‹ Cieculaire [sic] au clergé [microforme]Chapitre 1 sur 1 · Cieculaire [sic] au clergé [microforme] · texte numérisé non relu

Cieculaire [sic] au clergé [microforme]

J'apprends que l’on fait circuler, dans la ville etles campagnes, une brochure en anglais intitulée: Le Compagnon Médical de la Femme mariée. C’est l’ouvrage d’une société, à New-York, qui emprunte le nom du Dr. A. M. Mauriceau.

Dans cette infâme brochure, on s’étudie à montrer que, dans un grand nombre de cas,on peut,on doit même fœtum destruere, pour prévenir la grossesse. On y encourage le libertinage, en enseignant au libertin à se préserver de toute maladie vénérienne, et à la prostituée à empêcher la conception. On y favorise l’onanisme, en apprenant aux gens mariés à empêcher la famille. Enfin, il n’est rien de plus infernal que ce livre immoral. 1] fait horreur à nos honnêtes protestants, qui le mettent au feu.

Ce qui m’engage à vous donner aujourd’hui l'éveil, sur cette production horrible, c’est la crainte bien fondée qu’on ne parvienne à lui donner ici une grande circulation. Car, c’est un fait que le bureau de poste de Montréal ‘en est encombré, et qu’on l’expédie dans nos campagnes, à beaucoup de

personnes dont on s’est procuré l'adresse ; ce qui prouverait assez qu’il y aurait entente quelque part pour le répandre. Un autre fait encore plus alarmant, c'est que chaque malle porte au prétendu Dr. Mauriceau grand nom-

-bre de lettres, pour lui demander sans doute le grand ouvrage et les remèdes indiqués dans sa brochure, et lui en envoyer le prix. Tel est le monstre que jai dû d’abord vous dépeindre, pour que vous puisssiez le bien connattre,et dont nous devons maintenant tàcher d’écraser la tête, avant qu’il s’insinue plus avant dans le sein de nos familles,

Mais ici fourmillent les difficultés. Comment en effet parler de matières aussi délicates? Comment s’exposer à donner l’idée de tant d’horreurs à des âmes innoveutes;qui n’en ont pus inôême le soupçon? Comment aussi s’exposer à initier à d'aussi affreux secrets des jeunes gens, qui pourraient bien être tentés d’en abuser ? C’est ce qui me glace d’effroi. D’un autre côté, comment laisser périr des milliers d’âmes à qui ce livre va enseigner à commettre un péché,que nulle bonne foi ne saurait excuser ? Car l’enfer est pire que tout cela: et il n’est que trop certain que les âmes impures y tombent en aussi grand nombre que les flocons de neige, dans nos mauvais Jours d'hiver. I1 nous faut donc à tout prix préserver notre troupeau de cette peste,

Tout se réduit à retirer cet ouvrage des mains du peuple, dans les lieux où dejà il est en circulation; ou à empêcher qu’il ne pénêtre dans ceux où heureusement il est inconnu, en usant d’une telle prudence que l’on ne fournisse pas occasion à la curiosité de faire des recherches sur la nature de ce livre. Il suffit pour cel, availler à donner une grande horreur de tous les mauvais livres qui diuonraani plus que Jamais, circulent dans le monde, et à veiller à ce qu'aucun ne $oit gardé duns les maisons particulières. A gette fin, voici l'annonce que voùs ferez au prône, et que vous renouvèlerez autant de fois que vous le jugerez néggssnire.

# Monseigneur l’Evêque de Montréal m'ordonne de vous défendre de “ recevoir, lire, garder, prêter, pour quelque raison que ce soit, ces livres que ‘“ colportent en tous lieux ou qu'envoient par la Poste, des gens sans aveu, ‘pour empoisonner le pays de leurs doctrines contraires à la foi ou aux “mœurs. Plusieurs de ces livres sont si dangéreux, que lon tombe en les “ lisant dans un cas réservé, dont l'évêque seul peut absoudre, Vous pouvez

“ juger par là de la grandeur du mal que l’on commet en lisant ces livres “corrompus. Mgr l'évêque prend de là occasion de vous recommander de ‘ noûveau de former une bibliothèque paroissiale, qui renferme tous les bons # livres dont vous pouvez avoir besoin, pour apprendre à être toujours de bons “ chrétiens et de buns citoyens.”

Je me réserve pour un tems indéterminé, l’absolution du péché que commettraient ceux qui garderaient, liraent, prèteraient, ou feraient circuler d’une manière quelconque le Compagnon Médical de la Femme mariée, cidessus mentionné.

Us:z de tous les moyens en votre pouvoir pour que toute espèce de brochures ainsi interdites, vous soient apportées, pour être mises tout de suite au feu. 11 vous sera possible, je crois, de retirer de votre bureau de poste le dit ouvrage, chaque fois qu’il y sera adressé pour quelques uns de vos paroissiens, en vous faisant, pour cela, donner par eux une autorisation particulière ou générale, 11 serait bon de vous entendre avec vos médecins, pour qu’ils vous viennent en aident, dans l’accomplissement de ce devoir qui intéresse la société, comme la religion. Il leur est facile de mettre la main sur ces ‘sortes de livres, quand ils font ia visite de leurs malades. Vous ne manque-

rez pas de faire vous-même la visite de ces livres, chaque fois que vous en aurez occasion,

. Vous recevrez, avec la Présente, la collection des règles de la Société * de Tempérance, pour vous aider à lafaire fonctionner utilement. Votre zèle vous inspirera tous les moyens à prendre pour organiser celle qui est'établie dans votre paroisse, et pour la mettre en rapport avec le Conseil Central de Montréal. Le tems pascal, qui est si riche en grâces, est pour cela des plus favorables.

Je profite de l’occasion, pour vous prier de vouloir bien faire tenir à M. Plamondon, si déjà vous ne l’avez fait, le quartier de votre souscription pour J’Evéché, échu au printems. Le Synode diocésain qui doit se tenir prochainement, nous oblige à faire d’‘avance des préparatifs qui exigent certaines dépenses auxquelles le clergé a bien voulu s’associer. Il faut aussi rencontrer certains paiements pour lesquels on a dû compter sur ses souscriptions dont le chiffre n’est pas moins de £5000, sur lesquelles £1500 sont entrées. La générosité avec laquelle it s’est impusé dans ecttw occasion, m’impose un devoir de le tenir au courant de cette œuvre.

Vous voudrez bien aussi envoyer au plus tôt à la même adresse, les aumônes que vous auriez recueillies pour l’Œuvre de la Propagation de la Foi.

Je suis bien cordialement, Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

Page 1