‹ Chut! Comédie-vaudeville en deux actesChapitre 11 sur 30 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

POTEMKIN, puis LADISLAS, qui rentre par la gauche.

POTEMRIN. Et maintenant, grâce au ciel, je crois que mon jeune Polonais est mal dans ses affaires.

LADISLAS, apercevant Potetnkin. Ah! je vous retrouve enfin.

rOTEMRlN, à part et riant. C'est lui... je ne suis pas lâché de la rencontre.

ladislas. Savez-vous , mon cher ami , que vous êtes diablement indiscret?

POTEMRIN. En quoi donc?

ladislas. Comment! j'ai confiance en vous, parce que je vous regarde comme un ami... je vous parle de ce qui m'intéresse, de mes projets, de mes espérances., et vous allez les raconter à tout le monde?...

I'OTEMKIN. Moi!

ladislas. Il faut du moins que vous en ayez causé avec des personnes de la cour... car c'est arrivé jusqu'aux oreilles de Catherine... qui connaît tous les détails comme si elle les tenait de moi.

potemrin. Il est possible, en effet, que j'aie confié à un ou deux amis...

ladislas. Qu'est-ce que je disais?...

voilà de ces gens qui ne peuvent se taire.!... Et savez-vous ce qu'a produit votre indiscrétion?... c'est que mes affait'es allaient à merveille ; j'avais été accueilli par la comtesse , qui ne se doutait de rien ; j'allais obtenir cette place que je désirais... et puis, une fois mes projets connus, tout a été renversé.

POTEMiiix. J'en suis désolé.

ladislas. Je m'en doute bien!... vous n'y avez pas mis mauvaise intention ; mais il n'en est pas moins vrai que la comtesse m'a banni de sa présence...

potemrin. Voyez-vous cela !

ladislas. Et m'a défendu de jamais me présenter à ses yeux.

POTEMRiN. Ce qui vous a désespéré?...

ladislas. Certainement ! . . . d'abord ;

mais maintenant j'en suis enchanté... parce que, grâce à cet incident, mes affaires vont mieux que jamais!

potemkin. Que me dites-vous là?... et comment se fait-il?...

ladislas. A d'autres! on ne m'y prend pas deux fois. J'ai pu vous confier mes projets... cela ne nuisait qu'à moi; cela ne pouvait la compromettre!... mais maintenant c'est bien différent.

POTEMRIN , avec inquiétude. Il y a donc quelque chose?... quelque espoir?...

ladislas. C'est possible!...

POTEMRiN. Vous avez donc obtenu?...

ladislas. Je ne dis rien... vous m'avez donné une leçon dont je profite,., je ne vous en veux pas, au contraire ; et pour vous le prouver , dites - moi , mon cher ami , comment vous nomme-t-on ?

POTEMRIN, avec embarras. Mais... mon nom...

ladislas . Vous pouvez bien me le dire. . , vous qui dites tout...

potemrin. Mon nom... est Gregorief.. ,

ladislas. Militaire... à ce que je vois;

POTEMlilN. A peu près... sous-intendan aux charrois de l'armée...

LADISLAS. Eh bien!... mon cher Gre gorief... qui êtes sous-intendant, pouf vous prouver que je n'ai pas de rancune... si je peux vous être utile, si par le crédit de la comtesse Braniska, je puis voua faire nommer intendant en chef... comptez sur moi! je ne vous dis que cela!... vous verrez que je n'oublie pas mes amis.

POTEMRIN , avec impatience. Un mot seulement. . .

LADISLAS , vivement. A la condition par exemple , que cela vous servira aussi de leçon, et qu'à l'avenir vous serez plus discret...

POTEMRIN , avec colère. Par saint Nicolas!...

LADISLAS. Pour commencer... faitesmoi le plaisir de vous en aller... car la voici... elle vient de ce côté... et j'ai à lui parler. . .

POTEMRIN. Vous!...

ladislas. Eh! oui, sans doute!... partez donc !

POTEMRIN, à part. C'est Uop fort... et, à tout prix, je veux savoir ce qui en est... (Ht sort par le bosquet à gauche.)

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