entre lord Cochrane comme grand amiral et Church comme généralissime des troupes de terre contre les Turcs. La Grèce essaye de se constituer, en se donnant un président auquel sont associés trois membres de la régence : Jean Capo d'Istria, le Grec deCorfou qui, vingt-cinq ans auparavant, a contribué à l'organisation des sept îles Ioniennes, toujours dévoué à la cause hellénique quoique au service des Russes, est nommé président (17 avril). — Défaite de Cochrane et de Church devant Athènes (6 mai), qui sera forcée do capituler le 6 juin. Décrets pour rétablissement d'une commission de gouvernement qui siégera à Napoli de Romanie ; pour une enquête sur l'emploi des deniers de l'État, dont sont très-avides et prodigues beaucoup de prétendus défenseurs de la cause grecque; pour l'exclusion des prêtres des fondions publiques; pour la liberté de la presse (17 mai). — Après d'inutiles négociations pour obtenir de la Porte la pacification de la Grèce (.avril), les trois grandes puissances, par une convention à Londres, s'engagent à demander que les Grecs n'aient plus que des autorités choisies par eux ; ils payeront au sultan un tribut annuel, les Turcs quitteront la Grèce mais seront indemnisés : par un article secret, elles résolvent de prendre les armes en cas de refus (G juill.). — Les Turcs ne veulent pas suspendre les hostilités. Les trois escadres de l'amiral français de Rigny , du vice-amiral anglais sir Éd. Codrington, du Russe Hyden, gagnent sur la flotte égypto-turque que commande Tahir-pacha, après trois heures et demie de combat, la victoire de Navarin (20 oct.;. — Le sultan appelle tous ses sujets à une guerre nationale et religieuse, surtout contre les Russes (déc.).— -Le Français Fabvier attaque Chio; Church et Hastings, compagnons de Cochrane, Missolonghi ; les chefs grecs, la Thessalie. Mais brahim-pacha ravage la Morée. Les

trois puissances ont renouvelé leur traité (20 déc). — La Prusse et même l'Autriche paraissent disposées a s'entremettre pour les Grecs.

Angleterre* — Mort du duc d*York, frère puîné de George IV, son héritier présomptif: le droit de succession passe à son second frère, le duc de Clarence, âgé de soixantedeux ans (5 janv.). — Mort du premier ministre George Canning (8 août). Ses efforts pour abaisser le prix du blé Pavaient fait détester des grands possesseurs de terres. Il a pour successeur , comme premier lord commissaire du trésor, Goderick que lui-même avait recommandé.

Mais Wellington, plus agréable à l'aristocratie, obtient le commandement en chef de l'armée; il devient bientôt principal ministre (22 déc).

— Mort du plus éminent disciple du réformateur socialiste Robert Owen, M. A bran) Combe, auquel la colonie communiste d'Orbiston pr^s d'Ëdimbourg devait sa prospérité. Robert Owen continue à écrire et à poursuivre aux dépens de sa santé et de sa fortune la propagande de ses doctrines inapplicables.

Espagne. — En Catalogne, révolte des absolutistes', sous le nom d'apostoliques, contre un roi qui est cependant tout dévoué aux jésuites :

une junte instituée à Manresa, près du mont Serrât, proclame roi le frère de Ferdinand, don Carlos ( 28 août); les rebelles sont battus.

France* — Discussions sur les jésuites, a la chambre des pairs, à l'occasion de la pétition hostile de M. de Montlosicr, à la chambre des députés à l'occasion d'une pétition toute contraire (janv.). — Le projet de loi sur la police de la presse, contre lequel a protesté même l'Académie française (25 janv.), modifié dans ses dispositions les plus vexatoires, est voté par les dépulés (12 mars). Le ministère craint qu'il ne passe pas à la chambre des pairs, et le retire (17 avril). Joie des libéraux, tentative

758 XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

d'émeutes. Cris contre les ministres, a la revue de la garde nationale passée par le roi au Champ de Mars (29 avril); ordonnance immédiate de licenciement. Langage d'opposition de Chateaubriand à la chambre des pairs (18 juin). — Clôture do la session le 22. — Ordonnance, contre-slgnée Corbière, Villèle et Peyronnct,

[>our le rétablissement de la censure e 24. — Dissolution de la chambre des députés (5 nov.) : les collèges électoraux sont convoqués pour le 17 à l'arrondissement, pour le 24 au département. Création de soixanteseize pairs. Les élections paraissent favorables aux libéraux. Troubles graves à Paris; tentatives de barricades dans les quartiers Saint-Martin et Saint-Denis les 19 et 20.— Rupture avec Alger, pour l'offense faite au consul général par le dey Husseinpacha qui règne depuis 1818 (avril).

Le blocus des ports de la Régence est déclaré. Commencement des hostilités (4 oct.).— Histoire de la Révolution d'Angleterre, par M. Gui- 20t. — Cromwell, drame de M. Victor Hugo ; la préface est le manifeste des romantiques et le signal de la guerre avec les classiques. — Chainpollion trouve l'alphabet hiéroglyphique. Travaux de l'Anglais Young sur le même sujet.

HaYtl. — Papier-monnaie. Suppression de tous les droits pour l'exportation des produits du sol (févr.).

— Application des principes de l'administration française. Augmentation de l'armée et de la flotte.

Italie. — Léon XII négocie des concordats avec la Suisse et les Pays- Bas. — Nouvel évéché à Râle. — Quatre évéchés fondés dans les Pays-Bas, à Amsterdam, à Bruges, à Bois-le-Duc, à Limbourg; un archevêché à Malines. — Archevêché fondé à Fribourg, en Brisgau, dans le grand-duché de Bade; évéché à Rothenbourg, dans le royaume de Wurtemberg ; à Mayence, dans la Hesse-Darmstadt ; a Fulde, dans la Hesse-Cassel.

ittexlquc. — Répression de la ré-

volte du moine Avenas. Deux parti?, les royalistes et aristocrates , les démocrates ou yorkinos. Ceux-ci obtiennent le bannissement des ecclésiastiques et une nouvelle constitution fédérative (4 oct.), ainsi que le bannissement de tous les Espagnols (4 déc).

Portugal» — Des troupes anglaises, commandées par Clinton, viennent soutenir les constitutionnels à Lisbonne; cependant la cour de Londres déclare ne pas vouloir se mêler des débats intérieurs (janv.).

— Divisions dans le parti de la régente qui a disgracié le ministre de la guerre Saldanha. — Mouvement militaire des absolutistes. — Don Pedro, dans l'espoir de conserver la couronne de Portugal à sa fille, nomme régent son frère, don Miguel, avec l'obligation de maintenir la, charte (3 juill.). Don Miguel qui est toujours à Vienne est proclame roi par les partisans de la monarchie absolue: la régente qui n'a pas remis ses pouvoirs sévit contre eux (2 nov.). —Don Miguel quitte Vienne; il passe par Londres pour se rendre à Lisbonne et exercer la régence (6 déc).

Russie* — Succès contre les Perses : prise d'Érivan près de l'Aras (13 oct.). ftégociation pour la paix.

Suède* — Elle obtient de la Porte le passage de ses vaisseaux par les Dardanelles et toute protection dans les ports de l'empire (28 août).

Suisse* — Nouveau noviciat de jésuites à Estavayer, à l'est du lac de Pieuchâtel, près du canton de Vaut!

où est nombreuse la secte mystique des momiers.

Allemagne. — Le roi de Prusse protège tous les intérêts nationaux, commerce, sciences, arts., industrie.

Traités de commerce avec la Hesse- Darmstadt (8 mars), le Brésil (6 avril), les villes hanséaliques (4 oct.). — For* teresse prussienne d'Ehrenbreitstein, en face de Coblentz, pour commander la Moselle et le Rhin (août). — Gomme

XIXe SIÈCLE APRES J. C.

les douanes multipliées entravent le commerce, les objets même de subsistance manquent dans une partie de l'Allemagne centrale. Plusieurs petits états s'entendent à Cassel pour demander la liberté du commerce (24 sept.) — Quoique la commission de recherches établie à Mayenne depuis 1 8 1 9 ne dénonce aucun complot révolutionnaire, les universités sont toujours soumises à une vigoureuse surveillance. — 6e édition de Y Histoire de la médecine du professeur Sprengel, qui ne meurt qu'en 1833.

Amérique centrale* — Les rebelles de San Salvador battent José Arcos, le président de la république de Guatemala; il renonce au commandement de l'armée (sept.).

Amérique du sud et Brésil*

— La nouvelle Convention nationale de la Colombie se déclare pour le maintien de la constitution bolivienne

imars). Les Péruviens se jettent sur la Joli via pour réunir ce pays au leur, et obligent le président Sucre à abdiquer et à se retirer en Colombie ; ils envahissent aussi la Colombie. Les Colombiens alors ont recours à Bolivar qui est nommé Libérateur et président avec des pouvoirs souverains (27 août) : quand le général Santander conspire, il laisse un tribunal militaire le condamner à mort, mais se contente de le bannir. Sucre va punir les Péruviens de leur tentative sur Bolivia (déc). — Guerre sans activité entre le Brésil et Buenos-Alres. — Utiles travaux du président de Buenos-Aires, Dorego: oranisation des milices des villes et es campagnes; colonisation de la côte de la baie Blanche, au sud-ouest; écoles; mais il restreint la liberté de la resse, et augmente les impôts. — réliminaires de paix entre Buenos- Aires et le Brésil (27 août) : la Banda orientale et Montevideo doivent être libres et former la république cisplatine sous la protection des deux états et de l'Angleterre pendant cinq ans. — Mais la nouvelle république se déclare indépendante, et se donne

un chef provisoire, Suarès (13 déc.).

— Le président de Buenos-Aires, Dorego, ayant reçu de l'argent du Brésil pour hâter la conclusion de la paix, est déposé. Présidence de Bibadavia (déc. ). Soulèvement excité par Dorego; il est pris et fusillé. — Au Chili , nouvelle constitution :

deux chambres (6 août). Administration éclairée de Pinld. Insurrection sans effet à Santiago.

Angleterre. — Ministère Wellington (25janv.),cxclusion des whigs, Palmerston et quelques autres membres de l'ancien cabinet restent au pouvoir; adjonction du comte d'Aberdeen et de sir Robert Peel. Tendances aristocratiques, peu de sympathie pour les Grecs et pour les libéraux du Portugal. — Le parlement entrave l'importation des grains étrangers. Il refuse l'émancipation des catholiques au nom de laquelle s'agite l'Irlande : troubles sanglants, l'orateur O'Connell remue les masses.

Angleterre , France. Grèce.

Rusaie et Turquie* — La Grèce se constitue sous l'influence russe :

le gouvernement provisoire dit Panhellénion, composé de vingt -sept membres, qui administrera les finances, l'intérieur et la guerre; il a pour chef Jean Capo d'Istria (24 janv.). Répression courageuse des brigandages des pirates grecs. On reprochera à d'Istria sa préférence pour les familles fanariotes qui avaient exercé des fonctions sous le gouvernement ottoman. L'administration commence à devenir régulière ; écoles, hôpitaux. — Subside mensuel de la Russie, de l'Angleterre, de la France. — La Russie a demandé à l'empereur d'Autriche de mettre en liberté Alexandre Ypsilanti qui est comme prisonnier à Vienne depuis 1821 ; Alexandre meurt avant de quitter cette ville (31 janv.). — Fabvier battu à Chio, Cochrane repoussé de Candie, quittent la Grèce. Démétrius Ypsilanti et Church commandent l'un dans la Grèce orientale, l'autre

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

dans la Grèce occidentale. Mavrocordato fait partie du Panhellénion. — Ibrahim pacha est toujours redoutable en Morée. — Les Busses, délivrés de la guerre de Perse par un traité qui leur livre la province d'Arménie jusqu'au mont Ararat ( 22 févr.), déclarent la guerre à la Porte pour violation prétendue du traité d'Ackerman (26 avril). Le Pruth ( 7 mai ), le Danube (8 juin) , sont franchis; Varna, près du littoral de la mer Noire, assiégée le 20 juill. ne sera prise que le 11 oct. Résistance de Schoumla, devant laquelle sera perdu un matériel considérable. Retraite derrière le Danube. — D'un autre côté Paskewitx, le vainqueur des Perses, attaque la frontière ottomane d'Asie Mineure; il s'étend de Kars à Poli, sur la mer Noire (juin, août), prend Bayazid au nord-ouest du mont Ararat (8 sept.). Des débris du corps des janissaires accueillent les Russes. — L'intervention anglo- française décide l'évacuation de la Morée par les Egyptiens : le traité signé par sir Ed. Codrington à Alexandrie même (6 août), est anpuyé par l'arrivée de quinze mille Français en vue de Navarin, le 29. Cependant l'évacuation est lente (du iGsept. au 5 oct.).

Les Français se retirent (29 déc.).— Les chefs grecs occupent la côte d' Arta, Salone et la Livadie (ancienne Béotie) : les Turcs sont encore maîtres à Candie. — On songe à fixer les limites de la Grèce qui veut être indépendante. Conférences à Poros au sud d'Ëgine; la Porte n'y prend pas part.

Km partie. — La retraite définitive des troupes françaises, après plus de cinq ans d'occupation, encourage les volontaires royaux, les apostoliques et les carlistes, à se venger des constitutionnels que Ferdinand VU ne frappe pas assez à leur gré : les carlistes ne veulent plus le reconnaître ( oct. ). — Embarras financier du gouvernement, endetté envers l'Angleterre et la France. — Tentative contre les colonies affranchies; levée de 50 000 hommes.

Ktatft-Vnlfi.— Comme les exigences britanniques enveniment la rivalité commerciale, les élections présidentielles sont favorables à André Jackson , qui il y a quinze ans a pris part à la guerre contre les Anglais (déc). 11 est préféré au président actuel, John Quincy-Adams.

France. — Chute du ministère Villèle qui a duré six ans (4 janv.).

Cabinet Martignac : MM. Martignac à l'intérieur, Roy aux finances.

Portai is à la justice, comte de la Ferronays aux affaires étrangères, de Caux à la guerre, dont l'administration est sous la haute main du duc d' Angoulême ; le commerce et les manufactures forment un ministère séparé ; l'instruction publique est enlevée à M. Frayssinous qui reste encore ministre des affaires ecclésiastiques. M. de Chabrol garde la marine. MM. de Villèle , Corbière, Peyrounet, sont faits pairs de France. — Une commission est chargée de rechercher les mesures que peut nécessiter l'exécution des lois, dans l'enseignement des écoles ecclésiastiques secondaires ou petits séminaires ( 20 janv.). M. de Vatisménil est nommé grand maître de l'Université (1*' févr.), et ministre de l'instruction publique le 10. La chambre a été ouverte le 5 : elle est recomposée dans un esprit libéral. Retraite de MM. de Frayssinous, et de Chabrol (3 mars). — M. de Villèle, accusé dans les chambres pour un déficit de 415 millions et pour violation de la charte, est défendu par M. de Martignac lui-même (14 juin). — Ordonnances du roi sur les petits séminaires, le 16. Protestation de l'épiscopat par un mémoire au roi ( i»r août).

Les jésuites, qui pour la plupart vont sortir de France, trouveront accueil en Piémont. — Lois libérales sur la révision annuelle des listes du jury (2 juill.); sur les journaux et écrits périodiques, le 18: tout Français majeur jouissant des droits civils pourra sans autorisation préalable publier un journal.— Crédit de 1 200 000 frM

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affecté à l'instruction ecclésiastique secondaire (20 août). — Réorganisation de l'Université. — Les cours de MM. Guizot, Cousin , Villemain ont été rouverts à la Sorbonue. — Les Orientales de M. Victor Hugo.

Haïti. — Célébration enthousiaste de l'anniversaire de ia fondation de la république (l,r janv.). — Sédition à l'est, réprimée par le président en personne (mars); après l'exécution des chefs, amnistie accordée aux autres. — Abolition d'impôts onéreux ; emprunts en France.

Stalle. — Les carbonari sont frappés par le gouvernement pontifical.— Les brigands de la principauté citérieure occupent une armée du maréchal napolitain Caretto : plusieurs sont exécutés.

^Mexique.— Discordes sanglantes des partis. Le général Jtravo, viceprésident, se met à la tête d'un soulèvement des aristocrates ou escosesos ; il est battu. Le président Pedraza donne trop d'espoir de retour aux Espagnols bannis; les démocrates font main basse sur la capitale (déc).

Abdication de Pedraza. uuerero, qui lui succède sur la recommandation de Victoria , rétablit le calme.

paya-Bas. — Le clergé catholique, dans ses différends avec le gouvernement, n'est pas appuyé par les tftats-Généraux. Difficulté d'application du concordat au sujet de i'évôché d'Amsterdam. — Réorganisation de l'armée. Formation des gardes communales dans le sud. — Les tendances absolutistes du gouvernement provoquent la violence de la presse.

Portugal. — Don Miguel passe de Londres à Lisbonne , prête serinent dans la forme constitutionnelle comme régent (22 févr.). Sa mère le pousse à dissoudre les cortès. Les troupes anglaises, dont la présence était encore un encouragement pour le parti libéral , sont rappelées par

Wellington (il mars). A Lisbonne la municipalité et la garnison veulent le faire roi (25 avril). Des cortès ex^ traordinaires convoquées à cet effet (3 mai), le proclament (29 juin), malgré la révolte de plusieurs villes importantes, surtout Oporto; il accepte la couronne. Défaite des généraux constitutionnels, Palmella et Villaflor, Oporto est prise par les absolutistes (3 juill. ). Fuite des constitutionnels en Espagne, en France, en Angleterre. — Don Pedro veut bloquer les ports du Portugal, comme Il avait fait de ceux de Rio de la Plata, mais ses ressources maritimes sont insuffisantes. Il se décide à envoyer sa fille en Europe. Doua Maria conduite en Angleterre (sept.) y est reçue comme reine légitime (déc); mais Wellington qui ne veut qu'entretenir la discorde dans la péninsule, ne reconnaît pas l'ambassadeur des constitutionnels, Palmella, et il ne consent à l'embarquement de trois ou quatre mille réfugiés portugais, allemands, irlandais, qu'à la condition qu'en sortant des ports britanniques, ils ne seront pas conduits directement sur le Portugal : ils doivent se rendre à Terceïra, une des Açores portugaises, à cinq cents lieues à l'ouest de Lisbonne.

Suliise. — Discordes religieuses.

Défiances politiques. La résistance de quelques cantons empêche l'adoption des mesures les plus favorables au bien-être général et à la défense extérieure, comme l'unité des poids et mesures, la suppression des douanes intérieures, la réunion d'un camp d'exercice commun.

Allemagne. — Langueur du

commerce à cause des droits onéreux qu'acquittent tous les produits de l'agriculture et de l'industrie en traversant les différents états; émigration d'ouvriers en Pologne, en Russie, en Amérique. — Le traité de commerce conclu par la Prusse, sur les bases d'une entière liberté , avec

762 XIX9 SIÈCL

la Hesse - Datmstadt , la Bavière , le Wurtemberg . est le fondement du zollverein, union douanière (soll, douane) (24 avril) : l'union commerciale de l'Allemagne centrale conclue déjà le 24 sept. 1828 est constituée (l#r juin).— La navigation du Rhin est l'objet de nouveaux règlements entre la Prusse et les Pays- Bas. — Contestation déjà ancienne des états de Brunswick contre leur duc , portée devant la diète : le duc Charles, détesté de ses peuples, s'en va vivre a Paris , sans renoncer au pouvoir.— Seconde partie de Faust, publiée par Goethe, âgé de quatrevingts ans.

Angleterre. — Politique de Wellington : empêcher la force militaire et l'influence de la Russie de grandir en Orient, empêcher les principes libéraux de prendre possession du gouvernement en Portugal et en France.

L'ambassadeur de France à Londres, M.de Polignac,est regardé déjà comme le champion de l'absolutisme. — Wellington et Robert Pecl font présenter au parlement le bill pour l'émancipation des catholiques dont ne voulaient ni le gouvernement ni les chambres depuis vingt -cinq ans (5 mars) : ils seront affranchis de toutes les incapacités, des impôts et des peines qui pesaient sur eux à cause de leur religion ; ils jouiront de l'égalité politique. Vole des chambres, sanction du roi (30 mars, 10 et 13 avril). — M. O'Connell , premier membre catholique du parlement, demande l'abolition ou rappel (repeal) de l'Union qui a rivé l'Irlande à l'Angleterre, et la formation d'un parlement irlandais distinct (23avril).

— Le capitaine Ross entreprend un voyage d'exploration au nord de l'Amérique septentrionale , au delà du détroit de Lancastre.

Angleterre, "France, Créée, Russie et Turqnle. -r- Progrès des Grecs : le président Capo distria fait occuper Prcvesa qui ferme le sud-ouest du golfe d'Arta (ancien

golfe d'Ambracie) et le passage des Thermopyles ; Il fortifie l'isthme (Janv.). Le Français Fabvicr reçoit de nouveau le commandement des troupes régulières. — Convention de Londres arrêtée entre les trois puissances : la Grèce aura pour frontière, au nord, une ligne tirée du golfe d'Arta au golfe Volo (ancien golfe de Magnésie) (22 mars). Elle est mal accueillie par les Grecs au congrès d'Argos. Capo d'Istria rend compte au congrès de son administration (juill.). Les côtes de la Turquie asiatique sont ravagées par Miaulis et Canaris. Prise de Missolonghi et de Thèbes ; siège d'Athènes par les Grecs. — Les Turcs sont occupés surtout de la lutte directe à soutenir contre les Russes : Reschid- pacha commande les armées de terre en Europe contre Diebitch; le Russe Paskewitz reste en Asie où on évite une guerre nouvelle avec la Perse, malgré l'assassinat de l'ambassadeur russe à Téhéran (12 févr.). — Succès éclatants des Russes sur la route de Constantinople, parterre et par mer.

L'amiral Hyden bat une flotte égyptienne près de Candie (18 févr.); la (lotte russe de la mer Noire prend en Thrace Sizéboli , sur le golfe de Bourgas, au sud de Varna, le 28.

Diebitch bat Reschid-pacha, près de Silistri, sur le Danube (11 juin), nrend Silistri le 30. — L'empereur Nicolas , qui s'est fait couronner à Varsovie et a juré de régner pour le bien de la nation polonaise conformément à la charte d'Alexandre I" ( 24 mai ) , va visiter le roi de Prusse à Berlin alors que la France et l'Auglcterre sont prêtes à intervenir par la diplomatie pour arrêter les succès des Russes. — Passage du mont Balkan , par Diebitch ; il reçoit le surnom de Zabalkanski et la dignité de feld- maréchal. 11 peut se diriger vers Sizéboli ou vers Andrinople. D'autres corps d'armée russe soutenus par la flotte de Greich, prennent Missévria, Bourgas au nord de Sizéboli , Ateboli au sud , et, successivement le long de la

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côte, Aïaada el Midiah (julll.-août).

Sur le continent les progrès de Diebitch le mènent jusqu'à Andrinople (20 août). Une division de son armée perce au sud, en descendant la Ma* ritza, jusqu'à Enospourse concerter avec la flotte de la mer Ëgéo ; une autre court dans la direction de Constantinople. Paskewitz de son côté a pris en Arménie Erzeroum (8 juill.), et menacé Trébizonde , dont le pacha est vaincu ( 24 août ). — L'intervention des grandes puissances arrête la marche triomphante des Russes sur Constantinople , par le traité d'Andrinoplef 14 sept.): la Russie renonce à toutes ses conquêtes en Europe, le Pruth et le bas Danube continuent à servir de limites; mais les bouches du Danube sont cédées aux Russes, la rive droite turque dans le delta que forme le fleuve restera inhabitée sur une lieue de profondeur , cependant les Autrichiens sont établis à Galatz ; libre navigation pour les Russes de la mer Noire, dans la Méditerranée ; en Asie la Russie rend la plus grande partie du pays d'Akhaltsikhé, de Kars, de Bayazid, d'Erzeroum ; la Moldavie et la Valachic seront gouvernées par des hospodars à vie, sous la suzeraiueté de la Turquie qui perd son droit de possession; la Servie sera indépendante avec un chëf héréditaire qui portera le titre de prince :

ces pays sont sous la protection de la Russie ; l'indépendance politique de la Grèce est reconnue par la Porte.

Espagne* — Ferdinand VII, âgé de quarante-cinq ans, perd sa troisième femme (mai). Quatrième mariage avec une fille du roi de Naples, Marle-€hristine, âgée de vingt-trois ans (11 déc). — Nouveaux efforts contre le Mexique; l'expédition ne tient pas deux mois(juill.-sept.).

France. — Dès le début de la session des députés, alliance, contre le ministère , entre le côte gauche , le centre gauche el une fraction du

côté droit. Ayant à choisir pour la présidence de la chambre entre les cinq membres qui ont eu la majorité des suffrages, le roi préfère à Casimir Périer Royer-Collard , libéral austère et inflexible ( \" févr.). Le côié droit tout entier s'abstient dans le vote des paragraphes de l'adresse, rédigée en réponse au discours royal ; il n'y a que 221 votants. Le ministère ne peut concilier les partis. Les deux projets de loi sur l'organisation départementale, et l'organisation mu* ntcipale , paraissent au côté gauche trop aristocratiques, trop démocratiques au côté droit. Les projets sont retirés (8 avril). Clôture de la session (31 juill.). — Nouveau ministère moins libéral avec le prince de Polignac, ambassadeur à Londres, et le général comte de Bourmont(8 août).

Les ministères de la marine et de l'intérieur, refusés par MM. de Rigny et de La Bourdonnaie, sont donnés au baron d' Haussez et à M. de Montbel, le 23. M. de Polignac, ministre des affaires étrangères, a la présidence du conseil (17 nov. ). M. Guernon-Ran ville est nommé ministre des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique, le 18. Influence de l'aristocratie et des congrégations religieuses. — Nouvelle insulte reçue des Algériens. Un vaisseau parlementaire est criblé de boulets par l'artillerie du port d'Alger (3 août).

— Le Nouveau monde industriel e% sociétaire , du réformateur socialiste Fourier, a pour objet de régler dans le détail et de montrer à l'œuvre l'association agricole des phalanstériens.

Edition complète des Mémoires du duc de Saint-Simon, 1829-31. — Vendidad-Sadé , le livre liturgique le plus intéressant de Zoroastre, qui fait partie du Zend-Avesta , publié par l'orientaliste E. Burnouf, de 1829 à 1843. — Le capitaine Dumont d'Urville , commandant l'Astrolabe, termine après trois ans un voyage de circumnavigation en Océanie , qui avait un objet scientifique comme les expéditions de MM. Freycinet et Duperrey.

764 xir siècle

■«Allé* — Mort de Léon XU ( 10 févr.) ; élection de Pie VIII (30 mars). Lettre encyclique pour défendre toutes les sociétés secrètes, la propagation de la Bible, le libre enseignement de la jeunesse (14 mai). Les jésuites et les inquisiteurs sont ouvertement protégés.

Pays-Ban. — Réunion de toutes les oppositions contre le roi, accusé d'abuser de son autorité. Comme les Etats-Généraux peuvent seuls renouveler l'impôt accordé pour dix ans en 1819, les catholiques s'allient aux libéraux dans la seconde chambre et refusent d'accorder les impôts si la cour ne fait pas de concessions. Le gouvernement et le ministre de Maanen sont forcés de céder. — Violence de la presse. — Antipathie de plus en plus marquée cutre la Hollande et la Belgique.

Portugal. — L'expédition des réfugiés portugais, destinée pour l'Ile de Terceira au nom de la reine, est repoussée de ces rivages par une escadre anglaise ( IG janv.). Mais les partisans de don Miguel ne peuvent enlever l'Ile à ceux de doua Maria (Il août). — L'Angleterre reconnaît don Miguel comme roi de fait. Dona Maria quitte l'Angleterre pour retourner au Brésil (29 août); don Miguel déclare ne pas vouloir l'épouser. — Affreux régime royal de don Miguel : dans cette année, onze cent vingt-cinq personnes exécutées ou assassinées, quarante mille sept cent quarante bannies , vingthuit mille cent quatre-vingt-dix emprisonnées.

gul*sc« — Anarchie et faiblesse.

Allemagne, Autriche et Prusse. — Influence des révolutions française et belge de juillet et d'août. — Le peuple de Brunswick chasse le duc et met à sa place (G et 28 sept.) son frère Guillaume, qui donnera un statut avec l'assentiment de la diète. — Dans la Saxe royale,

APRÈS J. C

troubles a Leipsîck; elle reçoit de meilleures institutions municipales et une garde communale (2, 4 sept.).

Courte révolution à Dresde, le 9.

Le roi Antoine partage le pouvoir avec son neveu Frédéric, le 13; une nouvelle constitution promise est donnée. — Mouvements dans les duchés saxons, à Altenbourg, léna, Weimar (12, 18, 21 sept.). — Dans la Hesse électorale, mouvement populaire (6 sept. ) ; le grand-duc accorde une garde civique (2 oct.), et réunit des états qui délibéreront sur une constitution, le 16. Les bâtiments de la douane sont détruits à Hanau, sur le Mein, à la frontière de la Hesse - DarmstadL

— Dans le grand-duché de Bade , troubles à Manheim (2 oct.). — Une insurrection est prévenue à Milan par des arrestations; des troupes sont répandues dans la haute Italie (sept.).

L'archiduc Ferdinand, héritier du trône, âgé de trente-sept ans, est couronné roi de Hongrie (28 sept.).

— En Prusse , seulement une tentative d'ouvriers à Elberfeld , au sudest de Dusseldorf ( l«r sept. ), et un mouvement à Berlin. Le roi nomme son frère Guillaume gouverneur des provinces rhénanes. — Décision de la diète de Francfort : en cas de troubles les états s'engagent à se secourir mutuellement et à réprimer la presse (21 oct.).

Amérique du sud. — Dans les provinces de la Flata , la guerre continue entre les fédéralistes et les unitaires. Les fédéralistes dominent à Buenos-Aires ; toute-puissance de Bosas. — Message du président Bolivar au congrès colombien de Bogota (20 janv.): il manifeste l'intention de se retirer parce qu'on le soupçonne d'aspirer à la tyrannie. Révision de la constitution ; elle devient à peu près semblable a celle des États- Unis : seulement le président sera pour la première fois élu par le congrès, ses fonctions pour huit ans, rééligibilité après huit autres années; la religion catholique est seule recon-

nue comme culte public. Bolivar déclare qu'il n'acceptera pas la présidence (27 avril); son départ est un triomphe (9 mai). L'anarchie recommence, impuissance du président élu par le congrès, malgré ses talents et ses vertus, Mosquera. Ambition du général Florès dans la province de Quito. Mort violente du général Sucre. La mort de Bolivar, quelques mois après sa retraite, est un deuil public (i7 déc).

Angleterre. — Misère publique toujours croissante ; budget en déficit de 5G0 000 liv. sterl. On demande la réduction des traitements. — Proposition de réforme parlementaire, pour proportionner la représentation à l'importance numérique des localités; elle est appuyée par l'économiste Huskinson. — Mort de George IV ( 26 juin ). Son frère , le duc de Clarence, Guillaume IV, lui succède à soixante-cinq ans. Il conserve le ministère Wellington, mais les whigs, qui avaient jusque-là soutenu le cabinet, se rangent dans l'opposition. — Influence de la révolution française de juillet. Le parlement recomposé par de nouvelles élections, renverse le ministère sur une question de liste civile. Cabinet whig :

lord Grey,lord Brougham, lord John R usse I, qui porte un nom cher au peuple depuis le temps de Charles H (2 nov.). — Ouverture, entre Liverpool et Manchester, de la première ligne de chemin de fer sur laquelle on transporte les voyageurs, (sept.)

Danemark et Suède. — Après la révolution parisienne, troubles à Copenhague, facilement apaisés. Demande de réformes dans le Slesvig danois, à Kiel et à Flensborg ; commencement de sédition (oct. - nov.).

— Le roi de Suède refuse de permettre aux Norvégiens la célébration de la féte du 17 mai, anniversaire de la constitution d'Eidsvold (14 sept.).

Espagne. — Décret royal pour Abolition delà loi salique : les filles ftnt déclarées habiles à succéder

(29 mars). Naissance de l'Infante Isabelle ( 1 1 oct. ). Le roi la désigne pour son héritière. Protestation de don Carlos et des Bourbons de Naples et de Lucques, issus d'une sœur de Ferdinand VII. Bévolte de carlistes. Mouvement organisé à Paris par des réfugiés du parti constitutionnel, sous les ordres de Mina; il n'a pas lieu : Ferdinand VU reconnaît le roi Louis-Philippe.

France* — Un hiver rude et prolongé, la cessation des travaux , la cherté du pain ont accru la misère.

— Ouverture de la session ( 2 mars) : à la chambre des députés, 221 constituent la majorité pour une adresse hostile au ministère (15 , 16 mars).

Les chambres sont prorogées au 1" septembre, le 19. Ovations et encouragements adressés aux 221 . Dissolution de la chambre des députés (16 mai) : les collèges d'arrondissement sont convoqués pour le 23 juin, ceux de département pour le 3 juillet; la chambre pour le 3 août. — Modification du cabinet: M. deChantelauze, premier président delà cour royale de Grenoble, est nommé garde des sceaux; M. de Montbel passe aux finances, laisse l'intérieur à M. de Peyronnet, l'ancien collègue de MM. Villèle et Corbière; le baron Capelle aux travaux publics (19 mai).

— Féte au Palais-Royal ( 31 mai ) :

Charles X assiste à cette féte; agitation populaire. — Pendant que l'Autriche accorde la paix au Maroc qui l'a insultée (19 févr.), que le roi de Piémont envoie une expédition inutile contre le bey de Tunis ( 21 mai), la France fait la conquête d'Alger. Départ de l'expédition sous le comte de Bourmont, le viceamiral Duperré conduit la flotte (25 mai). Débarquement à l'ouest d'Alger, près du cap de Sidi-Ferruch

13 juin); combat heureux de taouëli le 19. Quartier général sur le plateau qui domine le fort l'Empereur (29 juin); le fort est pris (4 juilt.).Occupation d'Alger, le 5. M. de Bourmont est fait maréchal, le 18.

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L'ex-dey d'Alger, Hussein-pacha, se rendra d'abord en Italie. Expédition sur Blidah, au sud-ouest d'Alger; sur Oran, dont le bey fait sa soumission pour un instant; sur Bone, où se porte le général Damremont.— Lesélections sont hostiles au ministère. Présentation au roi d'ordonnances contraires à la ebarte (21 juillet). Il les signe, le 26: suspension de la liberté de la presse périodique, et restrictions de toute publication , qui équivalent à l'abolition ; abolition de la loi d'élection ; dissolution de la chambre des députés; convocation fixée au 28 sept. Le roi reste à Saint- Clou cl. Le tribunal de première instance les déclare illégales. Protestation des journalistes , rédigée dans les bureaux du National, le 26; ses presses sont saisies ainsi que celles du Temps. — Révolution des 27, 28, 29 juillet (mardi, mercredi, jeudi); lutte du peuple de Paris contre les troupes du roi, surtout la garde royale et lesSuisses ; l'uniforme de la garde nationale reparaît au milieu des barricades, on se bat aux cris de : vive la charte. Un parti peu nombreux veut substituer la république à la monarchie. Une coinmission municipale s'établit à l'hôtel de ville. Charles X retire trop tard les ordonnances. La garde nationale est rétablie sous le commandant en chef La Fayette (30 juill.). Diverses réunions de députés présents à Paris.

Proposition de déférer au duc d'Orléans la lieutenance générale avec le rétablissement de la cocarde et du drapeau tricolores; il accepte (31 juill. ) , est reçu à l'hôtel de ville entre La Fayette et le banquier Laffiltc. Il convoque le 1" août les chambres pour le 3. L'abdication de Charles X et du dauphin en faveur du duc de Bordeaux le 2, mentionnée à l'ouverture de la session le 3, est sans effet. Charles X, qui de Saint-Cloud s'était retiré à Rambouillet, prend déjà avec sa famille la route de Cherbourg, protégé par des commissaires «lu gouvernement provisoire, le 4. — A la cham-

bre des députés, proposition Bérard, pour que la charte soit modifiée, et la couronne offerte au duc d'Orléans avec le titre de roi des Français, le 6 ; rapide discussion , elle est votée par 219 sur 252 présents (7 août). Le soir môme, adhésion des pairs : 89 contre 15. — Louis-Philippe I*r, âgé de cinquante-sept ans, prête , en présence des deux chambres, le serment exigé par la nouvelle charte (9 août). L'aîné de ses huit enfants nés de Marie-Amélie, princesse de Sicile, est âgé de vingt ans. Son avènement est le triomphe de la bourgeoisie et de la classe moyenne. — Premier ministère : les départements sont à MM. le général Sébastiani , de Broglie , Guizot , Dunont de l'Kure , baron Louis, général Gérard ; MM. Casimir Pérîer, Bignon, Oupin, Laflitte, sont ministres sans portefeuille (1 1 août). — Charles X passe de Cherbourg, avec sa famille, en Angleterre (16 août). — Manifeste saint-simonien signé Bazard-Enfantin, affiché à Paris le 30 juill. ; il est signalé à la chambre des députés comme prêchant la communauté des biens et la communauté des femmes. Le Globe se ralliera au sain L-si monisme (il nov.). — Mort du duc de Bourbon (27 août). Le jeune duc d'Aumale, quatrième fils du roi , est son légataire. — Ministère Laflitte (2 nov.), composé d'une partie du premier cabinet, MM. Dupont, Gérard, Sébastiani, avec l'adjonction de MM. le général Maison , Montallvet à l'intérieur, Mérilhou; retraite des doctrinaires MM. Guizot et de Broglie :

M. Laflitte désirait que la royauté, entourée d'institutions républicaines, aidât la France à effacer les honteux traités de 1815. — Mort de Benjamin Constant (8 déc). — Procès des ministres de Charles X devant la cour des pairs, décidé par la chambre des députés le 27 sept., quatre sont présents; vive agitation, tentative de soulèvement à Paris. Sentence de détention perpétuelle (21 déc.). — L'Avenir, journal fondé par l'abbé de Lamennais et M. de Monlalem-

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

bert. — La Fayette quitte le commandement delà garde nationale (26 déc); Dupont de l'Eure le ministère.

— Le général Clauzel , commandant en chef en Algérie, réforme l'administration, crée le corps auxiliaire des zouaves , essaye la colonisation dans la plaine de Métidja, au sud d'Alger. Expédition nouvelle de Blida ( 17 nov.); occupation dans l'Atlas du col de Ténia . malgré le bey Titterie , dont la capitale, Médéah , à vingt-cinq lieues d'Alger , reçoit garnison, le 22. Réclamation de la Turquie, défiance de l'Angleterre.

— Débat zoologique entre Cuvieret Geoffroy-Saint-Hilaire : le second écrit sur les Principes philosophiques de l'unité de composition; Cuvier sur la variété de composition dans les animaux.

Grèce. — Étroites limites fixées conformément à la convention de Londres du 22 mars 1829. Wellington reconnaît sa complète indépendance (4 janv.). — Léopold de Saxe- Cobourg , veuf d'une fille du roi George IV depuis 1817 , choisi par les puissances protectrices pour être roi (3 févr.), résigne la couronne (21 mai). — La conférence ouverte à Londres, en nov., propose d'étendre la frontière du nord. — Révolte à Syra , une des Cyclades , et dans le Malna ou Magne en Morée. — Pénurie du trésor public, insuffisance des souscriptions envoyées de l'Occident. — Samos, qui s'affranchit, veut se réunir à la Grèce.

Italie. — Après la révolution parisienne, troubles en Savoie, à Annecy, réprimés par le roi. — Mort du roi de Naples, François Ier (8 nov. ). Ferdinand 11 lui succède à vingt ans et demi. — A Rome, mort de Pie VIII ( 30 nov. ) ; vacance jusqu'en févr. Tentative de soulèvement pour changer le gouvernement.

Hfexlque. — Après la déposition du général Guerero, guerre civile :

il veut ressaisir le pouvoir, sera fusillé en 1831.

Pays-Bas, Belgique et Hollande. — De Potter, qui a déjà été incarcéré pour ses écrits contre le roi, est accusé de nou\eau de haute trahison et exilé pour huit ans. 11 vient à Paris (30 avril). — Le roi permet le libre usage de la langue française dans les tribunaux (4 juin).

—Après les journées parisiennes, révolution à Bruxelles (26 août): les troupes royales sont chassées. Cependant les Belges, tout en négociant leur séparation de la Hollande, songent à preudre un roi dans la maison d'Orange. Leprince Frédéric, second filsdu roi Guillaume, marche avec des troupes sur Bruxelles : bataille dans les rues, victoire du peuple (25 sept.). Insurrection de toute la Belgique, défaite des troupes hollandaises. Le roi déclare qu'il restreint son autorité aux provinces du nord (20 oct.) :

Luxembourg et Anvers ne veulent plus le reconnaître. — Intervention des puissances qui avaient contribué à la formation du royaume -uni, Prusse, Angleterre, Autriche, Russie , France : conférence de Londres. Armistice (4 nov.). Le nouveau gouvernement français réunit cinquante mille hommes à la frontière belge pour empêcher toute intervention armée des puissances. — Suspension d'armes favorable aux Belges; ils gardent leur territoire comme en 1814 (17 nov.), mais le Luxembourg doit rester à la Hollande. — Les Belges adoptent la monarchie constitutionnelle, mais excluent la maison d'Orange; incertitude sur le choix d'un roi. L'autorité ecclésiastique est déclarée indépendante du pouvoir civil en récompense du concours que le clergé a prêté à la cause de l'indépendance.

Portugal. — Mort de la reine mère (6 janv.). État déplorable des finances et de l'armée. Le roi don Miguel est sur le point de livrer à l'Angleterre, pour s'acquitter de ses dettes, les deux tiers des droits d'entrée sur les objets de commerce. — Une régence s'établit, au nom de la

768 Xï*e SlfcCLE

reine don a Maria , dans llle de Terceira, sous la direction de Palmella { 15 mars). — Dona Maria est allée rejoindre son père au Brésil.

ru Mie. — Mortalité causée par le choléra-morbus. qui a traversé la Perse, a éclaté à Tiflls (juin), à Astrakhan (Juill.),* Saratov ( août ) , à Kaxan (sept.), à Moscou (oct.). — Soulèvement de la Pologne, au moment où l'empereur prépare une expédition contre le gouvernement français de juillet. Révolution a Varsovie (29 nov.); le grand-duc Constantin est forcé de quitter la Pologne. Formation d'un gouvernement provisoire. Diciature donnée à Clopicki, ancien soldat de Napoléon ( 6 déc).

Les Polonais voudraient la réunion de toutes les anciennes provinces et l'invasion immédiate de la Lithuanie :

mais Clopicki restreint la révolution dans les huit palalinats de la Pologne russe , et négocie avant de combattre. Diète à Varsovie (19 déc.) ; elle conlirme à Clopicki la dictature qu'il avait déposée ; Czartoriski , Radzivil, Ostrovski participent au gouvernement. Armée de cent cinquante mille hommes. Proclamation de l'empereur contre les Polonais (24 déc). Ils combattront sans alliés.

gulaae. — Agitation démocratique à Bâle, à F ri bourg (oct., déc). Dans plusieurs cantons, révision de la constitution. La France et l'Autriche qui, après juillet, défendent des principes différents, sont sur le point de violer la neutralité de la Suisse. La neutralité est consacrée par une diète extraordinaire de Berne (25 déc).

Turquie. — Milosch , chef des Serbes dans la guerre d'indépendance, est déclaré par les Serviens prince héréditaire.

JËtatts-tlnl*. — Réconciliation avec l'Angleterre. Entente commerciale. — Deux tribus d'Indiens, les Chactas et les Chisakaws , dont les terres sont déjà couvertes de colons

APRÈS J. C

chrétiens, se retirent an delà du territoire de l'Union à l'ouest du Mississipi. — Prétentions sur une partie du territoire mexicain du Texas. — Le président Jackson, dans son message, annonce un projet de modification à la constitution touchant l'élection présidentielle (7 décembre) : projet sans résultat.

Allemagne. — Le grand-duc de Hesse-Cassel accepte la constitution (janv.). 11 sera forcé de nommer régent son fils, Frédéric-Guillaume ( 30 sept. ). — Troubles dans le Hanovre: le duc de Cambridge, nommé vice-roi par le roi d'Angleterre (22 févr.), donne une constitution. — Le choléra-morbus éclate à Dantxick, et se répand dans l'Allemagne septentrionale.

Amérique du »ud. — Début de la première assemblée législative de la Bolivia(24 juin). La république est reconnue par la France. Paix avec le Pérou. — Depuis la monde Bolivar, supériorité du parti fédéraliste à la Colombie; rappel du général Santander, qui avait été banni à perpétuité par Bolivar en 1828. Les représentants des provinces centrales, réunis en convention à Bogota , brisent l'indivisibilité de la république colombienne (20 oct.). et, par une loi fondamentale, proclament la séparation de Venezuela d'avec la Nouvelle- Grenade : la décision est ajournée pour les peuples de l'Équateur ( 17 nov.). On réserve aussi d'établir un lien fédéral entre les diverses parties de la Colombie démembrée.

Angleterre. — Agitation causée par les demandes de réforme parlementaire ; on parle de droits de l'homme , de suffrage universel , de l'abolition de la pairie et de tous les privilèges héréditaires; proposition de refuser les subsides à la couronne.

— Bill de réforme, présenté par le ministre lord John Russel le irr mars, rejeté par les communes le 19 avril;dissolutionïlanouvellechambre

vote le bill, les pairs le rejettent. — Soulèvement à Bristol; Wellington y est brûlé en effigie. — Invasion du choléra (oct.). — Population en Angleterre et eu Écossc : 10 500 000.

Angleterre, Belgique, France et Hollande. — Indécision du congrès de Belgique pour le choix d'un roi : deux candidats présentés par le congrès, le duc de Nemours, second fils du roi des Français, et le duc de Leuchtemberg, fils d'Eugène Beauharnais. Le duc de Nemours est choisi (3 févr.); son père refuse, le 17. Léopold de Saxe-Cobourg, désigné alors, est accepté par la conférence de Londres(4 juin) ; il est convenu que le Luxembourg et le Limbourg appartiendront à la Belgique.

Léopold Ier prête serment à la constitution et Jure de maintenir l'intégrité du territoire. — Invasion de la Belgique parles filsdu roi de Hollande et par le prince de Saxe-VVeimar (5 août) ; faciles succès. Intervention armée de la France; cinquante mille hommes sous le maréchal Gérard; retraite des Hollandais. Suspension d'armes; nouvelles négociations. — La conférence de Londres formule le traité des vingt-quatre articles qui laisse à la Hollande une partie des territoires du Luxembourg et du 1, imbourg avec Maestricht, partage la dette publique des pays belges entre la Belgique et la Hollande, déclare libre la navigation du Hhin et de l'Escaut , restitue Anvers à la France (15 oct.). La Hollande n'y adhère pas. L'Angleterre et la France veulent le lui imposer (WocU); et, en le plaçant sous la garantie des cinq puissances signataires, elles en prescrivent la ratification par la Hollande dans les deux mois(i5 nov.). La conférence décide la démolition de cinq forteresses de Belgique qui sont entretenues contre la France depuis les traités de 1815, Menin, Ath,Mons, Philippevllle, Marienbourg (14 déc). L'armée française reste aux frontières.

Angleterre et France.— Traité

pour la répression de la traite des noirs ( 30 nov.) : un droit de visite réciproque pourra être exercé à bord des navires de l'une et de l'autre nation, les bâtiments de guerreexceptés, le long de la côte occidentale d'Afrique, autour de Madagascar, de Cuba, de Porto-Rico, près des côtes du Brésil.

An triche et Italie* — Élection de Grégoire XVI (2 févr.).— Le 3, mouvement insurrectionnel à Modène ; le duc s'enfuit à Mantoue. Le 4, révolution à Bologne, dans les États de l'Église; établissement d'un gouvernement provisoire, formation de la garde nationale; l'archevêque, le prolégat, les troupes du pape se retirent ; le 7, insurrection à Fer rare. Le 14, l'archiduchesse Marie-Louise est chassée de Parme. Plusieurs villes des Etats pontificaux, Urbin, Pcsaro, Pérouse, Spolète, Terni, Narni, adhèrent au gouvernement des provinces-unies de l'Italie, dont le siège est établi à Bologne (25 févr.) : Vicini est nommé président, Zucchl généralissime.

— Malgré la protestation de l'ambassadeur de France à Rome, trente mille Autrichiens, sous le générai Frimont, envahissent l'Italie centrale. Rétablissement des souverains de Parme et de Modène. Les Autrichiens à Ferrare et à Bologne (21 mars). Le pape, en signant la convention d'Ancône (2? mars), promet aux insurgés amnistie pleine et entière ; il exercera cependant des représailles.

nréttll et Portugal.— Don Miguel traite en ennemis les Anglais et les Français; il les croit complices des défenseurs de Terceira, Ile dévouée à dona Maria. Demande de réparation de la cour de Londres (mai). L'amiral français Roussin prend les vaisseaux portugais dans l'embouchure du Tage ( 1 1 juiil. ).

Don Pedro est revenu en Europe pour défendre les droits de sa fille; avant de quitter le Brésil il a abdiqué la couronne impériale en faveur de son (ils, Pedro H, âgé de cinq ans. Il

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

est reçu en Angleterre, et en France où il passe les derniers jours de juillet ; une expédition à laquelle doivent prendre part des réfugiés portugais, des volontaires français , anglais , irlandais, est favorisée sous main par l'Angleterre ( août ); la France empêche l'Espagne de soutenir don Miguel. 11 réprime cruellement de nouvelles révoltes à Lisbonne. Occupation des lies Açores, voisines de Terceira, par Villaflor, au nom de don Pedro. — Au Brésil, malheureux effets d'une minorité. Institution d'une garde civique, mal accueillie par les nègres et les mulâtres, et par les troupes régulières (juill.). Insurrection sanglante à Fernambouc, à Rio- Janeiro ( sept. - oct. ) ; exaspération des gens de couleur. — La traite des noirs est abolie au Brésil (7 nov.).

Danemark. — Effet tardif des promesses de 1816 ( 28 mai): quatre assemblées provinciales doivent être établies : lu pour les Iles danoises; 2° le Jutland; 3° le duché de 1 Slesvig; 4° le duché de Holstein; elles seront composées de membres élus directement par les propriétaires. Dans le Holstein et le Slesvig, demande de la noblesse et des prélats pour une constitution et une diète communes.

Espagne* — Influence prédominante du parti apostolique auprès de Ferdinand VIL — Tentative de Torrijos; il débarque à Algésiras ; répression cruelle.

Ktnts-unlfl* — Proposition de reviser le tarif des droits de douanes qui doublent le prix des marchandises européennes pour le planteur du sud, et exposent par réciprocité les produits américains à acquitter des droits considérables en Europe.

France. — Éléments d'agitation religieuse et politique : les saint-simoniens; les républicains démocrates; les apôtres d'une Église française ; M. Lamennais, dans le journal l'Avenir, propose la réforme de l'É-

glise.— Manifestation légitimiste dans l'église de Saint - Germain l'Auxerrois (13 févr. ) : le peuple saccage l'archevêché de Paris; les croix sont arrachées des dômes et des flèches des églises. — Retraite de M. Laffitte. Nouveau cabinet : Casimir Périer, premier ministre, avec MM. Sébastiani aux affaires étrangères; Soult, à la guerre ; baron Louis , aux finances ; Barthe , à la justice; Montalivet , à l'instruction publique et aux cuites; d'Argout, au commerce et aux travaux publics ; de Rigny, à la marine (16 mars). Vigueur et habileté de Casimir Périer. — Une loi bannit à perpétuité les Bourbons de la branche aînée (24 mars). — Premier procès du parti républicain devant la cour d'assises de Paris (avril): acquittement par le jury.— La chambre d'abord prorogée est dissoute ( 3 mai ). — La France reconnaît dc\oir aux États - Unis vingt-cinq millions, en indemnité des dommages que les décrets de confiscation de Napoléon, dans sa lutte contre l'Angleterre (1806-1807), avaient causés au commerce américain. — Nouvelle législature ( 23 juill. ) :

l'opposition recrute le général Lamarque, Fr. Arago, Duvergier de Hauranne, Thiers, Garnier-Pagès.

— Casimir Périer tient tête aux républicains dans la rue, et dans la presse ; il arrête les mouvements des carlistes au sud et à l'ouest de la France. — Après la prise de Varsovie par les Russes, troubles à Paris (20 sept.). — La loi qui abolit l'hérédité de la pairie est votée par les deux chambres ( 18 oct. , 28 déc). — Sanglante insurrection à Lyou (22 nov.):

les ouvriers en soierie avaient demandé l'établissement d'un tarif; leur devise était : vivre en travaillant ou mourir en combattant. — En Algérie, nouveau commandant en chef, le général Berthezène, qui avait contribué à la conquête en 1 830. Expédition de Médéah contre les Arabes et les Kabyles, redoutables habitants des montagnes (juin). — Population , 32 569 223 âmes. —

XIXa SIÈCLE

Noire-Dame de Paris, roman de M, Victor Hugo.

Grèce. — Discordes sanglantes* Capo d'Istria , toujours suspect de dévouement à la Russie, est aux prises avec la famille des Mavromicali, chefs des Maïnotes, avec Miaulis, Mavrocordato , Conduriotis. Ces derniers soulèvent les Iles d'Hydra et de Spetzia. Le gouvernement fait arrêter Pierre Mavromicali. Miaulis surprend 111e de Poros, au sud d'Égine (23 août). Assassinat de Capo distria dans une église (9 oct. ); les coupables, le frère et le fils de Pierre Mavromicali , perdent la vie. Le frère de Capo, Augustin, lui succède :il est d'abord d'accord avec Colocotroni et Coletti; il préside rassemblée nationale ouverte à Argos (10 déc). Contre-gouvernement établi à Hydra.

Pologne et Russie* — La Pologne, après d'inutiles négociations, se décide à la guerre; noble conduite de Lelevel, Clopicki dépose la dictature, Radzivill est nommé généralissime, mais pour trop peu de temps ( 18 janv. ). La régence nationale, sous la présidence de Czartoryski , prononce la déchéance de la maison de Romanov. — Marche des Russes sous Diebilch , le vainqueur des Turcs en 1829 ( 5 févr. ). Faciles succès jusqu'à Praga, aux portes de Varsovie, le 26; le dégel ne permet pas de franchir la Vistule. Invasion du choléra; médecins français en Pologne. Le Polonais Dwernicki se jette au sud-est dans la Volhyuie, et excite un soulèvement qui se propage en Lithuanie et en Samogitie, derrière les Russes; mais battu, il se réfugie en Gallicie (21 avril): il sera désarmé par les Autrichiens malgré le principe de non-intervention admis par l'Autriche et la Prusse. Diebilch vainqueur du nouveau généralissime Skrzynecki , à Ostrolenka , près de la Narev (2G mai), marche à Pultusk , au nord de Varsovie. Il y meurt peut-être du choléra (10 juin), comme le grand-duc Constantin en Lithuanie, à Minsk, le 27. —Nouveau

APRÈS J. C. 771

généralissime russe, Paskewitz. Scènes anarchiques à Varsovie entre les , chefs polonais ; Dembinski est fait généralissime. Après la nuit du 15 août, Krukowiecki est fait dictateur. Paskewitz, qui a passé la Vistule, livre l'assaut à Varsovie (6 et 7 sept.). Abdication de Krukowiecki. Capitulalion de Praga (8 sept.) ; elle est consentie par Malachowski. La Pologne a encore une fois cessé de vivre, il ne reste que l'état libre de Cracovie. Émigration de Polonais en Allemagne, surtout en Prusse.

Suède* — Pour éviter le choléra, interruption de toutes relations avec les états voisins; établissement de sociétés de tempérance.

Bulfiiie* — La liberté de la presse, Pégalilé des droits politiques, la publicité des délibérations sont admises dans la plupart des cantons. — Sur le territoire de Râle, beaucoup de communes de la campagne qui ne peuvent pas faire reconnaître leurs droits, forment un conseil séparé à Leichstall , au sud-est de la ville (août). — A Neufchâtel, tentative sans succès contre la souveraineté prussienne (oct.).

Turquie* — Les réformes de Mahmoud sont mal accueillies : le peuple y répond par des incendies ; embrasement du quartier de Péra, à Constantinople ; révolte en Macédoine, à Scutari, ville de Bosnie; à Ragdad.

Peste et choléra. — Le pacha d'Égypte fait attaquer la Syrie par son fils Ibrahim sous prétexte de venger une insulte personnelle contre le pacha de Saint-Jean d'Acre (oct.-déc).

Allemagne. — Beaucoup d'associations patriotiques. Célébration bruyante de la fête anniversaire de la constitution bavaroise de 1818, à Hambach , dans la Ravière rhénane (27 mai). — Après les journées insurrectionnelles des 5 et ti juin à Paris, décret sévère de la diète en faveur des droits des souverains (28 juin).

Décret pour limiter la liberté de la

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

presse, Interdire les réunions politiques, les associations et fêtes populaires (5 Juill.); ,e* princes sont invités à se réunir pour la défeuse commune. — Mort de Goethe: sa sépulture à Weimar auprès de Schiller et de leur protecteur le prince Charles-Auguste.

Amérique du sud# — Le parti des fédéralistes l'emporte dans les provinces argentines de Cordova, de Corrientes, de Mendoza , de Santiago de l'Estero. — Courses des tribus indiennes dans la Cisalpine : la tribu des Char ruas est détruite. Factions vaincues par le président Ribera (juin-août). — Les trois républiques distinctes de la Colombie ont chacune leur président; Venezuela le général Pacz, la Nouvelle-Grenade le général Santander, l'Equateur, qui comprend le pays du sud, le général Florès ( mars ). Projet d'alliance fédérale (10 mars} , admis par le congrès de Venezuela à Caracas (29 avril), et, après une courte guerre pour des questions de territoire , par la Nouvelle-Grenade et l'Equateur (8 déc).

Angleterre ^ Autriche, Belgique, rrance, Ciré ce, Hollande, Italie, Prusse et Russie.

— Complication des questions belge et italienne. Le traité de Londres du 15 nov. 1831 est ratifié sans condition par la France et l'Angleterre (31 janv.); les trois autres puissances qui ont contribué à la formation du royaume de Belgique, la Prusse, l'Autriche et la Russie , n'y accéderont que sous réserve (18 avril, 4 mai). — La France, pour ne pas laisser les habitants des légations à la merci des troupes autrichiennes et des vengeances pontificales, a occupé Ancône de vive force (22 févr.). — Influence de la France en Grèce, par le parti constitutionnel de Coletti. Les trois puissances protectrices, Russie, Angleterre et France, dans la conférence de'Londres, désignent au choix des Grecs un prince allemand, le second fils du roi de Bavière, Othon,

âgé de 17 ans (févr A Les Grecs l'acceptent pour roi (mars) : une régence gouvernera jusqu'à l'époque de sa majorité fixée au 1er juin 1836. La frontière du royaume est étendue au nord, avec le consentement de la Porte; elle sera formée par une ligne tirée de l'ouest à l'est, du golfe d'Arta au golfe Yolo, en renfermant Zeiloun et l'Ile de Négrepont. Rivalité entre Augustin Capo d'islria qui est le président d'un congrès tenu à Napoli di Romanie (Nauplie) et Coletti, qui installe une nouvelle régence constitutionnelle et fait occuper des forteresses par les Français. — La dynastie de. juillet est moins jalouse de son influence en Italie qu'en Belgique. Les Français admettent dans Ancône des troupes pontificales (Ier août); ils ne peuvent plus s'opposer à de nombreuses proscriptions.—Mariage du roi' des Belges avec la fille aînée du roi Louis- Philippe, la princesse Louise (8 août).

La Hollande n'accédant pas au traité du 15 nov., une flotte anglo-française sous Malcolm, malgré les protestations de l'Autriche, delà Prusse et de la Russie, va bloquer l'Escaut (8 nov.); une armée .française sous le maréchal Gérard investit la citadelle d'Anvers (15 nov.), qui est prise malgré la défense du général Chassé (23 déc.). — Kn Grèce, après de nouvelles luttes de parti, le congrès de Nauplie reconnaît le roi Othon (8 août), mais, contre la volonté des trois puissances, rédiçc une constitution que le roi doit adopter. Le roi ne viendra qu'en 1 £33. Le parti anglais a pour chef Mavrocordato. — En Italie, découverte d'une conspiration qui devait appeler aux armes toute la péninsule (22 nov.).

Angleterre. — Le bill de réforme parlementaire est encore arrêté par les chambres. Retraite du ministère whig (9 mai) ; Wellington essaye vainement de former un cabinet. Retour de lord Grey (18 mai); John Russel fait enfin adopter le bill

XIXa SIÈCLE

même par les pairs (4 juin). Le droit d'élection est donné à quiconque , domicilié en Angleterre , paye un loyer de 1260 francs dans les comtés , de 260 dans les bourgs ; et , même, pour les bourgs, sans considération de loyer, aux citoyens admis aux franchises d'une ville, aux membres des corporations municipales, aux personnes taxées pour les pauvres ; pour les comtés, aux clercs de paroisse, aux maîtres d'école, aux ministres dissidents, à certains officiers publics. Tout bourg au-dessous de mille habitants perd le droit de représentation , ce qui fait disparaître GO bourgs pourris, en réduit 47 à un seul représentant; au contraire vingt-sept villes, Liverpool, Manchester, etc., et de nouveaux quartiers de Londres élisent des députés en raison de leur population. Le nombre des députés à élire est proportionné à l'impôt des terres et surtout à celui des maisons. En tout , 668 députés, dont 106 pour l'Irlande, 54 pour l'Ecosse. Il n'est question ni de suffrage universel, ni de scrutin secret, ni de l'abréviation de la durée des parlements. — Fin du voyage d'exploration du capitaine Ross : il a reconnu en entier, au nord de l'Amérique septentrionale, le détroit du Prince-Régent, qui est à l'ouest de la terre de Baffin.

Mréall. — La régence de don Pedro 11 se défend contre les fédéralistes (mars) et contre les partisans de l'ex-empereur (avril, oct.).

Kxpajçne. — Grave maladie de Ferdinand VU (20 sept.) ; il confie le pouvoir à sa femme qui gouverne avec Zea Bermudes (6 oct.). Les carlistes pris les armes à la main sont fusillés.

Ktata - Unis. — Choléra très-violent depuis juin. — Questions financières irritantes. Le président Jackson , en haine de l'aristocratie commerciale , refuse sa sanction au renouvellement de la charte de la banque fédérale (10 juill ). L'Union

APRÈS J. c. 773

est sur le point de se dissoudre à l'occasion du bill de réduction des droits de douanes, qui ne satisfait pas les tftats agricoles du sud, le 14 : la législature de la Caroline du sud rejette ce tarif. A l'ouverture du congrès, message modéré et ferme du président, qui était assuré alors d'être réclu (5 déc).

France— Réforme du code pénal; introduction des circonstances atténuantes (28 avril). — Ravages du choléra, de mars à sept. Il emporte Casimir Périer (16 mai) et 18 402 victimes.— La duchesse de Berri, venue d'Italie, a traversé la France pour soulever la Vendée au nom de son fils Henri V (mai) ; l'insurrection est étouffée. La duchesse se réfugie à Nantes. — A Paris, prise d'armes des républicains le jour du coinoi du général Lamarque, journées des 6 et 0 juin, mise en état de siège.— Mort du duc de Reichstadt , fils de Napoléon à Schœnbrunn , en Autriche (22 juill.). — Procès des sain t- si m oniens qui pratiquaient la vie commune à Ménilmontant, près de Paris, sous la direction de* M. Enfantin (27 août). Condamnation , emprisonnement, dispersion de la famille. — Activité de l'école de Fourier; les sectaires rédigent un recueil périodique: la Réforme industrielle ou le Phalanstère, pour protéger l'association en phalanges.— Nouveau ministère : MM. Soult, président, à la guerre ; de Broglie , aux affaires étrangères; Thiers , à l'intérieur; Guizot , à l'instruction publique ; Humann , aux finances; Barthe, à la justice (1 1 oct.). — Arrestation delà duchesse de Berri à Nantes (7 nov.) :

elle sera retenue prisonnière au château de Blaye, au nord de Bordeaux.

— Ouverture des chambres, coup de pistolet tiré sur le roi (19 nov.).

— En Algérie, nouveau commandant en chef, le duc de Rovigo, Savary. Prise de Bone (mars). Oran est bien défendue (mai); les approches d'Alger sont protégées contre les pillages des Arabes (sept. -oct.).

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

Travaux intérieurs. — Mort de Champollion (4 mars); de G. Cu vier ( 1 3 mai).

Mexique. — Insurrection du général San ta- Anna à la Yera-Cruz (janv.). Il reconnaît cependant pour président constitutionnel le général Gomès Pcdraza qui doit rester président jusqirau l*r avril 1833 (nov.déc); les élections nouvelles se préparent en faveur de Santa-Anna.

Portugal. — Premiers succès de don Pedro ; conquête d'Oporto , (8 Juill.). Don Miguel l'assiège Inutilement. Charte constitutionnelle au nom de dona Maria II. Pal niella va négocier en Angleterre pour la reine, que soutiennent l'amiral Sartorlus et le comte de Villaflor. Don Miguel, pour s'attacher le parti clérical, rétablit les jésuites (30 août).

— Violence du choléra.

Basile* — La Pologne est réunie à l'empire russe (25 févr.). Paskewitz, qui l'a reconquise et la gouverne , a été nommé prince de Varsovie.

gulM#e« — Les communes de la campagne de Baie protégées par la diète (12 mai) forment un canton distinct, Bâle-Campagne (22 août).

Cette séparation n'est pas approuvée par Lucerne, Uri, Schwitz, Unterwalden, Valais, Ncufchatel. Les trois cantons primitifs , LTri, Schwitz, Unterwalden ne se sont pas fait représenter à la réunion du Rutli, destinée à rétablir la concorde (12 août). — Projet de réforme fédérale présenté à la diète constituante qui se tient à Lucerne (15 déc. ) : rapport de M. Rossi , citoyen de Genève , natif d'Italie, pour l'extension des pouvoirs de la diète; l'établissement d'une cour fédérale; l'élection pour quatre ans d'un magistrat suprême, landamman , assisté d'un conseil ; l'uniformité des poids , mesures et monnaies ; l'égalité de traitement entre les citoyens ; la suppression des douanes intérieures; le choix d'une capitale fixe. Il n'a pas de suite.

Turquie. — Invasion triomphante

des provinces de Syrie et d'Asie Mineure par Ibrahim, le fils du viceroi d'Égypte. Prise de Saint-Jean d'Acre (21 mai), de Damas (13 juin); victoire à Hems sur Hussein-Pacha, l'exterminateur des janissaires; prise d'Antakieh (ancienne A mioche) f Ier août). L'émir Beschir, chef des Druses du Liban, n'a pu l'arrêter.

Au delà du mont Taurus , à l'ouest de la province de Caramanie , à Konieh , victoire sur le grand vizir Reschid-Pacha , célèbre dans les guerres contre les Grecs et les Russes, qui est fait prisonnier (21 déc).

11 est sur la route de Conslantinople,

Allemagne, Autriche et Prusse.- L'agitation révolutionnaire, entretenue par les associations patriotiques, fait tort à l'opposition constitutionnelle qui combat les décrets de la diète de juin et juillet 1832 dans les chambres de Wurtemberg et de Bade (mars).— Mouvement tenté à Francfort par les associations arminienne et germanique (3,4 avril). Les étudiants, la presse, les réfugiés polonais sont l'objet de mesures sévères de la part de la Prusse, de Bade, de Wurtemberg, de Bavière. Une association générale des burchenschaflf, ou sociétés secrètes, est découverte à Tubingue , dans le Wurtemberg ( 22 juin ) ; arrestations et bannissements en Wurtemberg, en Bavière, en Autriche. La diète établit un tribunal central, composé par l'Autriche, la Prusse et la Bavière, pour arrêter les essais de révolution (8 août). Congrès de diplomates, représentant les souverains, à Tœplitz, au nord-ouest de la Bohême ; congrès des souverains de Prusse, d'Autriche et de Russie à Mûnchengratz, au nord-est de Prague (aoùt-sept.).

Les réfugiés polonais, à la demande du czar, doivent quitter la Prusse cl l'Autriche pour passer en Amérique ( 27 oct., 2 nov. ). — L'union corn • merciale ou zollvcrcin , essayée par

les traités de 1829 , est reconstituée et étendue par de nouveaux traités entre la Prusse , la Bavière, le Wurtemberg, le royaume et les duchés de Saxe (22-30 mars). Les chambres du royaume de Saxe adoptent le traité de douane avec la Prusse (17 sept.).

Amérique do sud. — A la Plata, guerre contre les tribus indiennes de l'ouest, qui menaçaient surtout les états fédérés de Cordova et de Santa- Fé.

Angleterre* — En Irlande, provocations ardentes d'O'Connell pour demander le rappel (repeal) de l'acte d'union du 1 «' janvier 1 80 1 , et la convocation d'un parlement irlandais séparé (janv.). Ouverture du parlement-uni ,• reconstitué sur les bases de la réforme (29 janv.). O'Connell y réclame la séparation , et menace l'Angleterre d'une révolte de l'Irlande.—Bill du parlement, plus sévère contre les Irlandais (6 mars). — Occupation des lies Falkland ou Malouines, près de la Terre de Feu (juin).

Angleterre et France. — Convention supplémentaire , conclue à Paris, pour préciser les cas où peut s'exei oer le droit de visite réciproque et les caractères propres à faire reconnaître les bâtiments de commerce qui se livrent à la traite des noirs ou qui sont armés pour ce trafic (22 mars).

Angleterre, Belgiqne^Franee et Hollande. — La solution de la question hollando-helge est toujours différée. La Hollande entrave la libre navigation de l'Escaut. Attaque combinée des flottes de France et d'Angleterre, empêchée par une tempête (27 mars). La Russie, la Prusse et l'Autriche se font médiatrices pour la Hollande. L'embargo mis sur les vaisseaux hollandaisest levé (21 mai).

Préliminaires de paix entre la Hollande et la Belgique (6 juin ). Nouveaux dissentiments au sujet de Maastricht et du partage du Luxembourg : menaces de guerre (oct.-nov.).

Brésil. — Au nord-ouest, à Para, horribles massacres commis pendant trois jours contre les Portugais par les gens de couleur. Intervention courageuse des consuls de France et des États-Unis.

F*pa «ne. — La cause dynastique et constitutionnelle des christinos n'est pas soutenue franchement par le ministre Zea Bermudes (mars).

Don Carlos, banni par le roi son frère en Portugal, prend le titre de légitime héritier du trône (18 avril)N Décret de bannissement perpétuel à* Rome. Ferdinand VII renouvelle la déclaration faite en faveur de sa fille, enfant de quatre ans (20 juin). Il meurt (29 sept). Avènement d'Isabelle II; régence de Marie-Christine, sa mère, avec un conseil composé, en majorité, de ministres libéraux, auxquels est adjoint Zea Bermudès.

La reine est reconnue par la France et l'Angleterre. Les carlistes proclament Charles V et se révoltent (ocl.), surtout dans les provinces basques et la Navarre : les Bourbons de Naples et de Lucques, d'origine espagnole, protestent contre l'avénement d'Isabelle. Don Carlos, poursuivi jusqu'à Bragance , sur les terres portugaises, parvient à fuir (14 déc).

KtatM-Unlfl. — Loi de compromis, dite loi de Clay, qui l a proposée le 1 2 févr., pour réconcilier la Caroline du sud ; elle est volée par les deux chambres (févr.-mars), signée par le président le 2 mars. Le nouveau tarif de douanes est décroissant. Jackson prend possession pour la seconde fois du pouvoir présidentiel. Sur la question de la banque fédérale, l'Union se partage en deux camps. Le président, qui est hostile à la banque, en fait enlever, sans l'avis et en l'absence du congrès , les dépôts du gouvernement.

France. — Irritante question des forts détachés, que le gouvernement veut faire construire autour de la capitale comme moyen de défense.

Les rédacteurs de la Tribune sont appelés devant les pairs pour répon-

776 XUe SIÈCLE APRÈS J. C.

dre d'articles offensants (avril)-Les mandant en chef, le général Voirol. réfugiés polonais , qui paraissent ©Père« — Arrivée du roi Othon dangereux à tous l*»s gouvernements, , g f^vr. ). Il est reçu avec enthou^ inquiétés en France , se retirent sur &IasmCt* Trois régents l'accompale territoire suisse (30 avril). L Au- t Amnistie générale. Défense triclie n'en veut pas à la frontière du dft porlcr dos armes. Formation d'un canton du Tessin (12 niai). Ils sont ministcre> organisation du royaume, invités à retourner en France pour j^jsjo,, en lrojs provinces : Morée, être envoyés de là en Amérique , à li vadie, les lies ( Ier mars); cour de Alger , en Angleterre , en Portugal , t|Jslice a ^aUplie^ Missolonghi, Thèen Égypte ( 8 nov. ) ; on veut les y bcs (6 mars). un conseU d*Élal ; diviobiiger, ils refusent ( 1 1 déc). — Au sion en dix départements ou nomes, château de Blaye, la duchesse de Bern quarante-sept provinces ou épar- (pii a déclaré (22 févr.) être mariée cnjcs. Athènes sera le siège du gousecrètement au comte Lucchesi Palli vcrnemcnt. Dissolution de toutes les met au inonde une lille (10 mai). Le troUpCS grecques, régulières et irrégouvernement lui permet de partir gu||cres (1er mai) ^es Palicares jouispour la Sicile (juin). — Travaux des ^ de ramnjslje sont admis dans la chambres. Loi pour rétablissement, gondarmerie juin). — Ordre de aux colonies, de conseils auxquels £heYalerie du Sauveur ( Ier juin). — peuvent être admis les hommes de |nn-u<»nce des jésuites déjà établis à couleur (24 avril). Organisation dé- ^égrepont, en AUique,cn Livadie. partementale. Loi sur l'instruction Les percepteurs ont de la peine à primaire présentée le 28 juin. Etude recouvrer l'impôt.— Renouvellement des grandes lignes de chemins de fer des factlons> Disgrâce de Colocoqui peuvent être établies en France. troni. — Un parti hostile à la ré- — Le gouvernement suspend la con- gPnce veut déclarer Othon majeur et struction des forts détachés, consi- )ul jmp0ser une constitution. — Les dérés comme menaçants pour la t|.oupes francaises quittent la Grèce, liberté (juill.). — Danger social. Coah- ès cinq ans d'occupation (11 août), tions d'ouvriers , au sujet des ques- y Église grecque est déclarée inlions de tarif et pour la demande de d(4pendanle (13 août); elle s'orgaréformes radicales (oct.-novA Mani- |l(se dans un synode convoqué à

feste de la société des Droits de Nauplie. Après de nouveaux trou-

l'homme , dont les principes au- |}les^ MaVrocordato et Colelti entrent raient eu l'adhésion de Robespierre ; dam! je méme ministère. Suppression elle n'est pas éloignée de la loi des journaux politiques (déc.).— Acagraire et du partage des biens. La (|UjUement à la Porte de l'indemnité Phalange remplace le Phalanstère promise p0ur l'extension des fron-

comme organe de la doctrine des l|eres La régence demande des

fouriéristes. — En Algérie, Abd-el- so|dat*s a ja Bavière et à la Suisse Kader, émir de Mascara, au sud-est . lol ,a la G,.ece. d'Oran, depuis la On de 1832, étend 1 1

son autorité sur toute la province; italle.-Mcnées révolutionnaires considéré comme un envoyé de Dieu, contre les gouvernements. A Oenes il combattra avec succès pendant et dans le Piémont, arrestations et quinze ans. Les Français prennent à condamnations capitales(l 3, 17 juin). Pesld'Oran la position maritime d'Ar- La conspiration de la Jeune Italie est zew(5juin), et s'établissent définitive- organisée par Mazzim et par e réfument à Mostagancm, entre Arzew et gié polonais Ramonno, dont la lal'embouchure du ChélifT ( juill.-aoùt). mille est originaire de Savoie. 1 en- Dans la division de Bone , lutte avec tative contre Parme, réprimée par le bev de Constantine ; prise du port les Autrichiens (27 oct.). La prede Bougie (oct.). Nouveau corn- sence des Français à Ancône rassure

XIXe SIÈCLE

ires populations contre l'absolutisme pontifical.

Mexique. — Présidence deSanta- Anna, le candidat des démocrates.

Nouvelles insurrections (mai): un parti veut le faire dictateur; d'autres combattent pour le renverser, Santa-Anna réprime les rébellions (oct.). — Bavages du choléra. — Le congrès réhabilite la mémoire d' Augustin Ilurbide, un des principaux auteurs de l'indépendance, supprime l'obligation de payer les dîmes ecclésiastiques, rompt les vœux monastiques. — Nouvelle 'menace d'insurrection du général Bravo.

Portugal. — La guerre continue entre les deux frères. L'Angleterre prête plus (f lie la France un concours actif à don Pedro. Oporto souffre des attaques incessamment renouvelées de don Miguel, de la famine, du choléra. Yillaflor, duc de Terceira, et Palmella soumettent en courant les Algarves (juin); le capitaine anglais Napier, qui a remplacé Sartorius, détruit la flotte niiguéliste à la hauteur du cap Saint-Vincent au sudouest de celte province (5 juill.) ; marche du duc de Terceira sur Lisbonne , il y est reçu avec enthousiasme le 24 : dona Maria et la charte constitutionnelle sont proclamées.

Oporto est vainement attaquée au nom de don Miguel, par le général français Bourmont, qui ne reconnaît pas la dynastie de juillet (2G juill.). Don Pedro à Lisbonne (28 juill.). 11 s'aliène le clergé en renvoyant le nonce, en supprimant des couvents; le pape l'excommunie. Don Miguel et Bourmont menacent Lisbonne , mais Palmella amène des renforts d'Angleterre. Arrivée à Lisbonne de dona Maria, âgée de quatorze ans et demi ( 1 1 sept. ). Nouvel effort de Bourmont contre Lisbonne, empêché par Saldanha; don Miguel est repoussé au nord-est jusqu'à Santarem (10 oct.), il ne quitte pas encore le Portugal. Funeste rivalité de Palmella et de l'Anglais Napier.

Ru»* le, Servie et Turquie.—

AHiÉs j. c. 777

La Russie offre ses secours au sultan contre les troupes de l'Égypte qui, victorieuses à Konieh , ont été lancées par Ibrahim jusqu'à Brousa.

Floue russe dans le Bosphore ( 20 févr. ) : bientôt quinze mille Busses débarquent à Scutari. Quarante-cinq mille se rendent par terre sur la roule de Constantinople (avril). Vains efforts de la diplomatie française pour soustraire la Porte a ces terribles protecteurs ; notre ambassadeur, l'amiral Boussin, n'a que le vaisseau qui le porte. M. de Varcnues fait cependant accepter, à Kutahich (dans l'Anatolie), par le sultan et Ibrahim, une convention qui a été préparée à Alexandrie avec le concours de l'Angleterre (4 mai). Mais le comte Orloff déclare que l'armée russe restera en Turquie jusqu'à ce qne l'armée égyptienne se soit retirée derrière le" Taurus, le 6. Ibrahim se décide à se retirer, le 24. Traité d'alliance offensive et défensive pour huit ans entre la Russie et la Porte, signé à Unkiar-Skelessl (échelles des officiers du grand seigneur), sur la coie asiatique du Bosphore, au nord-est de Constantinople (20 juin) :

une clause secrète ferme le détroit des Dardanelles à tous bâtiments de guerre étrangers. Progrès des Russes, en soixante ans, marqués par les traités de Kalnardji 1774, Bucharest 1812, Andrinople 1829, Unkiar- Sketessi 1833. — Protestation de la France et d'Angleterre quand elles connaissent la clause secrète (sept.); elles augmentent leurs forces maritimes. Méhémet-Ali , d'accord avec elles, semble prêt à recommencer la guerre et refuse le tribut promis (1 1 oct.). Le sultan resserre son alliance avec Nicolas, le 17. Méhémet-Ali se décide à payer le tribut (4 nov.). — Déchirements intérieurs de l'empire turc. Révolte de Bosnie et d'Albanie.

Tentative d'insurrection à Constantinople. Fréquents ijicendies. — La Servie obtient du sultan que ses limites soient fixées, que l'impôt annuel soit remplacé par un tribut de cinquantedeux mille ducats (26 août) : le prince

778 XIXe SIECLE

Milosch est confirmé comme prince indépendant pour cinq ans : les Turcs occuperont toujours la citadelle de Belgrade. Utiles réformes de Milosch pendant ses cinq ans de gouvernement : registres de l'état civil rendus aux prêtres partout où habitent des chrétiens; fabriques, ponts, hôpitaux , postes , lycée , imprimerie ; école pour enseigner la langue nationale ; nouveau mode de prisons pénitentiaires.

tïalMe. — Danger de scission.

Concordat formé à Sarnen, ville d'Unlerwalden, par les cantons aristocratiques de Schwitz, Unterwalden, NeufchAtel, Bâle- Ville (1 1 avril]. La révision du pacte fédéral, d'après le projet Hossi, votée par la diète de Lucerne mais rejetée par les confédérés de Sarnen et par les communes rurales de Lucerne, est ajournée. — Nouvelle diète à Zurich , canton du parti démocratique , où vient de s'ouvrir une université; elle défend le droit de Bâle -Campagne contre Bâle - Ville , de Kusnach contre Schwitz (19 juin). Guerre fédérale :

les confédérés de Sarnen sont battus, dissolution de leur ligue. Neufchâtel fait de vains efforts pour se séparer de la Suisse. Les unitaires proposent , à Zurich , la formation d'un conseil fédéral ( 26 déc. ) ; le parti aristocratique réclame , au nom des libertés particulières des cantons.

Allemagne^ Autriche et Prusse*— Le congres, tenu à Vienne par les ministres des principaux souverains de l'Allemagne , porte atteinte aux droits de la diète et de la confédération (du 13 janv. à juin); il traite du commerce, de la presse, des universités , de la révision de la constitution germanique, de l'institution d'une chambre de justice dite tribunal arbitral pour décider en première instance, sans l'intervention de la diète, des différends qui s'élèveront entre le gouvernement et l'assemblée représentative

APRÈS J. C

d'un État La France et l'Angleterre réclament au nom des principes constitutionnels. La France n'est pas admise au congrès, où elle voulait défendre les droits de la Belgique sur une partie du Luxembourg. La diète de Francfort, conformément aux délibérations de Vienne, décrète l'établissement du tribunal arbitral, qui se compose de deux membres choisis tous les trois ans dans les Etats que représente chacune ues dix-sept voix du conseil ordinaire de la diète (30 oct) : la Prusse et l'Autriche, gouvernements absolus, sont ainsi appelés à juger des États constitutionnels. — Dans la Hesse- Darmstadt, l'opposition domine à la chambre des députés , influence de M. de Gagern. De nouvelles élections n'ont pas donné la majorité au grandduc (mai); nouvelle dissolution delà chambre (25 oct.), cette fois le gouvernement l'emportera. — En Autriche, la diète de Transylvanie, ouverte à Clausembourg (20 juin ), demande la réforme des abus de l'Église , la diminution des traitements ecclésiastiques. — En Prusse, l'assemblée provinciale de Posen réclame une charte constitutionnelle et des garanties de nationalité; celle des provinces rhénanes une représentation générale du royaume et le maintien de la législation française.

— En Bavière , une loi présentée à la chambre des députés ( 30 mai ) pour la construction d'un canal destiné à unir le Rhin et le Danube par leurs affluents, est votée ; l'entreprise sera faite par actions. — Bade , Nassau , Francfort refusent d'adhérer au zollverein, ou union douanière avec la Prusse.

Amérique du sud* — Misérable état des finances à Buenos-Aires.

Démission du gouverneur (juin). Le général Rosas refuse le pouvoir. — Dans le Venezuela le congrès décrète l'établissement de la liberté des cultes (18 févr.). — Dans la Nouvelle-Grenade le clergé s'y oppose. Un outrage fait au consul français a Carthagènc

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C. 779

en 1833, est réparé (21 oct.). — Soulèvement à Lima (4 janv.). Guerre civile engagée par l'ancien président du Pérou, Gamarra, contre le nouvel élu, le général Obregoso; défaite des rebelles.

Angleterre* — Les chambres écartent toute pensée du rappel de l'Union (avril). Mais pour diminuer les troubles et la misère de l'Irlande, une motion a pour objet de retirer dans ce pays, à l'Église protestante, une part de ses revenus qui sont constitués surtout en dîmes que payaient les catholiques (2? mai); dissentiment dans le ministère, et dans les chambres. Le gouvernement demande le renouvellement de l'acte de coercition accordé en mars 1833, contre les troubles et les crimes communs en Irlande ( 1er juill. ). Retraite de lord Grey ( 9 juill. ) ; lord Melbourne, président du conseil. — Réclamation de droits par les dissidents de l'Angleterre et par les juifs.

— Motions, sans résultat, pour amender les lois sur les pauvres, diminuer la détresse des classes agricoles, abolir la taxe sur la boisson commune, la bière, favoriser l'importation des grains étrangers. — Émeute manufacturière à Manchester et à Londres. — Clôture de la session.

Nouveau cabinet (9 déc. ) sous la direction de sir Robert Peel; malgré son désir de réforme il s'adjoint encore des partisans de la haute Église et de l'ultra-torysme comme Wellington. Dissolution de la chambre des communes (30 déc).

Belgique. — Adoption, par les deux chambres, d'un projet de chemins de fer ayant Malines pour point central , se dirigeant à Test vers la frontière prussienne par Louvain, Liège , Verviers ; au nord sur Anvers; à l'ouest sur Ostende , par Gand et Bruges; au midi sur Bruxelles et la froutière française, par le Hainaut : ils seront construits par l'État (mars-avril).

Danemark. — Les quatre assemblées d'états, instituées en 1831,

doivent enfin se réunir (mai); elles pourront présenter des propositions et examiner les propositions du roi.

— Adhésion aux conventions de la France et de l'Angleterre du 31 nov.

1831 , du 22 mars 1833 pour assurer la répression de la traite des noirs (26 juill.).

Espagne et Portugal. — Ressemblance de situation des deux jeunes reines; leurs oncles qui prétendent au trône représentent le principe absolutiste; supériorité militaire du parti constitutionnel dans les deux pays. — Le général Saldanha, le duc de Terceira, l'Anglais Napler combattent avec succès pour dona Maria (janv. -avril).

— En Espagne , chute de Zea Bermudès; cabinet Martinez de la Rosa, plus favorable au gouvernement représentatif (16 janv.). Il mécontente cependant par un décret d'amnistie avec réserves (7 févr.), par la formation de milices urbaines sur des bases trop étroites le 16. L'insurrection carliste est toujours forte dans le nord : habileté de Zumalacareggui en Navarre , il use les généraux et les armées christinos. Six décrets royaux suppriment les anciens conseils qui entravaient la marche de l'administration et entretenaient des juridictions abusives (24 mars). Siatut royal pour le rétablissement des cortès (15 avril}: deux chambres ou ordres (estamentos), l'ordre des grands (proceres), l'ordre des mandataires du royaume (proewradores) \ les proceres sont nommés à vie par le roi, les procuradores sont élus pour trois ans; pour être procurador, il faut avoir un revenu propre de douze mille réaux (trois mille francs). — Une armée espagnole sous le général Rodil entre en Portugal pour soutenir la cause de dona Maria contre don Miguel , qui a accueilli don Carlos comme roi d'Espagne (16 av ril) : opération combinée des troupes d'Espagne et de don Pedro. — A Londres , signature du traité de la quadruple alliance (22

XUL° SIÈCLE APRÈS J. C.

avril) : les cours de Madrid et de Lisbonne s'unissent contre don Carlos et don Miguel, avec la coopéralion armée de l'Angleterre et la promesse de celle de la France , si elle était Jugée nécessaire par les parties contractantes.— Don Carlos est bientôt réduit à sortir du Portugal où les miguélistes sont partout repoussés ; il s'embarque pour l'Angleterre (fin de mai). Don Miguel, par une capitulation signée à Evora , doit aussi sortir du royaume. — L'Espagne s'avance dans la voie constitutionnelle :

décret sur les élections des procuradores (20 mai), elles se feront à deux degrés par des juntes d'arrondissement et par des juntes de province.

Nouvelle amnistie plus étendue. Défense de recevoir des novices dans les couvents. — En Portugal , suppression des couvents, sécularisation des moines (28 mai). Convocation des cortès pour le 16 août (28 mai). — Les ambassadeurs des gouvernements absolus, Prusse , Rome , Autriche , Russie, quittent l'Espagne (mai-juin).

— Mais l'Espagne n'est pas pacifiée.

Les carlistes sont toujours en armes; lutte implacable, les prisonniers sont fusillés des deux côtés. Le général Rodil, après l'heureuse expédition de Portugal, revieuteontre eux (juin).

Don Carlos s'échappe de Londres et réparait en Navarre (10 juill.). Suppression de l'inquisition, le 15. Invasion subite du choléra a Madrid, le 16 : égarement frénétique du peuple qui croit les fontaines empoisonnées:

il massacre les moines le 17. Le gouvernement publie la loi martiale. — Ouverture des cortès par la régente le 24. Par un article additionnel au traité de la quadruple alliance , la France s'engage à ne pas laisser passer de secours au prétendant par les Pyrénées (18 août). On n'est d'accord dans les cortès que pour déclarer exclus du trône don Carlos et ses descendants : vote des proceres (3 sept.), des procuradores (8 oct.). Longues discussions dans la seconde chambre sur la dette étrangère. — Les carlistes, dans le nord, fatiguent Rodil

que remplace, sans plus de succès, le général Mina. — Le Portugal se reconstitue. Don Pedro abolit le papier-monnaie (24 juill.); H organise « la garde nationale ; ouvre les cortès (15 août). Les pouvoirs de régent lui sont continués. Mais la reine , âgée de quinze ans, est déclarée majeure, et on lui propose un époux. Don Pedro renonce à la régence ; il meurt à trente-six ans (24 sept.). Ministère sous la présidence du duc de Palmella, le 24. Nouvelle amnistie (20 oct.); mais don Miguel est déclaré banni à perpétuité. Mariage, par procuration , de la reine avec le duc de Leuchtenberg, fils du prince Eugène de Beauharnais (1er déc).

KtAts-fJnla. — Ton insolent du message présidentiel de Jackson , au sujet des vingt-cinq millions que les députés français n'ont pas votés pour acquitter la créance (déc).

France. — Vifs débats à la chambre des députés au sujet de la loi contre les associations , qui étaient une des forces du parti républicain (depuis le M mars); au sujet des vingt-cinq millions que le gouvernement demandait à acquitter aux États-Unis (avril). Adoption de la loi contre les associations (26 mars). Le projet de crédit est rejeté parla chambre, démission du ministre des affaires étrangères, de Broglie (4 avril).

— Insurrections républicaines depuis le 7 avril, surtout à Lyon, où la victoire est chèrement achetée ( 1 2 avril), à Saint-Étienne ; mouvement à Grenoble, Clermont-Ferrand , Vienne, Châlons-sur-Saône, Marseille ; insurrection à Paris (13 avril). Une ordonnance royale charge la cour des pairs du jugement. Suppression de la Tribune. — Mort de La Fayette (20 mai); on lui rendra aux Etats-Unis les mêmes honneurs qu'à Washington. — A la suite de nouvelles élections favorables au gouvernement, Soult est remplacé dans la présidence du conseil et le ministère de la guerre par le maréchal Gérard, qui espère faire décréter une amnistie générale

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

(1S juill.). La chambre, à peine ouverte le 31, est prorogée (16 août) :

question d'amnistie abandonnée. Retraite de Gérard (29 oct.). Un ministère de trois jours (10, 11,12 nov.).

Rentrée de l'ancien cabinet, moins Gérard, que remplace Mortier au ministère de la «uerre : MM. de Rigny aux affaires étrangères, Thiers à l'intérieur, Guizot à l'instruction publique, Humann aux finances, Ducliâtel au commerce. Persil à la justice.— Premières opérations de la cour des pairs dans le procès d'avril.

Violentes attaques du journal le National, rédigé par Armand Carrcl ; il est frappé par la cour des pairs d'une forte condamnation ( déc. ). — En Algérie, le gouverneur, général Desmichels, négocie avec le bey de Mascara, Abd-el-Kader (janv.). A l'est, les Français venus de Bougie repoussent six mille Kabyles (oct ), le bey de Constantine maltraite les tribus amies de la France. Nouvelle organisation (13 août) : un gouverneur général, un intendant civil, un commandant de la marine; maintien des magistrats indigènes , maures et Israélites. Premier gouverneur général, le comte d'Erlon.

Grèce. — Troubles intérieurs. La Morée est agitée par les Malnotes ; soulèvements en Messénie et en Arcadie. La condamnation à mort portée contre Colocotroni, qui avait conspiré en sept. 1 833, est changée en une détention de vingt ans. — Dissentiments entre les régents.— Athènes devient le siège des ministères, du saint synode, de la cour des comptes, de la direction générale des postes.

Italie et Suisse* — L'armée révolutionnaire de la Jeune Italie, composée d'un millier de Polonais, Allemands et Italiens, sous la conduite du général Ramorino , sort des cantons suisses pour attaquer la Savoie (2 févr.). Échauffourée sans résultat.

Toutes les puissances qui ont intérêt à ce que la haute Italie ne soit pas troublée, Sardaigne, Autriche, Bade, Bavière, Wurtemberg, confédération

germanique, même Prusse et Russie, demandent au vorort ou directoire fédéral de la Suisse , qui est alors exercé par Zurich, la dissolution des comités révolutionnaires formés par les réfugiés. Le vorort y consent.

Ouverture de la diète à Zurich (7 juill.), longs débats entre les cantons ; la majorité approuve la conduite du vorort, protestations des députés de Berne et de Lucerne.

Mexique. — Force du président le général Santa-Anna : son rival, le général Bravo, a été vaincu (janv.); l'armée, le clergé, l'aristocratie le favorisent.

Perse.— Mortde Feth-Ali-Chah, après un règne de 38 ans qui a affermi la dynastie des Kadjars. Son petit-fils t le fils d'Abbas-Mirza , Mohammed-Mirza, lui succède.

Russie* — L'empereur défend d'envoyer les jeunes Russes à l'étranger; il limite le droit de voyager et de vivre hors de l'empire (avril). — Jugements rigoureux contre les principaux auteurs de la révolution polonaise. Tous les Polonais fugitifs sont déclarés bannis à perpétuité (16 oct.).

Suède. — Pétitions et propositions, mal accueillies par la diète, pour la réforme de la constitution.— Le choléra sévit avec violence juill.oct.). u

Turquie. — La Syrie, cédée par la Porte à Méhémet-Ali , se /évolte contre lui (mai). Autre soulèvement en Arabie, dans l'Yémen. — Troubles sur plusieurs points de la Turquie.

— Le sultan établit une milice régulière et permanente, rédifi-mansouré , recrutée dans chaque arrondissement militaire (6 août).

Allemagne, Autriche et Prusse. — La diète restreint le droit des ouvriers de voyager à l'étranger (10 janv.). — Mort de François 11 après quarante-trois ans de règne (2 mars).

Son fils Ferdinand 1", qui lui suc-

cède à quarante-deux ans, laisse au prince Mellernich les fonctions de chancelier de la maison impériale, de la cour et de l'état. — Décret de la diète contre la Jeune Allemagne, qui semble menacer la religion , la morale, et l'ordre social (avril). — En Prusse, établissement, par ordonnance, d'un tribunal unique pour juger les crimes de haute trahison, bien que chaque province ail sa juridiction particulière (25 avril). — En Bavière , les franchises des trois universités sont réduites (juin). — La diète de Hongrie impose à tous, même aux seigneurs, le droit de péage sur le pont de Bude à Pesth, soumet les nobles aux mêmes charges que les autres propriétaires pour les biens- fonds roturiers qu'ils possèdent. — Traité de commerce et de navigation entre l'Autriche et la Grèce sur la base d'une liberté réciproque (4 mars, 9 sept.). Déjà est établie une ligne de paquebots entre Trieste et Patras, et le service de poste est organisé de Vienne à la frontière grecque. — Dans le grandduché de Bade projet de réforme judiciaire (21 juill.).— Bade (12 mai), Nassau et Francfort (29 déc), adhèrent au zollvercin prussien. — Association d'impôts, ou slcucrverein, formée entre le Brunswick et le Hanovre.

Amérique du *ud. — Au Chili, effroyable tremblement de terre (20 févr. ); trois provinces couvertes de ruines 'entre Valparaiso et Valdivia.

— Dans le Venezuela, insurrection à Caracas contre le président élu , le jurisconsulte Joseph Vargas (8 juill.j; réprimée par l'ancien président , le général Paez. — Dans l'Ëquateur, guerre civile permanente. — La Nouvelle-Grenade est reconnue par le sainl-siége. Panama et Porto-Bello sont déclarées ports libres pendant vingt ans ; l'importation des esclaves y est interdite. — Rébellion du général Salaverry au Pérou (févr.); le gouvernement a recours à Santa- Cruz, le président de la Bolivia (août).

— Dans la Plata, les ennemis du système unitaire donnent pour cinq ans le pouvoir de gouverneur et de ca- , pitaine général à R osas (8 mars, 13 avril ) ; il a pour lui le clergé et les gens de la campagne, les gauchos.

Angleterre. — Graves désordres pendant les élections générales. Majorité contre le ministère de Robert Peel. Il se retire (8 avril). Rentrée de lord Melbourne, avec John Russel et Palmerston. — Bill de réforme municipale (7 sept.) : les corporations qui gouvernent les villes en représenteront plus justement la propriété, l'intelligence et la population.

• — La chambre haute rejette un bill, relatif à l'Irlande, qu'avaient adopté les communes : une partie des fonds de l'Église devait y être appliquée à l'éducation morale et religieuse de toutes les classes sans distinction de croyance. Prédications ardentes d'O'- Connell dans des réunions d'ouvriers à Manchester, à Newcastle, à Edimbourg, à Glasgow.

Belgique. — Institution d'une banque, siégeant à Bruxelles (J2 févr.). — Inauguration du chemin de fer de Bruxelles à Malines, première section de la ligne de Cologne à Anvers (5 mai). — La loi sur l'enseignement, votée par les chambres, accorde une liberté absolue (sept.) :

point de certificats d'études; composition politique des jurys d'examen; maintien des universités de Lié<;e et de Gand, suppression de celle de Louvaiu. — Loi restrictive de la liberté des étrangers qui troublaient la tranquillité publique. — Importantes questions de douanes au sujet de l'industrie des tissus de coton et de fd.

Hréalt. — Atrocités commises par les Indiens a Para (7 janv.); paries noirs à Bahia, le 25. Para, reconquise le 26 juin, est de nouveau saccagée par les Indiens (14 août). Expédition préparée par le nouveau régent (9 oct.).

Danemark* — Les états pro-

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

vinciaux des Iles et du Jutland demandent la publicité des débats (oct.).

Espagne. — Divisions dans le parli constitutionnel ; le ministère de Martinezdela Kosa a obtenu avec peine la majorité à ia seconde chambre. Émeute militaire à Madrid ( 18 janv.); troubles à Malaga, à Saragosse , à Murcie (mars-avril). — Le général Yaldez commande contre les carlistes (17 avril) ; la France et l'Angleterre ne veulent pas intervenir directement (17 mai). — Démission de Marlinez de la Kosa (7 juin). Cabinet Toreno. Le chef carliste Zumalacarregui est blessé mortellement à Bilhao (10 juin); le commandement des chrislinos passe au général Cordova. Le gouvernement, pour satisfaire les libéraux, supprime Tordre des jésuites (4 juill.) et fait préparer une loi sur la liberté de la presse , mais la constitution de j 8 1 2 et les fueros ou chartes provinciales sont réclamées par l'insurrection à Saragosse (5 juill.), à Barcelone, où des moines sont massacrés, le 25, dans plusieurs villes de la Catalogne, à Valence, etc. Formation de juntes; les municipalités demandent et s'attribuent de nouveaux pouvoirs; accord des miliciens et des bourgeois.

Même à Madrid, tentative d'insurrection (15 août) : mise en état de siège et dissolution de la milice urbaine par le gouvernement. Soulèvement de Cadi\ le 21 et d'autres villes du midi. Proclamation de la régente à la nation (2 sept.); le 3, décret contre les juntes provinciales. Juntes insurrectionnelles de gouvernement à Barcelone et à Saragosse; junte centrale dans l'Andalousie; usurpation de tous les pouvoirs , établissement ou abolition des impôts, emprunts, levées de troupes, disposition des emplois. Les carlistes pénètrent jusqu'en Catalogne. — Cabinet Mendizahal (14 sept.) : il promet une liberté sage et progressive. Décrets pour rétablissement de députalions provinciales; révocation du décret

du 3 sept. ; transformation de la milice urbaine en garde nationale (28 sept.) ; convocation des cortès ; suppression de la censure préalable en matière de presse (9 oct.); réforme du clergé. Adhésion des juntes provinciales , excepté en Catalogne, où prend racine le parti carliste. Décret pour une levée de cent mille hommes contre les carlistes, le 24. Réhabilitation du général Biégo, un des premiers auteurs de la révolution de janvier 1820, le 31. Ouverture des cortès (H) nov. ) : présentation de plusieurs projets de loi touchant les élections , la liberté de la presse , la responsabilité ministérielle. — La Catalogne est mise en état de siège (20 nov.) : Mina y commande contre les carlistes. Les généraux Cordova et Espartcro se maintiennent contre les carlistes de la Biscaye. Cabrera, chef de bandes de rebelles , n'a pas de succès en Aragon. — Loi de confiance et de finance demandée aux cortès (21 déc.) ; discutée du 28 au 31 : le principe en est admis, elle sera votée en janvier.

Etats-unis. — Les partisans du maintien de l'esclavage exercent d'indignes violences sur les abolitionnistes et sur les nègres. Application fréquente de la loi de Lynch , juge célèbre de la Caroline du nord au xvr siècle, qui permettait de se faire justice soi-même.

France. — Démission du maréchal Mortier (20 févr.). Crise ministérielle. Reconstitution de l'ancien cabinet sous la présidence du duc de Broglie (11 mars . Les députés (18 avril) et les pairs (juin) reconnaissent la dette de 25 millions envers les États-Unis, si des explications suffisantes sont données pour le message du président Jackson en déc. l 834. — Commencement du procès des insurgés d'avril 1834 devant la cour des pairs (15 mai). Attentat de Fieschi contre la vie du roi (28 juill.); plusieurs victimes, dont le maréchal Mortier.

Lois de répression présentées à la chambre dos députés (4 août) 1° sur

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C

les cours d'assises; 2° le jury et la peine de la déportation ; 3° la presse. Arrêt de ta cour des pairs contre les insurgés de Lyon , le 13. Vote des projets de lois présentés le 4 : ce sont les lois dites de septembre (9 sept.).

Arrêt des pairs (déc. ) contre les insurgés d'avril , excepté ceux de Paris, qui ne sont condamnés que le 24 janv. Beaucoup de contumaces. — Lois pour l'établissement d'un service à vapeur par Marseille avec Conslantlnople et Alexandrie (mai) ; pour un chemin de fer de Paris à Saint- Germain (juin). — En Algérie, Abdel-Kader, vaincu par le général Trezel près de la Sig, entre Mascara et Oran (2G juin), le bat à la Macta, petit fleuve à l'est d'Oran, le 28. Nouveau gouverneur général, le maréchal Clauzel (8 juill.). Heureuse expédition contre Mascara avec le duc d'Orléans (nov.); la ville n'est occupée qu'un instant (G déc). Bougie est constamment menacée par les Kabyles, habitants des montagnes.

Cirèee. — Rivalités des partis; impuissance contre les brigands ; impopularité des troupes allemandes et de l'archisecrétaire d'État, le Bavarois Armanspcrg. — Majorité du roi; son couronnement (juin) ; amnistie ; distribution des terres nationales entre les familles grecques (juill.); formation d'une phalange grecque d'élite (sept.); un conseil d'État tiendra lieu de représentation nationale (nov.). Le roi de Bavière vient visiter son fils (7 déc).

Hollande. — Une échelle mobile de droits d'importation sur les grains étrangers est proposée en faveur de l'agriculture nationale.

Italie. — Choléra au nord et à l'ouest —Dans le duché de Modène, nombreuses condamnations politiques.

Mexique. — Guerre civile entre les défenseurs du système fédéral et les partisans de la république unitaire auxquels est favorable le président Santa- Anna. Congrès à Mexico

(29 juill.). Adoption de la république unitaire (23 oct.) : chaque département aura un gouverneur et une junte départementale soumise au congrès général de la nation. — Refus d'adhésion et révolte de l'état du Texas.

Portugal. — Mort du mari de la reine, deux mois après son arrivée (28 mars). — Plusieurs crises ministérielles. — Nouveau mariage décidé avec Ferdinand - Auguste de Saxe-Cobourg-Gotha, neveu du roi des Belges (7 déc).

Ruasle. — Confiscation et mise en séquestre des biens des réfugiés polonais (14 avril); 2340 sont dépouillés au profit du trésor impérial et des fonctionnaires russes (juill.).

— L'empereur et le roi de Prusse se voient à Kalisch (12 sept.); ils se rencontrent avec l'empereur d'Autriche à Tœplitz, le 2G. Nicolas va jusqu'à Vienne, revient par Varsovie (22 oct.).

Servie. — Imitation malheureuse des institutions européennes chez un peuple composé surtout de bûcherons et de bergers : le prince Milosch est forcé d'accorder une charte en quatorze articles ; conseil d'État; départements ministériels; code Napoléon.

Suisse. — A la diète fédérale de Berne, inutiles propositions pour la révision du pacte. — Dans le canton d'Argovïe, le grand conseil ordonne aux ecclésiastiques de jurer fidélité à la constitution et aux lois du canton ; résistance des ultra-catholiques:

le décret est modifié (uov.)

Turquie. — La régence de Tripoli est remise sous la domination de la Porte (mai). — Travaux intérieurs; routes, postes, théâtres; réorganisation de l'année; des officiers sont envoyés dans les principales villes de l'Europe, pour y étudier les sciences et la littérature.

Ambassadeurs à poste fixe, à Vienne, à Londres , à Paris. — En Égypte, poste et choléra ; des médecins européens, surtout des Français, le

dcfctcur Clot-Bey. Défense d'exporter des objets d'antiquité; fondation d'un musée national au Caire (16 août).

Établissements d'instruction publique. Kappcl des jeunes Égyptiens qui ont étudié en France les sciences et les arts. — Les armées de Méliéniet-Ali ne réussissent pas en Arabie. En Syrie, les Druses du Liban, que ne soutient pas l'émir Beschir, se soumettent à son fîls Ibrahim (sept.). — L'Angleterre obtient, par l'intermédiaire de la Porte, l'abolition du monopole de la soie en Syrie (24 déc).

Allemagne, Autriche et Prusse.—Le choléra en Autriche, Hongrie, Bohême, Bavière. — En Autriche, compagnie de navigation à vapeur sur le Danube, pour faire communiquer Vienne avec Constantinoplé, Smyrne et Trébizonde. Commencement du service de Presbourg à Smyrne (18 févr.). — En Hongrie, la diète décide que ses actes seront rédigés en langue hongroise (4 mars) ; le sort des paysans est adouci ; canaux; chemins de fer; musée national et théâtre à Pesth : clôture de la diète après trois ans et demi de session (2 mai). — Les jésuites sont rétablis en Autriche (29 mars). — Congrès des étals du zollvcrein à Munich ( juill. ) : établissement d'un nouveau tarif pour les années 1837- 38-39, avec un tableau comparatif des poids et mesures des états associes : l'union est prolongée jusqu'au lerjanv. 1841. — Le steuerverein (association d'impôts) est formé pour jusqu'à la fin de 1841 entre le duché d'Oldenbourg, le Hanovre et le Brunswick ( l€r août). — En Saxe, mort du roi Antoine, âgé de quatrevingt et un ans. Avènement de son neveu, Frédéric-Auguste II, régent depuis six ans (6 juin). — Dans le Wurtemberg, loi adoptée par les chambres pour le rachat des corvées, des prestations personnelles et ^es prestations en nature.

Amérique du sud. — Fin de la

guerre civile au Pérou, avec le concours des armées de Santa-Cruz, président de la Bollvia; le rebelle Salaverry est pris et fusillé ( 18 févr.). Séparation du Pérou en deux états indépendants : Sud-Péruvien ; Nord-Péruvien ( 17 mars, 6 août). Ils se confédèrent avec la Bolivia (28 oct.). — Guerre avec le Chili qui accusait les Péruviens d'avoir favorisé une tentative d'insurrection (août). — Dans l Équateur , fin de la guerre civile (10 juill.); nouvelle loi fondamentale. — Dans la Nouvelle Grenade, le président Santander fait admettre par le congrès le système métrique des poids et mesures.

Angleterre. — Crise monétaire et commerciale qui résulte des extravagances des spéculateurs, de l'engouement pour les chemins de fer, de la multiplicité des banques en participation par actions, de la hausse générale dans le prix des marchandises. — Résistance des lords aux lois proposées dans l'intérêt de l'Irlande pour la réforme des corporations municipales , et l'emploi du surplus des revenus ecclésiastiques ou dîmes à l'éducation morale et religieuse de toutes les classes du peuple (février à juin). Nombreux meetings. O'Connell trace le plan d'une association générale pour obtenir la solution de ces deux questions (4 juill.). — Adoption par les deux chambres d'un mil de réforme ecclésiastique pour l'Angleterre (11 août) : nouvelle circonscription des diocèses, nouvelle répartition des revenus ecclésiastiques; suppression de beaucoup de bénéfices inutiles et de sinécures; nécessité de six ans d'exercice dans les ordres pour ceux qui prétendent aux dignités; obligation de la résidence ; interdiction du cumul. Kobert Peel, ministre déchu, a soutenu la loi. — Bills pour l'établissement de registres où seront inscrits les naissances, les mariages et les décès; pour l'amendement des lois qui concernent la célébration du mariage (15 août).

XIXa SIÈCLB APRÈS J. C.

Autriche, Pruuse et Russie.

— Elles font occuper le territoire libre de Cracovie pour en chasser les réfugiés polonais ( 17 févr. ); ne reconnaissent pas le président de la diète cracovienne,et ajournent ta diète Indéfiniment (déc.).

Espagne.— Des prisonniers carlistes sont massacrés sans pitié à Barcelone (4 janv.}. — Le projet de loi électorale, le rachat des redevances appartenant aux anciennes communautés religieuses, la suppression des couvents amènent la chute du ministère Mendizabal (14 mai).

Dissolution de la chambre des procuradores et changement de cabinet tour à tour. Troubles à Madrid (17 juill.). — Proclamation de la constitution de 1812 à Malaga, le 26; mouvement à Saragosse, à Madrid, qui est mise en état de siège. Révolution militaire à la Granja, près de Saintlldephonse où résidait la reine régente (12 août); nouvelle insurrection à Madrid. La régente accepte provisoirement, le 14, la constitution de 1812, qui sera proclamée jusqu'à ce que les cortès aient manifesté leur volonté. L'état de siège est levé à Madrid , mais le général Quesada qui avait voulu réprimer l'Insurrection est massacré par le peuple. — Ministère Calatrava : mesures libérales, les passions s'apaisent; M. Mendizabal reçoit le ministère des finances (11 sept). — Des chefs de bandes carlistes parcourent le pays de Valence et l'Aragon; audace de Cabrera (fin d'août et sept.). Gomez pénètre jusque dans l'Andalousie et arrive devant Cordoue (31 sept.), et en revenant au nord , occupe un instant Almadon, la clef de la Manche, de l'Estrémadure et des montagnes de Tolède (24 cet.) : impuissance du général Rodil, alors ministre; au nord , les carlistes assiègent Bilbao, quoique Espartero commande en chef l'armée constitutionnelle, le 25.

— Ouverture des corrès constituantes (24 oct.). Elles déclarent encore don Carlos exclu de tout droit

au trône et confirment la régence à la reine mère (2C nov.). Une loi d'exception restreint la liberté individuelle (13 déc). Discussions modérées sur les réformes à apporter à la constitution, du H au 27. — Les carlistes ne sont pas chassés du centre de l'Espagne, mais le général Espartero délivre Bilbao le 24. — Avec l'autorisation des cortès, le gouvernement reconnaît l'indépendance du Mexique (déc.) : avantages réciproques de commerce, accordés par les deux nations.

Ktatft-Unls. — Après une violente discussion sur la question de l'esclavage, les représentantsdécldent que le congrès ne doit sur cette question intervenir en aucune manière dans les affaires des états (8 févr. ). — Violences exercées contre les abolitionnistes à Saint-Louis , dans le Missouri ; à Cincinnati , dans l'Ohio. — Admission de deux nouveaux états dans l'Union : l'Arkansas au nord de la Louisiane, pays à esclaves ; le Michigan entre les lacs Michigan, Huron, Érié, sans esclaves. Le Wisconsln, district des Hurons ou du nord-ouest, dont la constitution n'admet pas d'esclaves, reçoit un gouvernement territorial — Élections présidentielles favorables au candidat démocrate, Martin van Buren, de New-York, qu'a soutenu le président sortant Jackson (déc).

Fronce. — Proposition de la réduction de la rente 5 pour, 100, discutée, non résolue. Le ministère est en dissolution (5 févr.); M. Thiersse sépare de MM. de Broglie et Guizot.

— Exécution de l'assassin Fieschi et de deux complices (16* févr.). — Cabinet Thiers, avec MM. Sauzet à la justice et aux cultes, Montalivct a l'intérieur, Passy au commerce, Pelct de la Lozère à l'instruction publique, le maréchal Maison à la guerre, l'amiral Duperré à la marine, d'Argout aux finances (22 févr.). — Ajournement de la réduction de la reute.

— Refus de coopération à une intervention armée en Espagne, que

préparait l'Angleterre (mars). — Voyages des fils aînés du roi, duc d'Orléans et duc de Nemours., à Merlin et à Vienne (mai-juin). — Attentat d'Alibaud contre le roi (26 juin) ; il est exécuté (I I juill.). — Duel fatal à A. Carrel, rédacteur du National, le 22. — Les chambres autorisent l'industrie privée à ouvrir des chemins de fer de Montpellier a Cette, de Paris à Versailles (juill.;. — Inauguration de l are de triomphe de l'Étoile à Paris, dont la première pierre avait été posée le 15 août 1806 (28 juill.). — Affaire des réfugiés de la Suisse, poursuivie avec trop de vivacité auprès du directoire fédéral de Berne, avec l'adhésion des au 1res puissances (18 juill.). — Désaccord entre le cabinet et le roi sur la question d'Espagne: le roi veut le licenciement des corps organisés en faveur de la reine. — Cabinet Molé (G sepu), avec MM. Persil à la justice, Gasparin à l'intérieur, l'amiral Rosamol, (Juizot à l'instruction publique, Duchâtel aux finances, le lieutenant général Bernard, Martin du Nord au commerce, les G et 19. — Le gouvernement fédéral de Suisse décide la diète a satisfaire la France, qui a renouvelé ses notes menaçantes (sept.nov.). — Mise en liberté de deux des ministres de Charles X, enfermés à Ham (17 oct.). Louis-Napoléon, neveu de l'empereur, (ils de l'ancien roi de Hollande , essaye de soulever la garnison de Strasbourg le 30; il est pris, mis en liberté sans jugement, et envoyé aux Étals-Guis (13 nov.). — Nouvel attentat contre le roi, le jour où il ouvre la session (27 déc). — En Algérie, dans la province d'Oran, expédition contre Tlemcen (13 janv.). Malheurs au camp retranché de la Tafna. Le général Bugeaud, qui amène de nouvelles forces, bat Abd-el-Kader à la Sickack, petit fleuve voisin de la Tafna ( G juill.), et ravitaille Tlemccn. Dans la province d'Alger, lutte contre les tribus des Hadjoutes et des Mouzaïas, et contre les Kabyles. Tentative malheureuse du gouverneur général

Clausel contre Constantine (nov.); retraite pleine de périls pour ramener l'armée à Bone : le duc de Nemours a pris part à cette campagne.

— Population : 33 640 910 âmes. — Le tarif des douanes remanié est moins prohibitif.

Cirècc— Troubles en Acarnanie, réprimés par des soldats grecs. — Le jeune roi, laissant le gouvernement à l'Allemand d'Armanspcrg , part pour l'Allemagne avec son père ( mars ). H épouse une princesse d'Oldenbourg, alliée à l'empereur de Russie ( 2V nov. ). — Institutions des conseils de district pour contrôler toutes les affaires provinciales , surveiller les autorités civiles, militaires, judiciaires, ecclésiastiques, et communiquer avec le gouvernement au moyen de députations (déc). — Athènes aura une université avec quatre facultés (31 déc).

Hollande. — Le gouvernement dissout l'Eglise des dissidents qui s'appelaient vrais réformés (6 juill.).

Italie. — Abolition pour l'Ile de Sardaigne de toute juridiction féodale au civil et au criminel (21 mai); de la corvée personnelle exigée des paysans pour les salines royales.— Le pape rend, dans les légations de Bologne, Ferrare, Ravenue, Forli, toutes les charges à des prélats (30 juin).

Mexique. — L'état du Texas, qui ne veut pas de république unitaire, lient tête au président Sauta- Anna : Celui-ci est vaincu et pris (12 avril). Sa mise en liberté et son retour causent des troubles. Les Étals- Unis soutiennent le Texas.

Portugal. — La reine nomme son mari maréchal général de l'armée, et dissout la chambre des députés à peine ouverte (4 juin). Les nouvelles élections sont favorables aux / ultra-libéraux. Révolution a Lisbonne I (9 sept. ) : on y proclame la consti- j tution de 1822, à peu près calquée j sur celle de l'Espagne de 1812 que venait d'accepter, après la révolution de la Granja , la mère d'Isabelle H.

788 XIX* si*cle

La reine est forcée de la jurer. L'opposition du mari de la reine, la protestation de la pairie qui, suivant la constitution de 1822, cesserait d'exister, l'attitude de la (lotte anglaise encouraient une tentative de contrerévolution à Lisbonne même pour rétablir la charte de don Pedro:

journées des 3, 4 et 6 nov. La garde nationale réunie au camp d'Ourique fait avorter la réaction. Les partisans de la constitution de 1822, renouvelée le 9 sept. 1836, s'appellent septembristes; leurs rivaux les charUstes veulent le retour à la charte de 1832. Nouveau ministère sous la présidence de Sa da Bandeira; les cortès doivent être convoquées. — Tentatives de mouvements miguélistes , excitées par l'apparition du carliste Goroez sur les frontières du sud-est.— Abolition de la traite des noirs dans les états portugais (10 nov.).

nnsslc. — Lutte contre les populations des montagnes dans la Circassie.

Suède* — Convention avec la France pour la répression de la traite des noirs (21 mai ). — Lutte du roi contre le storthing de Norvège; il en ordonne la dissolution (8 juill.).

Le storthing met en jugement et condamne le conseiller d'état norvégien qui n'a pas protesté contre la dissolution (23 août).

Turquie. — Guerre heureusement conduite par Reschid- Pacha contre les montagnards du Kurdistan , soumis à des chefs héréditaires qui ne sont vassaux que de nom (août-sept.). — Insurrections répriméesen Bosnie et en Albanie.— Pour prévenir la peste, établissement de quarantaines, qui n'a rien de commun avec les lois sanitaires prescrites par le Coran.

Allemagne, Autriche etPrus-

•e. — Le gouvernement de l'Autriihe lutte contre les efforts du parti jbéral en Hongrie; il rend aux jé-

APRBS J. C.

suites l'instruction publique en Gallicic. — Service de bateaux à vapeur par la compagnie du Lloyd autrichien qu'à fondée le baron de Druck, entre Trieste et l'Orient, par Àncône, Corfou, Palras, Candie et delà à Constantinople et à Alexandrie ( 16 maj)# — La constitution du Hanovre excluant les femmes du gouvernement, à la mort du roi d'Angleterre, Guillaume IV, auquel succède sa nièce Victoria , le duc de Cumberland, cinquième fils de George III, Ernest-Auguste Ier, règne en Hanovre (20 juin). Il refuse de reconnaître la constitution de 1833 (5 juill.) la déclare abolie (l" nov.), forme un autre ministère. Sept professeurs de l'université de Got lingue protestent contre la suppression des libertés ; ils sont destitués (1 1 déc.). Réclamations des états allemands de second ordre, en faveur de la constitution abolie. — Le roi de Prusse , qui veut imposer son opinion sur les mariages mixtes entre les catholiques et les protestants, fait arracher l'archevêque de Cologne de sa ville épiscopale ( 20 nov. ). Soulèvement des catholiques à Munster et à Cologne. Protestation énergique du pape ( 10 déc. ). — En Saxe, inauguration du chemin de fer de Leipsick à Dresde (24 avril). — Convention entre la Bavière, le Wurtemberg, Bade, les deux Hesses, Nassau et Francfort, pour préparer rétablissement d'un système uniforme de monnaie (nov.).

Amérique du sud* — Dans la Nouvelle-Grenade, au général Santander succède régulièrement le docteur Marquez (mars). — Continuation de la guerre du Pérou avec le Chili. — Congrès des députés de la Bolivia, du haut Pérou et du bas Pérou; constitution de la nouvelle confédération péru-boli vienne ( 1er mal) : tous les deux ans sera convoqué un congrès général composé d'une chambre de sénateurs et d'une chambre de représentants; tous les dix ans, sera élu un chef de la confédération entre six candidats proposés par les

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

trois républiques. Ce pouvoir décennal est donné au général Santa-Cruz.

— Le dictateur de Buenos-Aires, Rosas, déclare la guerre à la confédération, à cause de l'intervention de Santa-Cruz dans les affaires du Pérou. — Guerre civile dans l'Uruguay entre le président actuel Oribe et l'ancien président Ribera.

Angleterre Les lords refusent les réformes qui concernent les corporations municipales et les dîmes ecclésiastiques de l'Irlande. — Déclaration de la majorité de l'héritière du trône, la nièce du roi, fille du duc de Kent, Victoria, âgée de dixhuit ans (24 mai). Mort de Guillaume IV (20 juin). Avènement de Victoria 1" ; son oncle paternel, le duc de Cumberland , devient roi en Hanovre. — Dissolution du parlement (17 juill.). Nouvelles élections. Pour préparer un meilleur accueil aux questions irlandaises, avant l'ouverture de la session (20 nov.), O'Connell propose, dans une réunion à Dublin , la dissolution de l'association générale de l'Irlande (31 oct.).

— Effets de la crise commerciale :

suspensions de crédits et banqueroutes; chômage des ouvriers dans les villes manufacturières de Liverpool, Birmingham, Manchester; accroissement de la misère. — Au Canada, révolution, excitée par le parti réformiste ou patriote, appelé aussi parti français (août, nov.). — Thomas Spencer découvre les principes de la métallurgie électro-chimique ou gai.

vanoplastie.

Belgique. — Ouverture de nouvelles lignes de chemins de fer, rayonnant sur toutes les provinces.

Brésil.— Révoltes des provinces de Para, de Rio-Grande au nord-est, et de Bahia depuis le 7 nov.

Danemark* — Abolition définitive de la torture (déc).

Kspa^ne» — Force des carlistes en Catalogne , Valence , Murcie , même dans la Manche. — Les cortès discutent le projet de constitution sur le rapport de M. Olozaga ( de

mars à juin), suppriment les établissements monastiques , votent une loi électorale. La constitution remise à la reine mère est promulguée (18 juin) : elle restreint le pouvoir royal, mais conserve le sénat, pour lequel les électeurs présenteront une liste de candidats au gouvernement Amnistie. Les cortès suppriment la dîme ecclésiastique et adjugent tous les biens du clergé à la nation. — Don Carlos et Cabrera s'avancent au centre ; Zariateguy prend Ségovie et se montre aux environs de Madrid. — Honteuses intrigues de la minorité des cortès, et du général Espartero qui, venu pour proléger Madrid, se fait l'âme d'une émeute militaire pour décider la chute du ministère Calatrava (17 août). Nouveau cabinet où cependant il n'entre pas.— Émeutes militaires à Pampelune et dans plusieurs villes. — Marche de don Carlos sur Madrid ( 12 sept ). 11 est repoussé, passe TÈbre, et rentre en Biscaye. Les carlistes tiennent encore l'Aragou , Valence, la Catalogne. — Nouvelle crise ministérielle (Ier oct.).

— Clôture de la session des cortès constituantes (4 nov.). Élections pour la formation des deux chambres; troubles. Ouverture des cortès le 19.

— Nouveau ministère , le quatrième de l'année ; Espartero est désigné pour le département de la guerre, qu'il n'acceptera pas, M. Mon pour les finances ( 16 déc).

États-Unis et Mexique. — Le

congrès des États-Unis reconnaît l'indépendance du Texas (févr.). 11 n'est pas question de l'adjoindre à l'Union.

Etats-Unis* — Installation du nouveau président Martin van Buren (4 mars). — Crise commerciale et financière. Les banques suspendent tout payement en espèces. — Nouveaux crimes contre les abolitionnistes, qui cependant ont 1006 sociétés répandues sur tout le territoire de l'Union. — Dans la chambre des représentants débats très-orageux sur la même question (déc).

France. — Procès des complices

XIXe SIÈCLE APBÈS J. C

du prince Louis à Strasbourg, presque tous militaires ; lis sont acquittés par le jury (janv.). Les députés rejettent le projet de loi pour la disjonction de juridiction dans les causes politiques où des militaires sont impliqués avec des citoyens. — Projet de loi d'apanage. Crise minisstérielle; retraite des représentants du parti doctrinaire, MM. Gasparin, Guixot, Duchâlel, que remplacent MM. Montalivcl,Salvandy,etLacave- Laplagne (16 avril). — Les deux chambres votent la dotation pour la fille aînée du roi et le prince royal, mais non pour le second fils, le 22.

— Amnistie politique (8 mai). — Mariage du prince royal avec la princesse Hélène de Metklembourg- Schwrrin (30 mai).— Inauguration du musée historique de Versailles ( Il jui„). — ta question des grandes lignes de chemins de fer est disculée mais ajournée. — Kn Algérie, le général Bugcaud conclut un traité avec Abd-el-Katler sur la Tafna : l'émir reconnaît la souveraineté de la France, mais notre territoire est délimité (30 mai). Le nouveau gouverneur général Damrémont attaque avec le duc de Nemours le bey de Constantine , Achmet ( 1er oct.) ; il est tué au siège de Constantine, que le général Valée emporte d'assaut le 13. — Voyage de découvertes vers les terres australes du capitaine Dumont-d'Urville avec les corvettes l'Astrolabe et la Zélée, de 1837 à 1840.

Grèce. — Retour du roi (févr.).

D'Armansperg , détesté des Grecs, est remplacé par un autre Bavarois, M. de Rudhart. Loi restrictive sur la presse. Projet de retenir les troupes allemandes en Grèce. — Démission de M. de Rudhart ( 1 9 déc). Un ministère composé exclusivement de Grecs.

Hollande. — Traité de commerce avec la Prusse sur le pied de l'égalité (3 juin), et avec l'Angleterre (27 oct.).

Italie. — Le roi de Sardaigne promulgue un nouveau code civil (20 juin).— En Sicile choléra très-vio-

lent. Le peuple croit à des empoisonnements, se livre à des violences à Palerme et à Syracuse. Révolte sur plu- J sieurs points; àCatane, on proclame l'indépendance. Répression vigoureuse et sanguinaire par le général del Caretto; la Sicile perd ses privilèges politiques : elle n'aura plus de représentation nationale, ni de commission représentative à Naples auprès du ministère (31 oct.).

Mexique. — Le général Bustamenlc est élu président (mars). — Insurrections militaires à Saint-Louis de Potosi, dans le Nouveau-Mexique, et à Santa-Fé.

Portugal. — Ouverture des cortès constituantes par la reine ( 26 janv.). — Insurrection des niiguélistes dans les Algarves et môme aux environs de Lisbonne (févr.). — Prise d'armes des chartistes dans les provinces du nord, sous le maréchal Saldanha qui a pour adhérent le duc de Terceira ( 12 juill. ) ; la cour est obligée de les combattre malgré son peu de goût pour la constitution de 1822 ressuscilée en sept. 1836. — Naissance d'un héritier du trône (16 sept.). Défaite des chartistes, le 18. La reine refuse de sanctionner une résolution prise par les cortès contre leurs chefs. Cependant les libertés constitutionnelles , un instant suspendues, sont rétablies; le vicomte Sa da Bandeira reste à la tête du cabinet; discussion des articles delà constitution reprise par les cortès.— Les miguélistes sont encore en armes.

Russie. — Le czar change les divisions administratives de la Pologne (7 mars); il y favorise l'introduction du culte gréco-russe. — Le professeur Jacobi, à Dorpat, fait, en même temps que l'Anglais Th. Spencer, la découverte de la galvanoplastie.

Suisse. — Plusieurs cantons révisent leur constitution.

Turquie. — Contrairement aux anciens usages, à l'imitation des princes chrétiens, Mahmoud visite ses

X1X° S1ÈCLB APRÈS J. C.

provinces (avril), d'abord le nord de la Turquie d'Europe.

Allemagne, Autriche et Prusse. — Le roi de Hanovre convoque les états selon les décisions royales de 1819 et 1832 (7 janv.). «s sont ouverts le 20 fêvr : nouveau projet de constitution, combattu par la seconde chambre; elle est prorogée (27 juin).

Réclamations inutiles adressées à la diète fédérale (G sept.). — L'empereur reçoit à Jnspruck les hommages des états du Tyrol (12 août), à Milan la couronne lombardo-vénitienne (1er sept.); il Tait grâce à quelques prisonniers politiques de 1831 (6 sept. ). — Le rot de Prusse ne se réconcilie pas encore avec l'archevêque de Cologne malgré la médiation de l'Autriche; débat avec l'archevêque de Posen au sujet de la même question des mariages mixtes ; troubles à Paderborn et à Coblentz. Reprise des travaux de la cathédrale gothique de Cologne , commencée en 1248. La loi du 3 nov. établit tous les principes de la législation en matière de chemins de fer. — La diète et le grand-duc de Bade décident l'exécution d'un chemin de fer de Kehl à Manheim, d'un autre de Manbeim à la frontière suisse par Heidelberg , Carlsruhe, Rastadt, Offenburg, Fribourg. — Dans la Bavière rhénane, à Mutlerstadt, inauguration d'une synagogue, avec l'assistance du clergé catholique (24 nov.).

Amérique du sud* — Rupture de la confédération péru-bolivienne ; le Pérou septentrional se détache le premier.— Une trahison livre à l'armée du Chili la grande ville péruvienne de Lima (2l août). — Guerre civile dans l'Uruguay. Oribe perd la présidence.

Angleterre. — Débat législatif des mêmes questions sociales et politiques : appropriation des biens de l'Église, dîmes ecclésiastiques, loi des pauvres pour l'Irlande, corpora-

tions municipales, loi sur les céréales , vote au scrutin secret et corruption en matière électorale. — Soulèvement du Canada: le gouvernement présente un bill pour en suspendre la constitution : deux campagnes contre les rebelles. — Couronnement de la reine (28 juin) : brillant accueil fait au maréchal Soult. — Préoccupations de la classe industrielle : salaires et associations d'ouvriers; excès commis dans les filatures de Glascow ; police des manufactures; travail des enfants. — Clôture de la session ( 1G août). — O'Connell, dans un meeting à Dublin, propose de reconstituer l'association catholique aOn d'obtenir pour l'Irlande une plus grande part dans la représentation du royaume-uni.

— Au Canada second soulèvement (nov.); défaite des rebelles, exécutions sanglantes. — En Asie , rivalité d'influence avec la Russie : le schah de Perse Mohammed-Mirza, encouragé peut-être par la Russie, assiège Héiat, voisine de l'Afghanistan, où s'étendent les Anglais (20 oct.).

Autriche, France et Italie.—

Le saint-siége demande à ses alliés a retirer leurs troupes. Évacuation d'Ancône par les Français, qui l'occupaient depuis févr. 1832 (25 oct.).

Les Autrichiens ne laissent garnison que dans la citadelle de Ferrare.

Belgique et Hollande* — Le

Luxembourg, dont une partie est ré* clamée par la Hollande, paraît vouloir rester aux Belges tout entier.

Les cinq puissances, toujours en conférence à Londres, sont d'accord pour maintenir la division territoriale établie par le traité des 24 articles en 1831 (Il déc).

Brésil. — Bahia, révoltée, est en partie incendiée par Les nègres affranchis qui combattent contre le gouvernement, et subit les horreurs d'un assaut (mars).

Espagne. — La guerre contre les carlistes accroît llmportance du

792 XIXe SIÈCLB

général Espartero; il a refusé le ministère de la guerre , mais il est nommé capitaine général des armées de la reine. Don Carlos dérend contre lui Estella, au sud-ouest de Pampelune; Morclla, place d'armes de Cabrera, au nord de Valence, résistera pendant deux ans. — Nouveau cabinet (août). — Troubles à Valence; tentative d'insurrection à Madrid. — La reine régente ouvre la session extraordinaire des cortès (8 nov.). Les royaumes d'Aragon, de Valence, de Murcie, de Sara gosse, sont mis en état de siège. — Encore un changement de ministère. — Les généraux Cordova et Narvaez, qui font ombrage à Espartero , sont accusés de trahison. Esparlero reçoit le commandement des gardes nationales.

^tata-Unls. — Élections parlementaires, en opposition aux idées démocratiques du président Van Buren. — Jowa, district des Sioux, dans l'ouest, reçoit uu gouvernement territorial ; il n'admet pas d'esclaves.

France. — Le ministère Molé , menacé parla coalition des doctrinaires et du centre gauche, l'emporte cependant sur la question des fonds secrets (i2 mars). — Lois sur l'organisation départementale, l'élatmajor de l'armée, les justices de paix, les aliénés. — Débats sans solution sur la conversion des rentes et les chemins de fer. — Convention avec la Sardaigne pour l'extradition réciproque des malfaiteurs (23 mai).

— Mort du diplomate Talleyrand à Paris ( mai ). — Naissance du comte de Paris , fils aîné du duc d'Orléans (24 août). —Louis-Napoléon, nationalisé dans le canton de Tliurgovie, pour épargner des embarras à la Suisse passe à Londres (20 sept. ). — Rusas, en haine de Santa-Cruz, le président de Bolivia, ami de la France, a persécuté les résidents français:

le contre-amiral Leblanc bloque les ports de la république argentine (29 mai). La chambre des représentants de la Plata approuve H osas, le même jour. Occupation de l'Ile Martin-

APHÉS J. C.

Garcia qui domine l'embouchure de l'Uruguay (1 1 oct.). — Préjudice fait à nos nationaux au Mexique : plaintes inutiles; une escadre française, présente notre ultimatum (21 mars).

Le président et le congrès du Mexique sont disposés à résister. Le contre-amiral Baudin et le prince de Joinville, troisième fds du roi, bombardent et emportent en quatre heures le fort de Saint-Jean d'Ulloa, qui défend la Vera-Cruz ( 27 nov.). La Vera-Cruz capitule. Négociations.

Italie.— Naples adhère aux conventions de la France et de l'Angleterre pour la répression de la traite (1er févr.).

Portugal. — Insurrection armée d'ouvriers et de gardes nationaux a Lisbonne , vaincue par la troupe de ligne (l«r mars).— Constitution achevée par les cortès, sanctionnée par la reine; clôture des cortès constituantes (4 avril). Amnistie pour tous les déli ts pol itiques depuis sept. 1 836, le 10. — L'établissement de taxes et de tarifs municipaux cause des troubles à Braga , à Lisbonne. — Naissance du duc d'Oporlo, prince royal (31 oct.).

Russie. — Canalisation du Volga et du Don. Chantier maritime à Odessa. Amélioration de la navigation du Dniéper. Chemin de fer de Saint-Pétersbourg à Moscou.— L'empereur visite les cours de Stockholm, Berlin, Munich , Dresde, Weimar.

Suède. — Pavillon spécial pour le commerce norvégien , demandé parle conseil de Christiania, accordé par le roi ( avril ). — La fabrication du fer, une des grandes richesses de la Suède, est déclarée libre (nov.).

Turquie. — Méhémet-Ali réclame l'hérédité pour le gouvernement de l'Egypte et celui de la Syrie : la Porte prétend se réserver le second. Préparatifs de guerre. Sur les représentations de la France et de l'Angleterre (juin), Méhémet-Ali se décide à envoyer le tribut. — Suppression de la dignité de grand vizir et

de la cour de justice qu'il présidait.

Création d'un conseil délibérant. — Reschid-Pacha est accueilli avec distinction à Rome (20 sept.). — 11 va conclure à Londres un traité de commerce, qui détruit, pour les Anglais, Teffet du traité d'Unkiar-Skélessi si favorable aux Russes.

Amérique du sud. — Le Chili demande, comme condition de la paix avec le Pérou, la dissolution de la confédération péru-bolivienne. Défaite de Santa-Cruz par les Chiliens; révolte de son armée ; il abdique la dignité de chef de la confédération.

Gamarra n'est chef que de la république péruvienne. Paix du Pérou avec le Chili.

Angleterre. — Débats du parlement sur l'organisation du Canada, la question irlandaise, la proposition de suspendre la constitution de la Jamaïque , qui s'est révoltée. Opposition systématique faite au ministère.

Il se retire à la suite d'un échec sur la Jamaïque (7 mai). Sir Robert Peel ne peut former un cabinet. Retour du cabinet Melbourne. — Les chartistes demandent l'admission au parlement des représentants des classes laborieuses pour faire réformer les lois dont se plaint le peuple : la loi des céréales, surtout en prohibant les grains étrangers , tient à un prix élevé les denrées de première nécessité au profit de l'aristocratie qui possède les terres. Insurrections chartisies dans plusieurs villes manufacturières, à Birmingham, etc.— Motion contre la corruption et l'intimidation employées dans les élections. Motion pour réformer l'éducation. — Etablissement d'un droit de poste unique sur les lettres et les journaux. — Embarras des finances et du crédit : la banque emprunte cinquante millions de numéraire à la banque de France (21 juill.). — Pour le service des malles avec les Indes occidentales, projet de bateaux à vapeur transatlantiques.

— Traités de commerce et de navigation avec l'Autriche, la Porte, la France (juill. -août). -- Expédition du gouverneur général de l'Inde sous prétexte de châtier des alliés infidèles, les princes de Candahar et de Caboul. Sur la route, occupation du Scind, à l'embouchure du fleuve; prise de Candahar (24 avril), de Ghizni (d'où est venu le nom d'Afghans) (21 juill.), de Caboul, au nordest (7 août). Conquête d'une partie de l'Asie centrale , bien près de la Perse , où domine l'influence russe.

— Rupture avec la Chine parce que l'empereur interdit le commerce de l'opium: 20 000 caisses de ce poison sont jetées à la mer, à Canton (7 juin).

— En Arabie, à l'entrée de la mer Rouge, prise d'Aden, en représailles d'une prétendue injure reçue du cheik.

Autriche. — L'empereur ouvre la diète de Hongrie ( 6 juin); conflit législatif ; agitation sanglante hors des états, propositions faites aux chambres sur l'institution d'une banque nationale, la liberté de la presse , la liberté de la parole dans la diète, le droit de propriété des paysaus.

Autriche, Prusse et Russie.

— La chambre des représentants de Cracovie ne se réunira plus que quand le sénat le trouvera bon avec l'asseu timen t des p uissances (24 juin).

Belgique et Hollande. — Solution définitive du long différend au sujet du Luxembourg et du Limbourg qui restent partagés; la Hollande seule est reconnue membre de la confédération germanique. Le traité conclu par la Hollande et la Belgique (19 avril) devient commun à l'Angleterre, la France, l'Autriche, la Prusse, la Russie, et la confédération germanique (5 sept.).

Danemark. — Mort de Frédéric M (3 déc). — Christian VIII.

Espagne. — Don Carlos cédant à son premier ministre, l'absolutiste ïexeiro, destitue sou commandant

794 XIXe SIÈCLE

général, le modéré Maroto, que les soldats vengent par des exécutions sanglantes à Estella (17, 10 févr.).

11 le met hors la loi ; relire ensuite cette déclaration. Espartero, qui s'est emparé de la ligne de Vitoria au fleuve Durango , près de Bilbao, et a reçu de la reine le titre de duc de la Victoire , accueille les ouvertures de Maroto. Maroto trahit don Carlos, entraîne les troupes sous ses ordres et signe le traité de Bergara, au nord de Vitoria (31 août) :

ce traité met fin à la guerre avec don Carlos qui , en effet , passe en France (14 sept); il doit résider à Bourges, le 16. La Navarre et les provinces basques sont affranchies de la guerre. Comme l'a promis le duc de la Victoire à Maroto, les cortès adoptent la loi qui confirme les fueros des provinces basques et de la Navarre, en attendant qu'ils puissent être modifiés (7 oct.). — Dissolution des conès, le 31. De nouvelles élections vont mettre en présence les exaltés et les modérés de tous les partis. — Fin tragique de l'un des plus sanguinaires des carlistes, le comte d'Espagne (7 nov.).

L'Aragon et la Catalogne sont agités par la présence de Cabrera.

^tats-trnlft.— Partout, excepté à Boston et à New-York , les banques suspendent leurs payements en espèces.

Vrance. — Horrible tremblement de terre à la Martinique (I I janv.).

— Effet de la coalition parlementaire; crise ministérielle. Prorogation, le 31, puis dissolution de la chambre(2 févr.). Retraite du cabinet Molé (8 mars). — Ministère intérimaire (31 mars). Essai de combinaisons ministérielles. Après de nouvelles élections, ouverture des chambres (4 avril). — Prise d'armes du parti républicain à Paris ( 1 2 mal), la dernière jusqu'en 1848. — Cabinet Soult, avec MM. Teste à la justice, Schneider à la guerre , Duperré à la marine , Duchâtel à l'intérieur , Cunin-Gridaine au commerce, Dufaure aux

APRÈS i. C.

travaux publics, Villemain à l'instruction publique, Passy aux finances. — Procès des accusés du 12 mai devant la cour des pairs (27 juin); rj arrêt ( 12 juill.): une seule sentence de mort qui n'est pas exécutée.

Discussions des chambres sur les tribunaux de commerce , la propriété littéraire, les chemins de fer de Lille à Dunkerque, de Paris à Orléans, de Paris à Rouen, etc. , les roules en Corse, les canaux , l'amélioration des ports. — Colonie agricole, pour les jeunes détenus, à Mettray, près de Tours. —En Algérie, sous le gouverneur général le maréchal Valéc, progrès pacifiques de la domination française ; institutions d'hospitalité , d'éducation , de finances , de culte. Il reconnaît avec le duc d'Orléans la contrée entre Constantine et Alger, par Djimnilah, Sélif , les Portes de Fer, hautes murailles calcaires que les Arabes n'empêchent pas de franchir (28 oct. ), le fort d'Hamza, Alger (2 nov.). Hostilités d'Abd-el-Kader, dans la plaine de la Métidja, au sud d'Alger, et dans la province d'Oran, entre Mostaganem et Mazagran — Paix avec le Mexique, qui nous donne une indemnité de guerre (9 mars, 6 août ). — Les hostilités continuent dans la Plata. Le contre-amiral Leblanc laisse des marins à Montevideo pour la défense commune (12 oct.) ; tous les Français de ces parages sont appelés à combattre contre Rosas. — Daguerre, perfectionnant les essais de Niepce,qui remontent à 1814, invente la photographie , ou moyen de fixer presque instantanément sur une planche de métal la lumière du soleil elle est utile surtout pour faire des portraits.

Italie* — Premier chemin de fer, de Naples à Castellamare , aux deux points opposés du golfe de Naples (4 oct.).

Mexique. — Santa-Anna redevient président. Il veut envoyer l'exprésident, Bustamente, contre les Texicns ; mais il tombe du pouvoir.

XIXe SIÈCLE APHÊS J. C

Retour de Bustamcntc à la prési dence.

Prusse* — Condamnation par le roi, et déchéance rie l'archevêque de Posen, qui n'a pas accepté sa décision louchant les mariages mixtes : il est détenu à Colbcrg ; protestation du pape en consistoire secret (8 juill.).

Russie. — Réunion à l'Église gréco-russe des grecs-latins des provinces occidentales. Protestation du pape (22 nov. ). — Les généraux Hadetzky et Grabbe sont occupés contre les peuples du Caucase, les Abases et les Circassiens. — Déclaration de guerre au khan de Khiva, en Tartarie. voisin des étapes des brigands kirghis ; le général Péroskipart d'Orenbourg, sur l'Oural , pour aller les combattre ( l,r déc. ). — Un ukase consolide, avec une réduction déterminée, les assignats, papiermonnaie qui date de Catherine II, alors fort déprécié.

Servie. — Abdication du prince Milosch, amenée par une faction militaire instrument de la Russie et do la Porte. Elévation de son second fils Michel , d'une nature inerte , qui fera regretter son gouvernement actif et réformateur (12 mai).

Suisse. — Agitation du Valais au sujet de la révision de la constitution cantonale. — A Zurich, révolution au profit du parti populaire et antireligieux (1-6 sept.); le docteur allemand Strauss y a répandu ses doctrines hostiles a l'Église. — Dans le Tessin , révolution (4 déc.) : conservation du statut ancien , de la religion, des corporations religieuses.

Turquie. — Hostilités avec l'Égypte : Ibrahim défait le général du sultan Hah'z-Pacha , à Nczih (ancienne Nisibe), au nord-est d'Alep (24 juin)» H cst arrêté par l'intervention de la diplomatie française. — Mort de Mahmoud 11 (30 juin). — Avènement de son fils Abdul-Medjid, âgé de seize ans. — La Hotte turque, livrée à Méhémct-Ali par celui qui la commande (14 .iuill.), est conduite

dans les eaux d'Alexandrie. — Note des cinq grandes puissances à la Porte pour l'inviter à ne faire aucune concession définithe à Méhémet-Ali sans leur intervention (27 juill.). — Haitischérif , ou ordonnance signée de la main du sultan , lu solennellement dans la plaine de Gulhané, près de Constanlinople (3 nov.) : sorte de charte, qui établit la taxation de chacun suivant sa fortune , l'assiette et la perception des impôts sans arbitraire; plus d'inégalité dans le service militaire ; suppression de la justice secrète, plus de confiscation et de poursuites contre les héritiers des criminels punis. — Réformes dans l'instruction, dans l'administration des subsistances.

Allemagne.— Dans le Hanovre, nouvi llc loi d'élection, et constitution peu libérales votées par l'assemblée d'états où plusieurs corporations municipales n'ont pas envoyé de députés; promulgation (août). — Réformes du code pénal dans les pays de Bade , Wurtemberg , Hesse-Darmstadt, Brunswick ; dans le Brunswick, peine de mort seulement pour les crimes de haute trahison et de meurtre.

Amérique du sud.— La république de l'Equateur est reconnue par l'Kspagnc( 16 févr.). — Le dictateur Francia meurt d'une attaque d'apoplexie à quatre-vingt-cinq ans, après vingt-six ans d'un pouvoir terrible et sans limites, qui a fait régner l'ordre et ramené l'abondance au Paraguay (sept.). Quelques mois d'anarchie : on reviendra d'abord au gouvernement consulaire.

Angleterre. — Débats au parlement sur l'Irlande, les chartistes et les socialistes. — Mariage de la reine avec le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (10 févr.). — Discussion, sans solution, touchant l'enregistrement des électeurs et la réforme des corporations municipales en Irlande; les droits existant sur les céréales que défend encore air Robert Peel

XIXe SIÈCLK APHÈS J. C.

comme représentant des tories; l'abolition de la peine de mort , dans certains cas; la condition des jeunes détenus. — Tenialivc d'assassinat sur la reine (10 juin). — Première campagne dans les mers de Chine : le capitaine Elliot occupe l'Ile de Chousau, au sud-est de Nankins? (6 juill.).

— Débat au sujet des soufres de la Sicile dont i'exploitaiion était monopolisée par une compagnie française ; le roi de Naples menacé de la guerre se prépare à résister. Négociations par la médiation de la France; abolition du monopole ; la compagnie est indemnisée (2G avriI-21 juill.).

Angleterre, Autriche, France, PruM»e. Ruwalc et Turquie.

—Question d'Orient. Lord Pal merston craint l'ambition de Méhémct- Ali pour l'influence anglaise en Orient; il se rapproche de la Russie qui est favorable a la Porte , tient à l'écart la France où M. Thiers, ministre depuis le 1" mars, s'est déclaré pour le Mce-roi. M. Guizot est depuis février ambassadeur à Londres. Les quatre puissances, Angleterre , Russie, Autriche, Prusse , décident entre elles , par le traité de Londres, sans demander la participation de la France, qu'on offrira à Méhémet-AH l'administration héréditaire de l'Egypte avec une partie de la Syrie, de la mer Rouge au lac de Tibériade , et Saint-Jean d'Acre , mais seulement comme gouverneur à vie (15 juill.).

Armements de la France, qui était mise en dehors du concert européen (29 juill.). — Le traité du 1 6 juillet est notifié à Méhémet ( 17 août). Il proteste ; laisse écouler les délais fixés pour l'acceptation, et est déclaré déchu par la Porte. Bombardement de Beyrouth, sur la côte de Syrie, par le Commodore anglais sir Charles Napier ( 11 sept.) ; elle est occupée par les Turcs; les Égyptiens évacuent Sidon, le 21 : la flotte française n'a pas paru. Note de M. Thiers ( 8 oct.) : tandis que les puissances refusent à Méhémet-Ali l'hérédité de la Syrie , il met comme condition à

la conservation de la paix son maintien dans la souveraineté de l'Egypte, qu'elles ne songeut pas à lui enlever.

— Peu après la chute du cabinet Thiers le 29, Saint- Jean d'Acre, bombardée, se rend (4 nov.) ; retraite d'Ibrahim ; l'émir Beschir abandonne la cause du pacha ; nouvelle révolte des popuia lions syriennes. Convention provisoire de Méhémet» Ali a>ec le commodore Napicr, le 27.

Bréall. — L'empereur Pedro H est déclaré majeur ( 23 juill. ). Il fait le serment de maintenir l'intégrité et l'indivisibilité de l'empire. Amnistie. Nouveau ministère.

Eiipagne.— Les cortès ne paraissent pas assez libérales : émeute à Madrid (24 févr.), la ville est mise en état de siège. Le pouvoir des deputalions provinciales et des autorités de commune c^t restreint par de nouvelles lois. — Extinction de la guerre carliste : les chefs Cabrera et Balmaseda sont forcés, par les généraux Kspartero et Concha, de passer en France (juin-juill.). — Nouveaux troubles a Madrid pendant que la reine régente est a Barcelone avec ses enfants (14 juill.); et bientôt à Barcelone, le 18. La reine régente se retire à Valence. Junte provisoire de gouvernement à Madrid (1er sept.).

La régente nomme, le 16, Espartero président d'un cabinet qu'il composera à son gré. Elle est obligée d'abdiquer la régence (12 oct.) et bientôt arrive en France le 19. Le ministère formé par Espartero constitue avec lui une régence provisoire. La jeune reine est ramenée a Madrid ; la junte formée le 1er septembre se dissout.

— Abolition de la police secrète.

Ktatg-lTnls.— Les élections présidentielles sont favorables au général Harrison qui défend le système des banques contre sou compétiteur le président actuel (déc). — Le parti de l'abolition, ou du sol libre (fret'soi7), commence à avoir la supériorité numérique sur ses adversaires:

13 états sans esclaves avec 9 millions de population contre 12 à esclaves

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

qui en ont 7 millions, sans compter le Delaware dont la position est indécise; dans la chambre des représentants, sur 223 membres , abstraction faite du Delaware, le nord en avait 136, le sud 87. — Traité de commerce avec le Hanovre , la Belgique, le Portugal.

— Le président reçoit des présents du sultan do Mascate, sur la côte sud-est de l'Arabie.

France. — Manifestation en faveur d'une réforme qui élargirait le cadre des électeurs parlementaires (12janv.) A la chambre, pour la dixième fois, l'opposition réclame contre le nombre toujours croissant des députés fonctionnaires; discussion sans effet (7 févr.). — Projet de dotation pour le duc de Nemours; pamphlet de M. de Cormenin ; rejet par la chambre (20 févr.). Chute du Diinistère Soult. — Ministère Thiers, avec MM. de Rémusat , Jaubcrt, Pelet, Cousin, Yhien, Cubières, Gouin , Roussin (l'r mars). — Discussions dans les chambres sur le travail des enfants dans les manufactures. La conversion des rentes, adoptée par les députés, est rejetée par les pairs. Prorogation du privilège de la banque. Loi sur la translation des restes de Napoléon , qui aura lieu avec l'assentiment de l'Angleterre (mai).

— Déclaration de la majorité des députés et du président du conseil contre la réforme électorale ( 1 0 juin ). Clôture de la session (15 juill.). — Triste rôle dans la question d'Orient. Armements, quand on apprend le traité de Londres du 16 juillet. — Seconde tentative de Louis-Napoléon : il vient d'Angleterre à Boulogne (G août) : arrêté, traduit devant la cour des pairs (28 sept.), il est condamné à l'emprisonnement perpétuel (6 oct.). — Au milieu des préparatifs de guerre, ordonnance royale relative aux fortifications de Paris (13 sept.). La note du 8 octobre est comme la désertion de la cause de Méhémet-Ali. — Nouvel attentat contre la vie du roi (15 oct.). — Chute du ministère Thiers

(29 oct.). Cabinet du 29 octobre sous la présidence de Soult, ministre de la guerre, sous l'inlluence prépondérante de M. Guizot, ministre des affaires étrangères; M. Duchâtel a le ministère de l'intérieur : MM. Teste, Humann, Duperré, Villemain. Il durera, en se transformant, jusqu'au 24 février 1848. — Nonvelle session (6 no?.). Ardentes discussions sur la politique extérieure.

— Dans les eaux de la Plata commandent tour à tour contre Rosas MM. Leblanc , 14 au cl in , Mackau.

Traité de l'amiral Mackau avec Arana, l'envoyé de Kosas( 29 oct.) : le principe des indemnités dues aux Français est reconnu; le traitement de la nation la plus favorisée sera accordé à la France en matière de commerce; restitution par les Français de l'Ile Martin-Garcia. Nos alliés de l'Uruguay protestent contre le traité. — En Algérie, résistance héroïque de 123 Français avec le capitaine Lelièvre contre 12 000 Arabes, à Mazagran , au sud de Mostaganem (3-6 févr.). Occupation de Cherchell sur la côte, à l'ouest d'Alger (15 mars) ; de Médéah au delà du col de Mouzaïa franchi le 12 mai; de Miliana qui est aussi en avant du cours du Chéliff (8 juin) : le duc d'Orléans et le duc d'Aumale, quatrième fils du roi, prennent part à l'expédition.

Courses rapides et fructueuses contre plusieurs tribus. Nouveau gouverneur général , le général Bugeaud pendant sept ans (29 déc). — Flotte :

228 navires, 35 000 marins. — Translation des restes mortels de Napoléon , amenés par le prince de Joinville. Réception magnifique à Paris par l'arc de triomphe de l'Étoile (15 déc). Funérailles aux Invalides.

€srèce.— Conspiration d'une société secrète dite orthodoxe, au profit de la faction russe; un des chefs, le ministre de l'intérieur Glarakis, est destitué (5 janv.). — Négociations pour un traité de commerce avec la Porte ; la nation y est contraire.

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C

Hollande.— Abdication de Guillaume ltr (7 oct.). Guillaume H, son fils. Les ministres sont déclarés responsables; leur contre-seing sera nécessaire pour tout arrêté royal, le 10.

Mexique. — Guerre civile entre les centralistes ou unitaires et les fédéralistes.

Portugal* — Dissolution des cortès. Nouvelle session. Émeute à Lisbonne (16 août) : mesures répressives; suspension de la liberté individuelle, de la liberté de la presse ; tribunal de guerre. — Conflit avec l'Espagne au sujet de la navigation et du commerce du Douro.

Prusse.— Mort de Frédéric-Guillaume III (7 juin). Frédéric-Guillaume IV son ûls. A l'occasion du couronnement , suppliques des étals de Kœnigsberg : ils rappellent les déclarations du 22 mai 18 lô et l acté fédéral du 8 juin de la même année qui promettaient une représentation nationale (5 et 7 sept.). — L'archevêque de Posen est rendu à sou église.

Russie.— Persécution religieuse en Pologne; l'évêque de Podlaquie, qui a réclamé auprès de l'empereur en faveur de son église, est arrêté et enfermé à Mohilcv dans un couvent de dominicains. — Échecs en Circassic. — Après l'expédition peu heureuse contre le khan de Khiva, une convention donne la liberté aux captifs russes ( 31 oct. ) ; l'ambassadeur du khan vient à Orembourg.

Suède. — Succès des idées libérales : nouvelle organisation du conseil d'élat; les ministres sont déclarés responsables; la composition des deux chambres est rendue élective; Tordre de la noblesse perd ses droits d'hérédité : on conserve cependant la distinction des classes et des ordres.

Texas. — République indépendante. Traité de limites avec les États-Unis. Elle est reconnue par la France. Traités de commerce avec l'Angleterre, la Hollande, la Belgique.

Allemagne. — Progrès des chemins de fer : dix déjà terminés sur un espace de 600 kilomètres dans les états de l'union douanière , cinq sur un espace de 300 dans les domaines autrichiens. Ouverture de la ligne de Berlin à Coelhen , qui se relie à la ligne de Magdebourg sur l'Elbe et à Leipsick (10 sept.). Projet de ligne sur la rive droite de l'Elbe entre la Prusse, le Mecklembourg, le Danemark, Brème, Hambourg. — Accessions au zollverein de Brunswick, Lippe -Detmold , Hesse- Hombourg.

— Le Système national d'économie politique du docteur List du Wurtemberg exerce une grande influence sur le zollverein.— Dans le Hanovre, esprit rétrograde de la seconde chambre, "récemment constituée. Nom eau code pénal militaire: châtiments corporels pour les soldats et sous-officiers.

Amérique centrale. — La confédération s'est dissoute : Guatemala, Nicaragua , Honduras sont séparés.

Dans le Guatemala , dictature de l'Indien Carrera.

Amérique du sud. — Rosas, toujours président de la république argentine, délivré des hostilités avec la France par le traité du 29 oct.

1840, opprime ses ennemis de l'Uruguay, le président Ri bera et Lavalle.

Exactions et cruautés. — L'Uruguay, menacé d'une invasion , demande la médiation de l'Angleterre.

A ce sujet, singulier message de Rosas à la chambre des représentants de Buenos-Aires (27 déc). — Au Pérou , le général Santa-Ouz revient de son exil les ai mes à la main ; il rentre à Lima.

Angleterre, Autriche, France, Prusse, Russie et Turquie.

— Solution de la question d'Orient.

Hatti-schérif du sultan ( 13 févr.) :

la position de Méhémet-Ali est déterminée à l'égard de la Porte; il n'a que l'tgypte à titre héréditaire, elle droit d'hérédité ne lui donne aucun

rang supérieur a celui des autres vizirs; restriction apportée à sa puissance militaire ; gouvernement seulement viager des dépendances indirectes de l'Égyple, Nubie, Darfour, Cordofan, Senuaar,etc. La flotte turque, qui avait été livrée à Méhémet- Ali le 14 juillet 1831), sort du port d'Alexandrie et rentre dins le Bosphore de Thrace ( IG mars). La France prend part, avec les quatre grandes puissances, au traité des détroits, par lequel le sultan s'engage à fermer à toutes les nations indistinctement le Bosphore et les Dardanelles, et les puissances prennent sous leur garantie le principe de la clôture des détroits (13 juill.) : c'est l'abolition de la clause secrète du traité d'Unkiar-Skélessi de 1839, favorable aux Russes.

Angleterre et Fronce. — Procédé de MM. de Huolz et Elklington pour la dorure et l'argenture des métaux par la voie galvanique , qui donnera aussi des dépôts de platine, de cuivre , de plomb , de cobalt , de nickel , de zinc, etc.

Angleterre. — Échec du ministère vvhig, quand il propose la réduction de droits sur les bois de construction, sur les sucres étrangers.

Motion de non-confiance, présentée par le chef des tories, sir Robert Peel; majorité d'une voix dans les communes (5 juin). Prorogation, puis dissolution du parlement, le 22 cl le 23. Nouvelles élections, favorables aux tories. Ouverture du parlement ( 24 août ) ; l'adresse des chambres est hostile au ministère, il se retire le 30. Cabinet formé par Robert Peel avec lord Lyndhurst , lord Stanley, sir James Graham, le duc de Ruckingham , lord Wellington , ministre sans portefeuille (3 sept. ). Prorogation du parlement jusqu'à la nouvelle année. — Naissance du prince de Galles (9 nov. ).

— Fin des premières hostilités avec la Chine. Capitulation de Canton (mai). Négociations déloyales de l'empereur. Il fait mourir ses offi-

ciers vaincus (juill.). Seconde campagne dirigée par le plénipotentiaire sir Henri Potlinger (août) : en deux mois, nouvelle occupation de l'Ile de Chousan; prise d'Amoy, Chin-haë.

Ning-Pô défendue par une forte citadelle, au nord-est de la province de Telié-Kiang(l3 oct.). — Dans l'Afghanistan, où l'armée d'invasion avait détrôné le shah Dost Mohammed, les troupes anglaises de la citadelle de Caboul sont massacrées (21 nov.); parlementaire tué en trahison (25 déc). Retraite désastreuse le 5 janv. : les soldats sont tués ou pris en sortant de leur camp forlilié près de Caboul; sur quinze mille hommes, trois cents qui survivent sont faits prisonniers. — Avantageux traité de commerce avec la Perse par l'intervention de la ltussie , à la condition de quitter Therrch, ville au sud de la Perse. — Population de tout le royaume-uni: 27 041 031 âmes.

Belgique. — Un projet d'association douanière avec la France est entravé par la jalousie de l'Angleterre.— Conspiration orangiste, découverte et déjouée (29 oct.).

Espagne.— -Tentatives partielles de résistance. — Mesures d'utilité publique touchant l'agriculture, les Iiaras , la marine , les finances. — Session des corlès (mars-aoûi). Les deux chambres donnent la régence à Kspartero, duc de la Victoire et de Morella; il prêle serment ( 8 juill.).

Celui qui a eu le plus de voix après lui, M. Augustin Arguelles, est nommé tuteur le 10. Protestation de la reine Marie- Christine et du général Narvaez le 19. — Les cortès décident que le clergé sera doté avec les revenus des anciennes propriétés de l'Église, devenues biens nationaux. — Insurrections à Pampelune, sous le général O'Donnell (oct.).

Mouvement à Madrid en faveur de la reine mère, par les généraux Diego Léon et Coucha. Espartcro se porte dans le nord; les juntes de Barcelone et de Valence sont dissoutes j les provinces basques sont me-

XIX9 SIÈCLE APKÈS J. C

nacécs de perdre leurs fueros qui du moins seront modifiés.— L'ordre est rétabli quand s'ouvrent les corlès (20 déc.).

Ktats-Cnls. — Le général Harrison, président depuis mars, meurt le 4 ami. Le vice-président I yler, d'après la constitution , lui succède. — Discussions avec l'Angleterre au sujet des frontières de l'état du Maine.

— L'insiitution d'une banque nationale est acceptée dans deux projets différents par le congrès : double veto du président. — Neutralité dans la question du droit de visite : insinuations inutiles de l'Angleterre pour obtenir une décisiou contre la traite (sept.-oct.).

France.— Irritation causée par la solution donnée à la question de la Plata, et à la question d'Orient. Plusieurs procès de presse. — Loi sur les fortilications de Paris (avril). — Loi sur le travail des enfants dans les manufactures (févr.-mars). — Troubles à Toulouse (5 juill. ); à Lille (20 août); à Clermont (!) sept.) et à Mâcon. — Attentat sur la personne du duc d'Aumale ( 13 sept.). Jugement et condamnation par la cour des pairs (nov.-déc); un journaliste est frappé pour complicité morale.

— Concurrence croissante faite aux sucres de canne par les sucres indigènes de betterave. — Ouverture du chemin de fer de Strasbourg à Bâle (sept ). — Population : 34 230 178 âmes.

Orèee. — Banque nationale ( 1 1 avril). — Nouveau cabinet; M. Mavrocordato est rappelé de l'ambassade de Londres pour le diriger (6 juill.); mais le roi s'entoure encore de Bavarois. Mavrocordato se retire (22 août).

b Hollande. — Guillaume II prépare une charte constitutionnelle pour le Luxembourg qu'il vient visiter ( juin ). — Traité de commerce avec la France (30 juin) : concessions réciproques.

Mexique. — Santa-Anna tede-

vient président. — 1/Yucatan se sépare comme le Texas, et forme une république indépendante.

Portugal. — Solution des difficultés avec l'Espagne au sujet de la navigation du Douro (Janv.).— Amélioration du commerce et des finances. Inorganisation de la garde nationale. Contre -coup ressenti des événements d'octobre en Espagne.

Prusse. — Plusieurs assemblées provinciales réclament la liberté de la presse , la publicité des débats, une représentation natiouale (1) avril;.

Vœu exprimé par la municipalité de Breslau, en SWésie. — Le roi rend la presse plus libre; il établit une commission permanente des états , composée de douze membres par province. — Un nouveau code pénal est préparé. — Entrevue à Varsovie avec son beau-frère Nicolas ( 16 sept.). — Bienveillance exercée à l'égard de ses sujets polonais. — Négociation avec Rome pour arranger le différend de l'archevêque de Pologne. — Le philosophe Schelling est arrêté à Berlin dans sa chaire de professeur, et au conseil de l'instruction publique.

Russie. — La Pologne sera administrée comme une province russe (G et 18 sept.): déjà, depuis 1832, plus de conseil d'état ni de cour de justice supérieure. Toute propagande catholique y est empêchée.

Suède. — Force croissante de l'opposition dans l'ordre des paysans, même dans la chambre des nobles.

— Réforme du conseil d'état. Projet de réforme de la constitution. — Projet d'union entre les trois royaumes Scandinaves.

Suisse. — Dans le canton d'Argovie qui est morcelé entre les deux communions, les catholiques pren-« nent les armes pour défendre leurs libertés : ils sont vaincus; le grand conseil supprime tous les couvents (13 janv.). La diplomatie intervient en faveur des catholiques. Une diète extraordinaire convoquée à Berne (lo mars , accorde le rétablissc-

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C

ment des couvents. Résistance du canton d'Argovie où dominent les protestants (5 avril). La question des couvent.* devient une question fédérale (12 mai) : la diète ordinaire obtient d'Argovie quelques concessions; elle se proroge sans rien terminer; seconde session (25 oct.), pas de majorité dessinée; l'affaire est ajournée (3 nov.). — A Genève révolution démocratique (22 nov.). — Élections générales pour la formalion d'une assemblée qui doit reviser le pacte fédéral (déc. ) ; la majorité est favorable à la réforme.

Turquie. — Retraite du ministre des affaires étrangères, Reschld- Pacha (15 mars); les réformes qu'il avait commencées continuent néanmoins. — Soulèvement des populations chrétiennes opprimées, en Syrie, en Macédoine, en Bulgarie, en Crète. En Syrie les Druses et les Maronites se déchirent. Le gouverneur de Bulgarie , Mustapha-Pacha , oppose aux rebelles les féroces Aruautes, brigands d'Albanie. En Crète, des Grecs prennent part à l'insurrection. — Installation d'un évêque protestant à Jérusalem sous la protection de l'Angleterre et de la Prusse : la nomination a été faite la première fois par l'Angleterre.

Allemagne. — Incendie terrible à Hambourg (5 mai) : il dure plusieurs jours. — En Bavière, à peu de distance de Ratisbonne, inauguration du VValhalla , sorte de Panthéon qui renfermera les statues de tous les grands hommes de l'Allemagne ( 19 oct. ) : le discours du roi respire la pensée de l'unité allemande.

Amérique dn nud. — Le congrès du Paraguay nomme deux consuls.

Angleterre. — Misère du peuple et déficit. — Après la retraite du duc de Buckingham, Robert Peel est plus à l'aise pour présenter, quoique tory, des plans de réforme (févr.).

Sans demander la révocation ab-

solue des lois des céréales, il fait adopter un bill qui les modifie. Établissement d'une échelle mobile de droits, de manière que le blé importé coûte moins cher à la masse du peuple. La discussion est plus vive sur le bill qui crée l'income-tax, ou taxe du revenu : tous les revenus au-dessus de 150 liv. slerl. sont imposés; le gouvernement en espère cent dix millions : le bil remanie à fond le.

tarif des revenus, diminue les droits sur la viande, le poisson, le houblon, les pommes de terre, le riz, les graines, les bois de construction. — Discussions sur la corruption électorale.

—Troubles dans les districts manufacturiers. Déclamations et menées des ebartistes. Deux attentats contre la reine. — En Irlande , agitations toujours renouvelées pour le rappel de l'union. — Troisième expédition contre la Chine sous l'amiral Parker. Soixante-dix bâtiments, dont deux de 74 , cl huit frégates, viennent jusqu'à l'embouchure du grand fleuve Yang-tsé-Kiang. Dévastation sur la rive gauche, de Tchin-Kiang- Fou, à quarante milles de Nanking, près du canal impérial qui porte aux provinces du nord et â Péking le riz, le thé et les soieries des provinces du midi (du 20 au 22 juill.). Nanking est menacée/ Traité de Nanking négocié par trois mandarins (29 août): vingt et un millions de dollars (120 millions de francs) accordés comme indemnité ; les ports de Canton, Amoy, Fou-Tchou-Fou, Shang-haï, Ning-Po seront ouverts au commerce anglais; cession de Tile de Hong-Hong, dans la baie de Canton; restitution des prisonniers; traitement sur le pied d'égalité des officiers des deux nations. Retraite des Anglais, le 20 sept — Dans l'Afghanistan , après les désastres de 1841, mouvement rétrograde des garnisons anglaises de Ghizni, de Djellalabah, au sud-ouest de Kandahar. Le général Pollock tient cependant les Afghans en échec. H bat quatorze mille hommes et entre dans Caboul (13 sept.). Le traité avec Ukh ban-Khan rend les

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

prisonniers anglais, mais décide l'évacuation. Retraite sur le Sutledje , l'affluent le plus oriental du Sind; atrocités commises par les Anglais en se retirant, dévastation dos villes et des campagnes, ils détruisent Caboul et Djellalahab. — Kn Perse, établissement d'un consul à Tabriz (ancienne Tauris), et d'un résident commercial à Téhéran la capitale ; la Perse aura des agents de commerce à Bombay et à Londres.

Angleterre, Etat» - uni» et France. — L'Angleterre, qui a Tait acecepter, le 20 déc. 1841, à la Russie, à l'Autriche et à la Prusse , un traité général qui modifie le droit européen au sujet de la répression de la traite des nègres et étend les zones maritimes déjà soumises au droit de visite, n'obtient l'adhésion ni de la France ni des Étais Unis. — Les quatre puissances ratifient à Londres (20 feSr.). — En France les chambres verraient dans l'adhésion à ce traité une honte et un danger pour notre marine. Le protocole est fermé le 7 nov. sans que la France ait signé. — Les États-Unis, par leur traité particulier avec l'Angleterre, se réservent le droit de faire euxmêmes la police de leurs vaisseaux en ce qui concerne la traite , et ne reconnaissent pas le droit de visite réciproque (9 août).

Autriche. — En Hongrie refus d'adhérer au zollverein prussien; création d'une banque nationale (févr.). — Des chemins de fer doivent être exécutés de Vienne à Prague ; à Triesle (18 mai) ; de Prague a Dresde (11 déc).

Belgique. — Conspiration : quatre sentences capitales rendues par la cour d'assises du Brabant (25 mars). — La France, dans l'espoir d'attirer la Belgique à une union douanière , conserve pour elle seule l'ancien tarif sur les toiles et les lils de lin étrangers, qu'elle avait élevés dans l'intérêt de la fabrication nationale (16 juill.). La Belgique réduit les droits sur nos v ins et sur nos soie-

ries, mais accorde les mêmes avantages à l'Angleterre ( 28 août ), à l'Espagne ( 26 oct.). — Loi organique sur l'instruction publique (23 sept.) :

l'éducation sera jointe à l'instruction ; l'enseignement moral et religieux aura la première place dans les écoles primaires; libre concurrence , pas d'intervention de l'état.

Le clergé surtout gague à la loi.

Eftpagne. — Souffrance de l'industrie et du commerce en Catalogne; Espartero projette avec l'Angleterre une union commerciale dont ne veut pas la nation. Kévolteà Barcelone (l 3 nov.)j établissement d'une junte provisoire. Les cortès sont prorogées. Le régent va combattre l'insurrection; bombardement (3 déc.) et mise en état de siège de Barcelone ; mesures barbares, contribution extraordinaire : noble conduite du consul tie France, M. Ferdinand de Lesseps. — Symptômes de la cbute d' Espartero.

France. — La majorité de la chambre rejette une proposition relative à l'extension du cercle des incompatibilités et à la réduction du nombre des députés fonctionnaires (7 févr.), elle 14, une autre proposition pour l'adjonction des capacités aux listes d'électorat poli lia ue. — Mort du ministre des finances, M. Humann (26 avril); M. Lacave-Laplagne lui succède. — Pendant la discussion de la loi des chemins de fer, accident terrible sur le chemin de fer de Versailles, rive gauche; près de cinquante victimes, et dans ce nombre le contre- amiral Dumont-dTrville (8 mai). — Vote de la loi : elle a l'importance de celle de 1811 pour les routes (Il juin). Système de neuf grandes lignes : sept partant de Paris , sur la frontière belge par Lille et Valenciennes ; sur l'Angleterre par un point du littoral de la Manche; sur la frontière de l'Allemagne par Nancy et Strasbourg; sur la Méditerranée par Lyon , Marseille et Cette ; sur la frontière d'Espagne par Tours , Poitiers , Angou-

Jéme, Bordeaux, Bayonne; sur l'Océan par Tours el Nantes; sur le centre par Bourges; deux autres grandes lignes relieront la Méditerranée au Rhin par Lyon, Dijon, Mulhouse; l'Océan à la Méditerranée par Bordeaux , Toulouse, Marseille. Les dépenses de construction seront partagées entre l'état, les localités et l'industrie privée; crédits affectés à plusieurs lignes. — Dissolution de la chambre (12 juin). — La dernière session s'est préoccupée des souffrances de plusieurs industries: les sucres, les vins, les toiles et fils de lin. Une ordonnance, dans l'intérêt de la fabrication nationale, élève les tarifs sur les toiles et les fils de lin ( 26 juin ) : exception pour la Belgique ( 16 juill. ), afin d'obtenir une réduction de droits pour nos vins et nos soieries.— Mort déplorable du duc d'Orléans par une chute de voiture (13 juill.) : son fils aîné , le comte de Paris , n'a pas quatre ans. Convocation extraordinaire des chambres le 26. Loi organique de régence (30 août): majorité fixée à dix-huit ans; le régent sera l'héritier le plus proche dans l'ordre de succession au trône. — En Algérie , soumission de beaucoup de tribus. Plus de sécurité; les colons se multiplient; activité commerciale. — Dans l'Océanie, prise de possession des Iles Marquises par le contre-amiral Dupetit- Thouars (1er mai).

Portugal. — Insurrection chartisle à Lisbonne (26janv.); mollemont combattue par le gouvernement qui subit avec contrainte la constitution de 1838. l a charte de don Pedro est rétablie ; ministère Costa Cabrai (10 févr.). — Traité avec l'Angleterre pour la répression de la traite des nègres (juin). — Nouvelles élections à deux degrés d'après la charte. Ouverture des cortès ( 10 juill.); 13 majorité semble favorable aux chartistes.

Prusse* — Le roi crée des comités des états provinciaux (21 juin) :

la diète de chaque province élira des

commissaires qui séjourneront à Berlin, et que le gouvernement consultera quand il le jugera à propos.

Première session des comités, ouverte le 1 9 oct. ; elle durera moins d'un mois : discussion sur la diminution de l'impôt et sur l'établissement d'un grand réseau de chemins de fer qui seront exécutés avec les ressources de l'état. — Ordonnance libérale sur l'enseignement dans les provinces polonaises ; la Iangne polonaise sera seule employée ( 1 1 juill. ). — Le roi pose la première pierre des nouveaux travaux de la cathédrale de Cologne : « La patrie, dit-il, ne dislingue pas les catholiques des protestants, mais les confond dans l'unité allemande. » (4 sept.)

Riinsle.— Le pape fait appel à l'opinion publique sur les souffrances de l'Eglise catholique en Russie et en Pologne ( 22 juill. ). — Ukase relatif à l'émancipation des serfs : mal accueilli par les nobles , propriétaires foncier*.

Servie. — Révolution populaire, sans l'intervention des grandes puissances , contre le prince Milosch ; il est déposé ( 14 sept.). Élection d'Alexandre, petit-fils de Czerny Georges, âgé de dix-huit ans; il a été élevé à Odessa dans une école militaire russe; cependant Nicolas te voit nommer avec déplaisir. — Le sultan le confirme.

Turquie et Valaeule* — Déposition du walvode Alexandre Ghika, sollicitée peut-être par la Russie, confirmée par la Porte (26 oct.).

Allemagne. — Le zollverein compte plus de vingt-deux états, et embrasse une population de vingtsept millions. Négociations d'alliance avec les Etats-Unis.

Amérique du «ud.— Guerre de Rosas contre le président de l'Uruguay, Bibera , avec l'aide d'Oribe, ancien président. Intervention inutile de la France et de l'Angleterre.

804 XIXe SIÈCLE

Oribe bloque Montevideo où le commerce français a de grands intérêts.

Angleterre. — Crise sociale et politique, ressentie mémo dans l'Écosse et dans le pays de Galles. — En Irlande, formation d'un corps do délégués du rappel, adhésion des évéques catholiques , ressources financières du parti; O'Connell repousse les avances des chartistes; son adresse au peuple irlandais. Les meetings semblent préparer une insurrection. Le gouvernement fait adopter le bill des armes : sa proclamation de défense est moins puissante que la parole d'O'Connell pour empêcher le meeting de Clontarf où arrivaient déjà les députés de Li verpool et de Manchester (8 oct.). Devenu l'objet de poursuites judiciaires le 14, O'Connell félicite cependant les Irlandais de leur attitude pacifique, le 20; il est décrété de mise en accusation par la cour d'assises de Dublin (8 nov.). Procès différé jusqu'au 6 janvier. — Ligue contre les lots de la couronne sur les céréales (anti-corn-law-league)n formée par M. Cobden pour faire triompher le principe de la liberté de commerce, ou libre échange , contre le système qui prohibe les denrées et les productions étrangères; journaux, brochures, meetings dans vingt-six comtés. — Invasion de l'état Seind , à l'embouchure de l'Indus (févr.mars); résistance des Béloutchis musulmans. Troubles du royaume de Lahore, favorables aux Anglais. — La Chine, par un nouveau tarif, est ouverte au commerce européen sans privilège pour aucune nation (27 juili.).

Autriche, — En Hongrie , ouverture de la diète de Presbourg par un discours de l'empereur en latin ( 20 mai ). Elle discute une nouvelle législation criminelle , l'organisation des municipalités et de la censure.

Première exposition de l'industrie nationale à Pestli (20 sept.). — La diète provinciale de la basse Autriche réclame la communication des comptes, la suppression des cor-

APRÈS J. C

vées, et plus de liberté dans les délibérations.

Belgique». — Achèvement du chemin de fer d'Anvers à Cologne (13 oct.).

Eftpagne* — Despotisme militaire d'Ksparlero. Il dissout lescortès (3 janv.). Prompte succession de deux cabinets qui ne peuvent s'entendre avec la seconde chambre.

Nouvelle dissolution des corlès (26 mai). Révoltes sur plusieurs points.

Il assiège et bombarde Séville, qui lui résiste (21-28 juill. ). II quitte l'Espagne sur un bâtiment anglais.

Déjà un des premiers chefs de l'insurrection, le général Narvaez, a été fait lieutenant général des armées de la nation (24 juill.). Ministère Lopez.

Les corlès sont invitées à déclarer la reine majeure par anticipation (oct.).

Vote de la loi de majorité (8 nov.) : Isabelle H n'a que treize ans; elle prête serment (10 nov.). — Ministère Olozaga. Dissentiment personnel d'Olozaga avec les généraux Serrano et Narvaez ; il veut faire signer de force , à la reine , un décret de dissolution des cortès ; résistance de la reine; destitution d'Olozaga, chute du cabinet. Discussion dans la seconde chambre au sujet de la conduite d'Olozaga; il fuit sur la route du Portugal ( 17 déc. ). — Ministère Gonzalès Bravo. Suspension des corlès ( 27 déc ). On est disposé à recevoir la mère de la reine.

Ktatft-iinl*.— Projet de mise en accusation du président Tyler pour actes de corruption, malversations, crimes de haute trahison ; rejeté au congrès seulement par 127 voix contre 83. — Conflit avec l'Angleterre au sujet du vaste et riche territoire de l'Orégon, qui touche à l'océan Pacifique. Le bill pour l'incorporation est sanctionné par le sénat. — Le prophète Miller, qui a formé depuis dix ans la secte des millénaires, a encore des disciples même après le 23 avril 1843, où il avait fixé irrévocablement et sans remise la fin du monde. H vit jusqu'en 1849.

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C,

France. — Désastreux tremblement de terre à la Guadeloupe (3 févr.). — Ouverture des chemins de Paris à Rouen (2 mai); et à Orléans, le 3. — Vote de la loi sur les sucres, qui intéresse l'industrie indigène et h production coloniale.

Ajournement des lois sur le recrutement, le conseil d'état, les patentes, la réforme des prisons, la pension de retraite des magistrats et des fonctionnaires civils , le rachat des canaux, les ministres d'élat, le chemin de fer du Nord. On écarte les propositions sur l'exclusion de la chambre des fonctionnaires publics et des députés intéressés dans les compagnies financières ; la réforme des lois de septembre 1835, l'abolition du scrutin secret pour le vote à la chambre; l'instruction secondaire. — Mariage de la princesse Clémentine, fille du roi, avec le prince Auguste de Saxe-Cobourg (20 avril); du prince de Joinville avec une sœur de l'empereur du Brésil (7 mai).— La reine Victoria vient visiter la famille royale au château d'Eu (2 sept.).

— Voyage du duc de Bordeaux en Angleterre (nov.): des légitimistes, même cinq députés , viennent le saluer à Belgrave-square ; il n'est pas reçu par la reine. — Voyage du duc de Montpensier, cinquième fils du roi, dans le midi de la France ; du duc de Nemours dans l'ouest. — Ardent débat entre l'Église et l'Université : déclaration comme d'abus contre l'évêque de Châïons ( 2 nov.).

— La Phalange, revue périodique des fouriéristes, est remplacée par un journal quotidien, la Démocratie pacifique, — Incursions d'Abd-el- Kader jusqu'aux portes d'Alger. Sa smala, qui comprend sa famille, ses tentes et ses troupeaux, lui est enlevée par le duc d'Aumale (IG mai).

Son lieutenant, Sidi-Embarek, est tué (1 1 nov.). Développement de la colonisation civile et militaire. Ordonnance de navigation et de douanes pour faciliter l'écoulement des produits algériens et l'introduction en Algérie des produits français (16

déc). Le gouverneur général Bugeaud est fait maréchal de France.

— Dans l'Océanie, établissement du protectorat français sur les fies de la Société : résistance de la reine de Taîti, Pomaré. dominée par des missionnaires anglais; le contre-amiral Dupetit-Thouars occupe le pays, que le gouvernement ne gardera pas (5 nov.).— Acquisition de Mayotte, une des îles Comores, à l'ouest de Madagascar.

»rèce. — Révolution du 3 septembre, accomplie surtout par les chefs du parti russe, MM. Kalergi et Mctaxa. Le roi promet une constitution ; nouveau ministère ; élections.

L'assemblée nationale est ouverte (8 nov.) : discours du roi. Vérification des pouvoirs ; projet d'adresse en réponse au discours du roi. Élaboration d'une constitution.

Haïti.— Boyer, président depuis vingt-cinq ans , odieux comme mulâtre à la race des noirs, est renversé par une insurrection. Démission, abdication ( mars ) ; il passe à Cuba , plus tard résidera en France. — La partie orientale avec Domingo reste a la population espagnole.

Italie.— Tentative d'insurrection à Bologne (août). Abus de l'administration cléricale. Misère. — Tendances révolutionnaires de la Jeune Italie.

Russie. — Les assignats retirés de la circulation sont remplacés par des billets de crédit, ayant aussi cours forcé, mais remboursables en numéraire, dans de certaines limites, a ux caisses du gouvernement.

Russie et Turquie* — En Va-

lachie, élection d'un hospodar, M. Bibesco ( janv. ) : bien accueillie par la Porte , et même d'abord par la Bussie. Son administration sera ferme et nationale. — En Servie, la Russie, hostile au prince Alexandre, demande une nouvelle élection par l'assemblée nationale (27 juin).

Alexandre est réélu à l'unanimité.

La Porte confirme ( 14 sept. ).

SOÔ

gul*Mc. — Agitation entretenue par l'affaire des couvents d'Argovic, par une tentative révolutionnaire à Genève, par la propagation des doctrines des communistes, parles troubles du Tessin et du Valais.

Allemagne, Autriche et Prus-

ae.— Exposition de l'industrie germanique ix Berlin. En Prusse , association centrale pour le bien-être des classes ouvrières. Troubles graves dans la Silésie prussienne et autrichienne, dans la Bohême, au suj« t d'une question de salaire et de la misère des ouvriers des manufactures (juin). Projet d'exposition de l'industrie autrichienne a Vienne pour 1845. — Le zollverein , en dehors duquel restent Hambourg, Drémc, Lubeck , et le Hanovre , est encore restreint par le traité de commerce et de navigation de ces quatre états avec la Grande-Bretagne. Compensation, par le traité de la Prusse avec la Belgique (Ier sept.), qui est préjudiciable au commerce de la Hollande, de l'Angleterre et de la France.

Amérique du sud. — Les volontaires français de Montevideo, qui prennent part à la guerre contre H osas et Oribe, refusent de poser les armes quand la France, de concert avec l'Angleterre, offre sa médiation; ils se font dénaturaliser.

Siège de Montevideo continué par Oribe. — Le congrès du Paraguay remplace le consulat, partagé entre Alonzo et Lopez , par la présidence décennale qui est donnée à Lopez (mai) : c'était un docteur en droit comme Francia, d'uue famille de fermier estanciero.

Angleterre. — Embarras du ministère, entre la ligue d'abolition contre les lois sur les céréales, et une nouvelle association agricole qui veut les maintenir complètement. — Renouvellement du privilège de la banque. — Bill sur les chemins de fer : il décide , à l'avantage de l'état et du public , le transport des trou-

pes , le service des postes, le règlement des tarifs ; concessions accordées à la population pauvre. — Motion sur la durée du travail dans les ateliers. — Protestation énergique votée par les communes en faveur des libertés de l'Irlande. — O'Connell est condamné par le jury de Dublin (févr.). Motion de John Russel, ancien ministre, pour une enquête sur l'état de l'Irlande.

Espagne. — Essais d'organisation intérieure; marine, finances, vente des biens nationaux, exploitation des tabacs; dispositions plus favorables au clergé. — Révolte d'Alicante réprimée (mars). — Retour de la mère de la reine : elle retrouve au pouvoir, ou voisins du pouvoir, ceux qui étaient tombés avec elle. — Projets de décret sur la garde nationale et sur la presse, mal accueillis. — Cabinet Narvaez (8 mai). Réformes financières. Les corlès, recomposées par des élections , sont ouvertes par la reine (10 oct.). Projet de réforme de la constitution. Exécutions sanglantes à l'occasion de la révolte du général Zurbano. La conversion des rentes est décidée; projets pour la constitution civile du clergé ; pour l'abolition de l'esclavage.

Ktuts-UnU.— Question de l'Orégon toujours pendante avec l'Angleterre. — Le dissentiment s'accroît avec le Mexique, parce que l'annexion du Texas à l'Union parait inévitable. — Traité de commerce avec la Chine, avec les privilèges dont jouit la Grande-Bretagne. — Élection présidentielle (déc.) : le candidat démocratique, M. Polk , l'emporte sur celui des whigs conservateurs, M. Clay. Des treize étals à esclaves, cinq seulement, Delaware, Maryland , Caroline du nord , Kentucky,Tenessée, soutiennent M. Clay.

Candidat séparé des aboli lion nistes.

— Premier télégraphe électrique fonctionnant avec régularité : création de Samuel Morse.

France. — Les députés légitimistes, qui en 1843 ont visité le duc

XW SIÈCLE

de Bordeaux en Angleterre, déclarés flétris dans l'adresse en réponse au discours du roi, donnent leur démission et se font réélire.— Étude d'un nouveau système pénitentiaire, pas de loi. — Discussiou sur la liberté de l'enseignement, projet ministériel, rapport de M. Thiers. — Lois sur la chasse, les patentes, les brevets d'invention. — On ne résout pas les questions de la réforme postale t du domicile politique, de la réduction du timbre des journaux, des incompatibilités parlementaires.— Dès février, affaire Pritchard : ce missionnaire anglais avait exeité les indigènes et la reine de Taïti contre les Français; ils l'a rrê Lent et le chassent quoique consul. Robert Pcel demande pour lui une réparation (31 juill.). — L'empereur du Maroc Muley-Abder-Rhaman a envahi l'Algérie française («30 mai). Ses cavaliers sont châtiés (16 juin). Ouchda est prise à l'entrée du Maroc, le 19. Bombardement de Tanger par le prince de Joinville, avec une faible escadre (6 août). Brillante victoire du maréchal Bugeaud sur le petit fleuve de l'Isly, voisin de la frontière, le 14.

Le 15, bombardement de Mogador, à l'ouest de la ville de Maroc, par le prince de Joinville. — La rupture avec Londres est conjurée par le vole de l'indemnité Pritchard. — Peu après, convention de Tanger (20 sept.) : le Maroc accorde à la France peu d'avantages réels ; la mise hors la loi d'Abd-el-Kader semble alors illusoire. — Visite solennelle du roi à la reine Victoria ( 1 2 sept.). — A l'est de la plaine d'Alger, résistance des Kabyles, voisins du fleuve Isser, malgré une heureuse campagne du duc d'Aumale au printemps. Le maréchal vient décider la soumission de deux grandes tribus (27 oct.). — Lutte de l'Église et de l'Université, et, par contre-coup, de l'Eglise et de l'état.

— Exposition brillante de l'industrie à Paris. État florissant du commerce et du crédit public. Cependant les spéculations aventureuses, le jeu de l'agiotage au sujet des chemins de

APRÈS J. C. 807

fer, les excès d'une concurrence illimitée qui tue les petites industries au profit des grands capitalistes, font craindre une crise. — Discussion passionnée de la question de rémancipation des noirs dans nos colonies : le gouvernement cherche un régime de transition. — Première crèche , à Cbaillot (nov.). — Traité de commerce avec la Chine, conclu par l'ambassadeur de Lagrené (24 oct.). — Introduction à l'histoire du Bouddhisme indien, par E. Burnouf. — Mort de Geoffroy-Saint-Hilairc, célèbre zoologue et anatomiste (19 juin).

Grèce. — Discussion , vote par l'assemblée nationale , promulgation de la constitution (mars): la foi grecque est une condition de l'hérédité de la couronne; deux chambres ; la pairie est conférée par le roi et à vie. — Ministère Mavrocordato (30 mars). Élections parlementaires entachées de corruption; désordres et révoltes. — Cabinet composé par MM. Coletti et Metaxas, qui représentent, l'un l'influence française, l'autre l'influence russe (15 août). Le roi ouvre la session (19 sept.).

Haïti. — Guerrier est président des noirs pendant onze mois.

Italie* — La Romagne demande vainement au saint-siége des codes, une administration régulière et la réalisation des promesses de 1831.

Mexique* — Mouvement dirigé par le général Parcdès. Protestation des députés, à Mexico, contre Sauta- Anna (1er déc). En son absence, un de ses lieutenants dissout le congrès.

Les députés se mettent en communication avec le peuple : le palais est attaqué ; nouveau gouvernement le 7 , le général Herrera est président par intérim. Le peuple se déclare partout contre Santa-Anna, ses troupes l'abandonnent : déclaré traître à la patrie, mis hors la loi, fait prisonnier, il implore le congrès pour qu'on lui laisse la vie.

Portugal* — Prise d'armes du

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C

parti libéral à Torres-Novas , à AU méida (28 avril). Capitulation.— Concordat avec le saint-siége , lavorable à la cour de Home.

miMMlc. — En Pologne, projet d'instruction élémentaire; nouvelle circonscription administrative; les huit gouvernements de l'ancien royaume sont réduits à cinq : Radom, Lublin, Varsovie , Plozk , Augustowo, chef-lieu Suwalki (5 aoûl); suppression de la société de tempérance, utile cependant aux classes pauvres.

Suède.— Mort du roi Bernadotte ( 27 janv. ). Son fds , Oscar 1", lui succède. Le parti libéral présente à la diète un projet de réforme de la constitution; il est rejeté. Lois sur l'administration civile et politique.

SnlKMie. — L'affaire des couvents d'Argovie, qui reste sans solution, a provoqué le manift ste des sept cantons catholiques, qui jettent les fondements d'une alliance séparée ou sonderbund: Lucernc, LTri, Schwitz, Unterwalden, Zug, Fribourg, Valais.

—Troubles du Valais. Les libéraux du bas Valais, qui ont formé l'association de la Jeune Suisse, sont vaincus par les hauts Valaisiens , auxquels est favorable le vorort ou gouvernement directorial de Lucerne : interdiction du protestantisme ( mai ). — Division sur les questions del'Argovie et du Valais, entre la diète et le vorort. — Le canton de Lucerne, sur la demande de l'évéque diocésain, a appelé les jésuites pour leur confier l'éducation ; cause de troubles. Agitation dans les cantons radicaux. — Cours éducatif de langue maternelle écrit en français et publié à Paris, du P. Girard, célèbre instituteur de l'ordre des cordeliers du canton de Fribourg.

Turquie. — En Albanie , révolte à l'occasion du recrutement ordonné par le sultan; les Albanais massacrent les chrétiens : affreux brigandages réprimés par Heschid-Pacha.

— Tendance des gouvernements de

Moldavie et de Valachie à émanciper les serfs et à éloigner les juifs.

Allemagne et Proue. — Mouvement religieux : nouvelle Église catholique , formée dans la Prusse rhénane par le prêtre Jeham Ronge ; Eglise catholique apostolique , prêchée dans la Pologne prussienne, par teerky. Le concile de Leipsick met à nu leurs dissentiments. La Société des amis des lumières professe des principes de communisme et de fraternité, redoutables pour les gouvernements.— Troubles de Leipsick, où la religion sert de prétexte (i2 août). Le roi de Saxe se déclare contre les novateurs (14 sept.). Le roi de Wurtemberg ne peut les empêcher de tenir un nouveau concile à Stuttgard.

— En Prusse, mesures de répression contre les dissidents catholiques.

Adresse des magistrats municipaux de Berlin contre les dissidents protestants, les piétistes, qui datent de 1679, et auxquels le roi est favorable. — Tendances libérales des états de Silésie, Posen , Prusse proprement dite. Le roi ne veut accorder ni la liberté de la presse, ni la publicité des débats, ni un code pénal ayant pour base la législation française.

Amérique du sud. — Dans l'Equateur, le général Florès est contraint d'abdiquer la présidence (18 juin) ; il est exilé pour deux ans.— Au Paraguay, un décret ouvre enfin ce pays aux Européens (20 mai).

Angleterre* — Robert Peel fait passer un bill pour la dotation du séminaire catholique romain de Maynooth en Irlande (3 avril). — Lois répressives autant contre les manifestations des orangistes protestants en Irlande que contre celles des repealers. — Dissidence dans le parti d'O'Connell : des prélats catholiques ne veulent pas de lutte et espèrent des concessions du gouvernement. Le saint-siége blâme les membres de l'Église qui prennent part à l'agita-

XIXe SIÈCLE

lion. — Robert Pcel veut modifier les lois sur les céréales, opposition des ministres; démission du cabinet (10 déc). Vains efforts de lord Jolin Russcl pour constituer un ministère whig ; Robert Peel rentre au pouvoir.— Dans les Indes orientales, les possessions danoises sont achetées (2 févr.). Les Anglais profiteront des révolutions accomplies dons le Pundjab, bassin supérieur de l'Indus :

le seul chef qui pouvait contenir les Seikhs est mort le 21 décembre 1844.

— Consommation du charbon de terre à Londres : 2095 navires employés au transport de 11 987 cargaisons contenant 3 403 320 tonneaux.

Autriche* — Prospérité des finances: recettes ordinaires, 160 566 000 florins; dépenses, (52 755 000.

Belgique. — Crise des subsistances par la maladie des pommes de terre. Loi sur renseignement primaire.

Enquête sur le travail des enfants.

Caisse de secours ou de retraite en faveur des ouvriers. Convention commerciale avec la France (13 déc).

Espagne* — Vigueur du ministère Narvaez. Il châtie cruellement ceux qui se sont associés à l'insurrection du général Zurbano : pris dans les montagnes, Zurbano est fusillé (janv.). Les délits de presse seront jugés par un tribunal spécial au lieu du jury. — Don Carlos, qui est toujours à Bourges , abdique ses droits en faveur de son fils aîné, le comte de Monlémolin ( 4 juin ). Manifeste du nouveau prétendant. Menées carlistes dans les provinces basques. — Concordat avec le saintsiége (7 juin) : concessions mutuelles ; la reine, qui a fait suspendre la vente des biens de l'Église, est reconnue par le pape ; projet de dotation du culte et du clergé. — La quinta, réquisition qui prend pour l'armée un homme sur cinq , cause des troubles dans le cercle de Barcelone.— Loi pénale contre la traite des nègres. Répression du vagabondage.

Etat*-unlfi. — Les représentants adoptent un bill pour l'annexion du Texas (27 janv.). — La Floride, admise comme état, commence à avoir des députés au congrès (3 mars).

— Le nouveau président , Polk . se prononce pour l'occupation de l'Orégon. — Le sénat de l'Union, 27 voix contre 25, consent à l'incorporation du Texas (i,r mai). Au Texas, le sénat et le congrès votent l'annexion (18, 19 juin et 4 juill.). Déclaration de guerre par le Mexique. Le consul américain, à Mexico, amène une solution pacifique ; l'annexion est admise. — Importance croissante de la secte socialiste des mormons, disciples de Joë ou Joseph Smith : au nom de la Bible , ils réclament la communauté des biens et annoncent le paradis sur la terre ; fanatiques et braves, ils ont parcouru toutes les régions de l'ouest, souvent alliés avec les sauvages pour ruiner la démocratie américaine; on les trouve surtout dans rillinois; ils ont une capitale, Nam oo.

Traître* — Lutte ardente de Popposition parlementaire pendant deux mois. — Satisfaction donnée à fopinion publique dans la question de la répression de la traite, sans avoir recours au droit de visite : nouveau traité avec l'Angleterre (29 mai). — Le pape fait rappeler les jésuites de France. — Les chambres admettent le principe de l'émancipation des esclaves. Loi sur les caisses d'épargne, trésor collectif des petites fortunes, gardé par l'état et qui fructifie entre ses mains. Le vote public, à la chambre, est substitué au vote secret.

Lois sur les chemins de fer, du Nord, de Paris à Strasbourg , de Paris à Lyon, de Lyon à Avignon, de Tours à Nantes. — En Algérie, insurrection générale des Kabyles, excités par Abd-el-Kader. Courses menaçantes d'un autre chef, Bou-Maza. Aux grottes du Dahra 530 Arabes périssent par le feu (20 juin). — Ratification d'un traité avec le Maroc (6 août).

— Massacre de 450 Français dans

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

une embuscade , au marabout de Sidi-Brahim, près de Djcmmâ-Ghazaouat, au nord-ouest de la province d'Oran (22 sept.). Défaite des Kabyles par les généraux Lamoricière et K. Ca\aignac. Alnl-cl-Kader tente un mouvement vers l'est; à Alger on mobilhe trois bataillons de la milice urbaine. L'émir retourne vers les montagnes du sud. — Rupture a>cc le Mexique, pour une insulte faite au représentant de la France (mai).

— Dans la IMata, impuissance de la médiation, tentée eu commun avec l'Angleterre, pour le maintien absolu de l'indépendance de l'Uruguay , pour la protection de nos résidents cl de notre commerce. Brillant combat des escadres combinées contre Dosas à la pointe u'Obligado, au delà de Buenos-Aires, déjà bloquée (20 nov.). — D'après les conventions du 7 novembre 1844, traité de commerce avec l'imau de Mascale, qui réside à Zanzibar dans nie de Zanguebar. — Expédition entreprise en commun avec l'Angleterre contre les indigènes de Madagascar d'où notre colonie de Bourbon lire ses vivres; malheureuse attaque contre Tamatave ( 15 Juin). — En (mine , l'empereur qui vient d'accorder à tous ses sujets la libre pratique de la religion chrétienne, permet aux Français et aux autres étrangers d'élever des églises dans les cinq ports ouverts au commerce par le traité avec l'Angleterre. — Importance agricole donnée au sésame.

Grèce.— Soulèvement en Achaïe, Mcssénie, Acarnanie. — L'association secrète des frères adoptifs prépare des conspirations dans la garnison de Nauplie, dans le corps de la marine à Hydra.

Haïti. — Mort de Guerrier, le président du Cap. Pierrot, de la race noire, proclamé président par l'armée, s'établit au Cap. 11 attaque la région espagnole du sud-est, et est vaincu sur terre et sur mer. — Mesures arbitraires prises contre les étrangers (oct.).

Italie. — Essai de réforme douanière, abaissement des tarifs dans les étals romains. Insurrection de Rimini (23 sept.).

Mexique. — Élection du général Herrera à la présidence (15 août).

Russie. — Révision de la législation de la Pologne , mal accueillie des habitants. — Courte visite faite par le czar au pape, pendant qu'il persécute les catholiques en Pologne (déc).

Suisse. — Dans le canton de Yaud , mouvement radical à Lausanne. — Les corps francs , organisés par le parti démocratique pour lutter contre les cantons catholiques, sortent du territoire d'Argovie , se jettent sur celui de Lucerne ( 30 mars). Ils sont défaits. — Notes des puissances étrangères au sujet des corps francs. — Ouverture de la diète ordinaire à Zurich qui est canton directorial (7 juill. ) : on discute, sans rien résoudre, sur l'introduction des jésuites dans le canton de Lucerne, sur les couvents d'Argovie, sur la révision du pacte fédéral. — Assassinat de M. Leu d'Ebersol, chef du parti catholique à Lucerne (19 juill.).

— Ramifications en Suisse de la Jeune Allemagne, association révolutionnaire.

Turquie. — Insurrections dans l'Albanie (juill.). Dans le Liban, les Druses commettent d'atroces cruautés contre les chrétiens maronites; désarmement des rebelles demandé par les représentants des états chrétiens. — Décrets pour l'organisation de l'instruction publique.

Allemagne et Prusse. — L'opposition lutte pour obtenir la liberté de conscience ; synode à Berlin ( 6 janv.). Tous les ans la diète provinciale de la Prusse rhénane réclame des libertés politiques et une constitution. — Dans le Wurtemberg, les assemblées des sectaires néo-catholiques sont placées sous la surveillance de la police. — Le gouverne-

ment de Bade permet aux dissidents de célébrer un culte privé , sous le tllre d'association des partisans de la confession de Lcipsick. — Le gouvernement de Saxe-Weimar reconnaît provisoirement la communauté des catholiques allemands. — Rupture des négociations du Hanovre avec le zollvcrein (0 mai).

Allemagne et Danemark. —

Le roi de Danemark veut unir plus étroitement à sou royaume les duchés allemands du Holstcin , du Siesvig et de Saxe-Lauembourg :

lettre patente du 8 juillet. Les états du Holstein protestent, le 24 ; ils sont dissous, ainsi que ceux du Siesvig. A Francfort, protestation en faveur de la nationalité allemande des duchés, et de l'intégrité du territoire germanique.

Angleterre. — Le ministère tory reconstitué par Robert Peel, le 2 janvier, propose aux chambres, le 22 , l'abolition complète des cornlawSy ou lois sur les céréales, et de toutes les prohibitions qui entravaient les importations étrangères pour les denrées alimentaires de première nécessité et pour les matières premières de l'industrie : c'est le triomphe du libre échange. L'ensemble de la loi pour la réforme des tarifs est adopté par les communes, et bientôt même par les lords f25 juin). Mais les communes rejetant un bill de coercition pour l'Irlande, où la misère multiplie les assassinats et les incendies, le ministère se relire , le 29. — Le cahinet whig , formé par lord John Russel , continue la réforme commerciale de Robert Peel et conserve la taxe du revenu, income-tax, établie en 1842 par Robert Peel. — Les désordres croissent en Irlande. Scission dans le parti du rappel; parti de la Jeune Irlande, sous M. Smith O'Brien. — Dans les Indes orientales, prétextant une attaque de l'année sikhe, sur la frontière anglaise, en décembre 1 845, le gouverneur général de l'Inde, sir Henri Hardinge, marche sur le

royaume de Lahore, bat les Sikhes

à Sobraon près du Sutledje (10 févr.); arrive sous Lahore, et par un traité, le 22, obtient une contribution d'un million et demi de livres sterling avec le territoire fertile, situé entre le Sutledge et le Beyah (ancien Hydraote) qui contient un million d'hommes; le prince ou nia ha raja t de Lahore est placé sous la surveillance d'un résident anglais; son ministre Gholab- Singh, un des négociateurs du traité, reçoit la souveraineté d'une partie du pays des montagnes, et devient son égal.

Autriche, Prusse et RiimmIc.

— Insurrection polonaise. L'agitation commence dans la Posnanie prussienne (14 févr.); elle est aussitôt étouffée. Dans la Gallicie autrichienne, tentative à Tarnow le 1 7 ; mais les paysans, que rien n'attache a la cause des nobles polonais, se tournent bientôteontre eux. à l'instigation des fonctionnaires autrichiens. Inaction de la Lithuanie et de la Pologne russe. — A Cracovie, gouvernement provisoire (22 févr.); il est renversé parles Autrichiens qu'aident la Prusse et la Russie ( 3 mars ). — Dans la Gallicie, pendant plusieurs mois, affreuse jacquerie des paysans contre les nobles polonais. L'Autriche accorde aux paysans l'abolition des corvées (13 avril). — Incorporation de la république de Cracovie à l'empire d'Autriche avec l'assentiment de la Prusse et de la Russie (11 nov.). Protestation de l'Angleterre et de la France,

Belgique. — Triomphe du parti catholique pur; cabinet formé par M. de Theux. — Traité de commerce avec la Hollande (29 juill.).

Danemark* — Le gouvernement donne aux paysans de la couronne les moyens de passer de l'état de fermiers a celui de propriétaires (juill.).

Espagne* — Le projet de mariage de la reine occupe toute l'Europe , surtout L Angleterre et la France. — Ministère Isturitz. — Insurrection en Galice. — La reine annouce que les cortès seront con-

voquées à l'occasion de son mariage avec l'infant don François , duc de Cadix, son cousin (2!) aoiU, ; sa sœur dona Louisa doit épouser le duc de Monlpcnsier, cinquième fils du roi des Français : déplaisir de l'Angleterre. Les cortès, ouvertes le 14 septembre, approuvent. Attitude hostile de l'ambassadeur anglais. Célébration des deux mariages (10 oct.).

KtntM-Unlfl. — Vote conciliant du sénat sur la question de l'Orégon (15 avril). 11 sera décidé, pendant la guerre avec le Mexique, que l'Angleterre gardera la portion du nord jusqu'au 4U* degré de latitude — L'annexion du Texas, pays à esclaves, est consommée (16 févr). Les territoires d'Iowa et de Wisconsin sont admis comme états (4 et G août).

— Pratique de Tétliérisalion pour faciliter les opéiations chirurgicales, inventée par Horace Wels et Jackson, exploitée avec brevet par Morlon; propagée en Europe en 1847.

États -unis et Mexique. —

Guerre , après l'annexion du Texas ( févr. ). Près de Matamoras , vers l'embouchure de Rio-Grande-del- Norte (9 mai), le général Taylor avec 2500 hommes, bat 6000 Mexicains.

Le président Plok déclare la guerre engagée (1 1 mai). Vaines négociations pour la paix. Occupation par les Américains (juill.) de Montcrey, port principal de la Nouvelle-Californie, qui est annexée à l'Union. — Au Mexique, révolution faite par les fédéralistes : retour de Santa-Anna ; les départements reprennent le rang d'états confédérés (22 août). — Conquête par les Américains (22 août) de Santa-Fé, capitale du Nouveau- Mexique, qui est aussi annexée. Taylor marche avec sept mille hommes sur Montercy, capitale de la province du Nouveau-Léon.

France* — Vive opposition à la chambre des députés pendant la session du 27 déc. au :* juillet. Débats sur l'instruction secondaire , sur le trop grand nombre de fonctionnaires admis à la chambre. «~ Quel-

ques réductions d'impôts : sel ; droit d'octroi sur les bestiaux; taxe des lettres. — Crédit extraordinaire de quatre-vingt-treize millions pour la marine militaire. Crédits pour les chemins de fer, les canaux, etc. — Projet de loi sur les livrets des ouvriers, adopté par les pairs. — Deux attentats contre la vie du roi (IG avril, 29 juill.). — Evasion du prince Louis-Napoléon du fort de llam (25 mai). — Mariage du duc de Bordeaux avec la sœur aînée du duc de Modène , François V. — Les élections générales fortifient le parti conservateur : session provisoire ( 17 août).

— Inauguration des chemins de fer de Tours (26 mars) et du Nord (14 juin).

— Crise des finances et des subsistances. Mauvaise récolte de Tannée précédente ; maladie des pommes de terre. Situation critique de la banque.

Diminution du revenu public. Troubles dans les grands centres de population ouvrière, aux bassins houillers de la Loire (mars) et de Valenciennés, dans le faubourg Saint-Antoine à Paris (oct.). Inondation de la vallée de la Loire (18 oct.). — En Algérie, Abd-el-Kader sort des déserts, fond sur le territoire deTilteri et se montre chex les Kabyles du cercle de Dellys. La déira de l'émir qui contient ses réserves en argent, en provisions et ses prisonniers, est poursuivie sur le territoire marocain par le général E. Cavaignac; les tribus marocaines restent neutres. L'émir fait décapiter trois cents des prisonniers de Sidi-Brahim, dont il n'espère pas une forte rançon (mai). Ordonnance du roi relative à la propriété des colons (21 juill.). — Traité de commerce et de navigation avec le Chili ( 15 sept. ). — Bésultat des voyages des frères Antoine et Arnaud d'Abbadie, depuis 1843. Ils reconnaissent au sud de l'Abyssinie , à la frontière méridionale de l'Inaria, au milieu des tribus gallas, la source

{>rincipale du fleuve Blanc ou vrai •fil, vers le 4e degré de latitude ( 19 janv.). — M. Leverrier, en cherchant les raisons des perturbations de la

planète Uranus, découvre par le calcul l'existence et la position d'une nouvelle planète soupçonnée déjà par Lalande (1er juin et:Jl août). La planète annoncée, le Neptune, est vue à Berlin par l'astronome Galle (23 sept.). — La découverte du lulmi-coton ou coton-poudre d'un chimiste de lîâle, M. Schœnbein, est produite à l'Académie des sciences de Paris (6 oct.).— Population : 35 400 48G âmes.

c;rè ce. — Embarras Unanciers.

Haïti. — Le général Pierrot est renversé (mars) ; le général Kiché devient président des noirs. Nouveau pacte constitutionnel.

Hollande. — Révision de la loi fondamentale par les états généraux avec l'agrément du roi.

Italie. — A Modènc avènement de François V (21 janv.), qui devient beau-frère du duc de Bordeaux. — En Sardaignc et en Toscane, réforme de l'instruction publique. — Mort de Grégoire XVI ( Ie' juin.) : il s'était opposé à toute réforme. Élection de Pie IX, né à Sinigaglia, âgé de cinquante-quatre ans (iG juin). Décret d'amnistie politique ( 1C juill. ) : enthousiasme populaire. Choix libéral du secrétaire d'état, le cardinal Gizzi. La réforme de l'administration, de la justice civile et criminelle est préparée. — Manifestation contre l'Autriche le jour anniversaire de la dé- . faite des Autrichiens à Gènes en ^1746 (6 déc). —En traîné par l'exemple pontifical, le roi de Naples abolit les commissions militaires créées depuis vingt ans pour juger les délits politiques.

Portugal* — Les septembristes recommencent l'insurrection dans la province du Minho. Chute du ministère Cabrai. — Les chartistes font nommer un ministère Saldanha ( 6 oct.). — Junte à Coïmbre; elle déclare la reine déchue et proclame une régence. Mais Bonfim, un de ses chefs, est défait et pris (23 déc).

Russie. — Traité de commerce avec la Porte ( 30 avril ) ; la Russie

n'obtient que des avantages égaux à ceux dont jouissent la France et l'Angleterre. — Inauguration d'un nouveau code pénal ( 13 mai) : la peine du knout est abolie; les autres peines corporelles sont conservées.

—Choléra à Saint-Pétersbourg (2C nov.) : il dure trois ans.

guisse. — Extension du parti radical, à Berne, où la constitution cantonale est revisée , et à Zurich , canton directorial. — Les sept cantons catholiques , Lucerne , Uri , Schwitz, Unterwalden, Zug , Fribourg, Valais , forment un sonderbund, ou alliance séparée. — A Genève, révolution au profit des radicaux (6 oct.). — A Berne, désordres causés par le parti des corps francs; leur ancien chef, M. Ochsenbein, parait déjà trop modéré.

Turquie. — Inauguration d'une école polytechnique par le sultan et Reschid-Pacha (15 oct.),

Allemagne et Prusse. — Lettres patentes du roi de Prusse pour la convocation d'une diète générale des états (3 févr.). Les princes, comtes et seigneurs y auront 80 voix , l'ordre équestre 231, les villes 182, les communes rurales 124. En dehors des états siégera la curie des seigneurs. Ouverture des états (mai). L'assemblée réclame le droit de recevoir le compte annuel de l'administration de la dette publique , de garantir tous les emprunts; de délibérer sur toutes les lois générales y corn pris les impots; de n'être suppléée dans l'accomplissement de ses fonctions par aucune autre assemblée, même sortie de son sein. Clôture de la session ( 24 juin ). Recès royal en réponse aux vœux de l'assemblée (24 juill.). — Condamnations sévères contre les insurgés polonais de 184 G (déc). — Le nouvel électeur de Hesse- Cassel (29 nov.) , Frédéric-Guillaume, régent depuis 1831 , refuse de prêter serment à. la constitution.

Angleterre. — . Cherté des cé-

réalcs comme dans toute l'Europe; disette de coton en Amérique ; rareté des capitaux. Cependant les réformes continuent en matière dVnseignement; au sujet des catholiques et des juifs; pour le système pénal; pour l'armée. Adoucissement apporté aux maux de l'Irlande. — Mort d'O'Connell (1G mai). — Élections générales; minorité des protectionnistes. — Progrès de l'influence anglaise dans l'Afghanistan et le royaume de Lahore. — En Chine, les Anglais, à cause de la mauvaise foi du gouvernement impérial, menacent Canton (rr avril) et obtiennent de nouveaux avantages de commerce.

Autriche* — État des finances ï recettes, 107 738 000 florins: dépenses, 168 798 000.

Autriche et Italie.— Pie IX reçoit le premier ambassadeur adressé par la Porte a Rome (20 févr. ). Institutions de charité , création de salles d'asile, d'écoles primaires; organisation nouvelle des tribunaux, de l'administration civile et de l'enseignement, avec le concours des prélats les plus capables et de quelques laïques. Soins donnés aux chemins de fer, a l'armée, à l'agriculture. Édit favorable à la presse (15 mais). Institution d'une assemblée de notables, choisis par le prince, mais ayant voix consultative (19 avril).

Garde civique. Conseil d'étatf 12 mai).

Institutions municipales données a Rome. Publication pour la première fois du budget pontifical. Organisation du conseil des ministres (29 déc). Dans toute la péninsule , cris de reconnaissance, d'amour et de dévouement. — En Toscane, décret assez libéral de Léopold ii sur la presse (6 mai). Un code est préparé. Organisation de la garde nationale. — Le roi de Sardaignc, Charles-Albert, réforme la procédure crimiuclle et les institutions communales. — L'empereur d'Autriche fait occuper Ferrare malgré les énergiques protestations du cardinal-légat

(16 août). Manifestation à Turin contre l'Autriche et contre les jésuites (30 sept.}. — Symptômes d'agitation dans les autres états de l'Autriche, en Styrie, en Carimhie. L'empereur relire aux états de Bohême le droit de voter les impôts (H oct.) En Hongrie, force croissante d'un parti constitutionnel.— Abdication du duc de Lucques, en faveur du grand-duc de Toscane (5 oct.). Il devient , par la mort de Marie-Louise, duc de Parme et de Plaisance (déc).

Belgique* — Élections favorables au parti libéral. Nouveau cabinet dans ce sens (12 août) : MM. Ch.

Rogier, Frère-Orban, etc.

Kapugne. — Intrigues domestiques. Deux ministères en peu de temps. Nouveau cabinet du général Narvaez (4 oct.).

*:tats-Unls et Mexique. — Bataille acharnée entre Taylor et Santa- Anna près de Saltillo, à l'ouest de Monterey (22 févr.). Le général Scott prend la Vera-Cruz, après sept jours de siège (29 mars). Santa-Auna est vaincu par lui près de Jalapa, au nordouest (18 avril). Les Américains occupent Puebla; deux combats acharnés aux approches de Mexico (août).

Santa-Anna fait transférer le congrès, le siège du gouvernement a Qucretaro et est investi de la dictature. Mexico est prise (16 sept).

France. — Crise des subsistances.

Rareté du numéraire. Émeute dans l'Indre, à Buzançais ( 13 janv.). La banque émet des billets de deux cents francs. Les blés de la Russie nous viennent en aide. — Force apparente du ministère qui a dans la chambre la majorité la plus considérable que l'on ait vue depuis dix-sept ans. Toute proposition de réforme est rejelée : 98 voix de majorité contre le projet de réforme électorale qui demandait l'abaissement du cens, l'élévation du nombre minimum des électeurs, l'admission des capacités, l'accroissement du nombre des députés. — Remaniement ministériel, 14 mars et 8 mai : M. Hébert à h

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

justice.— Des procès de malversations et de corruption portent une atteinte morale a l'administration, surtout celui qui est jugé par la cour des pairs ( 17 juill. ) : un général et un ancien ministre sont condamnés. — Propagande réformiste par des banquets; à Paris an Chaieau-Rouge (9 Juill.) ; à Mâcon le 18; a Lille le 7 nov. Le discours de M. Ledru- Hollin, à Lille, marque des tendances radicales dont sont bien éloignés les chefs de l'opposition dynastique qui demandent la réforme. — Retraite du maréchal Soult; il reçoit le titre de maréchal général. M. Guizot devient président du cabinet qu'il dirige réellement depuis sept ans (19 sept.).

— Mort de la princesse Adélaïde , sœur du roi (déc). — En Algérie, le schérif Bou-Maza se rend (12 avril) ; Abd-el-Kader est dans le Maroc.

Expédition du maréchal gouverneur Bugcaud contre la grande Kabylie (6 mai). Il quitte l'Algérie pacifiée. Le duc d'Aumale est nommé gouverneur général (20 août). Abd-el-Kader, qui intrigue contre l'empereur du Maroc, Muley-Abd-er-Rhaman , est cerné et se rend au général Lamoricière (23 nov.). Comptoir de la banque de France à Alger (16 déc).

Régime municipal établi par ordonnance (28 sept.). — En Cochinchine , le commandant Lapierre, avec une frégate et une corvette, venge les persécutions exercées contre' des missionnaires (15 avril). — Traité de commerce avec la Perse (24 juill.). — Nouveaux désastres , en commun avec les Anglais, dans l'expédition contre les Howas de Madagascar. — Comptes généraux de l'année 1847, réglés en janvier 1850 : ressources , 1 3H3 750 G85 francs ; dépenses , 1 605302 685 francs —Ouverture du chemin de fer d'Amiens à Boulogne (13 mars); de Rouen au Havre, le 20; du chemin de fer atmosphérique de Saint- Germain (24 avril); du chemin d'Orléans à Vierzon et à Bourges (27 juill.); de Oeil à Com-

tiegne (21 oct.).— Les Girondins de [. de Lamartine.

Grèce. — Mort du président du conseil , M. Coletli , représentant de l'influence française, le 6 septembre.

Haïti. — Mort du président Riché, après un règne orageux. Présidence du noir Soulouque , âgé de quarante-huit ans, brave, mais trèscruel et de talent médiocre (1er mars).

Portugal.— -Impuissance du gouvernement contre les septembristes.

Intervention armée de l'Angleterre ; son escadre prend, près d'Oporto , celle de la junte (3 1 mai). Vengeances sanguinaires et déloyales exercées par le gouvernement; protestation des trois puissances alliées, France, Espagne et Angleterre (5 juill.).

Russie. — La disette et la crise commerciale de l'Europe l'enrichissent. Ses grains s'écoulent par Odessa dans toutes les parties du monde.

Prêt à la banque de France ; achat de rentes anglaises et hollandaises; énormes produits des mines d'or, surtout dans les monts Ourals.

Suisse— La diète fédérale, qui se tient à Berne, canton radical, vote la dissolution du sonderbund et l'expulsion des jésuites (20 juill.).

L'arrêté du 20 juillet sera exécuté par les armes (4 nov.). Cinquante mille hommes sont mis sous le commandement du général Dufour, de Genève. Campagne de dix-neuf jours, du 10 au 29 nov. : les sept cantons, d'abord Fribourg , puis Lucerne, etc., quoique favorisés sous main par l'Autriche et par la France, ne peuvent tenir; anéantissement du sonderbund.

Turquie. — En Valachic , l'assemblée et le prince Bibesco sont d'accord pour affranchir quatorze mille familles, plus de soixante mille Bohémiens esclaves. — Union douanière avec la Moldavie ; les douanes des deux pays sont affermées pour six ans (nov.).

Allemagne. Autriche, Italie et Prusse. — Troubles à Pavie , à

Padoue (8 févr.), à Bergame le 15; loi martiale proclamée à Milan le 22.

— Après la révolution de février en France, le roi de Prusse, par M. de Radowitz, propose à l'Autriche la réforme du pouvoir central. La diète germanique invite les gouvernements a envoyer à Francfort des hommes de confiance pour reviser la constitution fédérale (10 mars).— Une réunion de quelques libéraux àManheim prépare la formation d'une représenta lion nationale (27 févr.). Nouvelle assemblée de cinquante et un membres à Heidelberg ( 5 mars); comité des sept : tous les membres des diètes et des chambres législatives allemandes sont invités à se réunir le 30 à Francfort pour discuter ce projet (12 mars). — Abolition de la censure dans le Wurtemberg, dans Bade (l,r mars). En Bavière, la seconde chambre doit être remplacée par une autre, élue sur des bases plus larges, le 3. — Concessions faites par tous les gouvernements de second ordre.

Dispositions moins conciliantes du Hanovre, le 7. Une commission populaire force l'électeur de Hcsse a céder aussi, le 9 et le 11. Concessions du roi de Prusse, le 5 : la diète réunie jouira du droit de périodicité. La table des états de la diète hongroise, sur la proposition de L. Kossulh, demande à Vienne un ministère responsable , purement hongrois et une réforme constitutionnelle, le 3.

Assemblée des étudiants à Vienne et pétition pour l'abolition de la censure, le 11. Réunion de bourgeois à Prague pour obtenir l'égalité des nationalités et les libertés de la Bohême, le 12.

Révolution à Vienne : chute de M. de Melternich (13 mars).— Manifeste des gouvernements de Prusse et d'Autriche pour l'institution, auprès de la dicte , d'une chambre d'états, dont les membres seront nommés par les députés mêmes dans tous les pays constitutionnels, le 15.

— Décrets de réforme donnés par le roi de Saxe, le 16. Le roi de Prusse abolit la censure le 17. — Révolu-

tion à Berlin, le 18. — La diète hongroise abolit toutes las corvées et redevances des paysans, sans rachat qui indemnise les -nobles, le 18.

Insurrection à Milan, le 18. Un gouvernement provisoire se forme à Venise ; les Autrichiens évacuent la ville, le 22. Nomination d'un ministère hongrois sous la présidence du comte Louis de Balthyany, le 23.

— Eu Bavière , le roi Louis a abdiqué en faveur de son Gis Maximilieu II, le 20. Nouvelles concessions du roi de Hanovre, le 20 et le 22. Ouverture des états de Bavière , le 22.— Une insurrection à Panne et à Plaisance force le duc à quitter le pays, le 20. Le roi de Sardaigne fait appel aux Lombards et aux Vénitiens pour la guerre d'indépendance contre l'Autriche, le 23.— Le roi de Prusse promet la réorganisation nationale du grand-duché de Posen, le 24, et s'offre à soutenir les duchés de Slesvigctde Holstein, révoltés contre leur souverain, le 24. — Nouvelles concessions de l'Autriche à la Hongrie (31 mars). — La diète germanique, qui s'est adjoint des hommes de confiance, décide que les gouvernements feront procéder à l'élection de représentants nationaux , 1 sur 70 000 âmes.

Une assemblée préparatoire (For- Parlament)d€t cinq cents membres se réunit à Francfort dans la salle de couronnement des empereurs (31 mars). Le comité des sept demande un chef fédéral aveo des ministres responsables : un sénat, composé des représentants de tous les états ; une chambre du peuple, à l'élection de laquelle concourraient tous les citoyens allemands, et qui aurait un député sur 50 000 âmes; le Slesvig et la Prusse orientale seront représentés; l'Allemagne s'intéressera au rétablissement de la Pologne. Un comité de cinquante membres doit travailler, avec l'ancienne diète germanique, à préparer une nouvelle constitution fédérale et la convocation d'une assemblée constituante (rr avril).— Le comité des cinquante

XIXe S1ÈCLË APRÈS J. C.

condamne le mouvement républicain et armé de Hecker et Struve à Donauschingen,Ie 12. — L'ouverture de l'assemblée constituante est fixée au 18 mai , le 22. — Ouverture de la seconde diète de Berlin (2 avril) : on y préparera la formation de l'assemblée où les représentants du peuple doivent discuter la nouvelle constitution représentative de la Prusse* Le rot fait admettre dans le territoire de la confédération plusieurs dictricts du grand-duché de Posen , le 22. Prise d'armes dans cette province ; capture d'un des chefs Mieroslawski (1 1 mai). — Dans le grand-duché de Bade , guerre contre les bandes républicaines de Hecker et de Struve (20 avril). Mise en état de siège de Manheim le 29 , jusqu'au 1 1 mai.

— Acte de constitution des états autrichiens, octroyé par l'empereur, d'après le modèle de la constitution belge (25 avril). Révolte à Crarovie; bombardement , capitulation le 26 et le 27. Les comtes de Thun et Dcym proposent la réunion d'un congrès slave à Prague (1er mai). La concession faite à la Hongrie d'un ministère des finances et d'un ministère de la guerre , séparés et indépendants de l'administration centrale , n'est utile qu'à la classe noble des magyars : les Vainques de Transylvanie, qui en craignent le joug , veulent l'égalité et l'union (15 mai).

Émeute à Vienne , des étudiants et des gardes nationaux , contre la constitution du 25 avril , qui n'a pas été délibérée parles représentants du pays, le 15 : une constituante est promise pour le mois de juillet.

Fuite de l'empereur à Inspruck ( 17 mai ); ministère provisoire.

Héunion de l'assemblée constituante germanique à Francfort dans l'église Saint-Paul (18 mal). Président : H. Gagem. Les constitutions des états particuliers devront se conformer aux principes de la constitution générale, je 27. Elle est favorable à la résistance des duchés danois ( 5 juin). Décrets pour rétablissement d'un pouvoir central

provisoire, qui sera conféré par rassemblée à un vicaire de l'empire, le 27. L'archiduc d'Autriche Jean est élu le 29. Assentiment de la Prusse ( 4 juill. ). Protestation du Hanovre le 7. L'archiduc prend possession de sa charge à Francfort, le 12 juillet; abdication officielle de l'ancienne diète germanique entre ses mains.

Héuulon de rassemblée constituante prussienne à Berlin (2? mai) ; émeute (14 juin). — A Vienne, barricades, esprit révolutionnaire des étudiants composant la légiou académique (25, 2G mai).

En Italie, énergie du maréchal Kadetzky et du prince Félix de Schwartzenbcrg , ex-ambassadeur à Naples. Marche du maréchal, de Vérone à Mantoue; victoire sur leCurtatone contre des Napolitains (29 mai) : mais Peschiera capitule le 30; une inutile tentative est faite sur la tète de pont du Mincio à Goito, que gardent les Piémontais. Le gouvernement provisoire de Lombardie proclame le vote des communes pour la réunion à la Sardaigne (8 juin), dont les troupes sont victorieuses à Bivoli le 10. Les auxiliaires romains sont cependant réduits à repasser le Pô par capitulation le 10; Trévise bombardée et Padoue se rendent aux Autrichiens le 14 ; ils rentrent dans la forteresse de Palma- Nova le 25.

Gouvernement provisoire de Bohême(29 mai). — La diète de Klausenbourg vote la réunion de la Transylvanie à la Hongrie , moyennant l'égalité des nationalités, le 30. — Ouverture du congrès slave de Prague, où se réunissent, pour traiter de l'égalité, des Slaves d'Autriche, de Hussie, de Turquie (2 juin) : Palncky est staroste. A Prague , barricades , la princesse de Windisgratz est tuée, le 12; soumission le 18. — Ouverture de l'assemblée nationale de Hongrie, à Pesth, par l'archiduc Êticnne, qui représente le roi (5 juill.).

Composition du ministère germanique : MM. Schmerling, Hecksher, de Peucker (14 juill). Les couleurs

ta

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

fédérales, noire, rouge et jaune, placées du haut en bas horizontalement, doivent être adoptées par toutes les forces militaires de l'empire, le 1C. Le pouvoir central autorise la Prusse à conclure, au nom de la confédération , un armistice avec le Danemark (7 août}. Irritation du parti révolutionnaire qui veut la continuation del a guerre ; scènes tumultueuses à Francfort le 10 ; des troupes autrichiennes et prussienne^ viennent de Mayencc protéger le parlement.

Barricades le 18; deux députés sont assassinés. Répression, désarmement des habitants le 19. — Nouvelle prise d'armes de Struveà la frontière badosuisse (22 sept.) ; combat le 24 , Struve est pris.— Sédition à Cologne.

En Italie , Ferrare, ville romaine , est occupée par les Autrichiens ( i4 Juill.) ; protestation du saint-siége le 18. Bataille de Custozza entre les Piémontais et les Autrichiens, le 25.

Ceux-ci passent le Chiese et l'Oglio le 30; occupation de Crémone le 31 ; passage de l'Adda (1" août) ; ils arrivent à Lodi le 3. Les républicains de Milan, qui ont pour chef Mazzini, s'isolent de Charles-Albert (28 juill.).

Aux environs de Milan, Badetzki est vainqueur des Piémontais, à San Donato (4 août). Le $ > capitulation de Milan à laquelle cousent Charles- Albert. Modène est occupée par les Autrichiens, le 7. Bombardement de Bologne, où ont été assassinés des officiers autrichiens, le 8. Armistice entre l'Autriche et la Sardaiguc, dont toutes les troupes quitteront le territoire lombard et le territoire vénitien. Résistance de Venise, qui se proclame en républiquel e 10. Reddition de Brescia, Bergame, Peschiera, du 13 au 14.— L'empereur a quitté Inspruck pour retourner à Vienne le 8, où l'assemblée constituante a été ouverte le 22 juill. Troubles à Vienne (23 août, 12 sept.). — L'Autriche accepte la médiation anglo-française pour les affaires d'Italie ( 3 sept. )» Menaces de Radetzky au canton du Tessin, refuge de Lombards rebelles, le 15.

La révolte de la nation croatocsclavone contre le gouvernement séparatiste de la Hongrie est une diversion utile pour l'Autriche , qui encourage sous main le ban de Croatie Jellachich (juill.) : manifeste de la nation croate (30 juill.), du ban Jellachich (6 août). L'empereur déclare (4 sept.) ses sympathies pour le ban, qui part de Warasdin, passe la Drave et entre en Hongrie le 11.

Le comte Batthyany, président du conseil des ministres en Hongrie , fait un appel au peuple pour une levée en masse, le 14. L'empereur nomme le comte Lamberg commanda ni des troupes hongroises, le 25.

Protestations des représentants de la Hongrie le 27. Assassinat de Lamberg à Pesth le 28 ; formation d'une coinmission des six, investis de pouvoirs illimités pour résister à l'Autriche. — En Autriche , création de billets du trésor donnant intérêt cinq pour cent (30 août). L'assemblée constituante de Vienne supprime toutes les sujétions des paysans à Pésrard des seigneurs et affranchit leurs "propriétés foncières, le 31 ; sanction donnée par l'empereur (7 sept.).

Nouvelle révolution à Vienne quand l'empereur veut faire partir des troupes pour l'armée croate contre les Hongrois (G oct.). Le ministre de la guerre, comie de Latour, est assassiné. Complicité entre les partis révolutionnaires d'Autriche et de Hongrie; cependant les députés de la diète autrichienne , qui se trouvent à Vienne, protestent contre la révolution le 12. Une offre de cou grès de tous les états héréditaires n'est pas acceptée par l'empereur, alors retiré àOlmutz, qui investit du commandement suprême le prince de Windisgratz, le 1G. Le ban empêche les Hongrois d'entrer en Autriche. Vienne est mise en état de siège le 20. L'empereur annonce, le 22,1a translation de la diète, de Vienne à Kremsier, en Moravie, pour le 15 nov. Vienne, bombardée depuis le 28, est prise le 31. — Insurrection à. Lemberg (Léopol), en Gallicie; boni-

XIXe SIÈCLE

bardement , mise en état de siège (2 nov.).— Robert Blum, membre du parlement de Francfort, est fusillé à Vienne comme complice de la dernière insurrection, lu y. Nouveau cabinet, sous la présidence du prince Félix de Schwarizeubirg, le 21. — Première séance de la diète de Kremsier (^2 nov.); promesses constitutionnelles du ministère, le 27.

Abdication de l'empereur Ferdinand 1er, qui se retirera à Prague.

Avènement de son neveu , François- Joseph, âgé de dix-huit ans (2 dec .).

— Le 7, commencement des hostilités contre la Hongrie , qui ne reconnaît pas pour roi François-Joseph :

Kossuth a constitué un ministère le 24 nov. Elle est attaquée au nord par le comte Schilk, qui occupe Eperies, enlève Kachau (io déc.) ; à l'ouest parle ban Jellachich. Occupation, le 18, de Presbourg ; Windisgratz prend Wieselbourg le 27.

En Prusse, ouverture d'un congrès démocratique à Berlin (26 oct). Le comte de Brandebourg, oncle du roi, qu'on sait peu libéral, est chargé de former un cabinet (Ier nov.). Mécontentement de l'assemblée nationale. Elle est transférée de Berlin à Brandebourg le 8. Essai de résistance. Berlin est mise en état de siège. Mesures de rigueur. La diète est dissoute (5 déc): Frédéric-Guillaume octroie une nouvelle constitution qui établit deux chambres ; tout citoyen de trente ans , domicilié depuis un an, est électeur pour la seconde chambre. Les chambres sont convoquées pour le 20 février.

Le parlement de Francfort décide qu'aucune partie de l'empire allemand ne pourra être réunie en un seul état avec des pays non allemands; il n'y aura qu'une union personnelle pure entre les pays de diverses origines (27 oct.). Mécontentement exprimé par la Cariuthie (13 nov.). — Stérile réclamation contre la translation du parlement de Berlin à Brandebourg, le 14; et, le I6\ contre la condamnation de Robert Blum , député du parlement, fusillé à Vienne.

APRÈS J. C. 819

H. Gagcrn devient président du conseil des ministres de l'empire (18 déc). La publication des lois fondamentales du peuple allemand est décrétée par le ministère de l'empire, le >l. Ces lois suppriment la noblesse, abolissent les fnléicommis, sans indemnité : on proleste (28 déc).

Angleterre— Procession révolutionnaire des chartistes a Londres (10 avril .—Agitation eu Irlande. Arrestation de Smith O'Brien (3 août). Prise d'armes dans les comtés de Tipperary, Waterford, Kilkenny (12 sent.).— Le gouvernement est favorable à la cause de la révolution dans les pays étrangers, en Italie, en Sicile, en Hongrie ; l'Angleterre est l'asile des démocrates français, fugitifs, surtout depuis les journées de juin. — La Cafrerle anglaise, capitale Kings-William-Town, est organisée dans le genre de l'Algérie française :

agents politiques, postes fortifiés, stations militaires avec garnisons.

Elle est peuplée seulement de noirs.

—Mort de lord G. Bcntinck, chef du parti protectionniste (21 sepL).

Belgique. — Elle reste calme et confiante sous un gouvernementeonstitutionnel, sagement libéral.

Danemark. — Mort de Christian Vlll (28janv. ). Avènement de son fils Frédéric VII. Rescrit royal le 28 , pour l'établissement d'une constitution représentative, commune au royaume et aux duchés. — A Kiel, les électeurs du Slesvig-Holstein , réunis pour nommer des députés à l'assemblée constituante danoise, déclarent s'opposer à l'idée d'un état danois uni , qui Incorporerait les duchés (8 févr.).— Abolition de la censure dans les duchés (10 mars).

— Révolution en faveur de l'unité des duchés; gouvernement provisoire à Bensbourg le 24. Une diète vote, à 74 voix contre 2, la réunion du Slesvig à la confédération germanique (3 avril). Des troupes prussiennes arrivent à Rensbourg, au nom de la diète , le 7. Commence-

XIXe SIÈCLE APRÈS h C.

ment de la guerre du Danemark contre les duchés. Un envoyé du Slesvig est reçu par la diète germanique, le 22. Le général prussien de Wrangel occupe la ville de SIesvig le 23 ; prise de Flensbourg le 25. Armistice de Malrnoé , pour sept mois , entre le Danemark et la confédération germanique (26 août); les deux puissances nommeront un gouvernement commun pour les duchés. La constitution, votée par la constituante des duchés , est sanctionnée par le gouvernement provisoire (9 sept.).

Installation d'un nouveau gouvernement mixte. — Ouverture de la diète constituante de Danemark (24 oct.).

KApagne. — Troubles à Madrid (20 mars). Mise en état de sitfge; suspension des garanties constitutionnelles. Arrestation d'Olozaga (30 mars). — Rupture diplomatique avec l'Angleterre, dont le ministre, sir Henry Rulwer, a donné d'importuns avis (12 juin ). — Premier chemin de fer, de Barcelone à Mataro, 27 kilom. (28 oct.)

KUta-UnU et Mexique. —

Convention de paix (2 févr.). ha frontière entre les deux états est marquée par le Rio Grande del Norte depuis son embouchure jusqu'à la frontière méridionale du Nouveau- Mexique qui est cédé à l'Union ainsi que la Nouvelle-Californie ; les États- Unis donneront au Mexique quinze millions de dollars (81 millions de rancs), la même somme qu'ils avaient payée autrefois pour la Louisiane.

Ktats-Unls. — Un ingénieur américain découvre, en février, des mines d'or le long des fleuves, surtout du Sacramento et du San Joaquin.— Élection du général Taylor à la présidence (7 nov.).

France. — Ouverture du chemin de fer de Marseille à Avignon ( janv.). — Le discours de la couronne, au début de la session, a accusé « les passions aveugles ou ennemies, » (28 déc 1847.) Ardeur de

propositions de réformes surexcitée par les événements d'Italie. Vive discussion à la chambre des députés touchant le droit de réunion. Organisation du banquet du 12" arrondissement par quatre-vingt-douze membres de l'opposition pour le 22 (18 févr. ). Les députés se désistent le 2 1 . Vote d'accusation contre le ministère, présenté par l'opposition ( mardi 22 févr.). Commencement des troubles; nouvelle révolution de trois jours. Le maréchal Bugeaud , qui commande la Indivision militaire, ne reçoit pas l'ordre de repousser l'émeute par la force. La convocation tardive de la garde nationale, qui se réunit aux cris de : Vive la réforme ! ; la nouvelle d'un ministère Molé , puis d'un ministère Odilon Barrot et Thiers le 23 ; l'abdication du roi en faveur de son petit-fils: la proposition de la régence de la duchesse d'Orléans faite dans une séance orageuse de la chambre des députés, n'empêchent pas la chute de la dynastie, le 24. Combat sanglant devant le Palais-Royal ; pillage des Tuileries après la fuite précipitée du roi. Gouvernement provisoire (24 févr.) : Dupont de l'Eure, Lamartine, Crémieux, F. Arago, Ledru-Rollin , Garnier-Pagès , Marie; secrétaires :

Arm . Marrast , rédacteur du National; L. Blanc, auteur de l'Organisation du travail et historien de la première révolution ; Ferd. Flocon , rédacteur du journal la Réforme; Albert, ouvrier. Ministère sous la présidence de Dupont; MM. Lamartine aux affaires étrangères, Crémieux a la justice, Ledru-Rollin à l'intérieur, Mich. Goudchaux aux finances, Fr.

Arago à la marine, le général Bedeau à la guerre , Carnot à l'instruction publique et aux cultes, Bethmont au commerce , Marie aux travaux public?. Le général E. Cavaignac est nommé au gouvernement de l'Algérie. M. Garnier-Pagès à la mairie de Paris. — Proclamation de la république le 25. Abolition de la peine de mort pour crimes politiques , le 26.

Création des ateliers nationaux , qui

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désorganiseront le travail, et coûteront près de quinze millions en moins de deux mois. Commission de gouvernement pour les travailleurs; elle siège au palais du Luxembourg, sous la présidence de L. Blanc cl Albert, partisans du socialisme. — Adhésions au gouvernement. Députations de toutes sortes. — Abolition dos titres de noblesse, le 29. Suppression du serment politique (Ier mars). — Manifeste pacifique de M. de Lamartine pour les puissances étrangères, le 2.— Abolition du marchandage ; la journée de travail est fixée à dix heures, le 2. — Décret électoral pour la formation d'une assemblée constituante de neuf cents membres élus au suffrage universel sur scrutin de liste, au chef-lieu de canton; ils auront une indemnité de vingt-cinq francs par jour; l'Algérie et les colonies éliront les représentants, le 5.

Commissaires départementaux et circulaires de M. Ledru-Rollin. — La bourse, fermée depuis le 23 février (le cinq pour cent à 1 16,26; le trois à 73,75), rouvre le 7 (le cinq à 93,25, le trois à 57). Les clubs s'ouvrent de toutes parts ; le cinq tombe à 73, puis à 68. Atteinte portée aux livrets de la caisse d'épargne , le 9. Décret pour autoriser la banque à suspendre ses payements en espèces et à émettre des billets de cent francs, le 15. Levée sur les quatre contributions directes d'un impôt de quarante-cinq centimes, le 10. Manifestation imprudente de la partie modérée de la garde nationale (16 mars). Manifestation contraire des clubs et des ouvriers des ateliers nationaux , le 17 ; ils demandent l'éloignementdes troupes de Paris. — Le remboursement des bons du trésor est suspendu, le 17.— Tentatives d'ouvriers belges et français pour envahir le territoire belge le 25 et le 29 ; et de Savoyards pour l'établissement à Chambéry d'un gouvernement provisoire (3 avril). — Élections pour l'assemblée constituante sous l'influence des commissaires et des circulaires. Le cinq pour cent descend à 50 francs, le 5 il se re-

lèvera péniblement. Seizième bulletin de la république , menaçant pour le parti modéré; manifestation socialiste, refoulée par les forces de la garde nationale (16 avril). L'inamovibilité est enlevée à la magistrature, le 17. Décret d'abolition de l'esclavage aux colonies, le 27. Réunion des banques départementales à la banque de France. Insurrection socialiste à « Rouen , réprimée par la garde nationale le 27 ; une autre à Limoges le 30. — Ouverture de l'assemblée constituante : elle proclame de nouveau la république (4 mai). Le gouvernement provisoire résigne ses pouvoirs, le 6.

L'assemblée, sur les instances imprudentes de M. de Lamartine, qui n'ose pas se charger seul du gouvernement, forme une commission exécutive de cinq membres : MM. Arago, Garnier-Pagès , Marie, Lamartine, Ledru-Rollin (10 mai). Sous prétexte d'une pétition à présenter en faveur de la Pologne , envahissement de l'assemblée; sa dissolution prononcée par Huber : cet attentat est aussitôt réprimé par la garde nationale (15 mai). Suppression de plusieurs clubs. Arrestation de Rarbès le 15; de Rlanqui, le 26. Le général Cavaignac devient ministre de la guerre ( 18 mai). Fête de la Concorde, le 21.— Agitation et discussions ardentes dans l'assemblée, au sujet des ateliers nationaux , dès les premiers jours de juin. — L'élection de Louis- Napoléon Ronaparte dans trois départements est validée par l'assemblée, le 13. Présentation du projet de loi de la nom elle constitution, le 19. — Les ateliers nationaux sont dissous (23 juin). L'insurrection éclate; batailles sanglantes dans Paris (23, 24, 25, 26 juin). Démission de la commission exécutive; l'assemblée, présidée par Senard, déclare Paris en état de siège , confère tous les pouvoirs au général Cavaignac qui ne dispose que d'une armée peu nombreuse. Les gardes nationales des départements, appelées par l'assemblée le 24 , accourent à Paris ; l'archevêque de Paris, M. Affre,

plusieurs généraux et deux représentants sont tués. Décret de transportalion contre les insurgés, le 27. Cavaignac est nommé chef du pouvoir exécutif, le 28 ; il compose un cabinet où entrent MM. Scnard, général Lamoricière , Goudchaux. Cérémonie funèbre pour les victimes de juin (6 juill.). — M. Arm. Marrast est élu président de l'assemblée le 19; son élection sera renouvelée de mois en mois jusqu'à la fin de la constituante. — Décret de l'assemblée contre les clubs et les sociétés secrètes, le 28.

Rapport de la commission d'enquête sur les journées de juin et sur leur corrélation a\ec l'attentat du 15 mai (3 août). Les insurgés de juin sont transportés à Belle-Ile-en-mer, depuis le 5; beaucoup sont traduits devant les conseils de guerre. Loi contre les crimes et délits de la presse, le 9; le cautionnement des journaux , qui avait été aboli par le gouvernement provisoire, est pétabli.

Autorisation de poursuites accordée

Sir l'assemblée, le 25, contre Louis lanc et Caussldlère qui était préfet de poNce au 15 mai; ils se réfugient en Angleterre. — Loi sur la colonisation de l'Algérie (19 sept.); seize transports de colons jusqu'en décembre. L'état leur fournit pendant trois ans les moyens de vivre et de travailler; au bout de ce temps, ils seront propriétaires delà terre qu'ils auront cultivée. — Nouvelle élection de Louis Bonaparte par le déparlement de l'Yonne (26 sept.). — L'état de siège est levé à Paris (19 oct.). — Fin du vole des articles de la constitution le 24. L'élection présidentielle est fixée par l'assemblée, le 26, au 10 déc.

Clôture du vote sur les amendements apportés a la constitution par le comité constituant (4 nov.). Fôle pour la proclamation de la constitution (12 nov.): elle établit une république démocratique avec un président pour quatre ans, élu au suffrage universel, rééligible seulement au bout de quatre ans ; une assemblée législative de 750 membres élus pour trois ans au suffrage universel et direct par scru-

tin de liste, sans condition de cens; la révision de la constitution est possible dans la dernière année d'une législature si le vœu exprimé par l'assemblée réunit les trois quarts des suffrages; elle ne peut âlre faite que par une assemblée nouvelle de révision.— Offres de protection faites au pape par le gouvernement, quand 1 assassinat de M. de Rossi , son ministre, et la révolte du peuple l'ont décidé à fuir de Home, le 27. — Élection pour la présidence (10 déc). Le général Cavaignac , qui était l'un des candidats , dépose ses pouv oirs ; les ministres donnent leur démission.

Louis-Napoléon Bonaparte, qui a h majorité des suffrages (cinq millions six cent mille sur sept millions de votants), est proclamé président de la république par l'assemblée, et prête serment de fidélité à la constitution (20 déc). Il résidera à l'Elysée. Premier ministère présidentiel (25 et 29 déc.) : MM. Odilon Bar rot, Drouyn de Lbuys, Falloux, général Rulhieres, Passy, Tracy. L. Faucher, Lacrosse et Buffet. — Dépenses publiques de 1848 : 1 746 000000 francs; l'excédant des dépenses sur les recettes fournies par les contributions de toute nature est de 404 millions. — Inauguration du chemin de fer de Dieppe (juill.). — Mort de Chateaubriand à quatre-vingts ans (4 juill.).

Hollande. — Une commission , nommée par le roi, rédigera une nouvelle loi fondamentale (17 mars) — Réforme promise au grand-duché de Luxembourg le 23. — Le roi sanctionne la nouvelle constitution (13 oct.).

Italie* — Révolte à Messine (6 janv.), puis à Païenne, et bientôt dans toute l'Ile. Bombardement de Païenne. Les concessions offertes par le roi ( |8, 19 janv.) , sont refusées; les Siciliens demandent un parlement national à Palerme et constituent un gouvernement provisoire.

La révolution est conduite par le prince de Pantellaria, les marquis de Uudini et de Spedalolto , le niajor-

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

général don Ruggiero Settimo. Révolte à Naples le 27. — Le roi promet une constitution sur les bases de la charte française, le 29. Amnistie pour tous les délits politiques depuis 1830 (1er févr.). La constitution promise pour les Deux-Siciles est publiée le 10.— Le roi de Sardaigne, Charles-Albert, promet aussi une loi constitutionnelle (8 févr.). 11 admet les Albigeois à la jouissance de tous les droits civils et politiques, le 17. — En Toscane, émeute à Livourne (G janv.). Le grand-duc accorde une représentation nationale avec deux chambres (Il et 15 févr.).— Charles- Albert publie la constitution promise (4 mars) : le pouvoir législatif est partagé par le roi avec deux chambres : liberté de la presse; liberté des personnes; inamovibilité des juges; garde civique. — Constitution parlementaire donnée par le pape : deux chambres avec voix consultative; le cens d'électeur est de douze scudi (15 mars). — Un mois après la révolution de France, ouverture du parlement insurrectionnel de Païenne le 25. Il décrète la déchéance du roi de Naples et de sa dynastie ( 13 avril ). — Gouvernement provisoire à Modène et Reggio (9 avril); à Parme, le 11. — La guerre est engagée par les Sardes et les Lombards contre l'Autriche ; succès de Charles-Albert à Pastrengo, près de l'Adige (3 avril). Pie IX condamne ceux qui prêchent une république italienne dont on veut que le pape soit le chef, le 29.— Mouvement à Rome, parce qu'il ne veut pas combattre l'Autriche (1er mai). Le comte Mamiani est à la tète d'un nouveau ministère, le 3 : les affaires de politique étrangère forment un secrétariat distinct de celles de l'Église.— Ouverture du parlement des états sardes à Turin, le C>. — Le duché de Plaisance vote son incorporation au royaume de Sardaignc, le 10. — Insurrection à Nnples ; victoire des troupes royales pour lesquelles se déclarent les lazzaroni (15 mai): le roi ne retire aucune concession ; ses vais-

seaux sont avec ceux de Sardaigne et de Venise , en rade de Trieste, contre l'Autriche ; le général Pépé combat avec les Piémontais.— Ouverture de l'assemblée constituante à Rome (3 juin). Les Romains ont fourni un corps d'auxiliaires contre l'Autriche sous le général Durando. — Le roi Charles-Albert signe l'acte de réunion de la Lombardie à la Sardaigne (10 juin). — Ouverture du parlement de Naples (Ier juill.). — L'assemblée de Venise, ouverte le 3, vole le 4 l'incorporation de Venise à la Sardaigne. — Le gouvernement sicilien est reconnu par la France (8 juill.). 11 appelle, le il, le duc do Gènes, fils puîné du roi Charles Albert , au trône constitutionnel de Sicile. — Le parlement de Turin confère au roi pleins pouvoirs pendant la guerre , le 29. Mais les républicains avec Mazzini dominent à Milan :

composition d'un comité de défense qui s'isole du roi, le 28. La capitulation de Milan (5 août) rend aux Autrichiens la Lombardie, ramène le duc François V à Modène le 5, et décide Venise, qui résiste malgré l'armistice conclu par Chailes-Albert le 9 , à se proclamer en république le 10 : Manin est à la téte du gouvernement. — Les chambres de Rome sont prorogées, le 27, jusqu'au 16 nov. — Le roi de Naples envoie des troupes contre Messine (2 sept.]; elle est bombardée jusqu'au 7. — Soulèvement à Livourne contre le grandduc (4 oct. ).— Première séance des élats-réunis de FItalie, à Turin, sous la présidence de Vincent Gioberli , Romeo, Mamiani (10 oct.). — Prolongation de l'armistice avec l'Autriche, votée le 21 par les députés de Sardaigne : 77 contre 58.— En Toscane, dissolution de la chambre des députés (3 nov.). — A Rome, assassinat de M. de Rossi , ministre du pape (15 nov.). Le peuple révolté demande la reconnaissance de la nationalité italienne, une constituante et la guerre d'indépendance, le l(î; ses chefs usurpent le pouvoir. Ministère Galletti, le 21. Le pape quitte Rome

XIXe SIÈCLE APUÈS J. C.

Rour se réfugier dans les états de aples, le 24. Une constituante sera convoquée pour tous les états de ritalie , afin de préparer un acte fédératif (t;t déc). — Kn Sardaignc , ministère Giobcrti (1G déc); dissolution du parlement, nouvelles élections.—Initiative prise par l'Espagne auprès des cours catholiques en faveur du pape, le 21.

Perse. — Mort de Mohammedshah (6 sept.). Son fds aîné, Nasred-Din , lui succède à dix-huit ans.

Le premier ministre Mirza-Agassi, exilé à Bagdad, est remplacé par Mirza-Tagui.

Portugal. — Clôture des cortès (15 août) : la reine se félicite que la paix intérieure n'ait pas été troublée.

niiHNle. — Manifeste impérial, à l'occasion du mouvement révolutionnaire de l'Europe (26 mars) : l'empereur ne menace pas de la guerre ; mais H ne veut pas de propagande dans ses étals. — Choléra et grande sécheresse.

suède* — Concours prêté au Danemark contre les duchés révoltés.

Entrevue des deux rois à Malmoé 7 juin).— Mort du chimiste Berzélius 7 août).

Suisse* — Dans le canton du Valais, la réunion des biens ecclésiastiques au domaine national est admise en principe par un décret du peuple ( 1 1 janv. ). On ne demandera aux ordres que l'excédant de leur revenus, le 29. La congrégation du grand Saint -Bernard ne veut pas en faire connaître l'état. — Dans le canton de Fribourg, la séquestration des biens des couvents est décrétée (29 mars).

—Nouvelle constitution fédérale projetée le 8 : une diète composée d'un conseil national et d'un conseil d'tëtat; un conseil fédéral ou pouvoir exécutif; un tribunal fédéral. Adoptée le 27 juin par la majorité des états, elle est votée par les cantons (!•' sept.) et déclarée loi fondamen-

tale, le 12. Ouverture du conseil national à Berne (C nov.) : cette ville est reconnue comme siège unique de la confédération, le 28.

Turquie* — Reschid-pacha , le ministre réformateur, est subitement disgracié, et remplacé par Sarim-pacha (27 avril); il redevient grand vizir le 11 août.— En Valachie, révolution à Bucharest (23 juin) ; chute du prince Bibesco. Essai de reconstitution de la nation roumaine. Les Russes, sous prétexte de prévenir tout mouvement révolutionnaire , passent le Prulh (Ojuill.), et campent près d'iassy. Les troupes turques entrent aussi dans la Valachie le 30. Les deux gouvernements semblent d'intelligence pour rétablir les anciennes autorités. Le commissaire de la Porte , Fuad-effendi , supprime la lieutenance princière, qui a remplacé en Valachie le gouvernement provisoire (25 sept.); il nomme seul caTmacan. Constantin Cantacuzène. Une armée russe , qui entre en Valachie {27 sept.) est bientôt à Buclyarest ( 12 oct. ). — A cause de la maladie de Mehemet- Ali , lbrahim-pacha son fils est investi de la vice-royauté d'Égypte, et nommé vizir (l«r sept). Mort d'Ibrahim (10 nov.). Ses pouvoirs passent à son neveu, Abbas-pacha, le 25.

Allemagne, Autriche et Prus-

ne.— Le parlement de Francfort décide que la dignité de chef de l'empire sera conférée à un prince régnant de l'Allemagne (19 janv.), et qu'elle sera héréditaire ( 27 mars ) : il vote en môme temps la constitution avec les lois fondamentales. Malgré les succès de l'Autriche en Italie, il confère l'empire au roi de Prusse (28 mars). Réponses équivoques de Frédéric-Guillaume IV ( 3 avril ). L'Autriche déclare que l'assemblée de Francfort a outre-passé ses pouvoirs, et rappelle ses députés, le 5 et le 8. — Les gouvernements de Wurtemberg et de Bavière ne sont pas non

plus favorables à la constîtulion fédérale, le 19 et le 23 ; mais la chambre du Wurtemberg l'accepte, le 22.

Le roi de Prusse, pour n'être pas à la merci de la démocratie qui dépouille l'Autriche , refuse définitivement l'empire tant souhaité pour lui par M. de Radowitz (28 avril), le lendemain de la résolution annoncée par l'empereur de Russie d'intervenir en Hongrie. — Dans le Hanovre , la Bavière rhénane (Palaiinat), la Prusse rhénane, le Wurtemberg, la Saxe royale, irritation du parti révolutionnaire , parce que les gouvernements ne veulent pas reconnaître la constitution et les lois fondamentales faites à Francfort. Insurrection à Dresde en faveur de la constitution allemande (3 mai) : intervention de troupes prussiennes pour le roi, le 6 ; la révolte est réprimée le 9. Le ministère de l'empire donne sa démission au vicaire l'archiduc Jean , parce qu'il ne s'est pas opposé à cette intervention de la Prusse, le 10. Insurrection dans le grand-duché de Bade , à Rastadt ( 1 1 mai ), à Offenbourg, à Carlsruhe; alliance avec les révolutionnaires du Palaiinat bavarois qui sont aussi en armes, le 17.

L'esprit de révolte gagne la Hesse- Darmstadt le 24. — Le roi de Prusse rappelle de Francfort les députés prussiens (14 mai): déclaration analogue des gouvernements de Saxe le 21, et de Hanovre le 23. Démission de beaucoup de députés , et même de M. H. Gagern.— Le roi de Prusse essaye de reconstituer à son profit l'unité allemande , au moyen du traité, dit des trois rois, conclu avec les rois de Saxe et de Hanovre pour maintenir la sûreté intérieure et extérieure de l'Allemagne (26 mai) , et d'un nouveau projet de constitution le 28. Le parlement de Francfort, pour être plus près des pays qui se sont soulevés au nom de la constitution, alors que les troupes prussiennes combattent l'insurrection dans le grand -duché de Bade, s'établit à Stuttgard : cent cinq membres viennent y siéger et remplacent le pou-

voir central par une régence (G juin).

Le gouvernement de Wurtemberg fait arrêter beaucoup de membres, le 1 8 ; l'assemblée n'est plus possible. Une fraction des centres du parlement de Francfort se réunit encore à Gotha le 26; ils sont cent quarante-sept le 27 ; puis à Hornau ( 17 juill.).— Longue et pénible lutte du général prussien Peucker contre les insurgés de Bade, du Palaiinat rhénan, et d'une partie du Wurtemberg, qui se sont donné un gouvernement provisoire (juin-juill.) ; Mieroslawski commande les Badois. Les Prussiens prennent Offcnbourg (2juill.), Fribourg le 7, Rastadt le 23. Le grandduc de Bade rentre dans ses états le 18 août, accompagné du prince de Prusse. Cette insurrection est étouffée en même temps que se termine la guerre de Hongrie. — Le conseil d'administration, décrété par le traité des trois rois le 26 mai, se réunit le 19 juin à Berlin : cinq membres. — Entrevue des souverains d'Autriche, de Prusse et de Saxe, à Pilnitz (7 sept.). — La Prusse et l'Autriche conviennent de la formation d'une commission d'empire, composée de deux membres prussiens et deux autrichiens pour remplacer le pouvoir central actuel (30 sept.). L'archiduc Jean , vicaire de l'empire, remet le pouvoir a ces commissaires ( 20 déc). — La Prusse fait fixer au 31 janvier parle conseil d'administration fédéral, siégeant à Berlin, les élections du parlement allemand, et décide qu'il se tiendra à Erfurt, ville prussienne (17 nov.). Opposition du Hanovre, de la Saxe, de la Russie et de l'Autriche; mais vingtsept gouvernements allemands ont adhéré au traité du 26 mai. — L'opposition parlementaire, qui rattache ses espérances à la constitution fédérale de Francfort, est en majorité dans le Wurtemberg, où le vieux roi Guillaume dissout l'assemblée ( 22 déc); dans la Saxe royale où une intervention armée de l'Autriche parait imminente (déc); dans le Hanovre où la seconde chambre menace les biens des couvents et les

privilèges des seigneurs (30 nov. ); dans la nesse-Daruistadt où les élections sont favorables a la démocratie (déc). Dans le grand-duché de Hade, prolongation de l'état de siège et de la loi martiale ( 23 déc. ). A Francfort, coup d'état du sénat contre la constituante (31 déc). — Kn Prusse, où la seconde chambre a été dissoute le 27 avril , le roi donne une nouvelle loi électorale pour la composition de cette chambre d'après le principe de l'impôt et de la capacité combiné avec le principe du suffrage universel indirect (30 mai). Ordonnance contre le droit de réunion (20 juin); contre la vente des imprimés le 30. Levée de l'état de siégo à Berlin (28 juill.). Ouverture des chambres (7 aodt); discussions sur la constitution octroyée par le roi.

Le grand-duché de Posen restera, comme avant mars 1848, en dehors de la confédération ( 10 uov.).

Amérique du »ud. — A Buenos- Aires , feinte abdication du général Rosas ( ocl. ) ; il se fait charger par les représentants du peuple de tout le pouvoir exécutif. — Traité avec l'Angleterre (24 nov.), semblable à celui qu'a signé l'amiral français Le Prédour.

Angleterre. — Nouvelle loi de navigation , qui permet aux navires construits à l'étranger d'être enregistrés en Angleterre comme navires anglais, sans payer de droits. — Le port d'Adcn ( Arabie ), à partir du lep janvier, sera ouvert au commerce de toutes les nations. — Acquisition des comptoirs danois en Guinée. — Lutte contre les Afghans, et contre les Indiens de Lahore ou Sikhs.

Prise de Moltan , à Test du Sind sur ie Tchénab. Les Afghans menacent Peichawer (déc. IS^R-jain. 1840).

Plusieurs chefs des Sikhs, entre autres Scliir Singh. se rendent (14 mars). Le Pendjab est incorporé à l'empire anglais ; la souveraineté des Sikhs n'existe plus, le 20.— Mort du fameux forgeron de Gretna-Grecn , à la frontière sud-ouest de l'Kcossc

(janv.), qui, pendant vingt-trois ans, jusqu'à l'abolition de l'ancienne loi écossaise sur les mariages, a célébré tant de mariages, souvent contre le gré des parents. — Nouvelle bourse au charbon à Londres , Inaugurée le 30 ocl.— Robert Stepbenson exécute uu chemin de fer suspendu, qui traverse la détroit de Menai et joint File d'Anglescy à la terre ferme de Canna r von ; le pont tunnel est achevé le 20 juin.

Autriche, Hongrie et Italie.

— Réouverture de la diète autrichienne, à Kremsicr ( 3 janv. ). Le ministère n'accepte pas ce principe des lois fondamentales formulées à Francfort, que tous les pouvoirs de l'état émanent du peuple, le 4. La diète alors rejette le premier paragraphe du projet de constitution autrichienne, le 10. Les succès momentanés en Hongrie décident l'empereur à dissoudre la diète de Kremsier; il octroie d'Olmutz une constitution qui embrasse tous les peuples de la monarchie , et en promettant le respect des diverses nationalités , les réunit par les liens d'une centralisation puissante ( 4 mars). — Guerre de Hongrie. Windisgraiz entre à Bude ( 5 janv.). Le général Bem, réfugié polonais, bat les Autrichiens aux environs d'Hermanstadt en Transylvanie. Les Russes, qui stationnent en Valachic, entrent à Kronstadt ( 1er févr.), à Hermanstadt le 4 ; mais sont rejelés en Valachic ( 20 mars ). Gœrgey, avec une autre armée hongroise, refoule Windisgratz sur Pesth (C avril); les Hongrois prennent Waitzen au nord de cette ville, le 11. Weiden remplace Windisgratz le 12. La diète magyare proclame l'indépendance de la Hongrie et la déchéance de la maison de Hapsbotirg; Kossuih est président provisoire (14 avril). La forteresse hongroise de Gomorn reste à Gœrgey, le 20. Pesth est aux Hongrois le 22. Le quartier général de l'armée autrichienne , dont le jeune empereur se déclare le commandant

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

en chef, est à Presbourg (6 mai).

La Russie, qui conclut une convention avec la Turquie au sujet des principautés danubiennes (M avril), est libre de concourir, comme elle l'a annoncé le 27, à la répression de l'insurrection hongroise qui pouvait s'étendre à sesprovinces polonaises. — Courte et heureuse campagne des Autrichiens en Italie. Dénonciation de l'armistice (12 mars) : manifeste de Charles-Albert, adressé à l'Europe le 13. Abdication du duc de Parme, l'infant Charles II, en faveur de son fils, le 14. Retraite du duc de Modène le 19; les Autrichiens occupent la citadelle de Modèuc. Radelzky passe le Tessin le 20. Il bat le roi sarde à Novare (23 mars). Abdication de Charles-Albert en faveur de l'aîné de ses fils. Armistice le 20 : occupation par les Autrichiens de la citadelle d'Alexandrie. Brcscia, révoltée contre les Autrichiens depuis le 25, est prise d'assaut (1er avril). Seize mille Autrichiens occupent le duché de Parme, le 5; ils entrent à Livoume, après deux jours de résistance ( 1 1 mai); à Bologne le 1 C ; a Florence le 21 ; à Ancônc, après un bombardement ( 18 juin ). Los révolutionnaires de Rome vont avoir à se défendre contre une armée française débarquée à Civita Veechia le 2h avril. — La «uerre de Hongrie est plus facile, après les succès de Radetzky en Italie , et avec le concours des Russes dont plus de cent mille viennent par Cracorie (G niai), et par la Bukovine le H». Kossulh est cependant reconnu par le parlement de Debreczini comme gouverneurde Hongrie, le 14.

Bude subit trois assauts du 17 au 21.

Haynau remplace Welden dans la direction de la guerre, le 30. — Jellachich qui attaque par le sud-ouest, prend Neusatz en face de Peterwardein ( 1 1 juin). Efforts des Hongrois contre les Autrichiens, stationnés dans l'Ile de Schutt entre Presbourg, Raab et Comorn, le 10. L'empereur de Russie vient lui-même à Cracovie le 14, et lance de nouvelles armées au nord et au nord-ouest ; elles re-

prennent Eperies et Kaschau le 23 et le 24. Le gouvernement magyar est transféré de Pesth à Szegedin (2 jnill.). Les Russes prennent Debreczim, le 3, les Autrichiens Rude, le 1 1. Le corps russe de Paskewitz enlève Waitzen le 17; mais les Szeklers de Transylvanie entrent en Moldavie le 23, et Gœrgey reporte la guerre au nord, du côté du Sajo sur la Theiss le 26. Les Russes prennent de nouveau Debreczim , tandis que Haynau porte son quartier général à Szeged (Ier août). — Un de leurs chefs, Luders, contient Bein en Transylvanie le 6. Ils occupent Grosswardcin le 8. Haynau est vainqueur près de Tcmesvar. Dernière résistance de Bem et de Dembinski entre Temesvar et Arad, sur le Maros, le 9. Kossuth remet les pouvoirs à Gœrgey, le II. Celui-ci capitule, près d'Arad, à Vilagos; il somme vainement le général Klapka, commandant de Comorn, de l'imiter (14 août). Bem, Dembinski, Preczel, Kossulh, se réfugient sur le territoire ottoman. Les réfugiés sont bientôt l'objet d'une demande d'extradition , adressée a la Porte par l'Autriche le 24 , et par la Russie le 20 , parce que beaucoup d'entre eux étaient polonais. La guerre de Hongrie se termine enfin, après un an de luttes héroïques pour l'indépendance, par la reddition de Comorn (27 sept.). — Après la capitulation de l'armée hongroise, Venise se soumet aux Autrichiens {22 août).

— Plan d'une réorganisation administrative de l'empire (20 juin ). — Établissement d'une taxe sur le revenu ( oct. ). Le papier-monnaie impérial est sans crédit , tout en étant en circulation. Excédant considérable des dépenses sur les recettes. — Vengeances exercées sur les Hongrois : beaucoup d'exécutions, depuis le G oct.; mort du comte Louis de Batthiany, qui présidait, avant l'Insurrection, le conseil des ministres en Hongrie. Réorganisation de l'administration de la Hongrie (12 et 17 oct.); on y publie la constitution autri-

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C

chienne du 4 mars , hase des futures constitutions provinciales ( 2 déc).

-—Nouvelle organisation civile et militaire des provinces italiennes. — L'Autriche commence à avoir un Bulletin des lois de l'empire (1" nov.).

Danemark* — Les hostilités recommencent de la part des Danois contre les Allemands auxiliaires des insurgés du Slesvig et du Holstcin (3 avril). Perte de deux vaisseaux danois au port d'Eckernfœrde au sud-est du Slesvig, le 5. Les troupes slesvico-holsleinoises prennent Holding , dans le Jutland, le 20, et bombardent Friderlcia (16 mal). Victoire des Danois près de celte ville sur les Prussiens auxiliaires (6 juill.). Armistice pour six mois et protocole de paix, sous la médiation de l'Angleterre , entre la Prusse et le Danemark ( 10 juill.); protostation des Etats du Slesvig, le 10. Une commission administrative s'établit dans le Slesvig, a Flensbourg, au nom du roi (25 août). — Vote de la constitution danoise par la diète ( 25 mai ). Elle sera sanctionnée par le roi le 5 juin. 11 se réserve le droit de lever les impôts jusqu'au 31 mars 1850. Élections pour la prochaine assemblée législative, favorables au ministère (déc).

Ktfpapnc* — Cabrera est aux prises avec les troupes royales , en Catalogne (7 janv.). Il est arrêté à la frontière de France (23 avril). — Réforme des tarifs de douanes, d'après les principes anglais de la liberté de commerce. — Trois jours de crise ministérielle : le cabinet Narvaez est rétabli (21 <»ct.). Réforme administrative (28 déc).

Ktats-iJnlg. — Agitation permanente au sujet de la question da l'esclavage. M. Clay, retiré depuis sept ans du congrès, rentre au sénat (déc). — Le district des Mandanes , à l'ouest du fleuve Missouri , où l'esclavage n'est pas admis, prend rang, comme territoire de l'Union,

sous le nom de la rivière Minesota (déc).— Rapide développement de la Californie. Assemblée constituante à Monterey; vote d'une constitution qui exclut les esclaves (nov.). — Les Mormons du grand lar Salé s'organisent dans le Deseret. — Expédition d'aventuriers contre Cuba sans succès (sept.). — Première caisse de thé, venue directement de la Chine par l'isthme de Panama (oct.). Ou commence à cultiver le thé dans la Caroline du sud. — Mort du prophète Miller , auteur de la secte des milié* naires.

France. — Réduction de l'impôt du sel (1er janv.).— Projet de loi contre les clubs, présenté le 27 : l'assemblée refuse de voter l'urgence. — La réduction de la garde mobile est le prétexte de quelques désordres, le 29. — Les accusés du 15 mai 1848 sont jugés par la haute cour siégeant à Bourges (7 mars).— Loi électorale qui réglemente le suffrage universel (15 mars). — M. Proudhon , écrivain socialiste, qui a essayé de constituer la banque du peuple, est condamné, pour délit de presse , a trois ans de prison, le 28. — Le procès de Bourges se termine par des condamnations contre Barbes, Blanqui, Sobrier, Raspail, etc. (2 avril). — Premier vole favorable à une expédition d'Italie, en vue seulement de garantir le territoire piémontais, à la suite du désastre deNovare(3i mars). Départ d'un corps d'armée sous le général Oudinot (22 avril); il débarque a Civita Vecchia, et se dirigera contre la république romaine , après d'inutiles offres de pacification. — Pélitionnemcnt contre l'assemblée constituante, qui cousent à convoquer une assemblée législative ; élections (13 mai). Un des derniers actes de la constituante est l'abolition de l'impôt sur les boissons, à partir du 1" janvier 1850, le 18. Elle se dissout le 26.— Le 28, s'installe l'assemblée législative. M. Dupin, l'aîné, est nommé président de l'assemblée (1er juin) : l'élection sera renouvelée tous

XlXa SIÈCLE

les trois mois Jusqu'à la fin de 1851 (1" juin). — MM. Dufaure, de Tocqueville et Lanjuinais entrent dans le cabinet (1er juin). Message du président le 6. — Ravages faits par le choléra depuis deux mois; il emporte le maréchal Bugeaud, le 10. — L'expédition contre Home , regardée comme une violation de l'article de la constitution qui défend d'attenter à la liberté des peuples , est l'occasion de violents débats à l'assemblée, et de la tentative d'insurrection du 1 3 juin : habiles mesures du général Changarnier; poursuites contre M. Ledru-Rollin et d'autres représentants.

Insurrection sanglante à Lyon, le 15.

— Suppression des clubs pour une année, le 19. —Le siège de Rome, conduit par les généraux Oudinot et Vaillant, se termine par l'occupation le 3 juillet. — Lot sur la presse (9 et 27 juill.). — L'assemblée décide, le 28, qu'elle se prorogera du 13 août au 30 sept. — Loi sur l'état de siège (9 août).— Message du président à l'assemblée ; changement de ministère, malgré l'accord qui existait entre le cabinet et la majorité (31 oct.) : plus de président du conseil. MM. Ferd.

Barrot, Ach. Fould, Rouher, Dumas, Bineau, Parieu, contre-amiral Romaln-Desfossés, Lahitte. — Fin des débats de la haute cour de Versailles, jugeant l'attentat du 13 juin ( 13 nov. ) ; dix-sept sentences de déportation.—Le gouvernement demande le rétablissement de l'impôt sur les boissons (11 déc.); adoption du projet , le 20. Projet de loi relatif aux instituteurs communaux, pour en donner la nomination aux préfets, le 13. — Déficit de deux cent quinze millions, dans la balance entre les dépenses et les recettes. — En Algérie , un faux Bou-Maza, dans les tribus du Jurjura, est tué (2 oct.). Siège de Zaatcha, ville rebelle de l'oasis de Biskara (province d'Oran), défendue par les Zibans et les Oulcd-Naïls; il dure cinquante et un jours. Zaatcha est rasée (26 nov.). — Un différend avec le Maroc a été aplani le 8 nov. —

Mort du maréchal Molitor (28 juill.).

apkès J. C. 829

Haïti* — Victoire des Dominicains, sous Santana , sur les Haïtiens que commande Soulouque (22 avril).

— Cruautés de Soulouque. 11 se fait nommer empereur sous le nom de Faustin ( 25 août) et fonde deux ordres de chevalerie. — Seconde expédition contre les Dominicains (nov.).

Hollande. — Mort de Guillaume H (17 mars); son fils Guillaume 111 lui succède.

Italie.— Ouverture delà constituante romaine (5 févr.). — Le grandduc Léopold II quitte Florence et déclare qu'il ne consent pas à une constituante italienne, dont les adhérents ont été frappés d'excommunication, par Pie IX, le 1er janvier (7 févr.). Gouvernement provisoire à Florence , le 8. — Proclamation de la république à Rome le 9 par l'assemblée constituante; les biens ecclésiastiques sont déclarés biens nationaux , le 13. — Proclamation de la république à Florence, le 18. — Ferrare est occupée un jour par les Autrichiens, pour obtenir satisfaction de violences commises contre des soldats de l'empereur le 19. — Vente d'objets d'art par le gouvernement romain. — Projet de réunion des républiques de Florence et de Rome; des subsides seront accordés a Venise qui résiste toujours, le 27. — Le roi de Naples offre aux Siciliens un gouvernement séparé avec un vice-roi (28 févr.). 11 dissout les chambres napolitaines, et les ajourne indéfiniment (12 mars). — Charles II, duc de Parme, abdique en faveur de son fils Charles 111, le 14. —Défait à Novare par les Autrichiens qu'il a provoqués, Charles- Albert abdique le 23. — Avènement de son fils, Victor-Emmanuel, qui conclut aussitôt un armistice. Insurrection de Gènes contre le nouveau roi ( du 30 mars au 4 avril). — Les Autrichiens rétablissent le gouvernement de Parme, au nom du duc Charles 111 ( 6 avril). — A Florence, rétablissement du gouvernement du grand-duc , le 12. — Succès des Napolitains en Sicile (avril) ; prise de Catane , Syra-

cuse, Agosta, Nolo; soumission de Païenne , le 23. —Pie IX invoque le secours de l'Autriche, de la France, de l'Espagne, de Naples (20 avril).

Un corps d'année française part pour Civita Vecchia le 22, y débarque le 25 , sous le général Oudinot. Tentative sur Rome qui ne veut pas rendre au pape ses pouvoirs, 30. Le roi des Deux-Siciles entre aussi avec une armée sur le territoire romain, le 30 ; mais il est repoussé par Garibaldi (9 mai). Quatre mille Espagnols \iennent avec le général Cordova (27 mai). L'assemblée romaine refuse de .

recevoir les Français comme alliés et amis (19 mai.) Les négociations de M. dè Lesseps, envoyé français, sont encore un retard utile aux Romains, le 31 . Le général Oudinot prend la villa Panfili a rentrée de Home (3 juin); siège de Rome ; attaque difficile des bastions. La constituante renonce à la défense, le 30 juin. Occupation de Rome par les Français (3 juill.) ; cessation du triumvirat révolutionnaire de Mazzini,de Garibaldi, d'Avezzana ; l'assemblée constituante se dissout.

Les Français, qui proclament la restauration de la souveraineté pontificale (15 juill.), occupent Rome, encore en 1852, même après la rentrée du pape. — Traité de l'Autriche avec Parme (3 juill.), et bientôt avec Modène , pour convenir des bases d'un tarif de douane commun. •—Charles- Albert, l'ex-roi de Sardaignc, meurt à Oporto en Portugal (28 juill.). Ouverture des chambres à Turin, le 30.

Traité de paix avec l'Autriche, à Milan ( 6 août ). — Neuf jours après la capitulation de l'armée magyare de Gœrgey, soumission de Venise aux Autrichiens (22 août). — Le président de la république française, dans sa lettre du 18 août, désirait pour les Romains une amnistie générale , la sécularisation du pouvoir administratif, le code Napoléon et un gouvernement libéral. Venu de Gaëte à Portici le 4 sept., le pape promet, par un motu proprio , un conseil d'état avec voix consultative , une représentation municipale, des ré-

Al'KÈS J. C.

formes judiciaires et administratives (12 sept.). — A Naples, mesures de rigueur, décrets d'exil et d'arrestation contre le parti libéral (sept, et ocl.). — Dans le grand - duché de Toscane, comme à Rome le 12 sept., le décret d'amnistie fait beaucoup d'exceptions (21 nov. ). — En Piémont , de nouvelles élections préparées par un manifeste tout pacifique et constitutionnel du roi , donnent une assemblée conservatrice et favorable au ministère Azeglio. Ouverture des chambres par le roi (20 déc).

it u*al e. — Les dépenses de la guerre de Hongrie amènent un déficit de trente millions de roubles d'argent. Emission de la 22a et de la 23e série des billets du trésor de l'empire, pour six millions de roubles(nov.).— Conformément à l'ukase de 1845, les juifs devront, à partir du 1er janvier, prendre le costume national russe ou le costume français, ou payer un impôt annuel. — Population dans les quarante-neuf provinces : 54 092 300 âmes. — Sentence d'une commission militaire contre les auteurs d'un complot (déc.) : vingt et une condamnalions à mort, commuées par l'empereur.

8ul**c. — Adoption, par le conseil des Etats, du système monétaire, et du système des poids et mesures de France (nov.). — Embarras diplomatiques à cause des réfugiés démocrates.

Turquie* —Convention de Balta- Liman avec la Russie , au sujet des principautés danubiennes (30 avril) :

les hospodars de Moldavie et de Valachie seront nommés pour sept ans par le sultan ; le règlement organique de 1831 reste en vigueur ; suspension momentanée des assemblées de boyards que remplacera un divan; jusqu'à la pacification des pays voisins, la Russie peut, comme la Turquie, y laisser dix mille hommes. — La Porte destitue l'hospodar de Moldavie, Michel Stourdza (25 mai).

Slirbey , nommé hospodar de Vala-

XIXe SIÈCLE APRÈS J. G

chic le 29 juin, est investi le 14 juill. En Moldavie , est nommé le prince Gr. Ghika.— Mort de Méhémet-Ali, à Alexandrie, à quatre-vingts ans (Ie' août). — Différend avec l'Autriche et la Russie, à cause des réfugiés hongrois et polonais, dont la Porte refuse rexiradilion (17 sept.). Intervention officieuse de l'Angleterre et de la France; l'amiral anglais Parker paraît même dans les Dardanelles. La Russie se contente de demander l'internement (31 déc).

Allemagne. Autriche et F muné.— La démocratie est encore puissante dans plusieurs états (janv.). — Réformes intérieures en Autriche.

Publication successive des constitutions provinciales, décrétées en déc.

1849 (janv. -févr.). Réorganisation judiciaire de la Hongrie (H janv.).

Autorité maritime centrale établie à Trieste (30 janv.). — En Prusse, après le vote des chambres, promulgation de la constitution re visée (1er févr.). Loi sur l'administration communale et provinciale (11 mars); elle restera sans exécution. Acquisition des principautés de Hohenzollern.

La Prusse active les élections pour la formation du parlement fédéral d'Erfurth, convoqué pour le 20 mars au nom des états qui font partie de l'Union restreinte (13 févr.). — Convention de Munich, entre la Bavière, la Saxe et le Wurtemberg, pour la reconstitution de l'état fédératif, avec une assemblée représentative de trois cents députés , dont cent pour l'Autriche, cent pour la Prusse, cent pour les autres membres de la confédération ( 27 févr. ) : projet accepté par le Hanovre et l'Autriche.

L'Aulriche songe à établir une union douanière austro- allemande, pour absorber le zollverein dirigé par la Prusse.— Ouverture delà diète d'Erfurth (20. mars) : deux chambres, celle des Étals, celle du peuple. Fluctuations du roi de Prusse, qui n'ose pas se déclarer ouvertement contre V Autriche ; altitude menaçante du

ministre autrichien Schwartzenberg; conseils modérateurs du ministre de Prusse , M. de Manteuffel. La chambre du peuple, 125 voix contre 80, adopte la constitution allemande du 28 mai 1849 (i 3 avril). Clôture de la session le 29; le collège des princes de cette diète d'empire doit se réunir à Berlin pour représenter l'Union restreinte. Vigueur de l'Autriche : le prince de Schwartzenberg adresse un appel à tous les états aile* mands pour reconstituer la diète de 1816 à Francfort (26 avril). Cependant la commission fédérale provisoire, instituée le 30 sept. 1849, est continuée le 30. — Ouverture à Berlin du congrès des princes alliés de la Prusse, représentant vingt états secondaires (10 mai.) Le même jour, ouverture de l'ancienne diète germanique de Francfort par le plénipotentiaire de l'Autriche, le comte de Thun (10 mai) : y sont représentés les royaumes de Saxe , Hanovre, Wurtemberg, Bavière , le Luxembourg et la Hesse-Hom bourg. Dernière séance du congrès des princes et des représentants des villes libres à Berlin ; le conseil d'administration doit être remplacé par un conseil princier (16 mai). La Prusse refuse de reconnaître à l'assemblée de Francfort, où elle envoie des députés pour des conférences libres, le caractère de congrès traditionnel. A Varsovie, conférences sur les affaires d'Allemagne entre l'empereur de Russie, le ministre Schwartzenberg et les princes de Prusse (27 mai). — L'assemblée de Francfort proclame le retour au conseil fédéral restreint des dix-sept, selon le mode de 1815 (15 juill.). L'Autriche réclame pour l'assemblée de Francfort la ratification du traité conclu, le 2 juill., par la Prusse avec le Danemark au nom de la confédération. Elle convoque à Francfort le conseil restreint des dix-sept , pour remettre en activité la diète fédérale (10 juill. et 14 août). La Prusse refuse d'envoyer des députés à Francfort (25 août). Installation du conseil Vestreint dç Francfort

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

(2 sept.). — Ordonnances inconstitutionnelles de Télecteur de Hesse(4 et 7 sept.). L'électeur fuit de Cassel le 13, est à Francfort le 15. Décision du conseil restreint de Francfort, en sa faveur, le 2 1 ; la Prusse, d'accord avec le conseil princier de Berlin, proteste contre les résolutions de la prétendue diète de Francfort. La rupture entre l'Autriche et la Prusse est imminente. La Prusse recule : l'Union restreinte se dissout; la constitution votée à Erfurth est annulée (8 oct.).

Cependant, quand les troupes fédérales entrent dans la Hesse, les troupes prussiennes y accourent (l6r nov.); et, si la retraite de M. de Radovitz, le 5, paraît un gage de paix, le 6 le roi de Prusse mobilise l'année et la landwehr. — Conférences de M. de Manteuflel , principal ministre depuis la mort récente du comte de Brandebourg, cl de M. de Schwartzenberg,àOimulz(29nov.): la Prusse et la diète de Francfort doivent agir en commun clans les questions de Hesse cl de Holstein ; des conférences libres de plénipotentiaires de tous les états allemands s'ouvriront à Dresde pour délibérer sur la question fédérale. Ouverture des conférences de Dresde (23 déc.) ; elles dureront jusqu'au 23 février 1861.

Dans tous les états, efforts de restauration de l'autorité monarchique.

Ordonnances rigoureuses contre la presse, dans la Saxe royale (3 juin) ; dans la Prusse, le 5. L'état de guerre et la loi martiale, décrétés le 27 oct. 1849, se perpétuent dans le grandduché de Bade. Dans la Hesse-Darmstadt , comme dans la Hesse électorale, refus du vote de l'impôt (21 sept.); dissolution des chambres, le 27; convocation extraordinaire (9 oct.). Dans le Mecklenbourg-Schwerin, une sentence arbitrale du Hanovre, de la Saxe et de la Prusse, condamne la constitution du 10 oct. 1849; les députés ne peuvent plus se réunir (22, 24 sept, et 16 oct.). Ministère moins libéral dans le Hanovre ( 28 oct.). Dans le Wurtemberg , depuis le 2 juillet , lutte entre le gouverne-

ment et les chambres qui voient une violation de la constitution dans l'adhésion au traité de Munich du 27 février , et à la formation de l'assemblée plénière et du conseil restreint de Francfort; la troisième assemblée de révision de la constitution, ouverte le 4 oct, est prorogée le 11. — En Prusse, ouverture tardive des chambres ( 22 nov.) : leur esprit , comme celui du peuple, est enclin à la guerre avec l'Autriche. Irritation causée par la nouvelle des conventions arrêtées à Olmûtz du 29 nov. au l" déc; prorogation. Population an 30 juin : 16 330 186 âmes.

— En Autriche, la langue slavone est reconnue langue officielle de la Croatie (26 juin). Tribunal suprême de justice organisé à Vienne (août) : le sénat de Vérone y sera transféré.

Organisation politique de la Hongrie sept.). Constitution provinciale de a Gallicie ( oct. ). Économie pour le trésor, par le renvoi de quatre-vingt mille hommes (juill. ). Restriction fiscale mise à la liberté de la presse (19 sept.). — Congrès universel des amis de la Paix, à Francfort sur le Mein (22 août). — Choléra dans plusieurs régions de l'Allemagne.

Amérique centrale. — Démission du président de Costa-Rica , le général Castro, qui a fondé la république (juin).

Amérique du sud et Brésil.

— Convention entre les États-Unis et l'Angleterre pour la construction d'un canal à travers l'isthme de Panama (19 avril). — A la Nouvelle-Grenade, sur la demande du parti libéral , le président, le général Lopez, expulse les jésuites, qui avaient été appelés sous la présidence du général Herran (20 mai). — Dans l'Équateur , confusion, prise d'armes des partis, danger de démembrement. — Au Brésil, loi qui assimile la traite des nègres à la piraterie (juill.). — Au Chili, la franchise des ports est promise aux navires de toutes les nations qui accorderont le même privilège (août). — Le généra] San-Martin, un des libé-

XIXe SIÈCLK APRÈS J. C. 833

rateurs du Chili et du Pérou, meurt traité de navigation du 17 nov. 1840

en France (août). avec la France (7 févr.) : réciprocité

Angleterre.— L'acte prohibitif d? conditions pour les transports

de navigation de 105 1 cesse d'être en d u?.. nays â rautre ct sous le» deux

gouvernement grec poi

rôts très-secondaires ; arrivée d'une Lomse-Mane, princesse d'Orléans, a flotte anglaise au Pirée le 15, ultima- tre,,te-huit ans (t | oct.). tum de vingt-quatre heures signifié chine. - Mort de l'empereur le C, violences exercées par l'amiral Tao-Kwang ( 25 févr. ) . avènement William Parker dès le 18; la Grèce de son quatrième fils Y-Ch\nè â"é reste calmeet dévouée à son gouverne- de dix-neuf ans g 1 °

ment, qui est forcé, parce que l'Angleterre ne tient pas compte de la mé- . 1>a,,ei,inrk- — Pénibles négodiation française, acceptée le 4 févr. ciatfons a Berlin, avec la médiation do céder à l'ultimatum (26 avril). La de Angleterre , pour résoudre la France rappelle son ambassadeur de que*tion des duchés de Slesvig ct Londres (14 mai). Solution du diffé- de Ho,slem- La Prusse et les insurrcnd , honorable pour la France (20 gés des dl,cnés violant l'armistice, juin). — Bills proposés par le gouver- le ministère et la seconde chambre nement pour l'amélioration de l'ad- de Danemark sont décidés à recomministration commerciale et politique mencerla guerre (juin). Paix de Berlin des colonies: elles jouiront du sys- (2 j«HI.), quinze jours après qu'une tème représentatif (8 févr.). — Mort flotle russe a naru dans ,es parages de sir Robert Peel , deuil public (2 des lles danoises« Pour appuyer le juill.). — M. Rothschild , élu par la droit du Danemark. A Londres, ouci té de Londres, est exclu du parle- verture ^un protocole, que les ment parce qu'il ne peut pas prêter &randes puissances sont appelées à le serment des chrétiens (26 juill.- siSner P°ur la paix. L'armée du 1er août). — Un édit de Pie IX rétablit Slesyig-Holstein, composée en grande la hiérarchie catholique en Angle- Partie d'Allemands, n'en veut pas terre : un métropolitain, le cardinal nioins envahir le Slesvig. Elle est de Westminster, M. Wiseman , ct va,n.cl!e près des hauteurs didstedt douze i ■ - - ■

tation trajet

(trois cent vingt , , , u France) est fait en soixante-cinq tention de la Prusse, qui est touheurcs (juill.). — Établissement de j°urs favorable à la cause insurrectélégraphe sous-marin, essayé de Ca- Bonnelle des duchés. Décrets du roi laisàDouvres (20 août). — Depuis ?" favfil,r du Slesvig reconquis (août), septembre, construction par sous- a d'^te des duchés s'ouvre à Kiel cription, sous le patronage du prince (9 sept.) ; les hostilités , que la lieu- Albert, d'un palais, tout en fer et en tenance insurrectionnelle recoinverre, dans Hvdc-Park, à Londres nience, rendent à son armée Eckœrnpour l'exposition universelle de îœn,e' vaste Port du Slesvig sur Ja l'industrie qui doit s'ouvrir en mai Baltique (12 sept.), et Tonningen, à 1851. — Population des trois royau- ,,0l,0St de l'embouchure de l'Eider, mes (juill.) : 27 200 000 âmes, dont le 29 : Fr|ederikstadt est pendant six 1 050 187 électeurs. Jours bombardée par 1rs Holsteinois

n<xi«riMnA d *.« ■ , l?9 ^P1--5 oct«). Bs sont repoussés. Belgique. — Ratification du Détresse de la diète de Kiel (oct.). Le

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

ministre de Prusse , M. de Radovitz, invite enfin la régence de Kiel à s'accorder avec son souverain ^23 oct.).

KNpagn*. — Loi de comptabilité générale pour l'administration des finances publiques (Janv.). — Les relations diplomatiques, rompues avec l'Angleterre depuis le 17 mai 1848, sont reprises à la demande de l'Espagne (30 mars, 23 avril). — Tentative, sans succès, d'a\ enturiers américains, partis de la Nouvelle-Orléans avec le général Lopez , contre l'Ile de Cuba {t8 mai). — Naissance d'un prince des Asturies; il meurt aussitôt ( 12 juin). — Nouvelles élections favorables au ministère Narvaez (31 août).

*:<at»-l ni*. — Hapide développement des Mormons dans leur établissement de Descrct ( Ruche d'abeilles), sur les bords du grand lac Salé , et du lac Utali , entre les monts Rocheux, et la Sierra Nevada, voisine de la Californie; ils accueillent tous les ennemis des institutions démocratiques et des religions reconnues. — Mort de John C. Calhoun , de la Caroline du sud , qui était depuis 1832 le champion de l'esclavage (31 mars). — Mort du président Taylor (9 juill.). D'après la constitution , le vice-président , Fillmore, succède à Taylor. — Compromis touchant la question de l'esclavage, proposé par M. Clay (janv.); il demande que l'esclavage ne puisse s'établir dans les contrées qui jusqu'ici en étaient exemptes. Le sénat vote l'admission, comme état, de la Californie , dont la constitution n'admet pas d'esclaves, et le bill qui fixe le gouvernement territorial du Nouveau-Mexique ; mais il rejcttele bill de compromis (1 5 août). La chambre des représentants vote les bills pour la Californie et le Nouveau -Mexique ( 6 sept. ). La Californie forme le trente et unième état. Déjà l'Orégon , pays sans esclaves , a été au commencement de cette année érigé en territoire. Le même rang est donné au pays de l'Utah , où les Mormons n'admettent pas d'esclaves

(sept.). L'esclavage est exclu du district fédéral de Colombia (sept.).

Dans l'intérêt des états à esclaves, un bill ordonne l'extradition des esclaves fugitifs, qui se retirent dans les états sans esclaves ( 13 sept.}; agitation des abolitionnistes dans le nord.— Incessantes découvertes d'or dans la Californie. — Mort de Marguerite Fellcr, qui a exercé une grande influence sur le développement philosophique de l'esprit américain (15 juill.). — Au rr juin 1850, population : 23 24G301 âmes, six millions de plus qu'en 1840, accroissement plus rapide clans les états libres que dans les états à esclaves.

France. — Jérôme Bonaparte est nommé maréchal de France (2 janv.).

— Vote d'une loi temporaire sur les instituteurs communaux, dont la nomination et la révocation dépendront des préfets (12 janv.). Adoption delà loi organique sur l'enseignement (15 mars) : nouveau conseil supérieur; chaque déparlement a une académie ; part faite au clergé et à l'enseignement libre. — Création, sur plusieurs points du territoire, de grands commandements militaires (12 févr.). — Élections partielles pour l'assemblée législative, favorables au parti socialiste, à Paris (15 mars, 29 avril). La majorité de l'assemblée et le. ministère y répondent par une loi qui restreint le suffrage universel (31 mai):

433 voix contre 241. — Loi sur la déportation pour crimes politiques (8 juin ); la vallée du Vaïlbau dans les Iles Marquises, et l'Ile de Noukahiva , sont les lieux désignés. Bellclle-en-mer recevra aussi des déportés (décret du 23 juill.). — Crédit de deux millions cent soixante mille francs , voté par l'assemblée pour les frais de la présidence de la république (24 juin). — Loi rigoureuse sur la presse : obligation du timbre, d'un cautionnement plus élevé, de la signature des articles politiques ( 1G juill.) : 392 voix contre 2G5. Elle sera appliquée le 26 sept. L'assemblée décide qu'elle se prorogera du II

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C

août au 11 nov. (17 juill.); nomination d'une commission de permanence. — Plusieurs lois d'assistance publique ont déjà été votées, pour la caisse des retraites , pour les sociétés de secours mutuels, pour les logements insalubres, pour l'éducation et le patronage des jeunes détenus. Adoption de la loi sur la caisse de secours mutuels (15 juill.). — Une loi abroge le cours forcé des billets de banque décrété en févr. 1848 (6 août). — Pendant les trois mois de prorogation de rassemblée, agitation de tous les partis. Deux manifestes des montagnards. Voyage du président dans les départements de l'est, les moins favorables a la cause de Tordre (du 12 au 28 août); dans la Normandie (du 3 au 1 3 sept. ). — Mort du roi Louis-Philippe à soixante-dixsept ans, au château de Claremont, dans le comté de Surrey (20 août). — Le comte de Chambord, à Wieshaden (duché de Nassau), reçoit les légitimistes; lettre circulaire du 30 août contre la doctrine de l'appel au peuple. Essai de fusion des deux branches. Soixante-quatre conseils géné- , raux sur quatre-vingt-cinq discutent la question de la révision de la constitution. Revues de Satory (An de sept, etoct.). Complot socialiste puni par le tribunal d'Oran (13 oct.). Arrestations, à Lyon, a Avignon, pour un autre complot qui embrassait plusieurs départements du midi ( fin d'oct.). — L'assemblée, revenue le 1 1 novM engage d'ardentes discussions ; désaccord entre une partie de la majorité et le pouvoir exécutif. — Peu d'opérations militaires en Algérie. — Arrivée du premier steamer transatlantique américain, le Franklin, en destination directe de New-York au Havre fin d'oct.). — Fréquents voyages aérostatiques. — Mort du physicien Gay-Lussac (9 mai); du fécond romancier Balzac (août).

Grèce. — Pétulant que se résout aux dépens de la Grèce, malgré l'intervention de la France , le triste conflit avec l'Angleterre , traité de

commerce avec la Russie ( 24 juin ).

— Assassinat du ministre des cultes (1" sept.).

Haïti. — La guerre entre l'empereur Soulouque et la république dominicaine traîne sans résultat. — Traité de navigation et de commerce entre Soulouque et l'Angleterre (fi mai). —Mort du président Boyer à Paris (10 juill.).

Hollande. — Abolition de tous les droits de navigation sur le Rhin néerlandais en faveur de tous les états riverains de ce fleuve , qui accorderont au pavillon hollandais les mêmes avantages qu'à leur pavillon national (15 sept.).

Italie. — A Turin, les chambres adoptent le traité de Milan conclu avec l'Autriche le (i août 1849 (9-18 janv.). Emprunt de quatre-vingts millions (2G janv.). La loi présentée par le ministre des cultes, Siccardi, abolit les juridictions ecclésiastiques en matière civile et criminelle, et supprime le droit d'asile des églises, malgré une protestation du cardinal Anlonelli, secrétaire d'Étal du saintsiége (9 avril). L'archevêque de Turin , Franzoni , qui défend au clergé d'obéir à cette loi le 18, est arrêté et conduit prisonnier à la citadelle (4 mai ). Protestation nouvelle du cardinal Autonelli, le 14. Lettre de l'archevêque , portant refus de sacrement et de sépulture au chevalier de Santa -Rosa, membre du cabinet qui a présenté la loi. Scènes de désordre à ses funérailles ( 7 août).

L'archevêque refuse de renoncer à son siège , et est transféré à Fenestrelles (août). L'archevêque de Cagliari résiste à un édil royal de 183fi ( sept. ). Sentences d'appel comme d'abus, rendues contre ces deux archevêques, à Cagliari le 21, à Turin le 25 sept. Le Piémont entre dans la voie du libre échange , par la loi de douane et de navigation promulguée le 12 juillet. Le comte Cavour, journaliste distingué, entre au ministère en oct. — Kn Toscane, le

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

d-duc décrète d'office le budget recettes et des dépenses pour l'année 1850 (févr.). Convention avec l'Autriche pour l'entretien des dix mille Autrichiens qui gardent le pays (22 avril). Voyage du grand-duc à Vienne (août). Au retour, suspension du statut constitutionnel, dissolution de l'assemblée des députés, suppression de la liberté de la presse (21 sept.). — Le pape rentre à Rome, le 12 avril. La France y a toujours une armée. Les promesses du motu proprio du 12 septembre 1849 sont tenues en partie le 10 sept. : formation de cinq départements ministériels, et d'un conseil d'État; attributions étendues du principal secrétaire d'État. Utiles mesures financières pour éteindre le papiermonnaie, créé par le gouvernement républicain (30 août, 14 oct.). Rétablissement de la hiérarchie catholique en Angleterre (24 sept.). Promotion de quatorze cardinaux, le 30.

— Agitation à Païenne, au nom de la constitution de 1812 ( 27 janv.) : six exécutions militaires. Nouvelle tentative de soulèvement (18 mai). Décret royal pour réprimer la presse dans les Deux-Siciles (13 août}.

Mexique. — Dix-huit candidats à la présidence; élection du général Arista ( 29 sept.). — Le choléra à Mexico.

Portugal. — Attaques très-vives contre le premier ministre, le comte de Thomar(janv. et févr.). — Loi très-sévère contre la presse. — Deux bâtiments de guerre américains entrent dans le Tage pour faire valoir une ancienne réclamation de l'Union ( 28 juin ) ; le roi de Suède sera pris pour arbitre (juill.).

Ruante. — Lutte toujours difficile contre les Circassiens qui ont pour chef Shamil-bey; ses succès du 23 avril au 26 mai. Il est repoussé au delà de la ligne des Lesghiens ( juin-juill.). — Mouvements de paysans contre la noblesse, dans plusieurs provinces, réprimés par les armes (août).

Suède.— Le choléra, pour la première fois, en Suède, dans la Scanie (août), même à Christiania (oct.).

Sul«»e. — Asile des vaincus du parti démocratique d'Allemagne, d'Italie, de France , elle est menacée d'une occupation militaire, parla Prusse et l'Autriche d'abord, à cause des menées démagogiques qu'on attribue aux réfugiés (janv.). Circulaire du conseil fédéral (4 févr.), pour l'expulsion de certains réfugies allemands. Les réfugiés seront in* ternés ( 12 août). — Le conseil national, ouvert le 5 avril, accède à la résolution prise par le conseil des États , d'adopter le système monétaire de France (25 avril ). — Au Valais, la congrégation du grand Saint- Bernard ne voulant pas faire connaître l'état de sa fortune, pour que le trésor prenne l'excédant du revenu conformément au décret du grand conseil cantonal du 29 janv. 1848; quelques-uns de ses immeubles sont mis en vente (9 nov. ). L'intervention amiable de la France continue, avec l'autorisation du grand conseil.

— Tentative du parti ultra-modéré pour enlever la ville de Fribourg (4-5 oct.). — Première ascension du mont Bernina, dans le canton des Grisons, qui a 4052 mètres au-dessus du niveau de la mer ( oct. ). — Population totale : 2 393 931 âmes.

Turquie* — Les relations diplomatiques, interrompues avec l'Autriche au sujet des réfugiés hongrois, sont rétablies (6 avril).— Un firman du grand seigneur crée au Caire et à Alexandrie des tribunaux de commerce mixtes , comme il en existe à Constantinople (30 mars). — Choléra en Égyptc, à Malte, à Tunis, à Tripoli. — Curage des bouches du Danube, commencé le 1er octobre.

Allemagne, Autriche et Prun-

se. — Question fédérale. Conférences de Dresde (déc. 1850 au 15 mai ) :

divers essais de la Prusse pour former un conseil exécutif fédéral.

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C

L'Autriche demandant l'incorporation de tous ses états indistinctement dans la confédération, la Prusse refuse , et est réduite à demander pour elle et pour ses alliés de siéger de nouveau à l'ancienne diète de Francfort. — Décisions de la dièle restaurée (23 août) : répression de la liberté de la presse recommandée à tous les gouvernements; abolition des droits fondamentaux, promulgués en 1848 et renouvelés en mars 1849, dans tous les états de la confédération. La Prusse et l'Autriche renoncent à l'entretien d'une flotte fédérale (23 août). Les provinces de Prusse et de Posen , entrées dans la confédération depuis 1848, doivent en sortir (3 oct.). — En Prusse , les chambres évitent tout débat irritant en passant à l'ordre du jour sur la discussion de l'adresse (7, 8 janv.).

Session jusqu'au 9 mai ; vole de trente-quatre projets de loi , nouveau code pénal , loi sur l'impôt du revenu à répartir par classes d'imposables, fixation du budget de 1851. — Circulaires qui suspendent, au profit des anciennes classes privilégiées, l'application de la loi organique du 11 mars 1850 (15, 17 et 28 mai ) : création d'un administrateur par commune rurale , rétablissement des assemblées d'Etats pour les cercles, et des assemblées d'Ordres pour les provinces. Inauguration à Berlin de la statue de Frédéric le Grand ( 31 mai ). Le roi va prendre possession de Hohenzollern - Hechingen et Sigmaringen ( 23 août ).

Session nouvelle ( 27 nov. ). — Important traité de la Prusse, au nom du zollverein, avec le Hanovre, l'Oldenbourg et Brème , membres du steuerverein (association d'impôts), formé en 1835, (7 sept.): mais Hambourg , les deux Mecklenbourg et les duchés danois restent en dehors de l'alliance douanière. — En Autriche, lettres de cabinet du 20 août, et dépêches circulaires du 26, qui équivalent à l'abolition de la constitution du 4 mars 1840. Le Hongrois Kossuth, dont l'internement à Ku-

taya ( Asie Mineure ) , a cessé le 1er sept., passe par Marseille, Lisbonne, Soutnampton, où il s'embarque pour les États-Unis (20 nov.). Loi sur l'organisation des arts et métiers, qui restent divisés en corporations (déc. ). Progrès des recettes publiques; réduction de là dette du trésor envers la banque, et de la circulation du papier-monnaie. — Convocation à Vienne, pour le 2 janvier 1852, d'une conférence douanière de tous les gouvernements, afin de délibérer sur une union austro-allemande ; inquiétude de la Prusse, membre prépondérant du zollverein. La Saxe, la Bavière et le Wurtemberg sont favorables au projet de conférence (déc.).— En Bavière, égalité civile accordée aux juifs par une loi (29 juin). — Restriction de la liberté de la presse dans le Mecklenbourg-Schwerin (12 juill.). — Dissolution de la diète réunie d' Anhalt - Dessau - Kœlhen ; des diètes séparées d'Anhalt-Dessau, et d'Anhalt-Kœthen (21 juill.). — Dans le Wurtemberg, l'armée est relevée du serment prêté à la constitution ( 3 sept. ). — En Bavière, les députés rejettent une proposition individuelle qui portait qu'à l'avenir les budgets ne seraient votés que pour un an ( 24 oct. ). — A Brème , débat engagé entre le sénat et l'assemblée des bourgeois , au sujet de la révision de la constitution (27 sept., 8 oct., 29 déc). — A Nassau, abolition de la constitution par le grand-duc nov.) ; ordonnances grand - ducales 31 déc.).— Dans Saxe-Cobourg-Gotlia, opposition parlementaire au veto absolu du duc (16 déc). — A Oldenbourg, vote sur la révision de la constitution (29 déc). — Mort du roi de Hanovre, Ernest-Auguste, à quatrevingt et un ans ( 18 nov. ). Son fils, George, qui lui succède quoique aveugle de naissance , a trente-deux ans. Nouveau ministère. Tendance à l'ajournement des réformes judiciaires qui étaient défavorables aux nobles et aux privilégiés, et que les deux chambres réclament (déc). — Mort de Prlessnitz t le fondateur de

la méthode curative par l'hydrothérapie (déc.).

Amérique centrale. — Nouvelle révolution a Nicaragua (4 août); le président don Joseph Laucano Pineda est enlevé par le général rebelle Munoz , ex - ministre de la guerre. Rivalité en Ire le sénat et la faction de Munoz.

Amérique du snd et M ré «II.

— Calme du Pérou : au président, le général C asti lia, succède pacifiquement le général Echenique (20 avril). Utiles travaux du congrès. — Au Chili, avènement pacifique du nouveau président don Manuel Monli ( 18 sept. ). Insurrection dans le nord, contre laquelle agit le général Bulnès. — Dans rÉquatetir, élection présidentielle du général U ruina. — Dans la Plata, révolte, contre le président Rosas, du général Urquiza , gouverneur d'Entre-Rios. Avec cinq mille hommes, il marche contre la Banda orientale, pour renverser Oribe, qui assiège toujours Montevideo; il est soutenu par quinze mille Brésiliens. Capitulation d'Oribe ; Urquiza à Montevideo (8 oct. ); traités entre Montevideo et le Brésil. Urquiza passe le Parana pour attaquer directement Rosas (déc).

Angleterre. — Débat (dès févr.) sur le projet de bill du ministre John Russel , pour empêcher les évôques catholiques de prendre des titres diocésains de villes ou de provinces; vote par les communes (4 juill.), par les lords le 30. Le projet de bill, pour l'admission des juifs au parlement, adopté par les communes le 3 juillet, est rejeté par les lords le 17. Position difficile du ministère qui est presque en minorité.

Clôture de la session (8 août): prorogation jusqu'au 4 nov. — Exposition universelle de l'industrie, à Londres, dans le palais de cristal, construit à Hyde-Park (du 1er mai au 11 oct.). Récompenses décernées par un jury international de {[toutes les nations qui ont exposé : 172 grandes

médailles, dont 80 à l'Angleterre, 56 a la France qui ne comptait que pour un onzième dans le nombre total des exposants; 2792 médailles ordinaires ou de seconde classe.

— Retraite du ministre des affaires étrangères, lord Palmerston, qui paraissait trop favorable aux réfugiés républicains (22 déc). — Différend entre les unions ouvrières , et les maîtres , auxquels Vamalgamated society des machinistes et mécaniciens vent imposer des conditions pour le règlement et le prix du travail (24 déc). Les principaux maîtres décident que si une seule de leurs maisons est mise en interdit par la société réunie, elles fermeront toutes ensemble leurs ateliers le 10 janvier. — Fondation d'une association dite de défense catholique , qui réunit Anglais et Irlandais.— En Irlande, système d'assassinats organisé par les ribbonistes. — Au nord du cap de Bonne-Espérance, lutte pénible du gouverneur sir Harry Smith avec les Cafres. — Sept missionnaires anglais, perdus sur la côle de Patagonie, y meurent de faim.— Traité avec les Iles Sandwich, signé à Honolulu (10 juill.). — Découverte de gisements considérables d'or dans les Cordillères de l'Australie. — Première communication sous-marine et presque instantanée, entre l'Angleterre et la France, par le télégraphe électrique, dont le fil est tendu de Douvres à Calais (29 sept.); le service de la correspondance est organisé en novembre. — Mort de l'historien Lingard (18 juill.). — Population de l'ensemble du royaume-uni :

27 738 94 âmes ; l'Irlande compte pour 6 515 794. L'Angleterre et le pays de Galles n'avaient en 1750 que 6 517 035 âmes. A Londres, 2 359 640 âmes. L'Irlande a soixantecinq mille maisons inhabitées.

Belgique. — Le projet ministériel du rétablissement de l'impôt sur la succession en ligne directe trouve de la résistance dans le parti de la grande propriété. Démission du mi-

XIXe SIÈCLE

nistère (mai); le roi le conserve. Le sénat rejette la loi (2 sept.). Ajournement des chambres le 3, dissolution du sénat le 5. Élections sénatoriales, le 27. Nouvelle session (4 nov.). Vote par le sénat, 4G contre 6, d'un amendement concilia toi re touchant la loi, auquel s'est rallié le cabinet (22 nov.) : l'impôt sera moins productif, n'atteignant ni les biens meubles, ni les immeubles hérités à l'étranger.

— Révision des deux premiers livres du code pénal (nov.); suppression de peines inlamantes; adoption du système cellulaire pour les travaux forcés à temps et la réclusion; la peine de mort est maintenue.

Danemark. — Plus de résistance armée dans les duchés : l'assemblée du Slesvig-Holstein approuve les propositions de la lieutenance , qui tendent à toute cessation d'hostilités (1 1 janv.). — Plusieurs crises ministérielles au sujet de la conduite à suivre à l'égard des duchés et de la désignation définitive d'une ligne de succession royale , sur laquelle est consultée la Prusse. La majorité de la diète danoise , réunie depuis le 4 nov. , voudrait la participation des duchés aux principes libéraux de la loi fondamentale ( 18 nov.). Opposition du nouveau cabinet à cette union constitutionnelle entre le Slesvig et le Danemark ; le roi ne veut rendre au Slesvig que les Ktats provinciaux consultatifs de 1831 et 1834.

La seconde chambre combat le programme ministériel (26 et 27 nov. ).

— Constitution et représentation nationale , accordées à l'Islande (21 mai). L'assemblée, ouverte le 7 juillet, rejette le projet de constitution ; elle est dissoute.

*:«|>ftgne« — Retraite du cabinet Narvaez ( 1 1 janv. ). Ministère Dravo Murillo, pris aussi dans le parti conservateur , mais moins capable d'en tenir unis tous les éléments. Débat parlementaire sur le règlement de la dette étrangère. Dissolution des cortès (7 avril). Élections favorables. Nouvelle session (1er juin). Le rè-

APRÈS J. G 839

glementde la dette étrangère est enfin voté (juin-août). Loi du règlement de la dette publique ( 1er août).

— Naissance d'une fille de l'infante Luisa Fernanda , sœur de la reine , duchesse de Montpensier (28 août).

— Nouvelle expédition du général Lopez, partie de la Nouvelle- Orléans, contre Cuba (août). Il est pris et pendu à la Havane (Ier sept.).

Ordonnances de réforme pour l'administration de Cuba (Ier oct.). — Concordat avec le saint-siége , publié le 19 oct. — La proposition Olozaga sur l'inviolabilité des députés est soustraite a la discussion parlementaire, comme intempestive ( 1er déc). Suspension de la session le 9.

— Naissance d'une princesse des Asturies, le 20. — L'ancien ministre de Charles IV, don Manuel Godoy, prince de la Paix , meurt à Paris à quatre* vingt-trois ans (oct.).

^tats-i'nls. — Court différend avec l'Espagne au sujet de l'expédition de Lopez contre Cuba(aoûtsept.). — Un chemin de fer unit le Canada à Boston ( sept. ). — Accueil cordial , mais sans caractère officiel , fait à Kossuth , l'ex-chef de la république hongroise (déc). — M. Clay renonce délinitivement à la vie politique ( déc). — Incendie de la bibliothèque du congrès (24 déc). — État du commerce extérieur : importations pour 223 406 272 dollars; exportations, 217 523 201. — Mort de Fenimore Cooper, l'auteur du Dernier des Mohicans, de la Prairie, de tant de romans qui ont fait connaître à l'Europe les Indiens de l'ouest (14 sept.).

France» — Le commandement en chef de l'armée de Paris est retiré au général Changarnier ( 1 0 janv.). Remaniement ministériel, le même jour.

Vote de blâme de l'assemblée contre le cabinet, le 18. Message présidentiel; cabinet de transition, le 24. Nouveau ministère parlementaire, dont les éléments sont empruntés en partie aux cabinets de décembre 1848 et du 30 octobre 1849 : MM. Baroche , Fould ,

Léon Faucher, Buffet, Rouher, Chasseloup-Laubat, Crouseilhes, général Randon , Magne , tous décidés au maintien de la loi du 31 mai 1850; pas de président du conseil (10 avril). Vote favorable de rassemblée, le U.

Loi organique de la garde nationale, discutée en mai.— L'assemblée entre dans la troisième année de sa législature (28 mai) ; la question de révision de la constitution, peut, d'après l'art. 111, être discutée ; mais les trois quarts des voix de l'assemblée actuelle sont nécessaires pour qu'il y ait convocation d'une constituante.

Pétitions diverses pour la révision totale , pour la révision partielle, et la prorogation de la présidence.

Discussion d'une proposition collective de représentants, du 14 au 19 juillet ; elle est votée par 446 contre 278, mais la minorité a cent voix en sus du quart. L'assemblée se proroge du 10 août au 4 nov. — Pendant la vacance parlementaire, vœux de révision, émis par quatre-vingts conseils généraux. Procès politique devant le conseil de guerre de Lyon; trois sentences de déportation ( Un août ).

Arrestation d'affiliés des réfugiés de Londres (1-3 sept.). Plusieurs procès de presse (août-sept. ). Troubles dans l'Ardèche , l'Allier, le Cher, la Nièvre (sept.-oct. ) : ces deux derniers sont mis en état de siège ( 21 oct. ). — Démission du cabinet ( i4 oc t.). Ministère du 26 oct. : MM. Casablanca , Lacrosse , Fortoul , Ch.

Giraud, Thorigny, David, général Saint-Arnaud, le comte Turgot, Lefebvre-Duruflé ; M. de Maupas, préfet de police. — Retour de l'assemblée (4 nov.). Message du président; il propose l'abrogation de la loi du 31 mai, qui est un obstacle à la révision légale, et annonce l'intention de persister dans la politique d'ordre et de résistance à l'anarchie.

Projet ministériel de loi électorale sur les bases de l'abrogation • l'assemblée refuse l'urgence ; elle décide à la majorité de sept voix, 355 contre 348, qu'elle ne passera pas à une seconde délibération, le 13. Rejet

APRÈS J. C

d'une proposition des questeurs pour déterminer le droit de réquisition directe de troupes que la constitution donne au président de l'assemblée , le 17. La loi du 31 mai est battue en brèche dans la discussion sur le titre il de la loi organique d'administration municipale, titre qui traite de l'électorat; mais la majorité d'une voix, 321 contre 320, refuse de réduire à un an, au lieu de trois, le domicile électoral le 29. Le projet de loi organique, élaboré par le conseil d'état, sur la responsabilité du président et des agents du pouvoir exécutif, est l'objet d'irritantes discussions au sein d'une commission , depuis le 22. Application de la loi du 31 mai dans l'élection isolée d'un représentant à Paris ( 1er déc.). — Événements du 2 décembre. Dans la nuit du 1er au 2, arrestation d'un grand nombre de représentants. Décret présidentiel , contre-signé du nouveau ministre de l'intérieur, de Morny : dissolution de l'assemblée ; rétablissement du suffrage universel ; abrogation de la loi du 31 mai ; convocation du peuple dans ses comices du 14 au 21 ; mise en état de siège des départements compris dans la première division militaire; dissolution du conseil d'État. Proclamations du président au peuple et à l'armée; il annonce qu'il va soumettre aux suffrages de tous les citoyens les bases d'une constitution, renouvelée du système du premier consul. Ministère : MM. de Morny, général de Saint-Arnaud , Fould , Rouher, Magne , Casablanca , Fortoul , Turgot, Th. Ducos. Commission consultative où entrent beaucoup de membres de l'ancienne assemblée. Adhésions nombreuses. A la bourse, le cinq pour cent hausse de 2 fr. 10 c. Suppression temporaire de plusieurs journaux. Résistance armée, du 3 au 5, dans plusieurs quartiers de Paris, où commande depuis le 17 juillet le général Magnan. Pas de mouvement à Lyon , où commande en chef le général Castcllane. Dans plusieurs départements émotion vive , et lutte

sanglante, du 3 au 16 ; décrets de mettre à un ensemble de règles gémise en état de siège ; arrestations nérales les propriétés des indigènes très-nombreuses; envoi de commis- et celles des Européens. Progrès du salres extraordinaires : les désordres faux chérif Rou-Baghla, d'abord dans les plus graves sont a Test , dans le cercle de Deliys au delà de Tisser, l'Allier , la Nièvre , la Drôme , les - puis au centre du pays kabyle chez Basses-Alpes , le Var; sur quelques les Maaika, les Guechtoulas, les points, essais de jacquerie. Décret Flissas (sep t. -oc t.) : ces tribus de la qui rend au culte l'église Sainte-Ge- grande Kabylie sont frappées , mais neviève, le 6. Décret de transporta- il n'est pas poursuivi chez les tion à Cayenne ou en Algérie des Zouaouas (nov.). — Sur les côtes du malfaiteurs coupables de rupture de Maroc, à cause d'actes de piraterie, ban, et des membres de sociétés se- dont satisfaction n'a pas été obtenue, crêtes, le 8. Décret pour l'établisse- bombardement de Rabat et de Salé ment d'un chemin de fer de ceinture par le contre-amiral Dubourdicu (26 à Paris, le 11. Crédit pour secours nov.); accommodement le 29, que annuels et viagers, aux anciens mili- ne ratifie pas l'empereur du Maroc, taires de la république et de l'em- — Décret réglementaire sur le serpire , le 14. Interdiction du travail, vice à bord des bâtiments delà flotte sur les chantiers de l'État, le di- (15 août); il sera complété par le manche et les jours fériés, le 15. — règlement du 28 août 1852. — Mort Hausse de toutes les valeurs et reprise des maréchaux Dode de La Brunedes affaires, du 2 au 20déc. — Vote rie , Sébastiani (20 juill.) ; Soult (26 sur le plébiscite du 2 décembre ( 20 nov.); Harispe, âgé de quatre-vingtet 21 déc.) ; recensement général et trois ans, qui a servi surtout en Esprésentation du procès-verbal au pagne; Vaillant, général du génie, prince président, le 31, par la com- qui a dirigé le siège de Rome en 1849, mission consultative, dont M. Baro- sont faits maréchaux (11 déc). — Mort che est vice-président: sept millions de la duchesse d'Angoulôme, à Froshcinq cent mille suffrages donnent au dorf, résidence ordinaire du comte de prince Louis-Napoléon, élu prési- Cham bord, à soixante-treize ans ( 19 dent pour dix ans, tous les pouvoirs oct.).— Le principe de la concession pour faire une constitution conforme dos chemins de fer aux compagnies au plébiscite. — Le cadre d'activité prévaut dans la loi qui concerne la des officiers généraux , et le cadre continuation de celui de l'ouest (13 d'état-major, sont rétablis comme mai ). Inauguration par le président avant les décrets du 28 avril et du 3 de la section de la ligne de Lyon, mai 1848 (20 déc). Modification ap- entre Tonnerre et Dijon ( 1er juin); portée à l'organisation de la gendar- de la section de la ligne de Bormerie, et promotions dans les cadres deaux , entre Tours et Poitiers (t,r d'activité et d'état- major , le 22. juill.). Ouverture de la section d'An- Répartition du territoire en vingt et gers à Nantes (17 août) : plus de laune divisions militaires, supprimée cune entre Nantes et Paris. Mise en après le 24 février 1848, rétablie le exploitation d'une partie de la ligne 26. Dissolution et reconstitution de de Strasbourg , entre Bar-le-Duc et la commission municipale et dépar- Commercy ( 18 nov.). Loi qui autotementale de la Seine, le 27. — En rise le gouvernement à concéder le Algérie, expédition contre la petite chemin de fer de Lyon à Avignon Kabylie, dans le triangle de Milah à ( rr déc ). — Pose de la première Djijelli et à Philippeville, votée par pierre des nouveaux bâtiments de la l'assemblée, accomplie par le général halle centrale à Paris (sept.). — Réde brigade, Saint-Arnaud, du 8 mai ception faite à Paris au lord maire au 17 juillet; il est fait général de de Londres, venu avec la commisdivision. Loi du 17 juin pour sou- sion royale du jury de l'exposition

universelle (2 août). — Conventions littéraires avec le Hanovre (20 oct.) et l'Angleterre ( 2 nov.).— Le capital tle la dette inscrite, qui était au 24 février 1848 de 3 954 085 910 francs, est au 31 déc. de 5709671 728. En quatre années 1848-51, en dehors des recettes et des produits ordinaires, 946 millions de ressources extraordinaires ont été épuisés. — Population : 35 781 821 âmes.

Créée. — La répression de la piraterie est accomplie par des marins français (sept.).

Haïti. — Armistice pour douze mois, entre la république dominicaine et le gouvernement de Portau-Prince, par la médiation de la France et de l'Angleterre ( 22 oct.).

Heu Ionienne*. — Dissolution du parlement, par le lord haut-commissaire, en vertu d'une proclamation de la reine Victoria du 14 nov. (22 déc): le parlement doit se réunir tous les ans, au lieu de tous les deux ans.

Italie* — Dans le grand-duché de Toscane, décret de dissolution générale de la garde nationale ( 24 oct.l Suppression de plusieurs chaires d'enseignement à Pise, pour la théologie, la jurisprudence, l'agriculture.— A Turin , débat porté par les chefs de l'opposition parlementaire, Brofferio et Valerio, sur les affaires ecclésiastiques et les difficultés du gouvernement avec Rome (nov.).

Mexique. — Malheureux état du pays , sous la présidence d'Arista.

Révolution de Sierra-Madre , nom d'un lac et d'une montagne au sud de l'embouchure de Rio -Grande, dans l'état de Tamaulipas : les chefs des rebelles, les généraux Cavales et Carvajal, prennent Camargo , et attaquent Maïamoras (sept. -oct.). Le trésor est vide. Les Anglais réclament avec menace l'acquittement de la dette. Le président propose au sénat de traiter avec eux de la concession d'un passage par l'isthme de Tehuantepec , que sollicitaient dans le même temps les États-Unis

l»er*e.— Le schah Nasr-ed-din

destitue (18 nov.) et fait mourir son premier ministre, Mirza-Tagui-khan, partisan des réformes et mal vu des Anglais. Il n'est pas sauvé par la protection russe.

Portugal. — Mouvement militaire accompli aux portes de Lisbonne, à Cintra, par le maréchal Saldauha, avec le comte des Antas et plusieurs chefs septembristes , contre le ministre Cabrai, comte de Thomar (8 avril ). Le 9. prorogation des corlès au 2 juin. Oporlo se donne à Saldanha. Il reçoit la présidence du conseil avec les départements de la guerre et de l'intérieur, et le commandement en chef de l'armée.

Son entrée à Lisbonne (15 mai); un ministère, le 23 ; convocation de nouvelles cortès pour le 15 sept., à l'effet de modifier la constitution.

Décret électoral très -démocratique (20 juin), désapprouvé par le parti char liste modéré. Remaniement ministériel ( juiil. ). Ouverture des cortès par la reine (15 déc).

Russie. - — Suppression de la barrière des douanes entre la Russie et la Pologne ( Juill.). — Dans le Caucase, soumission de l'audacieux naïb Hadji-Mourad , qui élait sur la rive droite de l'Argoun(20 nov.).— Projet d'expédition contre Khiva, en traversant le pays des Kirghiz, couvert de forts russes, d'Orembourg au lac Aral, dans le temps où la compagnie anglaise des Indes songe à faire de Lahore une capitale de présidence.

Suède et Norvège. — Mouvement communiste en Norvège, dans la province de Drontheim à Lcvangcr (mars), même à Drontheim. Cinquante et un accusés ; condamnation en déc. : le principal chef, directeur d'une société politique, dite ouvrière, est condamné à vingt-sept ans d'esclavage, c'est-à-dire de travaux forcés. Les israélites sont admis par une loi sur le territoire norvégien (sept.).

Suisse. — Mouvement d'insur-

XIXe SIÈCLE APBÈS J. C.

recdon dans le canton de Fri bourg (mars). — Expulsion par le gouvernement de quelques réfugiés français (24 mars, 23 juill.). — Elections générales pour le renouvellement de l'assemblée fédérale qui se compose du conseil national et du conseil des États (fin d'oct. ). Elle se réunit le l*r déc. Quoique le président élu par le conseil national, le 2, ne soit pas du parti radical , les anciens membres du conseil fédéral ou pouvoir exécutif, qui appartiennent tous à ce parti, sont réélus pour quatre ans par les deux conseils législatifs, le 4 ; le docteur Furrer, député de Zurich, est nommé encore président du conseil fédéral. Partage des départements ministériels comme l'année précédente : MM. Furrer, politique; Druey, justice et police; Munzlnger, finances ; Ochsenbein , militaire ; Franscini, intérieur; Frei, commerce et péages; Nœff, postes.— Vote de la loi sur les poids et mesures, calquée sur le système métrique de France ( 12 déc. ). — Expulsion de réfugiés français, le 26. — Le gouvernement du Valais ratifie les ventes, faites le 17 nov. 1850, d'une partie des biens de la congrégation du grand Saint- Bernard; elle proteste (5 oct.).

Turquie. — Débat diplomatique avec la France, au sujet de la possession des lieux saints , que les Grecs réclament pour leur culte avec la protection de la Russie. — Les relations avec l'Autriche sont compromises par la mise eu liberté de Kossulh (Ier sept.). — Différend avec l'Égypte , au sujet du tanzimal , c'est-à-dire de l'exercice du droit de vie et de mort. — Essai de réforme financière. — En Egypte, tracé définitivement arrêté pour le chemin de fer d'Alexandrie au Caire, que construiront des Anglais; il passera à travers le Delta (déc). — Mort de l'émir Beschir, prince du Liban.

— Éclipse de soleil, totale et centrale (28 juill.) , attendue encore , comme au moyen âge , avec crainte dans certains pays, quoique détermi-

née d'avance par la science astronomique.

A lleiiittflinc, Autriche et l» rumine.— La diète renonce a la flotte fédérale, créée en 1848; malgré les efforts du congrès hanovrien, elle doit être dissoute (3 avril), elle cesse d'exister le 3 mai. — Pour préparer les bases d'un traité de douanes qui puisse être soumis à tous les états allemands, congrès à Vienne, ouvert le 5 janvier, clos le 10 avril; protocole final le 22. La Bavière, la Saxe, le Wurtemberg, Bade, les trois Hesses et Nassau se rallient aux principes de l'Autriche, et s'engagent à les appuyer dans le congrès douanier de Berlin : le Brunswick, l'Oldenbourg, Francfort et les villes hanséatiques, qui sont représentées , n'y adhèrent pas. La Prusse n'y a pas eu de députés. Le congrès du zollverein s'est ouvert à Berlin sans plénipotentiaire autrichien, le 19 avril. Les adhérents de l'Autriche, qui forment la coalition dite de Darmstadt, voudraient amener la Prusse à des concessions; elle s'y refuse le 7 juin. Réponse des plénipotentiaires de la coalition, à la Prusse (20 juill.) : ils expriment le vœu de nouvelles négociations qui puissent amener une entente douanière.— Toutes les propositions concernant le Holstein et la question danoise sont acceptées par la diète dans la séance restreinte du 29 juillet : 15 voix contre 2.— En Autriche, décrets destinés à remplacer définitivement la constitution du 4 mars 1849, signés le 31 déc. 1851, publiés le Ier janvier : l'empereur reprend l'ancien titre de majesté apostolique, impériale et royale. Il visite Venise , Vérone , Trieste , la baie de Muggia (28 févr.). Mort du prince de Schwartzenberg, d'apoplexie, à cinquante-deux ans (5 avril): il n'y a plus de ministre-président , l'empereur se réserve la direction suprême; les affaires étrangères sont données à M. de Buol Schauenstein , beau-frère du baron de Meyendorff

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

qui est ministre de l'empereur de Hussie à Vienne. L'empereur visite la Hongrie (juin-juill. ). Traité de douanes avec la Porte ( mai ). Nouveau code pénal et loi sur la presse : pas de journaux sans privilège du gouvernement (2 Juin). Accroissement des revenus publics par les chemins de fer, par la navigation des fleuves; économies dans le service administratif; facile emprunt de trente-cinq millions de florins sur la place de Londres ( juin). — En Prusse, débats législatifs sur la révision de la constitution , du 6 janv. au 28 avril, surtout en ce qui concerne la division en ordres, les fiefs et les fidéicommis dont le rétablissement est demandé, et la composition de la première chambre , que le roi veut transformer en pairie héréditaire.

Message royal (28 avril) : à partir du 7 août, l'article de la constitution relatif à l'organisation de la première chambre sera aboli ; cette organisation dépendra du roi. La proposition du message est rejetée par la seconde chambre ; 181 contre 113 (G mai). Clôture de la session, le 17. Application rigoureuse de la loi sur la presse. Le rétablissement du timbre, qui affecte sur teut les journaux étrangers, sera en vigueur le l*r juillet.

Un seul tribunal suprême pour toute la monarchie , même pour les provinces rhénanes (mars). Population :

16 355 01 1 âmes. — A Cassel , abolition de la constitution du 5 janvier 1831 et de la loi électorale de 1849, par une résolution de la diète (27 mars). Nouvelle constitution octroyée par l'électeur ( 13 avril); ouverture des chambres (6 juill.). Dans le Hanovre et l'Oldenbourg , discussions sur la constitution. A Brème, elle est supprimée par le sénat, d'accord avec un commissaire fédéral ( 29 mars). Dans le Wurtemberg, ordonnance royale pour l'abrogation des droits fondamentaux (2 avril); le 17, retrait du projet de constitution revisée, présenté en juin 1851. Dans la Hesse-Hombourg , abolition , par ordonnance, de la constitution pro-

mulguée le 3 janvier 1850 (23 avril).

En Bavière, un nouveau serment sera prêté par l'armée ( 9 juin ). — Mort du grand-duc de Bade, Charles-Léopold-Frédéric , à soixante et un ans (24 avril) ; avènement de son fils aîné Louis , atteint de maladie mentale ; son second fils Frédéric est corégent. Prorogation de l'état de siège jusqu'au Vr sept. (26 juill.) —Étendue de chemins de fer livrés à la circulation en juin 1852 : 8547 kilomètres.

Amérique du sud et Brésil.

— Défaite de l'armée de Rosas à Santos-Lugares , par le général Urquiza , commandant les troupes du Brésil, de l'Uruguay et de l'Entre- Rios ( 3 févr. ). Rosas s'enfuit sur un bâtiment anglais et arrivera bientôt en Europe. Entrée des vainqueurs à Bnenos-Aircs , le 18; gouvernement provisoire dans cette ville sous la présidence de don Vincent Lopez. Traité conclu à Montevideo, entre le Brésil, l'Uruguay et les États d'Entre- Rioset de Corrientes (avril). — Conférences de San-Nicolas-de-los-Arrayos, sur la frontière du nord de Buenos-Aires , entre les gouverneurs des treize provinces de la république argentine (mai) : Urquiza est élu directeur provisoire jusqu'à la réunion en août d'un congrès général qui doit poser les bases d'une constitution fédérative. Opposition de la chambre des représentants de Buenos-Aires. Urquiza la dissout, suspend les journaux : quelques décrets d'exil, sans actes de violence (23 juin).

— Déclaration de guerre de la Nouvelle-Grenade contre le Pérou et PÉquateur. — A l'Equateur, expédition avortée du général Florès (juill.).

Angleterre* — Projet de loi du ministre John Russel pour l'organisation d'un corps de cent vingt mille hommes de milice locale, sorte de garde nationale non mobile (16 févr.).

Un amendement de lord Palmerston, son ancien collègue, pour rendre le service de la milice général, c'est-àdire pour que les miliciens puissent

XIX* SIÈCLK

être employés sur tout le territoire du royaume-uni , a onze voix de majorité, ie 20. Démission du cabinet. Malgré les antécédents protectionistes des nouveaux ministres, le comte Derby (lord Stanley), ^premier lord de la trésorerie, et M. d'israeli, chancelier de l'Éehiquier, leur programme ne menace pas les réformes de Robert Peel, le 27. Cependant l'ancienne ligue contre la loi des céréales ressuscite à Manchester (2 mars).

Vote du bill de la milice, dans le sens de Palmerston (avril). La taxe du revenu est renouvelée pour une année (mai). Le parlement, qui datait du 18 nov. 1847, est prorogé pour les élections générales (1er juill.) ; la nouvelle session est annoncée pour le 20 août, et le 20 août pour le 21 octobre. Les élections , qui ne sont pas favorables au rétablissement de la protection commerciale , donnent une majorité indécise au cabinet. —Une proclamation royale , qui défend la célébration, en public, avec cérémonies extérieures, du culte catholique ( 15 juin), est l'occasion d'une lutte sanglante en Irlande, à Stockport. — A la mort du docteur Murray, le pape fait passer à son siège archiépiscopal de Dublin* le docteur Cullen, ancien chef du séminaire irlandais à Rome, qu'il avait déjà porté à l'archevêché prlmatial d'Armagh; installation en juillet. — Fin de la querelle entre les ouvriers mécaniciens et leurs patrons (S avril) : le conseil exécutif de la société des ouvriers annule sa circulaire du 24 déc. 1851.— La chambre des lords n'étant pas favorable au traité conclu par le gouvernement avec la France au sujet de l'extradition mutuelle des criminels, en modification de celui de 1843, le projet de ratification est retiré (15 juin). — La guerre continue avec les Cafres sous le nouveau major général Cathcart (mars). — Guerre déclarée aux Birmans (janv. ) : envoi rapide de troupes, de Calcutta et de Madras, par bateaux à vapeur (27 et 31 mars). Conquête de Rangoun et d'Artaban ( avril ) ; Tlrawaddi est remonté. —

APRÈS J. C. 845

En Australie , les colonies abandonnent le travail de la terre pour la recherche de l'or ; émigrations nombreuses des Iles britanniques pour ce pays. — Premier télégraphe sousmarin entre Holy-Head , Ile voisine d'Anglesey , et Kingstown , près de Dublin (juin). — 11 200 kilomètres de chemins de fer sont en cours d'exploitation.— Marine militaire en janv. : à Ilot, 70 vaisseaux, 03 frégates; en chantier, 13 vaisseaux, 8 frégates; 150 bâtiments à vapeur, dont 4 vaisseaux, 5 frégates et 6 corvettes à hélice prêts à armer. — Balance financière de l'année qui finit le 5 avril 1852 : l'excédant des recettes sur les dépenses est de 2 176 996 livres sterl. (54 425900 franrs).— Mort de l'illustre poëte irlandais Thomas Moore, l'ami de lord Dyron (20 févr.).

Belgique. — Elections pour le renouvellement d'une partie du sénat et de la chambre dos députés ( 8 juin) : sur 54 élus, 33 libéraux, 21 cléricaux. Démission du ministère du 12 août 1847, qui ne se sent pas une majorité assez forte (juill.); il reste (août), sauf M. Frère-Orhan , qui quitte les finances. — 851 kilomètres de chemins de fer.

Danemark. — Ordonnance royale du 28 janvier, conforme aux désirs de la Prusse et de l'Autriche : le Slesvig et le llolstein ne participeront pas à la constitution parlementaire de la monarchie, ils n'auront que des États provinciaux distincts et des ministres spéciaux , responsables uniquement devant le roi ; plus de ligne douanière sur l'Eider. Dans les deux chambres du Danemark , projet d'adresse contre la résolution du gouvernement (6 et 12 mars), retiré dans chacune par un ordre du jour motivé, le 13 et le 16. Clôture de la session le 20.— Conférence de Londres entre les signataires du premier protocole, Angleterre , France , Russie , Prusse et Autriche, pour régler la succession au trône (28 avril); désignation de ChristiandeSlesvig-Holstein-Gl'icks-

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C

bourg et des héritiers mâles légitimes (il a quatre enfants) de sa femme actuelle, princesse de Cassel, petitelille du roi Frédéric VI (8 mai) : le principe d'intégrité de la monarchie est reconnu comme permanent.

Echange des ratifications le 19 juin.

La diète germanique adhère à l'ordonnance du 28 janvier ( 29 juill. ).

— Dissolution de la seconde chambre (4 août); nouvelles élections. — Les liens de fraternité se resserrent entre 1rs Scandinaves : une exposition dos beaux-arts et de l'industrie doit avoir lieu tous les ans, alternativement dans chacune des trois capitales ( janv.); elle s'ouvre à Copenhague ((; août ).

ENpagne. — Dissolution de la législature (7 janv.). Ordonnance contre la presse, le 10.— Attentat contre la reine: elle est blessée (2 févr.); exécution de l'assassin , le 7. — Modification du tarif de douanes (2 avril). — Décret très-sévère sur la police de la presse, surtout à l'égard des éditeurs responsables , le 6 : plusieurs journaux cessent de paraître le 4 mai. Le gouvernement conserve cependant la constitution. — La construction du cliomin de fer de l'Êbre à la Bidassoa est concédée à une compagnie (août).

KtatM-lnl*. — Vitesse prodigieuse de la navigation transatlantique, dans la saison d'hiver: VArlic^ parti de New-York le 7 févr. à midi, arrive à Liverpool en neuf jours trois quarts. — Expédition projetée contre le Japon, encore fermé au commerce de toutes les nations. Publication des instructions données le 10 juin 1851 au commodore Perry.

—Des Chinois viennent par milliers travailler et s'enrichir aux mines d'or de la Californie. — Candidats à la prochaine élection présidentielle : le président actuel Fillmore ; surtout le général Scott, désigné par la convention whig de Baltimore, dont une partie est pour le ministre Daniel Webster; le général honoraire Pierce du New-Hampsh ire, adopté par la

convention démocratique ( Juin ). — Mort de M. H. Clay, le plus grand citoyen de la seconde géuératiou américaine (29 juin). — 16 452 kilomètres de chemins de fer. — Marine militaire : 1 1 vaisseaux, 15 frégates, 10 bâtiments à vapeur.

France. — Te Deum à l'occasion du vote du 20 déc.; réceptions aux Tuileries; rétablissement de l'aigle de Napoléon ( Ier janv. ). Les délits de presse seront déférés à la police correctionnelle ( 1er janv. ). La monnaie sera frappée à l'effigie du président, le 3. Décrets de transportation, d'expulsion définitive, ou de bannissement temporaire contre soixante-dixneuf ex-représentants, dont plusieurs étaient prisonniers depuis le 2 décembre , le 9 : beaucoup se retirent en Belgique. Décrets de dissolution et de réorganisation de toutes les gardes nationales, le 11. — Constitution du 14 janvier, donnée en vertu des pouvoirs que lui a délégués le vote populaire , par le prince Louis- Napoléon , président pour dix ans :

8 titres, 58 articles. Elle organise les grands corps de l'État : un sénat, gardien et interprète de la constitution, composé de membres à vie, à la nomination du président; un corps législatif, élu par le suffrage universel pour six ans, que le président convoque tous les ans en session trimestrielle, qu'il peut ajourner, proroger, dissoudre, qui discute et vote les lois sans le droit d'initiative, ni d'amendement; un conseil d'état, à la nomination du président, qui rédige les projets de loi et les soutient devant le corps législatif; une haute cour de justice ; les maires sont à la nomination du pouvoir exécutif ; serment politique. — Création d'un ministère de la police , et d'un ministère d'état (22 janv.): MM. de Maupas et de Casablanca ; modifications ministérielles : MM. Abbatucci aux sceaux , Fia lin de Persigny à l'intérieur, Bineau aux finances. Décrets pour que les biens personnels de la maison d'Orléans soient vendus

XÎX6 SIÈCLE APRÈS J. C.

dans le délai d'un an; pour que ceux qui devaient être réunis au domaine de la couronne à l'avénement du roi Louis-Philippe et dont il a fait donation à ses enfants le 7 août 1830, retournent a l'État, le 22.

Rétablissement des titres de noblesse , le 24. Réunion du ministère de l'agriculture et du commerce à celui de l'intérieur, le 25. Nomination du conseil d'Etat , sous la vice-présidence de M. Daroche, et du sénat, sous la présidence du prince Jérôme, le 25 et le 26. Décret organique pour l'élection des députés au corps législatif : un député pour trente-cinq mille électeurs, en tout 26 1 ; l'Algérie et les colonies ne seront pas représentées ; convocation des collèges pour le 29 (2 févr.).

Décret sur la presse, le 17. Les candidats présentés par le gouvernement passent partout , à cinq ou six exceptions près. Le sénat et les députés sont convoqués, le G mars, pour le 29 : M. Billault est nommé, le 9, président du corps législatif. Un décret règle a l'avance les rapports du président avec le conseil d'état, le sénat, le corps législatif, le 23. — Concession à l'industrie privée des chemins de fer de Lyon à Avignon, de Paris à Lyon (3 et 5janv.). Décret pour l'établissement d'un réseau complet de télégraphie électrique , le 6. Modifications apportées aux commandements et directions d'artillerie , le 15. Rachat des droits attribués à trois compagnies de canaux , le 21. Augmentation des corps militaires permanents en Algérie (14 févr.). Décret sur l'immigration des travailleurs libres dans les colonies (13 févr. et 30 mars). Réorganisation du travail dans les prisons (26 févr.). Décret relatif à l'organisation du crédit foncier, au moyen de sociétés autorisées, le 28. Limite d'âge fixée pour la retraite des magistrats (2 mars).

La banque réduit le taux de ses escomptes de quatre à trois pour 100, le 3; son traité avec l'état, le 4, avantageux pour tons deux. Décret

sur le corps enseignant, le 10. Remboursement de la rente cinq pour cent dans vingt jours, le 5 avril, ou conversion en quatre et demi ( 14 mars) : le cinq était presque stationnaire depuis huit jours a cent cinq environ ; par la conversion , l'état bénéficie de dix-huit millions. Décret organique de la Légion d'honneur, le 17. Fixation, par décret du 18, du budget général, recettes et dépenses, pour 1852. Décret pour l'achèvement du Louvre, le 18. Réunion à la commune de Lyon des trois groupes de population formant l'agglomération lyonnaise, la Croix- Kousse,Vaiseet la Guillotière, le 25.

Décret sur la décentralisation, le 26:

beaucoup d'attributions sont enlevées à l'autorité centrale et aux bureaux ministériels, pour être données aux préfets. Un grand nombre de décrets, les 27, 28, 29 mars : le code civil reprend son nom de code Napoléon , organisation des sociétés de secours mutuels , etc. — L'état de siège , décrété le 2 décembre , est levé le 27 mars. — Ouverture de la session, par le président, aux Tuileries ( 29 mars ) ; mise en vigueur de la constitution. Absence et refus de serment de trois députés, le 30. Dotation du président, fixée par le sénat, à douze millions (1er avril). — Travaux du corps législatif, du 29 mars au 28 juin : des quatre-vingt-quatre projets de loi qui lui sont présentés, deux seulement , faute de temps, ne sont pas votés; vingt-cinq d'intérêt général , cinquante - six d'intérêt départemental ou communal. Lois sur la refonte des monnaies de cuivre (i9 avril); sur la réhabilitation des condamnés (18 mai); sur le règlement des comptes des années 1848 et 49; sur la prorogation du monopole des tabacs; sur le renouvellement intégral des conseils généraux, communaux et d'arrondissement, etc.; sur les interdictions de séjour dans le département de la Seine et dans les communes de l'agglomération lyonnaise (26 juin) ; sur les chemins de fer de Paris à Cher-

XIXe SIÈCLE APRÈS J. C.

bourg , de Lyon à la Méditerranée, de Bordeaux à Cette, le 27 . Le budget pour 1853, discuté du 22 au 28, est voté par 2 1 4 voix sur 2 1 5 présents. Il réclame 1 489 341 358 francs; différence avec les recettes présumées pour 1852 , Gt millions; pour 1853 , 40 millions. Clôture de la session par un mrssage présidentiel. Sénat us-consul te sur l'organisation de la haute cour de justice, voté le 5 juillet, jour où la session du sénat est close. — Nouveau plan d'études pour les lycées (10 avril). — Pour terminer les opérations de la conversion des rentes , 4 403 43G francs de rentes trois pour cent ont été inscrits au grand-livre de la dette, le 27. — A Paris, au Champ de Mars, cérémonie de la distribution des aigles à l'armée (10 mai). — La protestation de la maison d'Orléans contre l'exécution du décret du 22 janvier, qui ordonne le retour à l'état des biens dont Louis- Philippe a fait donation à ses enfants le 7 août 1830, est l'objetd'un débat devant le tribunal de première instance de la Seine, qui se déclare compétent (23 avril). Le gouvernement élève le conflit, le 28. Arr£t du conseil d'état, qui déclare que l'exécution et les effets du décret , acte politique et de gouvernement, ne peuvent être soumis à l'appréciation de l'autorité judiciaire (19 juin). — Nomination des maires dans toutes les communes; élection par le suffrage universel des conseils généraux, municipaux et d'arrondissement, décrétée le 7 juillet.— Modification du cabinet (28 et 30 juili.) : MM. Drouyn de Lhuysaux affaires étrangères, Magne aux travaux publics, Fould au ministère d'état ; M. Baroche , viceprésident du conseil d'état , prend rang au conseil des ministres.— Évacuation complète du bagne de Rochefort, tous les forçats ayant été déportés à Cayenne (juillet). — Pose de la première pierre pour l'achèvement tfu Louvre (25 juillet). — Rentrée en France, permise à quinze des personnes frappées par les décrets du 9 janvier (7 août}.— Fête de l'anniver-

saire de la naissance de Napoléon, le 15. — Inauguration des deux dernières sections du chemin de fer de Paris à Strasbourg, entre Commercy et Nancy le 17 juin , entre Nancy et Sarrebourg, pour compléter la ligne jusqu'à Strasbourg, où vient le président à cette occasion, le 17 juillet.

Concession à une compagnie du che.

min de fer à construire de Bordeaux à Cette, , avec embranchements sur Rayonne et sur Perpignan (22 août).

Vingt et une lignes sont achevées, sept en partie exécutées et exploitées. — La convention de commerce du 13 déc. 1845 avec la Belgique expire le 10 août; une nouvelle, conclue le 22, fait quelques dégrèvements de tarif, et consacre la garantie réciproque de la propriété littéraire.

— Contrat entre la compagnie maritime des messageries nationales qui fait le service de la Méditerranée et la société du Lloyd autrichien.

— Difficultés commerciales avec les lies Sandwich , comme l'atteste le discours du roi des lies à l'ouverture de son parlement (13 avril). — Marine militaire au Ier janv. : à flot, 25 vaisseaux et 38 frégates ; en chantier, 21 vaisseaux et 18 frégates; 108 bâtiments à vapeur, dont 3 vaisseaux, i frégate, 2 corvettes à hélice prêts à armer. — En Algérie, soumission de quatre-vingt-douze délégués des dix-sept fractions des Zouaouas, tribu du Djurjura, dans la grande Kabylie (avril). Travaux de route, par les troupes, dans la Kabylie centrale.

Agitation, à Test et au sud, toujours entretenue par de prétendus se h é ri f s, Bou-Barghla , Bou-Séba. ■ — Mort du maréchal Marmont à Venise (mars ).

— Mort des maréchaux Gérard (17 avril), Exelmans (juill. ); des érudits Walckenacr (27 avril) et E.Burnouf, orientaliste (28 mai); du sculpteur Pradier (5 juin ).— Fouilles heureuses faites au pied de l'Acropole, par un membre de l'école française d'Athènes (28 mai).

Grèce. — Agitation religieuse, parce que le gouvernement reconnaît,

XIXe SIÈCLE

par un traité récent , la suprématie du patriarche de Constanlinople, répudiée depuis la proclamation de l'indépendance. Le moine fanatique Christophoros Papoulaki soulève le Magne (pays des Malnotes), dans la Morée. Les députés adoptent à l'unanimité le projet de loi sur l'organisation et les attributions du saint synode, présenté le 16 juin. Le moine est pris (juill.). — Mort de L. Conduriotis, Hydriote fameux dans la guerre d'indépendance.

Hollande. — La seconde chambre discute l'impôt sur les rentes et les capitaux (mars) ; combattu, il est retiré par le gouvernement. — Marine militaire : 7 vaisseaux, 7 frégates, 26 bâtiments à vapeur.

Ilea Ionienne*. — La langue grecque est déclarée , au lieu de l'italien, la langue officielle (janv.).

Italie. — A Naples , retraite du président du conseil , le vieux marquis Fortunato (20 janv.); la présidence passe à M. Ferdinand Troia.

Heureuse administration de la Sicile sous le général Filangieri , depuis 1849; percement de roules; règlement favorable à l'acquisition de biens de mainmorte par des particuliers. — A Turin , vote du traité de commerce avec l'Autriche (11, 27 janv.). Le budget de recettes et de dépenses est pour la première fois fixé par les chambres (janv.). Loi sur la presse ( 25 févr. ). Clôture de la session, le 28. Modifications ministérielles : MM. Galvagno au sceau et aux cultes, Cavour aux finances avec la marine, qu'il avait déjà; il n'y a plus de ministère d'agriculture et de commerce. Troubles en Sardaigne, à Sassari , état de siège (févr. -mars). Nouvelle session, 4 mars. Le roi est autorisé à exécuter le irai té de commerce et de navigation conclu le 14 février avec la France (9 avril). Mort de M. Pinelli, président de la chambre des députés, le 23. M. Ratazzi, candidat des libéraux avancés, est élu à sa place

APRÈS J. C. 849

(12 mai). Crise ministérielle, recomposition du cabinet, toujours sous la présidence de M. d'Azeglio, sans M. Cavour le représentant de la gauche, le 22. A la chambre des députés , vote de l'impôt personnel et mobilier, 1 1 mai ; de l'impôt foncier en Sardaigne, 22 juin ; de la loi qui concerne le contrat civil de mariage, 6 juillet. Le sénat n'a pas encore discuté cette dernière loi.— En Toscane, abolition du statut fondamental et de la garde civique (G mai) : le conseil d'élat est maintenu, mais séparé du conseil des ministres. Cependant le marquis Boccella , chef du parti absolutiste , est écarté du ministère (juill.). — En Italie, 725 kilomètres de chemins de fer.

Portugal. — La discussion sur le projet de réforme de la constitution ne commence aux cortès que le 10 mars. Crise ministérielle : les cortès, quelque temps suspendues, votent enfin l'acte additionnel de la charte constitutionnelle; le prince, royal prèle serment à la constitution (8 juill.). Les députés n'approuvent pas tous les décrets rendus par le ministère Saldanha pendant sa dietature, le 20. — Dissolution du parlement; budget des recettes et des dépenses pour 1852-53 , publié par ordonnance royale (août). — Concession à une compagnie de la construction du chemin de fer de Lisbonne à la frontière d'Espagne (11 août).

Runule. — Les fils de propriétaires nobles, dans les gouvernements de la Lithuanie autrefois polonaise, sont obligés de prendre du service dès l'âge de dix-huit ans (mai). — Le czar voit l'empereur d'Autriche à Vienne, le roi de Prusse son beaufrère a Potsdam (mai). — 320 kilomètres de chemins de fer. — Marine militaire : 43 vaisseaux, 48 frégates, 24 bâtiments à vapeur.

Suède et Norvège. — Sectes étrangères au christianisme dans le Fin mark norvégien (janv.). — Banque de crédit foncier à Chris-

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tiania. à l'instar de celles de Prusse

(janv.).

*til«»e. — Nouvelles ventes des immeubles de l'hospice du grand Saint -Bernard , ordonnées par le gouvernement du Valais (7 mars). — Due loi du grand conseil du Tessin supprime les corporations religieuses et confisque leurs biens (juin). — Votes, ou manifestations politiques, qui mettent en minorité le parti démocratique, à Berne le 18 avril, à Fribourg le 24 mai, dans le Valais le 20 juin.- — Les plus modérés des sept membres du conseil fédéral, MM. Naeff et Frei, sont élus, parles deux chambres réunies , président et vice-président de la confédération pour 1853 (23 juill.). — Réseau du télégraphe électrique reliant Genève, Lausanne, Berne, Bâte, Zurich, Saint-Gali, Coire (2 août).

Turquie. — Du 20 janvier au G mars, disgrâce momentanée de

Reschid-pacha ; il redevient grand vizir. — Solution de la question des lieux saints, engagée depuis quelque temps avec la France (janv.); de l'affaire du tanzimat , engagée avec le vice-roi d'Êgypte, au sujet de l'exécution des sentences capitales (avril -mai) : heureuse mission de Fuad-effendi. — L'impôt sur le revenu et le recrutement devient des occasions de désordres. Brigandages impunis daus la Syrie (mai-juin). — Restriction mise à la liberté presque illimitée dont jouissaient les imprimeurs étrangers à Constantinople (mai). — A la suite de nouveaux différends avec la France , changement de ministère ; Aaly-pacha devient grand vizir, Fuad-effendi lui succède aux affaires étrangères (S août). — Satisfaction donnée à la France sur l'incident de Tripoli.

— Dans tous les pays , développement de la télégraphie électrique.

LISTE CHRONOLOGIQUE

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