SOIREE SYNDICALE
Jeudi soir 28, a en lien la grande représentation cinématographique organisée au profit de la caisse des secours du Syndicat des opérateurs de France. La salle du Cinéma-Théâtre Voltaire, 146, rue de Charonne, une des plus vastes de Paris, contenait difficilement un ipublic énorme et enthousiaste. Un certain nombre de loueurs de films, de repré-
sentants des éditeurs et diverses personnalités du monde cinématographique témoignaient par leur présence de l'intérêt qu'ils portent au Syndicat.
Le programme, exécuté sans une faiblesse, avait été composé avec beaucoup de goût. Il a l'ait tout à la fois honneur
aux éditeurs et aux loueurs — qui l'avaient
généreusement offert — et plaisir aux spectateurs.
Nous ne pouvons mieux faire que de le publier ici dans son entier.
PROGRAMME
La Princesse Nicotine, Scène à trucs, offert par la VITAGRAPH, de Paris; Vendée, Drame, offert rar M. AUBERT, agent à Taris de la VESU- VIO-F1LMS ; Le Râtelier, Comique, offert par la Maison GAUMONT ; Falaises de Mœn, superbe Vue offerte par CINEMA FIX. ;iccompagnée par M. RORERTS, baryton ; Le Drame de Villesauge, d'après le roman de Paul de GARROS, offert par la Maison ECLAIR ; La Sorcière, offert par la Compagnie des Films LE LION ; L'Eau Merveilleuse, Comique, offert par la Maison GAUMONT — Entracte. — Dans les Gorges de l'Atlas, attaque d'une diligence par les Kabyles, offert parla Maison ECLAIR ; Le Beau Florinde, Comédie époque Louis XV, offert par la CINÈS ; Néron, Drame historique, offert par M. RREMOND ; Rio Pittoresque, jolie vue de plein air, accompagnée par M. VOISIN, ténor ; En se trompant de Chapeau, Comique, offert par la Maison GAU- MONT ; Bonsoir. — Partie Concert : M"" Léa GIRAUD, MM. PERRIN et DRABAT, — Conj 'é rencier : M. A. MARQUET. — Chef d'O relies Ire : M. FOUILLET.
Nos compliments aux organisateurs cl bravo pour le Syndical.
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La Vision à distance
L'aviation semble avoir acajparé pour elle seule, l'attention du public.
Les projets d'intercommunication avec Mars, la découverte (?) du Pôle Nord, le baissent froid, ce qui à la rigueur se comprend.
Mais on a peine à s'imaginer que l'annonce de la solution d'un problème comme celui de la Télévision, soit passée inaperçue !
L'un de nos plus distingués agents de brevets, j'ai nommé M. Armengaud jeune, avait conçu, puis expérimenté un appareil pour la Télé-Cinématograpbie.
Nous savons quel temps demande la mise au point des conceptions les plus simples. Mais sans nouvelles de l'invention, nous craignons que M. Armengaud, aussi fervent apôtre du plus lourd que l'air, n'ait abandonné le troublant problème de vision à distance, pour le sport né d'hier : l'aviation. Ce serait vraiment regrettable.
Voici que de l'autre côté' du Rhin, le professeur Rubmer, dont les travaux sur le Sélénium sont bien connus, annonce qu'il a réussi et se propose d'en faire la démonstration en grand à l'Exposition Internationale Belge de 1910.
Voici sur quels principes est basé l'invention :
Etant donnée une image formée de noir et de blanc et de toute la gamme
des mélanges de ces deux couleurs (i), on peut toujours décomposer cette image en de multiples points clairs, ou obscurs.
Les imag-es phototypiques tramées ne sont pas autre chose. Elles sont représentées, suivant la trame employée, par une moyenne de seir' points par millimètre carré. C'est Stil' ce principe de décomposition d'une image en ses ipoints élémentaires, qu'est basée l'invention du professeur E. Ruhmer.
L'appareil de démonstration qui fut présenté le 26 juin 1909, se compose de 25 éléments, ou points, représentant la quatre-centième partie superficielle d'un appareil définitif.
•Comme pour la télépbotographie, le système comporte un poste émetteur et un poste récepteur reliés entre eux par une ligne électrique.
Avec un appareil de iprojection, on projette l'image agrandie à transmettre, sur la surface préparée de l'émetteur.
Cette surface est composée d'une série de petits éléments en Sélénium.
Mettant à profit la propriété bien connue du Sélénium, d'être plus ou moins conducteur suivant qu'il est iplus ou moins éclairé, chaque élément ou cellule, laisse passer un courant plus ou moins intense suivant qu'il est ou non éclairé.
(1) Couleur étant pris ici au figuré, puisque le blanc est la réunion de toutes les couleurs du iprisme et le noir l'absence de lumière.
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C'est ce courant qui illumine telle ou telle petite lampe correspondante, dont est composée la surface du récepteur.
Ce dispositif est, en somme, fort simple, par contre, par la répétition des éléments en Sélénium et des lampes correspondantes à chaque élément, le montage en est fort long et coûteux.
On en aura une idée, puisque le coût de l'appareil définitif, comportant dix mille cellules, est estimé par l'auteur à cinq millions de marks.
Le point intéressant et qui a rendu possible la conception d'un tel appareil, c'est d'avoir anihilé l'inertie bien connue du Sélénium.
Ce résultat est acquis de telle façon que l'auteur pense' pouvoir transmettre des sujets en mouvements.
Il nous sera permis sur ce point de faire nos réserves. Car si l'inertie du
Sélénium est détruite, il restera celle des lampes.
Une lampe à incandescence électrique, si" petite sôit-elle, ne s'illumine et ne s'éteint pas instantanément.
Réservons donc les projections mouvementées pour nous en tenir aux vues fixes. Ce sera déjà un joli résultat !
Ce que nous ignorons, c'est comment le courant est transmis et de combien de fils la ligne est composée. C'est un ipoint qu'il nous aurait été agréable de faire connaître ; nous ne pouvons supposer qu'il s'agisse d'une ligne composée d'au moins autant de fils qu'il y a de cellules.
Quoiqu'il en soit, nous avons cru intéressant de tenir nos lecteurs au courant de la solution, au moins partielle d'un problème qui semblait difficilement soluble. Les premiers résultats ne laissent aucun doute à ce sujet.
P. de Mare.
Une Séance à l'Académie les Sciences
Un jeune savant, M. Comandon, fait assister les Spectateurs aux luttes mouvementées de quelques MICROBES injectés dans une §©utte de sané.
Un coin du mystère qui enveloppe encore le monde invisible a été soulevé, à l'Académie des sciences. Grâce à une série de projections qu'un jeune savant, M. Comandon, a fait défiler sur le film d'un cinématographe, ceux qui assistaient à cette séance mémorable ont pu saisir sur le vif les péripéties de la lutte, que notre organisme engage parfois contre les microbes. Ils ont pu ainsi pénétrer plus en avant dans la structure intime de nos tissus. Et pour arriver à ce résultat, M. Comandon n'a eu qu'à imaginer un appareil dans lequel l'ultramicroscope est associé au cinématographe.
Ons devine aisément l'intérêt scientifique qui se dégage des projections lumineuses qu'on obtient avec cet appareil. Voici une goutte de sang frais ; Pour en apercevoir les éléments dans un microscope ordinaire on est obligé de la colorer. Point n'est besoin de recourir à cet artifice si l'on opère avec l'appareil de M. Comandon. Sur l'image projetée, les globules rouges et les globules blancs apparaissent, puissamment grossis avec tous leurs détails de structure. Leur enveloppe, leurs noyaux, les parcelles invisibles qui constituent leur corps se dessinent maintenant avec une netteté parfaite. Et au lieu de rester immobiles, comme dans le microscope ordinaire, on voit les globules se déplacer dans tous les sens, « nager » en quelque sorte dans le sérum dans lequel ils baignent. On croyait que ce sérum était un liquide homogène ; sur les images obtenues avec l'appareil de iM. Comandon, on aperçoit une multitude de corpuscules animés de mouvements « browniens », dont l'existence était jusqu'ici seulement soupçonnée.
.Mais le spectacle est autrement captivant quand on voit apparaître sur le film la projection d'une goutte de sang prise sur un animal auquel on a injecté des tryipanosomes, les microbes de la maladie du sommeil. Sur l'image projetée, on aperçoit ces microbes se glisser entre les globules du sang, heurter de front tantôt ui\ globule rouge, tantôt un globule blanc. Sur une de ces préparations on a pu voir un trytpanosome particulièrement mobile pénétrer dans un globule rouge et s'y immobiliser. A voir ces images, on se rend compte des méfaits que peuvent causer les microbes lorsqu'ils pénètrent dans Le sang'.
C'est ce qu'a dit le professeur Uastre, qui a présenté à l'Académie la découverte de M. Comandon. C'est ce qu'a pense certainement le docteur Roux quand, à la fin de la séance, il a demandé à M. Comandon de venir taire ces projections à l'Institut Pasteur.
La Photographie à Domicile ***
Si l'un compare les portraits qui sont publiés dans la presse illustrée d'aujourd'hui à ceux que l'on pouvait voir dans les vitrines il y a dix ans et plus, une différence frappera immédiatement, en ce sens que l'on constatera que la plupart des portraits modernes
montrent le personnage au milieu de ses meubles usuels, dans son borne, dans sou jardin, dans son automobile, n'importe Où, sauf dans l'atelier du photographe professionnel. Que ce changement soit dû à l'influence de l'amateur ou non, nous n'avons pas à l'examiner ; mais ce changement est même notable chez l'amateur photographe. Il écarte immédiatement cette fausse idée que le portrait était réservé uniquement au professionnel qui seul possédait dans son atelier tous les instruments, les fonds et les autres accessoires que l'on croyait indispensables au portrait. Si le photographe professionnel peut maintenant se passée de tout ce bric-à-brac, l'amateur peut également le faire, et il n'y a pas de raison pour qp'un travailleur de force moyenne qui fait de la photographie pour son plaisir ne puisse pas se spécialiser dans le portrait el s'y faire même remarquer.
L'atelier du photographe est né à.
L'époque où les plaques étaient, si peu sensibles que la pose dans les conditions les plus favorables demandait plusieurs minutes. L'atelier était alors construit comme une serre, généralement sous le toit ou directement en plein air ; le modèle était placé sur une sorte d'estrade, exposé sous la lumière la plus forte dont on pût disposer ; sa tète était pressée contre un support en fer et, dans cette position incommode de cinq à. dix minutes. C'est dans de telles conditions
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que furent produits beaucoup de portraits de nos prédécesseurs que nous conservons maintenant avec précaution sous une couverture de maroquin ; et si leurs modèles semblent un peu raides et en bois, qui oserait dire qu'ils n'avaient pas d'excuse ? A mesure que la sensibilité de la plaque augmentait, la nécessité d'avoir autant de lumière diminuait. Les ateliers ne furent plus tout en verre ; des rideaux et des écrans furent introduits, de sorte que le photographe pût modifier l'éclairage, et peu à peu l'état de choses, que nous connaissons maintenant, s'installa. Vint alors la plaque rapide modeioe qui rendit même l'atelier inutile, qnjique dans certains cas il subsiste et do jve subsister, et maintenant nous somnes arrivés à un point où, pour obtenir eli meilleurs portraits, non seulement l'aAîIier n'est plus nécessaire, mais offre même des inconvénients. Le photographe amateur qui désire faire le portrait de ses amis, en les présentant pleins de vie, trouvera qu'en abandonnant toutes les traditions des photographes professionnels et en travaillant dans le milieu ordinaire où ses modèles vivent, i] a beaucoup gagné. Il n'aura absolument pas besoin d'un fond artificiel. La maison moderne décorée d'une f^ron plus sobre que jadis fournit des fonds convenables aux figures et il n'est pas difficile d'approprier à chaque sujet le milieu qui lui convient
le mieux. Nos chambres modernes sont bien assez éclairées pour réduire suffisamment le temps de pose et pour pouvoir se dispenser de l'horrible appuitête. Même les écrans et les réflecteurs, qui sont parfois considérés comme articles indispensables pour le portrait à domicile, ne sont pas nécessaires si l'on profite de tous les avantages qui peuvent se présenter dans un appartement.
La retouche est faite maintenant par des professionnels, mais pour beaucoup de bons portraits la retouche n'est pas nécessaire, et avec des objectifs qui donnent de la douceur, les imperfections que le retoucheur devrait corriger en adoucissant les effets ne se rencontrent plus autant qu'avant.
Beaucoup d'amateurs n'essaient pas de faire des portraits à domicile parce que, disent-ils, ils ne possèdent pas un bon objectif à portrait ; mais l'objectif à portrait est une convenance et non une nécessité, et les portraits que l'on prend par leur intermédiaire ne sont pas nécessairement meilleurs que ceux qui sont pris à l'aide d'autres objectifs. La plupart des bons portraits d'amateurs — et le bon portrait d'amateur, ne l'oublions pas, est ce qu'il y a de mieux en fait de portrait -- ont été obtenus à l'aide d'objectifs à bon marché, même souvent non corrigés. Si l'on cherche à obtenir une grande tête, le degré de diffusion que donne une lentille simple
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n'est pas assez fort pour cire flésagréable et, comme trous venons de le duo, il supprime la retouche. Un rapide reetilinéaire ou une lentille de semblable objectif employée seule l'orme un très bon objectif à portrait, son seul défaut étant de ne pas être très rapide et de prolonger ainsi la pose. Mais même ce défaut est considéré par quelques-uns comme un avantage, attendu que le léger mouvement et spécialement le léger changement d'expression qui se produisent pendant une longue pose aident disent-ils, à donner une note plus i aractéristique et une sorte de synthèse de la physionomie du sujet. 11 est également possible parfois de donner à un rapide rectilinéaire une ouverture supérieure à F : S qui est l'ouverture habituelle de cet objectif, et pour le portrait celte plus grande ouverture ne fait pas de mal, tout en rendant l'objectif plus rapide.
Les anastigmats très rapides actuels forment aussi d'excellents objeclifs à portrait, bien que dans ce but la perfection de la netteté qu'ils donnent aux images ne soit pas toujours désirable, ("est ce qui a été reconnu il y a de nombreuses années, notamment dans le cas où l'objectif à portrait de Dallmeyer; on y ajouta un dispositif spécial grâce auquel au lieu d'avoir une image obsolument nèfle on pouvait introduire un (\e»rc quelconque de diffusion dans le Foyen en écartantiplus ou moins les deux systèmes de lentilles, et beaucoup d'objeciifs de ce genre sont munis maintenant de ce dispositif. Dans les objectifs Dallmeyer les plus récents, le mouvement de la lentille d'avant peut même être donné de l'arrière de la chambre, de sorte qu'on suit sur le verre dépoli le plus ou moins grand degré de netteté. On construit, en outre, des objectifs qui sont seulement corrigés partiellement ol même pas corrigés-du tout afin d'obtenir de la douceur ; ce sont les objectifs anachromatiques. Mais tout cela est plus ou moins du luxe ; le principal, c'est que la chambre ordinaire et
l'objectif de l'amateur photographe convieiineril très bien pour te portrait et que les occasions qu'il a, de pouvoir photographier ses amis à leur aise, au milieu de leurs objets familiers, feront beaucoup plus que contrebalancer tous les avantages dont dispose, croit-on, le professionnel.
Le choix de la chambre dans laquelle sera pris le portrait à domicile est nécessairement limité. Ce doit être une chambre dans laquelle le sujet esi habitué à se trouver ; elle doit être bien éclairée afin de réduire à son minimum le temps de pose, et doit être suffisamment grande. Ce dernier point est plus important qu'on ne le crorait à première vue. Combien de fois ne voit-on pas de bons portraits être gâtés par le fait que le sujet a dû être placé dans le coin extrême d'une chambre pour que le photographe ait pu trouver suffisamment d'espace entre son appareil et le modèle ! C'est principalement le cas lorsque l'on fait ]\n portrait en pied et que
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