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Mètres de Nouveautés

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2e Année. — N° 47

\\-\l Juillet 1909.

Organe Hebdomadaire de l'Industrie Cinématographique Directeur : G. DUREAU

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Le Cinématographe

et l'Eglise Catholique

Beaucoup de gens, même parmi ceux qui ont une connaissance professionnelle de la cinématographie, se refusent encore à croire à la vertu éducative delà projection animée. On taxe volontiers d'esprit aventureux ceux d'entre nous qui défendent par la plume ou par la parole le cinéma scolaire ou le cinéma

au régiment. Je me suis personnellement heurté au scepticisme de nombreux parlementaires et de plusieurs officiers à qui j'exposais l'intérêt de conférences cinématographiques dans l'armée. Quant aux œuvres postscolaires pourtant animées d'un zèle ami du progrès, elles n'entrent qu'avec une déplorable lenteur dans cette voie fertile et aisément praticable.

Seul, le monde catholique semble avoir bien compris les infinies ressources de la projection au point de vue de l'éducation confessionnelle et de la propagande. Qu'il nous soit permis de citer ici, sur le terrain de la plus complète neutralité, les lignes suivantes signées de notre excellent confrère M. Coissacdu Fascinateur. Elles montreront l'effort accompli, de l'autre côté des Alpes, par les associations de projectionnistes catholiques et seront peut-être pour certains un noble motif d'émulation.

Le 29 avril dernier, la Société Émilienne pour la propagande religieuse par les projections ouvrait à Bologne son Assemblée générale sous la présidence de son viceprésident, M. Alfonso Manaresi. Après avoir exprimé les regrets de Mgr Délia Chiesa, retenu par un empêchement, et qui, en témoignage du profond intérêt qu'il porte à l'œuvre, a bien voulu s'inscrire au nombre de ses bienfaiteurs et lui faire une généreuse offrande, M. Manaresi donna la parole au secrétaire, M. le chanoine Romano Costetti, pour un rapport sur la situation morale de la Société.

Nous voudrions reproduire ici, sinon le

compte rendu in-extenso de cette journée, du moins le rapport de M. le chanoine Costetti; il montrerait aux projectionnistes catholiques français, et surtout aux associations diocésaines, combien leur exemple a été fécond en résultats de l'autre côté des Alpes et quel avenir prospère attend d'ici très peu de temps leurs collègues de là-bas.

Rappelant combien peu avantageusement la projection et le cinématographe s'étaient jusqu'ici fait connaître en Italie — nousmème l'avons mentionné ici à la suite de plusieurs confrères, de l'Echo de Paris, entre autres — 7/ Vessillo lilanco se plaignait, le 12 juin dernier, que véritablement l'Italie avait fait beaucoup trop peu pour la propagande catholique par les diapositives et les pellicules, et qu'il était grand temps d'imiter les catholiques français en organisant des associations diocésaines similaires aux leurs; le compte rendu de l'Assemblée générale de la Société Emilienne arrive à point pour rassurer notre confrère et faire augurer d'un prochain et puissant mouvement général de la projection catholique en Italie.

La Société Emilienne date d'un an à peine

— les bases en ont été jetées le 16 mai 1908,

— et déjà ses membres actifs sont au nombre de 86, dont 51 dans le diocèse de Bologne, 22 dans les Romagnes, 7 dans l'Emilie, et le reste çà et là dans la région. Elle a, en outre, 8 membres honoraires, dont la cotisation annuelle est de 50 francs, et possède d'ores et déjà 50 séries religieuses et 20 récréatives; pendant son court exercice de l'an dernier le nombre des conférences données par l'Œuvre a été d'environ 600, et les envois de vues ont atteint un chiffre correspondant.

Nous ne suivrons pas M le chanoine Costetti dans son très intéressant rapport, nous dirons seulement que, dans son ensemble, le premier Congrès de la Société Emilienne a acquis l'importance, comme organisation et comme résultats, de nos Congrès généraux de conférences et de projections : le matin, rapports et discussions, modifications aux statuts, renouvellement du Conseil; l'après-midi, expériences pratiques sur les appareils et les sources lumineuses. La Société Emilienne, dès sa première année, s'est classée parmi les orga-

nisations les plus sérieuses et les plus florissantes, à tel point que pendant quelque temps elle a présenté les caractères d'une œuvre nationale, fournissant aux demandes de la Toscane, de la Vénétie et des Marches. La création de Sociétés similaires dans la contrée la ramènera sans doute au but local que s'étaient proposé ses fondateurs; mais comme nous l'écrivions le 1er avril, elle n'en aura pas moins l'honneur d'être l'initiatrice du mouvement projectionniste en Italie; c'est, selon l'expression déjà citée de son secrétaire, « un chêne robuste qui étend ses racines au delà de son propre terrain et qui en voit sortir de nouvelles pousses destinées à devenir des arbres indépendants ».

De nombreuses pousses sorties du tronc de la Société Emilienne ou suscitées par son initiative, nous en avons mentionné plusieurs : l'une dans l'Onibrie, fondée, elle aussi, par un Bolonais, don Auguste Busacchi; une autre en Toscane; une autre clans les Marches, sans compter la Familiu, de Venise, dirigée par Mgr Apollonio, archiprêtre de Saint-Marc, qui s'occupe plus spécialement de cinématographe; on ébauche en ce moment, nous écrit de Turin M. l'abbé Musso, une fédération des Œuvres diocésaines d'Italie. Le premier numéro de son organe officiel, Luce et Verbo, vient de paraître, et nous devons à l'obligeance de M. Musso, qui a bien voulu nous en adresser les toutes premières épreuves, de pouvoir donner ici quelques renseignements sur la Societa lialiana Ciuemaloçjrafica « Uiulas », dont le siège central est à Turin et qui a déjà une filiale à Milan (1).

Voici, d'après M. Musso lui-même, comment l'Œuvre a débuté :

« .l'ai fondé, écrit-il, l'Œuvre des projections de Turin en recrutant, dans plusieurs diocèses du Piémont, environ quatrevingts abonnés. Avec les cotisations de 10 francs et avec des actions de fondateurs (500 francs), entre autres du cardinal Ri-

(1) Le but et les staluls de la Société Unilas, que publie Luce cl Verl/o de juin, sont établis sur le modèle de la plupart de nos associations diocésaines, avec, bien entendu, les variantes nécessitées par les divers milieux.

chelmy, archevêque de Turin, on s'est pourvu du nécessaire à la Bonne Presse, et l'Œuvre a commencé à fonctionner régulièrement au mois de décembre. »

Au mois de janvier suivant, de concert avec un excellent catholique, M. Luigi Capello, M. l'abbé Musso réussi à acquérir la Société italienne cinématographique dont nous avons parlé plus haut; on y ajouta, en prévision de la Fédération, le titre Unitas et le capital, de 70,000 francs au début, vient d'être augmenté de 50,000 francs.

Dans ces derniers mois, de nombreuses tournées de propagande ont été faites dans plusieurs diocèses ; les organisateurs de l'Œuvre, qui ont établi définitivement une filiale à Milan et qui sont sur le point d'en fonder dans deux ou trois autres centres, ont été très bien accueillis. Partout on s'intéresse vivement à l'idée, et un mouvement pratique se dessine. A Biella, une Œuvre diocésaine vient d'être fondée, avec, dans le diocèse, cinq postes complets de projections et de cinématographe ; d'autres sont en bonne voie à Florence, à Lucques, à Orvieto, à Fano, à Gubbio, à Pistoie, à Brescia, etc., etc.

A Turin, nous écrivait le 31 mai, M.

l'abbé Musso, les prêts de vues et de films augmentent chaque jour, ainsi que la vente d'appareils combinés pour ciné et projections. L'écran Janus est fort apprécié, et tous les dimanches, les opérateurs de l'Œuvre vont en tournée dans les paroisses du Piémont. Le bulletin Luce et Verbo augmentera le travail d'une manière énorme, mais les organisateurs sont vaillants et ne regimbent pas à l'ouvrage.

De son côté, la filiale de Milan, sous l'in telligente direction de M. le chanoine Pantalini, travaille non moins fort. : prêt de vues, vente d'appareils, location de films, conférences, propagande spécialement par les journaux, « qui ne sont pas, comme à Turin, enchaînés par les imprésarios de la réclame ».

Mentionnons également que la Société Unitas a pris tout dernièrement, au cours du pèlerinage italien à Lourdes, un film de 300 mètres qu'ele va mettre incessamment dans le commerce.

Enfin, par la réclame, par des articles à paraître dans plusieurs journaux allant dans presque toutes les paroisses, par des tournées, des voyages, par des Congrès régionaux en Lombardie et en Piémont, dans 1 Emilie et la Vénétie, par le bulletin Luce el Verbo, conçu et rédigé sur le modèle du Fascinateur, dont les 10,000 exemplaires pénétreront dans toutes les paroisses, collèges, etc., la Société Unitas se propose d'organiser une propagande qui ne tardera pas à faire de l'Italie un centre intense d'enseignement et d'éducation par l'image.

Nous demandons pardon à nos lecteurs de nous étendre aussi longuement sur le développement actuel des projections chez nos voisins; la chronique de nos Associations diocésaines nous laissant un peu de place en ce moment, nous ne pouvons guère mieux l'employer qu'au récit des prouesses de leurs sœurs d'outre-monts; nous continuons donc par la Société Fides et Patria, de Cunéo.

C'est avec une conférence de Lourdes que l'Œuvre a débuté à Cunéo, peu après le

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